Équation du second degré : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.En mathématiques, une équation du second degré (également appelée équation quadratique ou encore équation polynomiale de degré deux) est une équation de la forme
où a, b et c sont des coefficients réels ou complexes avec a non nul. L'inconnue x peut être réelle ou complexe.
Sommaire
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Les équations du second degré se posaient chez les Babyloniens (on cherchait alors une solution positive à l'aide d'un algorithme : voyez les explications à propos de la tablette Plimpton 322), chez les Égyptiens, voire chez les Grecs (Livre II des Éléments d'Euclide), mais aucune civilisation de cette époque n'a explicitement étudié les équations.
Les équations du second degré ont été les premières équations résolues, l'équation mathématique est inventée en même temps que l'algèbre par le savant iranien musulman Al-Khwarizmi au IXe siècle, qui reprit cette tradition, augmentée des connaissances grecques pour la démonstration, afin de trouver une solution (réelle et positive). Les équations étaient présentées sous l'une des formes suivantes parce qu'un nombre était supposé positif :
ax2 + bx = c
ax2 + c = bxJusqu'à la Renaissance, l'algèbre n'utilisait ni symboles ni lettres, et était purement verbale.
Les équations incomplètes ax2 + b = 0 et ax2 + bx = 0 se résolvent par des méthodes particulières simples.
Une équation de la forme ax2 + bx + c = 0, dont tous les coefficients sont non nuls, est dite « équation complète ».
Pour faciliter l'écriture, on pose alors la fonction définie par f(x) = ax2 + bx + c, puis on procède à sa réduction pour résoudre finalement l'équation f(x) = 0. Ici, on se propose de factoriser à l'aide du discriminant Δ.
On se propose d'utiliser pour cela les identités remarquables :
On appelle cette forme d'écriture la forme canonique du trinôme.
Soit Δ = b2 − 4ac. Δ (delta) est appelé le discriminant de ce trinôme.
Si Δ > 0, on peut factoriser f(x) à l'aide d'une identité remarquable :
alors l'équation f(x) = 0 a deux solutions réelles distinctes x1 et x2 :
La forme factorisée de f(x) est finalement :
Si Δ = 0, on peut écrire, par la même méthode, que f(x) = 0 équivaut à dire que :
L'équation a alors une racine réelle double x0 :
On peut alors factoriser la fonction f ainsi :
Or, cette écriture est une identité remarquable ; ainsi, toute identité remarquable de la forme (a − b)2 a pour discriminant 0, et sa racine double peut être aisément trouvée, sans même calculer le discriminant.
On rappelle que la forme canonique du trinôme est :
donc résoudre f(x) = 0 revient à résoudre :
Soit α un réel, tel que :
On sait qu'un carré est toujours positif ou nul, donc . Mais Δ < 0 implique − Δ > 0, or la somme de deux nombres positifs dont l'un est strictement positif n'est jamais égale à zéro. Donc, si Δ < 0, il n'existe aucune racine réelle au trinôme.
Cependant, il existe deux racines complexes z1 et z2. Sachant que Δ = b2 − 4ac et que Δ = − Δ.i2, posons . Ainsi, Δ = δ2.i2.
En reprenant la factorisation déjà utilisée dans le cas où Δ > 0, on trouve :
La fonction se factorise alors :
Remarquons que dans tous les cas, un polynôme du second degré possède deux racines : soit deux racines réelles distinctes, soit deux racines réelles confondues (c'est-à -dire une racine double), soit deux racines complexes (conséquence du théorème de d'Alembert-Gauss).
Les racines d'un polynôme du second degré ont plusieurs propriétés intéressantes – appelées relations de Viète – et qui peuvent simplifier leur recherche. Soit S la somme des racines, on a
Soit P le produit des racines, on a
Il est donc très facile de calculer ces deux valeurs. Et dès que l'on a trouvé une des deux racines d'un polynôme (en faisant un peu de calcul mental et en essayant des valeurs simples à calculer comme 0, 1, 2, -1...), la seconde racine devient évidente: ou encore
. Ainsi, avec le trinôme x2 + 3x − 4, on trouve comme première racine x1 = 1 et comme
, on n'a même plus besoin de calculer pour trouver la deuxième racine x2 = − 4. Finalement, l'utilisation de racines évidentes et des propriétés des racines d'un polynôme permet d'accélérer grandement la recherche de ces racines.
Remarque :
Lorsque Δ > 0, si b est positif, l'expression de x1 conduit à calculer la différence des deux nombres et b. Si ce calcul est fait numériquement, par une méthode de virgule flottante sur un ordinateur par exemple, cela entraîne une perte de précision, d'autant plus grave que
est très proche de b, ou que 4ac est petit par rapport à b2.
Utilisant les propriétés des racines, on calcule x1 sans perte de précision :
Si b est négatif, on calcule x2 tel que :
Si b est pair, on peut utiliser le discriminant réduit.
On pose
Discriminant réduit : Δ' = b'2 − ac
Si Δ' > 0, les solutions sont x1 et x2 :
Si Δ' = 0, il y a une racine double
On écrit
On distingue deux cas selon que le discriminant Δ = b2 − 4ac est nul ou pas.
Si alors on peut poser δ2 = Δ et on obtient alors la factorisation :
On en déduit que l'équation admet deux solutions:
et
Si Δ = 0 alors
L'équation admet une unique solution
Remarque : Les solutions d'une équation du second degré à coefficients complexes sont en général deux nombres complexes qui ne sont pas conjugués, contrairement au cas d'une équation du second degré à coefficients réels dont le discriminant est strictement négatif.
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