Algèbre de Clifford : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.En mathĂ©matiques, les algĂšbres de Clifford sont des algĂšbres associatives importantes au sein des thĂ©ories des formes quadratiques, des groupes orthogonaux et en physique. Elles peuvent ĂȘtre vues comme l'une des gĂ©nĂ©ralisations possibles des nombres complexes et des quaternions. Elles ont Ă©tĂ© nommĂ©es en l'honneur du mathĂ©maticien anglais William Kingdon Clifford.
Précisément, une algÚbre de Clifford est une algÚbre associative unitaire qui est engendrée par un espace vectoriel V muni d'une forme quadratique Q.
L'algĂšbre de Clifford Câ(V,Q) est l'algĂšbre « la plus gĂ©nĂ©rale » engendrĂ©e par V soumise Ă la condition[1]
oĂč le produit v2 est pris Ă l'intĂ©rieur de l'algĂšbre et le rĂ©el Q(v) est identifiĂ© Ă Q(v)·1, 1 dĂ©signant l'unitĂ© de l'algĂšbre. Si la caractĂ©ristique du corps de base K n'est pas 2, alors on peut rĂ©-Ă©crire cette identitĂ© fondamentale sous la forme
oĂč est la forme bilinĂ©aire symĂ©trique associĂ©e Ă Q.
Cette idĂ©e d'algĂšbre « la plus gĂ©nĂ©rale » soumise Ă cette identitĂ© peut ĂȘtre formellement exprimĂ©e Ă travers la notion de propriĂ©tĂ© universelle (voir ci-dessous).
Les algĂšbres de Clifford sont directement reliĂ©es aux algĂšbres extĂ©rieures. En fait, si Q = 0 alors l'algĂšbre de Clifford Câ(V,Q) est simplement l'algĂšbre extĂ©rieure Î(V). Pour Q diffĂ©rent de zĂ©ro, il existe un isomorphisme canonique linĂ©aire entre Î(V) et Câ(V,Q) toutes les fois que le corps de base K n'est pas de caractĂ©ristique 2. Câest-Ă -dire qu'ils sont naturellement isomorphes comme espaces vectoriels mais avec des multiplications diffĂ©rentes. La multiplication de Clifford est plus riche que le produit extĂ©rieur puisqu'il fait usage d'une information supplĂ©mentaire fournie par Q.
Les formes quadratiques et les algÚbres de Clifford de caractéristique 2 forment un cas exceptionnel. En particulier, si la caractéristique de K = 2, il n'est pas vrai qu'une forme quadratique est déterminée par sa forme bilinéaire symétrique, ou que chaque forme quadratique admet une base orthogonale. Beaucoup de résultats dans cet article incluent la condition que la caractéristique n'est pas 2, et sont faux si cette condition est enlevée.
Soient V un espace vectoriel sur un corps commutatif K, et une forme quadratique sur V. Une algĂšbre de Clifford Câ(Q) est une algĂšbre associative unitaire sur K munie d'une application linĂ©aire
définie par la propriété universelle suivante :
Pour toute algĂšbre associative A sur K munie d'une application linĂ©aire vĂ©rifiant j(v)2 = Q(v)1 pour chaque vecteur v de V (oĂč 1 dĂ©signe le neutre multiplicatif de A), il existe un unique homomorphisme d'algĂšbres
faisant commuter le diagramme suivant :
c'est-Ă -dire que .
En travaillant avec la forme bilinéaire symétrique associée à Q (de caractéristique différente de 2), la condition sur j est
Une algĂšbre de Clifford comme dĂ©crite ci-dessus existe toujours et peut ĂȘtre construite comme suit : DĂ©marrer avec l'algĂšbre la plus gĂ©nĂ©rale qui contient V, concrĂštement l'algĂšbre tensorielle T(V), puis imposer l'identitĂ© fondamentale en prenant un quotient convenable. Dans notre cas, nous voulons prendre l'idĂ©al bilatĂšre IQ dans T(V) engendrĂ© par tous les Ă©lĂ©ments de la forme
et dĂ©finissons Câ(V,Q) comme le quotient
Il est alors plus direct de montrer que Câ(V,Q) contient V et satisfait la propriĂ©tĂ© universelle ci-dessus, donc que Câ est unique Ă un isomorphisme prĂšs; ainsi on parle de l'algĂšbre de Clifford Câ(V,Q). Il suit aussi de cette construction que i est injective. Habituellement, on laisse tomber le i et on considĂšre V comme un sous-espace vectoriel de Câ(V,Q).
Une consĂ©quence de la dĂ©finition est que pour tous vecteurs u,v de V, l'identitĂ© est vraie dans Câ(V,Q). Si le corps n'est pas de caractĂ©ristique 2, cette propriĂ©tĂ© peut ĂȘtre utilisĂ©e en tant que dĂ©finition alternative.
La caractĂ©risation universelle des algĂšbres de Clifford montre que la construction de Câ(V,Q) est de nature fonctorielle. ConcrĂštement, Câ peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un foncteur issu de la catĂ©gorie des espaces vectoriels avec formes quadratiques (dont les morphismes sont des applications linĂ©aires prĂ©servant la forme quadratique) vers la catĂ©gorie des algĂšbres associatives. La propriĂ©tĂ© universelle garantit que les applications linĂ©aires entre les espaces vectoriels (prĂ©servant la forme quadratique) s'Ă©tendent de façon unique vers les homomorphismes d'algĂšbre entre les algĂšbres de Clifford associĂ©es.
Si la dimension de V est n et est une base de V, alors l'ensemble
est une base de Câ(V,Q). Le produit vide (k = 0) est dĂ©fini comme l'Ă©lĂ©ment neutre multiplicatif. Pour chaque valeur de k, il existe Ă©lĂ©ments de la base, donc, la dimension totale de l'algĂšbre de Clifford est
Si la caractéristique n'est pas 2, il existe un ensemble de bases privilégiées pour V : les bases orthogonales. Une base orthogonale est telle que
oĂč <·,·> est la forme bilinĂ©aire symĂ©trique associĂ©e Ă Q. L'identitĂ© de Clifford fondamentale implique que pour une base orthogonale
Ceci rend la manipulation des vecteurs de la base orthogonale tout Ă fait simple. Ătant donnĂ© un produit de vecteurs distincts de la base orthogonale, on peut les placer dans un ordre standard en incluant un signe correspondant au nombre de transpositions nĂ©cessaires pour les ordonner correctement (i.e. la signature de la permutation ordonnĂ©e).
On peut aisĂ©ment Ă©tendre la forme quadratique sur V vers une forme quadratique sur Câ(V,Q) en demandant que les Ă©lĂ©ments distincts soient orthogonaux entre eux, et en posant :
En particulier Q(1) = 1 et la forme quadratique sur un scalaire est simplement Q(λ) = λ2. Ainsi, les bases orthogonales de V peuvent ĂȘtre Ă©tendues en une base orthogonale de Câ(V,Q). La forme quadratique dĂ©finie de cette maniĂšre est en fait indĂ©pendante de la base orthogonale choisie (une formulation indĂ©pendante de la base sera donnĂ©e plus bas).
Les algÚbres de Clifford les plus importantes sont celles sur les espaces vectoriels réels et complexes muni de formes quadratiques non dégénérées.
Chaque forme quadratique non dégénérée sur un espace vectoriel réel de dimension finie est équivalente à la forme diagonale standard :
oĂč n = p + q est la dimension de l'espace vectoriel. La paire d'entiers (p, q) est appelĂ©e la signature de la forme quadratique. L'espace vectoriel avec cette forme quadratique est souvent notĂ© âp,q. L'algĂšbre de Clifford sur âp,q est notĂ©e Câp,q(â). Le symbole Cân(â) signifie soit Cân,0(â), soit Câ0,n(â), selon que les auteurs prĂ©fĂšrent des espaces dĂ©finis positifs ou nĂ©gatifs.
Une base orthonormale standard {ei} pour âp,q consiste en n = p + q vecteur mutuellement orthogonaux, p ont une norme +1 et q ont une norme -1. L'algĂšbre Câp,q(â) aura par consĂ©quent p vecteurs dont le carrĂ© sera Ă©gal Ă +1 et q vecteurs dont le carrĂ© sera Ă©gal Ă -1.
On peut aussi étudier les algÚbres de Clifford sur les espaces vectoriels complexes. Chaque forme quadratique non dégénérée sur un espace vectoriel complexe est équivalent à la forme diagonale standard
oĂč n = dim V, donc il existe essentiellement une seule algĂšbre de Clifford dans chaque dimension. Nous noterons l'algĂšbre de Clifford sur ân avec la forme quadratique standard par Cân(â). On peut montrer que l'algĂšbre Cân(â) peut ĂȘtre obtenue par la complexification de l'algĂšbre Câp,q(â) oĂč n = p + q :
Ici Q est la forme quadratique réelle de signature (p,q).
Note : la complexification ne dépend de la signature. Les premiers cas ne sont pas difficiles à calculer. On trouve que
oĂč M2(â) reprĂ©sente l'algĂšbre de matrices 2 x 2 sur â.
Il s'avĂšre que chacune des algĂšbres Câp,q(â) et Cân(â) est isomorphe Ă l'algĂšbre de matrices sur â, â ou â ou Ă la somme directe de deux algĂšbres de cette sorte. Pour une classification complĂšte de ces algĂšbres :
Ătant donnĂ© un espace vectoriel V, on peut construire l'algĂšbre extĂ©rieure Î(V), dont la dĂ©finition est indĂ©pendante de toute forme quadratique sur V. Il s'avĂšre que si F n'est pas de caractĂ©ristique 2 alors il existe un isomorphisme naturel entre Î(V) et Câ(V,Q) considĂ©rĂ© comme des espaces vectoriels. C'est un isomorphisme d'algĂšbre si et seulement si Q = 0. On peut ainsi considĂ©rer l'algĂšbre de Clifford Câ(V,Q) comme un enrichissement de l'algĂšbre extĂ©rieure sur V avec une multiplication qui dĂ©pend de Q.
La maniĂšre la plus facile d'Ă©tablir l'isomorphisme est de choisir une base orthogonale {ei} pour V et de l'Ă©tendre en une base orthogonale pour Câ(V,Q) comme dĂ©crit ci-dessus. L'application est dĂ©terminĂ©e par
Note : Ceci fonctionne seulement si la base {ei} est orthogonale. On peut montrer que cette application est indépendante du choix de la base orthogonale et donc donne un isomorphisme naturel.
Si la caractéristique de K est 0, on peut aussi établir l'isomorphisme par antisymétrie. Définissons les fonctions par
oĂč la somme est prise sur le groupe symĂ©trique sur k Ă©lĂ©ments, et oĂč sgn(Ï) est la signature de la permutation Ï. fk est alternĂ©e, et induit une application linĂ©aire unique . La somme directe de ces applications donne une application linĂ©aire entre Î(V) et Câ(V,Q). On peut montrer que cette application est un isomorphisme linĂ©aire.
Une autre maniĂšre de voir la relation est la construction d'une filtration sur Câ(V,Q). Rappelons que l'algĂšbre tensorielle T(V) possĂšde un filtre naturel : oĂč Fk contient les sommes de tenseurs de rang †k. Projeter ceci vers l'algĂšbre de Clifford donne un filtre sur Câ(V,Q). L'algĂšbre graduĂ©e associĂ©e
est naturellement isomorphe Ă l'algĂšbre extĂ©rieure Î(V).
Une maniÚre plus simple est de voir qu'en choisissant une base de V, on peut toujours exprimer, grùce à la relation d'anticommutativité, un élément de l'algÚbre de Clifford comme combinaison linéaire de monÎmes du type :
ce qui donne un isomorphisme explicite avec l'algÚbre extérieure. Notons que ce n'est qu'un isomorphisme d'espaces vectoriels.
Si V est de dimension finie paire, que le corps est algébriquement clos et que la forme quadratique est non dégénérée, l'algÚbre de Clifford est centrale simple. Ainsi, par le théorÚme d'Artin-Wedderburn, elle est (non canoniquement) isomorphe à une algÚbre de matrices. Il s'ensuit que dans ce cas, C(q) possÚde une représentation irréductible de dimension 2dim V / 2, qui est unique à un isomorphisme (non unique) prÚs. C'est la représentation spinorielle (en), dont les vecteurs sont appelés spineurs.
L'application linéaire sur V définie par conserve la forme quadratique Q et donc, par la propriété universelle des algÚbres de Clifford s'étend à un automorphisme d'algÚbre
Puisque α est une involution (i.e. son carrĂ© est l'identitĂ©), on peut dĂ©composer Câ(V,Q) en deux espaces propres positifs et nĂ©gatifs
oĂč . Puisque α est un automorphisme, il vient
oĂč les indices supĂ©rieurs sont lus modulo 2. Ceci signifie que Câ(V,Q) est une algĂšbre â€2-graduĂ©e (aussi appelĂ©e superalgĂšbre).
Note : Câ 0(V,Q) forme une sous-algĂšbre de Câ(V,Q), appelĂ©e la sous-algĂšbre paire. La partie Câ1(V,Q) est appelĂ©e la partie impaire de Câ(V,Q) (ce n'est pas une sous-algĂšbre). Cette â€2-graduation joue un rĂŽle important dans l'analyse et l'application des algĂšbres de Clifford. L'automorphisme α est appelĂ© l'involution principale ou l'involution de grade.
Remarque. En caractĂ©ristique diffĂ©rente de 2, l'algĂšbre Câ(V,Q) hĂ©rite d'une â€-graduation de l'isomorphisme canonique avec l'algĂšbre extĂ©rieure Î(V). NĂ©anmoins, ceci est un espace vectoriel seulement graduĂ©, câest-Ă -dire que la multiplication de Clifford ne respecte pas la â€-graduation, seulement la â€2-graduation. Heureusement, les graduations sont reliĂ©es d'une maniĂšre naturelle : â€2=â€/2â€. Le degrĂ© d'un nombre de Clifford fait rĂ©fĂ©rence gĂ©nĂ©ralement au degrĂ© dans la â€-graduation. Les Ă©lĂ©ments qui sont homogĂšnes dans la â€2-graduation sont simplement dits pairs ou impairs.
Si la caractĂ©ristique de K n'est pas 2, alors la sous-algĂšbre paire Câ 0(V,Q) d'une algĂšbre de Clifford est elle-mĂȘme une algĂšbre de Clifford. Si V est la somme directe orthogonale d'un vecteur a de norme Q(a) et un sous-espace U, alors Câ 0(V,Q) est isomorphe Ă Câ(U,-Q(a)Q), oĂč -Q(a)Q est la forme Q restreinte Ă U et multipliĂ©e par -Q(a). En particulier sur les rĂ©els, ceci implique que
Dans le cas défini négatif, cela donne une inclusion qui étend la suite
De mĂȘme, dans le cas complexe, on peut montrer que la sous-algĂšbre paire de est isomorphe Ă
.
L'algĂšbre de Clifford Câ(V,Q) est filtrĂ©e par les sous-espaces constituĂ©s d'Ă©lĂ©ments pouvant ĂȘtre Ă©crits comme monĂŽmes en 0, 1, 2 ... vecteurs de V. L'algĂšbre graduĂ©e associĂ©e est canoniquement isomorphe Ă l'algĂšbre extĂ©rieure Î(V) de l'espace vectoriel. Cela montre en particulier que
.
En plus de l'automorphisme α, il existe deux antiautomorphismes qui jouent un rÎle important dans l'analyse des algÚbres de Clifford. Rappelons que l'algÚbre tensorielle T(V) possÚde un antiautomorphisme qui renverse l'ordre de tous les produits :
Puisque l'idĂ©al IQ est invariant sous ce renversement, cette opĂ©ration descend vers un antiautomorphisme de Câ 0(V,Q) appelĂ© l'opĂ©ration de transposition ou de renversement, notĂ©e par xt. La transposition est un antiautomorphisme : (xy)t = ytxt. L'opĂ©ration de transposition ne fait pas usage de la â€2-graduation donc nous dĂ©finissons un deuxiĂšme antiautomorphisme par composition de α et de la transposition. Nous appelons cette opĂ©ration la conjugaison de Clifford notĂ©e :
De ces deux antiautomorphismes, la transposition est la plus fondamentale[2].
Note : Toutes ces opĂ©rations sont des involutions. On peut montrer qu'ils agissent comme ±1 sur les Ă©lĂ©ments qui sont homogĂšnes dans la â€-graduation. En fait, toutes les trois opĂ©rations dĂ©pendent seulement sur le degrĂ© modulo 4. Câest-Ă -dire, si x est homogĂšne avec un degrĂ© k, alors
| k mod 4 | 0 | 1 | 2 | 3 | |
|---|---|---|---|---|---|
| + | - | + | - | ||
| + | + | - | - | ||
| + | - | - | + |
Lorsque la caractĂ©ristique n'est pas 2, la forme quadratique Q sur V peut ĂȘtre Ă©tendue Ă une forme quadratique sur tout Câ 0(V,Q) comme expliquĂ© plus haut (et que nous avons aussi notĂ©e par Q). Une dĂ©finition de base indĂ©pendante est
oĂč <a> dĂ©signe la partie scalaire de a (la partie de graduation 0 dans la â€-graduation). On peut montrer que
oĂč les vi sont les Ă©lĂ©ments de V â cette identitĂ© n'est pas vraie pour des Ă©lĂ©ments arbitraires de Câ 0(V,Q).
La forme bilinĂ©aire symĂ©trique associĂ©e sur Câ 0(V,Q) est donnĂ©e par
On peut vĂ©rifier que ceci se rĂ©duit Ă la forme bilinĂ©aire originale lorsqu'elle est restreinte Ă V. La forme bilinĂ©aire sur tout Câ 0(V,Q) est non dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e si et seulement si elle n'est pas dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e sur V.
Il n'est pas difficile de vĂ©rifier que la transposition est l'adjoint de la multiplication de Clifford gauche/droite avec le respect de ce produit intĂ©rieur. Câest-Ă -dire,
Dans cette partie, nous supposons que l'espace vectoriel V est de dimension finie et que la forme bilinéaire de Q est non-dégénérée. Une algÚbre centrale simple sur K est une algÚbre de matrices sur une algÚbre de division (de dimension finie) avec un centre K. Par exemple, les algÚbres centrales simples sur les réels sont les algÚbres de matrices sur soit les réels, soit les quaternions.
La structure des algĂšbres de Clifford peut ĂȘtre Ă©tablie explicitement en utilisant le rĂ©sultat suivant. Supposons que U possĂšde une dimension paire et une forme bilinĂ©aire non-singuliĂšre avec un discriminant d, et supposons que V est un autre espace vectoriel avec une forme quadratique. L'algĂšbre de Clifford de U+V est isomorphe au produit tensoriel des algĂšbres de Clifford de U et ( â 1)dim(U) / 2dV, qui est l'espace V avec sa forme quadratique multipliĂ© par ( â 1)dim(U) / 2d. Sur les rĂ©els, cela implique en particulier que
Ces formules peuvent ĂȘtre utilisĂ©es pour trouver la structure de toutes les algĂšbres de Clifford rĂ©elles;
Dans cette partie, nous supposons que V est de dimension finie et que la forme bilinéaire de Q est non-singuliÚre. Il y a, lié à Q, quatre sous-groupes du groupe des éléments inversible de l'algÚbre de Clifford: le groupe de Clifford, le groupe de Clifford spécial, le groupe pinoriel ou des pineurs et groupe spinoriel ou des spineurs.
En géométrie différentielle, on utilise couramment les notions d'algébre extérieure pour définir par exemple le fibré vectoriel des formes différentielles sur une variété différentielle. Dans le cas d'une variété (pseudo-)riemannienne, les espaces tangents sont munis d'une forme quadratique naturelle induite par la métrique. Ainsi, on peut définir un "fibré vectoriel" de Clifford en analogie avec le fibré vectoriel extérieur. Cette construction offre d'intéressantes applications en géométrie riemannienne.
Les algÚbres de Clifford ont de nombreuses applications importantes en physique. Les physiciens considÚrent habituellement une algÚbre de Clifford comme une algÚbre engendrée par des matrices appelées matrices de Dirac qui ont la propriété :
oĂč η est la matrice d'une forme quadratique de signature (p,q) â typiquement (1,3) lorsqu'on travaille dans un espace de Minkowski. Celles-ci sont exactement les relations dĂ©finies pour l'algĂšbre de Clifford Câ1,3(â) (Ă un facteur 2 sans importance prĂšs), qui par la classification des algĂšbres de Clifford est isomorphe Ă l'algĂšbre de matrices complexes 4 Ă 4. Les matrices Îłi ne sont que les matrices de la multiplication par le vecteur ei dans la reprĂ©sentation spinorielle, par rapport Ă une base arbitraire de spineurs.
Les matrices de Dirac furent découvertes en premier par Paul Dirac lorsqu'il essaya d'écrire une équation d'onde du premier ordre relativiste pour l'électron, et donna un isomorphisme explicite de l'algÚbre de Clifford vers l'algÚbre des matrices complexes. Le résultat fut utilisé pour définir l'équation de Dirac. L'algÚbre de Clifford entiÚre est utilisée dans la théorie quantique des champs.
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