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Benjamin Franklin


Benjamin Franklin : encyclopédie physique

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Benjamin Franklin

Par Joseph Siffred Duplessis vers 1785
Naissance 17 janvier 1706
Boston, Colonie de la baie du Massachusetts
Décès 17 avril 1790
Philadelphie, États-Unis
Fonction Imprimeur et physicien

Benjamin Franklin (17 janvier 1706 à Boston - 17 avril 1790 à Philadelphie) est, entre autres, un écrivain, physicien et diplomate américain.

C'est un des personnages les plus illustres de l'histoire amĂ©ricaine. Benjamin Franklin est un philosophe « classique Â». Il fut le premier ambassadeur des États-Unis Ă  la cour du roi de France. Intellectuel complet et Franc-maçon de la tradition britannique, il est imprimeur et prĂ©curseur « encyclopĂ©diste Â» avant la lettre, en imprimant et distribuant des almanachs dans les demeures les plus humbles des colonies britanniques d'AmĂ©rique. Chaque almanach est un condensĂ© de rĂ©cits, rĂ©flexions philosophiques, rudiments des sciences et recettes techniques. Il est l'un des pères de l'IndĂ©pendance des États-Unis d'AmĂ©rique de 1776.

Sommaire

[modifier] Biographie

[modifier] La naissance Ă  Boston

La maison de naissance de Benjamin Franklin Ă  Boston
La maison de naissance de Benjamin Franklin Ă  Boston

Benjamin Franklin est né le 17 janvier 1706 à Boston dans la Colonie de la baie du Massachusetts. Dernier né d'une fratrie de 17 enfants (au sein d'une famille modeste, puritaine, et conformiste vivant de la fabrication de chandelles et de savons), il est le fils d'un immigrant anglais.
Après avoir étudié un an à la South Grammar School (aujourd'hui nommée Boston Latin school) à l'âge de 8 ans, il ne put continuer ses études dans cette institution malgré de très bons résultats, en raison des faibles revenus de sa famille.
Il fut alors envoyé jusqu'à l'âge de dix ans dans une école d'écriture et d'arithmétique, la George Brownell’s English school. Il y acquit une belle écriture mais ne brillait pas en arithmétique.

Son père le rappela Ă  l'âge de dix ans, oĂą il commença Ă  travailler très tĂ´t dans son magasin, artisan en bougies et savons. Cependant, cette activitĂ© Ă©tait loin de le satisfaire. Son père lui permit alors de dĂ©couvrir de nombreux mĂ©tiers : maçon, tonnelier, chaudronnier. Ces diffĂ©rents mĂ©tiers lui permirent d'acquĂ©rir de nombreuses compĂ©tences qui se rĂ©vĂ©leront utiles plus tard dans ses travaux scientifiques.

Mais ce qui intĂ©ressait surtout le jeune Benjamin Franklin, c'Ă©tait les livres, Ă  tel point que dans son autobiographie, il dit qu'il « ne se souvient pas n'avoir jamais Ă©tĂ© sans savoir lire Â». Cela poussa son père, en 1718, Ă  envoyer Benjamin Franklin travailler chez son demi-frère James, imprimeur Ă  Boston. C'est lĂ  qu'il commença rĂ©ellement Ă  Ă©crire et Ă  lire. Les rencontres avec les clients de l'imprimerie lui ouvrirent les portes de nombreuses bibliothèques.

En 1724, James entreprend l'édition d'un journal appelé le New England Courant. Sous le pseudonyme de Dame Silence Dogood (litt. Silence Faitdubien), Benjamin écrit plusieurs articles, qu'il glisse sous la porte de l'atelier de son demi-frère chaque nuit. Son demi-frère ignore alors qui est l'auteur de ces articles.

Ses textes connaissent immĂ©diatement un grand succès auprès du public. Lorsque James est emprisonnĂ© pour avoir critiquĂ© les autoritĂ©s britanniques, pour rappeler la libertĂ© d'expression de la presse, il publie une citation d'un journal britannique :

« […] sans libertĂ© de pensĂ©e, il ne peut y avoir de sagesse ; et pas de libertĂ© du peuple sans libertĂ© d'opinion; celle-ci est le droit de chaque homme tant qu'il ne porte pas atteinte Ă  la libertĂ© d'autrui. Â»

Pendant la période d'emprisonnement de son frère, Benjamin Franklin publia seul le New England Courant avant que le titre de son frère soit interdit de publication. Un subterfuge permit à son frère de continuer à publier le journal sous le seul nom de Benjamin Franklin en évitant la censure.

Ce subterfuge (rédaction d'un nouveau contrat d'apprentissage) est à l'origine d'une dispute avec son frère qui poussa Benjamin Franklin à quitter Boston à 17 ans, pour aller à New York, mais il n'y trouva pas d'emploi. Un imprimeur cependant lui recommanda d'aller à Philadelphie, où il savait que son frère cherchait un ouvrier.

Très jeune, Benjamin Franklin comprit que l’écriture serait le meilleur moyen de répandre ses idées; aussi perfectionna-t-il sa prose souple, non pour le principe mais pour se forger un outil. "Écris comme les savants, disait-il, et parle comme le vulgaire." Il se conforma au conseil donné par la Royal Society en 1667 recommandant "une manière de parler naturelle, sans fioritures".

Lorsqu’il quitta Boston pour Philadelphie, en Pennsylvanie, terre des Quakers pacifistes anti-esclavagistes, son bagage intellectuel Ă©tait celui des couches sociales supĂ©rieures. Mais il avait les vertus puritaines du travail soignĂ©, de l’auto-examen minutieux et du dĂ©sir de s’amĂ©liorer. Toutes ses vertus se retrouvent dans L'Autobiographie qu'il a Ă©crit. Ce livre se rĂ©vèle ĂŞtre aussi, en partie, un livre d’auto-apprentissage Ă©crit pour son fils. La section la plus connue de ce rĂ©cit dĂ©crit son programme scientifique d’amĂ©lioration personnelle. Une liste de treize vertus : tempĂ©rance, silence, ordre, dĂ©termination, frugalitĂ©, industrie, sincĂ©ritĂ©, justice, modĂ©ration, propretĂ©, tranquillitĂ©, chastetĂ© et humilitĂ©, et qui s’accompagne pour chacune d’une maxime. Pour la tempĂ©rance, il est dit: "Ne mange pas jusqu’à la somnolence. Ne bois pas jusqu’à la griserie"

En 1722, Benjamin Franklin devient végétarien.

[modifier] L'Imprimeur de Philadelphie

Poor Richard Almanack 1739
Poor Richard Almanack 1739
Poor Richard Almanack
Poor Richard Almanack
Benjamin Franklin dans son costume de franc maçon
Benjamin Franklin dans son costume de franc maçon

Il s'établit alors à Philadelphie sans le moindre argent, où il trouva une place d'apprenti-imprimeur.

Le hasard voulut qu'il rencontra rapidement le gouverneur de la Pennsylvanie, Sir William Keith, qui lui proposa de fonder sa propre imprimerie. Keith rédigea une lettre de recommandation pour convaincre le père de Benjamin Franklin de l'aider financièrement à fonder cette imprimerie. Il retourna à Boston porter cette lettre à son père mais sans succès. Cette visite à Boston ne lui permit pas non plus de se réconcilier avec son demi-frère. Le gouverneur de l'état de Pennsylvanie lui promit alors des lettres de crédit pour lui permettre d'acheter le matériel d'imprimerie en Angleterre.

Benjamin Franklin part en Angleterre pour s'acheter le matériel, mais le gouverneur ne lui fit jamais parvenir les lettres de crédits qui lui aurait permis de l'acheter. Le gouverneur était réputé pour faire beaucoup de promesses mais avait l'habitude de ne jamais les tenir, ce que Benjamin Franklin apprit trop tard. Benjamin Franklin travailla alors dix-huit mois à Londres : imprimerie Samuel PALMER comme imprimeur où il put un peu épargner, toujours dans l'idée de créer sa propre imprimerie à Philadelphie. Plusieurs rencontres lui permirent de revenir à Philadelphie, cette fois-ci en tant que commerçant avec un Anglais pour associé.

De retour à Philadelphie, il reprit rapidement son activité d'imprimeur, et s'occupa de l'imprimerie dans laquelle il avait été apprenti. Une dispute à propos de son salaire avec son patron le décida définitivement à fonder son imprimerie. Rapidement, un ami lui prêta de l'argent qui lui faisait défaut ce qui lui permit de faire enfin venir le matériel d'impression d'Angleterre. En attendant, pendant une période de trois mois il travaillait toujours pour l'imprimerie de son patron dans le New-Jersey, où il imprimait des billets de banque pour l'État du New Jersey.

En 1729, il fait l'acquisition de l'imprimerie et d'un journal d'un concurrent, "la Gazette de Pennsylvanie". Ceci lui permet de publier régulièrement des chroniques et des éditoriaux qui en font bientôt le quotidien le plus lu de l'Amérique coloniale.

Pour développer l'économie de Philadelphie; il défendit l'idée d'y imprimer aussi du papier monnaie dans l'État de Pennsylvanie, et par la même occasion en obtint le marché. Ce contrat fut très lucratif et lui permit de finir de rembourser les dettes qu'il avait contractées pour fonder son imprimerie. Il put par la même occasion ouvrir une boutique vendant du papier, des parchemins et d'autres articles divers.
Il devient à cette occasion l'imprimeur officiel du gouvernement de la Pennsylvanie (élu le 30 janvier 1730).

Cette même année 1730, il épouse Deborah Read, qui faisait partie de la famille qui l'a hébergé quelque temps à Philadelphie après son départ de Boston. Avec ce mariage, il conforte sa position sociale.

Parallèlement, il s'investit dans plusieurs activités sociales et culturelles. Il fonde la Junte, groupe de discussion se réunissant toutes les semaines pour débattre de sujets philosophiques. Il eut l'idée de mettre en commun les livres de tous les membres afin de créer une bibliothèque commune.

Cela lui donna alors l'idée de fonder la première bibliothèque municipale en 1731. La bibliothèque était accessible à tous contre une modique souscription annuelle. En 1742, la bibliothèque s'enrichit de nouveaux membres et surtout de livres et prit le nom de "Compagnie de la bibliothèque de Philadelphie". À cette époque la bibliothèque comptait environ 8000 livres, des instruments et outils de physique, une collection d'objets d'histoire naturelle, ainsi que des collections d'arts et quelques terres autour de Philadelphie. Le modèle de la bibliothèque fut copié à la grande joie de Benjamin Franklin dans tout l'État de Pennsylvanie, et dans les autres colonies. L'idée de rendre accessible les livres au plus grand nombre réjouissait Benjamin Franklin. Il y voyait une façon de transmettre les idéaux de liberté.

À partir de 1732, il publie un almanach sous le nom de Richard Saunders (un astrologue britannique). Il continuera à le publier annuellement durant 25 ans, sous le nom de l'”Almanach du pauvre Richard” ("Poor Richard's Almanack"). Il apprend aussi plusieurs langues étrangères parmi lesquelles le français, l'allemand, l'espagnol, l'italien. Cet almanach était un recueil de maximes et de textes vantant les progrès de l'industrie et donnant des conseils économiques. La première édition se vendit à 10000 exemplaires.

Le 24 juin 1734, Benjamin Franklin est érigé au rang de "grand maître de la grande loge maçonnique de Pennsylvanie".

[modifier] L'homme politique

Ses activités d'imprimeur et d'écrivain permirent à Benjamin Franklin de commencer en politique.

  • 1736 : il est nommĂ© secrĂ©taire de l'assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de Pennsylvanie. Il fut réélu tous les ans Ă  la mĂŞme place, avant d'ĂŞtre Ă©levĂ© au rang de reprĂ©sentant de la ville de Philadelphie.
  • 1737 : il obtient le titre de MaĂ®tre des Postes. Une fonction importante pour permettre la diffusion de ses journaux et ses idĂ©es.
  • 1738 : il met Ă©galement en place la première compagnie de pompiers amĂ©ricaine pour protĂ©ger la ville de Philadelphie des incendies. Plusieurs compagnies se créèrent alors Ă  Phildalphie, mais il rĂ©ussit Ă  les fusionner. Philadelphie ne connut pas de grand incendie durant cette pĂ©riode. Avec la mĂŞme idĂ©e, il crĂ©a aussi une compagnie d'assurance contre le feu.
  • 1743 : il fonde la SociĂ©tĂ© AmĂ©ricaine de Philosophie ("American Philosophical Society").
  • 1744 : alors que l'assemblĂ©e Ă©tait incapable de mettre en place un plan pour dĂ©fendre la colonie des incursions indiennes (les indiens Ă©taient alors repoussĂ©s par les Français), il rĂ©ussit Ă  crĂ©er une association volontaire pour la dĂ©fense du pays. Le nombre de volontaires s'Ă©leva rapidement Ă  10000. Plus tard en 1754, il essayera d'unifier les colonies pour se dĂ©fendre plus efficacement face aux français.
  • 1747 : il est Ă©lu, par la ville de Philadelphie, membre de l'AssemblĂ©e GĂ©nĂ©rale de la province (il batailla souvent contre les propriĂ©taires qui demandaient toujours plus d'avantages tout en refusant de payer des impĂ´ts).
  • 1748 : il se retire de la vie professionnelle.
  • 1749 : il crĂ©e avec ses amis le premier collège "Academy of Philadelphia” des États-Unis naissants, aujourd'hui l'universitĂ© connue sous le nom d'UniversitĂ© de Pennsylvanie. Il fut aidĂ© financièrement en cela par la famille Penn, descendants du fondateur de la ville de Philadelphie, William Penn. Il en devient immĂ©diatement le prĂ©sident.
Dessin pronant l'Union des colonies attribué à Benjamin Franklin
Dessin pronant l'Union des colonies attribué à Benjamin Franklin
  • 1751 : il est Ă©lu membre de l’assemblĂ©e de Pennsylvanie.
  • 1752 (fĂ©vrier) : il crĂ©e et ouvre le "Pennsylvania Hospital" Ă  Philadelphie.
  • 1753 (10 aoĂ»t) : il est Ă©lu "Deputy Postmaster General of North America".
  • 1756 : il rĂ©forme la police de Philadelphie, en mettant en place un nouveau règlement qui a pour but de mieux protĂ©ger les citoyens tout en prĂ©servant leur vie privĂ©e. Il met en place un Ă©clairage public dans les rues de Philadelphie. Il a alors 50 ans.
  • 1757 : il est envoyĂ© Ă  Londres par l'assemblĂ©e de Pennsylvanie, pour rĂ©gler les problèmes entre les propriĂ©taires terriens (la famille Penn) et le gouvernement.
  • 1761 : voyages en Belgique et en Hollande.
  • 1762 : après une escale Ă  Madère, il est de retour en Pennsylvanie le 1er novembre.
  • 1763 : une grande tournĂ©e d'inspection des bureaux de poste est organisĂ©e entre juin et novembre 1763 dans le New Jersey, New York et New England.
  • 1764 (1er octobre) : il perd son siège Ă  l'assemblĂ©e de Pennsylvanie; il est accusĂ© par ses adversaires d'ĂŞtre favorable au gouvernement royal, parce qu'il convoiterait le poste de gouverneur.
    Cette même année, il est nommé agent des colonies à Londres, soit l'ambassadeur de fait - pendant plus de 11 ans - non seulement de la Pennsylvanie, mais aussi du Massachusetts, du New Jersey et de la Géorgie. Il est de retour en Angleterre le 9 décembre, où il accoste à l'île de Wight.
  • 1765 : il demande l'abrogation du Stamp Act.
  • 1767 : lors d'un voyage Ă  Paris entre aoĂ»t et octobre, il est prĂ©sentĂ© Ă  Louis XV.
  • 1769 : il est Ă©lu PrĂ©sident de la SociĂ©tĂ© AmĂ©ricaine de Philosophie. Nouveau voyage en France

[modifier] L'ambassadeur, Père fondateur des Etats-Unis

Signature de Benjamin Franklin
Signature de Benjamin Franklin
Déclaration d'independance
Déclaration d'independance

[modifier] Signataire de la Déclaration d'Indépendance

Après plusieurs voyages en Grande-Bretagne comme reprĂ©sentant colonial, il retourne Ă  Philadelphie, oĂą il se range parmi les partisans de l'indĂ©pendance. En 1776, il prĂ©side la « Convention Constitutionnelle de Philadelphie Â». Il sera membre de la Commission des Cinq, chargĂ©e par le Second Congrès continental, de rĂ©diger le texte de la DĂ©claration d'IndĂ©pendance, et en fut un des signataires au cĂ´tĂ© de reprĂ©sentants des Treize Colonies dont, notamment, Thomas Jefferson.

[modifier] Ambassadeur en Europe

En octobre 1776, répondant à l'appel au secours d'une toute nouvelle nation devant lutter contre une coalition militaire mondiale, Franklin accepte de faire partie de l'équipe des trois envoyés américains en France, en compagnie de Silas Deane et Arthur Lee.

Accompagné de ses deux petits-enfants, il traverse l'Atlantique, malgré les navires militaires britanniques. Une fois en France, il entreprend une des carrières diplomatiques les plus réussies. Porté aux nues par la communauté scientifique et littéraire parisienne, il est vu comme l'incarnation des valeurs humanistes des Lumières. À une réunion de l’Académie française, Franklin et Voltaire se lient d'amitié. Turgot exprime lui aussi son admiration pour le diplomate.

Au Ministère des Affaires Ă©trangères, Benjamin Franklin se rend compte qu'en dĂ©pit du dĂ©sir des Français de battre la Grande-Bretagne, la situation des « rebelles Â» amĂ©ricains est encore trop vulnĂ©rable. Franklin va donc mettre en place un dispositif diplomatique organisĂ© pour parvenir au rĂ©sultat attendu : il multiplie les contacts, court-circuite la diplomatie britannique, dĂ©veloppe ses relations avec les grands hommes politiques français. En fĂ©vrier 1778, après la nouvelle de la dĂ©faite britannique de Saratoga, les trois reprĂ©sentants amĂ©ricains parviennent Ă  signer un accord avec la France. Deane et Lee rentrent aux États-Unis, laissant Franklin seul ambassadeur Ă  Versailles. Après une nouvelle dĂ©faite britannique Ă  la bataille de Yorktown en Virginie, il Ă©bauche les premières nĂ©gociations de paix avec les reprĂ©sentants du pouvoir britannique. Durant l'Ă©tĂ© 1782, alors que John Adams et John Jay prennent le chemin de Paris, Franklin rĂ©dige les grandes lignes du traitĂ© qui fera autoritĂ© : il rĂ©clame l'indĂ©pendance totale, l'accès aux zones de pĂŞche des nouveaux territoires, l'Ă©vacuation par les forces britanniques des zones occupĂ©es et l'Ă©tablissement d'une frontière occidentale sur les rives du Mississippi.

[modifier] Signataire du Traité de Paris (1783)

Signature du traité de Paris, 1783
Signature du traité de Paris, 1783

En 1783, Adams, Jay et Benjamin Franklin, alors âgé de plus de 70 ans, signent pour les États-Unis, un traité de paix qui garantit l'Indépendance.[1] Ce traité met fin à la guerre d'indépendance.

[modifier] Signataire de la Constitution américaine

De retour aux États-Unis, sa popularitĂ© est Ă  son comble : il est Ă©lu de nouveau PrĂ©sident de l'État de Pennsylvanie pour trois ans. Il participe aussi Ă  la rĂ©daction de la Constitution amĂ©ricaine[2].

Il devient ainsi le seul « père fondateur de l'AmĂ©rique Â» (founding father) Ă  signer les trois documents fondateurs des États-Unis d'AmĂ©rique : la DĂ©claration d'IndĂ©pendance, le TraitĂ© de Paris, et la Constitution amĂ©ricaine.

[modifier] Promoteur de l'indépendance des colonies canadiennes

Benjamin Franklin, vint à Montréal en 1776 à titre de commissaire du Congrès américain. C'est son intervention qui dota Montréal de son premier imprimeur. Celui-ci, Fleury Mesplet, fut le diffuseur au Québec des idées philosophiques, dont le plus éminent représentant, Voltaire, avait été initié à la Loge des Neuf Sœurs, à Paris, en présence de Benjamin Franklin.

À Montréal, le nom du parc rappelle Fleury Mesplet (1734-1794), un imprimeur français qui, après s'être exilé à Londres, émigre à Philadelphie pour y travailler pour le compte de Benjamin Franklin. Lors de l'occupation de Montréal par les troupes américaines, Mesplet accompagne Franklin afin de publier un journal en français favorable à la cause de l'indépendance des Treize Colonies. Suite au départ des troupes, Mesplet choisit néanmoins de s'établir dans la ville. Il fonde le premier journal montréalais en 1778, la Gazette du Commerce et littéraire, qui deviendra le quotidien anglophone The Gazette, qui est toujours en activité. À l'Université McGill de Montréal, la première vraie université parmi les seminaires catholiques, Benjamin Franklin a fait une conférence, invitant la Nouvelle France à se joindre à l'Union. Dans la version française de la Constitution écrite par Thomas Jefferson, un article a été prévu à cet effet.

[modifier] L'inventeur

Article dĂ©taillĂ© : ExpĂ©rience du cerf-volant de Franklin.
Les expériences scientifiques de Franklin
Les expériences scientifiques de Franklin

En parallèle de ses activités d'imprimeur, d'homme politique et de diplomatie, Benjamin Franklin conduit un grand nombre d'activités scientifiques qui participèrent à sa renommée en Europe.

Benjamin Franklin est particulièrement cĂ©lèbre pour ses travaux dans le domaine de l’électricitĂ©, notamment ses expĂ©riences sur la foudre. En 1750, il rĂ©digea le protocole d'une expĂ©rience cĂ©lèbre sur la foudre, afin de prouver Ă  ses contradicteurs de la Royal Society que les Ă©clairs Ă©taient de nature Ă©lectrique, en proposant de faire voler pendant un orage un cerf-volant auquel est relier une clef mĂ©tallique. RĂ©digĂ©e Ă  titre de semi-moquerie, l'expĂ©rience proposĂ©e prĂ©sentant d'Ă©vidents risques d'ĂŞtre fatale Ă  l'expĂ©rimentateur (comme ce fut le cas de Georg Wilhelm Richmann), elle connut pourtant un grand intĂ©rĂŞt en Europe et des expĂ©riences en ce sens furent menĂ©es, notamment par le français Thomas-François Dalibard et Benjamin Franklin lui mĂŞme. Ces recherches conduisirent Ă  son invention du paratonnerre, dont les premiers exemplaires furent installĂ©s sur sa maison, l'Independence Hall ainsi que l'acadĂ©mie de Philadelphie (qui deviendra l'UniversitĂ© de Pennsylvanie). De ses recherches sur la nature de l'Ă©lectricitĂ©, on lui doit par exemple des termes aussi courants que « batterie Â», « positif Â», « nĂ©gatif Â», « charge Â»â€¦

Il a été aussi un chercheur pionnier dans le domaine de la météorologie (cloches de Franklin) et même un des premiers hommes à monter dans une montgolfière. En 1762, il invente le glassharmonica, instrument à clavier composé de verres frottés.

Il est aussi l'inventeur des lunettes à double foyer et du poêle à bois à combustion contrôlée, qui porte encore son nom et est en usage répandu à la campagne. Comme Thomas Edison, c'est le côté concret et pratique de la philosophie, de la science et des techniques qui l'intéresse.

Franklin plaçait toutes ses inventions dans le domaine public et indiqua clairement dans ses Ă©crits qu'il s'agissait lĂ  d'une volontĂ©e dĂ©libĂ©rĂ©e. Ainsi Ă©crivit-il que « â€¦ de mĂŞme que nous profitons des avantages que nous apportent les inventions d'autres, nous devrions ĂŞtre heureux d'avoir l'opportunitĂ© de servir les autres au moyen de nos propres inventions ; et nous devrions faire cela gratuitement et avec gĂ©nĂ©rositĂ©. Â».

Franklin a aussi Ă©tĂ© le premier Ă  proposer une expĂ©rience permettant de calculer la taille d'une molĂ©cule. Il a versĂ© une cuillère Ă  cafĂ© d'huile Ă  la surface d'un Ă©tang (celui de Clap Ham, près de Londres) et s'est aperçu que la tache d'huile s'Ă©tendait sur 100 m²[rĂ©f. nĂ©cessaire] ! Il observa que les vaguelettes provoquĂ©es par le vent ne se propageaient pas sur l'huile. Dans un premier temps, il ne saisit pas l'ampleur de cette simple expĂ©rience mais Lord Rayleigh se rendit compte cent ans plus tard en divisant le volume d'huile par la surface d'Ă©talement que l'on trouvait une valeur de l'ordre du nanomètre.

[modifier] Ses dernières années

Texte pour l'abolition de l'esclavage
Texte pour l'abolition de l'esclavage

[modifier] Lutte contre l'esclavage

Durant ses dernières annĂ©es, il est un fervent dĂ©fenseur de l'abolition de l'esclavage (il libĂ©ra ses esclaves dès 1772). De toutes ces activitĂ©s, il dira qu'il prĂ©fère que l'on dise de lui « il a eu une vie utile Â» plutĂ´t que « il est mort très riche Â».

Il mourut à Philadelphie le 17 avril 1790, à l'âge de 84 ans.

[modifier] Son testament

Dans son premier testament Benjamin Franklin voulut donner une partie de sa fortune (2 000 livres sterling) pour permettre la réalisation de travaux afin de rendre navigable le Skuylkil. Cependant, il révisa son testament car cette somme semblait être bien insuffisante pour réaliser les travaux.

Finalement, il céda une partie de sa fortune aux villes de Boston et Philadelphie (1000 livres sterling chacune). Cet argent devait être prêté à des artisans pour permettre leur installation. Il comptait sur les intérêts (5%) pour faire augmenter la somme initiale. D’après ces calculs, au bout de cent ans la somme devait s’élever a 131 000 livres sterling. Il souhaite alors dans son testament qu’une partie de cette somme (100 000 livres sterling) soit utilisée pour construire des hôpitaux, infrastructures, fortifications, écoles... L’autre partie devant à nouveau être prêtée. Au bout de 200 ans la somme devant s’élever à 4 061 000 livres sterling sera à la disposition du gouvernement de l’état.

Pour Philadelphie, il prévoit le même mécanisme, au bout de cent ans la somme devait servir à construire un aqueduc pour amener de l’eau potable en ville et à rendre comme il le souhaitait initialement le Skuylkil navigable

Par ailleurs, il lègue à George Washington son bâton de pommier sauvage avec lequel il avait pour habitude de se promener. Ses livres sont quant à eux cédés à différentes institutions et à ses petits-fils.

Les dettes qui lui sont dues sont données à l’hôpital de Pennsylvanie, en espérant que les personnes qui lui devaient de l’argent auront l’impression de faire une bonne action en payant leur dette à l’hôpital.

Il a souhaitĂ© avoir une cĂ©rĂ©monie d’enterrement la plus simple possible avec le « moins de cĂ©rĂ©monie et de dĂ©pense possible Â».

On constate, à sa mort, que Benjamin Franklin a souhaité que son argent soit le plus utile possible. Il n’a pas souhaité que son argent soit transmis à sa famille, considérant que lui n’avait rien reçu en héritage et que cela ne l’avait pas empêché de prospérer.

[modifier] Conclusion

Le philosophe britannique David Hume nommait Benjamin Franklin: "premier grand homme de lettres" de l’Amérique qui incarnait l’idéal rationnel du Siècle des Lumières. À la fois pragmatique et idéaliste, travailleur acharné dont les entreprises connurent le plus grand succès, Benjamin Franklin a raconté les débuts de sa vie dans sa célèbre “Autobiographie”. Écrivain, imprimeur, éditeur, savant, philanthrope et diplomate, il fut le personnage le plus célèbre et le plus respecté de son temps. Ce démocrate né pauvre dans un âge aristocratique que son exemple contribua à libéraliser fut le premier grand “self-made-man” de l’Amérique. Son héritage est aux États-Unis toutes les grandes institutions éducatives et culturelles inégalables et encore inégalées.

Activiste, philosophe, savant, humaniste, en un mot encyclopĂ©diste, Benjamin Franklin a Ă©tĂ© un franc-maçon dans le militantisme de l’éducation populaire, du savoir pour tous. Immigrant de la deuxième gĂ©nĂ©ration dans une nation d’immigrants, il avait pour père un puritain, fabricant de chandelles, qui avait quittĂ© l’Angleterre en 1683 pour s’installer Ă  Boston. La vie de Franklin illustre de bien des manières l’impact des Lumières sur un individu douĂ©. Autodidacte, il avait lu Locke, lord Shaftesbury, Addison et d’autres contemporains ; il avait appris d’eux Ă  mener sa vie conformĂ©ment Ă  la raison et Ă  rompre avec la tradition – en particulier avec la vieille tradition puritaine – chaque fois qu’elle menaçait d’étouffer son idĂ©al. Le drame de la vie de Benjamin Franklin, rĂ©publicain indĂ©pendantiste, a Ă©tĂ© que son fils fut "loyaliste" et Ă©migre au Canada pour fuir la jeune RĂ©publique des États-Unis d'AmĂ©rique - alors que sa participation Ă  la lutte pour son indĂ©pendance fut probablement pour lui un de ses accomplissements majeurs...

[modifier] Hommages

Statue de Benjamin Franklin Ă  Paris
Statue de Benjamin Franklin Ă  Paris
Billet de $100
Billet de $100
Statue de Benjamin Franklin, Philadelphie, Pennsylvanie
Statue de Benjamin Franklin, Philadelphie, Pennsylvanie

La Royal Society lui décerne la médaille Copley en 1754. À sa mort en 1790, l'assemblée nationale française décrète trois jours de deuil national[3].

En tant que « père fondateur Â» du pays, son effigie a figurĂ© sur plusieurs timbres d'usage courant, dont le cinq cents brun, un des deux premiers timbres des États-Unis.

Son effigie apparaît aussi sur le billet de cent dollars.

De nombreuses rues, ponts ou monuments... portent le nom de Benjamin Franklin :

  • Benjamin Franklin Parkway Ă  Philadelphie
  • Pont Benjamin Franklin Ă  Philadelphie
  • Benjamin Franklin Square Ă  Philadelphie
  • Benjamin Franklin Institut Ă  Philadelphie
  • Rue Benjamin Franklin Ă  Paris dans le 16e
  • USS Benjamin Franklin, navire de guerre de la marine amĂ©ricaine.

On pourrait rajouter une liste innombrable de statues dans toutes les grandes villes américaines, et d'établissements scolaires.

En 2006 à Philadelphie, de nombreuses manifestations ont été organisées pour célébrer le 300e anniversaire de la naissance de Benjamin Franklin. En France, une exposition lui est consacrée au Conservatoire National des Arts et Métiers.

Benjamin Franklin est évoqué à plusieurs reprises dans le film Benjamin Gates et le Trésor des Templiers de Jon Turtletaub (2004).

[modifier] Citations

« Rappelle-toi que le temps, c’est de l’argent ; celui qui pourrait en un jour gagner dix shillings et qui, pendant la moitiĂ© du jour se promène ou paresse dans sa chambre, quand il n’aurait dĂ©pensĂ© que six pences pour son plaisir, doit compter qu’en outre il a dĂ©pensĂ© ou plutĂ´t jetĂ© cinq shillings Ă  l’eau. Rappelle-toi que la puissance gĂ©nitale et la fĂ©conditĂ© appartiennent Ă  l’argent, et les rejetons peuvent engendrer Ă  leur tour et ainsi de suite. L’argent engendre l’argent, et les rejetons peuvent engendrer Ă  leur tour et ainsi de suite. Cinq shillings se changent en six puis en sept shillings trois pence et ainsi de suite jusqu’à devenir une livre sterling… L’argent produit d’autant plus qu’il y en a davantage, de telle sorte que le profit croĂ®t de plus en plus vite. Celui qui tue une truie anĂ©antit sa descendance jusqu’à un millier. Celui qui tue une pièce de cinq shillings assassine tout ce qu’elle aurait pu produire : dix colonnes entières de livres sterlings. Â»

« Il y a deux passions qui ont toujours marquĂ© les actions humaines : l'amour du pouvoir et l'amour de l'argent.[4] Â»

« Si j’avais le temps, je ne verrais aucune objection Ă  recommencer ma vie depuis le dĂ©but. Mais je demanderais Ă  bĂ©nĂ©ficier du mĂŞme privilège que les auteurs, qui corrigent dans la deuxième Ă©dition de leur ouvrage les erreurs de la première. Â»

« Si vous ne voulez pas qu’on vous oublie le jour oĂą vous serez mort et pourri, Ă©crivez des choses qui valent la peine d’être lues, ou faites des choses qui valent la peine d’être Ă©crites. Â»

« Dans toutes vos liaisons amoureuses, prĂ©fĂ©rez plutĂ´t les femmes mĂ»res aux jeunes filles... car elles ont une plus grande connaissance du monde.[5] Â»

« En ce monde, rien n'est certain, Ă  part la mort et les impĂ´ts.[6] Â»

« L'Ă©conomie protège du besoin. Â»

« Ceux qui sont prĂŞts Ă  sacrifier une libertĂ© essentielle pour acheter une sĂ»retĂ© passagère, ne mĂ©ritent ni l'une ni l'autre.[7] Â»

« Qui ne veut ĂŞtre conseillĂ©, ne peut ĂŞtre aidĂ©. Â»

[modifier] Épitaphe

Benjamin Franklin Ă©crivit son Ă©pitaphe Ă  l'âge de 22 ans :

The body of

B. Franklin, Printer
(Like the Cover of an Old Book
Its Contents torn Out
And Stript of its Lettering and Gilding)
Lies Here, Food for Worms.
But the Work shall not be Lost;
For it will (as he Believ'd) Appear once More
In a New and More Elegant Edition
Revised and Corrected
By the Author.

Le corps de

B. Franklin, imprimeur,
(Tel la couverture d'un vieux livre,
dépouillé de ses feuilles,
de son titre et de sa dorure)
Repose ici, pâture pour les vers.
Mais l'ouvrage ne sera pas perdu
et reparaîtra, c'est la foi de Franklin,
dans une nouvelle édition, plus élégante,
revue et corrigée
par l'auteur.

Cette Ă©pitaphe n'a pas Ă©tĂ© employĂ©e. Sur sa tombe, ne figurent que quelques mots : Benjamin and Deborah Franklin 1790.

[modifier] Anecdotes

  • Le 31 dĂ©cembre 1739 Benjamin Franklin aurait achetĂ© sa première bière (premier achat documentĂ©). Il s'est toujours battu contre l'alcoolisme en dissuadant les personnes qu'il rencontrait de boire mĂŞme s'il avoue en avoir dĂ©jĂ  bu plus que de raison lors de dĂ©bats dans des tavernes...
  • Benjamin Franklin a deux dates de naissance en raison de la mise en place du calendrier grĂ©gorien mis en place en Angleterre et dans les colonies britanniques en 1752 (alors qu'il fut instituĂ© en 1582 par le pape GrĂ©goire XIII). Ses deux dates de naissance sont donc le 6 et le 17 janvier 1706 en fonction du calendrier utilisĂ©.
  • Benjamin Franklin a Ă©tĂ© l'un des hommes qui ont signĂ© une certification officielle pour valider le vol en ballon rĂ©alisĂ© par les frères Montgolfier.
  • Benjamin Franklin aurait reçu et Ă©crit du courrier Ă  plus de 650 personnes.
  • Benjamin Franklin a Ă©tĂ© le premier homme Ă  proposer l'utilisation d'une heure d'Ă©tĂ©, pour Ă©conomiser du bois. Celui-ci a Ă©tĂ© mis en place aux États-Unis pendant la Première Guerre mondiale pour Ă©conomiser de l'essence cette fois-ci.
  • Benjamin Franklin aurait prĂ©fĂ©rĂ© que le symbole des USA ne soit pas l'aigle, mais la dinde. La dinde pour lui est un animal avec un « caractère plus moral Â» que l'aigle. L'aigle fut finalement choisi car c'est un oiseau qui est plus respectĂ©.
  • Benjamin Franklin Ă©tait persuadĂ© des vertus de l'air frais (comme le montre son concept de cheminĂ©e), il prenait des « bains d'air frais Â» en restant presque chaque jour une heure debout ou assis nu dans sa chambre.
  • Benjamin Franklin avait fait des calculs pour Ă©valuer la population des États-Unis. En 1890, ses prĂ©visions se sont avĂ©rĂ©es exactes avec une prĂ©cision de 99 87 %.

[modifier] Notes et références

  1. ↑ Texte du Traité de Paris
  2. ↑ Texte de la Constitution des États-Unis d'Amérique
  3. ↑ Élise Marienstras, Naomi Wulf, Révoltes et révolutions en Amérique, Atlande, 2005, (ISBN 2350300153), p.126
  4. ↑ CitĂ© dans Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’AmĂ©rique ? , Paris, Ă©ditions du Seuil, 2005, (ISBN 2020799502), p.50
  5. ↑ Cité malicieusement dans Stephen Vizinczey, Éloge des femmes mûres
  6. ↑ www.evene.fr
  7. ↑ « Those who would give up Essential Liberty to purchase a little Temporary Safety, deserve neither Liberty nor Safety. Â», voir Wikiquote

[modifier] Voir aussi

  • (fr)Le dollar US

[modifier] Liens externes

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