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Biochimie


Biochimie : encyclopédie physique

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Représentation tridimensionnelle de la neuraminidase. Les coordonnées des atomes ont été obtenues par Diffractométrie de rayons X sur un cristal de la protéine.
Représentation tridimensionnelle de la neuraminidase. Les coordonnées des atomes ont été obtenues par Diffractométrie de rayons X sur un cristal de la protéine.

La biochimie est la discipline scientifique qui étudie les réactions chimiques ayant lieu au sein des cellules.

Le terme a Ă©tĂ© créé en 1903 par Carl Neuberg d'après la racine grecque Βιοχημεία (biochÄ“meia)[rĂ©f. nĂ©cessaire] On distingue plusieurs grandes subdivisions de cette discipline : l'Ă©nergĂ©tique, production d'Ă©nergie par la cellule ; l'enzymologie ou Ă©tude des catalyseurs biologiques ; le mĂ©tabolisme, divisĂ© en anabolisme, rĂ©actions de synthèse des molĂ©cules et catabolisme, rĂ©actions de dĂ©gradation des molĂ©cules. Ces grands groupes se subdivisent ensuite en des domaines de plus en plus spĂ©cialisĂ©s. Par exemple, l'enzymologie moderne tâche de relier la structure tridimensionnelle d'une protĂ©ine avec sa fonction. La biochimie, tout comme la chimie, dĂ©taille aussi les raisons de la rĂ©activitĂ© des molĂ©cules.

Les principales catégories de molécules étudiées en biochimie sont les glucides, les lipides, les protéines et les acides nucléiques. Ces molécules sont constituées principalement de carbone, d'oxygène et d'azote. Ces classes de molécules représentent les éléments fondamentaux de l'édification et du fonctionnement de la cellule, divisées en deux groupes, les macroéléments, et les microéléments (aussi appelés oligoéléments), c'est-à-dire l'or, le fer, le zinc existant à l'état de trace dans notre organisme.

L'un des buts ultimes de la biochimie est d'intĂ©grer les donnĂ©es obtenues Ă  l'Ă©chelle molĂ©culaire Ă  un niveau de complexitĂ© supĂ©rieur, celui de la cellule. Il existe toutefois deux divisions entre la molĂ©cule et la cellule : la première est abordĂ©e par la chimie supramolĂ©culaire, qui Ă©tudie les assemblages de macromolĂ©cules (comme le ribosome ou les interactions enzymatiques au sein d'une voie mĂ©tabolique) et les propriĂ©tĂ©s Ă©mergentes ; la seconde s'occupe de la biochimie des organelles, comme la mitochondrie ou le chloroplaste, entitĂ©s supramolĂ©culaires existant Ă  l'intĂ©rieur des cellules complexes.


Sommaire

[modifier] Émergence de la biochimie

Article dĂ©taillĂ© : histoire de la biologie.
Justus von Liebig
Justus von Liebig
Louis Pasteur
Louis Pasteur
Melvin Calvin
Melvin Calvin

L'idĂ©e que l'activitĂ© de la "matière vivante" provienne de rĂ©actions chimiques est relativement ancienne (RĂ©aumur, Spallanzani, etc.). La synthèse de l'urĂ©e, rĂ©alisĂ©e en 1828 par le chimiste allemand Friedrich Wöhler, en sera une des confirmations les plus dĂ©cisives rĂ©alisĂ©es au XIXe siècle. Avant cette date, on considĂ©rait que la substance prĂ©sente dans les organismes prĂ©sentait des particularitĂ©s propres au vivant (thĂ©orie du vitalisme ou des humeurs hĂ©ritĂ©e des Grecs anciens Aristote, Gallien ou Hippocrate).

Un autre Allemand, Justus von Liebig sera le promoteur d'une nouvelle science, la biochimie, qui sera un domaine d'illustration pour plusieurs de ses compatriotes jusqu'à la seconde guerre mondiale. Parmi les plus célèbres on retiendra Hermann Emil Fischer (la célèbre projection de Fischer des glucides), Eduard Buchner (biochimie de la fermentation) et Richard Willstätter (mécanisme des réactions enzymatiques).

Dès lors l'exploration de la cellule connaît un nouvel essor mais on s'intéressera plus particulièrement à ses constituants chimiques et à la façon dont ils réagissent entre eux afin de réaliser un métabolisme au niveau cellulaire. Après les travaux de Louis Pasteur, la recherche va se porter dans les substances intervenant dans les fermentations et les digestions (les ferments solubles). Antoine Béchamp les nommera en 1864 "zymases" mais on préfèrera utiliser le nom d'enzymes introduit dès 1878 par Wilhelm Kühne.

Les autres composants attirant l'attention sont des molécules "albuminoïdes" nommées protéines depuis 1838. Celles-ci sont considérées comme des agrégats de petites molécules à l'origine de l'état colloïdal du hyaloplasme de la cellule. Selon Friedrich Engels elles sont la manifestation même de la vie (Dialectique de la nature, 1835); cela suscite dès lors une attitude vitaliste qui en France sera défendue par Émile Duclaux. Cependant, dès 1920, une autre interprétation s'impose avec la mise en évidence de la nature moléculaire des protéines par Hermann Staudinger. Ce nouveau statut est accompagné de caractéristiques structurales qui conduisent à de nouvelles interprétations fonctionnelles, certaines protéines pouvant être des enzymes, comme Victor Henri l'avait pressenti dès 1903.

Otto Warburg met en place la chimie cellulaire et met le microrespiromètre à la disposition des chercheurs. Cet appareil va aider le Hongrois Albert Szent-Györgyi puis l'Allemand Hans Adolf Krebs à élucider le mécanisme de la respiration cellulaire. Il est démontré alors que le gaz carbonique produit à cette occasion est le résultat d'une série de réactions biochimiques effectuées à l'aide d'enzymes spécifiques, le Cycle de Krebs. On établit aussi que toutes les cellules tirent leur énergie d'une même molécule, l'adénosine triphosphate ou ATP, découverte en 1929 par Karl Lohmann.

Au début des années 1940, Albert Claude montre que la synthèse de l'ATP se déroule au niveau de la membrane interne des mitochondries. Dans le même temps, le britannique Peter Mitchell explique le mécanisme de cette réaction, qui s'accompagne de formation d'eau.

L'étude des thylakoïdes dans les chloroplastes des végétaux chlorophylliens permet de comprendre progressivement le mécanisme de la photosynthèse. En 1932, Robert Emerson reconnaît une phase lumineuse et une phase obscure et en 1937 Archibald Vivian Hill démontre que la production d'oxygène caractéristique de la photosynthèse résulte de la photolyse (décomposition chimique par la lumière) de l'eau. Enfin à partir de 1947, Melvin Calvin décrit la fabrication des substances carbonées à partir du dioxyde de carbone absorbé, c'est le Cycle de Calvin.

En 1951, Erwin Chargaff montre que la molécule d'ADN, connue depuis 1869, est essentiellement présente au niveau des chromosomes. On remarque aussi qu'il y a autant d'adénine que de thymine, de guanine que de cytosine. Le jeune James Dewey Watson et Francis Harry Compton Crick vont publier la structure en double hélice de l'ADN dans la revue Nature le 25 avril 1953. Ils se basent sur les images en diffraction des rayons X obtenues par Maurice Wilkins et Rosalind Elsie Franklin.

Toutes ces découvertes sont le prélude à une meilleure compréhension moléculaire de la vie et à de nombreuses autres avancées médicales et biologiques.

[modifier] Apparition des techniques de biochimie

C'est en 1929 que Theodor Svedberg à l'idée de soumettre le matériel cellulaire à une centrifugation poussée (ultracentrifugation) afin d'isoler les différents constituants des cellules. En 1906, le botaniste Mikhaïl Tswett met au point la chromatographie, technique permettant de séparer les biomolécules. La technique d'électrophorèse a été développée en 1930 par Arne Wilhelm Tiselius, elle permet la séparation des biomolécules chargées sous l'effet d'un champ électrique. Le biochimiste britannique Frederick Sanger développa en 1955 une nouvelle méthode pour analyser la structure moléculaire des protéines (séquence d'acides aminés) et montra qu'une molécule d'insuline contenait deux chaînes peptidiques, reliées ensemble par deux ponts disulfure.

[modifier] Biomolécules

[modifier] L'eau

Article dĂ©taillĂ© : Eau.
L'eau est l'élément primordial de la vie.
L'eau est l'élément primordial de la vie.

L'eau est le constituant principal des êtres vivants. Chez l'être humain cette molécule représente de 55 à 75% de la masse corporelle (mais varie selon la croissance et l'environnement). Certaines des caractéristiques de l'eau font d'elle une molécule remarquable, aux particularités qui ont permis à la vie sur Terre de se développer. Ces caractéristiques sont surtout liées à sa nature dipolaire.

  • L'eau a une force de cohĂ©sion Ă©levĂ©e grâce aux liaisons hydrogène, ce qui rend cette matière difficile Ă  Ă©vaporer (tempĂ©rature d'Ă©bullition particulièrement Ă©levĂ©e pour une molĂ©cule de cette masse molaire). Cela permet Ă  une importante phase liquide d'exister aux tempĂ©ratures connues sur Terre, phase liquide indispensable Ă  la vie telle que nous la connaissons.
  • De mĂŞme, ses propriĂ©tĂ©s de solvant "doux" permettent Ă  un très grand nombre de rĂ©actions biochimiques de se produire. L'eau est particulièrement un excellent solvant pour les solutĂ©s polaires ou ioniques. L'eau est en effet capable d'entourer et de sĂ©parer les particules chargĂ©es en formant des sphères de solvatation.
  • L'eau peut former des liaisons hydrogène avec certains atomes composant les biomolĂ©cules (la liaison hydrogène avec l'acide carboxylique des lipides explique la tĂŞte hydrophile des lipides, les liaisons hydrogène ont une influence sur la structure spatiale des protĂ©ines).
  • L'eau se dissocie naturellement en ion oxonium (ou hydronium) H3O+ et ion hydroxyde OH-.
 2H_2O \leftrightarrow \ H_3O^+ + OH^-

Le pH de l'eau varie donc en fonction du rapport entre ces deux ions, cette propriĂ©tĂ© influant fortement sur des molĂ©cules telles que les enzymes. Certaines enzymes digestives agissent dans l'estomac (au pH acide proche de 2) et sont inactivĂ©es dans l'intestin (au pH basique proche de 8) [exemple : le Coca a un pH de 4 et le citron de 3].

  • L'eau est impliquĂ©e dans la plupart des rĂ©actions biochimiques, car c'est le solvant principal et essentiel pour que ces rĂ©actions aient lieu.
  • Enfin elle est fortement utilisĂ©e en biochimie pour faire des dilutions et obtenir des solutions avec certaines particularitĂ©s (solutions tampon).

On peut aussi signaler l'importance de l'eau pour la vie dans son aspect gĂ©nĂ©ral :

  • Le fait que la densitĂ© de l'eau soit plus grande Ă  l'Ă©tat liquide que solide, propriĂ©tĂ© commune avec le bismuth, a une consĂ©quence remarquable : la glace flotte sur l'eau ! En règle gĂ©nĂ©rale, la densitĂ© Ă  l'Ă©tat liquide est plus faible qu'Ă  l'Ă©tat solide pour les autres corps).
    De surcroît, le fait que la densité de l'eau soit maximale à 4°C fait que la température au fond d'un lac ne peut pas descendre en-dessous de 4°C (sauf cas extrêmes). Cela permet à la vie aquatique de survivre aux périodes glacées, car l'eau reste liquide sous son manteau de glace isolante.
  • Par ailleurs, sa tension superficielle particulièrement Ă©levĂ©e permet le phĂ©nomène de capillaritĂ©, qui permet, entre autres, aux plantes de pousser et Ă  de nombreux ĂŞtres vivants de se dĂ©placer sur la surface de l'eau.

[modifier] Les glucides (hydrates de carbone)

Articles dĂ©taillĂ©s : Glucides et Sucres.
Cristaux de saccharose ou sucre de table, le plus familier des glucides.
Cristaux de saccharose ou sucre de table, le plus familier des glucides.

Les glucides ou sucres sont des composés polyfonctionnels qui ont pour formule globale Cn(H2O)n, d'où leur nom d'hydrates de carbone.

Les sucres, plus correctement appelés oses, jouent un rôle majeur dans le métabolisme énergétique, c'est à dire la production d'énergie chimique qui sera utilisée au cours des réactions d'anabolisme. Ils sont également très importants dans d'autres processus métaboliques tels que la synthèse d'acides nucléiques, les processus d'hydroxylation et la synthèse de cérébrosides et de glycoprotéines. Les glucides interviennent aussi dans le transfert des cations dans l'intestin et dans des mécanismes de détoxification tels que la glycuroconjugaison, l'excrétion d'ammoniac et l'épuration de l'hydrogène.

Chez les bactéries, ils sont une partie importante de la membrane externe appelée paroi. Chez certaines bactéries, les lipides étant en quantité négligeable, l'assemblage de ces oses donne le peptidoglycane résistant à l'alcool. Chez d'autres, ils sont conjugués à des lipides, formant les lipopolysaccharides, ou LPS. Ils sont responsables des réactions immunitaires d'un organisme lorsque celui-ci est exposé à une entrée bactérienne. Ils jouent aussi un rôle important comme déterminant antigénique à la surface des cellules eucaryotes. Ils déterminent les groupes sanguins et sont une part importante du complexe majeur d'histocompatibilité, ou CMH.

[modifier] Classification des glucides

[modifier] Par nombre de résidus
  • Les molĂ©cules de glucides simples sont appelĂ©s oses ou monosaccharides (par exemple glucose, fructose et galactose).
  • Les glucides composĂ©s de deux rĂ©sidus sont des diholosides ou disaccharides (saccharose, lactose). Il existe des enchaĂ®nements de plus de deux oses.
  • Les oligosaccharides comprennent au plus dix rĂ©sidus de monosaccharides et les polysaccharides, plus de dix. Les polysaccharides sont donc des polymères de plusieurs unitĂ©s osidiques et jouent un rĂ´le important dans le stockage de l'Ă©nergie (amidon, glycogène) ainsi que dans la structure des tissus vĂ©gĂ©taux (cellulose, chitine).

[modifier] Par groupement chimique

Parmi les glucides on distingue les aldoses et les cĂ©toses :

  • les aldoses sont composĂ©s d'une chaĂ®ne d'alcools secondaires ayant Ă  une extrĂ©mitĂ© un alcool primaire et un aldĂ©hyde Ă  l'autre extrĂ©mitĂ©. Ces derniers prĂ©sentent une Ă©nantiomĂ©rie (sĂ©ries L et D).
  • Les cĂ©toses possèdent une fonction cĂ©tone dans leurs chaĂ®nes, les autres carbones Ă©tant porteur d'une fonction alcool primaire ou secondaire selon la position.

[modifier] Par nombre d'atomes de carbone

Les oses sont classés aussi par leur nombre d'atomes de carbone de la manière suivante: C3 trioses, C4 tétroses, C5 pentoses, C6 hexoses, C7 heptoses.

[modifier] Exemples

  • La glycĂ©raldĂ©hyde est l'ose le plus simple dans la classe des aldoses, c'est un aldotriose (C3). De mĂŞme pour le dihydroxyacĂ©tone dans la classe des cĂ©toses (cĂ©totriose). Le ribose est un aldopentose (C5) qui entre dans la composition des acides nuclĂ©iques.
  • Le glucose («gluco», du grec glukus, saveur sucrĂ©e) est un aldohexose de formule C6H12O6. On le trouve dans les fruits mĂ»rs, le nectar des fleurs, la sève, le sang et certains sirops.
  • Le fructose (du latin fructus, fruit) appelĂ© aussi lĂ©vulose, est un cĂ©tohexose. On le rencontre dans les fruits, le miel, dans certaines boissons sucrĂ©es et dans les sĂ©crĂ©tions sĂ©minales.
  • Le saccharose (du grec sakkharon, sucre) de formule C12H22O11 est un disaccharide qui donne par hydrolyse du glucose et du fructose. Il se trouve dans la plupart des vĂ©gĂ©taux et en particulier dans la betterave sucrière, la canne Ă  sucre.
  • Le maltose est un disaccharide qui donne par hydrolyse deux molĂ©cules de glucose.
  • Le lactose est un disaccharide qui donne par hydrolyse un glucose et un β-galactose. Le lactose est retrouvĂ© notamment dans le lait et les produits laitiers.
Formules cycliques du glucose, fructose et saccharose

[modifier] Lipides

Article dĂ©taillĂ© : Lipide.
Beurre
Beurre

[modifier] Définition

Les lipides, du grec « lipos Â» (« graisse Â»), constituent une classe assez hĂ©tĂ©rogène de molĂ©cules. Sont regroupĂ©es sous cette dĂ©nomination les molĂ©cules ayant un caractère hydrophobe marquĂ©, c'est Ă  dire très peu solubles dans l'eau mais solubles dans la plupart des solvants organiques, comme le chloroforme, par exemple. Nous trouvons aussi des lipides dans la cire de bougie, les graisses animales, l'huile d'olive et pratiquement tous les corps gras. La biochimie a complĂ©tĂ© cette dĂ©finition en montrant que les lipides possĂ©daient des voies de synthèse communes. Cependant, il n'existe pas encore de dĂ©finition unique d'un lipide reconnue par l'ensemble de la communautĂ© scientifique. Ceci tient probablement au fait que les lipides forment un ensemble de molĂ©cules aux structures et aux fonctions extrĂŞmement variĂ©es dans le monde du vivant[1].

D'un point de vue métabolique, les lipides constituent des réserves énergétiques. Les sucres sont par exemple transformés en lipides et stockés dans les cellules adipeuses en cas de consommation supérieure à l'utilisation.

Les lipides, en particulier les phospholipides, constituent l'Ă©lĂ©ment majeur des membranes cellulaires. Ils dĂ©finissent une sĂ©paration entre le milieu intracellulaire et le milieu extracellulaire. Leur caractère hydrophobe rend impossible le passage de molĂ©cules polaires ou chargĂ©es, comme l'eau et les ions, car ils forment des groupements très compacts issus de liaisons covalentes faibles appelĂ©es interaction hydrophobe. Seules voies de passage possible : les protĂ©ines membranaires oĂą, par exemple, les ions entrent et sortent de la cellule par le biais de canaux ioniques.

Plusieurs hormones sont des lipides, en général dérivées du cholestérol (progestérone, testostérone, etc.), ce qui permet d'agir comme filtre aux entrées des cellules. Les vitamines liposolubles peuvent aussi être classées parmi les lipides.

Contrairement aux acides nucléiques ou aux protéines, les lipides ne sont pas des macromolécules constituées d'une succession d'unités de base.

[modifier] Structure et classification

Les lipides peuvent être classés selon la structure de leur squelette carboné (atomes de carbone chaînés, cycliques, présence d'insaturations, etc.)[2]:

  • les acides gras : il s'agit d'acides carboxyliques Ă  longue chaĂ®ne carbonĂ©e pouvant ĂŞtre saturĂ©e, insaturĂ©e, ramifiĂ©e, etc. Des exemples bien connus sont les omĂ©ga-3 et -6, mais aussi les prostaglandines.
  • les acylglycĂ©rols et phosphoacylglycĂ©rols : ces lipides sont formĂ©s par estĂ©rification d'un glycĂ©rol et d'un Ă  trois acides gras (ou mono-, di- et triglycĂ©rides). Dans le cas des phosphoacylglycĂ©rols, l'estĂ©rification se fait avec glycĂ©rol, un ou deux acides gras et un phosphate[3]. Le groupe phosphate peut Ă  son tour subir une estĂ©rification par diffĂ©rents composĂ©s hydroxylĂ©s comme la choline ou la sĂ©rine. On obtient alors de la phosphatidylcholine et de la phosphatidylsĂ©rine, respectivement. Il est Ă  noter qu'acylglycĂ©rols et phosphoacylglycĂ©rols sont Ă©galement connus sous les noms de glycĂ©rides et phosphoglycĂ©rides.
  • les sphingolipides : ces lipides rĂ©sultent de l'estĂ©rification puis de l'amidification de la sĂ©rine par deux acides gras. Une sous-classe bien connue de sphingolipides est celle des cĂ©ramides.
  • les stĂ©rols : les stĂ©rols sont des lipides possĂ©dant une chaĂ®ne carbonĂ©e plusieurs fois cyclisĂ©e. Ils ne sont donc pas linĂ©aires comme les acides gras. Des exemples bien connus de stĂ©rols sont le cholestĂ©rol, la vitamine D et les hormones stĂ©roĂŻdiennes (testostĂ©rone, Ĺ“strogènes, cortisone).
  • les prĂ©nols : il s'agit de lipides dĂ©rivant de l'isoprène, comme par exemple les vitamines E et K ou le β-carotène.
  • les polykĂ©tides : ils forment une gamme très vaste de composĂ©s naturels dont sont dĂ©rivĂ©s de nombreux antibiotiques comme les macrolides.
  • les saccharolipides : ils rĂ©sultent de l'estĂ©rification et/ou de l'amidification de sucres et d'acides gras. L'exemple le plus connu de saccharolipide est sans doute le lipopolysaccharide.

Pour des raisons pratiques et historiques, acylglycérol et phosphoacylglycérol sont souvent considérés comme deux catégories différentes, de même que phosphoacylglycérol et phosphosphingolipide peuvent être regroupés sous l'appellation de phospholipides[4].

Quelques exemples de lipides

[modifier] Protéines (protides)

Articles dĂ©taillĂ©s : ProtĂ©ines et Acides aminĂ©s.
La myoglobine, protéine respiratoire des muscles.
La myoglobine, protéine respiratoire des muscles.

Les protéines (du grec prôtos, premier) sont des polymères composés d'une combinaison de quelques 20 acides aminés. La plupart des protéines sont formées de l'union de plus de 100 acides aminés (résidus) reliés entre eux par des liaisons peptidiques. Pour un nombre moins important de résidus on parle de peptides (< 50 résidus) et de polypeptides (≥ 50 résidus).

[modifier] Acides aminés

Les acides aminĂ©s (« amin Â» du grec ammĂ´niakos, ammoniac) sont des composĂ©s organiques azotĂ©s qui possèdent une formule gĂ©nĂ©rale du type :

 NH_2 - HC_\alpha\ \mathbf{R} - COOH

L'atome de carbone central Cα (carbone alpha) est reliĂ© Ă  un groupement amine (NH2 -), Ă  un groupement carboxyl acide (- COOH) et Ă  un radical R variable d'un acide aminĂ© Ă  un autre. Les radicaux (R) peuvent avoir des propriĂ©tĂ©s diffĂ©rentes, certains sont hydrophiles, d'autres hydrophobes. Certains, en solution aqueuse, s'ionisent positivement (basiques) et d'autres nĂ©gativement (acides) ou restent neutres. Les mammifères possèdent les enzymes nĂ©cessaires pour la synthèse de l'alanine, l'asparagine, l'aspartate, la cystĂ©ine, le glutamate, la glutamine, la glycine, la proline, la sĂ©rine, et la tyrosine. Quant Ă  l'arginine et l'histidine, ils sont produits mais en quantitĂ© insuffisante surtout pour les jeunes individus. En revanche, l'isoleucine, la leucine, la lysine, la mĂ©thionine, la phĂ©nylalanine, la thrĂ©onine, le tryptophane, et la valine ne peuvent pas ĂŞtre fabriquĂ©s par notre organisme. Au risque de dĂ©ficit, ils doivent ĂŞtre apportĂ©s rĂ©gulièrement par l'alimentation dans les bonnes proportions : ce sont les acides aminĂ©s essentiels.

[modifier] Structure des protéines

Les acides aminĂ©s peuvent se lier les uns aux autres par une liaison peptidique au cours de la synthèse protĂ©ique dans les ribosomes. La liaison peptidique se fait entre le groupement acide (COOH) d'un acide aminĂ© et le groupement amine (NH2) de l'autre :

 \begin{matrix} Acide \, amin\acute{e} \, (1) \\ \overbrace{ {\color{Blue}NH_2 - HC_\alpha\ \mathbf{R}_1 - COOH} } \end{matrix} + \begin{matrix} Acide \, amin\acute{e} \, (2) \\ \overbrace{ {\color{Red}NH_2 - HC_\alpha\ \mathbf{R}_2 - COOH} } \end{matrix}

la rĂ©action produit un di-peptide :

 {\color{Blue}NH_2 - HC_\alpha\ \mathbf{R}_1 - CO} - {\color{Red}NH - HC_\alpha\ \mathbf{R}_2 - COOH} + H_2O

Dans la cellule, cette réaction est catalysée par la peptidyltransférase, elle nécessite l'hydrolyse d'ATP (source d'énergie) et la présence d'ions magnésium. Pour chaque liaison formée, une molécule d'eau est formée.

La sĂ©quence des acides aminĂ©s d'une protĂ©ine (l'arrangement et l'ordre des rĂ©sidus) constitue la structure primaire. Par exemple, pour construire un peptide de 10 rĂ©sidus Ă  l'aide de la collection de 20 acides aminĂ©s on dispose de 2012possibilitĂ©s (soit 1 suivi de 13 zĂ©ros !). En solution aqueuse, comme on a dit, les radicaux possèdent des propriĂ©tĂ©s chimiques diffĂ©rentes. Certains radicaux peuvent former des liaisons chimiques plus ou moins fortes avec d'autres radicaux de la mĂŞme chaĂ®ne peptidique. Certains se repoussent et d'autres se rapprochent et forment des liens chimiques. La chaĂ®ne d'acides aminĂ©s aura donc tendance Ă  se replier sur elle-mĂŞme pour adopter une structure tridimensionnelle prĂ©cise. Et cette structure tridimensionnelle dĂ©pend avant tout de la sĂ©quence des acides aminĂ©s formant la chaĂ®ne. En effet, 4 grands types d'interactions interviennent dans le repliement de la chaĂ®ne peptidique :

  • L'effet hydrophile / hydrophobe,
  • Les forces de Van der Waals,
  • Les liaisons ioniques,
  • Les liaisons hydrogène,

Ces 4 premiers types d'intéractions sont considérés comme étant faibles (forts lorsque nombreux cependant)

  • Les ponts disulfure (liaison covalente entre les atomes de soufre qui relient deux cystĂ©ines Ă©loignĂ©es l'une de l'autre sur la chaĂ®ne). Cela constitue une interaction forte.

Ainsi certaines parties de la chaĂ®ne peptidique adoptent une structure rĂ©gulière appelĂ©e structure secondaire. On en reconnaĂ®t, selon les angles de torsion des liaisons, 3 grands types :

  • L'hĂ©lice α : la chaĂ®ne peptidique prend la forme d'une spirale. Les diffĂ©rentes spires sont stabilisĂ©es par des liaisons hydrogène tous les 4 rĂ©sidus (liaisons hydogènes dites "intracatĂ©naires").
  • Le feuillet β : il se forme des liaisons hydrogène entre certains segments (brins β) de la chaĂ®ne peptidique disposĂ©s parallèlement les uns par rapport aux autres (les liaisons hydrogènes sont dites "intercatĂ©naires"). L'ensemble forme comme un feuillet plissĂ©.
  • Le coude ou « turn Â» : c'est une structure moins ordonnĂ©e qui forme gĂ©nĂ©ralement un lien court entre des structures ordonnĂ©es (hĂ©lice-hĂ©lice, feuillet-feuillet ou feuillet-hĂ©lice). Une boucle est un lien plus long.

La forme finale de la chaîne peptidique, c’est-à-dire la structure tridimensionnelle qu'adopte la chaîne d'acides aminés, constitue la structure tertiaire de la protéine (Voir la figure de la myoglobine en 3D).

Certaines protéines, plus complexes, résultent de l'assemblage des différentes chaînes (monomères) ce qui constitue la structure quaternaire de la protéine. Par exemple, l'hémoglobine est formée de l'association de 4 chaînes peptidiques.

La structure de la protéine peut être dénaturée par plusieurs facteurs notamment: la température, les pH extrêmes et l'augmentation de la force ionique dans le milieu ou par des agents chimiques dénaturants (2-mercaptoéthanol). La dénaturation de la structure 3D d'une protéine s'ensuit généralement par la perte de sa fonction. On parle de relation structure-fonction.

[modifier] Fonctions

Les protĂ©ines assurent plusieurs fonctions au sein des cellules et de l'organisme, qui sont Ă  l'essence mĂŞme de la vie. En voici une liste non exhaustive avec quelques exemples :

  • Structure et soutien : tubuline, Ă©lastine, collagène, kĂ©ratine.
  • Catalyse des rĂ©actions biologiques : enzymes.
  • Transport et stockage : hĂ©moglobine, ferritine.
  • Signalisation et rĂ©gulation : hormones peptidiques, cytokines.
  • RĂ©ception et transduction des signaux : rĂ©cepteurs biologiques.
  • Mouvement et motricitĂ© : système actine / myosine.
  • IdentitĂ© et dĂ©fense contre les agressions biologiques : anticorps.
  • Protection contre le stress environnemental : les chaperonnes.
  • DĂ©toxification : cytochrome P450, peroxydases, superoxyde dismutase.
Exemples de quelques protéines

[modifier] Protéome

Pour un total d’environ 20 000 Ă  25 000 gènes (gĂ©nome)[5], on estime Ă  un million le nombre de protĂ©ines diffĂ©rentes qui peuvent ĂŞtre produites dans les cellules humaines (protĂ©ome). Le nombre de protĂ©ines produites par le cerveau humain, dont le rĂ´le est essentiel pour son fonctionnement, est estimĂ© Ă  environ 12 000.

[modifier] Acides nucléiques

Article dĂ©taillĂ© : acide nuclĂ©ique.
Modèle atomique d'une molécule d'ADN bicaténaire, formée par deux chaînes de nucléotides enroulées en hélice.
Modèle atomique d'une molécule d'ADN bicaténaire, formée par deux chaînes de nucléotides enroulées en hélice.

Les acides nuclĂ©iques ont Ă©tĂ© isolĂ©s initialement des noyaux des cellules eucaryotes (du latin nucleus, noyau). Ce sont des macromolĂ©cules comportant des sous-unitĂ©s appelĂ©es nuclĂ©otides. On peut en distinguer deux grands types : les acides dĂ©soxyribonuclĂ©iques (ADN) et les acides ribonuclĂ©iques (ARN). L'ADN est le support universel de l'information gĂ©nĂ©tique (sauf pour certains virus). Grâce Ă  deux fonctions catalytiques cette molĂ©cule assure la transmission et l'expression de l'information qu'elle contient :

  • La fonction autocatalytique : permet l'autoduplication de l'ADN et assure la transmission de l'information d'une gĂ©nĂ©ration Ă  une autre.
  • La fonction hĂ©tĂ©rocatalytique : gouverne la synthèse protĂ©ique. Étant donnĂ© que les enzymes sont des protĂ©ines et que toutes les synthèses et rĂ©actions dĂ©pendent d'elles, l'ADN contrĂ´le toute l'organisation et les processus biologiques des cellules et des organismes. Ainsi, l'ADN exprime l'information qu'il comprend.

[modifier] Structure

Le nuclĂ©otide, unitĂ© de base des acides nuclĂ©iques, comporte trois composants: de l'acide phosphorique, un pentose et une base azotĂ©e :

  • L'acide phosphorique (H3PO4) possède 3 fonctions acides. Deux de ces fonctions sont estĂ©rifiĂ©es par deux fonctions alcools portĂ©es par les carbones 3' et 5' du pentose. La troisième fonction acide est libre. (On numĂ©rote les carbones avec des chiffres accompagnĂ©s de l’indication (') pour Ă©viter des confusions avec les numĂ©rotations des bases).
  • Le pentose (sucre en C5) : c'est le ribose, prĂ©sent sous deux formes, le 2'-dĂ©soxyribose et le 2'-oxyribose, respectivement dans l'ADN et l'ARN. La liaison pentose-base est une liaison glycosidique. Elle se forme par Ă©limination d'une molĂ©cule d'eau entre la base et l'OH semi-acĂ©talique situĂ© sur le carbone 1' de l'ose. L'association pentose-base est appelĂ©e nuclĂ©oside.
  • Les bases azotĂ©es sont classĂ©es en bases pyrimidiques et en bases puriques. Les principales bases pyrimidiques sont : l'uracile (U), la cytosine (C) et la thymine (T). Les principales bases puriques sont : l'adĂ©nine (A) et la guanine (G). Les bases puriques et pyrimidiques prĂ©sentent des formes chimiques interconvertibles que l'on appelle des formes tautomères.
Appariement des bases dans l'ADN double brin
Appariement des bases dans l'ADN double brin

Dans l'ADN bicatĂ©naire les bases azotĂ©es des deux brins s'apparient suivant la règle de complĂ©mentaritĂ© : A appariĂ© avec T, C appariĂ© avec G. Cet appariement est maintenu grâce Ă  des liaisons hydrogène et peut donc ĂŞtre affectĂ© par la chaleur (dĂ©naturation thermique). Par convention, la sĂ©quence d'un acide nuclĂ©ique est orientĂ©e dans le sens de l’extrĂ©mitĂ© 5' (comportant un groupement phosphate) vers l’extrĂ©mitĂ© 3' qui possède un OH libre. Ainsi, dans l'ADN bicatĂ©naire (double brin), les deux brins sont disposĂ©s dans deux directions opposĂ©es. Les extrĂ©mitĂ©s 5' et 3' de l'un des brins correspondent aux extrĂ©mitĂ©s 3' et 5' du brin parallèle opposĂ© (anti-parallèles). Dans l’espace les deux chaĂ®nes prĂ©sentent une configuration hĂ©licoĂŻdale. Elles s’enroulent autour d’un axe imaginaire pour constituer une double hĂ©lice Ă  rotation droite (dans les formes A et B de l’ADN) ou plus exceptionnellement Ă  rotation gauche (dans la forme Z de l’ADN).

[modifier] Information génétique

Classiquement, on considère que le gène est une rĂ©gion d'un brin d'ADN dont la sĂ©quence code l'information nĂ©cessaire Ă  la synthèse d'une protĂ©ine. Trois types d'ADN diffĂ©rents constituent le gĂ©nome (l'ensemble des gènes d'un individu ou d'une espèce) :

  • L'ADN « domestique Â» : reprĂ©sentant environ 75 % du gĂ©nome, est formĂ© de gènes prĂ©sents en un seul exemplaire ou en un nombre limitĂ© de copies. Toutefois, par extension, ce type d'ADN englobe Ă©galement certains gènes spĂ©cifiques dits Ă  multicopies, comme ceux des ARN ribosomaux ou bien ceux codant les histones. Ces derniers existent sous forme de larges amas de copies (50-10 000 copies) localisĂ©s sur un ou plusieurs chromosomes.
  • L'ADN « rĂ©pĂ©titif et dispersĂ© Â» (minisatellites et microsatellites) : constitue 15 % du gĂ©nome et est caractĂ©risĂ© par de courtes sĂ©quences nuclĂ©otidiques (supĂ©rieures Ă  100 pour les minis), rĂ©pĂ©tĂ©es en tandem un très grand nombre de fois (105 - 106 fois), en de nombreuses rĂ©gions du gĂ©nome.
  • L'ADN « satellite Â» : (environ 10 % du gĂ©nome) est constituĂ© de sĂ©quences hautement rĂ©pĂ©titives, essentiellement localisĂ©es dans les rĂ©gions des centromères et des tĂ©lomères.

Le gĂ©nome humain comprend environ 3 milliards de paires de nuclĂ©otides reprĂ©sentant près de 30 000 gènes (en fait, dans les estimations rĂ©centes, c'est entre 20 000 et 25 000 gènes). Toutefois, il ne semble pas y avoir de relation systĂ©matique entre le nombre de paires de nuclĂ©otides par gĂ©nome et le degrĂ© de complexitĂ© d'un organisme. Ainsi, certaines plantes et organismes amphibiens possèdent un gĂ©nome comptant plus de 100 milliards de paires de nuclĂ©otides, soit 30 fois plus qu'un gĂ©nome humain. En effet, le gĂ©nome des cellules eucaryotes semble contenir un large excès d'ADN. Chez les mammifères, moins de 10 % du gĂ©nome serait utile Ă  l'expression en protĂ©ines ou Ă  la rĂ©gulation de cette expression.

La séquence complète du gène humain HSMG03 codant l'exon 3 de la myoglobine (taille: 1,2 kb), 3 milliards de ces 4 lettres forment le génome de l'espèce humaine (Homo sapiens).
       Origine
       1 GGTCCTGGAA TAAAGAGAAG GTAGGAGGAC AACTGACTCC CATCTGGCCC CTGGCTTGTC
      61 CCACCCTGGT GACCATTTTC TCTCCTCACC CTCCCTGCAG TTCATCTCGG AATGCATCAT
     121 CCAGGTTCTG CAGAGCAAGC ATCCCGGGGA CTTTGGTGCT GATGCCCAGG GGGCCATGAA
     181 CAAGGCCCTG GAGCTGTTCC GGAAGGACAT GGCCTCCAAC TACAAGGAGC TGGGCTTCCA
     241 GGGCTAGGCC CCTGCCGCTC CCACCCCCAC CCATCTGGGC CCCGGGTTCA AGAGAGAGCG
     301 GGGTCTGATC TCGTGTAGCC ATATAGAGTT TGCTTCTGAG TGTCTGCTTT GTTTAGTAGA
     361 GGTGGGCAGG AGGAGCTGAG GGGCTGGGGC TGGGGTGTTG AAGTTGGCTT TGCATGCCCA
     421 GCGATGCGCC TCCCTGTGGG ATGTCATCAC CCTGGGAACC GGGAGTGCCC TTGGCTCACT
     481 GTGTTCTGCA TGGTTTGGAT CTGAATTAAT TGTCCTTTCT TCTAAATCCC AACCGAACTT
     541 CTTCCAACCT CCAAACTGGC TGTAACCCCA AATCCAAGCC ATTAACTACA CCTGACAGTA
     601 GCAATTGTCT GATTAATCAC TGGCCCCTTG AAGACAGCAG AATGTCCCTT TGCAATGAGG
     661 AGGAGATCTG GGCTGGGCGG GCCAGCTGGG GAAGCATTTG ACTATCTGGA ACTTGTGTGT
     721 GCCTCCTCAG GTATGGCAGT GACTCACCTG GTTTTAATAA AACAACCTGC AACATCTCAG
     781 TTTCTGCCTG GCATTTTTCA TCTCCTAGAG TAAATGATGC CCCCACCAGC ACCAGCATCA
     841 AGGAAGAAAT GGGAGGAAGG CAGACCCTGG GCTTGTGTGT GCAGAGAGCC TCAGGAAAGA
     901 GGAGAAGGGG AGGAGGAAAG GCAGGAGGGT GAGAGGGACA GGAGCCCACC CTCCCTGGGC
     961 CACCGCTCAG AGGCAGGCCC AGTGCAGGGC ATGGGGAAAT GGAAGGGACA GGCTTGGCCC
    1021 CAGCCTTGGG AGCACCTTCT CTTCGGGGGA GGTGGGAGGC AGCGAACAGA CCTCTGCAAT
    1081 ACGAGGAGAG AGTGACAGGT GCGCCAGGCT GTGGGAACCC AGAGGAGAGG GGAAGCCATC
    1141 ATCATCATGG CTGCAATACC TTCAGTAACG TGGGAAGGTC ACCCTGCTAG TAAGTGGCAG
    1201 AGCTGGGACT CAAACTATGG CCTGGA 

(d'après Weller et al., 1984. EMBO J. 3(2); 439-446)

La taille des gènes peut varier de quelques centaines à plusieurs dizaines de milliers de nucléotides. Cependant même les plus longs gènes n'utilisent qu'une faible portion de leur séquence pour coder l'information nécessaire à l'expression en protéines. Ces régions codantes sont appelées exons et les séquences non codantes introns. D'une manière générale, plus l'organisme est complexe, plus la quantité et la taille des introns est importante. Ainsi la présence d'introns sur l'ADN d'organismes procaryotes est extrêmement rare. Certaines régions de l'ADN sont impliquées dans la régulation de l'expression des gènes. Ces séquences de régulation sont généralement localisées en amont (du côté 5') ou en aval (côté 3') d'un gène et plus rarement à l'intérieur d'introns ou d'exons.

[modifier] Vitamines

Article dĂ©taillĂ© : vitamine.
Cristaux de vitamine C.
Cristaux de vitamine C.

Les vitamines (du latin vita, vie) sont des composés organiques essentiels à la vie, agissant à de très faibles quantités, pour le développement, l'entretien et le fonctionnement de l'organisme. Nos cellules sont incapables de les synthétiser et elles doivent être apportées par l'alimentation sous peine d'avitaminose ou de survitaminose. La vitamine B1 (thiamine) est la première vitamine à avoir été découverte par le japonais Suzuki Umetaro cherchant à soigner le béribéri (une maladie due au déficit en vitamine B1, caractérisée par des atteintes musculaires et neurologiques). Elle fut isolée par Kazimierz Funk (biochimiste américain d'origine polonaise) en 1912. Aujourd'hui, on connaît 13 vitamines différentes pour l'homme. C'est un ensemble hétérogène du point de vue chimique et physiologique (mode d'action).

Les vitamines se divisent en deux grandes catĂ©gories : les vitamines hydrosolubles (groupes B et C) et les vitamines liposolubles (les groupes A, D, E, et K). Les vitamines hydrosolubles ne peuvent pas franchir la membrane cellulaire et elle doivent se fixer Ă  un rĂ©cepteur pour pĂ©nĂ©trer la cellule. Elles sont facilement Ă©liminĂ©es par les reins et la sueur, l'alimentation doit les fournir quotidiennement. Les vitamines liposolubles peuvent facilement traverser la membrane cellulaire. Leur rĂ©cepteur se trouve dans la cellule, soit dans le cytosol, soit dans le noyau. Elles sont stockĂ©es dans le tissu adipeux et le foie (d'oĂą le risque de surdosage, surtout pour la vitamine A et D). Certaines vitamines sont des cofacteurs nĂ©cessaires Ă  l'activitĂ© d'enzymes (vitamines du groupe B), d'autres constituent une rĂ©serve de pouvoir rĂ©ducteur (vitamine C, E). Les fonctions des autres vitamines restent Ă  Ă©lucider.

[modifier] Sous-disciplines de la biochimie

  • Biochimie structurale
  • Biochimie mĂ©tabolique
  • Biochimie gĂ©nĂ©tique
  • Biochimie fonctionnelle
  • Biochimie mĂ©dicale et clinique

[modifier] Biochimie, une science multidisciplinaire

Un laboratoire Ă  l'institut de biochimie de Cologne.
Un laboratoire Ă  l'institut de biochimie de Cologne.

Pour mener Ă  bien leurs Ă©tudes, les biochimistes font appel Ă  des techniques et des connaissances issues de nombreuses disciplines scientifiques autres que la biologie, par exemple :

Disciplines Quelques applications
Chimie analytique

Elle utilise notamment les mĂ©thodes :

  • spectroscopiques (pour le dosage et Ă©tude des rĂ©actions chimiques),
  • gravimĂ©triques (sĂ©paration par centrifugation),
  • radiochimiques (prĂ©paration des radioligands),
  • chromatographiques (purification et dosage des molĂ©cules).
  • d'Ă©lectrophorèse (Ă©lectrophorèse des protĂ©ines).
Chimio-synthèse
  • La synthèse artificielle de peptides.
  • Les rĂ©acteurs enzymatiques (synthèse de mĂ©tabolites Ă  grande Ă©chelle).
Cinétique chimique
  • L'Ă©tude des rĂ©actions biochimiques (mĂ©tabolisme).
  • Les propriĂ©tĂ©s catalytiques des enzymes (enzymologie).
Thermochimie
  • L'Ă©tude de l'Ă©volution des rĂ©actions chimiques et des variations de l'Ă©nergie emmagasinĂ©e dans les biomolĂ©cules au cours de ces rĂ©actions (bioĂ©nergĂ©tique).
  • L'Ă©tude de l'interaction ligand / rĂ©cepteur.
  • L'Ă©tude des mĂ©canismes d'Ă©changes cellulaires (diffusion, osmose).
Physique

La dĂ©termination de structure des macromolĂ©cules :

  • La microscopie Ă©lectronique.
  • La cristallographie.
  • La diffraction des rayons X.
  • La rĂ©sonance magnĂ©tique nuclĂ©aire (RMN).
Informatique

AppliquĂ©e Ă  la biologie (Ă©galement appelĂ©e la bio-informatique), pour l'analyse de sĂ©quences nuclĂ©otidiques ou d'acides aminĂ©s :

  • La recherche de sĂ©quences dans les banques de donnĂ©es gĂ©nomiques.
  • Les alignements et comparaison de sĂ©quences, la phylogĂ©nie molĂ©culaire.
  • La modĂ©lisation 3D des protĂ©ines.

[modifier] Notes et références

  1. ↑ Le site LIPD MAPS, un site de ressource sur les lipides, comptait 8259 entrées le 16 août 2006
  2. ↑ (en) Fahy E., Subramaniam S., Brown H.A., Glass C.K., Merrill A.H. Jr., Murphy R.C., Raetz C.R., Russell D.W., Seyama Y., Shaw W., Shimizu T., Spener F., van Meer G., van Nieuwenhze M.S., White S.H., Witztum J.L., Dennis E.A. (2005) A comprehensive classification system for lipids, J Lipid Res., vol. 46(5):839-861
  3. ↑ cette molécule est appelée acide phosphatidique
  4. ↑ Consulter l'entrée de l'IUPAC sur la nomenclature des lipides
  5. ↑ Finishing the euchromatic sequence of the human genome, International Human Genome Consortium (2004) Nature 431: 931-945

[modifier] Voir aussi

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[modifier] Liens internes

[modifier] Bibliographie

  • Philippe de la Cotardière, Histoire des sciences de l'antiquitĂ© Ă  nos jours, Tallandier, 2004 (ISBN 2847340521)
  • Lubert Stryer, Jeremy Mark Berg, John L. Tymoczko (trad. Serge Weinman), Biochimie, Flammarion, « MĂ©decine-Sciences Â», Paris, 2003, 5e Ă©d. (ISBN 2-257-17116-0).


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