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Calcul numérique d'une intégrale


Calcul numérique d'une intégrale : encyclopédie mathématiques

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En analyse numérique, il existe une vaste famille d’algorithmes dont le but principal est d’estimer la valeur numérique de l’intégrale définie sur un domaine particulier pour une fonction donnée (par exemple l’intégrale d’une fonction d’une variable sur un intervalle).

Ces techniques procèdent en trois phases distinctes :

  1. Décomposition du domaine en morceaux (un intervalle en sous-intervalles contigus).
  2. Intégration approchée de la fonction sur chaque morceau.
  3. Sommation des résultats numériques ainsi obtenus.

On appelle formule de quadrature une expression linĂ©aire dont l’évaluation fournit une valeur approchĂ©e de l’intĂ©grale sur un morceau typique (l’intervalle [0, 1] par exemple). Une transformation affine permet de transposer la formule sur un morceau particulier. La formule de quadrature fait intervenir des valeurs pondĂ©rĂ©es de la fonction (et parfois Ă©galement celles de sa dĂ©rivĂ©e) en certains nĹ“uds : les coefficients de pondĂ©ration et les nĹ“uds dĂ©pendent de la mĂ©thode employĂ©e. Ces formules de quadrature sont en effet obtenues Ă  l’aide de la substitution de la fonction par une approximation, c’est-Ă -dire par une fonction proche dont l’intĂ©grale peut ĂŞtre dĂ©terminĂ©e algĂ©briquement.

Une indication grossière de l’efficacité d’une formule de quadrature est son ordre qui, par définition, est la plus grande valeur entière m pour laquelle la valeur approchée de l’intégrale soit exacte pour tout polynôme de degré inférieur ou égal à m.

Cependant, la précision du résultat obtenu dépend à la fois de l’ordre de la formule de quadrature, de la taille des morceaux et de la régularité de la fonction. D’autre part, il est généralement inutile d’appliquer une formule de quadrature d’ordre m si la fonction n’est continûment dérivable jusqu’à l’ordre m+1.

Sommaire

[modifier] Méthode de calcul d'intégrale à une dimension

[modifier] Généralités

Considérons une intégrale définie I = \int_a^b f(x) \, dx dont on cherche à estimer la valeur numérique.

[modifier] Hypothèses et traitements préalables

Supposons que a et b soient finis : dans le cas contraire, il est conseillĂ© d’effectuer un changement de variable permettant de satisfaire cette hypothèse[1].

Supposons également que la fonction f à intégrer ne comporte pas de singularité. Par exemple, la fonction f(x) = x^{- \alpha} avec 0 < \alpha < 1 est intégrable sur [0, 1] et I = 1 / (1-\alpha). Bien que f soit parfaitement régulière sur ]0, 1], la singularité en 0 et l’impossibilité de la prolonger par une fonction continue cause de grandes difficultés à toutes les méthodes d’intégration numérique, en particulier pour celles qui utilisent explicitement f(0)[2].

Dans une telle situation, il convient de soustraire à f une fonction g dont l’intégrale est connue et qui soit telle que f-g ne soit plus singulière, puis d’intégrer numériquement cette différence.

[modifier] Mise en œuvre

Considérons une formule de quadrature associée à [0, 1] du type I_{[0, 1]}(g) = \sum_{i=0}^p \alpha_i \, g(x_i) où les pondérations \alpha_i et les nœuds x_i sont donnés.

Partant d’une dĂ©composition rĂ©gulière de [a, \, b] en n sous- intervalles de longueur h = (b-a) / n, soit les intervalles J_k = [a + k h, \, a + (k+1) h] pour 0 \leq k < n, l’application de la formule de quadrature prĂ©cĂ©dente Ă  chaque J_k s’effectue Ă  l’aide d’une transformation affine, permettant ainsi d’obtenir une approximation I_n(f) de I qui s’écrit :

I_n(f) = h \sum_{k=0}^{n-1} \sum_{i=0}^p \alpha_i \, f(a + h (k + x_i)).

Cette relation est la formule composite associée à une formule de quadrature générale. L’ordre du calcul des termes de cette double somme et certains arrangements permettent le plus souvent de réduire le nombre d’opérations (évaluations de f(.) et multiplications par \alpha_i). Cette question est développée plus loin pour quelques formules de quadrature particulières.

Si la formule de quadrature comporte des termes du type \sum_{j=0}^{p'} \beta_j \, g'(y_j) faisant intervenir la dĂ©rivĂ©e ou du type \sum_{j=0}^{p''} \gamma_j \, g''(z_j) impliquant la dĂ©rivĂ©e seconde, la transformation affine fait apparaĂ®tre des facteurs h ou h^2, ceci conformĂ©ment Ă  la relation suivante :

I_n(f) = h \sum_{k=0}^{n-1} \left( \sum_{i=0}^p \alpha_i \, f(a + h (k + x_i)) + h \sum_{j=0}^{p'} \beta_j \, f'(a + h (k + y_j)) + h^2 \sum_{j=0}^{p''} \gamma_j \, f''(a + h (k + z_j))\right).

[modifier] Ordre de la formule de quadrature et convergence

Si m est l’ordre de la formule de quadrature et si f(x) est de classe \mathcal{C}_I^{m+1}([a, \, b]) (soit l’espace des fonctions m+1 fois dérivables dont la dérivée m+1 est continue par morceaux), notons

M = \sup_{x \in [a, b]} |f^{m+1}(x)|.

Dans ce cas, il existe une constante C indépendante de f et de [a, \, b] telle que

|I - I_n(f)| \leq C M (b-a) h^{m+1}

Ce rĂ©sultat conforte les recommandations suivantes :

  • Si f^m(x) n’est pas continue sur [a, \, b], une formule de quadrature d’ordre m (ou plus) prĂ©sente peu d’intĂ©rĂŞt.
  • Si f(x) est rĂ©gulière par morceaux, il vaut la peine de dĂ©composer [a, \, b] en sous-intervalles correspondant aux morceaux de rĂ©gularitĂ©, puis d’appliquer une formule composite de quadrature sur chaque morceau.
  • La mĂŞme approche peut se rĂ©vĂ©ler opportune pour intĂ©grer une fonction rĂ©gulière, mais dont la variabilitĂ© est très dissemblable d’une zone Ă  l’autre. L’intĂ©rĂŞt se manifeste toutefois principalement sur le volume des calculs.

[modifier] Formules simples

Ces méthodes utilisent l’interpolation des fonctions à intégrer par des polynômes dont la primitive est connue.

[modifier] Formules du rectangle et du point milieu

La surface en rouge représente la valeur de l’intégrale estimée par la méthode du point milieu.

C’est la méthode la plus simple qui consiste à interpoler la fonction f à intégrer par une fonction constante (polynôme de degré 0).

Si \xi est le point d’interpolation, la formule est la suivante :

I(f) = (b-a) f(\xi)\,

Le choix de \xi influence l’erreur E(f) = I - I(f)\, :

  • Si \xi = a\, ou \xi = b\,, l’erreur est donnĂ©e par
    E(f) = \frac{(b-a)^2}{2} f'(\eta), \quad \eta \in [a,b].
    C’est la méthode du rectangle qui est d’ordre 0.
  • Si \xi = (a+b)/2\,, l’erreur est donnĂ©e par
    E(f) = \frac{(b-a)^3}{24} f''(\eta), \quad \eta \in [a,b].
    Il s’agit de la méthode du point milieu qui est d’ordre 1.

Ainsi, le choix du point milieu amĂ©liore l’ordre de la mĂ©thode : celle du rectangle est exacte (c’est-Ă -dire E(f) = 0) pour les fonctions constantes alors que celle du point milieu est exacte pour les polynĂ´mes de degrĂ© 1. Ceci s’explique par le fait que l’écart d’intĂ©gration de la mĂ©thode du point milieu donne lieu Ă  deux erreurs d’évaluation, de valeurs absolues environ Ă©gales et de signes opposĂ©s.

[modifier] Formule du trapèze

La surface en rouge représente la valeur de l'intégrale estimée par la méthode des trapèzes.

En interpolant f par un polynĂ´me de degrĂ© 1, les deux points d'interpolation (a, \ f(a)) et (b, \ f(b)) suffisent Ă  tracer un segment dont l’intĂ©grale correspond Ă  l’aire d’un trapèze, justifiant le nom de mĂ©thode des trapèzes qui est d’ordre 1 :

I(f) = (b-a) \, \frac{f(a) + f(b)}{2}

L’erreur est donnée par

E(f) = - \frac{(b-a)^3}{12} f''(\eta), \quad \eta \in [a,b]

Conformément aux expressions de l’erreur, la méthode des trapèzes est souvent moins performante que celle du point milieu.

[modifier] Formule de Simpson

La surface en rouge représente la valeur de l'intégrale estimée par la méthode de Simpson.

En interpolant f par un polynĂ´me de degrĂ© 2 (3 degrĂ©s de libertĂ©), 3 points (ou conditions) sont nĂ©cessaires pour le caractĂ©riser : les valeurs aux extrĂ©mitĂ©s a, b, et celle choisie en leur milieu x_{1/2} = (a + b) / 2. La mĂ©thode de Simpson est basĂ©e sur un polynĂ´me de degrĂ© 2 (intĂ©grale d’une parabole), tout en restant exacte pour des polynĂ´mes de degrĂ© 3 ; elle est donc d’ordre 3 :

I(f) = \frac{(b-a)}{6} [ f(a) + 4 f(x_{1/2}) + f(b) ]

L’erreur globale est donnée par

E(f) = - \frac{(b-a)^5}{2880} f^{(4)}(\eta), \quad \eta \in [a,b]

Remarque : comme la mĂ©thode du point milieu qui caractĂ©rise un polynĂ´me de degrĂ© 0 et qui reste exacte pour tout polynĂ´me de degrĂ© 1, la mĂ©thode de Simpson caractĂ©rise un polynĂ´me de degrĂ© 2 et reste exacte pour tout polynĂ´me de degrĂ© 3. Il s’agit d’une sorte d’anomalie oĂą se produisent des compensations bĂ©nĂ©fiques Ă  l’ordre de la mĂ©thode.

[modifier] Généralisation

La fonction f peut être interpolée à l’aide de son évaluation en m points équidistants (comprenant les deux extrémités si m > 1, méthode du point milieu si m=1) par un polynôme de degré m-1 issu d’une base de polynômes de Lagrange et dont l’intégrale est fournie par les formules de Newton-Cotes. Ce procédé permet ainsi une généralisation des résultats précédents. Avec m points, il en découle une méthode

  • d’ordre m si m est impair (anomalie),
  • d’ordre m-1 si m est pair.

On notera ici NC-m la mĂ©thode basĂ©e sur m points :

  • NC-1 est la mĂ©thode du point milieu
  • NC-2 est la formule du trapèze
  • NC-3 est la formule de Simpson

Pour des questions d’instabilité numérique provenant en particulier du phénomène de Runge, il est cependant préférable de limiter le degré m du polynôme d'interpolation, quitte à subdiviser l'intervalle en sous-intervalles.

[modifier] Formule faisant intervenir la dérivée

[modifier] Formule NC-m-m'

Il s’agit d’une gĂ©nĂ©ralisation des formules NC-m dans lesquelles interviennent non seulement la fonction Ă©valuĂ©e en m points Ă©quidistants, mais Ă©galement la dĂ©rivĂ©e de la fonction Ă©valuĂ©e en m' points Ă©quidistants ; malgrĂ© l’abus de langage, on notera ici NC-m-m' une telle formule.

On se limitera ici à m' = 2 correspondant aux deux extrémités a et b.

Peu connues (et donc rarement prĂ©sentĂ©es dans les cours), ces mĂ©thodes permettent de gagner deux ordres de convergence par rapport Ă  la mĂ©thode correspondante sans la dĂ©rivĂ©e, ceci en nĂ©cessitant très peu de calculs supplĂ©mentaires : en effet, les coefficients de f'(a) et de f'(b) sont opposĂ©s et ainsi, dans la formule composite (dont il est question ci-dessous), les dĂ©rivĂ©es aux extrĂ©mitĂ©s de deux intervalles adjacent se simplifient.

Si x_i dĂ©signe les points d’évaluation de f (i entre 0 et m-1) :

  • Formule NC-1-2 : basĂ©e sur un polynĂ´me de degrĂ© 2, elle est d’ordre 3 :
I(f) = \frac{(b-a)}{24} \left[ 24 f \left(\frac{b-a}{2}\right) + f'(a) - f'(b) \right]
  • Formule NC-2-2 : basĂ©e sur un polynĂ´me de degrĂ© 3, elle est d’ordre 3 :
I(f) = \frac{(b-a)}{12} \left[ 6 (f(a) + f(b)) + f'(a) - f'(b) \right]
  • Formule NC-3-2 : basĂ©e sur un polynĂ´me de degrĂ© 4, elle est d’ordre 5 :
I(f) = \frac{(b-a)}{60} \left[ 14(f(a) + f(b)) + 32 f(x_1) + f'(a) - f'(b) \right]
  • Formule NC-4-2 : basĂ©e sur un polynĂ´me de degrĂ© 5, elle est d’ordre 5 :
I(f) = \frac{(b-a)}{240} \left[ 39 (f(a) + f(b)) + 81 (f(x_1) + f(x_2)) + f'(a) - f'(b) \right]
  • Formule NC-5-2 : basĂ©e sur un polynĂ´me de degrĂ© 6, elle est d’ordre 7 :
I(f) = \frac{(b-a)}{3780} \left[ 434 (f(a) + f(b)) + 1024 (f(x_1) + f(x_3)) + 864 f(x_2) + f'(a) - f'(b) \right]

Concernant l’erreur globale d’une formule de quadrature linéaire d’ordre p, elle est donnée par

E(f) = C (b-a)^{p+2} f^{(p+1)}(\eta), \quad \eta \in [a,b]

Ce procédé permet ainsi une généralisation des formules de Newton-Cotes. Avec m points pour la fonction et 2 points pour sa dérivée, il en découple une méthode

  • d’ordre m+2 si m est impair (anomalie),
  • d’ordre m+1 si m est pair.

[modifier] Formule NC-m-m'-m"

La notation indique que la dĂ©rivĂ©e seconde intervient Ă©galement en m'' points Ă©quidistants. Mentionnons uniquement une formule particulièrement remarquable qui prĂ©sente une double anomalie :

  • Formules NC-4-2-2 : basĂ©e sur un polynĂ´me de degrĂ© 7, elle est d’ordre 9 :
I(f) = \frac{(b-a)}{6720} [ 1173 (f(a) + f(b)) + 2187 (f(x_1) + f(x_2)) + 78 (f'(a) - f'(b)) + 2 (f''(a) + f''(b)) ]
Les coefficients de f'(a) et de f'(b) sont opposés, ce qui permet des simplifications dans la formule composite. Par contre, ce n’est pas le cas pour f''.

Remarques :

  • Une mĂ©thode NC-1-1-...-1 n’est autre que l’intĂ©gration d’un dĂ©veloppement de Taylor.
  • Dans une formule NC-m-m'-m", m doit ĂŞtre positif afin de tenir compte d’une translation sur f'.
  • Tout triplet d’entiers (m, m', m") ne conduit pas nĂ©cessairement Ă  une formule de quadrature. C’est le cas pour les triplets du type (2 p, 2 q +1, r), ainsi que quelques cas du type (2 p + 1, 2 q, 2 r +1) [3].
  • Les triplets du type (2 p +1, 2 q, 2 r), (2 p +1, 2 q + 1, 2 r + 1) et (2 p, 2 q, 2 r +1) prĂ©sentent une anomalie dans le sens oĂą la formule est basĂ©e sur un polynĂ´me de degrĂ© m + m' + m" - 1 (nombre de degrĂ©s de libertĂ©) alors qu’elle est encore vraie pour un polynĂ´me de degrĂ© m + m' + m".

[modifier] Formules composites

Pour chacune des méthodes précédentes, le terme d’erreur dépend d’une puissance de b-a. Cette imprécision étant le plus souvent trop importante, l’erreur peut être réduite en découpant simplement l’intervalle [a, b] en n sous-intervalles (supposés de longueurs égales), ceci dans le but de déterminer une valeur approchée de l’intégrale sur chacun d’eux, en application de la méthode choisie. L’intégrale sur [a, b] est estimée par la somme des valeurs ainsi calculées.

On appelle formule composite l’expression caractérisant cette estimation.

Notons k l’indice des n sous-intervalles, h = (b - a) / n la longueur de chacun d’eux, x_k = a + k h la borne infĂ©rieure et m_k = a + (k + 1 / 2) h le point milieu, ceci pour k entre 0 et n-1. La formule composite sont les suivantes :

  • MĂ©thode du point milieu d’ordre 1 :
 I(f) = \frac{(b-a)}{n} \sum_{k=0}^{n-1} f( m_k )
  • MĂ©thode des trapèzes d’ordre 1 :
I(f) = \frac{(b-a)}{n} \left( {f(a) + f(b) \over 2} + \sum_{k=1}^{n-1} f ( a + k h) \right)
  • MĂ©thode de Simpson d’ordre 3 :
I(f) = \frac{h}{6} \left( f(a) + f(b) + 2 \sum_{k=1}^{n-1} f(x_k) + 4 \sum_{k=0}^{n-1} f(m_k)  \right)

Pour les formules de quadrature faisant intervenir des dĂ©rivĂ©es, donnons deux exemples, les autres cas se dĂ©duisant par analogie (ici x_{k, i} = a + k h + i \Delta oĂą \Delta = h / (m-1), m Ă©tant le nombre de points d’un sous-intervalle) :

  • NC-3-2 d’ordre 5 :
I(f) = \frac{h}{60} \left( 14 (f(a) + f(b)) + h (f'(a) - f'(b)) + 28 \sum_{k=1}^{n-1} f(x_{k, 0}) + 32 \sum_{k=0}^{n-1} f(x_{k, 1})  \right)
  • NC-4-2-2 d’ordre 9 :
I(f) = \frac{h}{6720} \left( 1173 (f(a) + f(b))+ 78 h (f'(a) - f'(b)) + 2 h^2 (f''(a) + f''(b)) + 2346 \sum_{k=1}^{n-1} f(x_{k, 0}) + 2187 \sum_{k=0}^{n-1} (f(x_{k, 1} + f(x_{k, 2})) + 4 h^2 \sum_{k=1}^{n-1} f''(x_{k, 0}) \right)

Concernant l’erreur finale d’une formule de quadrature linéaire d’ordre p, elle est donnée par la relation

E_h(f) = C h^{p+1} (b-a) f^{(p+1)}(\eta),\quad \eta\in [a,b]

[modifier] Méthode de Romberg

Article dĂ©taillĂ© : mĂ©thode de Romberg.

S’agissant de choisir une méthode d’intégration numérique, cette méthode ne doit pas être négligée, en particulier lorsque la fonction est régulière. Après n itérations, elle conduit à une méthode d’ordre de 2^{2 n + 1} avec une erreur en O(h^{2 n + 2}) pour des fonctions de classe \mathcal{C}_I^{2n+2}, ceci avec une grande économie du nombre d’évaluations de la fonction (précisément 2^n + 1 évaluations).

[modifier] Tirages aléatoires

Article dĂ©taillĂ© : MĂ©thode de Monte-Carlo.

Pour intĂ©grer une fonction f sur un intervalle [a, b], la mĂ©thode de Monte-Carlo est ici mentionnĂ©e Ă  titre "presque anecdotique" : sa performance reste en effet très limitĂ©e et son coĂ»t de traitement Ă©levĂ© Ă  cause du grand nombre d’évaluations de f qui sont nĂ©cessaires pour espĂ©rer obtenir un rĂ©sultat significatif.

L’estimation de l’intégrale I de f est fournie par I_q(f) = (b - a) M_q(f)) où M_q(f)) est la moyenne arithmétique des f(u_i), les u_i étant q tirages aléatoires indépendants et distribués uniformément sur [a, b].

Cette méthode est d’ordre 0 puisqu’elle donne un résultat exact pour toute fonction constante (même avec un unique tirage).

Cependant, ne s’agissant pas d’une formule de quadrature, l’erreur ne peut pas être majorée avec certitude par une quantité décroissante avec le nombre de tirages. En fait, à chaque groupe de q tirages correspond une estimation particulière de l’intégrale, c'est-à-dire une réalisation d’une variable aléatoire I_q(f) dont la distribution dépend de f, de [a, b] et de q. On peut alors assurer que son espérance est égale à l’intégrale de f et préciser une borne de l’écart type de l’erreur.


Les rĂ©sultats suivants permettent de caractĂ©riser la distribution de l’erreur et son Ă©cart type :

  • Lorsque q augmente, l’erreur E_q(f) = I - I_q(f) s’amenuise statistiquement. Plus prĂ©cisĂ©ment :
Soit \sigma l’écart type d’un tirage qui est défini par la relation
\sigma^2 = \frac{1}{b - a} \int_a^b f^2(x) \, dx - \left( \frac{I}{b - a} \right)^2 .
Alors la distribution de \frac {\sqrt{q}}{(b - a) \sigma} \, E_q(f) converge vers celle de la loi normale centrée réduite, soit \mathcal{N}(0,\, 1). En d’autres termes, E_q(f) est essentiellement distribué comme une loi normale \mathcal{N}(0,\, \frac {(b - a)^2}{q} \sigma^2.
  • Si f est une fonction bornĂ©e quelconque (la borne est notĂ©e \|f\|_\infty), alors \sigma \leq \|f\|_\infty et ainsi
\sigma (E_q(f)) \leq \frac {(b-a)}{\sqrt{q}} \, \|f\|_\infty.
  • Si f est de classe \mathcal{C}^1([a, \, b]) (dĂ©rivable et Ă  dĂ©rivĂ©e continue, en particulier bornĂ©e[4]), alors \sigma \leq \frac{b - a}{\sqrt{3}} \|f'\|_\infty et ainsi
\sigma (E_q(f)) \leq \frac {(b-a)^2}{\sqrt{3 q}} \, \|f'\|_\infty.
  • Si f est de classe \mathcal{C}^1([a, \, b]), que [a, b] est dĂ©composĂ© en n intervalles de longueur h avec n h =b-a, que le nombre total q de tirages est rĂ©parti Ă  parts Ă©gales dans chaque intervalle, alors
\sigma (E_q(f)) \leq (b-a) \, \frac {h}\sqrt{{3 q}} \, \|f'\|_\infty.

Remarque :

Le dernier résultat justifie le comportement relativement médiocre de la méthode de Monte-Carlo. Supposons en effet que le nombre q de tirages soit imposé (limitation de l’effort de traitement). Dans ce cas et afin de réduire \sigma (E_q(f)), il convient de choisir le plus petit h possible, soit un tirage par intervalle (n = q) pour obtenir

\sigma (E_q(f)) \leq \sqrt {\frac{(b-a)}{3}} h^{3/2} \, \|f'\|_\infty.

Autant choisir la méthode du point milieu si la fonction est dans \mathcal{C}^2([a, \, b]).

[modifier] Tableau comparatif

Le tableau suivant rĂ©sume les performances thĂ©oriques de chaque mĂ©thode :

Nom de la
Méthode
Degré du
polynĂ´me
Nombre de
points
Degré
d’exactitude
(ordre)
Degré
d’erreur globale
Degré
d’erreur finale
Rectangle 0 1 0 2 1
Point Milieu 0 1 1 3 2
Trapèze 1 2 1 3 2
Simpson 2 3 3 5 4
NC-5 4 5 5 7 6
NC-1-2 2 1+2 3 5 4
NC-3-2 4 3+2 5 7 6
NC-5-2 6 5+2 7 9 8
NC-4-2-2 7 4+2+2 9 11 10
Romberg (n) 2n+1 2n+1 2n+1 - 2n+2


Signification des titres des colonnes :

  • DegrĂ© du polynĂ´me : degrĂ© des polynĂ´mes sur lesquels se base la formule.
  • Nombre de points : sur chacun desquels la fonction est Ă©valuĂ©e.
  • DegrĂ© d’exactitude : degrĂ© maximal des polynĂ´mes pour lesquels la formule est exacte (c’est l’ordre de la mĂ©thode).
  • DegrĂ© d’erreur globale : la puissance du facteur b-a dans l’erreur pour une application globale de la formule sur l’intervalle.
  • DegrĂ© d’erreur finale : la puissance du facteur h dans la formule composite.

[modifier] Exemple numérique

Performances comparatives de quelques mĂ©thodes d’intĂ©gration : rĂ©sultats tirĂ©s d’un exemple.

Afin d’illustrer par un exemple les résultats numériques obtenus avec les diverses méthodes, considérons le cas particulier de la fonction f(x) = x \, \sin(x^2) et son intégrale sur l’intervalle [0, (\pi)^{\frac{1}{2}}]. Puisque F(x) = - \frac{1}{2} \, \cos(x^2) est une primitive de f(x), il est facile de déterminer la valeur exacte de l’intégrale qui vaut I = 1.

En application des formules composites des diverses méthodes, le graphique ci-contre présente le nombre de chiffres significatifs exacts (soit - \log_{10}\left(\left|\frac{E(f)}{I}\right|\right)) obtenus en fonction du nombre n de sous-intervalles de la décomposition.

Remarques :

  • Le comportement de la fonction choisie Ă©tant bien rĂ©gulier, les diverses courbes croissent très uniformĂ©ment avec le nombre de sous-intervalles (hormis celles issues de la mĂ©thode de Monte-Carlo). Cette apparence est trompeuse : avec une fonction plus chaotique, les courbes seraient beaucoup plus erratiques.
  • Pour la mĂ©thode de Monte-Carlo, le nombre q indiquĂ© entre parenthèses comme suffixe de la lĂ©gende (MC (q)) correspond au nombre de tirages rĂ©alisĂ©s sur chaque sous-intervalle.
  • Dans les calculs, la mĂ©thode de Romberg n’a pas Ă©tĂ© traitĂ©e dans le cadre oĂą elle prĂ©sente ses meilleures performances thĂ©oriques. Afin de permettre une comparaison avec les autres approches, elle a en effet Ă©tĂ© appliquĂ©e sur chacun des n sous-intervalles utilisĂ©s par les autres mĂ©thodes[5]. Toutefois, il s’avère que, dans le cas particulier de cet exemple, les deux approches conduisent Ă  des rĂ©sultats semblables.

[modifier] Autres méthodes de quadrature numérique

  • MĂ©thodes de quadrature de Gauss
  • MĂ©thode de Romberg

[modifier] Méthode de calcul d'intégrale à plusieurs dimensions

  • MĂ©thode de Monte-Carlo

[modifier] Méthode de calcul d'intégrale de forme particulière

  • MĂ©thode de Laplace pour les intĂ©grales du type \int_a^b\! e^{M f(x)}\, \mbox{d}x\,;
  • MĂ©thode du point col pour les intĂ©grales du type I(\lambda) = \int_\mathcal{C} f(z) e^{\lambda g(z)} \, \mbox{d}z\,.

[modifier] Notes (et références)

  1. ↑ Tronquer l’intervalle pour le rendre fini est une mauvaise idée car la contribution du morceau amputé n’est jamais négligeable.
  2. ↑ Imposer des bornes Ă  la fonction est aussi une mauvaise idĂ©e : la contribution Ă©laguĂ©e n’est pas nĂ©gligeable et la rĂ©gularitĂ© est partiellement perdue.
  3. ↑ Les cas singuliers de ce type sont les suivants : (1, 0, r), (1, 2, {1,3,5}), (3, 0, {1,3,5}), (3, 2, {1,3}) et (5, {0,2}, {1,3}).
  4. ↑ Toute fonction continue sur un compact est uniformément continue et bornée.
  5. ↑ Pour le résultat déterminé avec n = 2^p, on aurait pu appliquer la méthode sur l’intervalle global, mais en effectuant p itérations supplémentaires.

[modifier] Articles connexes

  • IntĂ©grale
    • Table d'intĂ©grales
    • Calcul intĂ©gral
    • Calcul numĂ©rique d'une intĂ©grale
  • Primitive
  • Règles de Bioche
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