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Géométrie


Géométrie : encyclopédie mathématiques

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Traditionnellement, la géométrie est la partie des mathématiques qui étudie les figures du plan et de l'espace (géométrie euclidienne).

Depuis la fin du XVIIIe siĂšcle, la gĂ©omĂ©trie Ă©tudie Ă©galement les figures appartenant Ă  d'autres types d'espaces (gĂ©omĂ©trie projective, gĂ©omĂ©trie non euclidienne, par exemple).

Enfin, depuis le dĂ©but du XXe siĂšcle, certaines mĂ©thodes d'Ă©tude de figures de ces espaces se sont transformĂ©es en branches autonomes des mathĂ©matiques : topologie, gĂ©omĂ©trie diffĂ©rentielle, et gĂ©omĂ©trie algĂ©brique, par exemple.

Si on veut englober toutes ces acceptions, il est difficile de définir ce qu'est, aujourd'hui, la géométrie. C'est que l'unité des diverses branches de la "géométrie contemporaine" (si tant est qu'un tel concept existe) réside plus dans des origines historiques que dans une quelconque communauté de méthodes ou d'objets.

Obtention de la section conique par la projection de deux sphÚres de diamÚtres distincts (voir le théorÚme de Dandelin).

Sommaire

[modifier] Étymologie

Le terme gĂ©omĂ©trie dĂ©rive du grec de ÎłÎ”Ï‰ÎŒÎ­Ï„ÏÎ·Ï‚ (geĂŽmetrĂȘs) qui signifie « gĂ©omĂštre, arpenteur Â» et vient de γῆ (gĂȘ) (« terre Â») et ÎŒÎ­Ï„ÏÎżÎœ (mĂ©tron) « mesure Â»). Ce serait donc « la science de la mesure du terrain Â».

[modifier] Grandes divisions de la géométrie

[modifier] Géométrie classique

Sans qualificatif particulier et sans rĂ©fĂ©rence Ă  un contexte particulier (par opposition Ă  la gĂ©omĂ©trie diffĂ©rentielle ou la gĂ©omĂ©trie algĂ©brique), la gĂ©omĂ©trie ou encore gĂ©omĂ©trie classique englobe principalement :

  • La gĂ©omĂ©trie euclidienne, qui est l'Ă©tude de l'espace usuel avec les notions de distance et d'angle ;
  • La gĂ©omĂ©trie affine, qui est l'Ă©tude des points et des droites, mais sans les notions de distance et d'angle ;
  • La gĂ©omĂ©trie projective, qui ajoute aux espaces de la gĂ©omĂ©trie affine des points Ă  l'infini ;
  • La gĂ©omĂ©trie non euclidienne, qui est une variante de la gĂ©omĂ©trie euclidienne et n'en diffĂšre que par la modification de l'Ă©noncĂ© du cinquiĂšme postulat d'Euclide. Cette gĂ©omĂ©trie est contraire Ă  l'intuition usuelle. Elle comprend la gĂ©omĂ©trie hyperbolique, la gĂ©omĂ©trie elliptique et la gĂ©omĂ©trie sphĂ©rique.

Les gĂ©omĂ©tries ci-dessus peuvent ĂȘtre gĂ©nĂ©ralisĂ©es en faisant varier la dimension des espaces, en changeant le corps des scalaires (utiliser des droites diffĂ©rentes de la droite rĂ©elle) ou en donnant une courbure Ă  l'espace. Ces gĂ©omĂ©tries sont encore dites classiques.

Par ailleurs, la gĂ©omĂ©trie classique peut ĂȘtre axiomatisĂ©e ou Ă©tudiĂ©e de diffĂ©rentes façons.

  • La gĂ©omĂ©trie d'incidence et la gĂ©omĂ©trie synthĂ©tique (ou gĂ©omĂ©trie pure), qui utilisent une approche axiomatique ayant gĂ©nĂ©ralement comme donnĂ©es premiĂšres les points, les droites, les plans, ainsi que les relations qui les gouvernent et les grandeurs qui leur sont associĂ©es.
  • La gĂ©omĂ©trie analytique, qui utilise les coordonnĂ©es et qui associe Ă  chaque point des triplets (ou une suite de longueur donnĂ©e) d'Ă©lĂ©ments d'un corps.
  • L'algĂšbre linĂ©aire, qui gĂ©nĂ©ralise la gĂ©omĂ©trie analytique en remplaçant l'utilisation des coordonnĂ©es par celle des espaces vectoriels abstraits.
  • La gĂ©omĂ©trie des groupes, qui Ă©tudie les action de groupe et leurs invariants. C'est lĂ  le programme d'Erlangen de Felix Klein. On s'intĂ©resse particuliĂšrement aux groupes (abstraits, algĂ©briques ou de Lie) classiques, c'est-Ă -dire aux groupes liĂ©s aux groupes linĂ©aires, orthogonaux, unitaires ou symplectiques, et a leurs espaces homogĂšnes classiques (espaces symĂ©triques, variĂ©tĂ©s de drapeaux gĂ©nĂ©ralisĂ©es, par exemples). La thĂ©orie des invariants est intimement liĂ©s Ă  cet aspect de la gĂ©omĂ©trie: elle permet d'associer Ă  des configuations des quantitĂ©s (birapports, distances, angles, etc.) qui permettent de classer les orbites. On peut aussi Ă©tendre cette approche Ă  la gĂ©omĂ©trie des groupes exceptionnels (algĂ©briques ou de Lie).
  • La thĂ©orie des immeubles (en) de Tits, qui est liĂ©e Ă  la gĂ©omĂ©trie des groupes classiques et exceptionnels (algĂ©briques ou non), et qui Ă©tudie des structures combinatoires liĂ©s aux diagrammes de Coxeter. Par exemple, l'ensemble de toutes les chaĂźnes de sous-espaces vectoriels d'un espace vectoriel de dimension finie sur un corps est un immeuble, et l'ensemble de toutes les chaĂźnes de sous-espaces projectifs d'un espace projectif P de dimension finie sur corps commutatif qui sont inclus dans une mĂȘme quadrique projective de P est un immeuble.

Il est remarquable que l'algÚbre linéaire (espaces vectoriels, formes quadratiques, formes bilinéaires alternées, formes hermitiennes et antihermitienne, etc.) permette de construire des modÚles explicites de la plupart des structures rencontrées dans ces géométries. Cela confÚre donc à la géométrie classique une certaine unité.

[modifier] Autres types de géométries

Il y a des branches des mathĂ©matiques qui sont issues de l'Ă©tude des figures des espaces euclidiens, mais qui se sont constituĂ©es en branches autonomes des mathĂ©matiques et qui Ă©tudient des espaces qui ne sont pas nĂ©cessairement plongĂ©s dans des espaces euclidiens :

  • la topologie ;
  • la gĂ©omĂ©trie diffĂ©rentielle, qui utilise l'analyse, la topologie et l'algĂšbre linĂ©aire, et qui Ă©tudie des espaces qui, localement, sont des espaces euclidiens, et sur lesquels on peut faire du calcul diffĂ©rentiel et du calcul intĂ©gral. La gĂ©omĂ©trie diffĂ©rentielle englobe la gĂ©omĂ©trie riemannienne et la gĂ©omĂ©trie symplectique;
  • la gĂ©omĂ©trie algĂ©brique, qui utilise l'algĂšbre abstraite et la topologie et qui Ă©tudie des espaces qui, localement, sont des ensembles de points dĂ©finis par des Ă©quations algĂ©briques, tels les sous-espace affines, les coniques et les quadriques ;
  • la gĂ©omĂ©trie non commutative.

Les diffĂ©rents espaces de la gĂ©omĂ©trie classique peuvent ĂȘtre Ă©tudiĂ©s par la topologie, la gĂ©omĂ©trie diffĂ©rentielle et la gĂ©omĂ©trie algĂ©brique.

[modifier] Conception de la géométrie

La gĂ©omĂ©trie admet de nombreuses acceptions selon les auteurs. Dans un sens strict, la gĂ©omĂ©trie est « l'Ă©tude des formes et des grandeurs de figures Â»[1]. Cette dĂ©finition est conforme Ă  l'Ă©mergence de la gĂ©omĂ©trie en tant que science sous la civilisation grecque durant l'Ă©poque classique. Selon un rapport de Jean-Pierre Kahane[2], cette dĂ©finition coĂŻncide avec l'idĂ©e que se font les gens de la gĂ©omĂ©trie comme matiĂšre enseignĂ©e : c'est « le lieu oĂč on apprend Ă  apprĂ©hender l'espace Â».

Les questions posĂ©es durant le XIXe siĂšcle ont conduit Ă  repenser les notions de forme et d'espace, en Ă©cartant la rigiditĂ© des distances euclidiennes. Il Ă©tĂ© envisagĂ© la possibilitĂ© de dĂ©former continument une surface sans prĂ©server la mĂ©trique induite, par exemple de dĂ©former une sphĂšre en un ellipsoĂŻde. Étudier ces dĂ©formations a conduit Ă  l'Ă©mergence de la topologie[rĂ©f. nĂ©cessaire] : ses objets d'Ă©tude sont des ensembles, les espaces topologiques, dont la notion de proximitĂ© et de continuitĂ© est dĂ©finie "ensemblistiquement" par la notion de voisinage. Selon certains mathĂ©maticiens, la topologie fait pleinement partie de la gĂ©omĂ©trie, voire en est une branche fondamentale. Cette classification peut ĂȘtre remise en cause par d'autres.

Selon le point de vue de Felix Klein (1849 - 1925), la gĂ©omĂ©trie analytique « synthĂ©tisait en fait deux caractĂšres ultĂ©rieurement dissociĂ©s : son caractĂšre fondamentalement mĂ©trique, et l'homogĂ©nĂ©itĂ© Â»[3]. Le premier caractĂšre se retrouve dans la gĂ©omĂ©trie mĂ©trique, qui Ă©tudie les propriĂ©tĂ©s gĂ©omĂ©triques des distances. Le second est au fondement du programme d'Erlangen, qui dĂ©finit la gĂ©omĂ©trie comme l'Ă©tude des invariants d'actions de groupe.

Les travaux actuels, dans des domaines de recherche portant le nom de gĂ©omĂ©trie, tendent Ă  remettre en cause la premiĂšre dĂ©finition donnĂ©e. Selon Jean-Jacques Szczeciniarcz[4], la gĂ©omĂ©trie ne se construit pas sur « la simple rĂ©fĂ©rence Ă  l'espace, ni mĂȘme [sur] la figuration ou [sur] la visualisation Â» mais se comprend Ă  travers son dĂ©veloppement : « la gĂ©omĂ©trie est absorbĂ©e mais en mĂȘme temps nous parait attribuer un sens aux concepts en donnant par ailleurs l'impression d'un retour au sens initial Â». Jean-Jacques Sczeciniarcz relĂšve deux mouvements dans la recherche mathĂ©matique qui a conduit Ă  un Ă©largissement ou Ă  un morcellement de la gĂ©omĂ©trie :

  • la procĂ©dure d'idĂ©alisation consistant Ă  montrer l'importance d'une structure en l'ajoutant aux objets mathĂ©matiques dĂ©jĂ  Ă©tudiĂ©s ;
  • au contraire, la procĂ©dure de thĂ©matisation consistant Ă  dĂ©gager une nouvelle structure sous-jacente Ă  des objets gĂ©omĂ©triques dĂ©jĂ  Ă©tudiĂ©s.

Dans le prolongement, la gĂ©omĂ©trie peut ĂȘtre abordĂ©e non plus comme une discipline unifiĂ©e mais comme une vision des mathĂ©matiques ou une approche des objets. Selon Gerhard Heinzmann[5], la gĂ©omĂ©trie se caractĂ©rise par « un usage de termes et de contenus gĂ©omĂ©triques, comme, par exemple, « points Â», « distance Â» ou « dimension Â» en tant que cadre langagier dans les domaines les plus divers Â», accompagnĂ© par un Ă©quilibre entre une approche empirique et une approche thĂ©orique.

[modifier] Histoire

Article dĂ©taillĂ© : Histoire de la gĂ©omĂ©trie.

[modifier] Géométrie classique

Pour Henri PoincarĂ©[6], l’espace gĂ©omĂ©trique possĂšde les propriĂ©tĂ©s suivantes :

  1. Il est continu
  2. Il est infini
  3. Il a trois dimensions
  4. Il est homogùne, c’est-à-dire que tous ses points sont identiques entre eux
  5. Il est isotrope, c’est-Ă -dire que toutes les droites qui passent par un mĂȘme point sont identiques entre elles.

Les gĂ©omĂ©tries euclidienne et non euclidienne correspondent Ă  cette dĂ©finition stricto sensu de l'espace. Construire une telle gĂ©omĂ©trie consiste Ă  Ă©noncer les rĂšgles d'agencement des quatre objets fondamentaux : le point, la droite, le plan et l'espace. Ce travail reste l'apanage de la gĂ©omĂ©trie pure qui est la seule Ă  travailler ex nihilo.

[modifier] Géométrie plane

La gĂ©omĂ©trie plane repose d'abord sur une axiomatique qui dĂ©finit l'espace ; puis sur des mĂ©thodes d'intersections, de transformations et de constructions de figures (triangle, parallĂ©logramme, cercle, sphĂšre, etc.).

La géométrie projective est la plus minimaliste, ce qui en fait un tronc commun[7] pour les autres géométries. Elle est fondée sur des axiomes

  1. d'incidence (ou d'appartenance) dont la caractĂ©ristique la plus notable (et la plus singuliĂšre) est : « Deux droites coplanaires possĂšdent un unique point commun. Â»
  2. d'ordre : permet notamment d'ordonner les points d'une droite. De ce point de vue, une droite projective s'apparente Ă  un cercle car deux points dĂ©finissent deux segments.
  3. de continuitĂ© : Ainsi, dans tout espace gĂ©omĂ©trique, l'on peut joindre un point Ă  un autre par un cheminement continu. En gĂ©omĂ©trie euclidienne, cette axiome est l'axiome d'ArchimĂšde.
ParallĂ©lisme 

Distinguer dans la géométrie projective des éléments impropres caractérise la géométrie arguésienne. Puis la géométrie affine nait de l'élimination de ces éléments impropres. Cette suppression de points crÚe la notion de parallélisme puisque désormais certaines paires de droites coplanaires cessent d'intersecter. Le point impropre supprimé est assimilable à la direction ces droites. De plus, deux points ne définissent plus qu'un segment (celui des deux qui ne contient pas le point impropre) et rend familiÚre la notion de sens ou orientation (c'est-à-dire, cela permet de distinguer \scriptstyle{ \overline{AB}} de \scriptstyle{\overline{BA}}[8]).

Congruence 
GĂ©omĂ©tries euclidienne et non euclidiennes 

Le cinquiĂšme axiome ou « postulat de parallĂšles Â» de la gĂ©omĂ©trie d'Euclide fonde la gĂ©omĂ©trie euclidienne :

Par un point extérieur à une droite, il passe toujours une parallÚle à cette droite, et une seule.

Voir l'axiomatique de Hilbert ou les ÉlĂ©ments d'Euclide pour des Ă©noncĂ©s plus complet de la gĂ©omĂ©trie euclidienne.

La rĂ©futation de ce postulat Ă  conduit Ă  l'Ă©laboration de deux gĂ©omĂ©tries non euclidiennes : la gĂ©omĂ©trie hyperbolique par Gauss, Lobatchevski, Bolyai et la gĂ©omĂ©trie elliptique par Riemann.


[modifier] Géométrie analytique

La géométrie analytique est la plus familiÚre. Elle repose sur le principe de base que toute droite est assimilable à une représentation (une image) de l'ensemble des réels (ou plus largement, d'un corps commutatif. L'espace est alors décomposable en sous-espaces et un point est définissable par des coordonnées. Il s'ensuit que toute figure est déterminée par un systÚme d'équations et/ou d'inéquations. Par exemple, une courbe est la représentation d'une fonction. L'on voit ainsi que cette approche, issue de l'algÚbre linéaire et basée sur la notion d'espace vectoriel, est à un pont entre la géométrie et l'analyse.

Cette gĂ©omĂ©trique est conforme Ă  la gĂ©omĂ©trie pure dans le sens oĂč l'espace vectoriel permet de construire des modĂšles de gĂ©omĂ©tries (en tant qu'objets mathĂ©matiques).

[modifier] Programme d'Erlangen

Dans la conception de Felix Klein (auteur du programme d'Erlangen), la géométrie est l'étude des espaces de points sur lesquels opÚrent des groupes de transformations (appelées aussi symétries) et des quantités et des propriétés qui sont invariantes pour ces groupes.

Parmi les transformations les plus connues, on retrouve les isométries, les similitudes, les rotations, les réflexions, les translations et les homothéties.

Il ne s'agit donc pas d'une discipline mais d'un important travail de synthÚse qui a permis une vision claire des particularités de chaque géométrie. Ce programme caractérise donc plus la géométrie qu'il ne la fonde. Il eut un rÎle médiateur dans le débat sur la nature des géométries non-euclidiennes et la controverse entre géométries analytique et synthétique.

[modifier] Géométrie des groupes classiques

Il y a en géométrie différentielle et en géométrie algébrique des groupes de Lie et des groupes algébriques, qui eux on des espaces homogÚnes, et la géométrie classique se remÚne souvent à l'étude des ces espaces homogÚnes. Les géométries affine et projective sont liées aux groupes linéaires, et les géométries euclidienne, sphérique, elliptique et hyperbolique sont liées aux groupes orthogonaux.

Lorsqu'il y a des classifications explicites des groupes de Lie ou algébriques ou des leurs espaces homogÚnes vérifiant certaines hypothÚses (groupes de Lie ou algébriques simples, espaces symétriques, variétés de drapeaux généralisées, espaces de courbure constante, par exemples), les principaux éléments de ces classifications sont parfois issus de la géométrie classique, et les groupes auxquels sont associés ses géométrie classique sont liés aux groupes dits classiques (groupes linéaires, orthogonaux, symplectiques, par exemples).

La plupart des gĂ©omĂ©tries classiques sont liĂ©es aux groupes de Lie ou algĂ©briques simples, dit classiques (ils sont issus de l'algĂšbre linĂ©aire). Il y d'autres groupes de Lie ou algĂ©briques simples, et ils sont dits « exceptionnels Â» et ils donnent lieu Ă  la gĂ©omĂ©trie exceptionnelle, avec certaines analogies avec la gĂ©omĂ©trie classique. Cette distinction est due au fait que les groupes simple sont (sous certaines hypothĂšses) classĂ©s en plusieurs sĂ©ries infinies (souvent quatre) et en un nombre fini d'autres groupes (souvent cinq), et c'est ces derniers groupes qui sont exceptionnels, et ils ne relĂšvent pas de l'algĂšbre linĂ©aire (du moins pas de la mĂȘme maniĂšre): ils sont souvent liĂ©s Ă  des structures algĂ©briques non associatives (algĂšbres d'octonions, algĂšbres de Jordan exceptionnelles, par exemple).

Aux groupes de Lie ou algébriques simples sont associés des diagrammes de Dynkin (des sortes de graphes), et certaines propriétés de ces géométries peuvent se lire dans ces diagrammes.

[modifier] Domaines de recherche relevant de la géométrie

[modifier] Géométrie riemannienne

La gĂ©omĂ©trie riemannienne peut ĂȘtre vue comme une extension de la gĂ©omĂ©trie euclidienne. Son Ă©tude porte sur les propriĂ©tĂ©s gĂ©omĂ©triques d'espaces (variĂ©tĂ©s) prĂ©sentant une notion de vecteurs tangents, et Ă©quipĂ©s d'une mĂ©trique (mĂ©trique riemannienne) permettant de mesurer ces vecteurs. Les premiers exemples rencontrĂ©s sont les surfaces de l'espace euclidien de dimension 3 dont les propriĂ©tĂ©s mĂ©triques ont Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©es par Gauss dans les annĂ©es 1820. Le produit euclidien induit une mĂ©trique sur la surface Ă©tudiĂ©e par restriction aux diffĂ©rents plans tangents. La dĂ©finition intrinsĂšque de mĂ©trique fut formalisĂ©e en dimension supĂ©rieure par Riemann. La notion de transport parallĂšle autorise la comparaison des espaces tangents en deux points distincts de la variĂ©tĂ© : elle vise Ă  transporter de maniĂšre cohĂ©rente un vecteur le long d'une courbe tracĂ©e sur la variĂ©tĂ© riemannienne. La courbure d'une variĂ©tĂ© riemannienne mesure par dĂ©finition la dĂ©pendance Ă©ventuelle du transport parallĂšle d'un point Ă  un autre par rapport Ă  la courbe les reliant.

La mĂ©trique donne lieu Ă  la dĂ©finition de la longueur des courbes, d'oĂč dĂ©rive la dĂ©finition de la distance riemannienne. Mais les propriĂ©tĂ©s mĂ©triques des triangles peuvent diffĂ©rer de la trigonomĂ©trie euclidienne. Cette diffĂ©rence est en partie Ă©tudiĂ©e Ă  travers le thĂ©orĂšme de Toponogov (en), qui permet de comparer du moins localement la variĂ©tĂ© riemannienne Ă©tudiĂ©e Ă  des espaces modĂšles, selon des inĂ©galitĂ©s supposĂ©es connues sur la courbure sectionnelle. Parmi les espaces modĂšles :

  • L'espace euclidien est une variĂ©tĂ© riemannienne de courbure nulle ;
  • La sphĂšre de dimension n est une variĂ©tĂ© riemannienne de courbure positive constante 1 ;
  • L'espace hyperbolique (en) de dimension n est une variĂ©tĂ© riemannienne de courbure nĂ©gative -1.

[modifier] Géométrie complexe

La géométrie complexe porte sur les propriétés d'espaces pouvant localement s'identifier à \mathbb C^n. Ces objets (variété complexe) présentent une certaine rigidité, découlant de l'unicité d'un prolongement analytique d'une fonction à plusieurs variables.

[modifier] Géométries symplectique et de contact

La gĂ©omĂ©trie symplectique est une branche de la gĂ©omĂ©trie diffĂ©rentielle et peut ĂȘtre introduite comme une gĂ©nĂ©ralisation en dimension supĂ©rieure de la notion d'aire orientĂ©es rencontrĂ©e en dimension 2. Elle est liĂ©e aux formes bilinĂ©aires alternĂ©es. Les objets de cette gĂ©omĂ©trie sont les variĂ©tĂ©s symplectiques, qui sont des variĂ©tĂ©s diffĂ©rentielles munie d'un champ de formes bilinĂ©aires alternĂ©es. Par exemple, un espace affine attachĂ© Ă  un espace vectoriel muni d'une forme bilinĂ©aire alternĂ©e non dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e est une variĂ©tĂ© symplectique.

La géométrie de contact est une branche de la géométrie différentielle qui étudie les variétés de contact, qui sont des variétés différentielles munies d'un champ d'hyperplans des espaces tangents vérifiant certaines propriétés. Par exemple, l'espace projectif déduit un espace vectoriel muni d'une forme bilinéaire alternée non dégénérée est une variété de contact.

[modifier] Géométries discrÚte et convexe

Articles dĂ©taillĂ©s : GĂ©omĂ©trie discrĂšte et Articles en rapport avec la gĂ©omĂ©trie convexe.

[modifier] Géométries algébrique et arithmétique

Articles dĂ©taillĂ©s : GĂ©omĂ©trie algĂ©brique et GĂ©omĂ©trie arithmĂ©tique.

[modifier] Géométrie non commutative

Article dĂ©taillĂ© : GĂ©omĂ©trie non commutative.

[modifier] Applications de la géométrie

Longtemps, gĂ©omĂ©trie et astronomie ont Ă©tĂ© liĂ©es. À un niveau Ă©lĂ©mentaire, le calcul des tailles de la lune, du Soleil et de leurs distances respectives Ă  la Terre fait appel au thĂ©orĂšme de ThalĂšs[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Dans les premiers modĂšles du systĂšme solaire, Ă  chaque planĂšte Ă©tait associĂ© un solide platonicien. Depuis les observations astronomiques de Kepler, confirmĂ©es par les travaux de Newton, il est prouvĂ© que les planĂštes suivent une orbite elliptique dont le Soleil constitue un des foyers. De telles considĂ©rations de nature gĂ©omĂ©trique peuvent intervenir couramment en mĂ©canique classique pour dĂ©crire qualitativement les trajectoires.

En ce sens, la géométrie intervient en ingénierie dans l'étude de la stabilité d'un systÚme mécanique. Mais elle intervient encore plus naturellement dans le dessin industriel. Le dessin industriel montre les coupes ou les projections d'un objet tridimensionnel, et est annoté des longueurs et angles. C'est la premiÚre étape de la mise en place d'un projet de conception industrielle. Récemment, le mariage de la géométrie avec l'informatique a permis l'arrivée de la conception assistée par ordinateur (CAO), des calculs par éléments finis et de l'infographie.

La trigonomĂ©trie euclidienne intervient en optique pour traiter par exemple de la diffraction de la lumiĂšre. Elle est Ă©galement Ă  l'origine du dĂ©veloppement de la navigation : navigation maritime aux Ă©toiles (avec les sextants), cartographie, navigation aĂ©rienne (pilotage aux instruments Ă  partir des signaux des balises).

Les nouvelles avancĂ©es en gĂ©omĂ©trie au XIXe siĂšcle trouvent des Ă©chos en physique. Il est souvent dit que la gĂ©omĂ©trie riemannienne a Ă©tĂ© initialement motivĂ©e par les interrogations de Gauss sur la cartographie de la Terre. Elle rend compte en particulier de la gĂ©omĂ©trie des surfaces dans l'espace. Une de ses extensions, la gĂ©omĂ©trie lorentzienne, a fourni le formalisme idĂ©al pour formuler les lois de la relativitĂ© gĂ©nĂ©rale. La gĂ©omĂ©trie diffĂ©rentielle trouve de nouvelles applications dans la physique post-newtonienne avec la thĂ©orie des cordes ou des membranes.

La géométrie non commutative, inventée par Alain Connes, tend à s'imposer pour présenter les bonnes structures mathématiques avec lesquelles travailler pour mettre en place de nouvelles théories physiques.

[modifier] Enseignement de la géométrie

La gĂ©omĂ©trie occupe une place privilĂ©giĂ©e dans l'enseignement des mathĂ©matiques. De nombreuses Ă©tudes pĂ©dagogiques prouvent son intĂ©rĂȘt[rĂ©f. souhaitĂ©e] : elle permet aux Ă©lĂšves de dĂ©velopper une rĂ©flexion sur des problĂšmes, de visualiser des figures du plan et de l'espace, de rĂ©diger des dĂ©monstrations, de dĂ©duire des rĂ©sultats d'hypothĂšses Ă©noncĂ©es. Mais plus encore, « le raisonnement gĂ©omĂ©trique est beaucoup plus riche que la simple dĂ©duction formelle Â», car il s'appuie sur l'intuition nĂ©e de l'« observation des figures Â».

Dans les annĂ©es 1960, l'enseignement des mathĂ©matiques en France insistait sur la mise en pratique des problĂšmes relevant de la gĂ©omĂ©trie dans la vie courante. En particulier, le thĂ©orĂšme de Pythagore Ă©tait illustrĂ© par la rĂšgle du 3, 4, 5 et son utilisation en charpenterie[9]. Les involutions, les divisions harmoniques, et les birapports Ă©taient au programme du secondaire. Mais la rĂ©forme des mathĂ©matiques modernes, nĂ©e aux États-Unis et adaptĂ©e en Europe, a conduit Ă  rĂ©duire considĂ©rablement les connaissances enseignĂ©es en gĂ©omĂ©trie pour introduire de l'algĂšbre linĂ©aire dans le second degrĂ©. Dans de nombreux pays, cette rĂ©forme fut fortement critiquĂ©e et dĂ©signĂ©e comme responsable d'Ă©checs scolaires[rĂ©f. souhaitĂ©e]. Un rapport de Jean-Pierre Kahane[2] dĂ©nonce le manque d'« une vĂ©ritable rĂ©flexion didactique prĂ©alable Â» sur l'apport de la gĂ©omĂ©trie : en particulier, une « pratique de la gĂ©omĂ©trie vectorielle Â» prĂ©pare l'Ă©lĂšve Ă  une meilleure assimilation des notions formelles d'espace vectoriel, de forme bilinĂ©aire


L'utilisation des figures dans l'enseignement d'autres matiĂšres permet de mieux faire comprendre aux Ă©lĂšves les raisonnements exposĂ©s[rĂ©f. souhaitĂ©e].

[modifier] Références

[modifier] Ouvrages

  • Nikolai I. Lobachevsky, Pangeometry, traduction et Ă©dition: A. Papadopoulos, Heritage of European Mathematics Series, Vol. 4, European Mathematical Society, 2010.
  • Jean-Paul Collette, Histoire des mathĂ©matiques, vol. 2, Vuibert, 1979 (ISBN 2-7613-0118-8) 
  • A. Dahan-Dalmedico et J. Peiffer, Une Histoire des mathĂ©matiques – Routes et dĂ©dales [dĂ©tail des Ă©ditions] 
  • Joseph Kouneiher, Dominique Flament, Philippe Nabonnand et Jean-Jacques Szczeciniarz (dir.), GĂ©omĂ©trie au XXe siĂšcle : histoire et horizons [dĂ©tail des Ă©ditions] 

[modifier] Notes et références

  1. ↑ Fritz Reinhardt et Heinrich Soeder, Atlas des mathĂ©matiques, Livre de Poche, p. 13.
  2. ↑ a et b Jean-Pierre Kahane (ed.), L’enseignement des sciences mathĂ©matiques : Commission de rĂ©flexion sur l’enseignement des mathĂ©matiques [dĂ©tail des Ă©ditions], Chapitre 3, La GĂ©omĂ©trie
  3. ↑ Alain Michel, « GĂ©omĂ©trisation de la thĂ©orie physique : sur la genĂšse d'un problĂšme Â», dans Kouneiher & al.
  4. ↑ Jean-Jacques Szczeciniarz, « Philosophie et gĂ©omĂ©trie : la montĂ©e de la gĂ©omĂ©trie, ses effets philosophiques Â», dans Kouneiher & al.
  5. ↑ Gerhard Heinzmann, « La gĂ©omĂ©trie et le principe d'idonĂ©itĂ© : une relecture de Ferdinand Gonseth Â», dans Kouneiher & al.
  6. ↑ Henri PoincarĂ©, La Science et l'HypothĂšse, Champs Flammarion, 1902 
  7. ↑ jusqu'Ă  une certaine limite car certaines gĂ©omĂ©tries n'entrent pas dans ce cadre.
  8. ↑ Dans une certaine mesure et grossiĂšrement, cela permet Ă©galement de distinguer \scriptstyle{\widehat{AOB}} de \scriptstyle{\widehat{BOA}} ; l'intĂ©rieur de l'extĂ©rieur.
  9. ↑ Denis Rolland, Architectures rurales en Picardie : le Soissonnais, CREER, 1998 (ISBN 978-2-909797-25-0), p. 49

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