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Henri Léon Lebesgue


Henri Léon Lebesgue : encyclopédie mathématiques

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Henri-Léon Lebesgue
Image illustrative de l'article Henri-Léon Lebesgue
Henri Lebesgue
Naissance 28 juin 1875
Beauvais (France)
DĂ©cès 26 juillet 1941 (Ă  66 ans)
Paris (France)
Domicile Paris
Nationalité Drapeau de la France Français
Champs calcul intégral
Institutions Sorbonne (1910-1920), puis Collège de France (1921-1941) et l'Académie des sciences (1922).
Diplômé de École normale supérieure
Renommé pour Intégrale de Lebesgue, théorie de la mesure
Distinctions Prix Houllevigue (1912), prix Poncelet (1914), prix Saintour (1917) et prix Petit d'Ormoy (1919). Fellow de la Royal Society (1934)

Henri-LĂ©on Lebesgue (28 juin 1875 Ă  Beauvais - 26 juillet 1941 Ă  Paris) est un mathĂ©maticien français. Il est reconnu pour sa thĂ©orie d'intĂ©gration publiĂ©e initialement dans sa dissertation IntĂ©grale, longueur, aire Ă  l'universitĂ© de Nancy en 1902. Il fut l'un des grands mathĂ©maticiens français de la première moitiĂ© du XXe siècle.

Sommaire

[modifier] Biographie

Son père – qui était ouvrier dans une imprimerie – et ses deux sœurs aînées[1] moururent de tuberculose alors qu'il avait trois ans[2]. Ensuite, sa mère a travaillé très dur pour qu'il puisse faire des études. Élève brillant dès l'école élémentaire, Lebesgue étudia plus tard à l'École normale supérieure.

Il a enseigné au lycée de Nancy et à celui de Rennes. Il se fera alors connaître par sa théorie de la mesure, laquelle prolonge les premiers travaux importants d'Émile Borel, l'un de ses professeurs et plus tard son ami.

Il mit au point une thĂ©orie des fonctions mesurables (1901) en se fondant sur les rĂ©sultats d'Émile Borel : les tribus borĂ©liennes.

Henri LĂ©on Lebesgue a rĂ©volutionnĂ© et gĂ©nĂ©ralisĂ© le calcul intĂ©gral. Sa thĂ©orie de l'intĂ©gration (1902-1904) est extrĂŞmement commode d'emploi, et rĂ©pond aux besoins des physiciens. En effet, elle permet de rechercher et de prouver l'existence de primitives pour des fonctions « irrĂ©gulières Â» et recouvre diffĂ©rentes thĂ©ories antĂ©rieures qui en sont des cas particuliers :

  • fonctions en escalier et fonctions continues de Riemann
  • fonctions bornĂ©es de Darboux
  • fonctions Ă  variation bornĂ©e de Stieltjes.

On lui doit aussi la transformée de Fourier établie dans la fin des années 30.

Il est nommé professeur à la Sorbonne en 1910, puis au Collège de France en 1921. Il donne également des cours à l'École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris de 1927 à 1937 et à l'École normale supérieure de Sèvres. Il sera élu à l'Académie des sciences en 1922.

Comme son père, Henri Léon Lebesgue a eu une santé déficiente tout au long de sa vie. Il se maria avec la sœur d'un de ses camarades de l'École normale supérieure, et eut deux enfants, Suzanne et Jacques.

[modifier] Anecdotes et témoignages

« En 1921 j'ai assistĂ© au premier cours de Lebesgue… Il faut dire que par tradition c'Ă©tait très solennel, le professeur raconte un peu son passĂ©, il parle des personnes qui l'ont prĂ©cĂ©dĂ© dans sa chaire ou qui furent ses maĂ®tres (…) Je dois dire qu'il n'y avait pas un cours de Lebesgue oĂą l'on ne riait pas d'une manière infiniment agrĂ©able. Je soupçonne mĂŞme qu'au moins le tiers des gens venait au cours de Lebesgue pour s'amuser ; il n'y avait rien de vulgaire, ni d'ordinaire dans <ses> plaisanteries lorsqu'il faisait des sorties. Mais c'Ă©tait infiniment intĂ©ressant, infiniment profond. Lebesgue Ă©tait un peu comme Bernstein Ă  ce point de vue, il n'a jamais su faire une dĂ©monstration lĂ©chĂ©e, mais il Ă©tait très inspirant parce que très inspirĂ©. Lebesgue Ă©tait Ă  peu près du mĂŞme âge que Bernstein et je crois qu'il s'inspirait de la mĂŞme idĂ©e, que pour faire un cours, il faut rĂ©flĂ©chir pendant qu'on le fait, et non pas se rappeler. (…) Les cours d'Appell, c'Ă©tait trop beau, je n'ose pas dire « pour ĂŞtre honnĂŞte Â», mais enfin c'Ă©tait trop beau pour ĂŞtre de la mĂ©canique. Avec Lebesgue, au contraire c'Ă©tait chaque fois : « Ah, j'ai dit une bĂŞtise, laissez-moi recommencer. Â» Il recommençait et tout le monde rĂ©flĂ©chissait en mĂŞme temps. Â»

— Szolem Mandelbrojt

« Au dĂ©but de 1941, Henri Lebesgue donna au Collège de France son dernier enseignement annuel. DĂ©jĂ , le mal qui devait l'emporter quelques mois plus tard Ă©tait venu s'ajouter aux souffrances morales de la dĂ©faite et de l'occupation ennemie. Il ne pouvait guère se dĂ©placer Ă  pied et la ville Ă©tait dĂ©pourvue de moyens de transport en surface. Il dut faire appel Ă  ces appareils tenant de la chaise Ă  porteur et de la bicyclette qui servaient alors pour les malades et put ainsi faire son cours. Ă€ ses yeux cela signifiait faire son devoir, discipline plus nĂ©cessaire que jamais pour ceux qui, comme lui, avaient foi dans la libĂ©ration et le relèvement de la Patrie. Â»

— Paul Montel

L'influence des travaux de Lebesgue a Ă©tĂ© immĂ©diate et immense, particulièrement Ă  l'Ă©tranger. En 1916, alors qu'il se promenait dans les jardins de Planty (en), Ă  Cracovie, Hugo Steinhaus, alors professeur Ă  l'universitĂ© Jagellonne, entend par inadvertance les mots « mesure de Lebesgue Â» Ă©merger d'une conversation entre deux jeunes gens. Il s'approche et se mĂŞle Ă  la conversation passionnĂ©e sur les travaux de Lebesgue, puis dĂ©marre avec ces deux jeunes gens, et d'autres, un groupe de travail (qui se tiendra dans son appartement, sur un tableau clouĂ© au mur Ă  l'occasion, malgrĂ© les protestations de la logeuse). Les deux jeunes gens sont Stefan Banach, Ă  l'Ă©poque autodidacte, et Otto Nikodym. Le groupe part bientĂ´t de Cracovie pour former la cĂ©lèbre École mathĂ©matique de LwĂłw, qui se rĂ©unit souvent au Scottish CafĂ©. Lebesgue sera le dernier invitĂ© du groupe de Lvow, avant que la tourmente de la seconde guerre mondiale ne le disperse. Lorsqu'on demande Ă  Hugo Steinhaus quelle a Ă©tĂ© sa plus belle dĂ©couverte mathĂ©matique, il rĂ©pond "Stefan Banach"[3].

[modifier] Honneurs

Il a reçu le titre de docteur honoris causa de l'université jagellonne de Cracovie en 1900.

[modifier] Ĺ’uvres

  • Leçons sur l'intĂ©gration et la recherche des fonctions primitives (2e Ă©d. 1928), Ă©d. Gauthier-Villars, Paris
  • Leçons sur les sĂ©ries trigonomĂ©triques (1906), Ă©d. Gauthier-Villars, Paris
  • Sur la mesure des grandeurs (1915), Ă©d. A. Kundig, Genève
  • Les Coniques (1942, posth.), Ă©d. Gauthier-Villars, Paris
  • Leçons sur les constructions gĂ©omĂ©triques, Paris, Ă©d. Gauthier-Villars, 1950, posth. Ă  partir des notes de Mlle Lucienne FĂ©lix 
  • Les Lendemains de l'intĂ©grale. Lettres Ă  Émile Borel, (2004), Ă©d Vuibert, Paris.

[modifier] Notes et références

  1. ↑ bibmath
  2. ↑ Henri Lebesgue sur l'encyclopédie picarde en ligne Picardia
  3. ↑ (en) StanisĹ‚aw Marcin Ulam, Adventures of a Mathematician, University of California Press, 1991, 1re Ă©d., 384 p. (ISBN 0520071549 et 978-0520071544) .

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles originaux publiés par Lebesgue

[modifier] Articles connexes

  • IntĂ©grale de Lebesgue
  • La nuance entre l'intĂ©gration au sens de Riemann et au sens de Lebesgue

[modifier] Liens externes

  • Jean-Pierre Kahane, « Naissance et postĂ©ritĂ© de l’intĂ©grale de Lebesgue Â», dans Gazette Math., 2001 [texte intĂ©gral] 
  • (en) John J. O’Connor et Edmund F. Robertson, « Henri-LĂ©on Lebesgue Â», dans MacTutor History of Mathematics archive, universitĂ© de St Andrews [lire en ligne] .
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Édouard Goursat
Chaire de calcul différentiel et intégral de la Faculté des sciences de Paris
Élie Cartan
Gaston Darboux
Chaire de géométrie supérieure de la Faculté des sciences de Paris
Élie Cartan
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