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Niels Henrik Abel


Niels Henrik Abel : encyclopédie mathématiques

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Niels Henrik Abel
Image illustrative de l'article Niels Henrik Abel
Niels Henrik Abel
Naissance 5 aoĂ»t 1802
Frindoë (Norvège)
DĂ©cès 6 avril 1829 (Ă  26 ans)
Froland (Norvège)
NationalitĂ© Drapeau de Norvège Norvège
Champs mathématicien
Diplômé de Université d'Oslo
Renommé pour Variété abélienne
Groupe abélien
Théorème d'Abel

Niels Henrik Abel, nĂ© le 5 aoĂ»t 1802 Ă  FrindoĂ« près de Stavanger et mort le 6 avril 1829 (Ă  26 ans) Ă  Froland près d'Arendal, est un mathĂ©maticien norvĂ©gien. Il est connu pour ses travaux en analyse mathĂ©matique sur la semi-convergence des sĂ©ries numĂ©riques, des suites et sĂ©ries de fonctions, les critères de convergence d'intĂ©grale gĂ©nĂ©ralisĂ©e, sur la notion d'intĂ©grale elliptique ; en algèbre, sur la rĂ©solution des Ă©quations.

Sommaire

[modifier] Enfance

Abel, deuxième d'une famille de sept enfants, passa ses premières annĂ©es dans un pays frappĂ© par la famine du fait du blocus continental, NapolĂ©on ayant contraint les couronnes de Norvège et de Danemark Ă  rejoindre sa coalition contre l'Angleterre. Son père, Sören Georg Abel, Ă©duqua lui-mĂŞme ses deux fils aĂ®nĂ©s jusqu'en 1815, puis les envoya au collège paroissial d'Oslo. Dans ce lycĂ©e, le latin, le grec et la religion Ă©taient enseignĂ©s Ă  l'ancienne, avec punitions et châtiments corporels. La situation Ă©volua en 1817 Ă  la suite du renvoi d'un professeur consĂ©cutif au dĂ©cès d'un Ă©lève : le lycĂ©e recruta un jeune enseignant ouvert aux idĂ©es nouvelles et instruit de mathĂ©matiques, Bernt Michael Holmboe.

[modifier] Études

Holmboe enseignait la mécanique céleste d'après Newton et Lalande. Découvrant l'intérêt de Niels Henrik pour les mathématiques, il lui obtint une bourse pour étudier à l'université (1820). Abel fréquenta cet établissement jusqu'en 1823. À la fin de cette année-là, il démontra que l'équation quelconque de degré cinq n'est pas résoluble à partir de combinaisons de racines des coefficients. Ces travaux suffirent à convaincre les responsables de l'université de financer un séjour d'Abel à Paris, où il pourrait rencontrer Cauchy, et peut-être même travailler avec lui. Au cours de 1824, Abel étudia donc l'allemand et le français.

[modifier] Liens avec Bernt Michael Holmboe

Article connexe : Bernt Michael Holmboe.

Holmboe a rencontrĂ© Niels Henrik Abel Ă  l'École CathĂ©drale de Christiania, alors que ce dernier Ă©tait encore un Ă©lève[1]. Holmboe s'est rapidement aperçu du talent d'Abel, le dĂ©signant de « remarquable gĂ©nie Â» sur son bulletin scolaire[citation 1],[2]. Sur le carnet scolaire d'Abel d'après l'examen de fin d'annĂ©e de juin 1820, Holmboe avait mĂŞme Ă©crit que « Au gĂ©nie le plus extraordinaire, il allie une ardeur inextinguible et un intĂ©rĂŞt pour les mathĂ©matiques qui feront de lui certainement, s'il vit, un grand mathĂ©maticien Â»[3]. Comme l'Ă©tablissement se concentrait alors principalement sur la littĂ©rature antique et le latin, Holmboe a commencĂ© Ă  donner des cours particuliers Ă  Abel. Il lui conseilla la lectures des Ĺ“uvres de Lacroix, Euler, FrancĹ“ur, Gauss, Poisson et Lagrange[4]. Son implication personnelle envers Abel est souvent dĂ©crite comme son « principal apport aux mathĂ©matiques Â»[citation 2],[1].

Holmboe et Abel sont devenus des amis proches. Deux des petits frères de Holmboe ont fait leurs études avec Abel, et les trois étaient également amis. Abel a été invité à la résidence de la famille Holmboe à plusieurs reprises, y compris pour fêter Noël[1].

Abel meurt de la tuberculose en 1829, à l'âge de vingt-six ans[5]. C'est Holmboe qui a été chargé de rédiger l'hommage officiel de la Norvège[6]. Dix ans après la mort d'Abel, Holmboe a édité et publié ses travaux en deux volumes, sous le nom d’Œuvres complètes de N.H. Abel[1]. Il a été le premier à faire un tel geste.

[modifier] Séjour en Allemagne

Au cours de l'Ă©tĂ© 1825, il partit pour Copenhague et de lĂ  arriva Ă  Altona, oĂą il rencontra l'astronome Heinrich Christian Schumacher, ami de Gauss. L'hiver suivant, il est Ă  Berlin oĂą il fait la connaissance de Crelle, qui sollicite sa collaboration pour un nouveau journal de mathĂ©matiques : le Journal de Crelle. En l'espace de quatre mois (novembre 1825-fĂ©vrier 1826), Abel rĂ©dige six articles, dont :

  • Beweis der Unmöglichkeit der algebraischen Auflösbarkeit der allgemeinen Gleichungen, qui contient la preuve de l'impossibilitĂ© de l'Ă©quation du cinquième degrĂ© par radicaux ;
  • Ăśber die binomische Reihe, oĂą se trouve Ă©noncĂ© et dĂ©montrĂ© le critère de sommabilitĂ© d'Abel sur les sĂ©ries semi-convergentes.

En mars 1826, Abel quitte Berlin et par Freiberg, Dresde, Vienne et Venise, rejoint Paris, but de son voyage, au mois de juillet.

[modifier] Déception à Paris

Encore inconnu, Abel ne parvient pas Ă  entrer en contact avec les mathĂ©maticiens dont il a lu les livres, Adrien-Marie Legendre, SimĂ©on Denis Poisson et Augustin Louis Cauchy. Au sujet de ce dernier, il Ă©crit Ă  HolmboĂ« : « Cauchy cultive l'extravagance, il est impossible de s'entendre avec lui, et pourtant il est celui qui sait le mieux comment il faut faire des mathĂ©matiques Â». Pour se faire reconnaĂ®tre, Abel dĂ©pose Ă  la fin du mois d'octobre auprès de l'AcadĂ©mie des sciences un mĂ©moire intitulĂ© Recherches sur une propriĂ©tĂ© gĂ©nĂ©rale d'une classe très large de fonctions transcendantes. Ce travail aboutit Ă  une formule gĂ©nĂ©rale pour additionner deux intĂ©grales elliptiques. Le rapporteur dĂ©signĂ©, Cauchy, impressionnĂ© par la longueur du mĂ©moire et la technicitĂ© du contenu, en remet la lecture Ă  plus tard. Dans l'attente d'une invitation qui ne viendra pas, Abel peut lire une nouvelle Ă©dition augmentĂ©e du TraitĂ© des fonctions elliptiques de Legendre. Il rĂ©dige deux articles pour le Journal de Crelle intitulĂ©s Recherche sur les fonctions elliptiques publiĂ©s en 1827 et 1828. LassĂ© et Ă  court d'argent, il quitte finalement Paris en dĂ©cembre 1826.

[modifier] Dernières recherches

De retour Ă  Christiana, Abel ne peut obtenir de poste stable Ă  l'universitĂ©, et doit accepter un travail de rĂ©pĂ©titeur dans une acadĂ©mie militaire rĂ©cemment créée. Quelques mois seulement après son retour, il contracte la tuberculose. C'est Ă  ce moment que Jacobi publie ses premiers rĂ©sultats sur les intĂ©grales elliptiques : d'abord un thĂ©orème sur les transformations rationnelles dans ces intĂ©grales, puis une formule d'inversion. En mai 1828, Abel gĂ©nĂ©ralise le rĂ©sultat de Jacobi sur les transformations rationnelles. Ce dernier est enthousiaste et fait Ă  Legendre l'Ă©loge d'Abel.

À la fin de 1828, l'état de santé d'Abel se dégrade rapidement et il ne peut plus écrire. Il meurt le 6 avril suivant.

Abel est à l'origine de la notion de nombre algébrique (solution d'une équation polynomiale à coefficients rationnels). Il a aussi laissé de nombreux résultats sur les séries et les fonctions elliptiques. Abel reçut à titre posthume le grand prix de mathématiques de l'Institut de France en 1830. On a donné son nom au prix Abel.

[modifier] Notes et références

[modifier] Notes

  1. ↑ Citation : « Et udmerket mathematisk Genie. Â» En français : « Un remarquable gĂ©nie mathĂ©matique. Â» (remarque Ă©crite par Holmboe)
  2. ↑ Citation : « ... mĂĄten Holmboe støttet og hjalp Abel pĂĄ, mĂĄ sies ĂĄ være hans viktigste bidrag til matematikken. Â» En français : « ... la façon dont Holmboe a soutenu et aidĂ© Abel peut ĂŞtre considĂ©rĂ©e comme son principal apport aux mathĂ©matiques Â» (propos de l'auteur de l'article)

[modifier] Références

  1. ↑ a, b, c et d (no) Arild Stubhaug, « Den inspirerende læreren Â», dans Forskning.no, 2004 [texte intĂ©gral] 
  2. ↑ (no) Arild Stubhaug, « Niels Henrik Abel(1802–1829) Â», dans Forskning.no, 2005 [texte intĂ©gral] 
  3. ↑ Stubhaug 2003, p. 163
  4. ↑ Stubhaug 2003, p. 146
  5. ↑ (no) HĂĄkon Fenstad, « Store framskritt i kort liv Â», dans Apollon, 1996 [texte intĂ©gral] 
  6. ↑ Stubhaug 2003, p. 371
  • (de) H. Wussing (de) et W. Arnold, Biographien bedeutender Mathematikern (1983, 3e Ă©d.) - VE Verlag Volk und Wissen
  • Arild Stubhaug, Niels Henrik Abel et son Ă©poque, Springer, 2003, 463 p. (ISBN 978-2-28759746-6) [lire en ligne] 

[modifier] Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

[modifier] Articles connexes

  • AbĂ©lien Page d'aide sur l'homonymie
  • Formule sommatoire d'Abel
  • SĂ©rie divergente

[modifier] Lien externe

Article d'Abel de 1826 sur la convergence des séries, en ligne et commenté sur bibnum

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