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Noyau (algèbre)


Noyau (algèbre) : encyclopédie mathématiques

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En mathématiques et plus particulièrement en algèbre générale, le noyau d'un morphisme mesure la non injectivité d'un morphisme.

Dans de nombreux cas, le noyau d'un morphisme est un sous-ensemble de l'ensemble de dĂ©finition du morphisme : l'ensemble des Ă©lĂ©ments qui sont envoyĂ©s sur l'Ă©lĂ©ment neutre de l'ensemble d'arrivĂ©e. Dans des contextes plus gĂ©nĂ©raux, le noyau est interprĂ©tĂ© comme une relation d'Ă©quivalence sur l'ensemble de dĂ©finition : la relation qui relie les Ă©lĂ©ments qui sont envoyĂ©s sur une mĂŞme image par le morphisme.

Dans l'une ou l'autre de ces situations, le noyau est trivial si et seulement si le morphisme est injectif ; dans la première situation « trivial Â» signifie constituĂ© uniquement de l'Ă©lĂ©ment neutre, tandis que dans le second, cela signifie que la relation est l'Ă©galitĂ©.

Le noyau d'un morphisme f est notĂ© souvent \operatorname{Ker} (f), qui vient de Kern, qui en allemand signifie « noyau Â» (dans tous les sens du terme : l'analogie s'est propagĂ©e d'une langue Ă  l'autre). Remarquons qu'en anglais, kernel signifie aussi noyau.

Cet article présente diverses définitions du noyau, pour les types les plus couramment utilisés de morphismes.

Sommaire

[modifier] Noyau d'un morphisme de groupes

Le noyau d'un morphisme de groupes f d'un groupe G vers un groupe H se compose de tous les Ă©lĂ©ments de G qui sont envoyĂ©s par f sur l'Ă©lĂ©ment neutre eH de H. Formellement :

\operatorname{Ker} (f) = \{x \in G /\ f(x)=e_H \}\ .

Le noyau est un sous-groupe distingué de G.

L'un des théorèmes d'isomorphisme énonce que le groupe quotient G / Ker ( f ) est isomorphe à l'image de f. Cet isomorphisme est induit par f lui-même. Une proposition légèrement plus générale est le théorème de factorisation des morphismes.

Le morphisme de groupes f est injectif si et seulement si son noyau est le groupe trivial.

D'après les propriĂ©tĂ©s de l'image rĂ©ciproque, le noyau d'un morphisme composĂ© g\circ f est Ă©gal Ă  :

\operatorname{Ker} (g\circ f)=f^{-1}(\operatorname{Ker} (g)).

[modifier] Noyau d'une application linéaire

Si f est une application linéaire d'un espace vectoriel V dans un espace vectoriel W, alors le noyau de f est défini par

\operatorname{Ker} (f)=\{x\in V/\ f(x)=0\}\ .

Le noyau est un sous-espace de l'espace vectoriel V, et l'espace vectoriel quotient V / Ker ( f ) est isomorphe Ă  l'image de f ; en particulier, le thĂ©orème du rang relie les dimensions :

\dim \operatorname{Ker} (f)=\dim V - \dim \operatorname{Im}(f)\ .

L'application linéaire f est injective si et seulement si Ker ( f ) = { 0 }.

Si V et W sont des espaces vectoriels de dimension finie sur un corps commutatif K, de dimensions respectives n et p et si des bases de ces espaces sont données, alors f peut être représentée par une matrice M \in \mathcal{M}_{n,p}(K), et le noyau peut être déterminé en résolvant le système homogène d'équations linéaires M X = 0.

Dans cette représentation, les solutions de ce système correspondent aux coordonnées des vecteurs du noyau de f, mais aussi aux vecteurs du noyau de l'application linéaire canoniquement associée à la matrice M.

La dimension du noyau est donnée par le nombre de colonnes de M moins le rang de M.

Résoudre des équations différentielles homogènes nous mène souvent à la détermination du noyau d'une certaine application linéaire.

Par exemple, si nous désirons déterminer les fonctions deux fois dérivables f de R dans R telles que

\forall x \in \R,\ xf''(x)+3f'(x)=f(x)\ ,

nous avons à considérer le noyau de l'application linéaire \varphi:V\longrightarrow W, où V est l'espace vectoriel de toutes les fonctions deux fois dérivables de R dans R, W est l'espace vectoriel de toutes les fonctions de R dans R, et l'image par \varphi d'un élément f de V est définie par la condition

\forall x \in \R,\ (\varphi(f))(x)=xf''(x)+3f'(x)-f(x)\ .

[modifier] Noyau d'un morphisme d'anneau

Le noyau d'un morphisme d'anneaux f d'un anneau A dans un anneau B se compose de tous les Ă©lĂ©ments x de A pour lequel f ( x ) = 0. Formellement :

\operatorname{Ker}(f)=\{x\in A/\ f(x)=0\}\ .

Le noyau est un idéal bilatère de A.

Le théorème d'isomorphisme mentionné ci-dessus pour des groupes et des espaces vectoriels reste valable dans le cas des anneaux.

[modifier] Noyau d'un morphisme de corps

Le noyau d'un morphisme de corps (c'est-à-dire un morphisme d'anneau où les anneaux considérés sont des corps) est toujours réduit à l'élément neutre 0, de sorte que tout morphisme de corps est injectif.

[modifier] Noyau d'une forme quadratique

Sur un espace vectoriel réel E, une forme quadratique est une application polynomiale q:V\rightarrow R qui est homogène de degré 2. Elle est associée à la forme bilinéaire symétrique

B(u,v)=\frac{q(u+v)-q(u-v)}{4}.

Le noyau de q est le sous-espace vectoriel

N=\{v\in E,\, \forall w,B(v,w)=0\}\, .

La contraction de B par v désigne l'application linéaire \iota(v)B:w\mapsto B(v,w), et N apparaît comme le noyau de l'application linéaire

v\mapsto \iota(v)B.

L'image est un sous-espace vectoriel de l'espace dual E^* qui est l'annulateur du noyau N.

[modifier] Noyau en général

Toutes ces notions de noyaux se généralisent dans le cadre de la théorie des catégories abéliennes.

[modifier] Exemple

Soit l'application suivante

f : \begin{array}[t]{lcl}\C & \rightarrow & \C^* \\ z & \mapsto & e^z \end{array}

D'après la propriété de la fonction exp

e^{z+z'}=e^z\times e^{z'}

Donc f est un morphisme de groupe de (\C,+) dans (\C^*,\times) et donc

z\in\operatorname{Ker}(f)\ \Leftrightarrow f(z)=1\ \Leftrightarrow e^z=1

En notant x=\Re(z)\ \text{et}\ y=\Im(z), on obtient

z\in\operatorname{Ker}(f)\ \Leftrightarrow e^{x+iy}=1\ \Leftrightarrow e^x\times e^{iy}=1\ \Leftrightarrow \begin{cases} e^x=1 \\ y=0\ \left[2\pi\right] \end{cases}\ \Leftrightarrow \begin{cases} x=0 \\ y=2k\pi,\ k\in\Z \end{cases}

D'oĂą

\begin{align}
 \operatorname{Ker}(f) & = \left\{ i2k\pi,\ k\in\Z\right\} \\
 & = 2i\pi\Z \\
\end{align}

[modifier] Référence

[modifier] Articles connexes

  • Lemme des noyaux
  • CatĂ©gorie abĂ©lienne
  • Limite projective
  • Image d'une application
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