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Photon

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Photon : encyclopédie mathématique

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Photon
Photons émis dans le faisceau cohérent d’un laser
Photons émis dans le faisceau cohérent d’un laser
Propriétés générales
Classification Boson
Composition Élémentaire
Groupe Boson de jauge
Propriétés physiques
Masse 0
Charge électrique 0
Spin 1
Durée de vie Stable
Historique
Prédiction Albert Einstein, 1905-1917
Découverte Arthur Compton, 1923

En physique des particules, le photon (symbolisé par la lettre γ) est la particule élémentaire médiatrice de l’interaction électromagnétique. Autrement dit, lorsque deux particules chargées électriquement interagissent, cette interaction se traduit d’un point de vue quantique comme un échange de photons. Dans la conception actuelle de la lumière, les ondes électromagnétiques, des ondes radio aux rayons gamma en passant par la lumière visible, sont toutes constituées de photons.

Le concept de photon a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© par Albert Einstein entre 1905 et 1917 pour expliquer des observations expĂ©rimentales qui ne pouvaient ĂŞtre comprises dans le cadre d’un modèle ondulatoire classique de la lumière[1],[2],[3],[4]. Il a ainsi montrĂ© que parallèlement Ă  ses propriĂ©tĂ©s ondulatoires – interfĂ©rences et diffraction –, la propagation du champ Ă©lectromagnĂ©tique prĂ©sente simultanĂ©ment des propriĂ©tĂ©s corpusculaires. Les photons sont des « paquets Â» d’énergie Ă©lĂ©mentaires ou quanta de rayonnement Ă©lectromagnĂ©tique qui sont Ă©changĂ©s lors de l’absorption ou de l’émission de lumière par la matière. De plus, l’énergie et la quantitĂ© de mouvement (pression de radiation) d’une onde Ă©lectromagnĂ©tique monochromatique sont Ă©gales Ă  un nombre entier de fois celles d’un photon.

Le concept de photon a donné lieu à des avancées importantes en physique expérimentale et théorique, telles que les lasers, les condensats de Bose-Einstein, l’optique quantique, la théorie quantique des champs et l’interprétation probabiliste de la mécanique quantique. Le photon est une particule de masse nulle et de spin égal à 1, c’est donc un boson[5]. On utilise généralement le symbole γ (gamma) pour le désigner.

L’énergie d’un photon de lumière visible est de l’ordre de 2 eV, soit ~109 fois moins que l’énergie nĂ©cessaire pour crĂ©er un atome d’hydrogène. En consĂ©quence, les sources de rayonnement habituelles (antennes, lampes, laser, etc.) produisent de très grandes quantitĂ©s de photons[6], ce qui explique que la nature "granulaire" de l’énergie lumineuse soit nĂ©gligeable dans de nombreuses situations physiques. Il existe cependant des processus permettant de produire des photons un par un :

Sommaire

[modifier] Historique

[modifier] Origine du terme "photon"

Les photons ont originellement Ă©tĂ© appelĂ©s « quanta de lumière Â» (das Lichtquant) par Albert Einstein[1]. Le nom moderne « photon Â» est dĂ©rivĂ© du mot grec qui signifie lumière, φῶς, φωτός (translittĂ©rĂ© phos, photos), et a Ă©tĂ© choisi en 1926 par le chimiste Gilbert N. Lewis, dans la publication d’une thĂ©orie spĂ©culative[7] dans laquelle les photons Ă©taient « incrĂ©ables et indestructibles Â». Bien que la thĂ©orie de Lewis ne fut jamais acceptĂ©e, Ă©tant contredite par plusieurs expĂ©rimentations, son nouveau nom, photon, fut adoptĂ© immĂ©diatement par la communautĂ© scientifique.

En physique, un photon est représenté par le symbole \gamma \!, la lettre grecque gamma. L’utilisation de ce symbole pour le photon provient probablement des rayons gamma, qui furent découverts et nommés en 1900 par Paul Ulrich Villard[8],[9]. En 1914, Rutherford et Edward Andrade[10] démontraient que ces rayons gamma étaient une forme de lumière. En chimie et en optique, les photons sont habituellement symbolisés par h \nu \!, l’énergie du photon, où h \! est la constante de Planck et la lettre grec \nu \! (nu) est la fréquence du photon. À l’occasion, le photon peut être symbolisé par hf, où sa fréquence est identifié par f.

[modifier] DĂ©veloppement de la notion de « quanta de lumière Â»

La description de la lumière a suivi au cours de l’histoire un curieux mouvement de balancier entre une vision corpusculaire et une vision ondulatoire. Dans la plupart des thĂ©ories jusqu’au XVIIIe siècle, on considère que la lumière est constituĂ©e de particules. Bien que des modèles ondulatoires soient proposĂ©s par RenĂ© Descartes (1637)[11], Robert Hooke (1665)[12], et Christian Huygens (1678)[13], les modèles particulaires restent dominants, en partie en raison de l’influence d’Isaac Newton[14]. Un changement de paradigme a lieu Ă  partir de la mise en Ă©vidence des phĂ©nomènes d’interfĂ©rences et de diffraction de la lumière par Thomas Young et Augustin Fresnel au dĂ©but du XIXe siècle, et vers 1850 les modèles ondulatoires deviennent la règle[15]. La prĂ©diction par Maxwell en 1865 du fait que la lumière soit une onde Ă©lectromagnĂ©tique[16], suivie de la confirmation expĂ©rimentale de Hertz en 1888[17], semblent porter un coup de grâce aux thĂ©ories corpusculaires de la lumière.

La thĂ©orie ondulatoire de Maxwell ne rend cependant pas compte de toutes les propriĂ©tĂ©s de la lumière. Cette thĂ©orie prĂ©dit que l’énergie d’une onde lumineuse dĂ©pend seulement de l’amplitude de l’onde, mais pas de sa frĂ©quence ; or de nombreuses expĂ©riences indiquent que l’énergie transfĂ©rĂ©e de la lumière aux atomes dĂ©pend seulement de la frĂ©quence et non de l’amplitude. Par exemple, certaines rĂ©actions chimiques ne sont possibles qu’en prĂ©sence d’une onde lumineuse de frĂ©quence suffisante : en dessous d’une frĂ©quence seuil, quelle que soit l’intensitĂ© incidente, la lumière ne peut amorcer la rĂ©action. De manière similaire, dans l’effet photoĂ©lectrique les Ă©lectrons ne sont Ă©jectĂ©s d’une plaque de mĂ©tal qu’au dessus d’une certaine frĂ©quence, et l’énergie des Ă©lectrons Ă©mis dĂ©pend de la frĂ©quence de l’onde, et non de son amplitude. Dans le mĂŞme ordre d’idĂ©e, les rĂ©sultats obtenus Ă  la fin du XIXe et au dĂ©but du XXe siècle sur le rayonnement du corps noir[18] sont reproduits thĂ©oriquement par Max Planck en 1900 en supposant que la matière interagissant avec une onde Ă©lectromagnĂ©tique de frĂ©quence ν ne peut recevoir ou Ă©mettre de l’énergie Ă©lectromagnĂ©tique que par paquets de valeur bien dĂ©terminĂ©e Ă©gale Ă  hν – ces paquets Ă©tant appelĂ©s des quanta[19],[20].

Puisque les équations de Maxwell autorisent n’importe quelle valeur de l’énergie électromagnétique, la plupart des physiciens pensent initialement que cette quantification de l’énergie échangée est due à des contraintes encore inconnues sur la matière qui absorbe ou émet la lumière. En 1905, Einstein est le premier à proposer que la quantification de l’énergie soit une propriété de la lumière elle-même[1]. Bien qu’il ne remette pas en cause la validité de la théorie de Maxwell, Einstein montre que la loi de Planck et l’effet photoélectrique pourraient être expliqués si l’énergie de l’onde électromagnétique était localisée dans des quanta ponctuels qui se déplaçaient indépendamment les uns des autres, même si l’onde elle-même était étendue continuement dans l’espace[1]. Dans son article, Einstein prédit que l’énergie des électrons émis lors de l’effet photoélectrique dépend linéairement de la fréquence de l’onde. Cette prédiction forte sera confirmée expérimentalement par Robert Millikan en 1916, ce qui lui vaudra – parallèlement à ses expériences sur les gouttes chargées – le prix Nobel de 1923[21]. En 1909[2] et en 1916[4], Einstein montre que, si la loi de Planck du rayonnement du corps noir est exacte, les quanta d’énergie doivent également transporter une impulsion p = h / λ, ce qui en fait des particules à part entière. L’impulsion du photon a été mise en évidence expérimentalement par Arthur Compton[22], ce qui lui valut le prix Nobel de 1927.

[modifier] Objections à l’hypothèse des quanta de lumière

Pendant tout le dĂ©but de XXe siècle cependant, la notion de photon reste discutĂ©e, principalement en raison de l’absence d’un formalisme permettant de combiner les phĂ©nomènes ondulatoires avec les phĂ©nomènes corpusculaires nouvellement dĂ©couverts. Ainsi en 1913, dans une lettre de recommandation en faveur de l’admission d’Einstein Ă  l’acadĂ©mie des sciences de Prusse, Planck Ă©crit[23] :

« Il ne faut pas trop lui tenir rigueur de ce que, dans ses spĂ©culations, il ait occasionnellement pu dĂ©passer sa cible, comme par exemple avec son hypothèse des quanta de lumière. Â»

De nombreux effets mettant en évidence la nature quantifiée de la lumière peuvent en fait être également expliqués par une théorie semiclassique, dans laquelle la matière est quantifiée mais la lumière est considérée comme un champ électromagnétique classique. Parmi les phénomènes ainsi explicables, on peut par exemple citer l’existence d’un seuil dans l’effet photoélectrique, la relation entre l’énergie de l’électron émis et la fréquence de l’onde, le regroupement des photoélectrons dans un interféromètre Hanbury Brown et Twiss, ainsi que la statistique poissonienne des comptes[24]. Contrairement à une idée répandue, l’effet photoélectrique n’est donc pas la preuve absolue de l’existence du photon (bien que certaines expériences sur l’effet photoélectrique ne puissent cependant pas être expliquées par une théorie semiclassique[24]).

L’expĂ©rience de Compton donne une existence plus tangible au photon, puisque ce dernier montre que la diffusion des Ă©lectrons par les rayons X s’explique bien en attribuant au photon le moment cinĂ©tique prĂ©dit par Einstein. Cette expĂ©rience marque une Ă©tape dĂ©cisive, après laquelle l’hypothèse des quanta de lumière emporte l’adhĂ©sion de la majoritĂ© des physiciens[21]. Dans une dernière tentative de sauver la variation continue de l’énergie Ă©lectromagnĂ©tique et de la rendre compatible avec les expĂ©riences, Bohr, Kramers et Slater dĂ©veloppent un modèle basĂ© sur deux hypothèses drastiques[25] :

Cependant, des expériences de diffusion Compton plus précises montrent que l’énergie et l’impulsion sont conservées extraordinairement bien lors des processus élémentaires, et également que le recul de l’électron et la génération d’un nouveau photon lors de la diffusion Compton obéissent à la causalité à moins de 10ps près. En conséquence, Bohr et ses collaborateurs donnent à leur modèle "des funérailles aussi honorables que possible"[26]. Sur le front théorique, l’électrodynamique quantique inventée par P.A.M. Dirac parvient à donner une théorie complète du rayonnement – et des électrons – expliquant la dualité onde-corpuscule. Depuis cette époque, et notamment grâce à l’invention du laser, les expériences confirment de manière de plus en plus directe l’existence du photon et l’échec des théories semi classiques[27]. Il est notamment devenu possible de mesurer la présence d’un photon sans l’absorber, démontrant ainsi de manière directe la quantification du champ électromagnétique[28],[29], de sorte que la prédiction d’Einstein est considérée comme prouvée.

[modifier] Prix Nobel en lien avec la notion de photon

Prix Nobel attribuĂ©s en lien avec la notion de photon :

[modifier] Propriétés physiques

IcĂ´ne de dĂ©tail Article connexe : RelativitĂ© restreinte.

Le photon n’a pas de charge Ă©lectrique[36] (expĂ©rimentalement, sa charge Ă©lectrique est infĂ©rieure Ă  5,10-30 e[37]) et ne se dĂ©sintègre pas de façon spontanĂ©e dans le vide. Le photon est Ă©galement sans masse : expĂ©rimentalement, elle est infĂ©rieure Ă  6,10-17 eV/c²[37]. Un photon a deux Ă©tats de polarisation possibles et est dĂ©crit par trois paramètres continus : les composantes de son vecteur d’onde, qui dĂ©terminent sa longueur d’onde λ et sa direction de propagation. Les photons sont Ă©mis Ă  partir de plusieurs processus, par exemple lorsqu’une charge est accĂ©lĂ©rĂ©e, quand un atome ou un noyau saute d’un niveau d’énergie Ă©levĂ© Ă  un niveau plus faible, ou quand une particule et son antiparticule s’annihilent. Des photons sont absorbĂ©s par le processus inverse, par exemple dans la production d’une particule et de son antiparticule ou dans les transitions atomiques et nuclĂ©aires vers des niveaux d’énergie Ă©levĂ©s.

Un Diagramme de Feynman de l’échange d’un photon virtuel (symbolisé par la ligne ondulée et le gamma, ) entre un positron et un électron.
Un Diagramme de Feynman de l’échange d’un photon virtuel (symbolisé par la ligne ondulée et le gamma, \gamma \,) entre un positron et un électron.

Comme le photon est sans masse, il se déplace dans le vide à la vitesse c (la vitesse de la lumière dans le vide) et son énergie E et la quantité de mouvement p sont reliées par E = c•p. En comparaison, l’équation correspondante pour des particules de masse invariable m serait E^{2} = c^{2} p^{2} + m^{2} c^{4} \!, comme démontré en relativité restreinte.

De la lumière monochromatique de frĂ©quence ν est constituĂ©e de photons d’énergie E dĂ©pendant uniquement de ν :

 E = \hbar\omega = h\nu = \frac{h c}{\lambda} ,

et de quantitĂ© de mouvement (ou impulsion) p :

 \mathbf{p} = \hbar \mathbf{k} ,

où \hbar = h/2\pi \! (constante de Dirac ou constante de Planck réduite), \mathbf{k} est le vecteur d’onde du photon, d’amplitude k = 2\pi/\lambda \! et dirigé selon la direction de propagation du photon, et \omega = 2\pi\nu \! est sa fréquence angulaire. Comme pour les autres particules, un photon peut se trouver dans un état dont l’énergie n’est pas bien définie, comme par exemple dans le cas d’un paquet d’onde. Dans ce cas, l’état du photon est décomposable en une superposition d’ondes monochromatiques de longueurs d’onde voisines (via une transformée de Fourier).

Le photon possède également un spin qui est indépendant de sa fréquence. L’amplitude du spin est \sqrt{2} \hbar et la composante mesurée dans la direction de propagation, appelée hélicité, doit être \pm\hbar. Les deux hélicités possibles correspondent aux deux états possibles de polarisation circulaire du photon (horaire et anti-horaire). Comme en électromagnétisme classique, une polarisation linéaire correspond à une superposition de deux états d’hélicité opposée.

Une conséquence importante de ces formules est que l’annihilation d’une particule et de son antiparticule ne peut pas se faire sous la forme d’un seul photon. En effet, dans le référentiel du centre de masse, les particules entrant en collision n’ont pas de quantité de mouvement, alors qu’un seul photon a toujours une certaine quantité de mouvement. La loi de conservation de la quantité de mouvement nécessite donc qu’au moins deux photons soient créés, avec une quantité de mouvement nette nulle. L’énergie des deux photons peut être déterminée en respectant les lois de conservation. Le processus inverse, la création de paires, est le mécanisme dominant par lequel des photons de haute énergie (comme les rayons gamma) perdent leur énergie en passant à travers la matière.

Les formules classiques de l’énergie et de la quantité de mouvement des radiations électromagnétiques peuvent être ré-exprimés en terme d’événements reliés aux photons. Par exemple, la pression des radiations électromagnétiques sur un objet provient du transfert de quantité de mouvement des photons par unité de temps et de surface de cet objet.

Lorsqu’ils se dĂ©placent dans la matière, les photons interagissent avec les charges Ă©lectriques prĂ©sentes dans le milieu pour donner lieu Ă  de nouvelles quasiparticules ; ainsi, dans un diĂ©lectrique, une onde de polarisation coexiste avec l'onde Ă©lectromagnĂ©tique pour donner une onde couplĂ©e dont la relation de dispersion est diffĂ©rente ; lorsque cette onde est quantifiĂ©e, on obtient des particules qui ne sont pas des photons, mais des polaritons, issus du couplage entre les photons et la matière. Les polaritons se dĂ©placent moins vite que les photons dans le vide ; schĂ©matiquement, on peut dire que le photon se dĂ©place toujours Ă  la mĂŞme vitesse mais qu'il est absorbĂ© et réémis (un peu plus tard) par les atomes de la matière, ce qui donne l’impression – macroscopiquement – que la lumière ralentit.

[modifier] Modèles

[modifier] Bille de lumière

La première image que l’on a du photon est la « bille de lumière Â», la lumière serait composĂ©e de grains qui voyageraient Ă  299 792 458 m/s (Vitesse de la lumière).

Dans ce modèle, un flux d’énergie lumineuse donnĂ© est dĂ©composĂ© en billes dont l’énergie dĂ©pend de la longueur d’onde λ et vaut h.c/λ. Ainsi, pour une lumière monochromatique (c’est-Ă -dire dont le spectre se rĂ©sume Ă  une seule longueur d’onde), le flux d’énergie est composĂ© en beaucoup de « petites Â» billes si la longueur d’onde est grande (du cĂ´tĂ© du rouge), ou de peu de « grosses Â» billes si la longueur d’onde est petite (du cĂ´tĂ© du bleu) — les qualificatifs « petit Â» et « gros Â» ne sont pas relatifs Ă  la taille des billes, mais Ă  la quantitĂ© d’énergie qu’elles comportent.

Si la lumière est composĂ©e de plusieurs longueurs d’onde, alors le flux d’énergie se compose de billes de « grosseurs Â» diverses.

Cette vision, simpliste selon les normes actuelles, ne permet pas d’expliquer correctement toutes les propriétés de la lumière.

[modifier] Paquet d’onde

le paquet d’onde, un modèle du photon : on a une onde monochromatique de longueur d’onde λ inscrite dans une enveloppe de largeur finie.
le paquet d’onde, un modèle du photon : on a une onde monochromatique de longueur d’onde λ inscrite dans une enveloppe de largeur finie.

On peut reprĂ©senter au premier abord les photons par des paquets d’onde : l’onde Ă©lectromagnĂ©tique n’est pas une sinusoĂŻde d’extension infinie, il y a une enveloppe d’amplitude importante encadrĂ©e par d’autres enveloppes nettement moins significatives.

Ce modèle est insuffisant. En effet, dans une telle configuration, le photon devrait s’élargir au fur et Ă  mesure de sa progression (on parle de l’« Ă©talement du paquet d’onde Â»), l’énergie devrait ĂŞtre de moins en moins concentrĂ©e. Or, on constate que mĂŞme après un trajet interstellaire de plusieurs milliers d’annĂ©es-lumière, les propriĂ©tĂ©s des photons sont exactement les mĂŞmes.

[modifier] Dualité onde-corpuscule

Le photon est un concept pour expliquer les interactions entre les rayonnements Ă©lectromagnĂ©tiques et la matière. Comme pour les autres particules Ă©lĂ©mentaires, il a une dualitĂ© onde-particule. On ne peut parler de photon en tant que particule qu’au moment de l’interaction. En dehors de toute interaction, on ne sait pas — et on ne peut pas savoir — quelle « forme Â» a ce rayonnement. On peut imaginer que le photon serait une concentration qui ne se formerait qu’au moment de l’interaction, puis s’étalerait, et se reformerait au moment d’une autre interaction. On ne peut donc pas parler de « localisation Â» ni de « trajectoire Â» du photon.

On peut en fait voir le photon comme une particule quantique, c’est-à-dire un objet mathématique défini par sa fonction d’onde qui donne la probabilité de présence. Attention à ne pas confondre cette fonction et l’onde électromagnétique classique.

Ainsi, l’onde Ă©lectromagnĂ©tique, c’est-Ă -dire la valeur du champ Ă©lectrique et du champ magnĂ©tique en fonction de l’endroit et du moment (\vec{E}(\vec{x},t) et \vec{B}(\vec{x},t)), a donc deux significations :

[modifier] Notes et références

  1. ↑ a  b  c  d  Albert Einstein, Â« Ăśber einen die Erzeugung und Verwandlung des Lichtes betreffenden heuristischen Gesichtspunkt (trans. A Heuristic Model of the Creation and Transformation of Light) Â», dans Annalen der Physik, 17, p. 132–148 (de). Une version anglaise est disponible sur Wikisource.
  2. ↑ a  b  Albert Einstein, Â« Ăśber die Entwicklung unserer Anschauungen ĂĽber das Wesen und die Konstitution der Strahlung (trans. The Development of Our Views on the Composition and Essence of Radiation) Â», dans Physikalische Zeitschrift, 10, p. 817–825 (de). Une version anglaise est disponible sur Wikisource.
  3. ↑ Albert Einstein, Â« Strahlungs-emission und -absorption nach der Quantentheorie Â», dans Verhandlungen der Deutschen Physikalischen Gesellschaft, 18, p. 318 (de)
  4. ↑ a  b  Albert Einstein, Â« Zur Quantentheorie der Strahlung Â», dans Mitteilungen der Physikalischen Geselschaft zu ZĂĽrich, 16, p. 47. Voir Ă©galement Physikalische Zeitschrift, 18, 121–128 (1917) (de)
  5. ↑ La matière quant à elle est constituée de fermions, comme, entre autres, les quarks dont sont faits les noyaux atomiques, et les électrons qui leur sont liés.
  6. ↑ pour autant, il y a plus d’atomes dans l’eau qui coule d’un robinet pendant 1 seconde que de photons perçus par la rétine au cours de la même durée lors d’un clair de Lune
  7. ↑ Gilbert N. Lewis, Â« The conservation of photons Â», dans Nature, 118, p. 874–875
  8. ↑ Paul Ulrich Villard, Â« Sur la rĂ©flexion et la rĂ©fraction des rayons cathodiques et des rayons dĂ©viables du radium Â», dans Comptes Rendus, 130, p. 1010–1012
  9. ↑ Paul Ulrich Villard, Â« Sur le rayonnement du radium Â», dans Comptes Rendus, 130, p. 1178–1179 (fr)
  10. ↑ Ernest Rutherford, Â« The Wavelength of the Soft Gamma Rays from Radium B Â», dans Philosophical Magazine, 27, p. 854–868
  11. ↑ René Descartes, Discours de la méthode, 1637
  12. ↑ Robert Hooke, Micrographia: or some physiological descriptions of minute bodies made by magnifying glasses with observations and inquiries thereupon..., 1665
  13. ↑ Christian Huygens, Traité de la lumiere, 1678
  14. ↑ Isaac Newton, Opticks, Dover Publications, 1730, Book II, Part III, Propositions XII–XX; Queries 25–29 p.
  15. ↑ Jed Z. Buchwald, The Rise of the Wave Theory of Light: Optical Theory and Experiment in the Early Nineteenth Century, University of Chicago Press, 1989
  16. ↑ (en) James Clerk Maxwell, Â« A Dynamical Theory of the Electromagnetic Field Â», dans Philosophical Transactions of the Royal Society of London, 1865, 155, p. 459-512 [texte intĂ©gral] Cet article suit une prĂ©sentation par Maxwell Ă  la Royal Society le 8 dĂ©cembre 1864.
  17. ↑ Heinrich Hertz, Â« Ăśber Strahlen elektrischer Kraft Â», dans Sitzungsberichte der Preussischen Akademie der Wissenschaften (Berlin), 1888, p. 1297–1307 (de)
  18. ↑ Wilhelm Wien Nobel Lecture du 11 décembre 1911.
  19. ↑ Max Planck, Â« Ăśber das Gesetz der Energieverteilung im Normalspectrum Â», dans Annalen der Physik, 4, p. 553–563 (de)
  20. ↑ Max Planck’s Nobel Lecture du 2 juin 1920.
  21. ↑ a  b  Robert A. Millikan’s Nobel Lecture du 23 mai 1924.
  22. ↑ Arthur Compton, Â« A Quantum Theory of the Scattering of X-rays by Light Elements Â», dans Physical Review, 21, p. 483–502
  23. ↑ Anton Zeilinger, Â« The quantum centennial Â», dans Nature, 408, p. 639–641
  24. ↑ a  b  L. Mandel, Â« The case for and against semiclassical radiation theory Â», dans Progress in optics, XIII, p. 27–68
  25. ↑ Niels Bohr, Â« The Quantum Theory of Radiation Â», dans Philosophical Magazine, 47, p. 785–802 Également dans Zeitschrift fĂĽr Physik, 24, 69 (1924).
  26. ↑ A Pais, Subtle is the Lord: The Science and the Life of Albert Einstein, Oxford University Press, 1982
  27. ↑ Ces expériences produisent des corrélations qui ne peuvent être expliquées par une théorie classique de la lumière, puisqu’elles résultent du processus quantique de la mesure. En 1974, Clauser a montré une violation d’une inégalité de Cauchy-Schwarz classique (Phys. Rev. D 9:853). En 1977, Kimble et ses collaborateurs ont démontré un effet de dégroupement de photons à l’aide d’un interféromètre Hanbury Brown et Twiss, alors qu’une approche classique montrerait un groupement des photons (Phys. Rev. Lett. 39:691). Cette approche a également été suivie par Grangier et ses collaborateurs en 1986 (Europhys. Lett. 1:501). Voir également la discussion et les simplifications faites par Thorn et al., Am. J. Phys. 72:1210 (2004).
  28. ↑ Michel Brune, Â« Quantum Rabi Oscillation: A Direct Test of Field Quantization in a Cavity Â», dans Phys. Rev. Lett., 76, p. 1800–1803
  29. ↑ SĂ©bastien Gleyzes, Â« Quantum jumps of light recording the birth and death of a photon in a cavity Â», dans Nature, 446, p. 297–300
  30. ↑ En reconnaissance des services rendus pour l’avancement de la physique dans la dĂ©couverte des quantas d’énergie, Fondation Nobel, « The Nobel Prize in Physics 1918 Â». ConsultĂ© le 26 dĂ©cembre 2007
  31. ↑ Pour les services rendus Ă  la physique thĂ©orique, spĂ©cialement pour la dĂ©couverte de la loi de l’effet photoĂ©lectrique, Fondation Nobel, « The Nobel Prize in Physics 1921 Â». ConsultĂ© le 26 dĂ©cembre 2007
  32. ↑ Pour son travail sur les charges Ă©lectriques Ă©lĂ©mentaires et sur l’effet photoĂ©lectrique, Fondation Nobel, « The Nobel Prize in Physics 1923 Â». ConsultĂ© le 26 dĂ©cembre 2007
  33. ↑ Pour la dĂ©couverte de l'effet portant son nom, Fondation Nobel, « The Nobel Prize in Physics 1927 Â». ConsultĂ© le 26 dĂ©cembre 2007
  34. ↑ Pour leur travail fondamental sur l'Ă©lectrodynamique quantique, avec de profondes consĂ©quences sur la physique des particules Ă©lĂ©mentaires, Fondation Nobel, « The Nobel Prize in Physics 1965 Â». ConsultĂ© le 26 dĂ©cembre 2007
  35. ↑ Pour sa contribution Ă  la thĂ©orie quantique de la cohĂ©rence optique, Fondation Nobel, « The Nobel Prize in Physics 2005 Â». ConsultĂ© le 26 dĂ©cembre 2007
  36. ↑ V V Kobychev, Â« Constraints on the photon charge from observations of extragalactic sources Â», dans Astronomy Letters, 31, p. 147–151
  37. ↑ a  b  [pdf] Particle Physics Booklet

[modifier] Voir aussi

wikt:

Voir « photon Â» sur le Wiktionnaire.

[modifier] Articles connexes

[modifier] Bibliographie

[modifier] Ouvrages de vulgarisation

[modifier] Ouvrages de référence

[modifier] Sur le concept de « fonction d’onde Â» pour le photon

[modifier] Liens externes


Particules ( v Â· d Â· m )
Particules Ă©lĂ©mentaires :
Fermions : quark (d·u·s·c·b·t) Â· lepton
Leptons : Ă©lectron Â· muon Â· tauon Â· neutrino
Bosons : photon Â· gluon Â· bosons W+, W- et Z0
HypothĂ©tiques : graviton Â· boson de Higgs
Particules composites :
Hadrons : baryon Â· mĂ©son
Baryons : proton Â· neutron Â· hypĂ©ron
MĂ©sons : pion Â· kaon

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