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Pierre de Fermat


Pierre de Fermat : encyclopédie mathématiques

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Pierre de Fermat
Image illustrative de l'article Pierre de Fermat
Naissance Première dĂ©cennie du xviie siècle
Beaumont-de-Lomagne (France)
Décès 12 janvier 1665
Castres (France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Champs Mathématiques et droit
Institutions Académie des Sciences Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse
Parlement de Toulouse
Renommé pour Dernier théorème de Fermat
Géométrie analytique
Petit théorème de Fermat
Probabilité

Pierre de Fermat, nĂ© dans la première dĂ©cennie du XVIIe siècle[1],[2], Ă  Beaumont-de-Lomagne, près de Montauban, et mort le 12 janvier 1665 Ă  Castres[3],[4], est un juriste et mathĂ©maticien français, surnommĂ© « le prince des amateurs Â». Il est en mĂŞme temps un habile hellĂ©niste. Il s'est aussi intĂ©ressĂ© aux sciences physiques ; on lui doit notamment le principe de Fermat en optique.

Sommaire

[modifier] Biographie

[modifier] Origines familiales

Son père, Dominique Fermat, Ă©tait un marchand aisĂ© de Beaumont-de-Lomagne, douĂ© en calcul. Ce bourgeois et second consul de la ville est connu comme marchand de cuir (et autres denrĂ©es) ; il s'est mariĂ© successivement Ă  Françoise Cazeneuve, fille d'un marchand aisĂ© (et ce jusqu'en 1603 au moins), puis Ă  Claire de Long, fille de ClĂ©ment de Long seigneur de Barès (et ce avant 1607). On ne sait cependant laquelle de ces deux femmes fut la mère du mathĂ©maticien[5],[4]. Plusieurs actes tĂ©moignent de la naissance d'un enfant Fermat du nom de Pierre, l'un baptisĂ© le 31 octobre 1605, l'autre durant l'annĂ©e 1608[6].

La maison où est né le mathématicien, et qui abrite de nos jours l'office de tourisme, est une maison familiale sur laquelle il n'y a pas de doute car elle fut occupée, de 1577 à 1707, par quatre générations de Fermat[7]. Pour autant, on ne sait pas davantage où Pierre de Fermat a fait ses études primaires. Par la suite, il suit des études de droit à Toulouse et à l'université d'Orléans, de laquelle il sort bachelier de droit civil en 1631[8].

[modifier] Premiers pas

Dès 1627, Fermat, avocat Ă  Bordeaux, frĂ©quente vraisemblablement les milieux scientifiques autour du prĂ©sident Jean d'Espagnet[4] et de son fils, Étienne. Il y rencontre le secrĂ©taire royal Jean de Beaugrand et s'initie aux notations algĂ©briques de Viète au travers d'un exemplaire prĂŞtĂ© par son ami d'Espagnet. Selon les affirmations contenues dans ses lettres Ă  Mersenne, il entretient Étienne d'Espagnet de sa mĂ©thode de maximis et minimis dès cette Ă©poque. Il affirme Ă©galement avoir produit une mĂ©thode pour les carrĂ©s magiques. Hormis cela, sa formation en tant que mathĂ©maticien n'est que peu connue ; il semble qu'il se soit mĂŞme Ă©loignĂ© de ces recherches pendant un temps.

En 1631, il achète une première charge de commissaire aux requĂŞtes dans laquelle il est installĂ© le 14 mai[7]. Les commissaires aux requĂŞtes du palais ne faisaient pas partie de la cour proprement dite. Autrefois composĂ©e des plus vieux conseillers, cette chambre servait, au contraire, depuis longtemps dĂ©jĂ , de dĂ©but aux jeunes conseillers, qui de lĂ  passaient plus tard Ă  la cour. Il habite Toulouse ; Conseiller du roi auprès du Parlement de Toulouse, il Ă©pouse Ă  Beaumont, le 1er juin (bans le 20 avril) de cette annĂ©e-lĂ , Louise de Long, fille de ClĂ©ment de Long, un des principaux conseillers du parlement, cousine Ă©loignĂ©e[7], avec laquelle il aura cinq enfants ; ClĂ©ment-Samuel, Jean, Claire, Louise et Catherine.

Le 30 décembre 1637, Jean de Beaugrand signe les lettres patentes de Pierre de Fermat, comme conseiller aux enquêtes du parlement de Toulouse (Fermat sera installé le samedi 16 janvier suivant[9]).

[modifier] Fermat et l'académie de Mersenne

Pierre de Fermat

Dès 1636, il entre en correspondance avec Marin Mersenne, et dans sa première lettre, il lui demande quelles nouveautés ont paru en mathématiques depuis les cinq dernières années. La même année, il publie sa traduction d'Apollonius de Perga, De Locis planis, Des lieux plans. En 1638, il expose au public sa méthode des minima. Le 18 janvier, Descartes l'attaque dans une lettre à Mersenne pour sa passion commune à Viète, à Ghetaldi et à Snell de s'appliquer à restaurer les grecs.

Quoiqu'il ne semble pas être monté à Paris, ses amis mathématiciens le représentent auprès Mersenne. Ce sont Beaugrand, Étienne Pascal et Roberval, qu'il charge de soutenir ses idées, lorsque, en 1640, il y a la première controverse avec Descartes au sujet de l'optique.

Il correspond avec Carcavi, Torricelli et Huygens. Comme il demande systĂ©matiquement de dĂ©montrer par la preuve les thĂ©ories qu'il avance, cette exigence ravive quelquefois l'ire des autres envers lui. N'Ă©crit-il pas Ă  Mersenne : «  J'ay si peu de commoditĂ© d'escrire mes dĂ©monstrations, que je me contente d'avoir dĂ©couvert la vĂ©ritĂ© et de sçavoir le moyen de la prouver, lorsque j'auray le loisir de le faire.  Â» Et Ă  Roberval : «  Je ne doute pas que la chose n'eĂ»t pu se polir davantage, mais je suis le plus paresseux de tous les hommes.  Â»

L'année qui suit, Descartes provoque une nouvelle dispute à propos de la généralité de la méthode de Fermat (méthode de maximis et minimis) à déterminer correctement les tangentes d'une courbe algébrique. Celle-ci se fait encore par la médiation de Mersenne. Roberval et Étienne Pascal, convaincus par la méthode de Fermat, même s'ils la maîtrisent mal, prennent son parti, tandis que Descartes est soutenu par Claude Mydorge et Claude Hardy.

Pour mettre fin Ă  la polĂ©mique, Fermat transmet Ă  Descartes une lettre oĂą il dĂ©crit plus prĂ©cisĂ©ment sa mĂ©thode[10], lettre qui commence par ces mots :

« La mĂ©thode gĂ©nĂ©rale pour trouver les tangentes des lignes courbes mĂ©rite d'ĂŞtre expliquĂ©e plus clairement qu'elle ne semble l'avoir Ă©tĂ©. Â»

Descartes lui rĂ©pond[11] :

« Je n'ai pas eu moins de joie de recevoir la lettre par laquelle vous me faites la faveur de me promettre votre amitiĂ©, que si elle me venait d'une maĂ®tresse dont j'aurais passionnĂ©ment dĂ©sirĂ© les bonnes grâces.  Â» […] « Et voyant la dernière façon dont vous usez pour trouver les tangentes des lignes courbes, je n'ai autre chose Ă  y rĂ©pondre, sinon qu'elle est très bonne et que si vous l'eussiez expliquĂ©e au commencement en celte façon, je n'y eusse point du tout contredit. Â»

Ainsi Descartes admet la pertinence de la méthode de Fermat, méthode qui deviendra par la suite le fondement du calcul différentiel.

Article dĂ©taillĂ© : Les controverses du cartĂ©sianisme.

[modifier] Castres

Mais en dĂ©pit de cette activitĂ© Ă©pistolaire, et mathĂ©matique, Fermat remplit ses tâches de Conseiller avec fidĂ©litĂ© et assurance ; il achète, en 1638, une charge plus importante, celle de Conseiller Ă  la Cour en la première Chambre des enquĂŞtes. Il siège Ă  Castres cette annĂ©e-lĂ  ; et en 1642, il obtient d'ĂŞtre nommĂ© dans cette ville, membre de la Chambre de l'Édit. Il siège en cette cour en 1644, 1645, 1648, 1649, il en apprĂ©cie le sĂ©jour et cherche plusieurs fois Ă  s'y faire renommer.

Des nombreuses lettres échangées avec l'érudit Jacques de Ranchin, membre de la Chambre de l'Édit de Castres et traducteur d'ouvrages grecs, il ne nous reste, hélas, qu'une seule lettre de la main de Fermat. Par ailleurs, c'est à Castres, qu'il rencontre le médecin polymathe Pierre Borel. Celui-ci le présente à Claude Hardy, autre polymathe parisien. Dans ces cercles d'érudits, il est courant qu'on s'adresse à Fermat pour éclaircir une traduction ou confirmer une citation. Ainsi, a-t-on prétendu, avec vraisemblance, qu'il fut membre des Lanternistes. Néanmoins, des études de 1858 tendent à montrer qu'il s'agit de son fils, Clément Samuel[7].

Ces activitĂ©s littĂ©raires et scientifiques ne l'empĂŞchent pas pour autant de progresser dans sa carrière. En 1652, la peste qui ravage la France s'attaquera Ă  lui, mais il y fera face et la combattra. Il exerce Ă  partir de cette annĂ©e-lĂ  Ă  la Tournelle (la Chambre Criminelle du parlement) et enfin, deux ans plus tard, Ă  la Grand’ Chambre oĂą il lit son premier rapport. Profond jurisconsulte, Fermat semble avoir exercĂ© ses fonctions de magistrat avec jugement mais sans passion pour son emploi ; il n'est pas des amis de Fieubet, le prĂ©sident du Parlement et si un de ses amis de Castres, l'avocat Pierre Saporta, affirme qu'il fut d'une grande intĂ©gritĂ© dans les affaires du Palais, d'autres rapports sont plus sĂ©vères sur son activitĂ© en ce domaine.

Parmi ses amis et ses correspondants de Toulouse et de Castres, on compte encore le père jĂ©suite Lalouvère et le minime Emmanuel Maignan, qui ont quelques connaissances mathĂ©matiques. NĂ©anmoins, ses talents s'exercent gĂ©nĂ©ralement Ă  part de son travail de magistrat, au travers de ses lettres avec le Père Mersenne, et en 1654, au travers de sa correspondance avec Blaise Pascal, puis en 1659 par ses Ă©changes avec Carcavi et la publication de sa « relation des nouvelles dĂ©couvertes en la science des nombres Â» qui le font connaĂ®tre comme un des mathĂ©maticiens les plus ingĂ©nieux de son temps.

[modifier] Derniers travaux

En ces lieux le 13 janvier 1665 a été enseveli Pierre de Fermat conseiller a la chambre de l'Edit et mathématicien de grand renom célébré pour son théorème, a^n + b^n =/ c^n for n>2
Plaque où Fermat a été enterré, place Jean Jaurès, à Castres

Les grands Ă©crits que l'on a retrouvĂ©s de lui sont des annotations dans des textes renommĂ©s tels l'Arithmetica de Diophante et une partie de sa correspondance avec les scientifiques du XVIIe siècle. Ce n'est qu'en 1670 que son thĂ©orème est exposĂ© au public. Il commente, en l'Ă©tendant, Diophante, et rĂ©tablit avec une admirable sagacitĂ© plusieurs ouvrages perdus d'Apollonius et d'Euclide. Tant par sa vie, assez peu connue, que par la raretĂ© de sa production, Fermat laisse après lui l'image d'un savant dissimulant ses mĂ©thodes, et laisse le regret que quelques-unes se soient perdues avec lui.

En 1662 il publie son mĂ©moire, Ă©crit cinq ans plus tĂ´t : Synthèse pour les rĂ©fractions. Il s'oppose ainsi de façon dĂ©finitive Ă  Descartes, qui dans sa dioptrique, expliquait les lois de l'optique en comparant la lumière Ă  une balle soumise Ă  diverses forces. Fermat se base sur le principe qui anime toute sa vie : « La nature agit toujours par les voies les plus courtes et les plus simples. Â» Les discussions reprennent avec les Ă©pigones du philosophe de la Haye, Clerselier et Cureau de la Chambre. ÉlĂ©gant comme Ă  son habitude, Fermat finit par abandonner la lutte, pourvu qu'on lui reconnaisse ses mĂ©rites de gĂ©omètre. La suite de l'histoire des sciences lui donnera raison.

Durant toute sa vie, le magistrat-mathĂ©maticien a participĂ© aux activitĂ©s de sa commune, prĂ©sidant les conseils et prenant une part active dans la municipalitĂ©. On le disait très charitable. Deux de ses filles, Catherine et Louise, y furent baptisĂ©es, les 20 aoĂ»t 1641 et 28 juin 1655. Après 1660, sa santĂ© devint chancelante. Le 9 janvier 1665 il fit le rapport d'une affaire Ă  la Chambre du parlement de Castres ; le 12 du mĂŞme mois, il cessait de vivre. Aucune pompe n'entoura ses funĂ©railles. Un Ă©loge de Charles Perrault fut publiĂ© un mois après sa mort dans le Journal des Savants (le 7 fĂ©vrier)[7].

[modifier] Après sa mort

Il ne reste après son décès qu'une importante correspondance dispersée dans toute l'Europe.

Le fils de Pierre de Fermat publie, en 1670, une édition de l'Arithmetica de Diophante annotée par son père, puis en 1679 une série d'articles et une sélection de sa correspondance sous le nom de Varia opera mathematica[12].

En 1839, Guglielmo Libri tente de soustraire un certain nombre de manuscrits, dont une partie seulement sera récupérée.

Charles Henry (en) et Paul Tannery publient, au dĂ©but du XXe siècle, les Ĺ’uvres de Fermat en quatre volumes ; un supplĂ©ment sera ajoutĂ© par C. de Waard en 1922.

[modifier] Contributions

François Viète

Il partage avec Viète, dont il utilise les notations[13],[14], et Descartes, avec qui il fut en conflit[15],[16],[17], [18],[19], la gloire d'avoir appliqué l'algèbre à la géométrie.

D'Alembert voyait dans ses travaux la première application du calcul infinitĂ©simal, jugement que partagèrent Arbogast, Lagrange et Laplace[7]. Il imagina, en effet, pour dĂ©terminer les tangentes, une mĂ©thode, dite de maximis et minimis, qui le fait regarder comme le premier inventeur du calcul diffĂ©rentiel et le premier Ă  utiliser des formules de dĂ©rivation (le concept de nombre dĂ©rivĂ© remonterait au premier des grands mathĂ©maticiens indiens, l'astronome Aryabhata)[rĂ©f. nĂ©cessaire].

Fermat contribue dans son Ă©change Ă©pistolaire avec Blaise Pascal Ă  Ă©laborer les bases du calcul des probabilitĂ©s, une mathĂ©matique du hasard que provoque l'Ă©tude du problème des partis du chevalier de MĂ©rĂ©[20]. Mais sa contribution majeure concerne la thĂ©orie des nombres et les Ă©quations diophantiennes. Auteur de plusieurs thĂ©orèmes ou conjectures dans ce domaine, il est au cĹ“ur de la « thĂ©orie moderne des nombres. Â»

Il est très connu pour deux « thĂ©orèmes Â» :

  • le « petit thĂ©orème de Fermat Â» ;
  • le « dernier thĂ©orème de Fermat Â» ; ce dernier n'Ă©tait qu'une conjecture et l'est restĂ© durant plus de trois siècles de recherches fiĂ©vreuses.

[modifier] Les querelles avec Descartes

Article dĂ©taillĂ© : Les controverses du cartĂ©sianisme.
Une illustration de La Dioptrique de Descartes

[modifier] La dioptrique

Descartes publie en 1637 son traitĂ© de la mĂ©thode et une dioptrique, dans laquelle il expose les Lois de Snell-Descartes. Celles-ci dĂ©crivent le comportement de la lumière Ă  l'interface de deux milieux. L'Ă©noncĂ© de la loi des sinus est attribuĂ©e Ă  Snell dans le monde entier (sauf en France) ; et il est possible que Descartes ait eu connaissance de celle Ă©tablie auparavant par Snell, le professeur Rivet, professeur de thĂ©ologie en relation avec le Père Mersenne[21] pourrait fort bien l'avoir communiquĂ©e Ă  Descartes tout comme son ami Isaac Beeckman, ancien Ă©lève de Snell.

Lorsqu'il tente de justifier cette loi, Descartes commet cependant quelques bĂ©vues. ConsidĂ©rant le trajet de la lumière comme celui d'une balle, il explique la dĂ©viation subie par le trajet Ă  ce que dans un milieu plus dense, la vitesse en est accĂ©lĂ©rĂ©e. Cette explication (infirmĂ©e par LĂ©on Foucault), sera fort justement critiquĂ©e par Fermat :

« Jean de Beaugrand ayant parcouru le manuscrit de la « dioptrique Â» se hâta de l'envoyer Ă  Toulouse par la voye de Bordeaux, pour le faire lire Ă  Monsieur De Fermat, conseiller au parlement de Languedoc, qui avait tĂ©moignĂ© une passion plus qu'ordinaire pour voir ce qui viendrait de la plume de M Descartes. Â»

affirme Adrien Baillet. La rĂ©alitĂ© semble moins romanesque : consultĂ© par Mersenne, Fermat dĂ©cèle dans cette dioptrique deux erreurs importantes[22] ; il ne trouve pas convaincante « l'inclination au mouvement Â» par laquelle Descartes croit pouvoir expliquer les angles d'incidence des phĂ©nomènes de rĂ©fraction. Dans les raisons qu'il donne Ă  ce que les milieux traversĂ©s ne s'opposent pas de la mĂŞme façon au mouvement d'une balle et Ă  celui de la lumière, Descartes prĂ©tend Ă  la fois que le mouvement de la lumière est instantanĂ© et qu'elle va moins vite dans l'air que dans l'eau. En septembre 1637, Fermat rĂ©dige ses impressions Ă  Mersenne. Il y relève la contradiction. Descartes, alertĂ©, rĂ©pond aussitĂ´t Ă  Mersenne :

« le dĂ©faut qu'il trouve en ma dĂ©monstration n'est qu'imaginaire et montre assez qu'il n'a regardĂ© mon traitĂ© que de travers. […] et si vous aviez envie par charitĂ© de le dĂ©livrer de la peine qu'il prend de rĂŞver encore sur cette matière… Â»

La querelle qui s'en suit permet alors Ă  Fermat de faire montre de rigueur et de sang-froid[22] :

«  Ce n'est pas point par envie ni par Ă©mulation que je continue cette petite dispute, Ă©crit-il Ă  Mersenne, mais seulement pour dĂ©couvrir la vĂ©ritĂ©; de quoi j'estime que M. Descartes ne me saura pas mauvais grĂ©, d'autant plus que je connais son mĂ©rite très Ă©minent, et que je vous en fais ici une dĂ©claration très expresse. Â»

Pour autant, la querelle sur la dioptrique en reste lĂ . Ce n'est qu'après la mort de Descartes, quinze ans plus tard, que le mathĂ©maticien de Beaumont parviendra Ă  une formulation satisfaisante de son principe de durĂ©e minimale (Ĺ’uvres de Fermat, t. III, 149-156), expliquant le trajet de la lumière dans des milieux d'indices diffĂ©rents. C'est ainsi qu'il met Ă  jour le principe de Fermat, principe fondamental de l'optique gĂ©omĂ©trique qui dĂ©crit la forme du chemin optique d'un rayon lumineux et s'Ă©nonce ainsi : La lumière se propage d'un point Ă  un autre sur des trajectoires telles que la durĂ©e du parcours soit extrĂ©male. Il permet de retrouver la plupart des rĂ©sultats de l'optique gĂ©omĂ©trique, en particulier les lois de la rĂ©flexion sur les miroirs, les lois de la rĂ©fraction…

[modifier] La méthode des tangentes

René Descartes.

Ă€ la fin de l'annĂ©e 1637, Descartes reçoit de Mersenne l'essai de Fermat intitulĂ© Methodus ad disquirendam maximám et minimam et le philosophe reprend son « procès en mathĂ©matiques Â» contre monsieur Fermat en janvier 1638. Il Ă©crit au père Minime que son contradicteur propose dans sa règle de formation des tangentes une reprise de la mĂ©thode dite de fausse position. Il lui reproche de raisonner par l'absurde (mĂ©thode de raisonnement qui passe Ă  ses yeux pour la façon de dĂ©montrer la moins estimĂ©e et la moins ingĂ©nieuse de toutes celles dont on se sert en MathĂ©matiques). Il vante auprès du père minime sa propre mĂ©thode, tirĂ©e, selon ses mots, d'une connaissance de la nature des Ă©quations et qui suit, selon lui, la plus noble façon de dĂ©montrer qui puisse ĂŞtre…

Jean de Beaugrand publie alors un pamphlet pour défendre Fermat contre le S. des C. (sans mentionner les noms des protagonistes). Il expose les résultats de Fermat sur la détermination des tangentes. Il dénonce ceux, plus compliqués, de Descartes dont la méthode consiste à définir le cercle osculateur pour déterminer la tangente à partir de ce cercle.

Jean Itard lit dans les publications de Beaugrand la preuve de la supĂ©rioritĂ© de Pierre de Fermat dans la comprĂ©hension de la nature affine du problème des contacts[23]. Selon ses mots, Fermat n'avait rien, ou presque, pour expliquer la nature affine de l'existence (et de la construction) des tangentes Ă  une courbe ; car il ne s'agit pas d'un problème mĂ©trique. C'est pourtant ce qui le placera au-dessus de Descartes dans ce problème des tangentes oĂą l'orthogonalitĂ© des axes de coordonnĂ©es n'est d'aucune importance. C'est ce que souligne Beaugrand dans son pamphlet anonyme.

[modifier] Petit théorème de Fermat

Article dĂ©taillĂ© : Petit thĂ©orème de Fermat.

Si p est un nombre premier et a un entier naturel non divisible par p, alors ^{a^{p-1} \equiv 1\pmod{p}}.

Voir aussi : ThĂ©orème d'Euler, dont ce thĂ©orème est un cas particulier.

Gottfried Wilhelm Leibniz a rédigé en 1683 une démonstration qu'il ne publie pas. Leonhard Euler a démontré le théorème en 1736 par les mêmes arguments. Il communique cette preuve le 2 août 1736 à l’Académie de Saint-Pétersbourg et publie cette première démonstration en 1741. Elle repose sur une récurrence et l'utilisation du développement du binôme.

Fermat n'a pas fourni sa dĂ©monstration ; le 18 octobre 1640[24], il Ă©crit Ă  FrĂ©nicle de Bessy :

« Tout nombre premier mesure infailliblement une des puissances -1 de quelque progression que ce soit, et l'exposant de la dite puissance est sous-multiple du nombre premier donnĂ© -1… Il ajoute : Et cette proposition est gĂ©nĂ©ralement vraie en toutes progressions et en tous nombres premiers; de quoi je vous envoierois la dĂ©monstration, si je n'apprĂ©hendois d'ĂŞtre trop long.  Â»

Une opinion sur le point de savoir si Fermat tenait une démonstration correcte peut dépendre de l'opinion qu'on adopte sur une autre question, à savoir si Fermat a prétendu ou non avoir démontré sa conjecture (erronée) sur les nombres qui portent son nom.

Les méthodes de Fermat ont évolué avec le temps[25] et il paraît difficile de reconstruire ce qu'a pu être son raisonnement.

[modifier] Théorème des deux carrés de Fermat

Article dĂ©taillĂ© : ThĂ©orème des deux carrĂ©s de Fermat.

Le thĂ©orème gĂ©nĂ©ral affirme : « Un entier est somme de deux carrĂ©s si et seulement si chacun de ses facteurs premiers de la forme 4k + 3 intervient Ă  une puissance paire. Â»

Albert Girard l'énonce en 1625, dans sa première «traduction» des œuvres de Stevin[26].

Dans le cas oĂą le nombre est premier Fermat Ă©nonce quinze ans après cette première formulation qu'« un nombre premier impair est la somme de deux carrĂ©s si, et seulement si, il est congru Ă  1 modulo 4. Â»

Les historiens des sciences s'accordent Ă  penser que Fermat n'a pas lu Girard.

Afin de fournir la preuve de son thĂ©orème, Fermat met au point une mĂ©thode, dite de la descente infinie. Possède-t-il pour autant une preuve de son thĂ©orème[27] ? Il dĂ©clare Ă  Carcavi en aoĂ»t 1659 :

« Lorsqu'il me fallut dĂ©montrer que tout nombre premier, qui surpasse de l'unitĂ© un multiple de 4, est composĂ© de deux quarrĂ©s, je me trouvai en belle peine. Mais enfin une mĂ©ditation diverses fois rĂ©itĂ©rĂ©e me donna les lumières qui me manquoient, et les questions affirmatives passèrent par ma mĂ©thode, Ă  l'aide de quelques nouveaux principes qu'il y fallut joindre par nĂ©cessitĂ©. Â»

Il laisse toutefois l'indication qui suit :

«  Si un nombre premier pris Ă  discrĂ©tion, qui surpasse de l'unitĂ© un multiple de 4, n'est point composĂ© de deux quarrĂ©s, il y aura un nombre premier de mĂŞme nature, moindre que le donnĂ©, et ensuite un troisième encore moindre, etc. en descendant Ă  l'infini jusques Ă  ce que vous arriviez au nombre 5, qui est le moindre de tous ceux de cette nature, lequel il s'ensuivroit n'ĂŞtre pas composĂ© de deux quarrĂ©s, ce qu'il est pourtant. D'oĂą on doit infĂ©rer, par la dĂ©duction Ă  l'impossible, que tous ceux de cette nature sont par consĂ©quent composĂ©s de deux quarrĂ©s. Â»

dont l'idée forte permit à Euler de donner, un siècle après, une preuve complète du théorème des deux carrés[28].

[modifier] Théorème de Fermat sur les nombres polygonaux

Buste dans la salle des Illustres du Capitole de Toulouse

Tout entier s'Ă©crit :

  • comme somme d'au plus 3 nombres triangulaires
  • comme somme d'au plus 4 nombres carrĂ©s
  • comme somme d'au plus 5 nombres pentagonaux
  • etc.
    • nombres triangulaires :
       1;3(=1+2);6(=1+2+3);10(=1+2+3+4)...\! : le n-ième nombre triangulaire est Ă©gal Ă  la somme des n premiers entiers naturels non nuls ;
    • nombres carrĂ©s :
       1;4(=1+3);9(=1+3+5);16(=1+3+5+7)... \,\! : le n-ième nombre carrĂ© est Ă©gal Ă  la somme des n premiers entiers naturels impairs)
    • nombres pentagonaux :
      1;5(=1+4);12(=1+4+7);22(=1+4+7+10)... \,\! : le n-ième nombre pentagonal est Ă©gal Ă  la somme des n premiers entiers naturels congrus Ă  1 modulo 3 ;
    • nombres polygonaux d'ordre m  :
      1 ; 1+(m-1) ; 1+(m-1)+(2m-3) ; 1+(m-1)+(2m-3)+(3m-5) ; ... \,\! : le n-ième nombre polygonal d'ordre m est Ă©gal Ă  la somme des n premiers entiers naturels congrus Ă  1 modulo (m-2).

Ce thĂ©orème a Ă©tĂ© Ă©noncĂ© par Fermat, dĂ©montrĂ© dans le cas des nombres carrĂ©s par Jacobi et, indĂ©pendamment par Joseph-Louis Lagrange au XVIIIe siècle (Ce dernier se servant de rĂ©sultats partiels obtenus par Euler). Gauss rĂ©solut le cas des nombres triangulaires en 1796. Une preuve complète a Ă©tĂ© proposĂ©e par Cauchy en 1813.

[modifier] Dernier théorème de Fermat

Article dĂ©taillĂ© : Dernier thĂ©orème de Fermat.
Cette Ă©dition de 1670 de Diophante reprend le texte de la note que Fermat avait Ă©crite (en latin) en regard du problème II.VIII de Diophante, sur son exemplaire de l'Ă©dition de 1621 : « […] la marge est trop petite pour contenir la dĂ©monstration. Â»

« Il n'existe pas d'ensemble d'entiers strictement positifs x\,\!, y\,\!, z\,\! vĂ©rifiant l'Ă©quation x^n + y^n = z^n\,\! lorsque n est un entier tel que n > 2\,\!. Â»

Ce théorème[29] fut démontré par le mathématicien anglais Andrew Wiles de l'Université de Princeton, avec l'aide de Richard Taylor. Après une première présentation en juin 1993, puis la découverte d'une erreur et un an de travaux supplémentaires, la preuve fut finalement publiée en 1995 dans Annals of Mathematics. Une bonne centaine de mathématiciens dans le monde sont capables de saisir tous les détails de cette démonstration[30].

Pierre de Fermat lui-mĂŞme annotait dans la marge de son exemplaire des ArithmĂ©tiques qu’il en avait dĂ©couvert une dĂ©monstration vraiment remarquable, mais manquait de place pour la donner Ă  cet endroit :

«  J’ai trouvĂ© une merveilleuse dĂ©monstration de cette proposition, mais la marge est trop Ă©troite pour la contenir. Â»

Il semble assez improbable que Pierre de Fermat ait rĂ©ellement rĂ©ussi Ă  dĂ©montrer ce thĂ©orème dans le cas gĂ©nĂ©ral[31] ; en effet, la dĂ©monstration rĂ©alisĂ©e par Andrew Wiles (mĂŞme si le dernier thĂ©orème de Fermat n'en est qu'un corollaire) utilise des outils mathĂ©matiques d'une grande complexitĂ© dont on ne semble guère pouvoir se passer. Compte tenu des connaissances de son Ă©poque, Fermat ne pouvait pas les soupçonner[32], [33].

Les cas des exposants n = 3, 4 puis 5 et 7 ont été traités respectivement par Euler[34], Legendre et Cauchy.

  • Euler transforme l'Ă©quation en z3 = x3 + y3 = 2a(a2 + 3b2). L'Ă©tude des propriĂ©tĂ©s des nombres de la forme (a2 + 3b2) seront omis de sa preuve. La mĂŞme omission sera reprise par Legendre
  • Gauss donne une autre preuve dans le cas du cube. Il travaille dans \Q(\sqrt{-3}) et nomme Ă  l'occasion entiers les complexes de \Z[j].
  • Vers 1800, Gabriel LamĂ© prĂ©tendit avoir trouvĂ© la solution de ce problème. Il ne fut que le premier d'une liste de mathĂ©maticiens amateurs tentĂ©s par ce difficile problème. Il parvient Ă  la rĂ©solution dans le cas 7 en 1839.
  • En 1816, L'acadĂ©mie des sciences de Paris offre une mĂ©daille d'or et un prix de 3000 francs Ă  celui qui rĂ©soudrait la question.
  • Vers 1825, Dirichlet propose une preuve incomplète du cas 5. Elle est publiĂ©e et complĂ©tĂ©e dans le journal de Crelle en 1828. En 1832, Dirichlet donne le cas 14.
  • Un thĂ©orème important de Sophie Germain rĂ©sout la conjecture pour 5, et Legendre en dĂ©duit une gĂ©nĂ©ralisation, portant sur une famille entière de nombres n premiers.
  • En 1850, le prix de l'acadĂ©mie est renouvelĂ©.
  • En 1857, Ernst Kummer franchit un pas dĂ©cisif en dĂ©montrant le dernier thĂ©orème de Fermat pour tout exposant infĂ©rieur Ă  100. Ă€ cette fin, il introduit l'Ă©tude systĂ©matique des corps cyclotomiques, qui le conduit Ă  introduire les nombres idĂ©aux. Il en dĂ©duit que ce dernier thĂ©orème tombe dans le cas de nombres premiers rĂ©guliers. Ces Ă©tudes renouvellent Ă©galement l'intĂ©rĂŞt pour les nombres de Bernouilli.

Ainsi, apparaĂ®t le rĂ©el intĂ©rĂŞt de ce thĂ©orème nĂ©gatif : c'est un moteur puissant qui va obliger pour le rĂ©soudre Ă  Ă©tudier les structures algĂ©briques d'objets dont on aurait eu peine Ă  imaginer l'existence mĂŞme au temps de Fermat. L'idĂ©e s'affirme alors que ce dernier thĂ©orème, loin d'ĂŞtre une fin en soi, n'est qu'un dĂ©but pour l'Ă©tude de questions bien plus profondes et qui sont au cĹ“ur de l'invention mathĂ©matiques contemporaine.

  • En 1856, Johann August Grunert (de) Ă©tudie la taille des solutions Ă©ventuelles.
  • En 1894, Ernst Wendt donne un critère pour appliquer les thĂ©orèmes de Sophie Germain et leur gĂ©nĂ©ralisation. Ces Ă©tudes se prolongeront en 1935 avec Emma Lehmer (en), et 1959, avec Leonard Carlitz.
  • En 1908, l'universitĂ© de Göttingen et la fondation Wolfskehl offrent un prix de 100 000 marks Ă  qui trouverait la dĂ©monstration avant cent ans.
  • En 1931, MassoutiĂ©[35] et Pomey[36] donnent des conditions de divisibilitĂ© sur d'Ă©ventuelles solutions. Ils sont suivis dans cette voie par Swistak en 1969[37], par M. Mihaljinec (1952) et par Rameswar Rao (1969).
  • En 1961, La relation n'Ă©tait prouvĂ©e que pour les entiers n < 269.
  • Les progrès fulgurants des trente annĂ©es prĂ©cĂ©dant la dĂ©monstration de Wiles sont liĂ©s Ă  des travaux de Jean-Pierre Serre, d'Yves Hellegouarch[38] et de Robert Langlands[39] sur la reprĂ©sentation des courbes elliptiques par les fonctions modulaires.

[modifier] Méthode de la descente infinie

Fermat est l'inventeur d'une mĂ©thode de dĂ©monstration, la descente infinie : Supposons qu'une proposition P dĂ©pendant d'un rang entier n (> 0) vĂ©rifie la propriĂ©tĂ© : « Si P est vraie Ă  un rang quelconque r, elle l'est Ă  un certain autre rang q strictement infĂ©rieur Ă  r Â». Alors on peut conclure que P est fausse pour tout rang. En effet, pour tout r, l'application rĂ©currente de la propriĂ©tĂ© permet de construire une chaĂ®ne infinie de rangs dĂ©croissants r > q >...>... Or les rangs Ă©tant entiers positifs, la longueur de la chaĂ®ne ne peut pas ĂŞtre supĂ©rieure Ă  r.

La descente infinie peut être utilisée pour démontrer le cas particulier n = 4 du dernier théorème de Fermat.

[modifier] Principe de Fermat (optique)

Le trajet parcouru par la lumière entre deux points est toujours celui qui optimise le temps de parcours. Voir l'article principe de Fermat.

[modifier] Fermat dans la culture populaire

[modifier] La fĂŞte Ă  Fermat

Tous les ans, depuis 2003[40], l'association Fermat Lomagne organise Ă  Beaumont-de-Lomagne (82), sous le parrainage d'Ahmed Djebbar, une fĂŞte populaire en l'honneur du mathĂ©maticien, nommĂ©e « fĂŞte Ă  Fermat Â»[41]. Des confĂ©rences mathĂ©matiques, des ateliers, des expositions, des animations et des spectacles. La ville consacre par ailleurs une partie de son site Ă  son homme de gĂ©nie[42].

[modifier] Le lycée Pierre-de-Fermat

Situé parvis des Jacobins à Toulouse, Fermat fut fondé en 1806. Il a pris le nom du mathématicien en 1957, sur proposition du maire de Toulouse Raymond Badiou. Il y compta un temps pour professeurs Georges Canguilhem et Jean-Pierre Vernant.

[modifier] Cinéma

  • Dans le film espagnol de Luis Piedrahita et Rodrigo Sopeña La habitaciĂłn de Fermat (es) (La cellule de Fermat[43]), cinq mathĂ©maticiens se retrouvent sur l'invitation anonyme d'un certain "Fermat" (Federico Luppi). AffublĂ©s de noms de mathĂ©maticiens cĂ©lèbres, leurs pseudonymes pour la soirĂ©e, l'hĂ´te leur soumet une des dernières Ă©nigmes scientifiques de notre temps. Hilbert est un vieux chercheur, Pascal un ingĂ©nieur obnubilĂ© par les applications commerciales ; Galois et Oliva sont deux jeunes gĂ©nies… ArrivĂ©s dans leurs chambres, les mathĂ©maticiens comprennent qu'ils sont piĂ©gĂ©s. Ce thriller mathĂ©matique aux effets garantis n'entretient cependant qu'un lointain rapport avec le mathĂ©maticien de Beaumont et la Conjecture de Goldbach.

[modifier] D'autres occurrences

Un « contre exemple Â» au dernier thĂ©orème de Fermat se trouve illustrĂ© par un montage mettant en scène Homer Simpson[44] oĂą apparaĂ®t l'Ă©galitĂ© : 178212 + 184112 = 192212. En rĂ©alitĂ©, l'Ă©galitĂ© n'est pas vĂ©rifiĂ©e (la somme d'un nombre pair et d'un nombre impair n'est Ă©videmment pas un nombre pair), mais la diffĂ©rence dĂ©passe les capacitĂ©s de calcul des calculatrices standard.

Dans le deuxième tome de Millenium La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, de Stieg Larsson (1954-2004), Lisbeth dénoue le théorème de Fermat en trois semaines.

Le roman Le ThĂ©orème du Perroquet de Denis Guedj publiĂ© en 1988, traite par la fiction, du dernier thĂ©orème de Fermat et de l'histoire des mathĂ©matiques. On y lit un hommage Ă  la mĂ©thode des minima, si injustement dĂ©criĂ©e par Descartes :

« Avec soixante ans de retard, M. Ruche comprit ce que plus de trois siècles plus tĂ´t Fermat avait compris : un arc infiniment petit d’une courbe peut ĂŞtre assimilĂ© au segment correspondant de la touchante[45]. Â»

Dans le roman historique La conjecture de Fermat de Jean d'Aillon, Louis Fronsac doit apporter à Blaise Pascal un imaginaire unique exemplaire de la démonstration du dernier théorème rédigée par Fermat. Les péripéties de sa mission amènent évidemment à la destruction du manuscrit.

Le 17 août 2011, Google célèbre la naissance de Pierre de Fermat en modifiant son logo pour un tableau vert sur lequel est inscrite une formule mathématique[46].

[modifier] Bibliographie

  • Émile Brassinne, PrĂ©cis des Ĺ“uvres mathĂ©matiques, Toulouse, 1853.
  • Paul Tannery, Charles Henry (en) et C. de Waard, Ĺ’uvres de Fermat, publiĂ©es sous les auspices du Ministère de l'instruction publique, Paris, Gauthier-Villars et cie, 1891-1922, 5 vol. 23Ă—29 cm [lire en ligne] 
  • Paul FĂ©ron, Pierre de Fermat : un gĂ©nie europĂ©en (avec le concours de Jacques Arlet, Henri Gilles, Georges Passerat [et al.]), Toulouse : Presses de l'UniversitĂ© des sciences sociales de Toulouse et Éditions toulousaines de l'IngĂ©nieur, 2002, 224 p. (ISBN 2-909628-83-3)
  • Simon Singh, Le dernier thĂ©orème de Fermat (ISBN 2-7096-1854-0)
  • AndrĂ© Dupuy, Pierre Fermat, un gĂ©nie occitan, Les Cahiers de la Lomagne
  • Giulio Giorello et Corrado Sinigaglia (trad. A. MasĂ©, G. Idabouk et al.), Pierre Fermat [« Pierre de Fermat, I sogni di un magistrato alle origini della matematica moderna Â»], Pour la Science, coll. Â« Dossiers Pour la Science / Les gĂ©nies de la science Â», octobre 2007, n°32, magazine, 102 p. (ISBN 2-84245-091-1)(ISSN 1298-6879) [prĂ©sentation en ligne] 
  • Norbert Meusnier, « Fermat et les prĂ©mices d'une mathĂ©matisation du hasard Â», dans Annales de la FacultĂ© des Sciences de Toulouse, vol. XVII, no spĂ©cial, 2009, p. 87-118 

[modifier] Références

  1. ↑ Il existe des pièces justificatives contradictoires. Un acte de baptĂŞme de 1601 a Ă©tĂ© souvent pris pour preuve, par exemple par l'Ă©diteur de Fermat, Paul Tannery. Un monument funĂ©raire, repĂ©rĂ© au XIXe siècle par Charles Henry, suggère une autre date, 1607 ou 1608, que le mathĂ©maticien Klaus Barner a rĂ©cemment remis Ă  l'ordre du jour, voir How old did Fermat become?. Pierre Gairin, historien local de Beaumont-de-Lomagne a rĂ©cemment trouvĂ© plusieurs actes pertinents, mais ils ne permettent pas de conclure.
  2. ↑ Il semblerait toutefois qu'il ne soit pas nĂ© le 17 aoĂ»t 1601. Celui qui aurait Ă©tĂ© baptisĂ© Ă  cette date « Pierre Fermat Â» serait un demi-frère mort jeune qui portait le mĂŞme nom, demi-frère car il serait le fils de Françoise Cazeneuve, la première femme (morte en 1603) de son père, Dominique Fermat. Le mathĂ©maticien Pierre (de) Fermat (nĂ© Pierre Fermat, Ă©galement) serait, quant Ă  lui, nĂ© en novembre de l'an 1607. Sa mère Ă©tait Claire de Long, qui a Ă©pousĂ© son père en 1604. On remarquera que la femme de Pierre de Fermat s'appelait Louise de Long.
  3. ↑ L'épitaphe du musée des Augustins de Toulouse stipule qu'il était âgé de 57 ans,
  4. ↑ a, b et c Michel Serfati et Dominique Descotes, MathĂ©maticiens français du XVIIe siècle : Descartes, Fermat, Pascal
  5. ↑ En 1844, Louis Taupiac, un des premiers biographes de Fermat, donne Claire (mais en 1601, date que contredit les recherches récentes de l'Abbé Dugros)
  6. ↑ Les lacunes des registres entre 1607 et 1611 rendent impossible toute certitude. Voir : « Pierre Gairin se penche sur le mystère Pierre Fermat Â» in La DĂ©pĂŞche du Midi
  7. ↑ a, b, c, d, e et f Émerand ForestiĂ© : Biographie de Tarn-et-Garonne: Ă©tudes historiques et bibliographiques
  8. ↑ Catherine Goldstein (de), Un thĂ©orème de Fermat et ses lecteurs, Presses universitaires de Vincennes, 1995 (ISBN 978-2-91038110-3), p. 23
  9. ↑ Paul Tannery et Charles Henry, Œuvres de Fermat page 22 compléments, Tome 4.
  10. ↑ Méthode de maximis et minimis expliquée et envoyée par M. Fermat à M. Descartes. (lettre incomplète)
  11. ↑ Lettre du 27 juillet 1638 de Descartes Ă  Fermat.
  12. ↑ Pierre de Fermat Varia Opera mathematica : accesserunt selectae quaedam ejusdem Epistolae, vel ad ipsum a plerisque doctissimis viris gallice, latine vel italice, de rebus ad mathematicas disciplinas, aut physicam pertinentibus scriptae. Éditeur: Apud Joannem Pech, 1679
  13. ↑ La consultation de l'Ad locos pianos et solidos isagoge montre, par exemple, que Fermat, son auteur, conservait pour l'essentiel la notation de Viète ; lire : Jean-Louis Gardies. Du mode d'existence des objets de la mathĂ©matique :[1]
  14. ↑ Jean-Louis Gardies Du mode d'existence des objets de la mathématique
  15. ↑ From `A Short Account of the History of Mathematics' (4th edition, 1908) by W. W. Rouse Ball. (en)
  16. ↑ Descartes prĂ©tendait que plus l'indice d'un milieu Ă©tait grand plus la vitesse de la lumière y Ă©tait Ă©levĂ©e ; Fermat rectifia et Descartes l'attaqua sur sa thĂ©orie des tangentes. Michel Serfati. « Pour Descartes Â» : MathĂ©matiques et physique cartĂ©siennes. Introduction/ For Descartes Â» : Cartesian mathematics and physics. Introduction, Revue d'histoire des sciences, 1998, n° 2, pp. 171-182.
  17. ↑ Adrien Baillet (1649-1706). Vie de René Descartes Voila ce que M De Fermat appelloit sa petite guerre contre M Descartes et ce que M Descartes appelloit son petit procez de mathématique contre M De Fermat
  18. ↑ Laplace, Exposition du système du monde
  19. ↑ Analytical geometry and the problem of tangents sur le site The Garden of Archimedes (en)
  20. ↑ Meusnier 2009
  21. ↑ Rochot B. La correspondance scientifique du père Mersenne. Paris : Palais de la DĂ©couverte, 1966.
  22. ↑ a et b Michèle GrĂ©goire, « La correspondance entre Descartes et Fermat Â», dans Revue d'histoire des sciences, vol. 51, no 2-3, 1998, p. 355-362
  23. ↑ J.Itard :Ă€ propos d'un livre sur Pierre Fermat page 340 in Revue d'histoire des sciences publiĂ©e chez Armand Colin (1974) (ISSN 0151-4105)
  24. ↑ Catherine Goldstein, L'arithmĂ©tique de Pierre Fermat dans le contexte de la correspondance de Mersenne : une approche microsociale [PDF]
  25. ↑ Jean Itard, Les méthodes utilisées par Fermat en théorie des nombres.
  26. ↑ (en) Chowdhary, ''Fundamentals of discrete mathematical structures, PHI Learning Pvt. Ltd. (ISBN 8120333322) [lire en ligne (page consultĂ©e le 23 septembre 2010)] : « Fermat proved a speculation of Albert Girard that every prime number of the form 4n + 1 can be written in a unique way as the sum of two squares Â».
  27. ↑ Pierre de Fermat, Ĺ’uvres complètes, Ă©ditĂ©es par C. Henry & P. Tannery, 4 vols., 1891–1912, vol. II, p 441 ; Lire
  28. ↑ Démonstration d'Euler du théorème des deux carrés disponible en latin sur le web
  29. ↑ Jusqu'Ă  sa dĂ©monstration par Andrew Wiles en 1995, ce thĂ©orème, qui n'Ă©tait jusqu'alors en fait qu'une conjecture, Ă©tait appelĂ© le plus souvent « dernier thĂ©orème de Fermat Â» et parfois « grand thĂ©orème de Fermat Â».
  30. ↑ H. Darmon : Le dernier thĂ©orème de Fermat
  31. ↑ David Ruelle, L'Ă©trange beautĂ© des mathĂ©matiques, Odile Jacob, 2008, p.  53 [lire en ligne].
  32. ↑ C'est du moins le point de vue de Marco Panza in Nombres: Ă©lĂ©ments de mathĂ©matiques pour philosophes, ENS Editions, 2007, pp.  172 [lire en ligne]
  33. ↑ Pour Laurent Hua et Jean Rousseau, seuls des lecteurs très optimistes peuvent penser que cette dĂ©monstration Ă©mergera d'un fatras de lettres jusqu'Ă  ce jour non Ă©ditĂ©es. in Fermat a-t-il dĂ©montrĂ© son grand thĂ©orème?: l'hypothèse "Pascal" : essai, Editions L'Harmattan, 2002, p.  35 [lire en ligne].
  34. ↑ (en) Euler, Leonhard, Solutio facilis problematum quorumdam geometricorum difficillimorum, Novi commentarii academiae scientiarum imperialis Petropolitanae 11 (1765) 1767, pp. 12-14, 103-123. Reprinted in Opera omnia I.26, pp. 139-157. sur EulerArchive.org
  35. ↑ L. Massoutié, Sur le dernier théorème de Fermat, CRAS 193, 1931, 502-504
  36. ↑ Léon Pomey, Nouvelles remarques relatives au dernier théorème de Fermat, CRAS 193, 1931, 563-564
  37. ↑ (en) J. M. Swistak, A note on Fermat's last theorem, Amer. Math. Monthly 76, 1969, 173–174
  38. ↑ Yves Hellegouarch : personnelle
  39. ↑ (en) The Work of Robert Langlands, sur le site de l'IAS
  40. ↑ « Quand les maths font la fĂŞte Â» in La DĂ©pĂŞche du Midi
  41. ↑ Fête à Fermat
  42. ↑ Pierre de Fermat sur le site de Beaumont-de-Lomagne
  43. ↑ La cellule de Fermat sur le site de CinEmotions
  44. ↑ Les Simpsons font des maths, sur le site de CEGEP de Sherbrooke
  45. ↑ D. Guedj, Le thĂ©orème du perroquet, Paris, Seuil, 2000 (ISBN 2-02-042785-0)
  46. ↑ Canoë - Techno-Sciences - Google rend hommage au mathématicien Pierre de Fermat

[modifier] Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

[modifier] Articles connexes

  • Prix Fermat de recherche en mathĂ©matiques
  • Nombre de Fermat
  • Petit thĂ©orème de Fermat
  • Dernier thĂ©orème de Fermat
  • Principe de Fermat
  • MathĂ©matiques en Europe au XVIIe siècle
  • AdĂ©galitĂ©

[modifier] Liens externes

  • Ĺ’uvres de Fermat en ligne sur archive.org : t.1, Paris, 1891 ; t.2, 1894; t.3, 1896 ; t.4, 1912.
  • MĂ©thode de Fermat pour la recherche du minimum et du maximum, analysĂ©e sur le site BibNum.
  • Maison Natale de Pierre de Fermat - Fermat Science : Expositions et Ă©vĂ©nements sur les mathĂ©matiques et la science dans la ville natale de Fermat Ă  Beaumont-de-Lomagne (Tarn-et-Garonne 82)
  • Exposition permanente Ă  Beaumont de Lomagne
  • (en) John J. O’Connor et Edmund F. Robertson, « Pierre de Fermat Â», dans MacTutor History of Mathematics archive, universitĂ© de St Andrews [lire en ligne] .
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