Polynômes de Legendre : encyclopédie mathématiques
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Les polynômes de Legendre sont des solutions de l'équation différentielle de Legendre, et constituent l'exemple le plus simple d'une suite de polynômes orthogonaux.
Sommaire |
On appelle équation de Legendre l'équation :
On définit ainsi le polynôme de Legendre Pn (pour tout entier naturel n) :
On a donc , où
désigne le polynôme de Jacobi d'indice n associé aux paramètres α et β.
et pour tout entier n>0
On définit le polynôme Pn (pour tout entier naturel n) par :
On peut aussi définir cette suite de polynômes par sa fonction génératrice :
Le calcul des coefficients de la série de Laurent donne alors :
où le contour entoure l'origine et est pris dans le sens trigonométrique.
On définit ce polynôme de deux façons sous forme de somme :
(on en déduit )
Les premiers polynômes sont :
Le polynôme Pn est de degré n.
La famille étant une famille de polynômes à degrés étagés, elle est une base de l'espace vectoriel
.
Les polynômes de Legendre suivent la parité de n. On peut exprimer cette propriété par :
(en particulier, Pn( − 1) = ( − 1)n et P2n + 1(0) = 0).
Les polynômes orthogonaux les plus simples sont les polynômes de Legendre pour lesquels l'intervalle d'orthogonalité est [−1, 1] et la fonction poids est simplement la fonction constante de valeur 1 : ces polynômes sont orthogonaux par rapport au produit scalaire défini sur
par la relation :
La définition même de Pn montre qu'il s'agit d'un vecteur propre pour la valeur propre -n(n+1) de l'endomorphisme:
Or cet endomorphisme est symétrique pour le produit scalaire précédent, puisqu'une intégration par parties montre que
Comme il s'agit de vecteurs propres associés à des valeurs propres distinctes, la famille des polynômes de Legendre est orthogonale.
De plus, comme est une base de
, on a
, c'est-Ã -dire :
Le carré de la norme, dans L2([-1,1]), est
En effet, pour tout n>1, on peut établir la relation
dont on déduit (en utilisant que pour tout k, P'k − 1 est de degré k-2<k donc est orthogonal à Pk, et en effectuant une intégration par parties) :
Comme PnPn + 1 est impair et pour tout k, Pk(1) = 1, on aboutit ainsi Ã
Toute fonction f, holomorphe à l'intérieur d'une ellipse de foyers -1 et +1, peut s'écrire sous la forme d'une série qui converge uniformement à l'intérieur de l'ellipse:
avec
On note le quotient du polynôme Pn par sa norme.
Soit f une application continue sur [-1,1]. Pour tout entier naturel n on pose
Alors la suite est de carré sommable, et permet d'expliciter le projeté orthogonal de f sur
:
On a de plus :
Supposons de plus que f est une fonction lipschitzienne. On a alors la propriété supplémentaire :[réf. souhaitée]
autrement dit, l'égalité
est vraie non seulement au sens L2 mais au sens de la convergence simple sur ]-1,1[.
Afin de calculer numériquement l'intégrale d'une fonction sur l'intervalle [-1, 1], l'une des méthodes les plus populaires est la méthode de quadrature de Gauss-Legendre fondée sur les propriétés des polynômes de Legendre. Elle prend la forme :
avec :
En particulier, la formule[1] à l'ordre n est exacte pour toute fonction polynomiale de degré 2n-1.
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