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Technétium


Technétium : encyclopédie physique

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Technétium
MolybdĂšne ← TechnĂ©tium → RuthĂ©nium
Mn
 
 
43
Tc
 
               
               
                                   
                                   
                                                               
                                                               
Tc
Re
Table complĂšte ‱ Table Ă©tendue
Général
Nom, Symbole, Numéro Technétium, Tc, 43
Série chimique métaux de transition
Groupe, Période, Bloc 7, 5, d
Masse volumique 11 500 kg/m3
Couleur Gris métallique
Propriétés atomiques
Masse atomique 98 u
Rayon atomique (calc) 135 (183) pm
Rayon de covalence 156 pm
Rayon de van der Waals ND pm
Configuration électronique [Kr]4d65s1
Électrons par niveau d'Ă©nergie 2, 8, 18, 14, 1
État(s) d'oxydation 7
Oxyde Acide fort
Structure cristalline Hexagonal
Propriétés physiques
État ordinaire solide
Température de fusion 2430 K
Température de vaporisation 4538 K
Énergie de fusion 24 kJ/mol
Énergie de vaporisation 660 kJ/mol
Volume molaire 8,63×10-6 m3/mol
Pression de vapeur 0,0229 Pa Ă  2741 K
Vitesse du son ND m/s à 20 °C
Divers
ÉlectronĂ©gativitĂ© (Pauling) 1,9
Chaleur massique 210 J/(kg·K)
ConductivitĂ© Ă©lectrique 6,7×106 S/m
Conductivité thermique 50,6 W/(m·K)
1e Énergie d'ionisation 702,3 kJ/mol
2e Énergie d'ionisation 1470 kJ/mol
3e Énergie d'ionisation 2618 kJ/mol
4e Énergie d'ionisation 2850 kJ/mol
5e Énergie d'ionisation {{{potentiel_ionisation5}}} kJ/mol
6e Énergie d'ionisation {{{potentiel_ionisation6}}} kJ/mol
7e Énergie d'ionisation {{{potentiel_ionisation7}}} kJ/mol
8e Énergie d'ionisation {{{potentiel_ionisation8}}} kJ/mol
9e Énergie d'ionisation {{{potentiel_ionisation9}}} kJ/mol
10e Énergie d'ionisation {{{potentiel_ionisation10}}} kJ/mol
Isotopes les plus stables
iso AN Période MD Ed PD
MeV
97Tc {syn.} 2,6×106 a Δ 0,320 97Mo
98Tc {syn.} 4,2×106 a ÎČ- 1,796 98Ru
99Tc {syn.} 211 100 a ÎČ- 0,294 99Ru
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

Le technĂ©tium est l'Ă©lĂ©ment chimique de symbole Tc et de numĂ©ro atomique 43. Il est l'Ă©lĂ©ment le plus lĂ©ger ne possĂ©dant pas d'isotope stable. Les propriĂ©tĂ©s chimiques de ce mĂ©tal de transition radioactif de couleur gris mĂ©tallique, rarement prĂ©sent dans la nature, sont intermĂ©diaires entre celles du rhĂ©nium et du manganĂšse. Son nom provient du grec technetos qui signifie « artificiel Â» : il a Ă©tĂ© le premier Ă©lĂ©ment chimique produit artificiellement. Le technĂ©tium est aussi le plus lĂ©ger des Ă©lĂ©ments dĂ©couverts par crĂ©ation artificielle.

Le technĂ©tium-99m (99mTc), un isotope de faible demi-vie, Ă©metteur de rayons Îł est utilisĂ© en mĂ©decine nuclĂ©aire pour effectuer de nombreux diagnostics. Un autre isotope, le technĂ©tium-99 (99Tc), de longue durĂ©e de vie est une source de particules bĂȘta. De plus, l'ion pertechnĂ©tate (TcO4-) a Ă©tĂ© proposĂ© comme un inhibiteur fort de la corrosion anodique des aciers doux dans les systĂšmes de refroidissement fermĂ©s.

Avant la dĂ©couverte de cet Ă©lĂ©ment, de nombreuses propriĂ©tĂ©s furent prĂ©dites par Dmitri MendeleĂŻev. MendeleĂŻev remarqua un trou dans sa classification et appela cet Ă©lĂ©ment « ekamanganese Â». En 1937, l'isotope technĂ©tium-97 (97Tc) fut le premier Ă©lĂ©ment Ă  ĂȘtre produit artificiellement comme son nom l'indique. La plupart du technĂ©tium produit sur Terre est issu de la fission de l'uranium 235 dans les rĂ©acteurs nuclĂ©aires et est extrait du cycle du combustible nuclĂ©aire. Aucun des isotopes du technĂ©tium ne possĂšde une demi-vie supĂ©rieure Ă  4,2 millions d'annĂ©es[1] (98Tc), donc sa dĂ©tection dans les gĂ©antes rouges en 1952 apporta la preuve que les Ă©toiles peuvent produire des Ă©lĂ©ments plus lourds lors de la nuclĂ©osynthĂšse stellaire. Sur Terre, le technĂ©tium existe sous forme de traces en quantitĂ© mesurable comme un produit de la fission spontanĂ©e d'un alliage d'uranium ou par la capture d'un neutron d'un alliage de molybdĂšne.

Sommaire

[modifier] Caractéristiques générales

Le technĂ©tium est un mĂ©tal radioactif gris-argent d'apparence semblable au platine ; il se prĂ©sente gĂ©nĂ©ralement sous la forme d'une poudre grise. Il est situĂ© dans la classification pĂ©riodique entre le rhĂ©nium et le manganĂšse et ses propriĂ©tĂ©s sont intermĂ©diaires entre celles de ces deux Ă©lĂ©ments chimiques. Le technĂ©tium est trĂšs rare sur Terre car il est l'Ă©lĂ©ment le plus lĂ©ger qui ne possĂšde pas d'isotopes stable. Il ne joue pas de rĂŽle biologique et ne se trouve normalement pas dans le corps humain.

La forme métallique du technétium se ternit lentement dans l'air humide. Ses oxydes sont TcO2 et Tc2O7. Ses états d'oxydation sont 0, +2, +4, +5, +6 et +7[2]. Dans des conditions oxydantes, le technétium (VII) va exister sous forme d'ion pertechnétate TcO4-[3]. Le technétium peut bruler dans le dioxygÚne lorsqu'il se trouve sous forme de poudre grise[4]. Il est soluble dans l'eau régale, l'acide nitrique et dans l'acide sulfurique concentré mais pas dans l'acide chlorhydrique. Son spectre possÚde des raies spectrales caractéristiques à 363, 403, 410, 426, 430, et à 485 nm[5].

Le technĂ©tium est lĂ©gĂšrement paramagnĂ©tique : il n'est pas magnĂ©tique Ă  l'Ă©tat spontanĂ©, mais l'application d'un champ magnĂ©tique provoque l'apparition d'un moment magnĂ©tique proportionnel Ă  l'intensitĂ© du champ et orientĂ© dans le mĂȘme sens[6]. Il cristallise dans une structure hexagonale compacte. Le monocristal mĂ©tallique pur de technĂ©tium est un supraconducteur de type II avec une tempĂ©rature de transition Ă  7,46 K. Des cristaux irrĂ©guliers et des traces d'impuretĂ©s augmentent cette tempĂ©rature Ă  11,2 K pour du technĂ©tium pur Ă  99.9% en poudre.[7] En dessous de cette tempĂ©rature, le technĂ©tium a une trĂšs grande profondeur de pĂ©nĂ©tration magnĂ©tique, la plus grande parmi les Ă©lĂ©ments aprĂšs le niobium.[8]

Le technétium est produit principalement par les réactions nucléaires et se propage plus rapidement que de nombreux radioisotopes. Il a une faible toxicité chimique. La toxicité radiologique (par unité de masse) dépend de l'isotope, du type de radiation et de la demi-vie de cet isotope. En dépit de l'importance de la compréhension de la toxicité du technétium, les études expérimentales sont en nombre trÚs limité.

Tous les isotopes du technĂ©tium doivent ĂȘtre manipulĂ©s avec prĂ©caution. L'isotope le plus courant, le technĂ©tium-99 est un faible Ă©metteur de radiation bĂȘta. Ces radiations peuvent ĂȘtre stoppĂ©es par les vitres de protection du laboratoire. De faibles rayons X sont Ă©mis lorsque les particules bĂȘta sont stoppĂ©es, mais ces radiations ne prĂ©sentent pas de danger tant que le corps humain se situe Ă  plus de trente centimĂštres[7]. Le principal danger lorsque on travaille le technĂ©tium est l'inhalation de poussiĂšres radioactives. La contamination radioactive dans les poumons provoque un risque significatif de cancer[7]. Pour la plupart des travaux avec le technĂ©tium, une hotte est suffisante et une boĂźte Ă  gant n'est pas nĂ©cessaire[7].

[modifier] Histoire

[modifier] À la recherche de l'Ă©lĂ©ment chimique 43

La place dans la table pĂ©riodique entre le molybdĂšne (Z=42) et le ruthĂ©nium (Z=44) resta longtemps vacante. De nombreux chercheurs avaient l'ambition de trouver cet Ă©lĂ©ment car sa place dans la table pĂ©riodique laissait suggĂ©rer que la dĂ©couverte serait plus facile que pour les autres Ă©lĂ©ments chimiques inconnus. Sa prĂ©sence fut tout d'abord supposĂ©e dans un alliage de platine en 1828 et cet Ă©lĂ©ment fut nommĂ© polinium avant de se rĂ©vĂ©ler ĂȘtre de l'iridium impur. En 1846, l'Ă©lĂ©ment "ilmĂ©nium" a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© dĂ©couvert mais il s'agissait en fait du niobium impur. Cet erreur a Ă©tĂ© rĂ©pĂ©tĂ©e en 1847 avec la pseudo-dĂ©couverte du pelopium[9]. Dmitri MendeleĂŻev prĂ©disait que l'Ă©lĂ©ment chimique aurait les mĂȘmes propriĂ©tĂ©s que le manganĂšse et il lui donna le nom d'eka manganĂšse.

En 1877, le chimiste russe Serge Kern rapporta avoir trouvĂ© l'Ă©lĂ©ment manquant dans un alliage mĂ©tallique. Kern nomma ce qu'il pensa ĂȘtre le nouvel Ă©lĂ©ment davyum en hommage du chimiste anglais Sir Humphry Davy mais l'Ă©lĂ©ment s'avĂ©ra ĂȘtre un mĂ©lange d'iridium, de rhodium et de fer. Un autre candidat, le lucium suivit en 1896 mais fut dĂ©terminĂ© comme Ă©tant de yttrium. En 1908, le chimiste japonais Masataka Ogawa crut trouver des preuves de la prĂ©sence de l'Ă©lĂ©ment 43 dans un minerai de thorianite. Ogawa appela cet Ă©lĂ©ment le nipponium (d'aprĂšs nippon qui signifie japon). Des examens ultĂ©rieurs montrĂšrent la prĂ©sence de rhĂ©nium dans les plaques photographiques d'Ogawa, mais pas celle de l'Ă©lĂ©ment 43[10].

En 1925, Walter Noddack, Otto Berg et Ida Tacke (qui devint Mrs Noddack) annoncÚrent leur découverte à laquelle ils donnÚrent le nom de masurium, mais ils ne réussirent pas à renouveler l'expérience. Le nom masurium vient de Mazurie, une région de l'est de la Prusse, actuellement situé en Pologne, la région dont la famille de Walter Noddack est originaire. Cette équipe a bombardé de la ferrocolumbite avec des électrons et en a déduit la présence de l'élément 43 en examinant le spectre rayon-X. Les expérimentateurs de cette époque ne parvinrent pas à reproduire cette expérience qui fut considérée comme erronée [11],[12]

En 1998, John T. Armstrong de la National Institute of Standards and Technology lança une simulation numĂ©rique de cette expĂ©rience de 1925[rĂ©f. nĂ©cessaire] ; il obtint des rĂ©sultats assez proches de ceux de l'Ă©quipe Noddack. Selon lui, la dĂ©couverte aurait bien Ă©tĂ© faite en 1925, d'autant que cela semble Ă©tayĂ© par les mesures de la prĂ©sence naturelle du technĂ©tium rĂ©alisĂ©es par David Curtis au Los Alamos National Laboratory [11]. Cependant, les rĂ©sultats expĂ©rimentaux de Noddack n'ont jamais Ă©tĂ© reproduits. La question de l'authenticitĂ© de la dĂ©couverte l'Ă©lĂ©ment 43 en 1925 reste dĂ©battue.

La découverte du technétium est attribuée à Carlo Perrier et Emilio SegrÚ qui isolÚrent l'isotope 97 en 1937.

[modifier] Découverte officielle et histoire contemporaine

La dĂ©couverte de l'Ă©lĂ©ment 43 a Ă©tĂ© confirmĂ©e officiellement en 1937 Ă  l'universitĂ© de Palerme en Sicile, suite Ă  une expĂ©rience dirigĂ©e par Carlo Perrier et Emilio SegrĂš. Au cours de l'Ă©tĂ© de 1936, SegrĂš fit un voyage aux États-Unis, d'abord Ă  New York puis Ă  Berkeley au Laboratoire national Lawrence Berkeley, ou il persuada Ernest Orlando Lawrence, l'inventeur du cyclotron, de lui laisser des produits du cyclotron devenus radioactifs. Au dĂ©but de 1937, Lawrence lui envoya une feuille de molybdĂšne qui avait fait partie du dĂ©flecteur dans le cyclotron. SegrĂ© fit une liste des expĂ©riences de chimie de son collĂšgue Perrier pour essayer de prouver Ă  travers de la chimie comparative que l'activitĂ© du molybdĂšne Ă©tait Z=43, un Ă©lĂ©ment n'existant pas la nature Ă  cause de son instabilitĂ© avec la dĂ©croissance radioactive. Avec des difficultĂ©s considĂ©rables, ils parvinrent Ă  isoler trois produits avec des pĂ©riodes de dĂ©croissance (90, 80, et 50 jours) qui se transformĂšrent finalement en deux isotopes 95Tc et 97Tc du technĂ©tium, le nom donnĂ© plus tard par Perrier et SegrĂš[13].

Les autoritĂ©s de l'universitĂ© de Palerme voulurent nommer la dĂ©couverte panormium en rĂ©fĂ©rence Ă  Parnormus[rĂ©f. nĂ©cessaire], le nom latin de Palerme. Les chercheurs prĂ©fĂ©rĂšrent s'inspirer du mot grec τΔχΜητός signifiant artificiel, puisqu'il s'agissait du premier Ă©lĂ©ment chimique artificiel[14],[9]. SegrĂš retourna Ă  Berkeley et sollicita Glenn T. Seaborg. Ils isolĂšrent l'isotope technĂ©tium-99m qui est maintenant utilisĂ© dans 10.000.000 diagnostics mĂ©dicaux chaque annĂ©e[15].

En 1953, l'astronome Paul W. Merrill en Californie détecta la signature spectrale du technétium (en particulier des raies à 403,1 nm, 423,8 nm, 426,8 nm, et à 429,7 nm) dans les géantes rouges de classe S. Ces étoiles massives en fin de vie sont riches en éléments ayant une faible durée de vie, apportant la preuve que des réactions nucléaires ont lieu qui produisent ces éléments. Cette preuve a été utilisée pour soutenir la théorie non prouvée que les étoiles sont le lieu de nucléosynthÚse des éléments chimiques les plus lourds[16]. Plus récemment des observations ont apporté la preuve que les éléments étaient formés par la capture des neutrons dans les processus-s[7].

Depuis cette dĂ©couverte, des recherches ont Ă©tĂ© entreprises afin de dĂ©tecter la prĂ©sence de technĂ©tium sur Terre Ă  l'Ă©tat naturel. En 1962, du technĂ©tium-99 a Ă©tĂ© isolĂ© et identifiĂ© par B.T. Kenna et P.K. Kuroda[3]dans du pitchblende au Congo belge en trĂšs faible quantitĂ© (environ 0,2 ng/kg)[7]. Il est produit par la dĂ©sintĂ©gration spontanĂ©e de l'uranium 238. Il a Ă©galement Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© que le rĂ©acteur nuclĂ©aire naturel d'Oklo a produit une quantitĂ© significative de technĂ©tium-99, qui s'est ensuite dĂ©sintĂ©grĂ© en ruthĂ©nium-99[7].

[modifier] Radioactivité

Le technĂ©tium n'a aucun isotope stable ; il est donc exclusivement radioactif. C'est l'Ă©lĂ©ment le plus lĂ©ger prĂ©sentant cette propriĂ©tĂ©. Parmi les 82 premiers Ă©lĂ©ments chimiques, seuls 2 Ă©lĂ©ments sont exclusivement radioactifs : le technĂ©tium est le premier, l'autre est le promĂ©thium[3].

[modifier] Stabilité des isotopes du technétium

Les isotopes les plus stables sont le 98Tc (demi-vie de 4,2 Ma), le 97Tc (2,6 Ma) et le 99Tc (211,1 ka)[1].

Au total, 22 autres isotopes ont été caractérisés. Leur masse atomique varie entre 87,933 u (88Tc) et 112,931 u (113Tc). La plupart d'entre eux ont une demi-vie inférieure à une heure. Les exceptions sont le 93Tc (2,75 heures), le 94Tc (4,883 heures), le 95Tc (20 heures), et le 96Tc (4,28 jours)[1].

Le technĂ©tium a de nombreux Ă©tats mĂ©tastables : le 97mTc est le plus stable avec une demi-vie de 90,1 jours (0,097 MeV). Il est suivi par le 95mTc (demi-vie: 61 jours, 0.038 MeV), et le 99mTc (demi-vie : 6,01 heures, 0.143 MeV). Le 99mTc Ă©met seulement des rayons gamma, pour former le 99Tc[1].

Pour les isotopes plus lĂ©gers que le 98Tc, l'isotope le plus stable, le mode de dĂ©croissance radioactive est la capture Ă©lectronique qui donne le molybdĂšne. Pour les isotopes plus lourds que le 98Tc, le mode principal de dĂ©croissance est l'Ă©mission bĂȘta qui donne le ruthĂ©nium. Le 100Tc est une exception : il peut subir une dĂ©croissance Ă  la fois par capture Ă©lectronique et par Ă©mission bĂȘta[1],[17].

Le technĂ©tium-99 (99Tc) est le plus courant des isotopes du technĂ©tium. Un gramme de 99Tc produit 6,2×108 dĂ©sintĂ©grations par seconde (soit 0,62 GBq/g)[18].

[modifier] Explication de la stabilité

Le technĂ©tium et le promĂ©thium sont des Ă©lĂ©ments chimiques lĂ©gers inhabituels dans le sens oĂč ils ne possĂšdent pas d'isotopes stables. L'explication de ce phĂ©nomĂšne est quelque peu compliquĂ©e. [19]

En utilisant le modĂšle de la goutte liquide pour les noyaux atomiques, on peut obtenir une formule semi-empirique pour calculer l'Ă©nergie de liaison nuclĂ©aire. Cette formule prĂ©dit l'existence d'une "vallĂ©e de la stabilitĂ© bĂ©ta" dans laquelle un nuclĂ©ide ne va pas subir de dĂ©sintĂ©gration bĂȘta. Les nuclĂ©ides qui sont en haut de la paroi de la vallĂ©e vont se dĂ©sintĂ©grer Ă  partir du centre (en Ă©mettant un Ă©lectron ou un positron ou en capturant un Ă©lectron).

Pour un nombre impair fixĂ© de nuclĂ©ons A, le graphe de l'Ă©nergie de liaison nuclĂ©aire en fonction du numĂ©ro atomique (le nombre de proton) a la forme d'une parabole, orientĂ©e vers le haut avec le plus stable nuclĂ©ide situĂ© en bas de la parabole. Une seule Ă©mission bĂȘta ou une simple capture d'Ă©lectron transforme le nuclĂ©ide de masse A en nuclĂ©ide de masse A+1 ou A-1 si le produit a une plus faible Ă©nergie de liaison nuclĂ©aire et si la diffĂ©rence d'Ă©nergie est suffisante pour permettre la dĂ©croissance radioactive. Quand il existe une seule parabole, il ne peut y avoir qu'un seul isotope stable sur cette parabole.

Pour un nombre pair fixé de nucléons A, le graphe de l'énergie de liaison nucléaire en fonction du numéro atomique est irrégulier et est mieux visualisé par deux paraboles pour les numéros atomiques pairs et impairs car les isotopes avec un nombre pair de protons et de neutrons sont plus stables que les isotopes avec un nombre impair de protons et de neutrons.

Quand il y a deux paraboles, quand le nombre de nucléons est pair, il peut arriver rarement qu'il y ait un noyau stable avec un nombre impair de neutrons et de protons (bien qu'il n'y a que quatre exemples stables, les noyaux légers 2H, 6Li, 10B, 14N). Cependant si ce phénomÚne se produit, il ne peut y avoir d'isotopes stables avec un nombre pair de neutrons et de protons.

Pour le technétium, (Z=43), la "vallée de la stabilité béta" est centrée autour de 98 nucléons. Cependant pour chaque nombre de nucléons entre 95 et 102, il y a au moins un nucléide stable autre que le molybdÚne (Z=42) ou le ruthénium (Z=44). Pour les isotopes avec un nombre impair de nucléons, cela conduit a un isotope stable du technétium, puisqu'il ne peut y avoir qu'un seul nucléide avec un nombre pair de nucléons. Pour un isotope avec un nombre pair de nucléons, puisque le technétium doit avoir un nombre impair de neutrons, tous les isotopes doivent avoir un nombre impair de neutrons.

Dans un tel cas, la prĂ©sence de nuclĂ©ide stable ayant le mĂȘme nombre de nuclĂ©ons et un nombre pair de protons exclut la possibilitĂ© d'un noyau stable[20].

[modifier] Gisements et production

[modifier] Dans la nature

Le technĂ©tium a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© prĂ©sent sur Terre en quantitĂ© macroscopique (assez pour dĂ©terminer ses propriĂ©tĂ©s chimiques et physiques)[rĂ©f. nĂ©cessaire], aujourd’hui on sait qu'il existe naturellement de telles quantitĂ©s ailleurs dans l'Univers. Quelques Ă©toiles de type gĂ©antes rouges contiennent une raie d'absorption dans leur spectre correspondant Ă  la prĂ©sence de technĂ©tium. Sa prĂ©sence dans les gĂ©antes rouges a conduit Ă  la preuve de la production des Ă©lĂ©ments lourds (nuclĂ©osynthĂšse) dans les Ă©toiles.

Depuis sa dĂ©couverte, beaucoup de recherches ont tentĂ© de trouver des sources terrestres naturelles. En 1962, le technĂ©tium 99 a Ă©tĂ© isolĂ© et identifiĂ© en trĂšs petite quantitĂ© dans l’uraninite provenant d'Afrique comme produit de fission spontanĂ©e d'uranium 238. Cette dĂ©couverte a Ă©tĂ© faite par B.T. Kenna et P.T. Kuroda. En 1999, David Curtis, du Laboratoire national de Los Alamos, estime qu'un kilogramme d'uranium devrait contenir 1 nanogramme (10-9g) de technĂ©tium.

[modifier] Production dans les déchets nucléaires

Si le technétium-99 est trÚs rare dans la nature, il est en revanche produit en quantité chaque année comme produit de fission du combustible nucléaire. La fission d'un gramme d'uranium-235 dans un réacteur nucléaire produit 27 mg de 99Tc, ce qui lui confÚre un taux de production de 6,1%[21]. D'autres éléments fissiles permettent également d'en produire avec des taux similaires, par exemple 4,9% à partir de l'uranium-233 ou 6,21% pour le plutonium-239[7].

On estime que jusqu'en 1994, environ 49.000 TBq (78 tonnes) de technétium ont été produites dans les réacteurs nucléaires, ce qui constitue de loin la premiÚre source de technétium terrestre[22]. Cependant seule une petite fraction du technétium produit est utilisé commercialement. En 2005, le technétium-99 s'achetait sous forme de pertechnétate d'ammonium pour 83 dollars/g [23]. Cela en fait un élément plus cher que le platine qui n'a jamais été vendu à plus de 72,40 dollars/g.

Puisque le taux de production de technétium comme produit de la fission de l'uranium-235 et du plutonium-239 est faible, il est présent dans les déchets nucléaires des réacteurs à fission et est également produit lors de l'explosion d'une bombe nucléaire. Dans l'environnement, la quantité de technétium produit artificiellement dépasse de plusieurs ordres de grandeur la quantité de technétium naturel. Ce technétium est dégagé lors d'essais nucléaires dans l'atmosphÚre ainsi que par le rejet et le traitement des déchets nucléaires. Son fort taux de fission et sa longue demi-vie font du technétium-99 un des composants principaux des déchets nucléaires. Sa désintégration, mesurée en becquerels par unité de combustible usé, domine dans un intervalle de 104 à 106 ans aprÚs la création du déchet[22].

En 1994, on estimait que 160 TBq (environ 250 kg) de technétium-99 avaient été libérées dans l'environnement à la suite des essais nucléaires dans l'atmosphÚre[22]. La quantité de technétium produit dans les réacteurs nucléaires et relùchée dans l'environnement se montaient en 1986 à environ 1000 TBq (1600 kg) en tout, principalement dégagé au cours du traitement du combustible usé et rejeté dans la mer. Au cours des derniÚres années, les méthodes de retraitement ont été améliorées afin de réduire ces émissions. En 2005, la premier source de rejet de technétium-99 dans l'environnement était le site de Sellafield qui a relùché environ 550 TBq (900 kg) entre 1995 et 1999 dans la mer d'Irlande. Depuis l'an 2000, la rÚglementation limite les rejets à 90 TBq (140 kg) par an[24].

A la suite du retraitement du combustible usé, du technétium a été relùché dans la mer en divers endroits, et se retrouve en quantités faibles mais mesurables dans la faune aquatique. Par exemple, le homard de Cumbrie en contient des traces[25]. Les bactéries anaérobies sporulantes du genre clostridium ont la capacité de réduire le Tc(VII) en Tc(IV). Les clostridia jouent également un rÎle dans la réduction du fer, du manganÚse et de l'uranium, modifiant ainsi la solubilité de ses éléments dans les sols et les sédiments. Leur capacité à réduire le technétium pourrait déterminer une grande part de la mobilité du Tc dans les déchets industriels et d'autres environnements souterrains[26].

La longue durée de vie du technétium-99 et sa capacité à former des espÚces anioniques en fait avec l'iode 129I, un des problÚmes principaux dans le traitement à long terme des déchets radioactifs. De plus, beaucoup de procédés conçus pour enlever les produits de fission dans les usines de retraitement sont conçus pour retirer les espÚces cationiques comme le césium 137Cs ou le strontium 90Sr. Les ions pertechnétate échappent donc à ces procédés de retraitement. Les solutions de traitement envisagées s'orientent vers l'enfouissement dans des couches géologiques profondes. Le risque principal de cette technique est le contact possible avec l'eau, ce qui pourrait conduire à la contamination de substances radioactives dans l'environnement. Les anions pertechnétate et iodure sont moins facilement absorbés sur les surfaces des minéraux et donc plus facilement mobiles.

En comparaison, le plutonium, le cĂ©sium et l'uranium se lient plus facilement que le technĂ©tium aux particules du sol. Pour cette raison, la chimie environnementale du technĂ©tium fait l'objet de recherches intenses[rĂ©f. nĂ©cessaire]. La dĂ©monstration d'une mĂ©thode alternative d'Ă©limination du technĂ©tium-99, la transmutation nuclĂ©aire, a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e au CERN[27]. Dans ce procĂ©dĂ© de transmutation, le technĂ©tium-99 sous forme d'une cible mĂ©tallique est bombardĂ© par des neutrons pour former le 100Tc Ă  faible durĂ©e de vie (demi-vie = 16s) qui se dĂ©sintĂšgre aussitĂŽt par radioactivitĂ© bĂȘta en ruthĂ©nium (100Ru). Si on cherche Ă  obtenir du ruthĂ©nium utilisable, une cible de technĂ©tium extrĂȘmement pur est nĂ©cessaire. Si des faibles traces d'actinides mineures comme l'amĂ©ricium et le curium sont prĂ©sentes, elles sont susceptibles de subir une fission et de former des produits de fission qui rendent la cible irradiĂ©e encore plus radioactive. La formation de 106Ru (demi-vie 374 jours) de la "fresh fission" est susceptible d'augmenter l'activitĂ© du ruthĂ©nium mĂ©tallique obtenu, ce qui nĂ©cessite alors un long temps de refroidissement aprĂšs l'irradiation et avant que le ruthĂ©nium puisse ĂȘtre utilisĂ©.

La production de technétium-99 à partir de combustible nucléaire usé est un procédé long. Il apparait dans le déchet liquide, fortement radioactif. AprÚs plusieurs années, aprÚs que la radioactivité ait suffisamment diminuée, l'extraction des isotopes avec une longue durée de vie, dont le technétium-99, devient possible. Plusieurs processus d'extraction chimique sont ensuite utilisés qui permettent d'obtenir du technétium métallique trÚs pur[7].

Il est donc préparé en le séparant chimiquement du combustible appauvri des réacteurs. Les deux tiers de la production mondiale de 99Tc proviennent du réacteur national de recherche universel des Laboratoires nucléaires de Chalk River, en Ontario, au Canada[28].

[modifier] Production par activation neutronique du molybdÚne ou d'autres éléments purs

L'isotope mĂ©tastable 99mTc est produit lors de la fission de l'uranium ou du plutonium dans les rĂ©acteurs nuclĂ©aires. Dans une organisation conventionnelle du traitement des dĂ©chets nuclĂ©aires, le combustible usagĂ© peut ĂȘtre stockĂ© pendant plusieurs annĂ©es avant le retraitement, de sorte que la totalitĂ© du 99Mo et du 99mTc qu'il contient se soit dĂ©sintĂ©grĂ©e avant d'ĂȘtre sĂ©parĂ©e des actinides majeurs. Le produit de raffinement PUREX contient une forte de concentration de technĂ©tium sous forme de TcO4-, mais il s'agit en quasi-totalitĂ© de l'isotope 99Tc.

La majeure partie du 99mTc utilisĂ© en mĂ©decine est produite Ă  partir de 99Mo, lui-mĂȘme produit par activation neutronique de 98Mo. 99Mo a une demi-vie de 67 heures, de sorte que le 99mTc Ă  faible durĂ©e de vie (demi-vie Ă©gale Ă  6 heures) qui est produit par sa dĂ©sintĂ©gration est produit en continu[29]. Dans les hĂŽpitaux, on extrait ensuite le technĂ©tium de la solution par un procĂ©dĂ© chimique en utilisant un gĂ©nĂ©rateur de technĂ©tium-99m (appelĂ© en anglais technetium cow, vache Ă  technĂ©tium, ou encore molybdenum cow). Le gĂ©nĂ©rateur de technĂ©tium standard est une colonne d'alumine contenant du molybdĂšne-98. Dans la mesure oĂč l'alumine a une trĂšs faible section efficace pour les neutrons, la colonne peut ĂȘtre facilement irradiĂ©e par des neutrons afin de produire le molybdĂšne-99 radioactif[30].

Une méthode alternative consiste à irradier de l'uranium enrichi afin de produire le 99Mo comme produit de la fission[31]. Mais il faut ensuite séparer le molybdÚne des autres produits de fission par un procédé chimique complexe que la premiÚre méthode ne nécessite pas.

Les autres isotopes du technétium ne sont pas produits en quantités significatives par fission. En cas de besoin, ils sont fabriqués par irradiation de neutrons sur des isotopes parents. Par exemple, 97Tc est fabriqué à partir de 96Ru.

[modifier] Utilisations

[modifier] Utilisation en médecine

Le technĂ©tium-99m est particuliĂšrement intĂ©ressant pour les applications mĂ©dicales : la radiation Ă©mise par dĂ©sintĂ©gration de cet isotope a la mĂȘme longueur d'onde que les rayons X utilisĂ©s en radiographie classique, ce qui lui confĂšre une longueur de pĂ©nĂ©tration adaptĂ©e tout en causant des dĂ©gĂąts minimes pour un photon gamma. De plus, la demi-vie trĂšs courte de cet isotope conjuguĂ©e Ă  la demi-vie relativement longue de l'isotope fils Tc-99 lui permet d'ĂȘtre Ă©liminĂ© du corps avant de se dĂ©sintĂ©grer Ă  nouveau. Ceci permet de rĂ©aliser un diagnostic nuclĂ©aire au prix de l'introduction d'une dose relativement faible de radiation dans l'organisme (sievert)[7].

Le technĂ©tium 99 mĂ©tastable (99mTc) est le radioisotope le plus utilisĂ© en imagerie mĂ©dicale nuclĂ©aire[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Ses caractĂ©ristiques physiques sont presque idĂ©ales pour cet usage :

  • la demi-vie de 6 heures est assez longue pour permettre de suivre les processus physiologiques d'intĂ©rĂȘt, mais assez courte pour limiter l'irradiation inutile.
  • l'Ă©nergie du photon gamma, 140,5 keV, est idĂ©ale puisque assez Ă©nergĂ©tique pour traverser les tissus vivants, mais assez faible pour pouvoir ĂȘtre dĂ©tectĂ©e commodĂ©ment : elle peut ĂȘtre absorbĂ©e efficacement par un cristal d'iodure de sodium d'Ă©paisseur typique de l'ordre de 10 Ă  15 mm.
  • l'Ă©mission de photons gamma est Ă©levĂ©e (88,5 photons pour 100 dĂ©sintĂ©grations). Peu de particules non pĂ©nĂ©trantes sont Ă©mises, d'oĂč une plus faible absorption d'Ă©nergie par les tissus vivants.

De plus, il est facilement disponible dans les hÎpitaux grùce à un générateur de technétium (de la taille d'une batterie automobile). Le générateur contient du molybdÚne 99Mo radioactif, attaché (absorbé) sur une colonne d'alumine. Le molybdÚne se désintÚgre pour donner du 99mTc, qui est récupéré par rinçage de la colonne (élution) dans une solution physiologique sous la forme de pertechnétate de sodium (Na+ TcO4-).

FixĂ© Ă  de nombreuses molĂ©cules prĂ©sentant un intĂ©rĂȘt biologique, le 99mTc permet d'en suivre la distribution dans le corps humain, grĂące Ă  des dĂ©tecteurs de radioactivitĂ© appelĂ©s gamma-camĂ©ras (voir scintigraphie).

Le 99mTc est notamment utilisé en médecine nucléaire pour le repérage du ganglion sentinelle en particulier dans le traitement chirurgical du cancer du sein.

Le 99mTc est aussi utilisé sous forme de technétium-méthoxyisobutylisonitrile (Tc-MIBI) pour marquer les cellules du muscle cardiaque et faire une scintigraphie tomographique. Cet examen sert à diagnostiquer la présence de tissus non irrigués dans le myocarde.

Le marquage des globules rouges lors d'une scintigraphie ventriculaire, est aussi fait avec du 99mTc sous forme de pertechnétate de sodium. Le but d'une ventriculographie est de caractériser la fonction cardiaque (volume d'éjection, fraction d'éjection, etc.).

La scintigraphie osseuse utilise le Tc combiné à la molécule vectrice HDP ou HMDP.

L'hexa-methyl-propylene-amine-oxime (HMPAO) est une molĂ©cule de synthĂšse qui peut ĂȘtre marquĂ©e par le 99mTc. AprĂšs injection intraveineuse, l'HMPAO se fixe dans le cerveau (entre autres) quasiment proportionnellement au dĂ©bit sanguin cĂ©rĂ©bral. On peut ainsi avoir une idĂ©e du dĂ©bit sanguin cĂ©rĂ©bral rĂ©gional en mesurant la quantitĂ© d'HMPAO fixĂ©e.

[modifier] Utilisations industrielle et chimique

Le technĂ©tium-99 se dĂ©sintĂšgre par radioactivitĂ© ÎČ en Ă©mettant des particules ÎČ de faible Ă©nergie mais sans Ă©mission de rayons Îł. Le taux d'Ă©mission dĂ©croĂźt trĂšs faiblement dans le temps grĂące Ă  sa longue demi-vie. Il peut ĂȘtre extrait avec une grande puretĂ© chimique et isotopique des dĂ©chets radioactifs. Pour cette raison, il est utilisĂ© comme Ă©metteur de particules ÎČ pour l'Ă©talonnage des Ă©quipements du NIST[7]. Le technĂ©tium-99 a aussi Ă©tĂ© utilisĂ© en optoĂ©lectronique et dans les batteries nuclĂ©aires nanomĂ©triques [32].

Comme le rhĂ©nium et le palladium, le technĂ©tium est peut ĂȘtre utilisĂ© comme catalyseur. Pour certaines rĂ©actions comme la dĂ©shydrogĂ©nation de l'alcool isopropylique, il est de loin plus efficace que le palladium et le rhĂ©nium. Cependant son activitĂ© radioactive pose des problĂšmes de sĂ»retĂ©[7].

Dans certaines circonstances, une petite concentration (5×10−5 mol/L) d'ion pertechnĂ©tate dans l'eau peut protĂ©ger le fer et l'acier de la corrosion. Une expĂ©rience a montrĂ© qu'un Ă©chantillon placĂ© dans une solution de pertechnĂ©tate pouvait rester intact pendant 20 ans sans ĂȘtre attaquĂ©. Par comparaison, l'ion chromate CrO42− peut Ă©galement inhiber la corrosion, mais pour des concentrations 10 fois plus Ă©levĂ©es. Le pertechnĂ©tate a donc Ă©tĂ© proposĂ© [33] comme inhibiteur de la corrosion anodique bien que sa radioactivitĂ© pose problĂšme.

Le mĂ©canisme par lequel le pertechnĂ©tate empĂȘche la corrosion n'est pas bien compris, mais semble liĂ© Ă  la formation rĂ©versible d'une fine couche Ă  la surface de l'Ă©chantillon. Une thĂ©orie[rĂ©f. nĂ©cessaire] soutient que le pertechnĂ©tate rĂ©agit Ă  la surface de l'acier pour former une couche de dioxyde de technĂ©tium qui empĂȘche la corrosion. Ce mĂȘme effet permet d'expliquer pourquoi il est possible de retirer le pertechnĂ©tate de l'eau en la filtrant avec de la poudre de fer. Le mĂȘme rĂ©sultat est obtenu en utilisant du charbon actif. L'effet disparaĂźt rapidement si la concentration en pertechnĂ©tate tombe en dessous de la concentration minimale ou si d'autres ions sont ajoutĂ©s en trop forte concentration.

[modifier] Références dans la littérature

Le technétium est l'élément que parie Qfwfq dans Cosmicomics d'Italo Calvino. Il constitue la mise des paris faits avec le Doyen (k)yK, et vaut à Qfwfq une forte déception lorsqu'il en découvre l'instabilité, et que tout son fonds se volatilise.

[modifier] Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalitĂ© issu d’une traduction de l’article en anglais intitulĂ© « Technetium Â».

  1. ↑ a  b  c  d  e  EnvironmentalChemistry.com, "Technetium", Nuclides / Isotopes
  2. ↑ The Encyclopedia of the Chemical Elements 1968, p. 691
  3. ↑ a  b  c  Tableau pĂ©riodique du LANL
  4. ↑ The Encyclopedia of the Chemical Elements 1968, p. 692
  5. ↑ The CRC Handbook, 85th edition, Line Spectra of the Elements
  6. ↑ The Encyclopedia of the Chemical Elements 1968, p. 691
  7. ↑ a  b  c  d  e  f  g  h  i  j  k  l  Schwochau 2000
  8. ↑ (en) S. H. Autler, Â« Technetium as a Material for AC Superconductivity Applications Â», dans Proceedings of the 1968 Summer Study on Superconducting Devices and Accelerators, 1968 [texte intĂ©gral].
  9. ↑ a  b  History of the Origin of the Chemical Elements and Their Discoverers, Individual Element Names and History, "Technetium"
  10. ↑ H.K. Yoshihara, Â« Discovery of a new element 'nipponium': re-evaluation of pioneering works of Masataka Ogawa and his son Eijiro Ogawa Â», dans Atomic spectroscopy (Spectrochim. acta, Part B), vol. 59, 2004, p. 1305–1310 [lien DOI].
  11. ↑ a  b  Armstrong 2003
  12. ↑ Nies, Kevin A. "Ida Tacke and the warfare behind the discovery of fission" (2001).
  13. ↑ Emsley 2001, p. 424 Voir aussi LANL Periodic Table, "Technetium", paragraph 1
  14. ↑ Elentymolgy and Elements Multidict, "Technetium"
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  16. ↑ Emsley 2001, p. 422
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  19. ↑ Choppin 2002
  20. ↑ Choppin 2002
  21. ↑ Encyclopedia of the Chemical Elements, p. 690
  22. ↑ a  b  c  Topics in current chemistry, vol 176, "Technetium in the environment"
  23. ↑ sans compter les frais de port, et pour les dĂ©tenteurs d'un permis ORNL. Voir : The CRC Handbook of Chemistry and Physics, 85th edition, The Elements
  24. ↑ Technetium-99 behaviour in the terrestrial environment
  25. ↑ (en) J D Harrison et al, Â« Gut transfer and doses from environmental technetium Â», dans J. Radiol. Prot., vol. 21, 2001, p. 9-11 [texte intĂ©gral].
  26. ↑ (en) Arokiasamy J. Francis, Cleveland J. Dodge, G. E. Meinken, Â« Biotransformation of pertechnetate by Clostridia Â», dans Radiochimica Acta, vol. 90, 2002, p. 791 [texte intĂ©gral].
  27. ↑ CERN Bulletin 47/98,16 novembre 1998, http://bullarchive.web.cern.ch/bullarchive/9847/art3/Text_F.html
  28. ↑ Le diamant brut du CNRC, Conseil national de recherche du Canada
  29. ↑ Emsley 2001, p. 423
  30. ↑ Wilson 1966
  31. ↑ (en)J. L. Snelgrove et al., « Development and Processing of LEU Targets for Mo-99 Production - Overview of the ANL Program Â», 1995
  32. ↑ (en)University Research Program in Robotics Report, 2006, University of Florida. ConsultĂ© le 08/07/2008
  33. ↑ Technetium: Chemistry and Radiopharmaceutical Applications, Klaus Schwochau, p 91

[modifier] Voir aussi

[modifier] Bibliographie

Ouvrages

  • (en) Klaus Schwochau, Technetium, Wiley-VCH, 2000 (ISBN 3-527-29496-1)
  • (en) John Emsley, Nature's Building Blocks: An A-Z Guide to the Elements, Oxford University Press, New York, 2001 (ISBN 0-19-850340-7), p. 422–425
  • (en) The radiochemical Manual, B.J. Wilson, 1966
  • (en) The Encyclopedia of the Chemical Elements, sous la dir. de Cifford A. Hampel, Reinhold Book Corporation, New York, 1968, p. 689–693
    "Technetium" par S. J. Rimshaw
  • (en) K. Yoshihara, Technetium in the Environment, sous la dir. de K. Yoshihara et T. Omori (eds.), vol. 176, Springer, Berlin Heidelberg, 1996
  • (en) Gregory Choppin, Jan-Olov Liljenzin, and Jan Rydberg, Radiochemistry and nuclear chemistry (3rd edition), 2002 [prĂ©s. en ligne]
    Consulté le 5 janvier 2007
  • (en) G. Desmet et C. Myttenaere, Technetium in the Environment, Springer, 1986 (ISBN 0853344213) [prĂ©s. en ligne]
  • (en) The CRC Handbook of Chemistry and Physics (85e Ă©dition), CRC Press, 2004–2005 [prĂ©s. en ligne]

Articles

  • (en) Keiko Tagami, Â« Technetium-99 Behaviour in the Terrestrial Environment - Field Observations and Radiotracer Experiments Â», dans Journal of Nuclear and Radiochemical Sciences, vol. 4, 2003, p. A1-A8 [texte intĂ©gral].
  • (en) John T. Armstrong, Â« Technetium Â», dans Chemical and Engineering news, 2003 [texte intĂ©gral].

Sites internet

Table

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Technétium.

Voir « technĂ©tium Â» sur le Wiktionnaire.

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