Théorème d'équipartition : encyclopédie physique
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En physique statistique classique, lâĂ©quipartition de lâĂ©nergie est un rĂ©sultat remarquable selon lequel lâĂ©nergie totale dâun systĂšme Ă lâĂ©quilibre thermodynamique est rĂ©partie en parts Ă©gales en moyenne entre ses diffĂ©rentes composantes. Ce rĂ©sultat dĂ©coule trĂšs directement du postulat fondamental de la physique statistique ; on parle souvent de principe dâĂ©quipartition de lâĂ©nergie.
Plus prĂ©cisĂ©ment, le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition donne une Ă©quation qui permet de relier la tempĂ©rature dâun systĂšme macroscopique aux Ă©nergies moyennes des particules microscopiques qui le composent, permettant ainsi de faire des prĂ©dictions quantitatives. On le rĂ©sume souvent par la formule : 1/2 kBT par degrĂ© de libertĂ©, oĂč kB est la constante de Boltzmann et T la tempĂ©rature exprimĂ©e en kelvin. Le thĂ©orĂšme permet de calculer lâĂ©nergie totale dâun systĂšme Ă une tempĂ©rature donnĂ©e, dâoĂč lâon peut calculer sa chaleur spĂ©cifique. Mais il donne aussi les valeurs moyennes de composantes de lâĂ©nergie, telles que lâĂ©nergie cinĂ©tique dâune particule ou lâĂ©nergie potentielle associĂ©e Ă un mode de vibration particulier.
Le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition peut notamment ĂȘtre utilisĂ© pour retrouver la loi des gaz parfaits, la loi expĂ©rimentale de Dulong et Petit sur la chaleur spĂ©cifique des solides ou caractĂ©riser un mouvement brownien. De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, il peut ĂȘtre appliquĂ© Ă nâimporte quel systĂšme classique Ă lâĂ©quilibre thermodynamique, quelle que soit sa complexitĂ©. En revanche, il est mis en dĂ©faut quand les effets quantiques deviennent significatifs, notamment pour des tempĂ©ratures suffisamment basses ou des densitĂ©s Ă©levĂ©es.
Historiquement, le problĂšme de lâĂ©quipartition de lâĂ©nergie est liĂ© Ă dâimportants dĂ©veloppements en physique et en mathĂ©matiques. Il a trouvĂ© son origine au milieu du XIXe siĂšcle dans la thĂ©orie cinĂ©tique des gaz, puis accompagnĂ© lâĂ©mergence de la physique statistique. Au dĂ©but du XXe siĂšcle, il Ă©tait encore au cĆur de problĂšmes fondamentaux, dont notamment la catastrophe ultraviolette, qui ont conduit au dĂ©veloppement de la mĂ©canique quantique. En mathĂ©matiques, lâexamen des conditions de validitĂ© du principe dâĂ©quipartition a donnĂ© naissance Ă la thĂ©orie ergodique, une branche dans laquelle de nombreux problĂšmes restent encore ouverts.
LâĂ©quipartition de lâĂ©nergie cinĂ©tique fut initialement proposĂ©e en 1843[1] par John James Waterston qui travaillait Ă une premiĂšre thĂ©orie cinĂ©tique des gaz. Ă cette Ă©poque, Waterston Ă©tait aux Indes oĂč il travaillait en tant quâingĂ©nieur pour le dĂ©veloppement du chemin de fer. Il proposa son mĂ©moire en 1845 Ă la Royal Society qui refusa de le publier, mais le conserva dans ses archives. Un court rĂ©sumĂ© de ses idĂ©es fut publiĂ© en 1846, puis un autre en 1851 dans laquelle on trouve une premiĂšre version du principe dâĂ©quipartition de lâĂ©nergie. Le mĂ©moire dâorigine fut redĂ©couvert et finalement publiĂ© bien plus tard en 1893, assorti dâune introduction de Lord Rayleigh qui critique vivement le refus initial en reconnaissant lâantĂ©rioritĂ© du travail de Waterston (mais aussi certaines erreurs)[2]. Telle que publiĂ©e en 1851, cette premiĂšre version du principe dâĂ©quipartition sâĂ©crit :
« LâĂ©quilibre [âŠ] entre deux gaz est atteint quand [âŠ] la vis viva de chaque atome est Ă©gale. La tempĂ©rature dans les deux gaz est alors proportionnelle Ă la masse dâun atome multipliĂ©e par le carrĂ© de la vitesse moyenne de lâatome[3]. »
Ces premiers travaux sont donc inconnus des principaux physiciens de lâĂ©poque qui dĂ©velopperont pendant les vingt ans qui suivirent la thĂ©orie cinĂ©tique des gaz et affineront les arguments, les formulations et les dĂ©monstrations du principe dâĂ©quipartition. Rudolf Clausius, Ludwig Boltzmann, James Clerk Maxwell sont de ceux-lĂ . Ce dernier Ă©crit notamment en 1878[4] :
« Ă une tempĂ©rature donnĂ©e, lâĂ©nergie cinĂ©tique totale dâun systĂšme matĂ©riel est Ă©gale au produit du nombre de degrĂ©s de libertĂ© de ce systĂšme par une constante qui est la mĂȘme pour toute substance Ă cette tempĂ©rature, cette constante Ă©tant en fait la tempĂ©rature de lâĂ©chelle thermodynamique multipliĂ©e par une constante absolue[5]. »
Le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition est considĂ©rĂ© pendant le dernier tiers du XIXe siĂšcle comme un des rĂ©sultats principaux de la thĂ©orie cinĂ©tique des gaz. Sa gĂ©nĂ©ralitĂ© et sa simplicitĂ© en font un rĂ©sultat sĂ©duisant ; il est connu et utilisĂ© couramment par les expĂ©rimentateurs[6].
Un grand succĂšs du thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition fut la prĂ©diction par Boltzmann de la loi expĂ©rimentale de Dulong et Petit sur la chaleur spĂ©cifique des solides, autre sujet dâĂ©tude au XIXe siĂšcle siĂšcle. En 1819 en effet, les physiciens français Pierre Louis Dulong et Alexis ThĂ©rĂšse Petit avaient dĂ©couvert que les chaleurs spĂ©cifiques molaires des solides Ă tempĂ©rature ambiante Ă©taient quasiment toutes identiques, environ 6 cal/(mol·K)[7]. Cette loi jusquâalors expĂ©rimentale trouva dans le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition un fondement thĂ©orique. De mĂȘme, les mesures des chaleurs spĂ©cifiques de gaz monoatomiques Ă©taient tout Ă fait conformes Ă la thĂ©orie. Le thĂ©orĂšme prĂ©dit que la chaleur spĂ©cifique dâun gaz simple monoatomique doit ĂȘtre dâenviron 3 cal/(mol·K), ce qui fut en effet confirmĂ© par lâexpĂ©rience[8].
Cependant, le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition fut Ă©galement mis en dĂ©faut. DĂšs 1840, des mesures de chaleur spĂ©cifique de solides avaient mis en Ă©vidence des Ă©carts significatifs avec la loi de Dulong et Petit, notamment dans le cas du diamant[9],[10]. Au dĂ©but des annĂ©es 1870, des Ă©tudes en fonction de la tempĂ©rature par James Dewar[11] et Heinrich Friedrich Weber[12],[13] montrĂšrent que la loi de Dulong et Petit nâĂ©tait en rĂ©alitĂ© valable que pour les hautes tempĂ©ratures.
Des mesures de chaleurs spĂ©cifiques de gaz diatomiques vinrent Ă©galement contredire le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition. Le thĂ©orĂšme prĂ©disait une valeur de 7 cal/(mol·K) quand les chaleurs spĂ©cifiques mesurĂ©es Ă©taient typiquement proches de 5 cal/(mol·K)[14] et tombaient mĂȘme jusquâĂ 3 cal/(mol·K) aux trĂšs basses tempĂ©ratures[15].
Une troisiĂšme cas de dĂ©saccord fut la chaleur spĂ©cifique des mĂ©taux[16]. Selon le classique modĂšle de Drude dĂ©veloppĂ© au dĂ©but des annĂ©es 1900 et le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition, les Ă©lectrons dans les mĂ©taux devraient se comporter comme un gaz quasi parfait, et devraient contribuer pour 3/2 NekB Ă la chaleur spĂ©cifique oĂč Ne est le nombre dâĂ©lectrons. LâexpĂ©rience montre toutefois que les Ă©lectrons contribuent peu Ă la chaleur spĂ©cifique : les chaleurs spĂ©cifiques molaires de nombreux conducteurs et dâisolants sont quasiment Ă©gales[16].
Un dernier cas de dĂ©saccord, et pas des moindres, Ă©tait donnĂ© par le problĂšme de lâĂ©mission de rayonnement du corps noir. Le paradoxe vient du fait quâil y a une infinitĂ© de modes indĂ©pendants du champ Ă©lectromagnĂ©tique dans une cavitĂ© fermĂ©e, chacun pouvant ĂȘtre traitĂ© comme un oscillateur harmonique. Si chaque mode avait une Ă©nergie kBT, la cavitĂ© contiendrait donc une Ă©nergie infinie[17],[18]. Ce paradoxe est restĂ© dans lâhistoire sous le nom de catastrophe ultraviolette. En 1900, ce paradoxe est le second « nuage » Ă©voquĂ© par Lord Kelvin lors de sa confĂ©rence Nineteenth-Century Clouds over the Dynamical Theory of Heat and Light[19]. Il ne sera rĂ©solu que par les dĂ©veloppements de mĂ©canique quantique.
Au-delĂ des cas dâĂ©checs rapportĂ©s par lâexpĂ©rience, le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition se heurte Ă©galement Ă un problĂšme fondamental, soulignĂ© dĂšs 1875 par James Maxwell[20] : Ă mesure que lâon dĂ©compose les molĂ©cules de gaz en constituants Ă©lĂ©mentaires, on peut trouver de nouveaux degrĂ©s de libertĂ©s qui devraient aux-aussi contribuer Ă lâĂ©nergie totale. Ă la limite, celle-ci deviendrait infinie ! Ce paradoxe est insoluble par la physique classique. Et pourtant, la dĂ©monstration du thĂ©orĂšme ne prĂ©sente pas de faille apparente, et les succĂšs de la thĂ©orie cinĂ©tique des gaz sont par ailleurs indĂ©niables.
Face Ă ces difficultĂ©s, plusieurs attitudes sont possibles. Certains, mais pas les plus nombreux, pensent que le thĂ©orĂšme est faux. Câest notamment le cas de Lord Kelvin[21]. Mais ils ne parviennent pas Ă dĂ©montrer en quoi. Dâautres, prenant actes des succĂšs du thĂ©orĂšme, prĂ©fĂšrent penser quâil nâest pas applicable dans les cas qui posent problĂšmes, pour des raisons qui restent Ă prĂ©ciser. Ludwig Boltzmann avança que les gaz pouvaient ne pas ĂȘtre Ă lâĂ©quilibre thermodynamique Ă cause de leurs interactions avec lâĂ©ther[22]. Maxwell pense que le problĂšme ne pourra pas ĂȘtre rĂ©solu sans une connaissance prĂ©cise et complĂšte de la structure interne des molĂ©cules. Mais ce problĂšme aussi se rĂ©vĂšle de plus en plus compliquĂ©. Certains, plus prudents encore, remettent en cause la pertinence de lâutilisation des lois de la mĂ©canique (chocs) aux molĂ©cules et, de lĂ , la nature mĂȘme de la matiĂšre. Lord Rayleigh quant Ă lui, dans une confĂ©rence quâil donne en 1900, avance fermement que le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition et lâhypothĂšse expĂ©rimentale de lâĂ©quilibre thermodynamique Ă©taient tous les deux corrects, mais pour les rĂ©concilier invoque le besoin dâun nouveau principe qui pourrait fournir une « Ă©chappatoire Ă la simplicitĂ© destructrice » du thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition[23].
Cette Ă©chappatoire fut trouvĂ©e progressivement Ă partir des annĂ©es 1900. Cette annĂ©e-lĂ , Max Planck prĂ©sente un travail sur le rayonnement du corps noir dans lequel il imagine des niveaux dâĂ©nergie discrets, ce qui lui permet dâĂ©chapper Ă la catastrophe ultraviolette. Câest alors une hypothĂšse purement mathĂ©matique. Max Planck ne sâintĂ©resse que peu alors au problĂšme de lâĂ©quipartition de lâĂ©nergie ; il est rĂ©ticent de maniĂšre gĂ©nĂ©rale devant les mĂ©thodes de la physique statistique[24].
Câest notamment Ă Albert Einstein que lâon doit le lien avec lâĂ©quipartition[25]. Il insiste en 1905 sur le fait que le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition associĂ© aux thĂ©ories classiques du rayonnement conduisent nĂ©cessairement Ă la loi de Rayleigh-Jeans et Ă la catastrophe ultraviolette[17]. Il introduit en 1907 un effet de quantification pour rĂ©soudre le problĂšme de la chaleur spĂ©cifique des solides : câest le modĂšle dâEinstein qui sera par la suite amĂ©liorĂ© par Peter Debye[26]. Au premier congrĂšs Solvay en 1911, il remet en cause la validitĂ© du thĂ©orĂšme pour les systĂšmes dont lâĂ©nergie est quantifiĂ©e.
MĂ©canique quantique et Ă©quipartition semblent alors incompatibles. Lâarticulation entre les deux sera trouvĂ©e avec la thĂ©orie quantique du gaz parfait. Dans un article quâil publie en 1924 en partant des idĂ©es de Satyendranath Bose, Einstein montre que lâĂ©quipartition est valable dans la limite des faibles densitĂ©s et des hautes tempĂ©ratures, calculant mĂȘme un critĂšre de validitĂ©. Le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition perd alors dĂ©finitivement son statut de formule gĂ©nĂ©rale pour devenir une approximation, valable seulement quand la physique classique elle-mĂȘme est une bonne approximation de la physique quantique[27].
Avec le dĂ©veloppement de la physique statistique, les conditions de validitĂ© de lâĂ©quipartition de lâĂ©nergie sont clairement posĂ©es. Elle repose notamment sur lâhypothĂšse fondamentale selon laquelle la valeur moyenne dâune grandeur prise sur une durĂ©e suffisamment longue (celle que lâon mesure) est Ă©gale Ă la valeur moyenne dâensemble, calculĂ©e par la physique statistique. Cette hypothĂšse dâergodicitĂ©, formulĂ©e explicitement par Boltzmann dĂšs 1871, est validĂ©e a posteriori par la justesse des prĂ©dictions quâelle permet, mais reste une hypothĂšse.
Or, il existe trĂšs peu de systĂšmes pour lesquelles on a la certitude que cette hypothĂšse est effectivement rĂ©alisĂ©e. On a mĂȘme la certitude que cette hypothĂšse nâest pas rĂ©alisĂ©e dans un certain nombre de cas trĂšs simples : par exemple, un gaz rigoureusement parfait dans lequel les molĂ©cules ne sâentrechoqueraient pas nâest pas un systĂšme ergodique. Les conditions de validitĂ© de cette hypothĂšse restent Ă explorer.
En 1953, lâexpĂ©rience de Fermi-Pasta-Ulam rapporte un exemple dâĂ©chec de lâĂ©quipartition. Cette premiĂšre expĂ©rience numĂ©rique consiste Ă Ă©tudier la rĂ©partition Ă long terme de lâĂ©nergie dâun systĂšme dynamique unidimensionnel de 64 masses couplĂ©es entre elles par des ressorts harmoniques perturbĂ©s par une faible anharmonicitĂ©, sachant quâun seul mode du systĂšme est initialement excitĂ©. Lâissue de lâexpĂ©rience surprend : lâĂ©nergie ne se rĂ©partit pas Ă©galement entre les diffĂ©rents modes, contrairement aux prĂ©dictions de lâĂ©quipartition.
Une premiĂšre rĂ©ponse Ă ce paradoxe sera suggĂ©rĂ©e par Kolmogorov en 1954, puis dĂ©montrĂ©e indĂ©pendamment par Arnold et Mauser en 1963 : câest le thĂ©orĂšme KAM qui montre que de faibles couplages non linĂ©aires ne suffisent pas Ă rendre un systĂšme ergodique.
Ces travaux ont conduit au dĂ©veloppement dâune branche des mathĂ©matiques, la thĂ©orie ergodique, qui Ă©tudie les conditions dâergodicitĂ© dâun systĂšme. De nombreux cas dâĂ©chec de lâĂ©quipartition ont Ă©tĂ© mis en Ă©vidence, souvent au moyen de simulations numĂ©riques (chaĂźnes anharmoniques, milieux granulairesâŠ). Dans ce domaine, de nombreux problĂšmes restent ouverts.
Dans une premiĂšre approche, on rĂ©sume souvent[28] le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition de la façon suivante :
Cet Ă©noncĂ© nâest quâun rĂ©sultat particulier du thĂ©orĂšme. Il omet certaines hypothĂšses. Cependant, il permet dĂ©jĂ de retrouver un certain nombre de rĂ©sultats et de traiter des cas particuliers importants qui sont dĂ©taillĂ©s ci-dessous. Bien entendu, on retrouve dans cette affirmation le fait que lâĂ©nergie est rĂ©partie Ă©galement entre tous les degrĂ©s de libertĂ©, dâoĂč le nom « Ă©quipartition ».
Dans la suite, le symbole H, pour Hamiltonien, sera utilisĂ© comme symbole pour lâĂ©nergie en raison du rĂŽle central que joue le formalisme de Hamilton dans la formulation plus gĂ©nĂ©rale du thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition qui suivra. Dâautre part, on notera avec des crochets la valeur moyenne dâune quantitĂ© X. On en prĂ©cisera par la suite le sens mathĂ©matique prĂ©cis.
Un gaz noble est un gaz des plus simples qui soient : il est constituĂ© uniquement dâatomes dont lâĂ©nergie nâest donc composĂ©e que de lâĂ©nergie cinĂ©tique due Ă leur mouvement de translation. Chaque atome dispose de trois degrĂ©s de libertĂ© associĂ©s aux trois composantes de la vitesse, câest-Ă -dire aux trois directions de lâespace. Si on dĂ©compose la vitesse de lâatome suivant ces trois directions en les notant vx, vy et vz, en notant m la masse, alors lâĂ©nergie cinĂ©tique (newtonienne) sâĂ©crit comme une somme de trois termes dont chacun correspond Ă un degrĂ© de libertĂ© :
Ă lâĂ©quilibre thermodynamique, chaque degrĂ© de libertĂ© contribue dâaprĂšs le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition pour 1/2 kBT Ă lâĂ©nergie cinĂ©tique. LâĂ©nergie cinĂ©tique moyenne totale dâune particule est donc 3/2 kBT, et lâĂ©nergie totale dâun gaz parfait composĂ© de N particules est 3/2 NkBT.
Il sâen suit que la chaleur spĂ©cifique du gaz est 3/2 NkB et donc en particulier que la chaleur spĂ©cifique dâune mole dâun tel gaz est 3/2 NAkB oĂč NA est le nombre dâAvogadro, ou encore 3/2 R oĂč R est la constante des gaz parfaits. Puisque R vaut approximativement 2 cal/(mol.K), le thĂ©orĂšme prĂ©dit que la capacitĂ© thermique molaire dâun gaz parfait est environ 3 cal/(mol.K).
Connaissant lâĂ©nergie cinĂ©tique moyenne, on peut calculer la vitesse quadratique moyenne vqm des atomes du gaz :
oĂč M = mNA est la masse dâune mole de gaz. La vitesse quadratique moyenne est donc dâautant plus faible que les atomes sont lourds. Les atomes du xĂ©non auront une vitesse moyenne plus basse que les atomes plus lĂ©gers de lâhĂ©lium Ă une mĂȘme tempĂ©rature. Ce rĂ©sultat est utile dans un grand nombre dâapplications, telles que la loi dâeffusion de Graham dont a Ă©tĂ© tirĂ©e notamment une mĂ©thode dâenrichissement de lâuranium[29].
On considĂšre maintenant un gaz dont les molĂ©cules sont composĂ©es de deux atomes ou plus. On suppose que les diffĂ©rents atomes sont liĂ©s rigidement entre eux. Une telle molĂ©cule dispose comme dans le cas prĂ©cĂ©dent de trois degrĂ© de libertĂ©s associĂ©s Ă son dĂ©placement dans le conteneur. Mais elle peut aussi tourner sur elle-mĂȘme et accumuler ainsi de lâĂ©nergie. Ces degrĂ©s de libertĂ©s supplĂ©mentaires contribuent aux aussi Ă lâĂ©nergie totale et Ă la chaleur spĂ©cifique.
Dans le cas le plus gĂ©nĂ©ral, si les moments dâinertie principaux de la molĂ©cule sont I1, I2 et I3, alors cette Ă©nergie cinĂ©tique de rotation est donnĂ©e par
oĂč Ï1, Ï2 et Ï3 sont les composantes principales de la vitesse angulaire. Ce cas est formellement trĂšs similaire au cas prĂ©cĂ©dent ; lâĂ©nergie est proportionnelle au carrĂ© de la vitesse angulaire. Par un raisonnement identique, lâĂ©quipartition implique donc que lâĂ©nergie cinĂ©tique moyenne de rotation de chaque molĂ©cule est 3/2 kBT Ă lâĂ©quilibre.
Il convient de distinguer deux cas, selon que la molĂ©cule est linĂ©aire (atomes parfaitement alignĂ©s) ou non. Dans le premier cas, la molĂ©cule ne peut pas accumuler de lâĂ©nergie par rotation autour de son axe : il nây a que deux degrĂ©s de libertĂ© au lieu de trois. La contribution de lâĂ©nergie cinĂ©tique de rotation Ă lâĂ©nergie totale sera deux fois 1/2 kBT seulement. Pour une molĂ©cule non linĂ©aire, lâĂ©nergie moyenne totale de rotation est en revanche 3/2 kBT.
Dans les gaz diatomiques tels que lâazote, lâoxygĂšne, les molĂ©cules sont composĂ©es de deux atomes identiques et sont forcĂ©ment linĂ©aires. Avec le modĂšle de molĂ©cule que lâon vient de dĂ©crire, la chaleur spĂ©cifique totale dâun tel gaz diatomique est donc 5/2 R.
Si on considĂšre quâune molĂ©cule de gaz est un ensemble de plusieurs atomes liĂ©s Ă©lastiquement et non plus rigidement, alors cette molĂ©cule peut vibrer et accumuler de lâĂ©nergie dans son mouvement de vibration. On peut alors modĂ©liser un mode de vibration de la molĂ©cule par un oscillateur harmonique. Dans le cas le plus simple Ă une dimension, cet oscillateur a a deux types dâĂ©nergie :
LâĂ©nergie totale est alors obtenue en additionnant ces deux Ă©nergies :
Le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition sâapplique de la mĂȘme maniĂšre aux deux composantes de lâĂ©nergie, chacune comptant pour un degrĂ© de libertĂ©. Ă lâĂ©quilibre, lâoscillateur aura donc une Ă©nergie moyenne
Chaque oscillateur, donc chaque mode de vibration, a donc une Ă©nergie moyenne totale kBT et contribue pour kB Ă la chaleur spĂ©cifique du systĂšme. Pour connaĂźtre la contribution des vibrations molĂ©culaires Ă lâĂ©nergie totale, il suffit donc de connaĂźtre le nombre de ses modes propres de vibrations : une molĂ©cule composĂ©e de n atomes en possĂšde 3n â 5 si tous les atomes sont alignĂ©s comme dans le CO2 reprĂ©sentĂ© ci-contre, et 3n â 6 dans le cas contraire, par exemple pour la molĂ©cule dâeau.[30]
On verra dans la suite quâil faut toutefois ĂȘtre prudent : tous les modes ne contribuent pas nĂ©cessairement Ă lâĂ©nergie totale selon la tempĂ©rature ; la mĂ©canique quantique permettra dâexpliquer pourquoi.
Les prĂ©sentations modernes du thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition dans le cadre de la physique statistique sont trĂšs gĂ©nĂ©rales mais abstraites. Elles ne reflĂštent que peu les raisonnements dâorigine qui sâappliquaient au problĂšme beaucoup plus concret de la thĂ©orie cinĂ©tique des gaz. Les arguments et dĂ©monstrations dâalors, bien que moins gĂ©nĂ©raux, sont utilisĂ©s par de nombreux enseignants et auteurs pour leur intĂ©rĂȘt pĂ©dagogique. Ils permettent de mettre en valeur dâune façon diffĂ©rente les hypothĂšses fondamentales de lâĂ©quipartition.
Dans le cadre de la thĂ©orie cinĂ©tique des gaz, on considĂšre un systĂšme composĂ© dâun trĂšs grand nombre de sphĂšres dures dans un conteneur. Ces sphĂšres sont animĂ©es dâun mouvement de translation et entrent en collision les unes avec les autres. On peut supposer ici que les sphĂšres nâinteragissent pas entre elles en-dehors des collisions. Tout lâenjeu de la thĂ©orie est de relier les caractĂ©ristiques microscopiques de ces mouvements (masse des particules, vitesses) aux grandeurs macroscopiques que lâon mesure (pression, tempĂ©rature).
Lorsque deux particules entrent en collision, elles arrivent toutes deux avec des vitesses diffĂ©rentes, donc des Ă©nergies cinĂ©tiques diffĂ©rentes, et repartent aprĂšs le choc avec des directions et des vitesses dĂ©terminĂ©es par la conservation de la quantitĂ© de mouvement et de lâĂ©nergie totale. En gĂ©nĂ©ral, lâĂ©nergie dâune particule aprĂšs le choc est diffĂ©rente de son Ă©nergie avant le choc. La collision est donc un moyen dâĂ©changer de lâĂ©nergie entre les particules. Dans le modĂšle le plus simple tel quâil est proposĂ© ici, câest mĂȘme le seul moyen. Pour dĂ©montrer lâĂ©quipartition de lâĂ©nergie dans le cadre de ce modĂšle, il faut donc montrer comment les collisions tendent Ă rĂ©partir lâĂ©nergie Ă©quitablement en moyenne entre toutes les particules.
Dans tout ce qui suit, on va considĂ©rer des chocs Ă©lastiques entre deux sphĂšres dures de masses diffĂ©rentes m1 et m2. On considĂšre le choc par commoditĂ© dans le rĂ©fĂ©rentiel du centre de masse des deux particules, lui-mĂȘme animĂ© dâun mouvement de translation rectiligne uniforme par rapport au conteneur (tant quâaucune particule ne rebondit sur une paroi), avec une vitesse quâon notera vcm. On notera v1 et v2 les vitesses des particules.
Ă partir dâun cas particulier, James Maxwell avait avancĂ© que le choc ne pouvait que rĂ©duire la diffĂ©rence dâĂ©nergie entre les deux particules. Ă la suite dâun trĂšs grand nombre de chocs, lâĂ©nergie ne pouvait donc que tendre vers une Ă©galitĂ© en moyenne. Cet argument ne suffit pas Ă montrer que les chocs conduisent Ă lâĂ©quipartition ; il ne sâagit aprĂšs tout que dâun cas particulier. Toutefois, de maniĂšre plus prĂ©cise, il est possible de montrer que le choc ne peut que rĂ©duire la corrĂ©lation entre la diffĂ©rence des vitesses des deux particules et la vitesse de leur centre de masse[31]. Ă lâĂ©quilibre, on peut donc supposer que cette corrĂ©lation tend vers 0 :
En utilisant lâexpression de la vitesse du centre de masse, on en conclut que
Le premier terme de cette somme est proportionnel Ă la diffĂ©rence dâĂ©nergie cinĂ©tique moyenne entre les deux particules. Le second terme est la corrĂ©lation entre les vitesses initiales des particules. Si on suppose que ces deux vitesses sont indĂ©pendantes, autrement dit quâil nây a aucune relation a priori entre les vitesses de deux particules avant le choc, alors ce second terme sâannule. Câest ce quâon appelle lâhypothĂšse du chaos molĂ©culaire. Dans ce cas, on retrouve donc lâĂ©galitĂ© des Ă©nergies cinĂ©tiques moyennes Ă lâĂ©quilibre :
Notons quâil nâest pas possible de dĂ©duire lâĂ©quipartition Ă partir des Ă©quations du choc Ă©lastique seulement : ces Ă©quations restent rĂ©versibles Ă lâĂ©chelle macroscopique, alors que lâĂ©volution vers lâĂ©quilibre thermodynamique est un processus irrĂ©versible.
Une fois que lâĂ©quilibre thermodynamique est atteint, les vitesses des particules suivent la distribution des vitesses de Maxwell-Boltzmann[32]. Cette distribution est tracĂ©e sur la figure ci-contre pour quatre gaz nobles. Elle est la seule solution stationnaire de lâĂ©quation de Boltzmann. En dâautres termes, les chocs entre particules ne font que modifier les vitesses de particules prises au hasard, mais ne modifient pas la rĂ©partition dâensemble.
On peut vĂ©rifier que la distribution de Maxwell-Boltzmann permet de retrouver le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition pour le gaz parfait monoatomique. Partant de lâexpression explicite de la densitĂ© de probabilitĂ©
pour la vitesse dâune particule de masse m dans le systĂšme, on peut calculer lâĂ©nergie cinĂ©tique moyenne dâune particule par la formule intĂ©grale :
On retrouve ici le fait que chaque particule a exactement la mĂȘme Ă©nergie cinĂ©tique moyenne, 3/2 kBT[33].
La formulation du thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition sâappuie sur le formalisme de la mĂ©canique hamiltonienne. LâĂ©tat dâun systĂšme physique est caractĂ©risĂ© par ses coordonnĂ©es dans lâespace des phases, communĂ©ment sĂ©parĂ©es en coordonnĂ©es gĂ©nĂ©ralisĂ©es qk et impulsions gĂ©nĂ©ralisĂ©es pk, oĂč pk est le moment conjuguĂ© Ă qk. Les (qk,pk) dĂ©crivent complĂštement lâĂ©tat du systĂšme. Un degrĂ© de libertĂ© notĂ© xn dĂ©signera une de ces coordonnĂ©es, autrement dit un qk ou un pk.
Les crochets dĂ©signent une moyenne dâensemble sur lâespace des phases. Dans un systĂšme ergodique, elle est Ă©gale Ă la moyenne prise sur une durĂ©e suffisamment longue, qui est celle que lâon mesure en pratique.
Le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition affirme : Ă lâĂ©quilibre thermodynamique, lâĂ©nergie moyenne dâun systĂšme dont le hamiltonien H sâĂ©crit comme la somme de fonctions quadratiques de ses coordonnĂ©es est rĂ©partie Ă©galement entre toutes ses composantes et vaut 1/2 fkBT oĂč f est le nombre de termes de la somme. On peut lâĂ©crire
Ce nombre f est souvent dĂ©signĂ© comme le nombre de « degrĂ©s de libertĂ© » du systĂšme, mais câest un raccourci qui peut ĂȘtre trompeur. Ce nombre compte en rĂ©alitĂ© le nombre de termes quadratiques du hamiltonien ; il ne correspond pas Ă la dĂ©finition habituelle dâun degrĂ© de libertĂ© en physique.
Dans lâensemble canonique, cette formule peut ĂȘtre dĂ©montrĂ©e par calcul direct de la valeur moyenne Ă partir de la fonction de partition, classiquement notĂ©e Z. Le calcul ramĂšne Ă des intĂ©grales de fonctions gaussiennes quâon sait calculer explicitement. On utilise ensuite les relations habituelles de lâensemble canonique. Câest cette dĂ©monstration qui Ă©tait prĂ©sentĂ©e avant que ne soit introduite la version gĂ©nĂ©ralisĂ©e du thĂ©orĂšme.
On considĂšre un hamiltonien de la forme
La fonction de partition canonique se rĂ©duit alors Ă un produit dâintĂ©grales de fonctions gaussiennes :
Connaissant la valeur de lâintĂ©grale de la fonction gaussienne, on peut Ă©crire :
En notant f le nombre de termes du hamiltonien, on a donc
Dans lâensemble canonique, lâĂ©nergie moyenne du systĂšme est donnĂ©e par
On retrouve alors le théorÚme :
On appelle thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition gĂ©nĂ©ralisĂ© une formule dĂ©montrĂ©e pour la premiĂšre fois par Tolman en 1918[34] qui Ă©tend lâidĂ©e de lâĂ©quipartition pour des hamiltoniens de forme gĂ©nĂ©rale. MĂȘme si la prĂ©sentation qui en est faite diffĂšre lĂ©gĂšrement dâun auteur Ă lâautre, câest en gĂ©nĂ©ral cette formule qui est dĂ©montrĂ©e dans les ouvrages gĂ©nĂ©raux de physique statistique. Ce thĂ©orĂšme gĂ©nĂ©ralisĂ© affirme que pour un systĂšme Ă lâĂ©quilibre thermodynamique Ă la tempĂ©rature T, dĂ©crit par un hamiltonien H et des degrĂ©s de libertĂ© xn, on a, pour tous les indices n et m,
ÎŽnm est le symbole de Kronecker qui vaut 1 si n = m et 0 dans les autres cas.
Dans ce cas gĂ©nĂ©ral, aucune hypothĂšse nâest faite sur la forme du hamiltonien. En contrepartie, lâĂ©nergie nâest pas nĂ©cessairement rĂ©partie de maniĂšre Ă©gale entre toutes ces composantes : il nây a pas nĂ©cessairement « Ă©quipartition » de lâĂ©nergie au sens strict. On en verra un exemple dans le cas de la sĂ©dimentation de particules. Câest pourquoi plusieurs auteurs ne reprennent pas lâappellation « thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition gĂ©nĂ©ralisĂ© » proposĂ©e initialement par Tolman.
Bien entendu, cette formule générale permet de retrouver le résultat particulier du paragraphe précédent.
Le rĂ©sultat gĂ©nĂ©ral peut se dĂ©montrer dans lâensemble microcanonique quand lâĂ©nergie totale du systĂšme est constante, et aussi dans lâensemble canonique, quand le systĂšme est couplĂ© Ă une source de chaleur avec laquelle il peut Ă©changer de lâĂ©nergie. Dans un cas comme dans lâautre, la dĂ©monstration procĂšde par le calcul explicite de la moyenne sur lâespace des phases.
Dans tous les cas, on notera dÎ lâĂ©lĂ©ment de volume infinitĂ©simal de lâespace des phases
| dÎ = | â | dqidpi |
| i |
.
Dans lâensemble microcanonique, le systĂšme est isolĂ© du reste du monde, ou au moins trĂšs faiblement couplĂ©. De la sorte, son Ă©nergie totale est constante. On dit que lâĂ©nergie totale H est confinĂ©e entre E et ÎE. Pour une Ă©nergie E donnĂ©e et un Ă©cart ÎE, on note Î(E,ÎE) le volume de la rĂ©gion de lâespace des phases dans laquelle lâĂ©nergie du systĂšme est comprise entre E et E + ÎE :
La probabilitĂ© dâoccupation de tous les Ă©tats de cette rĂ©gion est la mĂȘme, par dĂ©finition de lâensemble microcanonique. La valeur moyenne dâune grandeur X sâĂ©crit alors
On peut alors montrer que
On note maintenant ÎŁE le volume total de lâespace des phases dans lequel lâĂ©nergie est infĂ©rieure Ă E :
| ÎŁ(E) = | â« | dÎ |
| H < E |
.
Puisque ÎE est trĂšs petit devant E, les intĂ©grations suivantes sont Ă©quivalentes
de sorte que Î est proportionnel Ă ÎE
oĂč Ï(E) est la densitĂ© dâĂ©tats. On introduit enfin la dĂ©finition usuelle de lâentropie en physique statistique :
et celle de la température microcanonique T :
Avec ces dĂ©finitions, la moyenne sur les variables xm et xn (qui peuvent ĂȘtre des pk ou des qk) est donnĂ©e par
En utilisant les rĂ©sultats prĂ©cĂ©dents, on peut faire apparaĂźtre la densitĂ© dâĂ©tat Ï :
oĂč la derniĂšre Ă©galitĂ© provient de ce que E est constante et ne dĂ©pend pas de xn. Une intĂ©gration par parties donne alors
La premiĂšre intĂ©grale est nulle (elle peut ĂȘtre réécrite comme une intĂ©grale de H â E sur lâhypersurface oĂč H = E). Il reste donc
La substitution de ce rĂ©sultat dans lâĂ©quation prĂ©cĂ©dente donne
Puisque le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition sâen suit :
On retrouve la formulation générale du théorÚme.
Dans lâensemble canonique, on considĂšre le systĂšme en Ă©quilibre thermodynamique avec une source de chaleur de tempĂ©rature fixe T (en Kelvin). La probabilitĂ© dâoccupation de chaque Ă©tat dans lâespace des phases est donnĂ©e par son facteur de Boltzmann multipliĂ© par un facteur de normalisation qui assure que la somme des probabilitĂ©s est bien Ă©gale Ă un et dont la valeur nâimporte pas ici ; on le notera . La valeur moyenne dâune quantitĂ© X est alors dĂ©finie par
Le calcul explicite (qui fait essentiellement appel à une intégration par partie) donne le résultat souhaité.
On cherche Ă calculer
Une intégration par parties sur la variable xk nous donne
oĂč dÎk = dÎ / dxk indique que la premiĂšre intĂ©gration nâest pas faite sur xk.
Le premier terme est nul ; on peut sâen convaincre en considĂ©rant le cas dâun gaz dans un conteneur. Si xk est une impulsion gĂ©nĂ©ralisĂ©e, alors lâĂ©nergie cinĂ©tique associĂ©e devient infinie aux bornes. Si xk est une coordonnĂ©e, ses valeurs maximale et minimale sont atteintes aux parois du conteneur pour lesquelles lâĂ©nergie potentielle tend vers lâinfini. Dans les deux cas, lâexponentielle tend vers 0. De plus, on reconnaĂźt la fonction de partition dans la seconde intĂ©grale qui vaut donc 1. La formule recherchĂ©e sâen suit donc immĂ©diatement :
Le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition est Ă©troitement liĂ© au thĂ©orĂšme du viriel qui sâapplique lui aussi aux systĂšmes Ă plusieurs particules. Ce dernier a dâailleurs Ă©tĂ© proposĂ© par Rudolf Clausius[35] lors des dĂ©veloppements des fondements de la thermodynamique, alors quâil cherchait Ă relier les notions de tempĂ©rature et de chaleur aux mouvements des molĂ©cules de gaz.
Partant du thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition gĂ©nĂ©ralisĂ©, en utilisant les relations de la mĂ©canique hamiltonienne, on peut Ă©crire :
DâaprĂšs le principe fondamental de la dynamique, la dĂ©rivĂ©e de pk par rapport au temps est Ă©gale Ă la force gĂ©nĂ©ralisĂ©e Fk agissant sur la particule. On peut donc Ă©crire
Toujours dâaprĂšs le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition, on sait que la valeur moyenne de lâĂ©nergie cinĂ©tique pour un degrĂ© de libertĂ© vaut kBT / 2. En combinant ces deux relations, on obtient donc :
Cette relation est trĂšs semblable au thĂ©orĂšme du viriel tel quâĂ©noncĂ© Ă lâorigine par Clausius : pour un ensemble de particules de masse m animĂ©es dâun mouvement stable, repĂ©rĂ©es par leurs positions et leurs vitesses
, sur lesquelles sâexerce des forces
, on a
La diffĂ©rence majeure rĂ©side dans le fait quâil sâagit dans ce dernier cas dâune moyenne temporelle, reprĂ©sentĂ©e par le trait horizontal, et non plus dâune moyenne dâensemble. De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, le thĂ©orĂšme de Birkhoff montre que lâĂ©galitĂ© de ces deux moyennes est vĂ©rifiĂ©e pour les systĂšmes ergodiques.
La loi de Dulong et Petit sur la chaleur spĂ©cifique des solides se dĂ©duit trĂšs simplement de ce qui prĂ©cĂšde[36]. On considĂšre un cristal composĂ© de N atomes. Chacun de ces atomes occupe une position dâĂ©quilibre autour de laquelle il peut osciller. Ce mouvement peut se faire dans les trois directions de lâespace, de maniĂšre indĂ©pendante. Le solide peut donc ĂȘtre considĂ©rĂ© en premiĂšre approche comme un systĂšme de 3N oscillateurs harmoniques indĂ©pendants.
On a vu prĂ©cĂ©demment quâun oscillateur harmonique a une Ă©nergie moyenne kBT. LâĂ©nergie moyenne totale du solide est 3NkBT, sa chaleur spĂ©cifique est 3NkB. La chaleur spĂ©cifique molaire de ce matĂ©riau est donc 3NAkB oĂč NA est le nombre dâAvogadro, ce qui sâĂ©crit encore 3R oĂč R est la constante des gaz parfaits. On retrouve bien la loi de Dulong et Petit selon laquelle la chaleur spĂ©cifique molaire des solides est indĂ©pendante de la nature du solide et Ă©gale Ă 3R, soit environ 6 cal/(mol·K).
Le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition peut ĂȘtre utilisĂ© pour retrouver la loi des gaz parfaits Ă partir de la mĂ©canique classique. Ce calcul consiste Ă calculer le viriel du gaz de deux façons diffĂ©rentes.
On note et
les vecteurs positions et quantitĂ© de mouvement dâune particule dans le gaz et
la force totale sâexerçant sur cette particule, alors
oĂč la premiĂšre Ă©galitĂ© est donnĂ©e par la seconde loi de Newton, et la seconde ligne utilise les Ă©quations de Hamilton et le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition. La sommation sur lâensemble des N particules du systĂšme donne
En vertu de la troisiĂšme loi de Newton et de lâhypothĂšse du gaz parfait, la force totale sur le systĂšme est la force appliquĂ©e par les parois du conteneur, et cette force est donnĂ©e par la pression P du gaz. En consĂ©quence :
oĂč est un Ă©lĂ©ment de surface infinitĂ©simal sur la paroi du conteneur. En utilisant le thĂ©orĂšme de Green-Ostrogradsky, on peut calculer
oĂč dV est un Ă©lĂ©ment de volume infinitĂ©simal dans le conteneur et V est son volume total. En regroupant des Ă©galitĂ©s, on obtient
ce qui nous donne immédiatement la loi des gaz parfaits pour N particules :
oĂč n = N / Na est le nombre de moles de gaz et R = NAkB est la constante des gaz parfaits.
Le mouvement brownien dĂ©signe une description mathĂ©matique du mouvement alĂ©atoire dâune grosse particule immergĂ©e dans un fluide et qui nâest soumise Ă aucune autre interaction que des chocs avec les petites molĂ©cules du fluide environnant. Les mĂ©canismes en Ćuvre dans ce type de mouvement sont proches des idĂ©es de la thĂ©orie cinĂ©tique des gaz. Le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition fut utilisĂ© trĂšs tĂŽt, dĂšs 1879, pour caractĂ©riser un tel mouvement[37].
On peut partir de lâĂ©quation de Langevin selon laquelle le mouvement dâune particule de masse m et de vitesse v est rĂ©gi par la seconde loi de Newton qui sâĂ©crit
oĂč est une force alĂ©atoire reprĂ©sentant les collisions alĂ©atoires entre la particule et les molĂ©cules voisines, et oĂč la constante de temps Ï reflĂšte la force de frottement fluide qui sâoppose au mouvement de la particule dans la solution. La trainĂ©e est souvent notĂ©e
, la constante de temps est alors m / Îł.
En faisant le produit scalaire de cette équation avec le vecteur position , puis une moyenne, on obtient
pour le mouvement brownien (puisque la force aléatoire et la position
ne sont pas corrélées). En utilisant les identités remarquables
et
lâĂ©quation de base du mouvement brownien peut ĂȘtre transformĂ©e en
oĂč la derniĂšre Ă©galitĂ© provient du thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition pour lâĂ©nergie cinĂ©tique de translation :
LâĂ©quation diffĂ©rentielle ci-dessus pour a une solution exacte (pour des conditions initiales convenables) :
à une échelle de temps trÚs courte, i.e. pour , la particule se comporte comme une particule libre : en utilisant le développement de Taylor de la fonction exponentielle, le carré de la distance croßt quadratiquement :
En revanche, Ă une Ă©chelle de temps plus longue, pour , lâexponentielle et les termes constants deviennent nĂ©gligeables et le carrĂ© de la distance ne croĂźt que linĂ©airement :
Ceci dĂ©crit la diffusion de la particule dans le temps. Une Ă©quation analogue pour la diffusion de la rotation dâune molĂ©cule rigide peut ĂȘtre calculĂ©e de la mĂȘme maniĂšre.
Le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition gĂ©nĂ©ralisĂ© a Ă©tĂ© appliquĂ© Ă lâĂ©tude de la sĂ©dimentation de particules en suspension sous lâinfluence de la gravitĂ©[38]. On considĂšre pour cela des particules pesantes (par exemple de grosses protĂ©ines) dans lâeau. Les chocs entre ces particules produisent un mĂ©canisme de diffusion qui tend Ă homogĂ©nĂ©iser la concentration des protĂ©ines dans tout le rĂ©cipient. Par ailleurs, la gravitĂ© tend Ă faire tomber toutes les protĂ©ines vers le bas du rĂ©cipient. Une fois que lâĂ©quilibre entre ces deux mĂ©canismes antagonistes a Ă©tĂ© atteint, il est possible de dĂ©terminer grĂące au thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition lâĂ©nergie potentielle moyenne dâune particule et donc sa position moyenne. Pour une bouteille infiniment haute, lâĂ©nergie potentielle de gravitation dâune particule de masse mb est donnĂ©e par
oĂč z est la hauteur dâune particule dans la bouteille et g est lâaccĂ©lĂ©ration de la pesanteur.
Ce processus peut trouver une application dans lâĂ©tude de la sĂ©dimentation de protĂ©ines qui diffusent la lumiĂšre et donnent un aspect trouble quâon peut parfois voir dans la biĂšre[39]. Puisque s = 1, lâĂ©nergie potentielle moyenne dâun groupe de protĂ©ine est kBT. Donc, si les groupes de protĂ©ines ont une masse de 107 uma (Ă peu prĂšs la taille dâun virus), lâaspect sera trouble jusquâĂ une hauteur moyenne de 2 cm Ă lâĂ©quilibre.
Ce processus de sĂ©dimentation est plus prĂ©cisĂ©ment dĂ©crit par lâĂ©quation de Mason-Weaver[40].
Le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition peut ĂȘtre utilisĂ© pour dĂ©montrer lâexpression du bruit thermique dans les composants Ă©lectroniques[41]. Dans une rĂ©sistance, lâagitation thermique des Ă©lectrons de conductions crĂ©e des fluctuations de densitĂ© Ă©lectronique, donc de courant Ă©lectrique, qui conduisent Ă la prĂ©sence dâun bruit blanc mĂȘme en lâabsence de toute tension appliquĂ©e. Aux bornes dâune rĂ©sistance, ce bruit est donnĂ© par la relation :
oĂč est la variance de la tension aux bornes de la rĂ©sistance, R est la rĂ©sistance exprimĂ©e en ohms, et
, la bande passante considérée.
Cette formule permet de prĂ©voir le bruit minimum prĂ©sent sur un systĂšme Ă©lectronique, et donc sa limite de dĂ©tection. Le mĂȘme phĂ©nomĂšne de bruit thermique est observĂ© aux bornes dâune capacitĂ©. Câest une limitation des capteurs photographiques.
Un oscillateur anharmonique est un oscillateur pour lequel lâĂ©nergie potentielle nâest pas une fonction quadratique de lâĂ©longation q (la position gĂ©nĂ©ralisĂ©e qui mesure lâĂ©cart de lâoscillateur Ă la position dâĂ©quilibre). Ces oscillateurs donnent un point de vue complĂ©mentaire sur le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition[42]. On peut prendre des exemples simples avec des Ă©nergies dont lâexpression est de la forme
oĂč C et s sont des nombres rĂ©els arbitraires. Dans ce cas, le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition prĂ©dit que
Ainsi, lâĂ©nergie potentielle moyenne est Ă©gale Ă kBT / s et non plus kBT / 2 comme pour lâoscillateur harmonique (pour lequel s = 2).
Plus gĂ©nĂ©ralement, lâexpression de lâĂ©nergie dâun systĂšme Ă une dimension a un dĂ©veloppement de Taylor en fonction de lâĂ©longation q
Il nây a pas de terme pour n = 1 car Ă lâĂ©quilibre, la force totale sâexercant sur le systĂšme est nulle et donc la dĂ©rivĂ©e premiĂšre de lâĂ©nergie est nulle. Le terme constant pour n = 0 est inutile, puisque lâĂ©nergie Ă lâĂ©quilibre peut ĂȘtre posĂ©e Ă©gale Ă 0 par convention. Dans ce cas, le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition affirme que[42]
Contrairement aux autres exemples citĂ©s ici, la formule de lâĂ©quipartition
ne permet pas dâĂ©crire lâĂ©nergie potentielle moyenne en fonction de constantes connues.
LâĂ©quipartition de lâĂ©nergie, malgrĂ© sa grande gĂ©nĂ©ralitĂ©, est un rĂ©sultat valable sous certaines hypothĂšses (ergodicitĂ©, Ă©quilibre thermodynamique) et dans certaines limites (effets quantiques nĂ©gligeables). Les paragraphes qui suivent dĂ©taillent diffĂ©rents cas pour lesquels lâĂ©quipartition ne sâapplique pas.
Le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition est valable seulement pour les systĂšmes ergodiques Ă lâĂ©quilibre thermodynamique, pour lesquels tous les Ă©tats de mĂȘme Ă©nergie ont la mĂȘme probabilitĂ© dâĂȘtre occupĂ©. Dans un systĂšme ergodique, il doit ĂȘtre possible dâĂ©changer de lâĂ©nergie entre ses diffĂ©rentes formes dans le systĂšme, afin quâelle puisse se rĂ©partir en parts Ă©gales au cours du temps. Dans le cas dâun gaz parfait, ce sont les chocs entre molĂ©cules qui assurent ces Ă©changes dâĂ©nergie.
Paradoxalement, il existe peu de systĂšmes dont lâergodicitĂ© a pu ĂȘtre prouvĂ©e rigoureusement. Un exemple cĂ©lĂšbre est le billard de Yakov Sinai[43]. Les conditions qui permettent dâassurer lâergodicitĂ© dâun systĂšme isolĂ© - et donc lâĂ©quipartition - ont Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©es et ont donnĂ© naissance Ă la thĂ©orie ergodique.
Un contre-exemple frĂ©quemment citĂ© oĂč lâĂ©nergie nâest pas partagĂ©e entre ses diffĂ©rentes formes, et donc oĂč lâĂ©quipartition ne sâapplique pas dans lâensemble microcanonique est un systĂšme dâoscillateurs harmoniques couplĂ©s[44]. Si le systĂšme est isolĂ©, lâĂ©nergie de chaque mode normal est constante et fixĂ©e Ă sa valeur initiale.
Si on perturbe un tel systĂšme en introduisant des termes de couplage non linĂ©aires suffisamment forts, lâĂ©nergie peut ĂȘtre transfĂ©rĂ©e dâun mode Ă lâautre, on peut alors sous certaines conditions retrouver lâergodicitĂ© et revenir dans le champ dâapplication du thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition. Mais il ne suffit pas dâune petite perturbation pour rendre un systĂšme ergodique : câest ce que montre le thĂ©orĂšme de KolmogorovâArnoldâMoser. MĂȘme un systĂšme chaotique, donc extrĂȘmement sensible aux conditions intiales, nâest pas nĂ©cessairement ergodique, mĂȘme si câest habituellement une hypothĂšse raisonnable[44].
Les dĂ©monstrations donnĂ©es prĂ©cĂ©demment supposent que lâĂ©nergie est une fonction continue sur lâespace des phases. Or, dans un systĂšme quantique, les niveaux dâĂ©nergie sont au contraire discrets. Pour que le thĂ©orĂšme sâapplique, il est donc nĂ©cessaire que les niveaux dâĂ©nergie soient suffisamment rapprochĂ©s pour quâon puisse la considĂ©rer tout de mĂȘme comme continue. On parle alors dâapproximation classique. Ceci nâest rĂ©alisĂ© quâĂ la condition que lâĂ©nergie thermique kBT soit beaucoup plus grande que lâĂ©cart entre deux niveaux dâĂ©nergie. Dans le cas contraire, les calculs ne sont plus valides, le degrĂ© de libertĂ© considĂ©rĂ© est dit « gelĂ© », lâĂ©quipartition ne sâapplique plus.
Le cas de lâoscillateur harmonique est un exemple particuliĂšrement important. On a vu prĂ©cĂ©demment que selon le thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition, son Ă©nergie moyenne est Ă©gale Ă kBT. Dans le cas quantique, on peut calculer explicitement son Ă©nergie moyenne. Ses niveaux dâĂ©nergie sont donnĂ©s par En = nhΜ[45] oĂč h est la constante de Planck, Μ est la frĂ©quence de lâoscillateur et n est un entier positif. Dans lâensemble canonique, la probabilitĂ© quâun niveau dâĂ©nergie soit occupĂ© est donnĂ© par son facteur de Boltzmann
ÎČ = 1 / (kBT) est la tempĂ©rature statistique et Z est la fonction de partition donnĂ©e par
LâĂ©nergie moyenne de lâoscillateur est donnĂ©e par
ou encore, en utilisant la relation classique de lâensemble canonique
On peut donc calculer explicitement lâĂ©nergie moyenne :
Cette Ă©nergie moyenne est tracĂ©e sur la figure ci-contre et comparĂ©e au cas classique. Pour les hautes tempĂ©ratures, quand lâĂ©nergie thermique kBT est trĂšs supĂ©rieure Ă lâĂ©cart hΜ entre deux niveaux, lâargument de lâexponentielle tend vers 0 et lâĂ©nergie moyenne tend vers kBT, conformĂ©ment au thĂ©orĂšme dâĂ©quipartition. En revanche, pour les basses tempĂ©ratures, quand , lâĂ©nergie moyenne tend vers 0, le degrĂ© de libertĂ© est dit « gelĂ© ». On peut ainsi dĂ©finir une tempĂ©rature caractĂ©ristique de lâoscillateur Tosc = hΜ / kB en dessous de laquelle les effets quantiques se font sentir.