Théorème de Stokes : encyclopédie mathématiques
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En géométrie différentielle, le théorème de Stokes est un résultat central sur l'intégration de formes différentielles, qui généralise nombre de théorèmes sur l'analyse vectorielle. Après l'énoncé et la démonstration, cet article en propose nombre d'applications : en particulier, il fournit un formulaire qu'utilisent volontiers physiciens et ingénieurs, particulièrement en mécanique des fluides.
Théorème de Stokes — Soit M une variété différentielle orientée de dimension n, et une (n-1)-forme différentielle à support compact sur M de classe
. Alors, on a :
où d désigne la dérivée extérieure, le bord de M, muni de l'orientation sortante, et
est l'inclusion canonique.
Le théorème est attribué à Sir George Gabriel Stokes, mais le premier à connaître ce résultat est en réalité William Thomson. Le mathématicien et le physicien entretiennent une correspondance active durant cinq ans, de 1847 à 1853[1].
La preuve demande de disposer d'une bonne définition de l'intégration ; il faut se rendre compte que l'apparente simplicité de la démonstration actuelle est trompeuse.
Sommaire |
L'idée est d'utiliser une partition de l'unité adaptée au problème dans la définition de l'intégrale d'une forme différentielle, et de se ramener à un cas presque évident.
Soit un recouvrement localement fini de
par des domaines de cartes locales
, telles que :
Introduisons une partition de l'unité subordonnée Ã
. Comme le support de
est fermé, la forme différentielle
s'écrit :
où la sommation est à support fini. Posons , forme différentielle à support compact de M' = â„+×â„n–1. La restriction
est un difféomorphisme sur son image préservant les orientations sortantes. On a donc :
Comme commute avec l'opérateur de différentiation d, on a :
Par sommation, le théorème de Stokes est démontré une fois établi le cas particulier M' = â„+×â„n–1.
Une (n-1)-forme sur M' = â„+×â„n–1 s'écrit :
où le chapeau désigne une omission. On trouve alors :
Le théorème de Fubini donne :
L'hypothèse que la forme est à support compact permet alors de finir le calcul, car les termes
pour
sont tous nuls :
d'où le résultat.
Si f est une fonction C∞ de la variable réelle, alors f est une forme différentielle de degré zéro, dont la différentielle est . Le bord orienté de
est
(extrémité avec l'orientation + et origine avec l'orientation –), quelles que soient les valeurs relatives de a et b. La formule de Stokes donne dans cette situation :
En fait, le théorème de Stokes est la généralisation de cette formule aux dimensions supérieures. La difficulté se trouve bien davantage dans la mise en place du bon cadre (formes différentielles, variétés à bord ou éventuellement plus générales, orientations) que dans la démonstration, qui repose sur le théorème fondamental de l'intégration et un argument de partition de l'unité.
Soit U un domaine compact lisse de â„2 et une 1-forme différentielle sur â„2. Alors, la formule de Stokes s'écrit :
La formule de Green-Riemann est utilisée en géométrie pour démontrer l'inégalité de Poincaré.
Soit U un domaine compact à bord lisse de â„3 et posons . Si X est un champ de vecteurs au voisinage de l'adhérence de U, alors sa divergence vérifie :
La formule de Stokes donne alors :
Notons le champ de vecteurs normal sortant d'un domaine U relativement compact à bord régulier. Soit X un champ de vecteurs défini au voisinage de l'adhérence de U. On définit la forme surfacique sur
par :
On définit le flux de X par :
La formule d'Ostrogradski se réécrit alors :
Soit une courbe fermée orientée dans â„3, S une surface orientée dont le contour est
. L'orientation de
est induite par l'orientation de S. Si le champ vectoriel
admet des dérivées partielles continues, alors :
où est le vecteur directeur de la courbe en tout point,
le rotationnel de
, et
le vecteur normal à un élément de surface infinitésimal dont la norme est égale à la surface de l'élément.
Son application directe est le théorème d'Ampère (on l'applique au champ magnétique).
La formule de Stokes est utilisée pour démontrer le théorème de dualité de De Rham.
Elle permet aussi de démontrer le lemme de Poincaré. Ce dernier s'avère d'une grande utilité pour comprendre les isotopies en homologie. Il est aussi utilisé notablement dans la preuve du théorème de Darboux en géométrie symplectique.
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