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Treillis (ensemble ordonné)


Treillis (ensemble ordonné) : encyclopédie mathématiques

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Le terme treillis provient de la forme du diagramme de Hasse associé à la relation d'ordre.

Un treillis (en anglais : lattice) est, en mathĂ©matiques, un ensemble partiellement ordonnĂ© dans lequel chaque couple d'Ă©lĂ©ments admet une borne supĂ©rieure et une borne infĂ©rieure. On parle aussi d'espace rĂ©ticulĂ©. Un treillis peut ĂŞtre vu comme le treillis de Galois d'une relation binaire.

Il existe en réalité deux définitions équivalentes du treillis, une concernant la relation d'ordre citée précédemment, l'autre algébrique.

Sommaire

[modifier] Définition algébrique

Un treillis est un ensemble E muni de deux lois internes habituellement notĂ©es \vee et \wedge vĂ©rifiant :

  • les deux lois sont commutatives et associatives
  • pour tous a et b de E : a \wedge (a \vee b) = a = a \vee (a\wedge b) (loi d'absorption)

La loi d'absorption entraîne l'idempotence de tout élément a de E pour les deux lois[1]:

a \vee a = a et a \wedge a = a.

Ă€ partir d'une telle structure on peut dĂ©finir sur E une relation d'ordre, ici notĂ©e \subseteq, de la manière suivante :

a\subseteq b \Leftrightarrow a \vee b = b

On peut montrer que cette relation est bien une relation d'ordre (éventuellement partielle). La propriété d'associativité assure la transitivité. La propriété d'idempotence assure la réflexivité. La définition même assure l'antisymétrie. Grâce aux deux propriétés d'absorption, on peut aussi montrer que

a \subseteq b \Leftrightarrow a \wedge b = a

On peut alors vérifier que

 \sup(a, b) = a \vee b \qquad\text{et}\qquad\inf(a, b) = a \wedge b,

ce qui assure que (E , \subseteq ) est bien un treillis au sens des ordres.

[modifier] Définition par relation d'ordre

Un treillis est un ensemble E muni d'une relation d'ordre \subseteq vĂ©rifiant :

pour tous éléments a et b de E, il existe une borne supérieure et une borne inférieure à l'ensemble {a,b}.

Pour munir E d'une structure de treillis algĂ©brique, on remarque que la borne supĂ©rieure et la borne infĂ©rieure dĂ©finissent alors deux lois internes :

  •  a \vee b = \sup(a, b)
  •  a \wedge b  = \inf(a, b)

Les propriétés de treillis algébrique pour ces deux lois découlent assez directement de la définition.

On définit donc indifféremment les treillis de façon algébrique ou par une relation d'ordre.

[modifier] Exemples

  • L'ensemble des parties d'un ensemble muni de l'inclusion forme un treillis oĂą la borne supĂ©rieure est l'union et la borne infĂ©rieure l'intersection.
  • Dans le mĂŞme ordre d'idĂ©e, l'ensemble des ouverts d'un espace topologique (toujours muni de l'inclusion) forme un treillis. L'ensemble des ouverts rĂ©guliers (ouverts Ă©gaux Ă  l'intĂ©rieur de leur adhĂ©rence) d'un espace topologique forme un treillis sans atomes (voir plus loin la dĂ©finition d'atome).
  • L'ensemble des entiers naturels muni de son ordre usuel est un exemple de treillis incomplet, et mĂŞme non bornĂ© (voir plus loin les dĂ©finitions d'un treillis complet et d'un treillis bornĂ©) : il n'admet pas d'Ă©lĂ©ment maximum.
  • L'ensemble des entiers naturels muni de la relation "divise" forme un treillis, oĂą la borne supĂ©rieure est le PPCM et la borne infĂ©rieure est le PGCD. C'est un treillis bornĂ© (l'Ă©lĂ©ment minimum est 1, l'Ă©lĂ©ment maximum est 0) et mĂŞme complet.
  • Soient f,g deux fonctions borĂ©liennes sur R, intĂ©grables au sens de Lebesgue et vĂ©rifiant f<g. L'ensemble des fonctions borĂ©liennes h comprises entre f et g est un treillis non complet qui devient complet si on identifie deux fonctions Ă©gales presque partout (attention ! la borne supĂ©rieure d'une famille de fonctions borĂ©liennes peut ĂŞtre non mesurable ; lorsqu'on quotiente modulo l'Ă©galitĂ© presque-partout, on regarde ce qu'on appelle une borne essentielle supĂ©rieure, laquelle, en revenant aux fonctions, majore presque-partout chaque Ă©lĂ©ment de la famille).

[modifier] Dualité

Si (E, \vee, \wedge, ≤) est un treillis, alors son treillis dual est (E, \wedge, \vee, ≥).

ThĂ©orème de dualitĂ© : Si un thĂ©orème T est vrai pour tous les treillis alors le thĂ©orème dual de T, obtenu en remplaçant toutes les occurrences de \vee par \wedge (et rĂ©ciproquement) et toutes les occurrences de ≤ par ≥ (et rĂ©ciproquement) est un thĂ©orème vrai pour tous les treillis.

[modifier] Glossaire des treillis

Un ensemble ordonné dans lequel chaque couple d'éléments possède une borne supérieure (ou une borne inférieure) est un demi-treillis.

Un treillis est dit distributif si la loi \vee est distributive par rapport à la loi \wedge, ou encore (ce qui dans un treillis est équivalent[2]) si la loi \wedge est distributive par rapport à la loi \vee.

Un treillis est dit borné s'il possède un maximum et un minimum.

Un treillis borné est dit complémenté si chacun de ses éléments x possède un complément y vérifiant x \wedge y = 0 et x \vee y =1, où 0 désigne l'élément minimum du treillis, et 1 l'élément maximum.

Un treillis distributif borné et complémenté s'appelle aussi une algèbre de Boole.

Un treillis E est dit complet si toute partie de E possède une borne supĂ©rieure, ou encore (ce qui dans un ensemble partiellement ordonnĂ© est Ă©quivalent[3]) si toute partie de E possède une borne infĂ©rieure ; on dit aussi que E est un espace complètement rĂ©ticulĂ©. Un treillis complet est bornĂ©. (En informatique thĂ©orique, le sigle anglais CPO, bien que sa traduction littĂ©rale soit « ordre partiel complet Â» , a un sens diffĂ©rent.)

Dans un treillis E possédant un minimum que l'on note 0, les atomes sont les éléments minimaux de E \ {0}. Par exemple dans le treillis de l'ensemble des parties d'un ensemble, les atomes sont les singletons.

Un idĂ©al du treillis E est une partie I qui est stable par l'opĂ©ration \vee et qui est telle que :

si x\in E et y\in I, alors x \wedge y \in I.

Étant donnée une partie A d'un ensemble X, l'ensemble des parties de A est un idéal du treillis de l'ensemble des parties de X.

[modifier] Notes

  1. ↑ En effet, a \lor a=a\lor(a\land(a\lor a))=a, et de même en intervertissant les deux lois.
  2. ↑ En effet, si par exemple \or est distributive par rapport à \and alors
    (a\and c)\or(b\and c)=[a\or(b\and c)]\and[c\or(b\and c)]=(a\or b)\and(a\or c)\and c=(a\or b)\and c
    donc \and est distributive par rapport Ă  \or.
  3. ↑ cf Espace complet#Autre acception du terme

[modifier] Bibliographie

Ressources disponibles en ligne :

Ouvrages de rĂ©fĂ©rence :

  • (en) Thomas Donnellan, Lattice Theory, Pergamon Press, 1968
  • (en) G. Grätzer, Lattice Theory: First concepts and distributive lattices, W. H. Freeman, 1971
  • (en) B. A. Davey et H. A. Priestley, Introduction to Lattices and Order, Cambridge University Press, 2002
  • (en) Garrett Birkhoff, Lattice Theory, AMS Colloquium Publications, vol. 25, 3e Ă©d., 1967

[modifier] Voir aussi

  • Treillis de Galois
  • Algèbre de Kleene
  • Morphologie mathĂ©matique
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