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Trou noir


Trou noir : encyclopédie physique

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Image simulĂ©e d’un trou noir stellaire situĂ© Ă  quelques dizaines de kilomètres d’un observateur et dont l’image se dessine sur la voĂ»te cĂ©leste dans la direction du Grand Nuage de Magellan. L’image de celui-ci apparaĂ®t dĂ©doublĂ©e sous la forme de deux arcs de cercle, en raison de l’effet de lentille gravitationnelle fort. La Voie lactĂ©e qui apparaĂ®t en haut de l’image est Ă©galement fortement distordue, au point que certaines constellations sont difficiles Ă  reconnaĂ®tre, comme par exemple la Croix du Sud (au niveau de l’étoile orange lumineuse, Gacrux, en haut Ă  gauche de l’image) dont la forme de croix caractĂ©ristique est mĂ©connaissable. Une Ă©toile relativement peu lumineuse (HD 49359, magnitude apparente 7,5) est situĂ©e presque exactement derrière le trou noir. Elle apparaĂ®t ainsi sous la forme d’une image double, dont la luminositĂ© apparente est extraordinairement amplifiĂ©e, d’un facteur d’environ 4 500, pour atteindre une magnitude apparente de -1,7. Les deux images de cette Ă©toile, ainsi que les deux images du Grand Nuage sont situĂ©es sur une zone circulaire entourant le trou noir, appelĂ©e anneau d’Einstein.

En astrophysique, un trou noir est un objet massif dont le champ gravitationnel est si intense qu’il empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper. De tels objets n’émettent donc pas de lumière et sont alors noirs. Les trous noirs sont décrits par la théorie de la relativité générale. Ils ne sont pas directement observables, mais plusieurs techniques d’observation indirecte dans différentes longueurs d’onde ont été mises au point et permettent d’étudier les phénomènes qu’ils induisent sur leur environnement. En particulier, la matière qui est happée par un trou noir est chauffée à des températures considérables avant d'être engloutie et émet de ce fait une quantité importante de rayons X. Ainsi, même si un trou noir n'émet pas lui-même de rayonnement, il peut néanmoins être détectable par son action sur son environnement. L'existence des trous noirs est une certitude pour la quasi-totalité de la communauté scientifique concernée (astrophysiciens et physiciens théoriciens).

Sommaire

Présentation et terminologie

Un trou noir possède une masse donnĂ©e, concentrĂ©e en un point appelĂ© singularitĂ© gravitationnelle. Cette masse permet de dĂ©finir une sphère appelĂ©e horizon du trou noir, centrĂ©e sur la singularitĂ© et dont le rayon est une limite maximale en-deçà duquel le trou noir empĂŞche tout rayonnement de s’échapper. Cette sphère reprĂ©sente en quelque sorte l’extension spatiale du trou noir. Pour un trou noir de masse Ă©gale Ă  la masse du Soleil, son rayon vaut environ 3 kilomètres[1]. Ă€ une distance interstellaire (en millions de kilomètres), un trou noir n’exerce pas plus d’attraction que n’importe quel autre corps de mĂŞme masse ; il ne s’agit donc pas d’un « aspirateur Â» irrĂ©sistible. Par exemple, si le Soleil se trouvait remplacĂ© par un trou noir de mĂŞme masse, les orbites de ses planètes resteraient inchangĂ©es.

Il existe plusieurs sortes de trous noirs. Lorsqu’ils se forment à la suite de l’effondrement gravitationnel d’une étoile, on parle de trou noir stellaire. Quand on les trouve au centre des galaxies, ils ont une masse pouvant aller jusqu’à plusieurs milliards de masses solaires et on parle alors de trou noir supermassif (ou trou noir galactique). Entre ces deux échelles de masse, on pense qu’il existe des trous noirs intermédiaires avec une masse de quelques milliers de masses solaires. Des trous noirs de masse bien plus faible, qui auraient été formés au début de l’histoire de l’univers, au Big Bang, sont aussi envisagés, et sont appelés trous noirs primordiaux. Leur existence n’est, à l’heure actuelle, pas confirmée.

Il est impossible d’observer directement un trou noir. Il est cependant possible de déduire sa présence par son action gravitationnelle sur son environnement, notamment au sein des microquasars et des noyaux actifs de galaxies, où de la matière à proximité tombant sur le trou noir va se trouver considérablement chauffée et émettre un fort rayonnement X. Les observations permettent ainsi de déceler l’existence d’objets massifs et de très petite taille. Les seuls objets que ces observations impliquent et qui sont compatibles dans le cadre de la relativité générale sont les trous noirs.

Historique

Article dĂ©taillĂ© : Historique des trous noirs.

Le concept de trou noir a Ă©mergĂ© Ă  la fin du XVIIIe siècle dans le cadre de la gravitation universelle d’Isaac Newton. La question Ă©tait de savoir s’il existait des objets dont la masse Ă©tait suffisamment grande pour que leur vitesse de libĂ©ration soit plus grande que la vitesse de la lumière. Cependant, ce n’est qu’au dĂ©but du XXe siècle et avec l’avènement de la relativitĂ© gĂ©nĂ©rale d’Albert Einstein que le concept de trou noir devient plus qu’une curiositĂ©. En effet, peu après la publication des travaux d’Einstein, une solution de l’équation d’Einstein impliquant l’existence d’un trou noir central est publiĂ©e par Karl Schwarzschild[2]. Les travaux fondamentaux sur les trous noirs remontent aux annĂ©es 1960, prĂ©cĂ©dant de peu les premières indications observationnelles solides en faveur de leur existence. La première « observation[3],[4] Â» d’un objet contenant un trou noir fut celle de la source de rayons X Cygnus X-1 par le satellite Uhuru en 1971. Le terme de « trou noir Â» a Ă©mergĂ©, dans le courant des annĂ©es 1960, par l’intermĂ©diaire du physicien amĂ©ricain Kip Thorne. Auparavant, on utilisait les termes de « corps de Schwarzschild Â» ou d’« astre occlus Â». Le terme de « trou noir Â» a rencontrĂ© des rĂ©ticences dans certaines communautĂ©s linguistiques, notamment francophones et russophones, qui le jugeaient quelque peu inconvenant[5].

Propriétés

Un trou noir est un objet astrophysique comme un autre. Il se caractĂ©rise par le fait qu’il est très difficile Ă  observer directement (voir ci-dessous), et que sa rĂ©gion centrale ne peut ĂŞtre dĂ©crite de façon satisfaisante par les thĂ©ories physiques en leur Ă©tat du dĂ©but du XXIe siècle car elle abrite une singularitĂ© gravitationnelle. Cette dernière ne peut ĂŞtre dĂ©crite que dans le cadre d’une thĂ©orie de la gravitation quantique, manquante Ă  ce jour[6]. Par contre, on sait parfaitement dĂ©crire les conditions physiques qui règnent dans son voisinage immĂ©diat, de mĂŞme que son influence sur son environnement, ce qui permet de les dĂ©tecter par diverses mĂ©thodes indirectes.

Par ailleurs, les trous noirs sont Ă©tonnants en ce qu’ils sont dĂ©crits par un très petit nombre de paramètres. En effet, leur description, dans l’univers dans lequel nous vivons, ne dĂ©pend que de trois paramètres : la masse, la charge Ă©lectrique et le moment cinĂ©tique. Tous les autres paramètres du trou noir (par exemple sa taille ou sa forme) sont fixĂ©s par ceux-lĂ . Par comparaison, la description d’une planète fait intervenir des centaines de paramètres (composition chimique, diffĂ©renciation de ses Ă©lĂ©ments, convection, atmosphère, etc.). La raison pour laquelle un trou noir n’est dĂ©crit que par ces trois paramètres est connue depuis 1967 : c’est le thĂ©orème de calvitie dĂ©montrĂ© par Werner Israel. Celui-ci explique que les seules interactions fondamentales Ă  longue portĂ©e Ă©tant la gravitation et l’électromagnĂ©tisme, les seules propriĂ©tĂ©s mesurables des trous noirs sont donnĂ©es par les paramètres dĂ©crivant ces interactions, Ă  savoir la masse, le moment cinĂ©tique et la charge Ă©lectrique.

Pour un trou noir, la masse et la charge Ă©lectrique sont des propriĂ©tĂ©s habituelles que dĂ©crit la physique classique (c'est-Ă -dire non-relativiste) : le trou noir possède un champ gravitationnel proportionnel Ă  sa masse et un champ Ă©lectrique proportionnel Ă  sa charge. L'influence du moment cinĂ©tique est par contre spĂ©cifique Ă  la relativitĂ© gĂ©nĂ©rale. Celle-lĂ  stipule en effet qu'un corps en rotation va avoir tendance Ă  « entraĂ®ner Â» l'espace-temps dans son voisinage. Ce phĂ©nomène, non encore observĂ© Ă  l'heure actuelle dans le système solaire en raison de son extrĂŞme faiblesse pour des astres non compacts, est connu sous le nom d'effet Lense-Thirring (aussi appelĂ© frame dragging, en anglais)[7]. Il prend une amplitude considĂ©rable au voisinage d'un trou noir en rotation, au point qu'un observateur situĂ© dans son voisinage immĂ©diat serait inĂ©vitablement entraĂ®nĂ© dans le sens de rotation du trou noir. La rĂ©gion oĂą ceci se produit est appelĂ©e ergorĂ©gion.

Quatre types théoriques possibles…

Les quatre types théoriques de trous noirs en fonction du moment cinétique (J) et de la charge électrique (Q). La masse (M) est toujours strictement positive.
  M > 0
  J = 0 J ≠ 0
Q = 0 Schwarzschild Kerr
Q ≠ 0 Reissner-Nordström Kerr-Newman

Un trou noir possède toujours une masse non nulle. En revanche, ses deux autres caractéristiques, à savoir le moment cinétique (rotation) et la charge électrique, peuvent en principe prendre des valeurs nulles (c’est-à-dire égales à zéro) ou non nulles. La combinaison de ces états permet de définir quatre types de trous noirs.

Quand la charge électrique et le moment cinétique sont nuls, on parle de trou noir de Schwarzschild, du nom de Karl Schwarzschild qui, le premier, a mis en évidence ces objets comme solutions des équations de la relativité générale (les équations d'Einstein), en 1916.

Quand la charge Ă©lectrique est non nulle et le moment cinĂ©tique nul, on parle de trou noir de Reissner-Nordström. Ces trous noirs ne prĂ©sentent pas d’intĂ©rĂŞt astrophysique notable car aucun processus connu ne permet de fabriquer un objet compact conservant durablement une charge Ă©lectrique significative ; celle-ci se dissipe normalement rapidement par absorption de charges Ă©lectriques opposĂ©es prises Ă  son environnement[8]. Un trou noir de Reissner-Nordström est donc un objet thĂ©orique très improbable dans la nature.

Si le trou noir possède un moment cinétique (c’est-à-dire qu’il est en rotation sur lui-même) mais n’a pas de charge électrique, on parle de trou noir de Kerr, du nom du mathématicien néo-zélandais Roy Kerr qui a trouvé la formule décrivant ces objets en 1963. Contrairement aux trous noirs de Reissner-Nordström et de Schwarzschild, les trous noirs de Kerr présentent un intérêt astrophysique considérable, car les modèles de formation et d’évolution des trous noirs indiquent que ceux-ci ont tendance à absorber la matière environnante par l’intermédiaire d’un disque d'accrétion dans lequel la matière tombe en spiralant toujours dans le même sens dans le trou noir. Ainsi, la matière communique du moment cinétique au trou noir qui l’engloutit. Les trous noirs de Kerr sont donc les seuls que l’on s’attend réellement à rencontrer en astronomie. Cependant, il reste possible que des trous noirs à moment cinétique très faible, s’apparentant en pratique à des trous noirs de Schwarzschild, existent.

La version électriquement chargée du trou noir de Kerr, dotée comme lui d’une rotation, est connue sous le nom de trou noir de Kerr-Newman et ne présente comme le trou noir de Reissner-Nordström ou celui de Schwarzschild que peu d’intérêt astrophysique eu égard à sa très faible probabilité.

… Et une multitude d’autres

D’un point de vue théorique, il peut exister une multitude d’autres types de trous noirs avec des propriétés différentes. Par exemple, il existe un analogue du trou noir de Reissner-Nordström, mais en remplaçant la charge électrique par une charge magnétique, c’est-à-dire créée par des monopôles magnétiques, dont l’existence reste extrêmement hypothétique à ce jour. On peut de même généraliser le concept de trou noir à des espaces comprenant plus de trois dimensions. Ceci permet d’exhiber des types de trous noirs ayant des propriétés parfois différentes de celles des trous noirs présentés ci-dessus[9].

Le trou et le noir…

L’existence des trous noirs est envisagĂ©e dès le XVIIIe siècle indĂ©pendamment par John Michell[10] et Pierre-Simon Laplace. Il s’agissait alors d’objets prĂ©dits comme tellement denses que leur vitesse de libĂ©ration Ă©tait supĂ©rieure Ă  la vitesse de la lumière — c’est-Ă -dire que mĂŞme la lumière ne peut vaincre leur force gravitationnelle. PlutĂ´t qu’une telle force (qui est un concept newtonien), il est plus juste de dire que la lumière subit en fait un dĂ©calage vers le rouge infini. Ce dĂ©calage vers le rouge est d’origine gravitationnelle : la lumière perd la totalitĂ© de son Ă©nergie en essayant de sortir du puits de potentiel d’un trou noir. Ce dĂ©calage vers le rouge est donc d’une nature quelque peu diffĂ©rente de celui dĂ» Ă  l’expansion de l’univers, que l’on observe pour les galaxies lointaines et qui rĂ©sulte d’une expansion d’un espace ne prĂ©sentant pas de puits de potentiels très profonds. De cette caractĂ©ristique provient l’adjectif « noir Â», puisqu’un trou noir ne peut Ă©mettre de lumière. Ce qui est valable pour la lumière l’est aussi pour la matière : aucune particule ne peut s’échapper d’un trou noir une fois capturĂ©e par celui-ci, d’oĂą le terme de « trou Â» fort appropriĂ©.

Horizon des événements

Articles dĂ©taillĂ©s : Horizon des Ă©vĂ©nements et Horizon (trou noir).

La zone qui dĂ©limite la rĂ©gion d’oĂą lumière et matière ne peuvent s’échapper, est appelĂ©e « horizon des Ă©vĂ©nements Â». On parle parfois de « surface Â» du trou noir, quoique le terme soit quelque peu impropre (il ne s’agit pas d’une surface solide ou gazeuse comme la surface d’une planète ou d’une Ă©toile). Il ne s’agit pas d’une rĂ©gion qui prĂ©sente des caractĂ©ristiques particulières : un observateur qui franchirait l’horizon ne ressentirait rien de spĂ©cial Ă  ce moment-lĂ  (voir ci-dessous). Par contre, il se rendrait compte qu’il ne peut plus s’échapper de cette rĂ©gion s’il essayait de faire demi-tour. C'est une sorte de point de non retour. En substance, c’est une situation qui est un peu analogue Ă  celle d’un baigneur qui s’éloignerait de la cĂ´te. Si par exemple le baigneur ne peut nager que deux kilomètres, il ne ressentira rien s’il s’éloigne Ă  plus d’un kilomètre de la cĂ´te. Par contre, s’il fait demi-tour, il se rendra compte qu’il n’a pas assez d’énergie pour atteindre la rive.

En revanche, un observateur situé au voisinage de l’horizon remarquera que le temps s’écoule différemment pour lui et pour un observateur situé loin du trou noir. Si ce dernier lui envoie des signaux lumineux à intervalles réguliers (par exemple une seconde), alors l’observateur proche du trou noir recevra des signaux plus énergétiques (la fréquence des signaux lumineux sera plus élevée, conséquence du décalage vers le bleu subi par la lumière qui tombe vers le trou noir), et les intervalles de temps séparant deux signaux consécutifs seront plus rapprochés (moins d’une seconde, donc). Cet observateur aura donc l’impression que le temps s’écoule plus vite pour son confrère resté loin du trou noir que pour lui. À l’inverse, l’observateur resté loin du trou noir verra son collègue évoluer de plus en plus lentement, le temps chez celui-ci donnant l’impression de s’écouler plus lentement.

Si l’observateur distant voit un objet tomber dans un trou noir, les deux phĂ©nomènes de dilatation du temps et de dĂ©calage vers le rouge vont se combiner. Les Ă©ventuels signaux Ă©mis par l’objet seront de plus en plus rouges, de moins en moins lumineux (la lumière Ă©mise perd de plus en plus d’énergie avant d’arriver Ă  l’observateur lointain), et de plus en plus espacĂ©s. En pratique, le nombre de photons reçus par l’observateur distant va dĂ©croĂ®tre très rapidement, jusqu’à devenir nul : Ă  ce moment-lĂ  l’objet en train de chuter dans le trou noir est devenu invisible. MĂŞme si l’observateur distant tente d’approcher l’horizon en vue de rĂ©cupĂ©rer l’objet qu’il a eu l’impression de voir s’arrĂŞter juste avant l’horizon, celui-ci demeurera invisible[11].

Pour un observateur s’approchant d’une singularité, ce sont les effets de marée qui vont devenir importants. Ces effets, qui déterminent les déformations d’un objet (le corps d’un astronaute, par exemple) du fait des inhomogénéités du champ gravitationnel, seront inéluctablement ressentis par un observateur s’approchant de trop près d’un trou noir ou d’une singularité. La région où ces effets de marée deviennent importants est entièrement située dans l’horizon pour les trous noirs supermassifs, mais empiète notablement hors de l’horizon pour des trous noirs stellaires[12]. Ainsi, un observateur s’approchant d’un trou noir stellaire serait déchiqueté avant de passer l’horizon, alors que le même observateur qui s’approcherait d’un trou noir supermassif passerait l’horizon sans encombre. Il serait tout de même inéluctablement détruit par les effets de marée en s'approchant de la singularité.

Singularité

Article dĂ©taillĂ© : SingularitĂ© gravitationnelle.

Au centre d’un trou noir se situe une région dans laquelle le champ gravitationnel et les distorsions de l’espace (on parle plutôt de courbure de l’espace) deviennent infinis. Cette région s’appelle une singularité gravitationnelle. La description de cette région est délicate dans le cadre de la relativité générale puisque celle-ci ne peut décrire des régions où la courbure devient infinie.

De plus, la relativité générale est une théorie qui ne peut pas incorporer en général des effets gravitationnels d’origine quantique. Or quand la courbure tend vers l’infini, on peut montrer que celle-ci est nécessairement sujette à des effets de nature quantique. Par conséquent, seule une théorie de la gravitation incorporant tous les effets quantiques (on parle alors de gravitation quantique) est en mesure de décrire correctement les singularités gravitationnelles.

La description d’une singularité gravitationnelle est donc pour l’heure problématique[6]. Néanmoins, tant que celle-ci est située à l’intérieur d’un trou noir, elle ne peut influencer l’extérieur d’un trou noir, de la même façon que de la matière située à l’intérieur d’un trou noir ne peut en ressortir. Ainsi, aussi mystérieuses que soient les singularités gravitationnelles, notre incapacité à les décrire, signe de l’existence de limitations de la relativité générale à décrire tous les phénomènes gravitationnels, n’empêche pas la description des trous noirs pour la partie située de notre côté de l’horizon des événements.

Formation des trous noirs

La possibilitĂ© de l’existence des trous noirs n’est pas une consĂ©quence exclusive de la relativitĂ© gĂ©nĂ©rale : la quasi-totalitĂ© des autres thĂ©ories de la gravitation physiquement rĂ©alistes permet Ă©galement leur existence. La relativitĂ© gĂ©nĂ©rale, Ă  l’instar de la plupart de ces autres thĂ©ories de la gravitĂ©, non seulement prĂ©dit que les trous noirs peuvent exister, mais aussi qu’ils seront formĂ©s partout oĂą suffisamment de matière peut ĂŞtre compactĂ©e dans une rĂ©gion de l’espace. Par exemple, si l’on compressait le Soleil dans une sphère d’environ trois kilomètres de rayon (soit Ă  peu près quatre millionièmes de sa taille), il deviendrait un trou noir. Si la Terre Ă©tait compressĂ©e dans un volume de quelques centimètres cube, elle deviendrait Ă©galement un trou noir.

Pour l’astrophysique, un trou noir peut ĂŞtre considĂ©rĂ© comme le stade ultime d’un effondrement gravitationnel. Les deux stades de la matière qui, en termes de compacitĂ©, prĂ©cèdent l’état de trou noir, sont ceux atteints par exemple par les naines blanches et les Ă©toiles Ă  neutrons. Dans le premier cas, c’est la pression de dĂ©gĂ©nĂ©rescence des Ă©lectrons qui maintient la naine blanche dans un Ă©tat d’équilibre face Ă  la gravitĂ©. Dans le second, il ne s'agit pas de la pression de dĂ©gĂ©nĂ©rescence des nuclĂ©ons, mais de l'interaction forte qui maintient l’équilibre[13]. Un trou noir ne peut se former suite Ă  l'effondrement d'une naine blanche : celle-ci, en s'effondrant initie des rĂ©actions nuclĂ©aires qui forment des nuclĂ©ons plus lourds que ceux qui la composent[14]. Ce faisant, le dĂ©gagement d'Ă©nergie qui en rĂ©sulte est suffisant pour disloquer complètement la naine blanche, qui explose en supernova dite thermonuclĂ©aire (ou de type Ia).

Un trou noir se forme lorsque la force de gravitĂ© est suffisamment grande pour dĂ©passer l’effet de la pression, chose qui se produit quand l'astre progĂ©niteur dĂ©passe une certaine masse critique. Dans ce cas, plus aucune force connue ne permet de maintenir l’équilibre, et l’objet en question s’effondre complètement. En pratique, plusieurs cas de figures sont possibles : soit une Ă©toile Ă  neutrons accrète de la matière issue d'une autre Ă©toile, jusqu'Ă  atteindre une masse critique, soit elle fusionne avec une autre Ă©toile Ă  neutron (phĂ©nomène a priori beaucoup plus rare), soit le cĹ“ur d'une Ă©toile massive s'effondre directement en trou noir[15].

L’hypothèse de l’existence d’un Ă©tat plus compact que celui d’étoile Ă  neutrons a Ă©tĂ© proposĂ©e dans le courant des annĂ©es 1980 ; ce serait celui des Ă©toiles Ă  quarks aussi appelĂ©es Ă©toiles Ă©tranges en raison du nom donnĂ© pour des raisons historiques Ă  certains des quarks constituant l’objet, appelĂ©s « quarks Ă©tranges[16] Â». Des indications d’une possible dĂ©tection indirecte de tels astres ont Ă©tĂ© obtenues depuis le courant des annĂ©es 1990, sans trancher pour autant dĂ©finitivement la question[17], mais cela ne change rien au fait qu'au delĂ  d'une certaine masse ce type d'astre finisse par s'effondrer en trou noir, seule la valeur de la masse limite change.

En 2006, on distingue quatre grandes classes de trous noirs en fonction de leur masse : les trous noirs stellaires, supermassifs, intermĂ©diaires et primordiaux (ou micro trous noirs). L’existence voire l’abondance de chaque type de trou noir est directement liĂ©e Ă  la possibilitĂ© de leur formation.

Trous noirs stellaires

Illustration de la formation de jets. Au sein d’un système binaire composé d’un trou noir et d’une étoile, cette dernière voit son gaz arraché et aspiré vers le trou noir. En s’approchant le gaz engendre un disque d'accrétion qui fournit la matière dont est composé le jet.
Article dĂ©taillĂ© : Trou noir stellaire.

Les trous noirs stellaires ont une masse de quelques masses solaires. Ils naissent à la suite de l’effondrement gravitationnel du résidu des étoiles massives (environ dix masses solaires et plus, initialement). En effet, lorsque la combustion par les réactions thermonucléaires dans le cœur de l’étoile massive se termine, faute de carburant, une supernova se produit. Cette dernière peut laisser derrière elle un cœur qui continue à s’effondrer rapidement.

En 1939, Robert Oppenheimer a montré que si ce cœur a une masse supérieure à une certaine limite (appelée limite d'Oppenheimer-Volkoff, et égale à environ 3,3 masses solaires), la force gravitationnelle l’emporte définitivement sur toutes les autres forces et un trou noir se forme.

L’effondrement vers un trou noir est susceptible d’émettre des ondes gravitationnelles, qui devraient être détectées dans un futur proche avec des instruments tels que le détecteur Virgo de Cascina en Italie, ou avec les deux interféromètres américains de LIGO. Les trous noirs stellaires sont aujourd’hui observés dans les binaires X et les microquasars et sont responsables parfois de l’apparition de jets tels que ceux observés dans certains noyaux actifs de galaxies.

Trous noirs supermassifs

Le jet émis depuis le centre de la galaxie M87 est probablement formé grâce à la présence d’un trou noir supermassif dont la masse est estimée à trois milliards de masses solaires. Seul un côté du jet est visible, il s'agit de celui dirigé vers nous. Celui-ci apparaît bien plus brillant que le contre jet, car ayant sa luminosité considérablement augmentée par l'effet de décalage vers le bleu, alors que le contre jet subit un décalage vers le rouge qui le rend bien moins lumineux.
Article dĂ©taillĂ© : Trou noir supermassif.

Les trous noirs supermassifs ont une masse comprise entre quelques millions et quelques milliards de masses solaires. Ils se trouvent au centre des galaxies et leur présence provoque parfois l’apparition de jets et du rayonnement X. Les noyaux de galaxies qui sont ainsi plus lumineux qu’une simple superposition d’étoiles sont alors appelés noyaux actifs de galaxies.

Notre galaxie, la Voie lactée, contient un tel trou noir, ainsi qu’il a été démontré par l’observation des mouvements extrêmement rapides des étoiles proches du trou noir[18]. En particulier, une étoile nommée S2 a pu être observée lors d’une révolution complète autour d’un objet sombre non détecté en moins de onze ans. L’orbite elliptique de cette étoile l’a amenée à moins de vingt unités astronomiques de cet objet (soit une distance de l’ordre de celle Uranus-Soleil), et la vitesse à laquelle l’orbite est parcourue permet d’assigner une masse d’environ 2,3 millions de masses solaires pour l’objet sombre autour duquel elle gravite. Aucun modèle autre que celui d’un trou noir ne permet de rendre compte d’une telle concentration de matière dans un volume aussi restreint[19].

Le télescope Chandra a également permis d’observer au centre de la galaxie NGC 6240 deux trous noirs supermassifs en orbite l’un autour de l’autre. La formation de tels géants est encore débattue, mais certains pensent qu’ils se sont formés très rapidement au début de l’univers[20],[21].

Trous noirs intermédiaires

Article dĂ©taillĂ© : Trou noir intermĂ©diaire.

Les trous noirs intermĂ©diaires sont des objets rĂ©cemment dĂ©couverts et ont une masse entre 100 et 10 000 masses solaires[22]. Dans les annĂ©es 1970, les trous noirs de masse intermĂ©diaire Ă©taient supposĂ©s se former dans le cĹ“ur des amas globulaires, mais aucune observation ne venait soutenir cette hypothèse. Des observations dans les annĂ©es 2000 ont montrĂ© l’existence de sources de rayons X ultralumineuses (Ultra-luminous X-ray source en anglais, ou ULX)[23]. Ces sources ne sont apparemment pas associĂ©es au cĹ“ur des galaxies oĂą l’on trouve les trous noirs supermassifs. De plus, la quantitĂ© de rayons X observĂ©e est trop importante pour ĂŞtre produite par un trou noir de 20 masses solaires, accrĂ©tant de la matière avec un taux Ă©gal Ă  la limite d'Eddington (limite maximale pour un trou noir stellaire).

Trous noirs primordiaux

Article dĂ©taillĂ© : Trou noir primordial.

Les trous noirs primordiaux, aussi appelĂ©s micro trous noirs ou trous noirs quantiques, auraient une taille très petite. Ils se seraient formĂ©s durant le Big Bang (d’oĂą l’appellation trou noir « primordial Â»), suite Ă  l’effondrement gravitationnel de petites surdensitĂ©s dans l’univers primordial. Dans les annĂ©es 1970, les physiciens Stephen Hawking et Bernard Carr ont Ă©tudiĂ© un mĂ©canisme de formation des trous noirs dans l’univers primordial. Ils avancèrent l’idĂ©e d’une profusion de mini-trous noirs, minuscules par rapport Ă  ceux envisagĂ©s par la formation stellaire. La densitĂ© et la rĂ©partition en masse de ces trous noirs ne sont pas connues et dĂ©pendent essentiellement de la façon dont se produit une phase d’expansion rapide dans l’univers primordial, l’inflation cosmique. Ces trous noirs de faible masse Ă©mettent s’ils existent un rayonnement gamma qui pourrait Ă©ventuellement ĂŞtre dĂ©tectĂ© par des satellites comme INTEGRAL. La non dĂ©tection de ce rayonnement permet de mettre des limites supĂ©rieures sur l’abondance et la rĂ©partition en masse de ces trous noirs.

Selon certains modèles de physique des hautes énergies, il pourrait être possible de créer des mini-trous noirs similaires en laboratoire[24], dans des accélérateurs de particules comme le LHC, installé près de Genève, en Suisse.

Observation des trous noirs

Article dĂ©taillĂ© : Observation et dĂ©tection des trous noirs.
Jet de plasma observé en interférométrie dans la galaxie M87. L’effet est imputé au champ magnétique intense à proximité du trou noir supermassif en rotation situé au centre de la galaxie.

Les deux seules classes de trous noirs pour lesquelles on dispose d’observations nombreuses (indirectes, mais de plus en plus précises, voir paragraphe suivant) sont les trous noirs stellaires et supermassifs. Le trou noir supermassif le plus proche est celui qui se trouve au centre de notre Galaxie à environ 8 kilo-parsecs.

Une des premières méthodes de détection d’un trou noir est la détermination de la masse des deux composantes d’une étoile binaire, à partir des paramètres orbitaux. On a ainsi observé des étoiles de faible masse avec un mouvement orbital très prononcé (amplitude de plusieurs dizaines de km/s), mais dont le compagnon est invisible. Le compagnon massif invisible peut généralement être interprété comme une étoile à neutrons ou un trou noir puisqu’une étoile normale avec une telle masse se verrait très facilement. La masse du compagnon (ou la fonction de masses, si l’angle d’inclinaison est inconnu) est alors comparée à la masse limite maximale des étoiles à neutrons (environ 3,3 masses solaires). Si elle dépasse cette limite, on considère que l’objet est un trou noir. Sinon, il peut être une naine blanche.

On considère également que certains trous noirs stellaires apparaissent lors des sursauts de rayons gamma (ou GRB, pour gamma-ray burst en anglais). En effet, ces derniers se formeraient via l’explosion d’une étoile massive (comme une étoile Wolf-Rayet) en supernova, et que dans certains cas (décrits par le modèle collapsar), un flash de rayons gamma est produit au moment où le trou noir se forme. Ainsi, un GRB[25] pourrait représenter le signal de la naissance d’un trou noir. Des trous noirs de plus faible masse peuvent aussi être formés par des supernovae classiques. Le rémanent de la supernova 1987A est soupçonné d’être un trou noir, par exemple.

Un deuxième phénomène directement relié à la présence d’un trou noir, cette fois pas seulement de type stellaire, mais aussi supermassif, est la présence de jets observés principalement dans le domaine des ondes radio. Ces jets résultent des changements de champ magnétique à grande échelle se produisant dans le disque d’accrétion du trou noir.

Vers l’observation directe ?

La petitesse d’un trou noir stellaire (quelques kilomètres) rend son observation directe impossible. En guise d’exemple, et mĂŞme si la taille angulaire d'un trou noir est plus grande que celle d’un objet classique de mĂŞme rayon, un trou noir d’une masse solaire et situĂ© Ă  un parsec (environ 3,26 annĂ©es-lumière) aurait un diamètre angulaire de 0,1 microseconde d'arc. Cependant, la situation est plus favorable pour un trou noir supermassif. En effet, la taille d’un trou noir est proportionnelle Ă  sa masse. Le trou noir du centre galactique a une masse, bien estimĂ©e, d’environ 3,6 millions de masses solaires. Son rayon de Schwarzschild est donc d’environ 11 millions de kilomètres. La taille angulaire de ce trou noir, situĂ© Ă  environ 8,5 kiloparsecs est de l’ordre de 40 microsecondes d’arc. Cette rĂ©solution est inaccessible dans le domaine visible, mais est assez proche des limites actuellement atteignables en interfĂ©romĂ©trie radio. La technique de l’interfĂ©romĂ©trie radio, avec une sensibilitĂ© suffisante, est limitĂ©e en frĂ©quence au domaine millimĂ©trique. Un gain d’un ordre de grandeur en frĂ©quence permettrait une rĂ©solution meilleure que la taille angulaire du trou noir. L’imagerie directe du trou noir du centre galactique est donc envisageable dans les annĂ©es qui viennent. Le trou noir supermassif situĂ© au centre de la galaxie M87 est environ 2 000 fois plus Ă©loignĂ© (18,7 Mpc), mais estimĂ© près de 1 000 fois plus massif. Ce trou noir pourrait ainsi devenir le second trou noir imagĂ© après celui de la Voie LactĂ©e[26],[27].

Exemples de trous noirs stellaires

Cygnus X-1, détecté en 1965, est le premier objet astrophysique connu contenant un trou noir. C’est un système binaire constitué d’un trou noir en rotation et d’une étoile géante.

Les systèmes binaires stellaires qui contiennent un trou noir avec un disque d’accrĂ©tion formant des jets sont appelĂ©s microquasars, en rĂ©fĂ©rence Ă  leurs parents extragalactiques : les quasars. Les deux classes d’objets partagent en fait les mĂŞmes processus physiques. Parmi les microquasars les plus Ă©tudiĂ©s, on notera GRS 1915+105, dĂ©couvert en 1994 pour avoir des jets supraluminiques. Un autre cas de tels jets fut dĂ©tectĂ© dans le système GRO J1655-40. Mais sa distance est sujette Ă  controverse et ses jets pourraient ne pas ĂŞtre supraluminiques. Notons aussi le microquasar très spĂ©cial SS 433, qui a des jets persistants en prĂ©cession, et oĂą la matière se dĂ©place par paquets Ă  des vitesses de quelques fractions de la vitesse de la lumière.

Exemples de trous noirs supermassifs

Image composite en fausses couleurs d’une galaxie contenant un trou noir supermassif produisant des jets. L’image est dĂ©composĂ©e en bleu pour les rayons X observĂ© par le satellite Chandra, en jaune l’image dans le domaine optique prise par le Digitized Sky Survey, en vert l’image du NRAO dans le domaine radio, et finalement en rouge l’image radio dans la frĂ©quence spĂ©cifique Ă  la raie Ă  21 cm de l’hydrogène. L’image illustre bien la complĂ©mentaritĂ© des observations dans des longueurs d’onde très diffĂ©rentes pour Ă©tudier les diffĂ©rents aspects des trous noirs. Ici les rayons X montrent les jets et le gaz chaud, l’image optique les Ă©toiles et la poussière interstellaire, l’image radio les jets Ă©galement, et l’image de l’hydrogène Ă  21 cm montre la distribution du gaz froid.

Les candidats trous noirs supermassifs ont premièrement été les noyaux actifs de galaxie et les quasars découverts par les radioastronomes dans les années 1960. Cependant, les observations les plus convaincantes de l’existence de trous noirs supermassifs sont celles des orbites des étoiles autour du centre galactique appelé Sagitarius A*. L’orbite de ces étoiles et les vitesses atteintes, ont permis aujourd’hui d’exclure tout autre type d’objet qu’un trou noir supermassif à cet endroit de la galaxie. Par la suite, des trous noirs supermassifs ont été détectés dans de nombreuses autres galaxies.

En fĂ©vrier 2005, une Ă©toile gĂ©ante bleue, appelĂ©e SDSS J090745.0+024507 fut observĂ©e quittant notre galaxie avec une vitesse deux fois supĂ©rieure Ă  la vitesse de libĂ©ration de la Voie lactĂ©e, soit 0,0022 fois la vitesse de la lumière. Quand on remonte la trajectoire de cette Ă©toile, on voit qu’elle croise le voisinage immĂ©diat du centre galactique. Sa vitesse et sa trajectoire confortent donc Ă©galement l’idĂ©e de la prĂ©sence d’un trou noir supermassif Ă  cet endroit dont l’influence gravitationnelle aurait provoquĂ© l’éjection de cette Ă©toile de la Voie LactĂ©e.

En novembre 2004, une Ă©quipe d’astronomes a rapportĂ© la dĂ©couverte du premier trou noir de masse intermĂ©diaire dans notre galaxie et orbitant Ă  seulement trois annĂ©es-lumière du centre galactique. Ce trou noir aurait une masse d’environ 1 300 masses solaires et se trouve dans un amas de seulement sept Ă©toiles. Cet amas est probablement le rĂ©sidu d’un amas massif d’étoiles qui a Ă©tĂ© dĂ©nudĂ© par la prĂ©sence du trou noir central[28]. Cette observation conforte l’idĂ©e que les trous noirs supermassifs grandissent en absorbant des Ă©toiles et autres trous noirs, qui pourra ĂŞtre confirmĂ©e par l’observation directe des ondes gravitationnelles Ă©mises par ce processus, par l’intermĂ©diaire de l’interfĂ©romètre spatial LISA.

En juin 2004, des astronomes ont trouvĂ© un trou noir supermassif, appelĂ© Q0906+6930, au centre d’une galaxie lointaine d’environ 12,7 milliards d’annĂ©es-lumière, c’est-Ă -dire lorsque l’univers Ă©tait encore très jeune[29]. Cette observation montre que la formation des trous noirs supermassifs dans les galaxies est un phĂ©nomène relativement rapide.

Trous noirs et physique fondamentale

Théorèmes sur les singularités

Une question cruciale Ă  propos des trous noirs est de savoir sous quelles conditions ils peuvent se former. Si les conditions nĂ©cessaires Ă  leur formation sont extrĂŞmement spĂ©cifiques, les chances que les trous noirs soient nombreux peuvent ĂŞtre faibles. Un ensemble de thĂ©orèmes mathĂ©matiques dus Ă  Stephen Hawking et Roger Penrose a montrĂ© qu’il n’en Ă©tait rien : la formation des trous noirs peut se produire dans une variĂ©tĂ© de conditions extrĂŞmement gĂ©nĂ©riques. Pour des raisons Ă©videntes, ces travaux ont Ă©tĂ© nommĂ©s thĂ©orèmes sur les singularitĂ©s. Ces thĂ©orèmes datent du dĂ©but des annĂ©es 1970, Ă©poque oĂą il n’y avait guère de confirmation observationnelle de l’existence des trous noirs. Les observations ultĂ©rieures ont effectivement confirmĂ© que les trous noirs Ă©taient des objets très frĂ©quents dans l’univers.

Singularités nues et censure cosmique

Article dĂ©taillĂ© : Principe de censure cosmique.

Au centre d’un trou noir se situe une singularitĂ© gravitationnelle. Pour tout type de trou noir, cette singularitĂ© est « cachĂ©e Â» du monde extĂ©rieur par l’horizon des Ă©vĂ©nements. Cette situation s’avère très heureuse : la physique actuelle ne sait certes pas dĂ©crire une singularitĂ© gravitationnelle, mais cela a peu d’importance car, celle-lĂ  Ă©tant Ă  l'intĂ©rieur de la zone dĂ©limitĂ©e par l’horizon, elle n’influe pas sur les Ă©vĂ©nements du monde extĂ©rieur. Il se trouve cependant qu’il existe des solutions mathĂ©matiques aux Ă©quations de la relativitĂ© gĂ©nĂ©rale dans lesquelles une singularitĂ© existe sans ĂŞtre entourĂ©e d’un horizon. C’est par exemple le cas pour les solutions de Kerr ou de Reissner-Nordström quand la charge ou le moment cinĂ©tique dĂ©passe une certaine valeur critique. Dans ce cas, on ne parle plus de trou noir (il n’y a plus d’horizon, donc plus de « trou Â») mais de singularitĂ© nue. De telles configurations sont extrĂŞmement difficiles Ă  Ă©tudier en pratique, car la prĂ©diction du comportement de la singularitĂ© reste toujours impossible ; mais cette fois, il influence l’univers dans lequel nous vivons. L’existence de singularitĂ©s nues a donc pour consĂ©quence l’impossibilitĂ© d’une Ă©volution dĂ©terministe de l’univers dans l’état des connaissances actuelles[30].

Pourtant, les trous noirs de Kerr ou de Reissner-Nordström (ainsi que le cas gĂ©nĂ©ral de Kerr-Newman) ne peuvent pas arriver Ă  leurs valeurs critiques respectives par apport externe de moment cinĂ©tique ou de charges Ă©lectriques. En effet, plus on se rapprocherait de la valeur critique d'un trou noir de Kerr, moins un objet externe pourrait augmenter son moment cinĂ©tique. De façon comparable, Ă  l'approche de la charge maximale d'un trou noir de Reissner-Nordström, les charges Ă©lectriques de mĂŞme signe que celle du trou noir projetĂ©es vers celui-ci y parviendraient de plus en plus difficilement en raison de la rĂ©pulsion Ă©lectrostatique exercĂ©e par le trou noir. Pour amener les charges Ă  pĂ©nĂ©trer dans le trou noir, il faudrait les y projeter Ă  une vitesse relativiste (Ă  cause de la rĂ©pulsion Ă©lectrique), ce qui contribuerait Ă  leur confĂ©rer une Ă©nergie croissante devenant bien supĂ©rieure Ă  leur Ă©nergie de masse (au repos). D'oĂą une contribution Ă  la masse du trou noir, suffisante pour compenser l'augmentation de charge du trou noir. Au final, le rapport charge/masse du trou noir « saturerait Â» juste en dessous de la valeur critique[31].

Ces éléments, ainsi que des considérations plus fondamentales, ont conduit le mathématicien anglais Roger Penrose à formuler en 1969 l’hypothèse dite de la censure cosmique, stipulant qu’aucun processus physique ne pouvait permettre l’apparition de singularités nues dans l’univers. Cette hypothèse, qui possède plusieurs formulations possibles, a été l’objet d’un pari entre Stephen Hawking d’une part et Kip Thorne et John Preskill d’autre part, ces derniers ayant parié que des singularités nues pouvaient exister. En 1991, Stuart L. Shapiro et Saul A. Teukolsky montrèrent sur foi de simulations numériques que des singularités nues pouvaient se former dans l’univers. Quelques années plus tard, Matthew Choptuik mit en évidence un ensemble important de situations à partir desquelles la formation de singularités nues était possible. Ces configurations demeurent cependant extrêmement particulières, et nécessitent un ajustement fin des conditions initiales pour mener à la formation des singularités nues. Leur formation est donc possible, mais en pratique extrêmement improbable. En 1997 Stephen Hawking reconnut qu’il avait perdu son pari avec Kip Thorne et John Preskill. Un autre pari a depuis été lancé, où des conditions plus restrictives sur les conditions initiales pouvant mener à des singularités nues ont été rajoutées.

Entropie des trous noirs

Article dĂ©taillĂ© : Entropie des trous noirs.

En 1971, le physicien britannique Stephen Hawking montra que la surface totale des horizons des événements de n’importe quel trou noir classique ne peut jamais décroître. Cette propriété est tout à fait semblable à la deuxième loi de la thermodynamique, avec la surface jouant le rôle de l’entropie. Dans le cadre de la physique classique, on pourrait violer cette loi de la thermodynamique en envoyant de la matière dans un trou noir, ce qui la ferait disparaître de notre univers, avec la conséquence d’un décroissement de l’entropie totale de l’univers.

Pour éviter de violer cette loi, le physicien Jacob Bekenstein proposa qu’un trou noir possède une entropie (sans en préciser la nature exacte), et qu’elle soit proportionnelle à la surface de son horizon. Bekenstein pensait alors que les trous noirs n’émettent pas de radiation et que le lien avec la thermodynamique n’était qu’une simple analogie et pas une description physique des propriétés du trou noir. Néanmoins Hawking a peu après démontré par un calcul de théorie quantique des champs que le résultat sur l’entropie des trous noirs est bien plus qu’une simple analogie et qu’il est possible de définir rigoureusement une température associée au rayonnement des trous noirs (voir ci-dessous).

Utilisant les équations de la thermodynamique des trous noirs, il apparaît que l’entropie d’un trou noir est proportionnelle à la surface de son horizon[32]. C’est un résultat universel qui peut être appliqué dans un autre contexte aux modèles cosmologiques comportant eux aussi un horizon comme par exemple l’univers de de Sitter. L’interprétation microscopique de cette entropie reste par contre un problème ouvert, auquel la théorie des cordes a cependant réussi à apporter des éléments de réponse partiels.

Il a été ensuite montré que les trous noirs sont des objets à entropie maximale, c’est-à-dire que l’entropie maximale d’une région de l’espace délimitée par une surface donnée est égale à celle du trou noir de même surface[33],[34]. Ce constat a amené les physiciens Gerard ’t Hooft et ensuite Leonard Susskind à proposer un ensemble d’idées, appelé principe holographique, basé sur le fait que la description de la surface d’une région permet de reconstituer toute l’information relative à son contenu, de la même façon qu’un hologramme code des informations relatives à un volume sur une simple surface, permettant ainsi de donner un effet de relief à partir d’une surface.

La découverte de l’entropie des trous noirs a ainsi permis le développement d’une analogie extrêmement profonde entre trous noirs et thermodynamique, la thermodynamique des trous noirs, qui pourrait aider dans la compréhension d’une théorie de la gravité quantique.

Évaporation et radiation de Hawking

Article dĂ©taillĂ© : Évaporation des trous noirs.

En 1974, Stephen Hawking appliqua la thĂ©orie quantique des champs Ă  l’espace-temps courbĂ© de la relativitĂ© gĂ©nĂ©rale, et dĂ©couvrit que contrairement Ă  ce que prĂ©disait la mĂ©canique classique, les trous noirs pouvaient effectivement Ă©mettre une radiation (proche d’une radiation thermique) aujourd’hui appelĂ©e rayonnement de Hawking[35] : les trous noirs ne sont donc pas complètement « noirs Â».

La radiation de Hawking correspond en fait Ă  un spectre de corps noir. On peut donc y associer la « tempĂ©rature Â» du trou noir, qui est inversement proportionnelle Ă  sa taille[36]. De ce fait, plus le trou noir est important, plus sa tempĂ©rature est basse. Un trou noir de la masse de la planète Mercure aurait une tempĂ©rature Ă©gale Ă  celle du rayonnement de fond diffus cosmologique (Ă  peu près 2,73 kelvins). Si le trou est plus massif, il sera donc plus froid que la tempĂ©rature du fond et accroĂ®tra son Ă©nergie plus vite qu’il n’en perdra via la radiation de Hawking, devenant ainsi encore plus froid. Un trou noir stellaire a ainsi une tempĂ©rature de quelques microkelvins, ce qui rend la dĂ©tection directe de son Ă©vaporation totalement inenvisageable. Cependant, pour des trous noirs moins massifs, la tempĂ©rature est plus Ă©levĂ©e, et la perte d’énergie associĂ©e lui permet de voir sa masse varier sur des Ă©chelles cosmologiques. Ainsi, un trou noir de quelques millions de tonnes s’évaporera-t-il en une durĂ©e infĂ©rieure Ă  celle de l’âge de l'univers. Alors que le trou noir s’évapore, le trou noir devient plus petit, donc plus chaud. Certains astrophysiciens ont proposĂ© que l’évaporation complète de trous noirs produirait un flash de rayons gamma. Ceci serait une signature de l’existence de trous noirs de très faible masse. Il s’agirait alors de trous noirs primordiaux. La recherche actuelle explore cette possibilitĂ© avec les donnĂ©es du satellite europĂ©en INTEGRAL[37].

Paradoxe de l’information

Article dĂ©taillĂ© : ThĂ©orème de calvitie.

Une question de physique fondamentale encore irrĂ©solue au dĂ©but du XXIe siècle est le fameux paradoxe de l’information. En effet, en raison du thĂ©orème de calvitie dĂ©jĂ  citĂ©, il n’est pas possible de dĂ©terminer a posteriori ce qui est entrĂ© dans le trou noir. Cependant, vue d’un observateur Ă©loignĂ©, l’information n’est jamais complètement dĂ©truite puisque la matière tombant dans le trou noir ne disparaĂ®t qu’après un temps infiniment long. Alors, l’information qui a formĂ© le trou noir est-elle perdue ou pas ?

Des considĂ©rations gĂ©nĂ©rales sur ce que devrait ĂŞtre une thĂ©orie de la gravitĂ© quantique suggèrent qu’il ne peut y avoir qu’une quantitĂ© finie et limitĂ©e d’entropie (i.e. une quantitĂ© maximale et finie d’information) associĂ©e Ă  l’espace près de l’horizon du trou noir. Mais la variation de l’entropie de l’horizon plus celle de la radiation Hawking est toujours suffisante pour prendre en compte toute l’entropie de la matière et de l’énergie tombant dans le trou noir… Mais restent de nombreuses questions. En particulier au niveau quantique, est-ce que l’état quantique de la radiation de Hawking est dĂ©terminĂ© de manière unique par l’histoire de ce qui est tombĂ© dans le trou noir ? De mĂŞme, est-ce que l’histoire de ce qui est tombĂ© est dĂ©terminĂ©e de manière unique par l’état quantique du trou noir et de sa radiation ? En d’autres termes, est-ce que les trous noirs sont, ou ne sont pas, dĂ©terministes ? Cette propriĂ©tĂ© est bien sĂ»r conservĂ©e dans la relativitĂ© gĂ©nĂ©rale comme dans la physique classique, mais pas dans la mĂ©canique quantique.

Pendant de longues années, Stephen Hawking a maintenu sa position originelle de 1975 voulant que la radiation de Hawking soit entièrement thermique, et donc complètement aléatoire, représentant ainsi une nouvelle source d’information non-déterministe. Cependant, le 21 juillet 2004, il présenta un nouvel argument, allant à l’opposé de sa première position[38],[39],[40]. Dans ses nouveaux calculs, l’entropie associée à un trou noir serait effectivement inaccessible à un observateur extérieur. De plus dans l’absence de cette information, il est impossible de relier de manière univoque l’information de la radiation de Hawking (contenue dans ses corrélations internes) à l’état initial du système. Cependant, si le trou noir s’évapore complètement, cette identification univoque peut être faite et l’unitarité est préservée (l’information est donc conservée). Il n’est pas clair que la communauté scientifique spécialisée soit absolument convaincue par les arguments présentés par Hawking[41]. Mais Hawking lui-même fut suffisamment convaincu pour régler le pari qu’il avait fait en 1997 avec le physicien John Preskill de Caltech, provoquant ainsi un énorme intérêt des médias.

En juillet 2005, l’annonce de Hawking a donné lieu à une publication dans la revue Physical Review[42] et fut débattue par la suite au sein de la communauté scientifique sans qu’un consensus net ne se dégage quant à la validité de l’approche proposée par Hawking[43],[44].

Trous noirs et trous de ver

Schéma d’un trou de ver.
Article dĂ©taillĂ© : Trou de ver.

La relativité générale indique qu’il existerait des configurations dans lesquelles deux trous noirs sont reliés l’un à l’autre. Une telle configuration est habituellement appelée trou de ver ou plus rarement pont d’Einstein-Rosen. De telles configurations ont beaucoup inspiré les auteurs de science-fiction (voir par exemple les références de la section Culture populaire) car elles proposent un moyen de voyager très rapidement sur de grandes distances, voire voyager dans le temps. En pratique, de telles configurations, si elles sont autorisées par la relativité générale, semblent totalement irréalisables dans un contexte astrophysique, car aucun processus connu ne semble permettre la formation de tels objets[45].

Culture populaire

Quand on parle de « culture populaire Â» Ă  propos de trou noir, on pense souvent Ă  science-fiction. On y trouve, au cinĂ©ma ou dans le domaine littĂ©raire, beaucoup d’inspiration.

Dans les films

  • Le Trou noir (1979), de Gary Nelson, est un film des studios Disney.
  • Event Horizon, le vaisseau de l'au-delĂ  (1997), de Paul W.S. Anderson.
  • Sphère (1998), de Barry Levinson.
  • (en) The Void (2001), de Gilbert M. Shilton.
  • Donnie Darko (2001), de Richard Kelly.
  • Contact (1997), de Robert Zemeckis, oĂą il est fait mention d'un pont Einstein-Rosen.
  • Dans la mythologie de La Guerre des Ă©toiles, Evona, l’un des deux soleils du système dont est originaire le peuple des Hutt a Ă©tĂ© englouti par un trou noir.

Dans la littérature

  • L’essai Eureka Ă©crit en 1848 par Edgar Allan Poe qui inclut une intuition cosmologique qui anticipe les trous noirs et la thĂ©orie du Big Bang.
  • Les Cantos d'HypĂ©rion, de Dan Simmons.
  • Contact, de Carl Sagan, adaptĂ© au cinĂ©ma (voir Contact).
  • La Grande Porte, de Frederik Pohl.
  • Une singularitĂ© nue et ses effets non dĂ©terministes sont Ă  la base du livre Radix, de l’auteur amĂ©ricain Alfred Angelo Attanasio, paru en 1981.
  • Dans les romans Ilium et Olympos de Dan Simmons, des trous de ver entre trous noirs branaires (brane holes) sont utilisĂ©s comme moyen de transport par les Moravecs pour se dĂ©placer Ă  travers le système solaire.
  • Le roman de l’auteur amĂ©ricain John Varley, Le Canal Ophite parle de « chasseurs de trous noirs Â».
  • Le Festin des dieux (1991) par l’écrivain Éric Jacob.

Dans les séries télévisées

  • Andromeda, le protagoniste et son vaisseau (Andromeda) sont happĂ©s par un trou noir et y sont prisonniers dans le temps pendant 300 ans.
  • Babylon 5, le voyage spatial est rendu possible par des zones de singularitĂ© créées artificiellement.
  • Stargate SG-1, dans l’épisode 16 de la saison 2, SG-10 en mission sur P3W-451 est confrontĂ© Ă  l’apparition d’un trou noir.
  • Stargate SG-1, dans l’épisode 6 de la saison 9, une planète s’effondre en un trou noir par la volontĂ© des Ori, afin d’activer une porte des Ă©toiles gĂ©ante.
  • Stargate SG-1, les vaisseaux interplanĂ©taires se dĂ©placent rapidement grâce Ă  un « saut dans l'hyperespace Â». Celui-ci est reliĂ© Ă  la thĂ©orie des trous noirs (voir graphique sur les trous de ver).
  • Stargate SG-1, dans l'Ă©pisode 3 de la saison 10, SG-1 utilise un trou noir pour bloquer la super-porte des Oris.
  • Sliders, les hĂ©ros glissent de monde en monde grâce Ă  un pont d’Einstein-Rosen.

En musique

  • La chanson Cygnus X-1 de l’album A Farewell to Kings (1977) par le groupe Rush
  • La chanson Black Holes de l’album Great White North (1981) par Bob & Doug MacKenzie
  • La chanson Supermassive Black hole de l'album Black Holes and Revelations (2006) par le groupe Muse
  • La chanson Black Hole Sun de l'album Superunknown (1994) par le groupe Soundgarden
  • La chanson "Kids of the Black Holes" du groupe Thrice

En bande dessinée

  • Le comics Warheads (Ă©ditĂ© par Marvel UK) dĂ©crit les aventures de mercenaires se servant de trous noirs pour se dĂ©placer Ă  travers l’espace.
  • Dans la bande dessinĂ©e Lobo/The Mask (Ă©ditĂ© par DC Comics et Dark Horse), l'aventure rĂ©unit les deux hĂ©ros dans une chasse contre un monstre ayant dĂ©truit plusieurs galaxies. On y retrouve un bar improvisĂ© sur un morceau de mĂ©tĂ©orite flottant près d'un trou noir. Lobo, s'Ă©tant emparĂ© du Masque, se transporte dans le passĂ© grâce Ă  un trou de ver. Il devient ainsi le monstre Ă  la poursuite duquel il s'Ă©tait lancĂ©.
  • Dans la bande dessinĂ©e Universal War One, un trou de ver est au cĹ“ur de l'intrigue.

Dans le domaine du jeu vidéo

  • Outcast oĂą la Terre est menacĂ©e d’être engloutie par un trou noir, après un accident.
  • Star Fox, notamment le premier jeu de la sĂ©rie (Star Wing) ou l’Arwing peut voyager d'une partie de l'espace Ă  une autre grâce Ă  un trou noir.
  • Super Mario Galaxy oĂą Mario ne doit jamais tomber dans le vide de l'espace sous peine d'ĂŞtre aspirĂ© par un trou noir.
  • Ratchet and Clank 3 oĂą le hĂ©ros peut disposer Ă  un moment du jeu d'un Pistolet lanceur de trous noirs nommĂ© le Fissurateur, aspirant tous les enemis s'en approchant les rĂ©duisant Ă  nĂ©ant.

Notes et références

  1. ↑ On parle ici de trou noir de Schwarzschild.
  2. ↑ (de) Karl Schwarzschild, Über das Gravitationsfeld eines Massenpunktes nach der Einsteinschen Theorie, Sitzungsberichte der Königlich Preussischen Akademie der Wissenschaften, 1, 189-196 (1916).
  3. ↑ Parmi les premières observations de Cygnus X-1 par Uhuru, on retiendra : (en) M. Oda et al., X-Ray Pulsations from Cygnus X-1 Observed from UHURU, Astrophysical Journal Letters, 166, L1-L7 (1971) Voir en ligne.
  4. ↑ Les premières indications que Cygnus X-1 est un trou noir, à partir des observations de Uhuru, sont publiées dans (en) D. M. Eardley & William H. Press, Astrophysical processes near black holes, Annual Review of Astronomy and Astrophysics, 13, 381-422 (1975) Voir en ligne.
  5. ↑ Kip S. Thorne, Trous noirs et distorsions du temps cité en bibliographie.
  6. ↑ a  b  La relativité générale est une théorie relativiste de la gravitation mais qui ne peut prendre en compte les effets de mécanique quantique. Or une singularité gravitationnelle est une région dans laquelle ces effets quantiques jouent un rôle prépondérant.
  7. ↑ Le satellite Gravity Probe B, lancé en 2004, a notamment pour mission de mettre en évidence cet effet.
  8. ↑ Voir par exemple le livre de Robert M. Wald cité en bibliographie.
  9. ↑ Par exemple, l’entropie des trous noirs n’a à l’heure actuelle d’interprétation microscopique que pour certains types de trous noirs dans des espace-temps à cinq dimensions.
  10. ↑ (en) John Michell, dans une lettre à Henry Cavendish, On the Means of Discovering the Distance, Magnitude, &c. of the Fixed Stars, in Consequence of the Diminution of the Velocity of Their Light, in Case Such a Diminution Should be Found to Take Place in any of Them, and Such Other Data Should be Procured from Observations, as Would be Farther Necessary for That Purpose., Philosophical Transactions of the Royal Society of London, 74, 35-57 (1784) Voir en ligne. Voir aussi Historique des trous noirs.
  11. ↑ Il est donc faux de dire, comme on le voit souvent, que le mouvement de l’objet tombant sur le trou noir se « gèle Â», ou s’arrĂŞte. En pratique il est devenu invisible avant de s’arrĂŞter complètement.
  12. ↑ Voir Force de marée#Cas des trous noirs pour les détails.
  13. ↑ Contrairement à une idée reçue répandue. Cependant, si l'interaction forte était moins intense, alors la pression de dégénérescence des nucléons pourrait éventuellement assurer l'équilibre de l'étoile. On pourra consulter avec profit ce polycopié pour plus de détails.
  14. ↑ Une naine blanche est principalement composée d'hélium de carbone et d'oxygène, qui peuvent effectivement fusionner en des éléments plus lourds.
  15. ↑ Selon la masse de l'étoile progénitrice, son cœur va s'effondrer en étoile à neutrons (masse de l'étoile plus faible), soit en trou noir (masse plus élevée).
  16. ↑ (en) Charles Alcock, Edward Fahri & Angela Olinto, Strange stars, Astrophysical Journal, 310, 261-272 (1986) RĂ©sumĂ© disponible sur ADS : 1986ApJ...310..261A.
  17. ↑ Voir par exemple (en) Jeremy J. Drake et al., Is RX J185635-375 a Quark Star?, Astrophysical Journal, 572, 996-1001 (2002), Article disponible sur arXiv: astro-ph/0204159. (en).
  18. ↑ (en) Star Orbiting Massive Milky Way Centre Approaches to within 17 Light-Hours (communiquĂ© de presse ESO, 16 octobre 2002).
  19. ↑ Voir le site Galactic Center Research at MPE du Max-Planck-Institut fĂĽr extraterrestrische Physik et en particulier l’animation montrant la trajectoire de l’étoile S2. Voir Ă©galement R. Schödel et al., Closest Star Seen Orbiting the Supermassive Black Hole at the Centre of the Milky Way, Nature (journal), 419, 694 (17 octobre 2002), Article disponible sur arXiv: astro-ph/0210426. (en)
  20. ↑ (en) Volonteri M., Rees M. J., Rapid Growth of High-Redshift Black Holes, (2005), ApJ, 633, 624 Article disponible sur arXiv: astro-ph/0506040. (en)
  21. ↑ (en) Voir aussi l'article sur le site de Universe Today.
  22. ↑ (en) Voir la revue de M. C. Miller et E. J. M. Colbert. Article disponible sur arXiv: astro-ph/0308402. (en)
  23. ↑ (en) J. R. Sánchez Sutil, A catalogue of ultra-luminous X-ray source coincidences with FIRST radio sources], Astronomy and Astrophysics, vol. 452, t. 2, juin 2006, pp. 739-742. RĂ©sumĂ© disponible sur ADS : 2006A%26A...452..739S
  24. ↑ (en) Voir l’article du Scientific American Magazine (no  de mai 2005), intitulĂ© « Quantum Black Holes Â».
  25. ↑ On parle ici principalement de GRB « longs Â», formĂ©s par les Ă©toiles massives. La deuxième classe de GRB, les « courts Â», sont considĂ©rĂ©s comme le rĂ©sultat de la fusion de deux Ă©toiles Ă  neutrons, ce qui donne aussi un trou noir… Mais leur comprĂ©hension est plus difficile que les GRB longs. Car le phĂ©nomène de coalescence de deux objets très compacts nĂ©cessite l’utilisation de simulations numĂ©riques extrĂŞmement complexes. Comparativement, l’explosion d’une Ă©toile massive est plus simple.
  26. ↑ (en) T. P. Krichbaum et al., Towards the Event Horizon - The Vicinity of AGN at Micro-Arcsecond Resolution, comptes rendus du 7e symposium européen sur les réseaux VLBI (Tolède, Espagne, 12-15 octobre 2004). Article disponible sur arXiv: astro-ph/0411487. (en).
  27. ↑ (en) M. Miyoshi et al., An approach Detecting the Event Horizon of SGR A*, ibid.. Article disponible sur arXiv: astro-ph/0412289. (en).
  28. ↑ (en) Voir J.-P. Maillard et al., The nature of the Galactic Center source IRS 13 revealed by high spatial resolution in the infrared, Astronomy and Astrophysics, 423, 155-167, 2004, Article disponible sur arXiv: astro-ph/0404450. (en)
  29. ↑ (en) Roger W. Romani et al., Q0906+6930: The Highest-Redshift Blazar, Astrophysical Journal, 610, L9-L12 (2004), Article disponible sur arXiv: astro-ph/0406252. (en)
  30. ↑ L’élaboration d’une théorie de la gravité quantique est la condition de résolution de ce problème.
  31. ↑ Ce rĂ©sultat peut s'interprĂ©ter autrement dans le cadre de la thermodynamique des trous noirs : dans ce cadre, il est Ă©quivalent avec le troisième principe de la thermodynamique qui indique l'inaccessibilitĂ© du zĂ©ro absolu par un nombre fini de transformations thermodynamiques.
  32. ↑ Elle est égale au quart de la surface de l’horizon en unités de Planck, c’est-à-dire dans un système d’unités où la vitesse de la lumière c, la constante de Newton G, la constante de Planck réduite \hbar et la constante de Boltzmann kB sont toutes égales à 1. Voir l’article entropie des trous noirs pour plus de détails.
  33. ↑ (en) Raphael Bousso The holographic principle, Reviews of Modern Physics, 74 825-874 (2002)
  34. ↑ (en) Parthasarathi Majumdar, Black Hole Entropy and Quantum Gravity. Talk given at the National Symposium on Trends and Perspectives in Theoretical Physics, Calcutta, India, Apr 1998. Article disponible sur arXiv: gr-qc/9807045. (en)
  35. ↑ S. W. Hawking, Particle creation by black holes, Commun. Math. Phys., 43, 199-220 (1975) Voir en ligne, Erratum, ibid, 46, 206-206 (1976).
  36. ↑ En terme d’ordre de grandeur, la température d’un trou noir en unités de Planck correspond à l’inverse de sa taille en unités de Planck. Pour un trou noir stellaire, sa taille se compte en kilomètres, soit 1038 fois la longueur de Planck. Sa température est donc de l’ordre de 10-38 fois la température de Planck, qui vaut dans les 1032 kelvins. La température d’un trou noir stellaire est donc de l’ordre de 10-6 kelvins.
  37. ↑ Voir par exemple Azar Khalatbari, Trous noirs primordiaux : Les poids plume disparus, Ciel & Espace, juin 2002 Voir en ligne.
  38. ↑ (en) Black holes and the information paradox. Prepared for GR17: 17th International Conference on General Relativity and Gravitation, Dublin, Irlande, 18-24 juillet 2004
  39. ↑ (en) Voir l’article (payant) du magazine anglais Nature, intitulĂ© « Hawking changes his mind about black holes Â» (« Hawking a changĂ© d’avis sur les trous noirs Â»).
  40. ↑ Voir aussi l’article sur le site space.com.
  41. ↑ (en) This Week’s Finds in Mathematical Physics (Week 207), entrée dans le blog de John Baez consacrée à la conférence GR17 de Dublin 2004.
  42. ↑ (en) S. Hawking, Information Loss in Black Holes, Physical Review D, 72, 084013 (2005) Article disponible sur arXiv: hep-th/0507171. (en)
  43. ↑ (en)Article du blog de Lubos Motl consacré à la résolution d’Hawking du paradoxe de l’information pour les trous noirs.
  44. ↑ (en) Citations scientifiques de l’article de Hawking d’après la base de données SPIRES.
  45. ↑ Voir livre de Robert M. Wald dans la section bibliographie, page 156.

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  • Articles connexes
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  • RĂ©fĂ©rence en fiction
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Liens externes

Bibliographie

  • Ouvrages de vulgarisation
    • (fr) Kip S. Thorne, Trous noirs et distorsions du temps, Champs Flammarion, 1994. (ISBN 9782082112215)
      Un classique mêlant les aspects historiques et techniques du sujet. Très complet.
    • (fr) Jean-Pierre Luminet, Les trous noirs, Points, coll. Sciences, 1992. (ISBN 9782020159487)
      Même s’il date un peu, excellent livre pour s’informer, de la part d’un spécialiste reconnu mondialement.
    • (fr) Jean-Pierre Luminet, Le destin de l’univers — Trous noirs et Ă©nergie sombre, Fayard, coll. Le temps des sciences, 2006. (ISBN 9782213630816)
      Réactualisation du précédent.
    • (fr) Stephen Hawking, Roger Penrose, La nature de l’espace et du temps, Folio essais, 1996. (ISBN 9782070744657)
    • (fr) Isaac Asimov, Trous noirs — l’explication scientifique de l’univers en contraction, Ă©d. L’étincelle, 1978.
      Livre rare difficile Ă  trouver.
    • (fr) Stephen Hawking, Une brève histoire du temps, (1999) (ISBN 9782080812384)
      Un best-seller très intéressant, et où les trous noirs et les interrogations qu’ils posent sont mis dans le vaste contexte de l’univers et de son évolution.
    • (en) Jacob Bekenstein, Of Gravity. Black Holes and Information, Di Renzo Editore, 2006, (ISBN 8883231619).
  • Articles de magazines
    • (fr) Les trous noirs, dossier Hors SĂ©rie du magazine « Pour la Science Â», 1997 (ISSN 01534092).
      Épuisé sur le site de la revue, mais apparemment disponible sur CD.
    • (fr) AurĂ©lien Barrau et GaĂ«lle Boudoul, OĂą sont passĂ©s les trous noirs primordiaux, article du magazine « La recherche Â», 2004
      Le fichier PDF est disponible sur le site web personnel d’Aurélien Barrau.
  • Ouvrages et articles techniques
    • (en) Edwin F. Taylor & John A. Wheeler, Exploring black holes: introduction to general relativity, Benjammin/Cummings (2000) (ISBN 020138423X).
      Pour un lecteur qui connaĂ®t les principes de la relativitĂ© restreinte, Wheeler et Taylor introduisent les idĂ©es de la relativitĂ© gĂ©nĂ©rale Ă  partir du concept de trou noir, en utilisant le minimum de mathĂ©matiques possible : mĂ©triques, algèbre, calcul diffĂ©rentiel et intĂ©gral de base (pas de gĂ©omĂ©trie diffĂ©rentielle, ni de tenseurs). Accessible dès le niveau premier cycle universitaire.
    • (en) Subrahmanyan Chandrasekhar, The mathematical theory of black holes, Oxford University Press (1983) (ISBN 0198503709).
      La théorie mathématique des trous noirs, par le grand astrophysicien théoricien d’origine indienne. Niveau troisième cycle universitaire.
    • (en) Kip Thorne, Richard H. Price & Douglas Alan Macdonald, Black holes: the membrane paradigm, Yale University Press, New Heaven (1986) (ISBN 0300037694)
    • (en) Stuart Louis Shapiro & Saul Arno Teukolsky, Black holes, white dwarfs and neutron stars: the physics of compact objects, John Wiley, New York (1983). (ISBN 978-0-471-87316-7)
    • (en) Robert M. Wald, General Relativity, University of Chicago Press, 1984, 498 pages (ISBN 0226870332).
    • (en) D. Kramer, Hans Stephani, Malcolm Mac Callum & E. Herlt, Exact solutions of Einstein's field equations, Cambridge University Press, Cambridge, Angleterre, 1980, 428 pages (ISBN 0521230411).
  • Aspects historiques
    • (en) Brandon Carter ; Half century of black-hole theory: from physicists’ purgatory to mathematicians’ paradise, dans : L. Mornas