Zéro : encyclopédie mathématiques
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Le chiffre zĂ©ro (de lâitalien zero, dĂ©rivĂ© de lâarabe sifr, dâabord transcrit zefiro en italien) est un symbole marquant une position vide dans lâĂ©criture des nombres en notation positionnelle.
Le nombre zĂ©ro est un objet mathĂ©matique permettant dâexprimer une absence comme une quantitĂ© (nulle) : c'est le nombre d'Ă©lĂ©ments de lâensemble vide. Il est conçu comme le plus petit des entiers naturels. Ses propriĂ©tĂ©s arithmĂ©tiques particuliĂšres, en particulier lâimpossibilitĂ© de la division par zĂ©ro, impliquent parfois de traiter son cas Ă part. Il sĂ©pare les nombres rĂ©els en positifs et nĂ©gatifs, tient lieu dâorigine pour repĂ©rer des points sur la droite rĂ©elle.
Plus gĂ©nĂ©ralement, zĂ©ro dĂ©signe lâĂ©lĂ©ment neutre pour lâaddition dans la plupart des groupes abĂ©liens et en particulier dans les anneaux, corps, espaces vectoriels et algĂšbres, parfois sous le nom dâĂ©lĂ©ment nul.
Les Babyloniens ont utilisĂ© les premiers, un peu plus de 200 ans avant J.-C., une forme de zĂ©ro Ă lâintĂ©rieur dâun nombre (par exemple : 304) mais jamais Ă droite du nombre, ni Ă gauche. Câest lâInde qui, en reprenant lâhĂ©ritage culturel des Grecs, perfectionne la numĂ©ration. Elle nâutilise pas seulement le zĂ©ro comme notation Ă la maniĂšre babylonienne, mais aussi comme un nombre avec lequel opĂ©rer. Notion et notation indiennes du zĂ©ro sont ensuite empruntĂ©es par les mathĂ©maticiens arabes[1] puis par les EuropĂ©ens.
Il faut noter la place particuliĂšre des Mayas, seuls arithmĂ©ticiens de lâAntiquitĂ© Ă dĂ©finir deux zĂ©ros, lâun cardinal, lâautre ordinal, comme lâillustre le verso de la plaque de Leyde[2].
| 0 | ||
|---|---|---|
| Cardinal | Zéro | |
| Ordinal | zéroiÚme nulliÚme[3] 0e |
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| Préfixe grec | oudén | |
| Préfixe latin | nihil | |
| Adverbe | zéroiÚmement | |
| Propriétés | ||
| Facteurs premiers | Aucune | |
| Autres numérotations | ||
| Numération romaine | (inexistant) | |
| SystĂšme binaire | 0 | |
| SystĂšme octal | 0 | |
| SystÚme duodécimal | 0 | |
| SystÚme hexadécimal | 0 | |
Sommaire |
Il est apparu trois fois dans lâhistoire des systĂšmes de numĂ©ration Ă©laborĂ©s par diffĂ©rents peuples et civilisations.
La premiĂšre apparition du zĂ©ro en MĂ©sopotamie semble remonter au IIIe siĂšcle av. J.âC., Ă lâĂ©poque des SĂ©leucides. Il nâĂ©tait cependant pas utilisĂ© dans les calculs et ne servait que comme chiffre (marquage dâune position vide dans le systĂšme de numĂ©ration babylonienne)[4] ; bien quâignorĂ© par les Romains, il fut repris et mieux utilisĂ© encore par les astronomes grecs.
Il a Ă©tĂ© ensuite redĂ©couvert par les Chinois, qui nâont pas su en revanche introduire le zĂ©ro. Les inscriptions sur os et Ă©cailles (jiaguwen) dĂ©couvertes dans la rĂ©gion de Anyang, dans lâactuelle province du Henan, Ă la fin du XIXe siĂšcle, nous apprennent que, dĂšs les XIVeâââXIe siĂšcles av. J.âC., les Chinois utilisaient une numĂ©ration dĂ©cimale de type « hybride », combinant dix signes fixes pour les unitĂ©s de 1 Ă 9, avec des marqueurs de position particuliers pour les dizaines, centaines, milliers et myriades.
Son usage moderne, Ă la fois comme chiffre et comme nombre, est hĂ©ritĂ©e de lâinvention indienne des chiffres nagari vers le Ve siĂšcle. Le mot indien dĂ©signant le zĂ©ro Ă©tait ĆĆ«nya (çûnya), qui signifie « vide » « espace » ou « vacant ». Le mathĂ©maticien et astronome indien Brahmagupta est le premier Ă dĂ©finir le zĂ©ro dans son ouvrage BrĂąhma SiddhĂąnta. Ce mot, d'abord traduit en arabe par « áčŁifr », ce qui signifie « vide » et « grain », a ensuite donnĂ© en français les mots chiffre et zĂ©ro (de par la traduction de sifr en lâitalien zephiro, Ă partir duquel a Ă©tĂ© formĂ© zevero qui est devenu zero). La graphie du zĂ©ro, dâabord un cercle, est inspirĂ©e de la reprĂ©sentation de la voĂ»te cĂ©leste.
Comme lâindique lâĂ©tymologie, son introduction en Occident est consĂ©cutive Ă la traduction de mathĂ©matiques arabes, notamment les travaux dâal-KhwÄrizmÄ«, vers le VIIIe siĂšcle. Les chiffres indiens sont importĂ©s dâEspagne en Europe chrĂ©tienne aux environs de lâan mil par Gerbert dâAurillac, devenu le pape Sylvestre II. Le zĂ©ro ne se gĂ©nĂ©ralise pas pour autant dans la vie courante, les chiffres indiens servant surtout⊠à marquer les jetons dâabaque de 1 Ă 9 !
Ce nâest quâavec le retour du commerce intensif consĂ©cutif aux Croisades que les EuropĂ©ens gĂ©nĂ©ralisent, au XIIe siĂšcle, lâusage du zĂ©ro. Une curiositĂ© pour les Ćuvres des auteurs grecs et orientaux prend en mĂȘme temps naissance[rĂ©f. nĂ©cessaire].
LĂ©onard de Pise, dit Fibonacci, a une influence dĂ©terminante. Il reste plusieurs annĂ©es en Afrique du Nord en AlgĂ©rie et exactement Ă BĂ©jaĂŻa ou Bougie et Ă©tudie auprĂšs dâun professeur local. Il voyage Ă©galement en GrĂšce, Ăgypte, Proche-Orient et confirme lâavis de Sylvestre II sur les avantages de la numĂ©ration de position. En 1202, il publie le Liber Abaci, recueil qui rassemble pratiquement toutes les connaissances mathĂ©matiques de lâĂ©poque, et malgrĂ© son nom, apprend Ă calculer sans abaque.
Le zĂ©ro est utilisĂ© par les Mayas durant le Ier millĂ©naire, comme chiffre dans leur systĂšme de numĂ©ration de position, comme nombre et comme ordinal dans le calendrier, oĂč il correspond Ă lâintroduction des mois. En les confondant dans une transcription unique, Sylvanus Morley a masquĂ© quâil sâagit de deux concepts et de deux zĂ©ros diffĂ©rents[2]. Lâun correspond Ă un zĂ©ro ordinal des dates, lâautre est un zĂ©ro cardinal des durĂ©es[5], jamais confondus dans leurs usages par les scribes[6].
La graphie « 0 » nâest pas la seule utilisĂ©e dans le monde ; un certain nombre dâalphabets â particuliĂšrement ceux des langues du sous-continent indien et du sud-est asiatique â utilisent des graphies diffĂ©rentesâŠ
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Voici le zéro en afficheur 7 segments :
Il est aujourdâhui Ă la base de notre systĂšme de mesure de la tempĂ©rature :
Il nây a pas dâannĂ©e zĂ©ro dans le calendrier grĂ©gorien. En effet, lâusage du nombre 0 en Europe est postĂ©rieur Ă la crĂ©ation de lâanno Domini par Dionysius Exiguus au VIe siĂšcle. Cependant pour simplifier les calculs dâĂ©phĂ©mĂ©rides, les astronomes dĂ©finissent une annĂ©e 0 qui correspond Ă lâannĂ©e -1 des historiens, lâan -1 des astronomes correspondant Ă lâan -2 des historiens et ainsi de suiteâŠ
Câest ainsi que le IIIe millĂ©naire et le XXIe siĂšcle ont commencĂ© le 1er janvier 2001.
Minuit peut se noter 00:00.
Les informaticiens ont lâhabitude de compter Ă partir de 0 et non de 1. La raison en est que la numĂ©rotation dâĂ©lĂ©ments stockĂ©s de façon continue dans une zone de stockage (disque, mĂ©moire, etc.) se fait par dĂ©calage par rapport Ă une adresse de dĂ©but : le premier Ă©lĂ©ment est celui au dĂ©but de la zone (+ 0), le second Ă©lĂ©ment est le suivant (+ 1), etc. Ce double standard des numĂ©rations Ă partir de 0 et de 1 (chaque systĂšme ayant ses avantages et inconvĂ©nients) est la source de nombreuses erreurs de programmation.
Dans la base dix que lâon utilise, le chiffre le plus Ă droite indique les unitĂ©s, le deuxiĂšme chiffre indique les dizaines, le troisiĂšme les centaines, le quatriĂšme les milliersâŠ
Le zĂ©ro joue donc un rĂŽle particulier dans le systĂšme arithmĂ©tique positionnel, quel quâil soit du reste.
Rappelons que lâusage de la base 10, en provenance de lâInde, sâest imposĂ© en France par rapport Ă dâautres bases, comme par exemple 12 et 60 qui Ă©taient utilisĂ©es dans certaines civilisations, le systĂšme vicĂ©simal ayant laissĂ© des traces dans la langue française, et le systĂšme duodĂ©cimal des modes de calcul chez les Britanniques.
Lorsquâil y a des unitĂ©s rĂ©siduelles, par exemple dans trente-deux (32), le chiffre des unitĂ©s (2) permet de comprendre que lâautre chiffre (3) indique les dizaines.
Si lâon a un nombre entier de dizaines (par exemple trois dizaines, trente), il nây a pas dâunitĂ© rĂ©siduelle. Il faut donc un caractĂšre qui permette de marquer que le 3 correspond aux dizaines, et ce caractĂšre est le 0 ; câest ainsi que lâon comprend que « 30 » signifie « trois dizaines ».
On aurait pu utiliser nâimporte quel autre caractĂšre, par exemple un point ; ainsi, deux-cent trois se noterait « 2.3 ».
Lâutilisation dâun caractĂšre « bouche-trou » remonte Ă la numĂ©ration babylonienne, comme indiquĂ© ci-dessus, mais il ne sâagit pas du concept dâ« absence de quantitĂ© », il sâagit juste dâune commoditĂ© de notation. Dans la numĂ©ration romaine, cet artifice nâest pas utile puisque les unitĂ©s (I, V), les dizaines (X, L), les centaines (C, D) et les milliers (M) sont notĂ©s avec des caractĂšres diffĂ©rents. En contrepartie, la notation de nombres supĂ©rieurs Ă 8 999 devient problĂ©matique et les reconnaissances de structures pour le calcul mental rapide bien plus pĂ©nibles.
Le fait dâexprimer lâabsence de quantitĂ© par un nombre nâest pas une Ă©vidence en soi. Lâabsence dâun objet sâexprime par la phrase « il nây en a pas » (ou « plus »).
Les nombres sont dĂ©jĂ une abstraction : on ne sâintĂ©resse pas Ă la qualitĂ© dâun objet, mais juste Ă sa quantitĂ©, la dĂ©nombrabilitĂ© (le fait que des objets soient similaires mais distincts). Avec le zĂ©ro, on va jusquâĂ nier la quantitĂ©.
Lorsque lâon additionne ou multiplie deux nombres, on a derriĂšre lâimage de regrouper deux tas dâobjets semblables, deux troupeaux. Cette image ne tient plus lorsque lâon manipule le zĂ©ro.
Lâinvention du zĂ©ro a permis lâinvention des nombres nĂ©gatifs.
En tant que nombre entier, zéro est pair.
Pour tout nombre réel (ou complexe) a :
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Numération grecque / Le zéro chez les Grecs
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