Posté par
EmmanuelB EmmanuelBSalut,
Comme l'a dit un intervenant, moi aussi à mon époque (années 80), j'ai appris le théorème de Pythagore comme on nous demande de l'enseigner à nouveau (ABC est rectangle en A si et seulement si...), donc je suis content car je suis plus à l'aise... Au passage c'est amusant de constater que c'est un retour en arrière.
Il me semble que c'est assez nouveau d'énoncé des propriétés qui sont presque toutes des implications avec la forme sacrée "Si...., alors....." qui a été imposée sans doute dans le but de simplifier la compréhension des élèves ou bien de leur apprendre des notions de logique, mais comme je l'ai lu plus haut, c'est tellement artificielle que finalement cela embrouille les élèves et aussi les profs...
Par exemple, j'ai un collègue qui imposait de rédiger "Comme BC² <> AC²+ AB² alors d'après la réciproque de Pythagore le triangle n'est pas rectangle" et il enlevait des pts si on oublait réciproque. Moi j'ai dit que j'avais plutôt envie de retirer des pts si on mettait réciproque car il s'agit plutôt de la contrapposée qui est équivalente au théorème donc pour moi c'est plus logique de dire d'après le théorème... Mais vu qu'au final cette propriété de Pythagore est une équivalence et bien je comprends que les élèves s'y perdent puisque les profs ne sont pas tous du même avis...
A une époque on utilisait les symboles <=> trop souvent à tort mais souvent à raison... On a voulu travailler de plus en plus avec => voire sans rien au collège, mais à mon avis les élèves ne comprennent pas mieux qu'avant... Et du point de vue rigueur, on n'a pas gagner...
Franchement j'aimerai bien qu'on parle d'implication uniquement lorsque la réciproque est fausse.
C'est vraiment artificiel d'écrire des phrases du type:
"Si un triangle est isocèle alors il a deux côtés de même longueur"
et
"Si un triangle a deux côtés de même longueur, alors il est isocèle"
Je préfère nettement la définition:
Un triangle isocèle est un triangle qui a deux côtés de même longueur.
Donc oui cela change nos habitudes, mais pour une fois je suis content de ce qui est, pour moi, un retour en arrière. En parlant de retour en arrière, j'ai commencé les démonstrations de géométrie en 4ème alors que maintenant les élèves doivent commencer en 6ème !!! Mais je trouve qu'une grosse partie de mes élèves ne sont pas capables de rédiger des démonstrations en français et ils sont nombreux à ne pas comprendre le sens d'une phrase du type "Si ...., alors ...." qu'ils comprennent souvent comme une équivalence... Et c'est très facile à comprendre car il faut quand même un niveau de logique que j'ai atteint uniquement en licence (j'ai jamais fait de logique avant...) pour comprendre tout ce qu'il y a derrière.
En Histoire Géo ils font des études de cas en sixième, et je me souviens très bien des contrôles que j'avais en sixième, c'était souvent 10 questions où on donnait la réponse directe sans faire une phrase.
C'est un combat entre les savoirs et les compétences... Mais tout ira mieux quand on reconnaîtra que les deux font la paire...
Il ne faut surtout pas négliger l'apprentissage du par coeur dès le CP, car si on écoute tous ceux qui dénigre le par coeur, et bien on se retrouve au lycée avec des élèves en AP qui doivent se redécouvrir...
Si on n'a aucun problème cognitif et bien on apprend tout seul par la force des choses à apprendre par coeur car on n'a pas le choix... Si on laisse le choix alors on ne fait pas l'effort et alors là on aura des problèmes cognitifs c'est certain. De nos jours la mémorisation devrait faire l'objet d'un enseignement intensif mais il est dénigré car l'informatique peut le faire à notre place, c'est une grave erreur... Dans ma scolarité, la notion de dérivée m'a posé énormement de difficulté car en 1986, les premières calculatrices graphiques à prix raisonables étaient accéssibles donc je suis tombé dans la facilité en laissant faire la machine...