Posté par philoux (invité)
Bonjour,
Réponse proposée :
le cylindre arrivera APRES la sphère, avec une vitesse de 96,6 km/h.
Si l'objet est ponctuel de masse m, on a la relation : (1/2)mv²=mgh représentant l'égalité entre la variation d'énergie cinétique (qui augmente) et celle d'énergie potentielle de pesanteur (qui diminue) au cours du mouvement de translation vers le bas d'une dénivelée h.
La vitesse de la masse m, en bas du plan incliné, s'écrit v° = rac(2gh) (A), indépendante de l'angle d'inclinaison du plan incliné et de la masse m de l'objet, lié uniquement à la dénivelée h.
Pour des objets non ponctuels tels que des sphères ou des cylindres, cette relation doit être reformulée de façon à tenir compte de leur mouvement de rotation : l'énergie potentielle de pesanteur est maintenant convertie, non seulement en énergie cinétique de translation, mais aussi en énergie cinétique de rotation. On a alors : (1/2)mv² + Ec(rot) = mgh (B) (puisque, pour rouler, il lui faut de l'énergie en plus que si elle glissait simplement).
Pour un système tournant à vitesse angulaire w autour d'un axe D, l'énergie cinétique de rotation s'écrit : Ec(rot) = (1/2)Iw² (C) où I est le moment d'inertie du système par rapport à l'axe D.
Cette expression ressemble à celle de l'énergie cinétique de translation où la vitesse angulaire w remplace la vitesse de translation v et le moment d'inertie I joue, pour la rotation, un rôle analogue à celui de la masse m pour la translation.
Le moment d'inertie I dépend de la masse de l'objet et de sa forme géométrique. Pour des systèmes simples tels le cylindre, il s'écrit sous la forme : I = kmr² où r est le rayon du cylindre et k est un coefficient positif sans dimension dont la valeur numérique est différente selon les caractéristiques géométriques du système étudié et fonction du fait si l'objet est creux ou plein.
En utilisant les relations (B) et (C), et en tenant compte du fait que la vitesse angulaire w est liée à la vitesse de translation par la relation v = rw, la relation (A) devient : v = v°/rac(1+k) (E) qui montre que la vitesse d'un objet de masse m soumis à un mouvement de translation et rotation sera toujours inférieure à celle de la masse ponctuelle qui n'a pas de mouvement de rotation.
Revenons à la détermination de k; si l'objet était constitué d'un seul point de masse m situé à la distance r de l'axe de révolution D, on aurait Ec(rot) = (1/2)(mr²)w².
Pour déterminer le moment d'inertie d'un objet non ponctuel tournant autour d'un axe de révolution D, on pourra considérer que celui-ci est composé d'une infinité de masses ponctuelles, mi, placées à des distances différentes, ri, de l'axe D.
Sachant que le moment d'inertie d'une masse ponctuelle mi située à la distance ri de l'axe D est donné par Ii = mi.ri², le moment d'inertie total I de l'objet sera donné par la somme des Ii : I = Somme Ii = Somme mi.ri²
Par calcul intégral, on trouve :
k = 1 pour le cylindre creux,
k = 1/2 pour le cylindre plein,
k = 2/5 pour une sphère pleine,
k = 2/3 pour une sphère creuse.
Intuitivement, on conçoit que plus le système est "ramassé" plus son moment d'inertie sera faible (plus on se rapproche du point ponctuel); pour répondre au problème posé, on peut donc "sentir" que la sphère étant plus "ramassée" que le cylindre, elle devrait aller plus vite que le cylindre car elle aura plus de facilité à se mettre en mouvement que le cylindre.
La relation (E) indique que le produit de la vitesse linéaire V par rac(1+k) est constant => V.rac(1+k)=V'.rac(1+k').
Si V est la vitesse de la boule pleine pour un k=2/5 et V' celle du cylindre plein pour un k'=1/2, on peut alors déduire V' :
V' = V.rac ( (1+k)/(1+k') ) = V.rac ( (1+2/5)/(1+1/2) ) = 100.rac((7/5)/(3/2)) = 100.rac(14/15) = 96,6 km/h.
Heureusement que le net est là pour rafraîchir la mémoire...
J'ai peur, une nouvelle fois pour des énigmes à orientation "physique appliquée", que cette énigme n'ait pas autant de réponses que d'habitude.
Merci pour l'énigme,
Philoux