Posté par
rogerd rogerd
Défi 94 : Partition
J'arrive longtemps après la bataille mais il me semble qu'il y a encore des choses à dire sur cette énigme passionnante.
Plusieurs ont prouvé qu'il existait une suite convenable pour N = 17 mais ceux qui ont voulu justifier qu'il n'en existe pas pour N = 18 n'ont pas l'air très satisfait de leur justification.
D'autre part, si Steinhaus n'a pas trouvé de preuve théorique, je ne pense pas être capable d'en trouver une.
Je vais donc essayer avec l'informatique.
Guillome signale une démonstration qu'il a trouvée sur le Web. Je suis allé
voir et, après m'être accroché
un moment, j'ai choisi de chercher de mon côté.
Commençons manuellement pour voir apparaître la mêthode.
Partons de x1 dans ]0, 1/2 [ et x2 dans ]1/2 , 1[ (ce n'est pas restrictif).
x3 peut se placer de 3 façons par rapport à x1 et x2 et les suites au rang 3 sont celles qui vérifient
x3 dans ]0,1/3[, x1 dans ]1/3,1/2[ , x2 dans]2/3,1[ ou:
x1 dans ]0,1/3[, x3 dans ]1/3,2/3[ , x2 dans]2/3,1[
ou
x1 dans ]0,1/3[, x2 dans ]1/2,2/3[ , x3 dans]2/3,1[
Pour une suite vérifiant la propriété au rang 4, les 3 premiers termes doivent vérifier la propriété au rang 3.
On doit donc être pour x1, x2, x3 dans l'une des trois configurations ci-dessus .
Ensuite, x4 doit s'intercaler quelque part.
Par exemple, avec la première configuration, où
x3 < x1 < x2, on cherche les solutions au rang 4 vérifiant
x4 < x3 < x1 < x2 ou x3 < x4 < x1 < x2 ou x3 < x1 < x4 < x2 ou x3 < x1 < x2 < x4.
En plus les 4 nombres doivent être sur les 4 intervalles de longueur 1/4 qui correspondent.
Par exemple, la configuration x4 < x3 < x1 < x2 impose x4 dans]0, 1/4[, x3 dans]1/4, 1/2[
etc.
x3 doit donc être dans l'intervalle ] 1/4 , 1/3 [ intersection de ]0, 1/3 [ et ] 1/4 , 1/2 [.
Par contre, x1 dans] 1/3 , 1/2 [ et x1 dans ] 1/2 , 3/4 [ sont incompatibles.
Cette configuration x4 < x3 < x1 < x2 ne convient donc pas.
On envisage ensuite x3 < x4 < x1 < x2 .
En fait, on considère les intervalles ]0, 1/4[, ]1/4, 1/2[,]1/2, 3/4[,]3/4, 1[, et, pour chacun, on l'intercale à l'endroit convenable dans la liste bien rangée des 3 intervalles au rang 3, en rognant éventuellement chacun de ces derniers.
Notons que la façon de rogner n'est pas la même suivant que l'intervalle à rogner est avant ou après le point où on intercale.
Si aucun des intervalles rognés n'est vide, on détient là une suite d'intervalles au rang 4 qui
fournirait, si on le voulait, des suites (x1, x2, x3, x4) convenables.
Tout cela se généralise de façon évidente et se programme facilement.
Il est à remarquer qu'on raisonne uniquement sur des suites d'intervalles. Les noms et valeurs des suites xn n'apparaissent pas.
Une suite d'intervalles pourra être définie par la suite des bornes inférieures et la suite des bornes supérieures, ce qui simplifie les problèmes d'intersection.
J'ai fait ça avec Maple; une trentaine de lignes peu soignées.
Après avoir vérifié sur des valeurs pas trop
grandes qu'il faisait bien ce que je voulais, je lui ai demandé d'aller jusqu'`a
18 en sortant seulement, pour
chaque n, le nombre de suites d'intervalles. Il a tourné 20 minutes et les réponses fournies sont des nombres qui apparaissent dans l'article signalé
par Guillome, notamment:
Au rang 17: 768 suites d'intervalles. Au rang 18: 0 suite d'intervalle.
Merci encore pour cette énigme!
***
1