I. Divisibilité et Congruences
1. Divisibilité
Définition

est un diviseur de

s'il existe un entier relatif

tel que
On dit également que

divise

ou que

est un multiple de

.
On note
Division euclidienne dans Z
On considère

un entier relatif et

entier naturel différent de 0.
Il existe un unique couple
 \in \mathbb{Z} \times \mathbb{N})
tel que

avec

est le quotient et

le reste de la division de

par

.
2. Critères de divisibilité
Pour qu'un nombre entier soit divisible par :

2, il faut et il suffit que le chiffre des unités soit 0 ; 2 ; 4 ; 6 ou 8,

10
n, il faut et il suffit que ce nombre se termine par n zéros,

4 ou 25, il faut et il suffit que le nombre formé par les deux derniers chiffres soit divisible par 4 ou 25,

8 ou 125, il faut et il suffit que le nombre formé par les trois derniers chiffres soit divisible par 8 ou 125,

3 ou 9, il faut et il suffit que la somme de ses chiffres soit divisible par 3 ou 9,

5, il faut et il suffit que ce nombre se termine par 0 ou 5,

11, il faut et il suffit que la différence entre la somme des chiffres de rang pair et celle de rang impair soit un multiple de 11.
Exemples d'application :
Exemple 1 :
Quelles sont les valeurs de l'entier relatif

pour lesquelles la fraction

représente un entier relatif ?
Cette fraction a un sens si

, soit

.
On constate que

divise
)
, donc

divise

si

divise -4.
Les diviseurs de -4 sont 1 ; -1 ; 2 ; -2 ; 4 ; -4.
Il faut que

ce qui entraîne que
On vérifie que -4 n'appartient pas à {-8 ; -6 ; -5 ; -3 ; -2 ; 0} avant de conclure.
Conclusion : la fraction

représente un entier relatif pour les valeurs de l'entier relatif

: -8 ; -6 ; -5 ; -3 ; -2 ; 0.
Exemple 2 :
Démontrer que tous les nombres dont l'écriture décimale est

avec

sont divisibles par 7 ; 11 et 13.
On a
Donc

, 7 et 11 sont des nombres entiers; leur produit aussi.
13 est donc un diviseur de

. Il en de même pour 7 et 11.
La conclusion en découle.
Exemple 3 :
Montrer que pour tout entier naturel

,3 divise

.
On va utiliser une démonstration par récurrence.
On note
)
la propriété : "3 divise

".
Pour

: 4
0 - 1 = 1 - 1 = 0 est divisible par 3, donc P(0) est vraie.
On suppose
)
vraie ce qui se traduit par : il existe un entier naturel

tel que

, donc
Au rang

:
Conclusion : D'après le principe de récurrence : pour tout entier naturel

, 3 divise

.
3. Congruences
Définition
Soit

,

est congru à

modulo

s'il existe un entier

tel que

.
On le note
Exemple :
38

3 [5] car 38 = 7 × 5 + 3
Propriétés

sont des entiers relatifs.

est un entier naturel différent de 0.
Si
![a \equiv b~[n]](http://latex.ilemaths.net/latex-2.tex?a \equiv b~[n])
et
![b \equiv c~[n]](http://latex.ilemaths.net/latex-2.tex?b \equiv c~[n])
, alors
Si
![a \equiv b~[n]](http://latex.ilemaths.net/latex-2.tex?a \equiv b~[n])
, alors
Si
![a \equiv b~[n] \text{ et } c \equiv d~[n]](http://latex.ilemaths.net/latex-2.tex?a \equiv b~[n] \text{ et } c \equiv d~[n])
, alors
Si
![a \equiv b~[n]](http://latex.ilemaths.net/latex-2.tex?a \equiv b~[n])
, alors
![a^p \equiv b^p ~[n]](http://latex.ilemaths.net/latex-2.tex?a^p \equiv b^p ~[n])
(

désigne un entier naturel).
Remarque :
On ne peut pas diviser une congruence (
![ac \equiv bc~[n]](http://latex.ilemaths.net/latex-1.tex?ac \equiv bc~[n])
n'implique pas
![a \equiv b~[n]](http://latex.ilemaths.net/latex-1.tex?a \equiv b~[n])
).
Exemples d'application :
Exemple 1 : Déterminer les restes de la division euclidienne pour

de

par 7.
Il est bon de rappeler que pour tout

,

est le reste de la division euclidienne de

par 7 si

et
On dresse le tableau qui permet de montrer les restes modulo 7 des premières puissances de 3 :
| 30 |
31 |
32 |
33 |
34 |
35 |
36 |
| 1 |
3 |
2 |
6 |
4 |
5 |
1 |
Pour tout

,
Soit

, il existe
 \in \mathbb{N} \times \mathbb{N})
tel que

avec

et comme
^q \times 3^r)
, on a :
Si

, on a :
)
: le reste est 1.
Si

, on a :
)
: le reste est 3.
Si

, on a :
)
: le reste est 2.
Si

, on a :
)
: le reste est 6.
Si

, on a :
)
: le reste est 4.
Si

, on a :
)
: le reste est 5.
Exemple 2 : Déterminer les restes de la division euclidienne par 7 de
1515 = 7 × 216 + 3, donc 1 515

3 (7).
Donc, pour tout
Pour

, on effectue la division euclidienne de 2000 par 6 : 2 000 = 6 × 333 + 2.
Précédemment, on a vu que
Donc
Le reste de la division euclidienne de

par 7 est 2.
Exemple 3 : Déterminer l'ensemble des entiers naturels

tels que

(modulo 9).
Il suffit d'examiner les valeurs possibles pour

et

(modulo 9) en dressant le tableau suivant :
 |
0 |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
7 |
8 |
 |
1 |
2 |
4 |
8 |
7 |
5 |
1 |
2 |
4 |
 |
0 |
1 |
4 |
0 |
7 |
7 |
0 |
4 |
1 |
On en déduit pour tout

(modulo 9) si :
L'ensemble des entiers naturels tels que

(modulo 9 est :

avec
Exemple 4 : Une équation diophantienne
Résoudre l'équation (E) d'inconnues
1ère étape: on cherche une solution particulière en faisant appel à l'algorithme d'Euclide
405 = 120 × 3 + 45 (1)
120 = 45 × 2 + 30 (2)
45 = 30 × 1 + 15 (3)
30 = 15 × 2 + 0 (4)
Le dernier reste non nul est le pgcd des 2 nombres, donc pgcd(405 ; 120) = 15.
On pourra exprimer 15 en fonction de 405 et 120 en remontant de la division (3) à la division (1).
15 = 45 - 1 × 30 d'après (3).
15 = 45 - 1 × (120 - 2 × 45) d'après (2).
15 = 405 - 3 × 120 - 1 × (120 - 2 × (405 - 3 × 120)) d'après (1).
Soit 15 = 3 × 405 - 10 × 120
On tire

et

.
2ème étape : la solution générale en utilisant la solution particulière et le théorème de Gauss
27 et 8 sont premiers entre eux, donc d'après le théorème de Gauss, 27 divise

, donc il existe

tel que :

soit
De même,

donc
Réciproquement, si

et

, alors
Conclusion : l'ensemble solution de (E) est :
II. PPCM et PGCD - Nombres premiers
1. PPCM et PGCD
PDCG de deux entiers
Soient a et b deux entiers relatifs différents de 0.
L'ensemble des diviseurs communs à a et b admet un plus grand élément d noté pgcd(a ; b).
Exemple : PGCD(9 ; 15) = 3
PPCM de deux entiers
Soient a et b deux entiers relatifs différents de 0.
L'ensemble des multiples strictement supérieurs à 0 communs à a et b admet un plus petit élément m noté PPCM(a ; b).
Exemple : PPCM(6 ; 4) = 12
Nombres premiers
Un entier naturel n est premier si et seulement si il possède exactement deux diviseurs : 1 et n.
Les nombres 0 et 1 ne sont pas premiers. Le nombre 2 est le seul nombre premier pair.
Ewemple : 2, 3, 5, 11, 13, 17, 19 sont premiers.
Critère de primalité
Un entier naturel

est premier si et seulement si il n'est pas divisible par un nombre premier compris entre 2 et
Exemple :
137 est un nombre premier car
On remarque que 2, 3, 5, 7, 11 ne divisent pas 137.
Exemples d'application :
1er exemple : Calculer PGCD(120 , 88) en utilisant trois méthodes différentes
1ère méthode : Ecrire la liste des diviseurs de 120 et celle de 88.
Diviseurs de 120 : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 8, 10, 12, 15, 20, 24, 30, 40, 60, 120.
Diviseurs de 88 : 1, 2, 4, 8, 11, 22, 44, 88.
On en déduit que PGCD(120 , 88) = 8.
2ème méthode : par l'algorithme d'Euclide
120 = 88 × 1 + 32
88 = 32 × 2 + 24
32 = 24 × 1 + 8
24 = 8 × 3 + 0
Le dernier reste non nul (8) constitue le PGCD des deux nombres. On a donc PGCD(120 ; 88) = 8.
3ème méthode : On utilise la décomposition en produit de de facteurs premiers
120 = 2
3 × 3 × 5
88 = 2
3
11
Donc PGCD(120 , 88) = 2
3 = 8
Remarques :
- On prend tous les termes communs affectés du plus faible coefficient.
- Cette dernière méthode est peu pratique si les entiers sont grands car la décomposition en facteurs premiers se révèle difficile à faire. Il semble préférable d'employer l'algorithme d'Euclide.
2ème exemple : Soit

. On pose
a) Montrer que

divise 6.
b) Déterminer l'ensemble

des entiers relatifs tels que

.
a) On constate que

pour

et que 3(-4) + 15 = 3

0. On en conclut que

et

ne sont pas nuls simultanément. Par conséquent le PGCD a un sens.
)
divise

et

.
Donc

divise
b) 
si

(modulo 6) et

(modulo 6).
On dresse le tableau des différentes valeurs prises par

et

modulo 6.
 |
0 |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
 |
2 |
4 |
0 |
2 |
4 |
0 |
 |
3 |
0 |
3 |
0 |
3 |
0 |
Ainsi

si

(modulo 6) soit
3ème exemple : Soient

et

deux entiers naturels différents de 0;

est leur PGCD et

leur PPCM.
Trouver l'ensemble des couples
)
d'entiers naturels non nuls qui vérifient la relation :

.

divise

; or

divise

, donc

divise

avec 3 et 41 des nombres premiers.
Les différentes valeurs de d sont : 1, 3, 41 et 123.
On sait que

, donc

, d'où

, soit

. Les valeurs de 41 et 123 sont à éliminer.
On suppose

.
Si

soit

soit
 = 1)
et
 = 59)
soit

(car
 \times \text{PPCM}(a~,~b) = a \times b)
).
Par un raisonnement identique et en prenant pour

, on trouverait

et

et

et

.
Par symétrie si

on a les couples suivants :
(1 ; 59) ; (59 ; 1) ; (3 ; 54) ; (54 ; 3) ; (6 ; 27) ; (27 ; 6).
2. Nombres premiers entre eux

et

premiers entre eux (on dit aussi étrangers)

est irréductible

il existe deux entiers

et

tels que

.
Application :
Soit

. Démontrer que

et

sont premiers entre eux.
On cherche deux entiers

et

tels que
 + v(n + 1) = 1)
.
Pour les trouver, on essaye d'éliminer

dans la relation
 + v(n + 1))
.
On prend

et

; on a :
Conclusion :

et

sont premiers entre eux.
III. Les théorèmes de Bézout et de Gauss ; le petit théorème de Fermat
Théorème de Bézout
Soient a et b deux entiers non nuls.
Il existe deux entiers u et v tels que au + bv = PGCD(a ; b).
(En particulier, si a et b sont premiers entre eux : au + bv = 1 ; c'est l'égalité de Bézout)
Théorème de Gauss
Soient a, b et c trois entiers non nuls.
Si a divise le produit bc et si a est premier avec b, alors a divise c.
Petit théorème de Fermat
Soit

un nombre premier.
Pour tout entier relatif

non divisible par

, on a :

(modulo

)
Corrolaire
Soit

un nombre premier.
Pour tout entier relatif

, on a :

(modulo

)
1er exemple :
Soit

.
a) Déterminer deux entiers relatifs

et

tels que :
u + (2n+3)v = 1)
.
b) En déduire que

et

sont premiers entre eux.
c) Prouver que la fraction

est irréductible.
a) On a
-3 \times (2n+3)=1)
, donc

. Ces deux valeurs conviennent.
b) D'après la question précédente et en vertu du théorème de Bézout, on peut affirmer que

et

sont premiers entre eux.
c) Pour tout

, on a :
 - 5(3n+4) = 1)
. On a trouvé

et

tels que
u + (3n + 4)v = 1)
. D'après le théorème de Bézout, on peut affirmer que, pour tout

,

et

sont premiers entre eux avec

.
On en conclut que la fraction est irréductible pour tout

.
2ème exemple :
On considère l'équation
On suppose que la solution de cette équation est rationnelle et qu'elle appartient à ]0 ; 1[.
On peut donc l'écrire sous forme irréductible
Donner les différentes valeurs possibles pour la fraction

est solution de (1) donc
Par multiplication par

, on trouve :

où
 = 4q^3)
avec l'expression entre parenthèse qui appartient à

divise
Par hypothèse

est irréductible donc

est premier avec

.
D'après le théorème de Gauss,

divise

et en appliquant à nouveau ce théorème

divise

puis que

divise 4.
Par hypothèse

avec

et donc

.

divise 4.
Donc

et

divise 3, donc

. (En effet, on a également
On en déduit que les valeurs possibles de

sont

ou

.
Après vérification avec l'équation (1), seule la deuxième valeur trouvée est solution, soit

.
3ème exemple : Quel est le reste de la division euclidienne de 13
16 par 17
17 est un nombre premier et 17 ne divise pas 13. Par application du petit théorème de Fermat :
)
soit
)
.

, donc le reste de la division de 13
16 par 17 est 1.
4ème exemple :
Soit
 \left(3^{11} -1))
.
Montrer que 23 est un diviseur de

.
^2 - 1 = 3^{22} - 1 = 3^{23 - 1} - 1)
.
Le nombre 23 est premier et 23 n'est pas un diviseur de 3, donc par application du petit théorème de Fermat,

est divisible par 23 et par suite 23 est un diviseur de
IV. Numération
Les chiffres 0 ; 1 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6 ; 7 ; 8 ; 9 permettent d'écrire les nombres dans le système décimal.
Tout nombre

entier en base 10 s'écrit :

où

avec
Système de base b :
Tout nombre

écrit en base

s'écrit dans la base 10 :

où

avec
Pour

, on note

les chiffres après le chiffre 9.
Pour passer d'un système à l'autre, il est plus facile de revenir en base 10.
On note

par exemple le nombre

en base 5 qui s'écrit :

en base 10.
Exemple :
Déterminer les entiers naturels

et

tels que
On doit écrire chacun de ces nombres en base 10 :
Après calcul, on obtient :
Sachant que

car la plus petite base écrite est 8, on cherche à déterminer

et

. (2)
De (1) on tire la valeur de
D'après (2) on a l'encadrement de

:

qui, après résolution de ces inégalités donne

.
On choisit donc

. La valeur de

s'en déduit, soit
Remarque : Pour trouver

et

, on aurait pu faire appel à la résolution de l'équation diophantienne (1). J'invite le lecteur à appliquer cette méthode qui est toutefois un peu plus longue.
Exercice ouvert qui comporte plusieurs solutions :
Un entier naturel

étant donné, quel est le chiffre des unités de l'écriture décimale de

?
On remarque, en effectuant plusieurs essais que

se termine par zéro. On va essayer de le démontrer.
On peut écrire
(n + 1)(n^2 + 1))
. Cette écriture appelle à deux remarques :
- le produit est pair car

et

sont deux entiers consécutifs.
- de plus les naturels 2 et 5 sont premiers entre eux.
Donc pour démontrer que

est divisible par 10, on doit démontrer uniquement qu'il est divisible par 5.
On va se servir de quatre méthodes différentes.
1ère Méthode : par récurrence
Pour

: vraie
Supposons que la relation soit vraie au rang

, soit :
Démontrons qu'elle est vraie au rang

, soit
^5 - (n + 1))
est un multiple de 5.
On a
^5 - (n + 1) = n^5 - n + 5(n^4 + 2n^3 + 2n^2 + n) = 5k + 5(n^4 + 2n^3 + 2n^2 + n))
. Cette dernière expression montre que la relation est vraie au rang

.
Le principe de récurrence permet de conclure.
2ème méthode : les congruences
On étudie les valeurs possibles pour le reste dans la division euclidienne de

par 5.
Si
Si
, \, \, n^5 \equiv 1 \, (5))
donc
Si
, \, \, n^5 \equiv 2 \, (5))
donc
Si
, \, \, n^5 \equiv 3 \, (5))
donc
Si
, \, \, n^5 \equiv 4 \, (5))
donc
La conclusion est immédiate.
3ème méthode : factorisation de
Si
)
alors
Si
)
alors
)
alors
Si
)
alors
)
alors
Si
)
alors
)
alors
La conclusion en découle.
4ème méthode : on utilise le petit théorème de Fermat
Si
)
, on a
Si

n'est pas congru à zéro (5) comme 5 est premier,

est premier avec 5. D'après le petit théorème de Fermat :

est divisible par 5.
On a donc
)