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Abaque (calcul)

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Abaque (calcul) : encyclopédie mathématique

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Un abaque (de abacus en latin et de abax ἄβαξ en grec signifiant « table Ă  poussière Â») est le nom donnĂ© Ă  tout instrument mĂ©canique plan facilitant le calcul.

abaque boulier : les unitĂ©s sont placĂ©es en haut de la tige infĂ©rieure, les multiples de cinq en bas de la tige supĂ©rieure, le nombre se lit donc au milieu du boulier ; chaque colonne peut reprĂ©senter les nombres de 0 Ă  15 pour le report des retenues par multiples de 5.
abaque boulier : les unitĂ©s sont placĂ©es en haut de la tige infĂ©rieure, les multiples de cinq en bas de la tige supĂ©rieure, le nombre se lit donc au milieu du boulier ; chaque colonne peut reprĂ©senter les nombres de 0 Ă  15 pour le report des retenues par multiples de 5.

Dans la famille des abaques on peut classer

Sommaire

[modifier] Aperçu sur l’histoire des abaques

Dans l’histoire de la numération, l’écriture des nombres ne facilitait pas, en général, les calculs. Les géomètres et les comptables ont donc eu besoin d’instruments les aidant à calculer.

[modifier] Cailloux

Le moyen le plus simple consiste à utiliser des cailloux disposés sur le sol. En Abyssinie (ancien nom de l’Éthiopie) par exemple, il était d’usage pour les guerriers partant au combat de déposer un caillou sur un tas, caillou qu’il retirait en revenant du combat. Le nombre de cailloux non retirés permettait de déterminer le nombre de morts au combat. Ce moyen extrêmement simple possèdait cependant ses limites. Il fallut compléter le dispositif.

Mais fort longtemps encore, l’unité de calcul fut le caillou ou le galet, calculus en latin (même lorsqu’on lui substituait des batonnets plus aisés à dessiner, ce qui conduira plus tard à l’invention des chiffres écrits). Ce terme latin est d’ailleurs à l’origine du mot calcul (encore utilisé dans son sens originel en médecine).

On voit donc se développer successivement plusieurs tables ou abaques.

[modifier] Abaque grec

Inventé par les chinois, qui l’on adapté ensuite à l’écriture, il était constitué d’une table recouverte de sable sur laquelle on dessine à l’aide d’un stylet, les calculs pouvant être effacés au fur et à mesure en lissant avec la main.

De cet abaque originel à bâtons, naitront les chiffres phéniciens, puis d’un côté les chiffres grecs et romains nés de l’adaptation à leur alphabet respectif des abaques améliorés par les phéniciens, et de l’autre côté les chiffres sémitiques assyriens puis indiens (qui noteront le zéro par un point), puis arabo-indiens (où le zéro devient un rond) et tardivement les chiffres arabo-européens modernes.

L’abaque gréco-phénicien est finalement assez semblable avec les systèmes de comptage à bâtons utilisés depuis toujours par ceux qui ne savent pas compter, ou souhaitent mesurer le temps à l’aide de bâtons qu’on n’efface pas, mais qu’on peut rayer, souligner, entourer… Ce système originel universellement connu est encore utilisé couramment aujourd’hui pour compter les points dans un jeu, car il est plus rapide et plus efficace que de rayer et réécrire tous les chiffres.

[modifier] Abaque romain

reconstitution d’un abaque romain

Il s’agit d’une table, partagée en plusieurs colonnes, chaque colonne représente une puissance de 10. On dispose d’autre part de galets que l’on dépose dans les colonnes de son choix. Les Romains ne possédaient pas une écriture en numération décimale. Cependant, leur pratique de l’abaque montre qu’ils en possédaient le principe. Par la suite, l’abaque s’est enrichi de cases situées au-dessus de chaque colonne et représentant 5 unités de la puissance de 10 associée.

Le principe de l’addition et de la soustraction est simple à comprendre. Le transfert des retenues s’effectue en remplaçant 10 galets d’une colonne par un galet de la colonne suivante (et réciproquement).

La multiplication était un peu plus compliquée. On pouvait au choix, additionner autant de fois qu’il le fallait le nombre de départ, ou bien utiliser la pratique de la duplication avec la méthode de multiplication égyptienne.

[modifier] Abaque romain portable

Jusqu’au Ier siècle, l’abaque Ă©tait donc un meuble difficilement transportable. L’idĂ©e est alors venue de construire une plaquette mĂ©tallique, de remplacer les colonnes par des rainures parallèles et de faire glisser dans ces rainures des boutons de mĂŞme taille. On se rapproche alors du boulier.

[modifier] Gerbert d’Aurillac et la querelle abaciste contre algoriste

Lorsqu’au Xe siècle, Gerbert d’Aurillac rapporte de son sĂ©jour de trois ans en Espagne au milieu des musulmans, le système arithmĂ©tique positionnel, on pourrait croire que l’usage des abaques va tomber en dĂ©suĂ©tude. Mais il n’en est rien. Pourquoi vouloir changer un système qui marche (alors mĂŞme qu’un pape, puisque Gerbert d’Aurillac est aussi le pape Sylvestre II, cherche Ă  l’imposer) ? En fait les comptables, conscients de possĂ©der un savoir monnayable parce qu’hermĂ©tique, ne pouvaient voir d’un bon Ĺ“il une avancĂ©e mettant le calcul Ă  la portĂ©e d’un plus grand nombre.

Lors des croisades (XIe - XIIIe siècle), l’Occident se familiarise bon grĂ© mal grĂ© avec le calcul algorithmique. Les clercs revenus des croisades avec le système d’écriture dĂ©cimale furent les Ă©lĂ©ments moteurs de son installation en France. Le système de calcul par l’abaque perdurera nĂ©anmoins jusqu’à la rĂ©volution française opposant ainsi les abacistes, favorables au calcul avec abaque, et les algoristes, dĂ©veloppant les calculs algorithmiques dĂ©crits par les arabes. On peut Ă  ce sujet Ă©voquer le titre anglais de Chancelier de l’Échiquier pour le ministre des finances en Angleterre, Ă©chiquier signifiant abaque, le calcul des impĂ´ts se faisant encore jusqu’au XVIIIe siècle Ă  l’aide d’un abaque. Il est probable que la mise en place du système mĂ©trique va rendre l’abaque moins nĂ©cessaire.

[modifier] De la révolution française à nos jours

Soroban japonais

La numération décimale se répand pour tous les calculs mais montre ses limites et ses faiblesses pour les calculs un peu complexes. Il faut maintenant faire mieux. Pour effectuer plus simplement des produits, des quotients, calculer des sinus et des cosinus, on invente des tables numériques, puis des règles à calcul. Dans le milieu professionnel, les abaques ou tables de correspondances se multiplient. Mais le calcul à la main reste fastidieux. On cherche à l’automatiser. On rentre alors dans le calcul automatique que l’on date en général de l’invention de la Pascaline (Blaise Pascal, 1646).

Si les machines et ordinateurs ne sont pas des tables et ne peuvent donc pas ĂŞtre classĂ©s dans les abaques, ils ne se font pas faute d’en utiliser tant dans leurs programmes (tableurs) que dans leurs microprocesseurs : le bug du premier Pentium Ă©tait dĂ» Ă  une table de calcul flottant incorrectement remplie. Les calculatrices de poche disposent le plus souvent elles aussi de tables permettant Ă  leur utilisateur de conserver plusieurs rĂ©sultats intermĂ©diaires.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes

[modifier] Groupes

[modifier] Bibliographie

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