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Algèbre


Algèbre : encyclopédie mathématiques

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L'algèbre, mot d'origine arabe al-jabr (الجبر), est la branche des mathématiques qui étudie les opérations et équations sur les nombres et plus généralement les structures algébriques.

L'étude de ces structures peut être faite de manière unifiée dans la cadre de l'algèbre universelle.

L'étude épistémologique de l'algèbre a été introduite par Jules Vuillemin.

Sommaire

[modifier] Histoire

Article dĂ©taillĂ© : Chronologie de l'algèbre.

[modifier] Antiquité

Les anciens Babyloniens et Égyptiens savaient déjà résoudre des problèmes qui peuvent être traduits en équations du premier ou second degré.

Par exemple, le Papyrus Rhind (conservĂ© au British Museum de Londres, il date de -1650, ère chrĂ©tienne) comporte l'Ă©noncĂ© suivant :

On doit diviser 100 miches de pain entre dix hommes comprenant un navigateur, un contremaĂ®tre et un gardien, tous trois recevant double part. Que faut-il donner Ă  chacun ?

Cependant, ils ne faisaient pas de l'algèbre, car ils n'effectuaient pas de calcul sur une inconnue.

Diophante d'Alexandrie (vers 200/214 - vers 284/298), au IIIe siècle de l'ère chrétienne, fut le premier à pratiquer l'algèbre en introduisant le concept d'inconnue en tant que nombre[1], et à ce titre peut être considéré comme "le père" de l'algèbre.

[modifier] Monde arabo-musulman

Page d'Algebra d'al-Khwarizmi

Le mot « algèbre Â» vient de l'arabe al-jabr (الجبر), qui est devenu algebra en latin et qui signifie « la rĂ©union Â» (des morceaux), « la reconstruction Â» ou « la connexion Â» (en espagnol le mot algebrista dĂ©signe celui qui pratique le calcul algĂ©brique mais aussi le rebouteux, celui qui sait rĂ©duire les fractures osseuses[2]).

C'est un des premiers mots du titre en arabe d'un ouvrage du mathĂ©maticien d'origine persane Al-Khawarizmi. Le titre de cet ouvrage (Al-jabr wa'l-muqabalah) qui s'inscrivait dans l'Ă©poque d'essor des sciences et techniques islamiques (la culture de l'Ă©poque voulait que tout savoir soit traduit en arabe et dissĂ©minĂ© dans tout l'Empire), a donnĂ© le mot moderne « algèbre Â». Une large proportion des mĂ©thodes utilisĂ©es sont issues de rĂ©sultats Ă©lĂ©mentaires de gĂ©omĂ©trie. Pour cette raison, on classe souvent ces premiers rĂ©sultats dans la branche de l'algèbre gĂ©omĂ©trique.

Après un voyage dans le nord de l'Afrique, Léonard de Pise dit Fibonacci fut séduit par cette nouvelle façon d'écrire les chiffres (différente des chiffres romains) et par le système décimal. Dès son retour au pays, il est parmi les premiers à populariser les chiffres arabes et le système décimal en Europe et travaille sur sa fameuse suite.

[modifier] XVIe siècle : Europe

François Viète

Le pape Gerbert d'Aurillac avait ramené d'Espagne vers l'an 1000 le zéro, invention indienne que les mathématiciens Al-Khawarizmi et Abu Kamil avaient eux-mêmes fait connaître dans tout l'Empire, et aussi à Cordoue.

Cette numération de position lance une ère de calcul algébrique, d'abord au moyen des algorithmes nommés ainsi en hommage à Al-Kawarizmi, qui remplacent peu à peu l'usage de l'abaque. Les mathématiciens italiens du XVIe siècle (del Ferro, Tartaglia et Cardan) résolvent l'équation du 3e degré (ou équation cubique). Ferrari, élève de Cardan, résout l'équation du 4e degré (ou équation quartique), et la méthode est perfectionnée par Bombelli. À la fin du siècle, le Français Viète découvre que les fonctions symétriques des racines sont liées aux coefficients de l'équation polynomiale.

Jusqu'au XVIIe siècle, l'algèbre peut ĂŞtre globalement caractĂ©risĂ©e comme la suite ou le dĂ©but des Ă©quations et comme une extension de l'arithmĂ©tique ; elle consiste principalement en l'Ă©tude de la rĂ©solution des Ă©quations algĂ©briques, et la codification progressive des opĂ©rations symboliques permettant cette rĂ©solution. C'est Ă  François Viète (1540-1603) que l'on doit l'idĂ©e de noter les inconnues numĂ©riques Ă  l'aide de lettres.

Au XVIIe siècle, les mathĂ©maticiens utilisent progressivement des nombres « imaginaires Â», tels que l'une des racines carrĂ©es de -1, pour parvenir Ă  calculer les racines non rĂ©elles de leurs Ă©quations. Cette « extension Â» des nombres rĂ©els (qui prendra le nom de nombres complexes) amène d'Alembert (en 1746) et Gauss (en 1799) Ă  Ă©noncer et dĂ©montrer le thĂ©orème fondamental de l'algèbre (ou thĂ©orème de d'Alembert-Gauss) :

ThĂ©orème â€” Toute Ă©quation polynomiale de degrĂ© n en nombres complexes a exactement n racines (en comptant chacune avec son Ă©ventuelle multiplicitĂ©).

Sous sa forme moderne, le thĂ©orème s'Ă©nonce :

ThĂ©orème â€” Le corps \ _\mathbb C des nombres complexes muni de l'addition et de la multiplication est algĂ©briquement clos.

Le XIXe siècle s'intéresse désormais à la calculabilité des racines, et en particulier à la possibilité de les exprimer par des formules générales à base de radicaux. Les échecs concernant les équations de degré 5 amènent le mathématicien Abel (après Vandermonde, Lagrange et Gauss) à approfondir les transformations sur l'ensemble des racines d'une équation. Évariste Galois (1811 - 1832), dans un mémoire fulgurant, introduit pour la première fois la notion de groupe (en étudiant le groupe des permutations des racines d'une équation polynomiale) et aboutit à l'impossibilité de la résolution par radicaux pour les équations de degré supérieur ou égal à 5.

Une étape décisive était franchie avec l'écriture des exposants fractionnaires. Celle-ci permettra à Euler d'énoncer sa célèbre formule eiπ + 1 = 0 liant cinq nombres remarquables.

[modifier] Algèbre moderne

Ernst Kummer

Dès lors, l'algèbre moderne entame un parcours fĂ©cond : Boole crĂ©e l'algèbre qui porte son nom, Hamilton invente les quaternions, et les mathĂ©maticiens anglais Cayley, Hamilton et Sylvester Ă©tudient les structures de matrices. L'algèbre linĂ©aire, longtemps restreinte Ă  la rĂ©solution de systèmes d'Ă©quations linĂ©aires Ă  2 ou 3 inconnues, prend son essor avec le thĂ©orème de Cayley-Hamilton (« Toute matrice carrĂ©e Ă  coefficients dans \ _\mathbb R ou \ _\mathbb C annule son polynĂ´me caractĂ©ristique Â»). S'ensuivent les transformations par changement de base, la diagonalisation et la trigonalisation des matrices, et les mĂ©thodes de calcul qui nourriront, au XXe siècle, la programmation des ordinateurs. Parallèlement, Kummer gĂ©nĂ©ralise les structures galoisiennes et Ă©tudie les structures de corps et d'anneau. Dedekind dĂ©finit les idĂ©aux (dĂ©jĂ  entrevus par Gauss) qui permettront de gĂ©nĂ©raliser et reformuler les grands thĂ©orèmes d'arithmĂ©tique. L'algèbre linĂ©aire se gĂ©nĂ©ralise en algèbre multilinĂ©aire et algèbre tensorielle.

Au dĂ©but du XXe siècle, sous l'impulsion de l'allemand Hilbert et du français PoincarĂ©, les mathĂ©maticiens s'interrogent sur les fondements des mathĂ©matiques : logique et axiomatisation occupent le devant de la scène. Peano axiomatise l'arithmĂ©tique, puis les espaces vectoriels. La structure d'espace vectoriel et la structure d'algèbre sont approfondies par Artin en 1925, avec des corps de base autres que \ _\mathbb R ou \ _\mathbb C et des opĂ©rateurs toujours plus abstraits. On doit aussi Ă  Artin, considĂ©rĂ© comme le père de l'algèbre contemporaine, des rĂ©sultats fondamentaux sur les corps de nombres algĂ©briques. Les corps non commutatifs amènent Ă  dĂ©finir la structure de module sur un anneau et la gĂ©nĂ©ralisation des rĂ©sultats classiques sur les espaces vectoriels.

L'Ă©cole française « Nicolas Bourbaki », emmenĂ©e par Weil, Cartan et DieudonnĂ©, entreprend de réécrire l'ensemble des connaissances mathĂ©matiques sur une base axiomatique : ce travail gigantesque commence par la thĂ©orie des ensembles et l'algèbre dans le milieu du siècle, et confirme l'algèbre comme langage universel des mathĂ©matiques. Paradoxalement, alors que le nombre de publications suit une croissance exponentielle Ă  travers le monde, alors qu'aucun mathĂ©maticien ne peut prĂ©tendre dominer qu'une toute petite partie des connaissances, les mathĂ©matiques n'ont jamais autant paru unifiĂ©es qu'aujourd'hui.

[modifier] Notations européennes modernes

  • Les symboles + et - apparaissent en 1489 dans l'ouvrage ArithmĂ©tique de John Widmann (Leipzig).
  • Le signe = apparaĂ®t en 1557 chez Robert Recorde "parce que deux choses ne sauraient ĂŞtre plus Ă©gales que deux lignes parallèles".
  • Les signes < et > apparaissent en 1610 chez Thomas Harriot (1560-1621).
  • William Oughtred (1574-1660) introduit le signe de la multiplication Ă— dans son Clavis Mathematica (1631). Il introduit aussi les termes de sinus, cosinus et tangente.
  • Le signe de la division / est utilisĂ© par Johann Heinrich Rahn en 1659 et introduit en Angleterre par John Pell en 1668.

[modifier] Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Algèbre (homonymie)

[modifier] Notes et références

  1. ↑ Diophante et l'algèbre pré-symbolique, Luis RADFORD .
  2. ↑ Diccionario de la lengua española de la Real Academia Española

[modifier] Bibliographie

  • Adolf P. Youschkevitch, Les MathĂ©matiques Arabes, VIIIe-XVe siècles, Ed. VRIN, Paris - 1976

[modifier] Liens externes

  • (en) John J. O’Connor et Edmund F. Robertson, « History Topics: Algebra Index Â», dans MacTutor History of Mathematics archive, universitĂ© de St Andrews [lire en ligne] .
  • Les mathĂ©matiques.net : rĂ©fĂ©rences et cours en ligne
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