Algèbre de Lie : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.En mathématiques, une algèbre de Lie, nommée en l'honneur du mathématicien Sophus Lie, est une algèbre qui est munie d'un crochet de Lie.
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Soit un corps.
Une algèbre de Lie sur est un espace vectoriel
sur
muni d'une application bilinéaire
de
dans
qui vérifie les propriétés suivantes:
Le produit [x,y] est appelé crochet de Lie (ou simplement crochet) de x et y. Puisque le crochet est une fonction bilinéaire alternée de x,y, on a aussi l'identité [x,y] = − [y,x] pour tous x,y dans . L'identité (2) ci-dessus est appelée l'identité de Jacobi.
Une sous-algèbre de Lie de est un sous-espace vectoriel de
stable pour le crochet de Lie. Toute sous-algèbre de Lie de
est munie de manière évidente d'une structure d'algèbre de Lie sur
.
Remarque : contrairement aux algèbres tensorielles (et aux algèbres de Clifford, dont les algèbres extérieures), les algèbres de Lie ne sont pas unitaires, ni associatives.
Un morphisme d'algèbre de Lie est une application linéaire φ qui respecte le crochet de Lie, c'est-à -dire telle que
Un idéal de est un sous-espace vectoriel
tel que
. C'est en particulier une sous-algèbre de Lie. Si une algèbre de Lie n'admet pas d'idéal non trivial, elle est dite simple.
Si est un idéal de
, on peut former le quotient de
par
: c'est l'espace vectoriel quotient
, muni du crochet défini par
. La projection
est alors un morphisme d'algèbres de Lie.
Une représentation d'une algèbre de Lie est un morphisme
. Autrement dit, c'est une application linéaire telle que φ([g,h]) = φ(g)φ(h) − φ(h)φ(g).
Le morphisme défini par ad(g)(h) = [g,h] définit une représentation de
, appelée représentation adjointe. L'identité de Jacobi exprime précisément le fait que ad respecte le crochet. Le noyau de cette représentation est le centre
de l'algèbre de Lie
.
Les algèbres de Lie sont naturellement associées aux groupes de Lie. Si G est un groupe de Lie et 1 son élément neutre, alors l'espace tangent en 1 à G est une algèbre de Lie. La même construction est valable pour les groupes algébriques. On note en général en petites lettres gothiques l'algèbre de Lie associée à un groupe de Lie, ou à un groupe algébrique. Ainsi, comme on l'a déjà vu, désigne l'ensemble des matrices carrées de taille n et
désigne l'ensemble des matrices carrées de taille n de trace nulle. De la même façon,
désigne l'ensemble des matrices carrées A de taille n antisymétriques, etc. Dans tous ces exemples, le crochet de Lie n'est rien d'autre que le commutateur : [A,B]=AB-BA.
Si φ est un morphisme de groupes entre deux groupes de Lie G et H, et si l'on suppose φ différentiable, alors sa différentielle en l'identité sera un morphisme entre les algèbres de Lie et
de G et H. En particulier, à une représentation de G différentiable, on associe une représentation de
.
La classification des algèbres de Lie est utilisée de façon cruciale pour l'étude des groupes de Lie, des groupes algébriques et de leurs représentations.
Si et
sont deux sous-algèbres de Lie d'une algèbre de Lie
, notons
le sous-espace vectoriel engendré par les éléments de la forme [a,b] pour
et
.
Une algèbre de Lie est dite nilpotente lorsqu'un suite de commutateurs finit par être nulle, lorsque n devient suffisamment grand.
Plus précisément, définissons Ci par et
.
S'il existe un i tel que Ci=0, on dit que est nilpotente. Cette notion est à mettre en parallèle avec celle de groupe nilpotent. Il est facile de voir que toute algèbre de Lie abélienne est nilpotente.
L'algèbre des matrices triangulaires strictes, c'est-à -dire de la forme
fournit un exemple d'algèbre de Lie nilpotente.
Le théorème d'Engel affirme que toute sous-algèbre nilpotente de est en fait simultanément trigonalisable et donc conjuguée à une sous-algèbre de
.
Définissons par récurrence Di par et Di + 1 = [Di,Di]
S'il existe un i tel que Di=0, on dit que est résoluble. Comme dans le cas des algèbres nilpotentes, cette notion correspond à celle de groupe résoluble. Il est facile de voir que toute algèbre de Lie nilpotente est résoluble.
Un exemple d'algèbre de Lie résoluble est donné par l'algèbre des matrices triangulaires supérieures dans
.
Le théorème de Lie montre que, si est algébriquement clos et de caractéristique nulle, alors toute sous-algèbre de Lie de
est conjuguée à une sous-algèbre de
On dit qu'une algèbre de Lie est semi-simple lorsqu'elle ne contient pas d'idéal résoluble non trivial.
Lorsque est de caractéristique nulle, et que
est de dimension finie, ceci est équivalent à la non-dégénerescence de la forme de Killing K(x,y) définie par K(x,y) = tr(ad(x)ad(y)), où tr désigne la trace.
On peut montrer que, sous les mêmes hypothèses, toute algèbre de Lie semi-simple est en fait une somme directe d'algèbres de Lie simples.
Les algèbres de Lie simples de dimension finie sur le corps des nombres complexes sont classifiées par les diagrammes de Dynkin. Il y a donc 4 familles d'algèbres de Lie simples (ou 3 si on considère Bn et Dn comme une même famille) et 5 algèbres de Lie exceptionnelles, correspondant chacune à un diagramme de Dynkin différent.
Il n'y a pas de classification générale des algèbres de Lie de dimension infinie mais plusieurs classes de telles algèbres ont été étudiées.
Il existe différentes sortes de généralisations des algèbre de Lie, on citera juste les superalgèbres de Lie et les groupes quantiques.
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