logo

Algèbre multilinéaire


Algèbre multilinéaire : encyclopédie mathématiques

wikipediaCet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.
Vous pouvez consulter l'article ici ainsi que son historique.
Les textes et les images sont disponibles sous les termes de la Licence de documentation libre GNU.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Algèbre (homonymie).

En mathématiques, l’algèbre multilinéaire étend les méthodes de l’algèbre linéaire. Tout comme l’algèbre linéaire est bâtie sur le concept de vecteur et développe la théorie des espaces vectoriels, l’algèbre multilinéaire est bâtie sur le concept de tenseur et développe la théorie des espaces tensoriels. Dans les applications, de nombreux types de tenseurs surviennent. La théorie se veut exhaustive et comprend l'étude d'un certain nombre d'espaces et l'exposé de leurs relations.

Sommaire

[modifier] Historique de la notion d’algèbre multilinéaire

L'algèbre multilinĂ©aire a des racines variĂ©es plongeant dans ce qui a Ă©tĂ© appelĂ© au XIXe siècle l’analyse tensorielle ou le « calcul tensoriel des champs tensoriels Â». Elle s’est dĂ©veloppĂ©e Ă  partir de l’utilisation des tenseurs en gĂ©omĂ©trie diffĂ©rentielle, en relativitĂ© gĂ©nĂ©rale, et dans de nombreuses branches des mathĂ©matiques appliquĂ©es. Vers le milieu du XXe siècle, l’étude des tenseurs est reformulĂ©e plus abstraitement. Le traitĂ© d’algèbre multilinĂ©aire du groupe Bourbaki (le chapitre 3 du livre d'Algèbre, intitulĂ© plus prĂ©cisĂ©ment Algèbres tensorielles, algèbres extĂ©rieures, algèbres symĂ©triques) est particulièrement influent — en fait le terme algèbre multilinĂ©aire a probablement Ă©tĂ© inventĂ© lĂ .

Une des raisons de cette nouvelle formulation est une nouvelle aire d’application, l’algèbre homologique. Le dĂ©veloppement de la topologie algĂ©brique durant les annĂ©es 1940 donne une incitation additionnelle au dĂ©veloppement d’un traitement purement algĂ©brique du produit tensoriel. Le calcul des groupes homologiques du produit de deux espaces topologiques utilise le produit tensoriel ; mais c'est seulement dans les cas les plus simples, tel que celui d’un tore, que les groupes homologiques peuvent ĂŞtre calculĂ©s directement de cette façon (voir le thĂ©orème de KĂĽnneth). Les phĂ©nomènes topologiques, assez subtils, sont Ă  la source d’une nouvelle rĂ©flexion sur les concepts fondamentaux du calcul tensoriel.

Le matériel à organiser est dense, incluant des idées remontant à Hermann Günther Grassmann, et des idées venant de la théorie des formes différentielles qui avaient mené à la cohomologie de De Rham, ainsi qu’à des notions plus élémentaires telles que le produit extérieur qui généralise le produit vectoriel.

La description qui résulte du travail de Bourbaki, plutôt abstraite, rejette entièrement l'approche vectorielle (utilisée par exemple dans la construction des quaternions), c’est-à-dire, dans le cas général, la relation entre les espaces tensoriels et les groupes de Lie. Bourbaki suit, au contraire, une approche nouvelle basée sur la théorie des catégories[1], dans laquelle le groupe de Lie ne fournit qu'une description secondaire. Puisque cela mène à un traitement beaucoup plus rigoureux, il n’y aura probablement, en mathématiques, plus de retour en arrière.

Cette approche revient essentiellement à définir les espaces tensoriels comme les constructions requises dans le but de réduire les problèmes multilinéaires à des problèmes linéaires. Cette attaque purement algébrique ne transfère aucune intuition géométrique.

Le bĂ©nĂ©fice de cette formalisation est qu’en rĂ©exprimant des problèmes en termes d’algèbre multilinĂ©aire, il y a une « meilleure solution Â» claire et bien dĂ©finie : les contraintes que la solution exercent sont exactement celles dont on a besoin en pratique. En gĂ©nĂ©ral il n’y a pas besoin d’invoquer une quelconque construction ad hoc, idĂ©e gĂ©omĂ©trique ou autre pour coordonner des systèmes. Dans le vocabulaire de la thĂ©orie des catĂ©gories, tout est entièrement naturel.

[modifier] Conclusion sur l’approche abstraite

En principe l’approche abstraite peut recouvrir tout ce qui est fait via l’approche traditionnelle. En pratique cela peut ne pas sembler si simple. D’autre part la notion de transformation naturelle est compatible avec le principe de la covariance générale de la relativité générale. Ce dernier fait affaire aux champs tensoriels (les tenseurs variant de point en point sur une variété), mais la covariance affirme que le langage des tenseurs est essentiel à la formulation propre de la relativité générale.

Quelques décennies plus tard le point de vue plus abstrait venant de la théorie des catégories fut lié à l’approche qui avait été développée dans les années 1930 par Hermann Weyl (dans son livre célébré et difficile Les groupes classiques). En un sens, cela compléta la théorie, regroupant les points de vue anciens et nouveaux.

[modifier] Contenu de l’algèbre multilinéaire

Le contenu de l’algèbre multilinĂ©aire a changĂ© bien moins que la prĂ©sentation, Ă  travers les ans. Voici d’autres pages qui y sont centralement pertinentes :

  • Espace dual
  • OpĂ©rateur bilinĂ©aire
  • Produit intĂ©rieur
  • Application multilinĂ©aire
  • DĂ©terminant
  • Règle de Cramer
  • Delta de Kronecker
  • Contraction tensorielle
  • Tenseur mixte
  • Symbole de Levi-Civita
  • Algèbre tensorielle
  • Algèbre symĂ©trique
  • Produit extĂ©rieur, Puissance extĂ©rieure
  • Algèbre de Grassmann
  • DĂ©rivĂ©e extĂ©rieure
  • Notation d'Einstein
  • Tenseur symĂ©trique
  • Tenseur mĂ©trique

[modifier] Du point de vue des applications

Consultez ces articles pour certains moyens dans lesquels les concepts de l’algèbre multilinĂ©aire sont appliquĂ©s, dans diverses guises :

  • Tenseur dyadique
  • Notation bra-ket
  • algèbre gĂ©omĂ©trique
  • Algèbre de Clifford
  • Pseudoscalaire
  • Pseudovecteur
  • Spineur
  • Produit extĂ©rieur
  • Nombre hypercomplexe
  • Courbure


[modifier] Notes et références

  1. ↑ En fait, Bourbaki base son approche sur la notion de propriété universelle, ce qui est moins général que la théorie des catégories, mais semble suffisant dans ce cas
wikipediaCet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.
Vous pouvez consulter l'article ici ainsi que son historique.
Les textes et les images sont disponibles sous les termes de la Licence de documentation libre GNU.


maths haut de pagehaut Retrouvez cette page sur ilemaths l'île des mathématiques
© Tom_Pascal & Océane 2012