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Algorithme


Algorithme : encyclopédie mathématiques

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« Algorithme Â» redirige ici. Pour la notion d'algorithme en sport, voir algorithme (sport).

On dĂ©signe par algorithmique l’ensemble des activitĂ©s logiques qui relèvent des algorithmes ; en particulier, en informatique, cette discipline dĂ©signe l'ensemble des règles et des techniques qui sont impliquĂ©es dans la dĂ©finition et la conception des algorithmes. Le mot vient du nom du mathĂ©maticien d'origine perse, Al Khuwarizmi ( latinisĂ© au Moyen Ă‚ge en Algoritmi ), qui, au IXe siècle Ă©crivit le premier ouvrage systĂ©matique sur la solution des Ă©quations linĂ©aires et quadratiques. Dans le cas gĂ©nĂ©ral, l’algorithmique s’effectue au moyen de calculs.

Il est parfois fait usage du mot algorithmie, bien que ce dernier ne figure pas dans la plupart des dictionnaires.

Sommaire

[modifier] Définition

Un algorithme est un moyen pour un humain de présenter la résolution par calcul d’un problème à une autre personne physique (un autre humain) ou virtuelle (un calculateur). En effet, un algorithme est un énoncé dans un langage bien défini d’une suite d’opérations permettant de résoudre par calcul un problème. Si ces opérations s’exécutent en séquence, on parle d’algorithme séquentiel. Si les opérations s’exécutent sur plusieurs processeurs en parallèle, on parle d’algorithme parallèle. Si les tâches s’exécutent sur un réseau de processeurs on parle d’algorithme réparti ou distribué.

[modifier] Historique

[modifier] Antiquité

Les algorithmes dont on a retrouvé des descriptions exhaustives ont été utilisés dès l’époque des Babyloniens, pour des calculs concernant le commerce et les impôts.

L’algorithme le plus cĂ©lèbre est celui qui se trouve dans le livre 7 des ÉlĂ©ments d’Euclide. Il permet de trouver le plus grand diviseur commun, ou PGCD, de deux nombres. Un point particulièrement remarquable est qu’il contient explicitement une itĂ©ration et que les propositions 1 et 2 dĂ©montrent (maladroitement pour nos contemporains) sa convergence.

[modifier] Étude systématique

L’algorithmique a été systématisée par le mathématicien perse Al Khuwarizmi (né vers 780 - mort vers 850), auteur d’un ouvrage (souvent traduit par L’algèbre et le balancement) qui décrit des méthodes de calculs algébriques (ainsi que d’un autre introduisant le zéro des Indiens).

Le savant arabe Averroès (1126-1198) Ă©voque une mĂ©thode de raisonnement oĂą la thèse s’affine Ă©tape par Ă©tape (itĂ©rativement) jusqu’à une certaine convergence et ceci conformĂ©ment au dĂ©roulement d’un algorithme. Ă€ la mĂŞme Ă©poque, au XIIe siècle, le moine Adelard de Bath a introduit le terme latin de algorismus (par rĂ©fĂ©rence au nom de Al Khuwarizmi). Ce mot donne algorithme en français en 1554.

Au XVIIe siècle, on pourrait entrevoir une certaine allusion Ă  la mĂ©thode algorithmique chez RenĂ© Descartes dans la mĂ©thode gĂ©nĂ©rale proposĂ©e par le Discours de la mĂ©thode (1637), notamment quand, en sa deuxième partie, le logicien français propose de « diviser chacune des difficultĂ©s que j’examinerois, en autant de parcelles qu’il se pourroit, et qu’il seroit requis pour les mieux rĂ©soudre. Â» Sans Ă©voquer explicitement les concepts de boucle ou d’itĂ©ration, l’approche de Descartes prĂ©dispose la logique Ă  accueillir le concept de programme, mot qui naĂ®t en français en 1677.

L’utilisation du terme algorithme a été remarquable chez Ada Lovelace, fille de lord Byron et assistante de Charles Babbage (1792-1871).

[modifier] Vocabulaire

Le substantif algorithmique désigne la méthode utilisant des algorithmes. Le terme est également employé comme adjectif.

Un algorithme énonce une résolution sous la forme d’une série d’opérations à effectuer. La mise en œuvre de l’algorithme consiste en l’écriture de ces opérations dans un langage de programmation et constitue alors la brique de base d’un programme informatique.

Les informaticiens utilisent frĂ©quemment l’anglicisme implĂ©mentation pour dĂ©signer cette mise en Ĺ“uvre. L’écriture en langage informatique est aussi frĂ©quemment dĂ©signĂ©e par le terme « codage Â», qui n’a ici aucun rapport avec la cryptographie, mais qui se rĂ©fère au terme « code source Â» pour dĂ©signer le texte, en langage de programmation, constituant le programme. L’algorithme devra ĂŞtre plus ou moins dĂ©taillĂ© selon le niveau d’abstraction du langage utilisĂ© ; autrement dit, une recette de cuisine doit ĂŞtre plus ou moins dĂ©taillĂ©e en fonction de l’expĂ©rience du cuisinier.

[modifier] Exemples d’algorithmes

Il existe un certain nombre d’algorithmes classiques, utilisĂ©s pour rĂ©soudre des problèmes ou plus simplement pour illustrer des mĂ©thodes de programmation. On se rĂ©fĂ©rera aux articles suivants pour de plus amples dĂ©tails :

  • tours de HanoĂŻ, problème cĂ©lèbre illustrant la programmation rĂ©cursive ;
  • algorithme de tri, ou comment trier un ensemble de nombres le plus rapidement possible ;
  • huit dames, placer huit dames sur un Ă©chiquier sans qu’elles puissent se prendre entre elles ;
  • algorithme rĂ©cursif, quelques prĂ©sentations d’algorithmes rĂ©cursifs simples ;
  • algorithme du simplexe, qui minimise une fonction linĂ©aire de variables rĂ©elles soumises Ă  des contraintes linĂ©aires.
  • Fraction continue d'un nombre quadratique, permettant d'extraire une racine carrĂ©e.

[modifier] Complexité algorithmique

Article dĂ©taillĂ© : ComplexitĂ© algorithmique.

Les principales notions mathĂ©matiques dans le calcul du coĂ»t d’un algorithme prĂ©cis sont les notions de domination (notĂ©e O(f(n)), « grand o Â»), oĂą f est une fonction mathĂ©matique de n, variable dĂ©signant la quantitĂ© d’informations (en bits, en nombre d’enregistrements, etc.) manipulĂ©e dans l’algorithme. En algorithmique on trouve souvent des complexitĂ©s du type :

Notation Type de complexité
O(1) complexité constante (indépendante de la taille de la donnée)
O(log(n)) complexité logarithmique
O(n) complexité linéaire
O(nlog(n)) complexité quasi-linéaire
O(n2) complexité quadratique
O(n3) complexité cubique
O(np) complexité polynomiale
O(nlog(n)) complexité quasi-polynomiale
O(2n) complexité exponentielle
O(n!) complexité factorielle

Sans entrer dans les dĂ©tails mathĂ©matiques, le calcul de l’efficacitĂ© d’un algorithme (sa complexitĂ© algorithmique), consiste en la recherche de deux quantitĂ©s importantes. La première quantitĂ© est l’évolution du nombre d’instructions de base en fonction de la quantitĂ© de donnĂ©es Ă  traiter (par exemple, pour un algorithme de tri, il s'agit du nombre de donnĂ©es Ă  trier), que l’on privilĂ©giera sur le temps d'execution mesurĂ© en secondes (car ce dernier dĂ©pend de la machine sur laquelle l'algorithme s'exĂ©cute). La seconde quantitĂ© estimĂ©e est la quantitĂ© de mĂ©moire nĂ©cessaire pour effectuer les calculs. Baser le calcul de la complexitĂ© d’un algorithme sur le temps ou la quantitĂ© effective de mĂ©moire qu’un ordinateur particulier prend pour effectuer ledit algorithme ne permet pas de prendre en compte la structure interne de l’algorithme, ni la particularitĂ© de l’ordinateur : selon sa charge de travail, la vitesse de son processeur, la vitesse d’accès aux donnĂ©es, l’exĂ©cution de l’algorithme (qui peut faire intervenir le hasard) ou son organisation de la mĂ©moire, le temps d’exĂ©cution et la quantitĂ© de mĂ©moire ne seront pas les mĂŞmes.

Il existe Ă©galement un autre aspect de l'Ă©valuation de l'efficacitĂ© d'un algorithme : les performances en moyenne de cet algorithme. Elle suppose d'avoir un modèle de la rĂ©partition des donnĂ©es de l'algorithme, tandis que la mise en Ĺ“uvre des techniques d'analyse implique des mĂ©thodes assez fines de combinatoire et d'Ă©valuation asymptotique, utilisant en particulier les sĂ©ries gĂ©nĂ©ratrices et des mĂ©thodes avancĂ©es d'analyse complexe. L'ensemble de ces mĂ©thodes sont regroupĂ©es sous le nom de combinatoire analytique.

On trouvera dans l’article sur la théorie de la complexité d’autres évaluations de la complexité qui vont en général au delà des valeurs proposées ci-dessus et qui répartissent les problèmes (plutôt que les algorithmes) en classes de complexité.

[modifier] Quelques indications sur l’efficacité des algorithmes

Souvent, l’efficacitĂ© d’un algorithme n’est connue que de manière asymptotique, c’est-Ă -dire pour de grandes valeurs du paramètre n. Lorsque ce paramètre est suffisamment petit, un algorithme de complexitĂ© supĂ©rieure peut en pratique ĂŞtre plus efficace. Ainsi, pour trier un tableau de 30 lignes (c’est un paramètre de petite taille), il est inutile d’utiliser un algorithme Ă©voluĂ© comme le Tri rapide (l’un des algorithmes de tri les plus efficaces en moyenne) : l’algorithme de tri le plus trivial sera suffisamment efficace.

Entre deux algorithmes dont la complexité est identique, on cherchera à utiliser celui dont l’occupation mémoire est la plus faible. L’analyse de la complexité algorithmique peut également servir à évaluer l’occupation mémoire d’un algorithme. Enfin, le choix d’un algorithme plutôt qu’un autre doit se faire en fonction des données que l’on s’attend à lui fournir en entrée. Ainsi, le Quicksort (ou tri rapide), lorsque l’on choisit le premier élément comme pivot, se comporte de façon désastreuse si on l’applique à une liste de valeurs déjà triée. Il n’est donc pas judicieux de l’utiliser si on prévoit que le programme recevra en entrée des listes déjà presque triées.

Un autre paramètre à prendre en compte est la localité de l’algorithme. Par exemple pour un système à mémoire virtuelle qui dispose de peu de mémoire (par rapport au nombre de données à traiter), le Tri rapide sera normalement plus efficace que le Tri par tas car le premier ne passe qu’une seule fois sur chaque élément de la mémoire tandis que le second accède à la mémoire de manière discontinue (ce qui augmente le risque de swapping).

Enfin, il existe certains algorithmes dont la complexité est dite amortie. Cela signifie que, pour certaines exécutions de l’algorithme (cas marginaux), la complexité de l’algorithme sera très supérieure au cas moyen. Bien sûr, on n’utilise la notion de complexité amortie que dans les cas où cette réaction est très marginale.

[modifier] Les heuristiques

Pour certains problèmes, les algorithmes ont une complexité beaucoup trop grande pour obtenir un résultat en temps raisonnable, même si l’on pouvait utiliser une puissance de calcul phénoménale. On est donc amené à rechercher une solution la plus proche possible d’une solution optimale en procédant par essais successifs. Puisque toutes les combinaisons ne peuvent être essayées, certains choix stratégiques doivent être faits. Ces choix, généralement très dépendants du problème traité, constituent ce qu’on appelle une heuristique. Le but d’une heuristique n'est donc pas d'essayer toutes les combinaisons possibles afin de trouver celle répondant au problème, mais de trouver une solution approchée convenable (qui peut être exacte dans certains cas) dans un temps raisonnable. C’est ainsi que les programmes de jeu d’échecs, de jeu de go (pour ne citer que ceux-là) font appel de manière très fréquente à des heuristiques qui modélisent l’expérience d’un joueur. Certains logiciels antivirus se basent également sur des heuristiques pour reconnaître des virus informatiques non répertoriés dans leur base, en s’appuyant sur des ressemblances avec des virus connus.

[modifier] Applications

  • Algorithme gĂ©nĂ©tique en informatique dĂ©cisionnelle
  • Allocation de mĂ©moire et ramasse-miettes
  • Cryptologie et compression de donnĂ©es
  • Informatique musicale
  • Structure de donnĂ©es, Algorithmes de tri et Recherche dichotomique

[modifier] Voir aussi

La WikiversitĂ© possède des cours sur « Algorithmique Â».
wikt:

Voir « algorithmique Â» sur le Wiktionnaire.

wikt:

Voir « algorithmie Â» sur le Wiktionnaire.

[modifier] Articles connexes

  • Al-Khuwarizmi
  • Algorithme rĂ©cursif
  • Algorithme rĂ©parti
  • Liste des algorithmes
  • MĂ©taheuristique
  • Recherche opĂ©rationnelle
  • Structure de contrĂ´le

[modifier] Liens externes

  • Les Wikilivres sont une source d’information Wiki pour les langages de programmations et l’algorithmique

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