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Analyse numérique


Analyse numérique : encyclopédie mathématiques

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L’analyse numérique est une discipline des mathématiques. Elle s’intéresse tant aux fondements théoriques qu’à la mise en pratique des méthodes permettant de résoudre, par des calculs purement numériques, des problèmes d’analyse mathématique.

Plus formellement, l’analyse numérique est l’étude des algorithmes permettant de résoudre les problèmes de mathématiques continues (distinguées des mathématiques discrètes). Cela signifie qu’elle s’occupe principalement de répondre numériquement à des questions à variable réelle ou complexe comme l’algèbre linéaire numérique sur les champs réels ou complexes, la recherche de solution numérique d’équations différentielles et d’autres problèmes liés survenant dans les sciences physiques et l’ingénierie.

Sa mise en œuvre pratique et ses domaines d’application sont décrits plus complètement dans l’article calcul numérique.
Simulation numérique d'un crash de véhicule

Sommaire

[modifier] Introduction générale

Certains problèmes de mathématiques peuvent être résolus numériquement (i.e., sur ordinateur) de façon exacte par un algorithme en un nombre fini d'opérations. Ces algorithmes sont parfois appelés méthodes directes ou qualifiés de finis. Des exemples sont l’élimination de Gauss-Jordan pour la résolution d’un système d’équations linéaires et l’algorithme du simplexe en optimisation linéaire.

Cependant, aucune méthode directe n’est connue pour certains problèmes (de plus, pour une classe de problèmes dits NP-complets, aucun algorithme de calcul direct en temps polynomial n'est connu à ce jour). Dans de tels cas, il est parfois possible d’utiliser une méthode itérative pour tenter de déterminer une approximation de la solution. Une telle méthode démarre depuis une valeur devinée ou estimée grossièrement et trouve des approximations successives qui devraient converger vers la solution sous certaines conditions. Même quand une méthode directe existe, une méthode itérative peut être préférable car elle est souvent plus efficace et même souvent plus stable (notamment elle permet le plus souvent de corriger des erreurs mineures dans les calculs intermédiaires).

Par ailleurs, certains problèmes continus peuvent parfois ĂŞtre remplacĂ©s par un problème discret dont la solution est connue pour approcher celle du problème continu ; ce procĂ©dĂ© est appelĂ© discrĂ©tisation. Par exemple la solution d’une Ă©quation diffĂ©rentielle est une fonction. Cette fonction peut ĂŞtre reprĂ©sentĂ©e de façon approchĂ©e par une quantitĂ© finie de donnĂ©es, par exemple par sa valeur en un nombre fini de points de son domaine de dĂ©finition, mĂŞme si ce domaine est continu.

L’utilisation de l’analyse numĂ©rique est grandement facilitĂ©e par les ordinateurs. L’accroissement de la disponibilitĂ© et de la puissance des ordinateurs depuis la seconde moitiĂ© du XXe siècle a permis l’application de l’analyse numĂ©rique dans de nombreux domaines scientifiques, techniques et Ă©conomiques, avec souvent des effets rĂ©volutionnaires.

[modifier] La génération et la propagation des erreurs

L’étude des erreurs forme une partie importante de l’analyse numĂ©rique. Les erreurs introduites dans la solution d’un problème ont plusieurs origines. Les erreurs d’arrondis surviennent car il est impossible de reprĂ©senter en pratique tous les nombres rĂ©els exactement sur une machine Ă  Ă©tats finis (ce que sont en fin de compte tous les ordinateurs numĂ©riques). Les erreurs de troncature sont commises par exemple quand une mĂ©thode itĂ©rative est terminĂ©e et que la solution approchĂ©e obtenue diffère de la solution exacte. De façon similaire, la discrĂ©tisation (en) d’un problème (aussi appelĂ©e quantification dans les applications pratiques de calcul numĂ©rique) induit une erreur de discrĂ©tisation (en) (erreur de quantification dans les applications pratiques) car la solution du problème discret ne coĂŻncide pas exactement avec la solution du problème continu.

Une fois que l’erreur est gĂ©nĂ©rĂ©e, elle se propagera gĂ©nĂ©ralement tout au long du calcul. Cela conduit Ă  la notion de stabilitĂ© numĂ©rique[1] : un algorithme est numĂ©riquement stable si une erreur, une fois gĂ©nĂ©rĂ©e, ne croĂ®t pas trop durant le calcul (dans une mĂ©thode de calcul itĂ©ratif, une erreur trop grande peut dans certains cas faire diverger l’algorithme qui ne parviendra pas Ă  approcher la solution). Cela n’est possible que si le problème est bien conditionnĂ©, ce qui signifie que la solution ne change que d'une faible quantitĂ© si les donnĂ©es du problème sont changĂ©es d'un montant faible. Ainsi, si un problème est mal conditionnĂ©, alors la moindre erreur dans les donnĂ©es provoquera une erreur très importante dans la solution trouvĂ©e.

Cependant, un algorithme qui résout un problème bien conditionné peut être ou ne pas être numériquement stable. Tout l’art de l’analyse numérique consiste à trouver un algorithme stable pour résoudre un problème mathématique bien posé. Un art apparenté est de trouver des algorithmes stables permettant de résoudre des problèmes mal posés, ce qui requiert généralement la recherche d'un problème bien posé dont la solution est proche du problème mal posé, puis de résoudre à la place ce second problème bien posé.

[modifier] Domaines d’études

Le champ de l’analyse numérique est divisé en différentes disciplines suivant le type de problème à résoudre, et chaque discipline étudie diverses méthodes de résolution des problèmes correspondants.

Parmi les exemples de mĂ©thodes d’analyse numĂ©rique, en voici quelques-unes utilisĂ©es pour discrĂ©tiser un système d'Ă©quations : la mĂ©thode des Ă©lĂ©ments finis, la mĂ©thode des diffĂ©rences finies, la mĂ©thode des diffĂ©rences divisĂ©es, la mĂ©thode des volumes finis…

[modifier] Calcul des valeurs de fonctions

Un des problèmes les plus simples est l’évaluation d’une fonction Ă  un point donnĂ©. Mais mĂŞme l’évaluation d’un polynĂ´me approchant n’est pas aussi Ă©vidente qu’il y parait : la mĂ©thode de Horner est souvent plus efficace que la mĂ©thode Ă©lĂ©mentaire basĂ©e sur les coefficients du polynĂ´me dĂ©veloppĂ© et la simple somme de ses termes. GĂ©nĂ©ralement, il est important d’estimer Ă  l’avance et de contrĂ´ler les erreurs d’arrondis survenant lors de l’utilisation d’opĂ©rations arithmĂ©tiques en virgule flottante.

[modifier] Interpolation, extrapolation et régression

L’interpolation tente de rĂ©soudre ou d’approcher la solution au problème suivant : Ă©tant donnĂ© la valeur connue d'une certaine fonction en un certain nombre de points, quelle valeur prend cette fonction en un autre point quelconque situĂ© entre deux points donnĂ©s ? Une mĂ©thode très simple est d’utiliser l’interpolation linĂ©aire, qui suppose que la fonction inconnue Ă©volue linĂ©airement entre chaque paire de points successifs connus. Cette mĂ©thode peut ĂŞtre gĂ©nĂ©ralisĂ©e en interpolation polynomiale, qui est parfois plus prĂ©cise (on peut en chiffer la prĂ©cision si les dĂ©rivĂ©es de la fonction sont connues jusqu'Ă  l'ordre N pour une interpolation Ă  N points) et nĂ©cessite de plus petites tables de valeurs connues, mais elle souffre du phĂ©nomène de Runge.

D’autres méthodes d’interpolation utilisent des fonctions localisées telles que les splines ou la compression par ondelettes.

L’extrapolation est très similaire à l’interpolation, sauf que cette fois on veut déterminer la valeur d’une fonction en un point situé hors de l’intervalle des points connus. Dans certains cas (par exemple pour l’extrapolation de valeurs de fonctions cycliques, logarithmiques ou exponentielles), il est possible de réduire un problème d’extrapolation dans un domaine de définition très étendu voire infini, à un problème d’interpolation dans le sous-espace fini contenant les points connus.

La régression est aussi similaire, mais prend en compte le fait que les données connues sont aussi imprécises. Étant donné certains points, et la mesure de la valeur d’une fonction à ces points (avec une erreur maximale estimée), on veut déterminer la fonction inconnue. La méthode des moindres carrés est une façon populaire de procéder.

[modifier] Résolution d’équations et systèmes d'équations

Un autre problème fondamental est le calcul des solutions d’une équation donnée. Deux cas sont communément distingués, suivant que l’équation est linéaire ou non.

De nombreux efforts ont été consacrés au développement de méthodes de résolution de systèmes d’équations linéaires. Les méthodes standards incluent l’élimination de Gauss-Jordan, et la décomposition LU. Les méthodes itératives telles que la méthode du gradient conjugué sont généralement préférées sur les larges systèmes d’équations.

Les algorithmes de recherche de racines d’une fonction sont utilisés pour résoudre les équations non linéaires (elles sont nommées ainsi car la racine d’une fonction est un argument pour lequel la fonction retourne zéro). Si la fonction est différentiable et que sa dérivée est connue, alors la méthode de Newton est un choix populaire. La linéarisation est une autre technique pour la résolution d’équations non linéaires.

[modifier] Optimisation

Article dĂ©taillĂ© : Optimisation (mathĂ©matiques).

Dans les problèmes d’optimisation, on recherche un point d'un ensemble auquel une fonction définie sur cet ensemble est minimale (ou maximale). Cet ensemble est souvent défini comme une partie d'un espace vectoriel délimitée par des contraintes, c'est-à-dire par des égalités, des inégalités, des appartenances, définies au moyen d'autres fonctions.

L’optimisation est dĂ©coupĂ©e en sous-disciplines qui se chevauchent, suivant la forme de la fonction objectif et celle des contraintes : l'optimisation en dimension finie ou infinie (on parle ici de la dimension de l'espace vectoriel des variables Ă  optimiser), l'optimisation continue ou combinatoire (les variables Ă  optimiser sont discrètes dans ce dernier cas), l'optimisation diffĂ©rentiable ou non lisse (on qualifie ici la rĂ©gularitĂ© des fonctions dĂ©finissant le problème), l'optimisation linĂ©aire (fonctions affines), quadratique (objectif quadratique et contraintes affines), semi-dĂ©finie (en) (la variable Ă  optimiser est une matrice dont on requiert la semi-dĂ©finie positivitĂ©), conique (en) (gĂ©nĂ©ralisation du problème prĂ©cĂ©dent), convexe (en) (fonctions convexes), non linĂ©aire, la commande optimale, l'optimisation stochastique (en) et robuste (en) (prĂ©sence d'alĂ©as), l'optimisation multicritère (un compromis entre plusieurs objectifs contradictoires est recherchĂ©), l'optimisation algĂ©brique (fonctions polynomiales), l'optimisation bi-niveaux, l'optimisation sous contraintes de complĂ©mentaritĂ©, l'optimisation disjonctive (l'ensemble admissible est une rĂ©union d'ensembles), etc. Cette abondance de disciplines provient du fait que pratiquement toute classe de problèmes modĂ©lisables peut conduire Ă  un problème d'optimisation, pourvu que l'on y introduise des paramètres Ă  optimiser. Par ailleurs, les conditions d'optimalitĂ© de ces problèmes d'optimisation apportent parfois des expressions mathĂ©matiques originales qui, par le mĂ©canisme prĂ©cĂ©dent, conduisent Ă  leur tour Ă  de nouveaux problèmes d'optimisation.

L'analyse et la rĂ©solution numĂ©rique des problèmes d'optimisation diffĂ©rentiable avec contraintes passe souvent par l'Ă©criture de ses conditions d'optimalitĂ©. Celles-ci font apparaĂ®tre des variables cachĂ©es (les multiplicateurs ou variables duales) qui ne sont pas prĂ©sentes dans l'Ă©noncĂ© du problème original, mais qui apportent une information prĂ©cieuse sur celui-ci (les coĂ»ts marginaux). Les multiplicateurs de Lagrange ont fait leur apparition aux XVIIIe siècle pour traiter les problèmes d’optimisation avec contraintes d'Ă©galitĂ©. Pour les problèmes avec contraintes d'inĂ©galitĂ©, ces multiplicateurs ont Ă©tĂ© mis en Ă©vidence au milieu du XXe siècle par de nombreux auteurs, dont Karush, Kuhn et Tucker.

Les problèmes d'optimisation Ă©tant très divers par leur nature et leur structure, les mĂ©thodes numĂ©riques de rĂ©solution de ces problèmes sont nombreuses. Beaucoup de problèmes d'optimisation sont NP-difficiles ; c'est dĂ©jĂ  le cas pour un problème d'optimisation quadratique non convexe.

[modifier] Évaluation des intégrales

Article dĂ©taillĂ© : Calcul numĂ©rique d'une intĂ©grale.

L’intĂ©gration numĂ©rique, Ă©galement connue comme quadrature numĂ©rique, recherche la valeur d’une intĂ©grale dĂ©finie. Les mĂ©thodes populaires sont basĂ©es sur les formules de Newton-Cotes (avec par exemple la mĂ©thode du point mĂ©dian ou la mĂ©thode des trapèzes) ou utilisent les mĂ©thodes de quadrature de Gauss. Cependant si la dimension du domaine d’intĂ©gration devient large, ces mĂ©thodes deviennent aussi prohibitivement onĂ©reuses. Dans cette situation, on peut utiliser une mĂ©thode de Monte-Carlo, une mĂ©thode de quasi-Monte-Carlo (en) ou, dans des dimensions modestement larges, la mĂ©thode des grille incomplète (en).

[modifier] Équations différentielles

Articles dĂ©taillĂ©s : RĂ©solution numĂ©rique des Ă©quations diffĂ©rentielles et RĂ©solution numĂ©rique des Ă©quations aux dĂ©rivĂ©es partielles (en)

L'analyse numérique traite également du calcul (de façon approchée) des solutions d’équations différentielles, que ce soit des équations différentielles ordinaires, ou des équations aux dérivées partielles.

Les équations aux dérivées partielles sont résolues en discrétisant d’abord l’équation, en l’amenant dans un sous-espace de dimension finie. Ceci peut être réalisé par une méthode des éléments finis, une méthode des différences finies ou, particulièrement dans l’ingénierie, une méthode des volumes finis. La justification théorique de ces méthodes implique souvent des théorèmes de l’analyse fonctionnelle. Ceci réduit le problème à la résolution d’une équation algébrique.

[modifier] Annexes

[modifier] Note

  1. ↑ (en) N.J. Higham (en), Accuracy and Stability of Numerical Algorithms, Philadelphia, SIAM Publication, 2002 .

[modifier] Articles connexes

  • Calcul numĂ©rique
  • MĂ©thode de la fausse position
  • Liste de sujets sur l’analyse numĂ©rique (en)
  • Liste de publications importantes en analyse numĂ©rique (en)

[modifier] Références

[modifier] Liens externes


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