Application réciproque : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.En mathĂ©matiques, la bijection rĂ©ciproque d'une bijection f est l'application qui associe Ă chaque Ă©lĂ©ment de l'ensemble d'arrivĂ©e son unique antĂ©cĂ©dent par f. On l'appelle parfois, par anglicisme, l'application inverse de f (voir Inverse (homonymie)
).
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On considère[1] l'application f de R vers R définie par : f(x)=x3.
Pour chaque réel y, il y a un et un seul réel x tel que y=x3=f(x) (ainsi pour y = 8, le seul x convenable est 2, en revanche, pour y=-27 c'est -3). En termes mathématiques, on dit que x est l'unique antécédent de y et que f est une bijection.
On peut alors considérer l'application qui envoie y sur son antécédent, qu'on appelle dans cet exemple la racine cubique de y : c'est elle qu'on nomme la « réciproque » de la bijection f.
Si on tente d'effectuer la même construction pour la racine carrée et qu'on considère l'application g de R vers R définie par : g(x)=x2, les choses ne se passent pas si simplement ; en effet pour certaines valeurs de y il y a deux valeurs de x tels que g(x)=y (ainsi pour y=4, on peut choisir x=2 mais aussi x=-2, puisque 22=4 mais aussi (-2)2=4), tandis que pour d'autres choix de y aucun x ne convient (ainsi pour y=-1 l'équation x2=-1 n'a-t-elle aucune solution réelle). En termes mathématiques, on dit que g n'est ni injective ni surjective. Dans cet exemple, les définitions qui suivent ne permettent pas de parler de « bijection réciproque » (ni même d'« application réciproque ») de g.
Si f est une bijection d'un ensemble X vers un ensemble Y, cela veut dire (par définition des bijections) que tout élément y de Y possède un antécédent et un seul par f. On peut donc définir une application g allant de Y vers X, qui à y associe son unique antécédent, c'est-à -dire que f(g(y))=y. L'application g est une bijection, appelée bijection réciproque de f.
De façon plus générale, et en utilisant les notations fonctionnelles, si f est une application d'un ensemble X vers un ensemble Y et s'il existe une application g de Y vers X telle que :
alors f et g sont des bijections, et g est la bijection réciproque de f.
La bijection réciproque de f est souvent notée , en prenant garde à la confusion possible[2] avec la notation des exposants négatifs, pour laquelle on a
.
La double propriété : et
montre que f est aussi la bijection réciproque de
, c'est-Ă -dire que
La réciproque de la composée de deux bijections est donné par la formule
On peut remarquer que l'ordre de ƒ et g a été inversé; pour défaire ƒ suivi de g, il faut d'abord défaire g puis défaire ƒ.
Certaines bijections de E vers E sont leur propre réciproque, c'est le cas par exemple de
ou de toute symétrie orthogonale dans le plan.
De telles applications sont dites involutives.
Le théorème des valeurs intermédiaires et son corollaire, le théorème de la bijection, assurent que toute application continue strictement monotone sur un intervalle I détermine un bijection de I sur f(I) = J et que J est aussi un intervalle. Cela signifie qu'une telle fonction possède une application réciproque définie sur J à valeurs dans I.
Cette propriété permet la création de nouvelles fonctions définies comme application réciproque de fonctions usuelles.
| Fonction f(x) | Départ et arrivée | Fonction réciproque | Départ et arrivée | Notes |
|---|---|---|---|---|
À l'aide de ces fonctions, la recherche de l'application réciproque consiste à résoudre l'équation , d'inconnue
:
La fonction est une bijection de
sur
et possède une application réciproque que l'on cherche à déterminer en résolvant l'équation :
pour y dans
puisque , cette équation possède deux solutions dont une seule appartenant à l'intervalle
:
Donc la réciproque de est
définie par :
Cette recherche peut se révéler infructueuse et nécessiter la création d'une fonction nouvelle.
Lorsque deux fonctions sont réciproques l'une de l'autre, alors leurs représentations graphiques dans un plan muni d'un repère orthonormal sont symétriques l'une de l'autre par rapport à la droite (d) d'équation y = x (appelée aussi première bissectrice).
En effet, si M(x ; y) est un point du graphe de f alors donc
donc M'(y ; x) est un point du graphe de
. Or le point M'(y ; x) est le symétrique du point M(x ; y) par rapport à la droite(d) d'équation y = x (encore appelée première bissectrice), pour les deux raisons suivantes :
Le milieu du segment [M M'] est sur la droite d'équation y = x, et d'autre part, le vecteur est orthogonal au vecteur de coordonnées (1 ;1), qui est un vecteur directeur de la droite d'équation y = x (leur produit scalaire canonique est nul).
On sait donc que s(M) est un point du graphe de . Un raisonnement analogue prouve que si M est un point du graphe de
alors s(M) est un point du graphe de f.
En général, la réciproque d'une fonction continue n'est pas continue mais la réciproque d'une fonction continue sur un intervalle I à valeurs dans un intervalle J est une fonction continue sur J. On trouve une démonstration dans l'article Théorème d'inversion locale.
Si f est une fonction continue sur un intervalle I à valeurs dans un intervalle J et si est sa réciproque, la fonction
est dérivable en tout point b tant que f admet en
une dérivée non nulle. La dérivée en b de
est alors
Un moyen simple de comprendre, mais non de démontrer, ce phénomène est d'utiliser les notations différentielles et de remarquer que :
On trouve une démonstration dans l'article Opérations sur les dérivées.
Les transformations du plans sont les applications bijectives du plan, il est donc intéressant d'en connaitre les réciproques, du moins pour les transformations de références
| Transformation | Transformation réciproque |
|---|---|
| Translation de vecteur |
Translation de vecteur |
| Symétrie de centre O ou d'axe (d) | Symétrie de centre O ou d'axe (d) |
| Homothétie de centre C et de rapport k | Homothétie de centre C et de rapport 1/k |
| Rotation de centre C et d'angle θ | Rotation de centre C et d'angle - θ |
| Similitude directe de centre C, de rapport k et d'angle θ | Similitude directe de centre C, de rapport 1/k et d'angle - θ |
| Similitude indirecte de centre C, de rapport k et d'axe (d); | Similitude indirecte de centre C, de rapport 1/k et d'axe (d); |
| symétrie glissée d'axe (d) et de vecteur |
symétrie glissée d'axe (d) et de vecteur |
| affinité d'axe (d) de direction (d') et de rapport k | affinité d'axe (d) de direction (d') et de rapport 1/k |
En algèbre linéaire un morphisme de groupe, d'anneau, de corps, d'espace vectoriel bijectif admet une application réciproque qui est aussi un morphisme de même type. L'application et sa réciproque sont appelés des isomorphismes.
Dans le cas d'une application f linéaire d'un espace vectoriel E vers un espace vectoriel F, tous deux de dimension finie et munis de bases, f est bijective si et seulement si sa matrice M dans les bases fixées est une matrice carrée inversible. La matrice dans ces bases de la réciproque de f est alors la matrice inverse de M, notée .
Lorsque l'application f n'est pas bijective, il est possible de définir une relation réciproque définie sur qui à tout élément de f(X) associe ses antécédents par f. Si f n'est pas injective, la relation créée n'est pas une application, on parle alors de réciproque multiforme. Si f est injective, la relation ainsi créée est bien l'application réciproque de f restreinte à l'ensemble d'arrivée f(X).
Pour certaines fonctions f non surjectives, il existe une fonction g telle que . Il suffit pour cela que f soit injective. On dit alors que g est un inverse Ă gauche pour f.
Pour certaines fonctions f non injectives, il existe une fonction g telle que . Il suffit pour cela que f soit surjective (en admettant l'axiome du choix).
Le théorème d'inversion locale précise les conditions d'existence locale d'une application réciproque pour une fonction f. C'est une généralisation d'un théorème simple sur les fonctions de la variable réelle.
Le théorème d'inversion locale généralise cette propriété à des fonctions définies sur des espaces vectoriels réels de dimension finie. La condition « f'(a) non nulle » est alors remplacée par « le jacobien de f en a est non nul ». De plus, si f est de classe , l'application réciproque l'est aussi.
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