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Benoit Mandelbrot

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Benoit Mandelbrot : encyclopédie mathématique

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BenoĂ®t Mandelbrot est un mathĂ©maticien franco-amĂ©ricain nĂ© Ă  Varsovie le 20 novembre 1924. Il a travaillĂ© au dĂ©but de sa carrière sur des applications originales de la thĂ©orie de l’information, puis dĂ©veloppĂ© ensuite une nouvelle classe d’objets mathĂ©matiques : les objets fractals, ou fractales.

Sommaire

[modifier] Biographie

Mandelbrot est nĂ© Ă  Varsovie en Pologne, dans une famille avec une forte tradition acadĂ©mique : sa mère Ă©tait mĂ©decin et son oncle Szolem Mandelbrojt Ă©tait professeur de mathĂ©matiques au Collège de France ; son père, lui, a bâti sa vie sur la revente de vĂŞtements. Sa famille a quittĂ© la Pologne pour Paris afin de fuir la menace hitlĂ©rienne, en raison de leurs origines juives. LĂ -bas, Mandelbrot a Ă©tĂ© initiĂ© aux mathĂ©matiques par ses deux oncles. Il est aidĂ© pour la continuation de ses Ă©tudes par le rabbin David Feuerwerker, rabbin de Brive-la-Gaillarde, durant la Seconde Guerre mondiale. Après avoir frĂ©quentĂ© le lycĂ©e Edmond Perrier de Tulle, il poursuit ses Ă©tudes au lycĂ©e du Parc Ă  Lyon.

[modifier] AnnĂ©es de jeunesse : un dĂ©part brillant

Après avoir quittĂ© l’École polytechnique (promotion X44) oĂą il a suivi les cours de Paul LĂ©vy, il s’intĂ©resse aux phĂ©nomènes d’information, les idĂ©es de Claude Shannon Ă©tant alors en plein essor. IntriguĂ© par la loi de Zipf, empirique et contestĂ©e, il la pose en termes de minimisation des coĂ»ts de stockage et d’utilisation des mots par l’esprit. Par Ă©limination de la variable de coĂ»t entre les deux Ă©quations se rĂ©vèle une loi qui n’a, cette fois-ci, plus rien d’empirique : c’est la loi de Mandelbrot, dont celle de Zipf n’est qu’un cas particulier, et qui rĂ©pond mieux qu’elle aux observations (expliquant en particulier le coude toujours observĂ© dans les distributions et non expliquĂ© par la loi de Zipf). Ce travail lui vaut une notoriĂ©tĂ© immĂ©diate, en particulier grâce Ă  un ouvrage de LĂ©on Brillouin : Science et thĂ©orie de l’information qui aura d’ailleurs un succès bien plus grand dans sa traduction anglaise Science and information theory (les conventions typographiques catastrophiques de l’ouvrage français n’y sont pas Ă©trangères).

[modifier] La traversée du désert

Il quitte alors la France pour rejoindre les États-Unis d'AmĂ©rique attirĂ© par une plus grande libertĂ© de crĂ©ativitĂ© non restreinte Ă  une seule discipline prĂ©cise. Il travaille comme chercheur chez IBM sur la transmission optimale dans les milieux bruitĂ©s, tout en poursuivant son travail sur des objets Ă©tranges jusque lĂ  assez nĂ©gligĂ©s par les mathĂ©maticiens : les objets Ă  complexitĂ© rĂ©cursivement dĂ©finie comme la courbe de Von Koch auxquels il pressent une unitĂ©. Le mathĂ©maticien Felix Hausdorff a d’ailleurs prĂ©parĂ© le terrain en dĂ©finissant pour ces objets une dimension non-entière, la dimension de Hausdorff. Quant au mathĂ©maticien Gaston Julia, il a dĂ©fini des objets qui ont un air de famille avec le tout.

[modifier] Un nouveau paradigme

Il signe en 1973 dans une revue d’économie un article au titre bien prudent : Formes nouvelles du hasard dans les sciences[1]. Cet article rĂ©pertorie les cas oĂą, contrairement au paradigme classiquement utilisĂ©, les alĂ©as ne s’annulent pas, mais au contraire se cumulent, et oĂą la prĂ©diction statistique classique ne fonctionne plus. Il cite des exemples pris dans son domaine Ă  IBM, la transmission du signal, mais Ă©galement dans des domaines inattendus : les crues du Nil, la forme des nuages, celle des fleuves.

Il arrive brillamment Ă  la conclusion qu'il n'y a pas une forme de hasard, qui conduirait toujours Ă  une Ă©galisation par la loi des grands nombres. Il s’agit lĂ  d’une illusion due au fait que nous n’étudions que ces exemples en nous dĂ©tournant des autres comme mal conditionnĂ©s, comme les mathĂ©maticiens se sont dĂ©tournĂ©s du flocon de Koch qu’ils considĂ©raient comme un objet monstrueux : les sphères ou les triangles sont considĂ©rĂ©s comme des objets acceptables par les mathĂ©maticiens de l’époque, mais pas les nuages ni les arbres (du moins en tant qu’objets gĂ©omĂ©triques). Les mathĂ©matiques de cette Ă©poque restent muettes sur les monstres. Pas Ă©tonnant dans ces conditions que les mathĂ©matiques existantes soient considĂ©rĂ©es comme ayant un immense pouvoir d’explication des phĂ©nomènes scientifiques, car nous ne considĂ©rons comme scientifiques que les phĂ©nomènes qu’elles permettent d’expliquer ! Nous sommes pris dans le piège d’un argument circulaire dont nous ne pouvons plus sortir.

Or, ajoute Mandelbrot, c’est l’essentiel des phénomènes de la nature qui obéissent à cet autre type de hasard où l’on ne peut appliquer la loi des grands nombres. Le modèle standard nous fait passer à côté de la plus grande partie de la réalité, et va jusqu’à nous empêcher même de la voir.

Il cite alors comme exemple de cette nouvelle forme de hasard Ă  Ă©tudier l’exemple qui deviendra cĂ©lèbre de la cĂ´te de Bretagne, dont la longueur dĂ©pend de l’échelle Ă  laquelle on la mesure, et qui possède une dimension de Hausdorff non-entière, comprise entre 1 et 2 : elle ne constitue Ă  proprement parler ni un objet Ă  une dimension, ni un objet Ă  deux dimensions, et c’est en acceptant l’idĂ©e de dimension non-entière que nous allons pouvoir attaquer ces objets qui ont toujours Ă©chappĂ© Ă  notre Ă©tude : la thĂ©orie fractale est, dès cet article, officieusement lancĂ©e.

Les principes en seront publiĂ©s avec une très grande quantitĂ© d’exemples (hydrologie, structure du poumon, granulation des bĂ©tons, paradoxe d'Olbers, turbulences en mĂ©canique des fluides, urbanisme des villes, et mĂŞme trous du fromage d’Appenzell) dans un ouvrage qui fait depuis rĂ©fĂ©rence : Les objets fractals - Forme, hasard et dimension en 1974. Il y prĂ©sente au lecteur des objets jusqu’alors peu connus : courbe de Von Koch, Ă©ponge de Sierpinski (ou Ă©ponge de Menger, ou de Sierpinski-Menger), que les mathĂ©maticiens gardaient pudiquement dans leurs tiroirs. Tous ces exemples ont en commun ce que l’auteur nomme une homothĂ©tie d’échelle et qu’il dĂ©signera quelques annĂ©es plus tard sous le nom d’autosimilaritĂ© (self-similarity).

Le caractère novateur du livre (paru au départ en France) en fait un succès immédiat, mondial, et qui touche cette fois-ci le grand public. Les exemples de la première édition de cet ouvrage étaient tous en noir et blanc pour des raisons d’économie et de technologie des écrans. Par la suite, les fractales se révélant un outil efficace pour la synthèse d'images complexes, on n’en verra plus qu’en couleurs.

Ensemble de Mandelbrot
Ensemble de Mandelbrot

Mandelbrot a donné son nom à une famille de fractales (dites de Mandelbrot), fabriquées dans le plan complexe par itérations successives du type z (nouveau) = z² + constante.

Son travail sur les fractales en tant que mathĂ©maticien Ă  IBM lui a valu un « Emeritus Fellowship Â» au laboratoire de recherche T. J. Watson. Ses travaux y ont Ă©tĂ© repris par son collaborateur, Richard Voss. Il a Ă©tĂ© laurĂ©at de la mĂ©daille Franklin en 1986.

En plus de la découverte des fractales en mathématiques, il a montré le grand nombre d’objets bien décrits par des fractales dans la nature, conduisant ainsi à de nouveaux terrains de recherche. Des fractales se retrouvent également dans des phénomènes étudiés en théorie du chaos.

Il a rejoint l’université Yale en 1987.

En 1991, Mandelbrot (systĂ©matiquement invitĂ© Ă  tout hasard Ă  chaque congrès portant sur les fractales) se rendit compte qu’il y en avait eu plus sur la planète cette annĂ©e-lĂ  que de jours dans l’annĂ©e !

Le 23 novembre 1990 il est fait chevalier de la Légion d'honneur, et est promu officier le 1er janvier 2006 PREX0508911D, une distinction qui lui est remise le 11 septembre 2006 par son camarade de promotion à l'École polytechnique, le sénateur Pierre Laffitte.

[modifier] La finance

Benoît Mandelbrot est également à l'origine en 1961 d'un modèle d'évolution des cours de la bourse basée sur la géométrie fractale. Cette théorie financière a l'avantage de mieux prédire la survenue des variations extrêmes, ce que ne permet pas l'usage de l'analyse technique basée sur la théorie de Dow. D'abord reconnue pertinente, elle a été ensuite mise de côté pour cause de complexité, avant d'être réutilisée depuis la fin des années 1990, riches en turbulences financières.

[modifier] Notes et références

  1. ↑ Mandelbrot Benoît, Formes nouvelles du hasard dans les sciences, Économie Appliquée, vol. 26, 1973, 307-319

[modifier] Bibliographie

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens internes

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Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Benoît Mandelbrot.

[modifier] Liens externes

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