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Blaise Pascal

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Blaise Pascal : encyclopédie mathématique

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Blaise Pascal
Philosophe et Scientifique
Époque Moderne
Blaise Pascal.
Blaise Pascal.
Naissance : 19 juin 1623 (Clermont)
DĂ©cès : 19 aoĂ»t 1662 (Paris)
Principaux intĂ©rĂŞts : Philosophie, mathĂ©matiques, physique, morale et thĂ©ologie

Blaise Pascal (19 juin 1623, Clermont (Auvergne) - 19 aoĂ»t 1662, Paris) est un mathĂ©maticien et physicien, philosophe, moraliste et thĂ©ologien français.

Enfant prĂ©coce, il est Ă©duquĂ© par son père. Les tout premiers travaux de Pascal concernent les sciences naturelles et appliquĂ©es. Il contribue de manière importante Ă  la construction d’une calculatrice mĂ©canique (la « Pascaline Â») et Ă  l’étude des fluides. Il a clarifiĂ© les concepts de pression et de vide, en Ă©tendant le travail de Torricelli. Pascal a Ă©crit des textes importants sur la mĂ©thode scientifique.

MathĂ©maticien de premier ordre, il crĂ©e deux nouveaux champs de recherche majeurs : tout d’abord il publie un traitĂ© de gĂ©omĂ©trie projective Ă  seize ans ; ensuite il correspond, Ă  partir de 1654, avec Pierre de Fermat Ă  propos de la thĂ©orie des probabilitĂ©s, qui influencera fortement les thĂ©ories Ă©conomiques modernes et les sciences sociales.

Après une expérience mystique à la fin de 1654, il délaisse les mathématiques et la physique et se consacre à la réflexion philosophique et religieuse. Il écrit pendant cette période les Provinciales et les Pensées, ces dernières n’étant publiées qu’après sa mort qui survient deux mois après son 39e anniversaire, alors qu’il a été malade toute sa vie (sujet à des migraines violentes en particulier).

Sommaire

[modifier] Biographie

Né à Clermont, en Auvergne, Blaise Pascal perd sa mère, Antoinette Bégon, à l’âge de trois ans. Son père, Étienne Pascal (1588-1651) très intéressé par les mathématiques et les sciences, était un juge local et membre de la petite noblesse. Blaise Pascal avait deux sœurs, Jacqueline, née en 1625, et Gilberte (née en 1620, mariée en 1641 à Florin Périer) qui lui survécut.

En 1631, Étienne se rend avec ses enfants Ă  Paris. Il dĂ©cide d’éduquer lui-mĂŞme son fils qui montrait des dispositions mentales et intellectuelles extraordinaires. En effet très tĂ´t, Blaise a une capacitĂ© immĂ©diate pour les mathĂ©matiques et la science, peut-ĂŞtre inspirĂ© par les conversations frĂ©quentes de son père avec les principaux savants de l’époque : Roberval, Mersenne, Desargues, Mydorge, Gassendi et Descartes. Ă€ onze ans, il compose un court TraitĂ© des sons des corps vibrants et dĂ©montre la 32e proposition du Ier livre d’Euclide. Étienne rĂ©agit en interdisant Ă  son fils toute poursuite de ses Ă©tudes en mathĂ©matiques jusqu’à quinze ans, afin qu’il puisse Ă©tudier le latin et le grec. Sainte-Beuve (dans son Port-Royal, III, p. 484) raconte :

« Je n’ai rien Ă  dire des Ă©lĂ©ments de gĂ©omĂ©trie, si ce n’est que Pascal, qui les avait lus en manuscrit, les jugea si clairs et si bien ordonnĂ©s, qu’il jeta au feu, dit-on, un essai d’élĂ©ments qu’il avait fait lui-mĂŞme d’après Euclide, et qu’Arnauld avait jugĂ© confus ; c’est mĂŞme ce qui avait d’abord donnĂ© Ă  Arnauld l’idĂ©e de composer son essai : Pascal le dĂ©fia en riant de faire mieux, et le docteur, Ă  son premier loisir, tint et gagna la gageure. Â»

A douze ans (1635), il commence à travailler seul sur la géométrie et découvre que la somme des angles d’un triangle est égale à deux angles droits.

Le travail de Desargues intĂ©ressa particulièrement le jeune Pascal et lui inspira, Ă  seize ans, un traitĂ© sur les sections coniques : Essai sur les coniques. La majeure partie en est perdue mais un rĂ©sultat essentiel et original en reste sous le nom de thĂ©orème de Pascal. Le travail de Pascal Ă©tait si prĂ©coce que Descartes, quand il a vu le manuscrit, croyait qu’il Ă©tait de son père.

En 1638, Étienne, opposé aux dispositions fiscales du Cardinal de Richelieu, quitte Paris avec sa famille pour échapper à la Bastille. Lorsque Jacqueline, sœur de Blaise, dit un compliment particulièrement bien tourné devant Richelieu, Étienne obtient sa grâce. En 1639, la famille s’installe à Rouen où Étienne devient commissaire délégué par le Roi pour l’impôt et la levée des tailles.

A dix-huit ans (1641), Pascal construit la Pascaline, machine Ă  calculer capable d’effectuer des additions et des soustractions afin d’aider son père dans son travail. Il en Ă©crit le mode d’emploi : Avis nĂ©cessaire Ă  ceux qui auront la curiositĂ© de voir ladite machine et s’en servir. Plusieurs exemplaires sont conservĂ©s, en France, au MusĂ©e des Arts et MĂ©tiers Ă  Paris et au musĂ©e de Clermont-Ferrand. Bien que ce soit le tout dĂ©but du calcul mĂ©canique, ce fut un Ă©chec commercial Ă  cause de son coĂ»t Ă©levĂ© (100 livres). Pascal amĂ©liorera la conception de la machine pendant encore dix annĂ©es et en construira une cinquantaine d’exemplaires.

[modifier] Conversion religieuse

Jansénius
Jansénius

D’un point de vue biographique, deux influences de base le guident vers sa conversion : le jansĂ©nisme et la maladie.

En 1646, le père de Pascal s’est démis la cuisse en tombant sur la glace, il est soigné par deux médecins jansénistes (La Bouteillerie et Deslandes), disciples de Jean Duvergier de Hauranne (abbé de Saint-Cyran) qui introduisit le jansénisme en France. Blaise parle fréquemment avec eux durant les trois mois du traitement de son père, il leur emprunte des livres d’auteurs jansénistes, en particulier enthousiasmé par le Discours de la réformation de l'homme intérieur écrit par Cornelius Jansen en 1628, dont il ressort si vivement marqué qu'il communique son admiration à ses proches, certains affirmant donc que ce fut là la date de sa "première conversion".

Il dĂ©couvre que marcher sur les traces de Copernic et de GalilĂ©e pour libĂ©rer la physique du poids mort d’Aristote et de la scolastique n’est que la dĂ©marche d’une vaine raison, impliquĂ©e dans la souillure de l’humanitĂ© toute entière, et que tout ce gĂ©nie qui bouillonne en lui ne le conduit qu’à le divertir d’une rĂ©vĂ©lation terrible et rĂ©demptrice. Que signifie un savoir qui ne jette pas l’homme au pied de la Croix ? Dans cette pĂ©riode, Pascal vit une sorte de « première conversion Â» et commence, au cours de cette annĂ©e, d’écrire sur des sujets thĂ©ologiques. Toute sa famille se met Ă  « goĂ»ter Dieu Â» avec lui.

Dès sa dix-huitième annĂ©e, il subit un mal nerveux qui le laisse rarement un jour sans souffrance. En 1647, une attaque de paralysie l’atteint au point qu’il ne peut plus se mouvoir sans bĂ©quilles. Il a mal Ă  la tĂŞte, des maux de ventre, ses jambes et ses pieds sont continuellement froids et demandent des soins pour activer la circulation sanguine ; il porte des bas trempĂ©s dans de l’eau-de-vie pour se rĂ©chauffer les pieds. En partie pour avoir de meilleurs traitements mĂ©dicaux, il se rend Ă  Paris avec sa sĹ“ur Jacqueline. Sa santĂ© s’amĂ©liore mais son système nerveux est perturbĂ© de manière permanente. DorĂ©navant, il est sujet Ă  une profonde hypocondrie, qui a affectĂ© son caractère et sa philosophie. Il est devenu irritable, sujet Ă  des accès de colère fière et impĂ©rieuse, et il sourit rarement.

Pascal s’éloigne de son premier engagement religieux et il vit pendant quelques annĂ©es ce qu’il a appelĂ© « une pĂ©riode mondaine Â» (1648-1654). Ce sont les expĂ©riences sur le vide, Ă  la suite des travaux de Torricelli, qui l'occupent pleinement. De 1646 Ă  1654, il multiplie les expĂ©rimentations avec toutes sortes d’instruments. L’une d’entre elles, en 1648 lui permet de confirmer la rĂ©alitĂ© du vide et de la pression atmosphĂ©rique et d’établir la thĂ©orie gĂ©nĂ©rale de l’équilibre des liquides.

Son père meurt en 1651 et Pascal prend possession de son hĂ©ritage et de celui de sa sĹ“ur Jacqueline. Cette mĂŞme annĂ©e, Jacqueline entre au couvent de Port-Royal, en dĂ©pit de l’opposition de son frère. Quand le temps vient pour elle de prononcer ses vĹ“ux dĂ©finitifs, il refuse de lui rendre une part de son hĂ©ritage pour payer sa dot de nonne ; sans argent elle aura une position moins Ă©levĂ©e dans la hiĂ©rarchie du couvent. Ce n’est qu’en 1653 qu’il acceptera de lui constituer une dot, au moment oĂą une bulle d’Innocent X condamne cinq propositions de JansĂ©nius.

Ainsi, Pascal se trouve Ă  la fois riche et libre. Il prend une maison somptueusement meublĂ©e, avec beaucoup de domestiques et se fait conduire dans Paris avec une voiture tirĂ©e par quatre ou six chevaux. Il passe son temps en compagnie de beaux esprits, de femmes et de joueurs (comme son travail sur les probabilitĂ©s le montre). Il poursuit un temps, en Auvergne, ses travaux et une dame de grande beautĂ©, qu’il appelle la « Sapho de la campagne Â». Ă€ cette Ă©poque, il inspire un Discours sur les passions de l’amour (qui ne semble pas ĂŞtre de sa main), et apparemment il a mĂ©ditĂ© sur le mariage qu’il dĂ©crit plus tard comme « la plus basse des conditions de la vie permises Ă  un chrĂ©tien  Â».

Jacqueline lui reproche sa frivolité et prie pour qu’il change de vie. Durant les visites à sa sœur à Port-Royal en 1654, il montre du mépris pour les affaires du monde mais il n’est pas attiré par Dieu.

Ă€ la fin de 1654, il a un accident sur le pont de Neuilly oĂą les chevaux plongent par-dessus le parapet et la voiture est près de les suivre. Heureusement, l’attelage se rompt et la voiture reste en Ă©quilibre sur le bord du pont. Pascal et ses amis sortent, mais le philosophe hypersensible, terrifiĂ© par la proximitĂ© de la mort, s’évanouit et reste inconscient. Revenant Ă  lui quinze jours plus tard, le 23 novembre 1654, entre dix heures et demi et minuit et demie, Pascal a une intense vision religieuse qu’il Ă©crit immĂ©diatement pour lui-mĂŞme en une note brève, appelĂ© le MĂ©morial en littĂ©rature, commençant par : « Feu. Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, pas des philosophes ni des savants… Â» et qu’il conclut par une citation du Psaume 119,16 : « Je n’oublierai pas ces mots. Amen. Â» Il coud soigneusement ce document dans son manteau et le transfère toujours quand il change de vĂŞtement ; un serviteur le dĂ©couvrira par hasard après sa mort. Pendant sa vie, Pascal a souvent Ă©tĂ© considĂ©rĂ© par erreur comme un libertin et, plus tard, il a Ă©tĂ© tenu Ă  l’écart comme une personne n’ayant eu une conversion que sur son lit de mort. Sa croyance et son engagement religieux rĂ©activĂ©s, Pascal loge dans le plus ancien des deux couvents de Port-Royal pour une retraite de quinze jours en janvier 1655. Pendant les quatre annĂ©es suivantes, il fit rĂ©gulièrement le voyage entre Paris et Port-Royal-des-Champs. Il commence Ă  Ă©crire, immĂ©diatement après sa conversion, son Ĺ“uvre majeure sur la religion, Les Provinciales.

Pascal participa aux travaux de traduction en français de la Bible, en utilisant les principes de la logique de Port-Royal.

Pascal est également à l’origine de l’invention de la presse hydraulique, basé sur le principe qui porte son nom.

On lui doit également l’invention du haquet, véhicule hippomobile conçu pour le transport des marchandises en tonneaux.

[modifier] Derniers travaux et mort

Épitaphe de Pascal dans l'église Saint-Étienne-du-Mont, 5e arrondissement de Paris
Épitaphe de Pascal dans l'église Saint-Étienne-du-Mont, 5e arrondissement de Paris

Thomas Stearns Eliot dĂ©crit Pascal, Ă  cette pĂ©riode de sa vie, comme « un homme mondain parmi les ascètes et comme un ascète parmi les hommes du monde Â». Le style de vie ascĂ©tique de Pascal venait de sa foi en ce qu'il Ă©tait naturel et normal pour un homme de souffrir. Dans ces dernières annĂ©es troublĂ©es par une mauvaise santĂ©, il rejette les ordonnances de ses mĂ©decins en disant : « La maladie est l'Ă©tat naturel du chrĂ©tien. Â» D'après sa sĹ“ur Gilberte, il aurait Ă©crit alors sa Prière pour demander Ă  Dieu le bon usage des maladies.

En 1659, Pascal, dont la santé n'a jamais été bonne, tombe sérieusement malade.

Louis XIV a interdit le mouvement janséniste de Port-Royal en 1661. En réponse, Pascal a écrit un de ses derniers travaux, Écrit sur la signature du formulaire, recommandant instamment aux jansénistes de ne pas le signer. Plus tard au cours de cette année, sa sœur Jacqueline est morte, ce qui a convaincu Pascal de cesser sa polémique à propos du jansénisme.

Grâce Ă  ses connaissances en hydrostatique, il participe Ă  l’assèchement des marais poitevins, Ă  la demande du Duc de Roannez. C'est avec ce dernier qu'il inaugurera la dernière de ses rĂ©alisations qui reflète parfaitement le souci d’action concrète qui habite le savant : la première ligne de "transports en commun", convoyant les passagers dans Paris avec « des carrosses Ă  cinq sols Â» munis de plusieurs sièges.

En 1662, la maladie de Pascal est devenue plus violente. Conscient du fait qu'il a peu de chances de survivre, il songe Ă  trouver un hĂ´pital pour les maladies incurables, mais ses mĂ©decins le dĂ©clarent intransportable. Ă€ Paris, le 17 aoĂ»t 1662, Pascal a des convulsions et reçoit l’extrĂŞme onction. Il est mort le matin du 19 au n°8 de la rue Neuve-Saint-Étienne-du-Mont (devenue le n°2 de la rue Rollin), ses derniers mots Ă©tant « Puisse Dieu ne jamais m'abandonner Â». Il est enterrĂ© dans l'Ă©glise Saint-Étienne-du-Mont.

L'autopsie pratiquée après sa mort révélera de graves problèmes stomacaux et abdominaux, accompagnés de lésions cérébrales. Malgré cette autopsie, la raison exacte de sa santé chancelante n'est pas connue.

Des spĂ©culations ont eu lieu Ă  propos de tuberculose, d'un cancer de l'estomac ou d'une combinaison des deux. Les maux de tĂŞte qui affectaient Pascal sont attribuĂ©s Ă  la lĂ©sion cĂ©rĂ©brale. (Marguerite PĂ©rier, sa nièce dit dans sa biographie de Pascal que l'autopsie rĂ©vĂ©la que « le crâne ne comportait aucune trace de suture autre que la lambdoĂŻde… avec une abondance de cervelle, dont la substance Ă©tait si solide et si condensĂ©e… Â»).

Les professeurs M. Dordain et R. Dailly de la Faculté de Médecine de Rouen développent, dans les années 1970, les travaux de MM. Augeix, Chedecal, Crussaire et Nautiacq et établissent un «diagnostic d’insuffisance rhénale chronique» avec «suspicion d’une maladie polykistique des reins» et «présence de lésions vasculaires cérébrales en voie de complications (thrombose)». Pascal aurait donc été atteint «d’une maladie génétique… (dont) les expressions cliniques (entrent) dans le cadre des dystrophies angioplasiques congénitales… objet de travaux (Pr J.-M. Cormier et Dr J.-M. André) ces dernières années»[1].

[modifier] Contributions aux mathématiques

Le triangle de Pascal
Le triangle de Pascal

Toute sa vie, Pascal contribue aux mathématiques par des travaux majeurs. Dès l'âge de seize ans, il commence à travailler sur ce qui deviendra plus tard la géométrie projective. Il utilise et approfondit les travaux du Brouillon-project d'une atteinte aux evenemens des rencontres du cone avec un plan de Girard Desargues ainsi que ceux d'Apollonius. Ainsi, en 1640, il fait imprimer son Essai pour les coniques et achève, en 1648, un traité de la Generatio conisectionum (Génération des sections coniques), dont il ne reste que des extraits pris par Leibniz. La grande innovation est le théorème de Pascal qui dit que l’hexagramme formé par 6 points d’une conique a ses côtés opposés concourants en trois points alignés.

A partir de 1650, Pascal s’intéresse au calcul infinitésimal et, en arithmétique, aux suites de nombres entiers. Il énonce pour la première fois le principe du raisonnement par récurrence.

En 1654, il Ă©crit son TraitĂ© du triangle arithmĂ©tique dans lequel il donne une prĂ©sentation commode en tableau des coefficients du binĂ´me, le « triangle arithmĂ©tique Â», maintenant connu sous le nom de « triangle de Pascal Â» (Il faut noter qu’un mathĂ©maticien chinois sous la dynastie des Qin, Yang Hui, avait travaillĂ© quatre siècles plus tĂ´t sur un concept semblable au triangle de Pascal et Omar Khayyam, six siècles plus tĂ´t).

La mĂŞme annĂ©e, un ami, intĂ©ressĂ© par les problèmes de jeu, l’interroge, Pascal correspond avec Fermat sur le sujet et de cette collaboration va naĂ®tre la thĂ©orie mathĂ©matique des probabilitĂ©s. Son ami Ă©tait le Chevalier de MĂ©rĂ© et le problème Ă©tait celui dit de la « règle des partis Â» : deux joueurs dĂ©cident d’arrĂŞter de jouer avant la fin du jeu et souhaitent partager les gains de manière Ă©quitable en s’appuyant sur les chances que chacun avait de gagner parvenu Ă  ce point. C’était l’introduction de la notion d ’« espĂ©rance mathĂ©matique Â». Pascal, plus tard dans les PensĂ©es utilisera un argument probabiliste, le « pari de Pascal Â», pour justifier de sa croyance en Dieu et en une vie vertueuse. Le travail fait par Pascal et Fermat dans le calcul des probabilitĂ©s constitue une importante prĂ©paration du travail de Leibniz sur le calcul infinitĂ©simal.

Ses derniers travaux scientifiques concernent les cycloïdes. En 1658, il résout ainsi certains problèmes qui occupaient nombre de mathématiciens, liés notamment à l’aire et au volume créés par la rotation d’une cycloïde autour de son axe.

Après l’expĂ©rience mystique de 1654, Pascal abandonne presque complètement tout travail de mathĂ©matique. Cependant, après une nuit d’insomnie en 1658, il offre anonymement un prix pour la rĂ©solution de la quadrature de la cycloĂŻde. Des solutions sont proposĂ©es par Wallis, Huygens, Wren et d’autres ; Pascal, toujours sous un pseudonyme, publie alors sa propre solution Histoire de la roulette (en français et en latin) avec une Suite de l’histoire de la roulette Ă  la fin de l’annĂ©e. En 1659, il envoie Ă  Huygens une Lettre sur la dimension des lignes courbes sous le nom de Dettonville.

(Si Pascal avait concentré ses efforts sur les mathématiques, il aurait pu enrichir le sujet avec de remarquables découvertes. Mais, passée sa jeunesse, il employa la plus grande partie de ses faibles capacités à des questions théologiques).

[modifier] Philosophie des mathématiques

[modifier] Axiomatique

La contribution majeure de Pascal à la philosophie des mathématiques est De l’Esprit géométrique, écrit originellement comme une préface d’un manuel Éléments de géométrie pour les célèbres petites-écoles de Port-Royal, à la demande d’Arnauld. Ce travail n’a été publié qu’un siècle après sa mort. Pascal y examine les possibilités de découvrir la vérité, argumentant que l’idéal pour une semblable méthode serait de se fonder sur les propositions dont la vérité est déjà établie. Toutefois, il affirmait que c’était impossible parce que pour établir ces vérités, il faudrait s’appuyer sur d’autres vérités et que les principes premiers ne pourraient être atteints. De ce point de vue, Pascal affirmait que la procédure utilisée en géométrie était aussi parfaite que possible, avec certains principes énoncés mais non démontrés et les autres propositions étant développées à partir d’eux. Néanmoins, il n’existait pas de possibilité de savoir si ces principes étaient vrais.

Dans De l’Esprit géométrique et de l’Art de persuader, Pascal étudie plus encore la méthode axiomatique en géométrie, particulièrement la question de savoir comment le peuple peut être convaincu par les axiomes sur lesquels les conclusions sont fondées ensuite. Pascal est d’accord avec Montaigne qu’obtenir la certitude à propos de ces axiomes et des conclusions grâce aux méthodes humaines était impossible. Il assurait que ces principes ne pouvaient être saisis que par l’intuition et que ce fait soulignait la nécessité de la soumission à Dieu dans la recherche de la vérité.

Pascal développe aussi dans De l’Esprit géométrique… une théorie de la définition. Il distingue les définitions qui sont des termes conventionnels définis par l’auteur et les définitions incluses dans le langage et comprises par tous parce qu’elles désignent naturellement leur référent. Les secondes sont caractéristiques de la philosophie de l’essence (essentialisme). Pascal affirme que seules les définitions du premier type sont importantes pour la science et les mathématiques, considérant que ces domaines devraient adopter la philosophie du formalisme, comme Descartes l’a établie.

[modifier] Pédagogie

Pascal montre dans ces ÉlĂ©ments de gĂ©omĂ©trie tout son intĂ©rĂŞt pour l’enseignement et ses rĂ©flexions Ă  propos de la pĂ©dagogie des mathĂ©matiques et aussi dans un autre fragment, connu par l’intermĂ©diaire de Leibniz, sur une mĂ©thode de lecture qu’il a discutĂ© avec sa sĹ“ur Jacqueline, chargĂ©e d’enseigner dans les petites-Ă©coles de Port-Royal. Il a semble-t-il lui-mĂŞme enseignĂ©, chez lui, Ă  plusieurs enfants « en loques Â» (d’après Villandry). Dans cette mĂ©thode de lecture, qu’il prĂ©sente comme Une nouvelle manière pour apprendre Ă  lire facilement en toutes sortes de langues, il recommande :

« Cette mĂ©thode regarde principalement ceux qui ne savent pas encore lire. (...) chaque lettre ayant son nom, on la prononce seule autrement qu’en l’assemblant avec d’autres. (...) Il semble que la voie la plus naturelle (...) est que ceux qui montrent Ă  lire, n’apprissent d’abord aux enfants Ă  connaĂ®tre les lettres, que par le nom de leur prononciation. Â»

Pascal donne des indications sur l’ordre de présentation des lettres et des divers cas avec ou sans diphtongue, etc.

« Et ensuite on leur apprendrait Ă  prononcer Ă  part, et sans Ă©peler, les syllabes ce, ci, ge, gi, tia, tie, tii... Â»

[modifier] Contributions aux sciences physiques

[modifier] Expérience des liqueurs

Blaise Pascal a Ă©galement rĂ©alisĂ© la fameuse expĂ©rience des liqueurs (qu’on traduirait aujourd’hui par ExpĂ©rience des liquides), qui prouva qu’il existait une « pression atmosphĂ©rique Â». Ă€ l’époque, l’Église rĂ©pandait l’idĂ©e que « la nature a horreur du vide Â». La plupart des scientifiques supposaient que quelque invisible matière remplissait cet espace, mais que ce n’était pas un espace vide. Des inondations ayant eu lieu en Italie et en Hollande avaient conduit Ă  des pompages d’eau pour vider les carrières de minerai des deux pays. Mais les pompes Ă©normes fabriquĂ©es pour l’occasion laissaient perplexes les hommes de l’Église : la hauteur de l’eau dans les tubes de pompage s’arrĂŞtait Ă  10,33 m. Et cela en des lieux très diffĂ©rents. Ă€ Clermont, Blaise Pascal est en train d’écrire un traitĂ© sur la mĂ©canique des fluides. Il Ă©met donc l’hypothèse qu’une sorte de « pression atmosphĂ©rique Â» empĂŞche l’eau de monter très haut dans les pompes, et que le vide occupe l’espace supĂ©rieur des tubes. Cependant, il se heurte fortement Ă  l’Église, qui fait refaire l’étanchĂ©itĂ© des pompes afin de vĂ©rifier qu’il ne s’agit pas d’air. Mais leurs travaux leur donnent finalement tort.

Blaise Pascal répète, en 1646 avec son père à Rouen, les expériences de Torricelli sur le vide. Un procès verbal en est envoyé à leur ami Chanut (ambassadeur du Roi en Suède). En 1647, Pascal publie ses Expériences nouvelles touchant le vide et une préface pour un Traité du Vide (voir aussi vide dans le vide), où il détaille les règles de base décrivant à quel degré les divers liquides pouvaient être maintenus par la pression de l’air. Il fournit aussi les raisons pour lesquelles un vide se trouvait réellement au-dessus de la colonne de liquide dans le tube barométrique.

Il a alors l’idĂ©e d’une expĂ©rience qu’il va rĂ©aliser le 19 septembre 1648 : la pression atmosphĂ©rique devrait ĂŞtre diffĂ©rente en ville (Ă  Clermont-Ferrand) et en haut de la montagne la plus proche, le Puy de DĂ´me, oĂą la pression doit ĂŞtre infĂ©rieure Ă  la pression rĂ©gnant au niveau de la ville. Pascal fait donc transporter par son beau-frère, Florin PĂ©rier, un tube de Torricelli en haut du Puy-de-DĂ´me. Des curĂ©s et des savants suivent l’expĂ©rience. Grâce au tube-tĂ©moin en ville, la prĂ©sence de vide est dĂ©montrĂ©e. Il publie le RĂ©cit de la grande expĂ©rience de l’équilibre des liqueurs.

Ce travail de recherche se termine en 1651 par un Traité du vide (seuls des fragments en sont connus) et sa réduction par Pascal en deux traités de l’Équilibre des liqueurs et de la Pesanteur de l’air. C’est en septembre de cette année que son père Étienne meurt.

Le travail de Pascal dans l’étude des fluides (hydrodynamique et hydrostatique) est centré sur les principes des fluides hydrauliques. Il invente la presse hydraulique (utilisant la pression hydraulique pour multiplier la force) et la seringue.

Face aux critiques qui soutenaient que quelque matière invisible existait dans l’espace vide de Pascal, Pascal a rĂ©pondu Ă  Étienne NoĂ«l un des principaux fondateurs de la mĂ©thode scientifique au XVIIe :

« Pour montrer qu’une hypothèse est Ă©vidente, il ne suffit pas que tous les phĂ©nomènes la suivent ; au lieu de cela, si elle conduit Ă  quelque chose de contraire Ă  un seul des phĂ©nomènes, cela suffit pour Ă©tablir sa faussetĂ©. Â»

Son insistance sur l’existence du vide le place, aussi, en conflit avec de nombreux scientifiques éminents, y compris Descartes (peut-être aussi et surtout pour des raisons religieuses).

[modifier] Religion, philosophie, et littérature de la maturité

[modifier] Les Provinciales

IcĂ´ne de dĂ©tail Article dĂ©taillĂ© : Les Provinciales.
Blaise Pascal, marbre d’Augustin Pajou (1785), musée du Louvre
Blaise Pascal, marbre d’Augustin Pajou (1785), musée du Louvre

Antoine Arnauld, chef de file des jansénistes depuis la mort de Jean Duvergier de Hauranne, était en désaccord avec la Sorbonne au sujet d’une bulle d’Innocent X (mai 1653). Cherchant à défendre l’un de ses amis, le marquis de Liancourt, il s’attira les foudres de la Sorbonne. Les jansénistes cherchèrent un défenseur en la personne de Pascal.

Pascal accepta, assurant qu’il savait (selon Sainte-Beuve) « comment on pourrait faire ce factum Â», mais qu’il ne pouvait promettre qu’« une Ă©bauche Â» que d’autres se chargeraient de « polir Â». Pascal commença Ă  publier les lettres Ă  partir du 23 janvier 1656 sous le pseudonyme de Louis de Montalte. Pascal lança une attaque mĂ©morable contre la casuistique, une mĂ©thode morale populaire chez les penseurs catholiques, particulièrement les jĂ©suites. Pascal dĂ©nonça la casuistique comme l’utilisation d’un raisonnement complexe pour justifier une morale laxiste. Sa mĂ©thode pour argumenter fut subtile : les Provinciales prĂ©tendaient ĂŞtre les Lettres Ă©crites par Louis de Montalte Ă  un provincial de ses amis et aux R.R.P.P. JĂ©suites sur le sujet de la morale et de la politique de ces pères. Il s’adresse Ă  un ami qui vit en province Ă  propos des discussions sur la morale et la thĂ©ologie qui excitaient les cercles intellectuels et religieux de la capitale, particulièrement la Sorbonne. Pascal allia la ferveur d’un nouveau converti et l’esprit brillant d’un homme du monde, avec un style de la prose française inconnu jusque lĂ . Ă€ cĂ´tĂ© de leur influence religieuse, les Provinciales ont Ă©tĂ© une Ĺ“uvre littĂ©raire populaire. Pascal se servit de l’humour, de la moquerie et de la satire mĂ©chante dans ses arguments, pour permettre une utilisation publique des lettres qui influenceront plus tard des Ă©crivains français comme Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, et surtout le Montesquieu des Lettres persanes.

Les cinq premières lettres promeuvent les principes majeurs des enseignements jansĂ©nistes, par exemple les dogmes du « pouvoir proche Â» (Lettre I) et de la « grâce suffisante Â» (Lettre II) et expliquent pourquoi ils ne sont pas hĂ©rĂ©tiques. La lettre V (20 mars 1656) est particulièrement virulente. Ses attaques contre les autoritĂ©s prennent, selon Jean Lacouture, un ton polĂ©mique tel que « Voltaire lui-mĂŞme n’a jamais peut-ĂŞtre atteint Ă  cette fulgurance Â» : il nomma personnellement et par Ă©crit un grand nombre de personnalitĂ©s. Les dernières lettres montrent Pascal davantage sur la dĂ©fensive – les pressions sur les jansĂ©nistes de Port-Royal pour qu’ils renoncent Ă  leur enseignement sont croissantes pendant ce temps – et contiennent l’attaque contre la casuistique. La Lettre XIV prĂ©sente une seule excuse : « Je voudrais avoir Ă©crit une lettre plus courte, mais je n’en ai pas le temps. Â»

La série de dix-huit lettres, publiées entre 1656 et 1657 par Pierre Le Petit, choque Louis XIV, qui a commandé en 1660 que le livre soit déchiqueté et brûlé. En 1661, l’école janséniste de Port-Royal était condamnée à son tour et fermée, ceci aboutissant à la signature d’une bulle papale condamnant l’enseignement des jansénistes comme hérétiques. La dernière lettre défiait le pape lui-même, provoquant Alexandre VII à condamner les lettres le 6 septembre 1657. Mais ceci n’empêcha pas la France cultivée de les lire.

Le pape Alexandre VII, alors qu’il s’opposait publiquement Ă  elles, Ă©tait convaincu par les arguments de Pascal. Il ordonna une rĂ©vision des textes casuistiques juste quelques annĂ©es après, en 1665 et 1666. Le pape Innocent XI condamna le « laxisme Â» dans l’Église en 1679.

Les Provinciales ont été largement diffusées dès leur parution, à plus d’une dizaine de milliers d’exemplaires.

Voltaire les a jugĂ©es « le meilleur livre qui ait jamais paru en France Â», et quand on a demandĂ© Ă  Jacques BĂ©nigne Bossuet quel livre il aurait aimĂ© Ă©crire, il a rĂ©pondu, les Provinciales de Pascal.

Jean Lacouture (Jésuites) cite d’autres appréciations, celles d’Henri Gouhier et de François Mauriac.

Au sujet de l’impact qu’eurent les Provinciales dans leur contexte historique, Jean Lacouture cite l’historien Marc Fumaroli (voir Révolution copernicienne : l’image de l’Église ternie pendant les Lumières).

[modifier] Miracle

Quand Pascal revient Ă  Paris, juste après avoir surveillĂ© la publication de sa dernière lettre, sa croyance religieuse est renforcĂ©e par sa proximitĂ© avec un miracle apparent qui concerne sa nièce Marguerite PĂ©rier âgĂ©e de dix ans, dans la chapelle du couvent de Port-Royal. Sa mère Gilberte PĂ©rier raconte dans La vie de Monsieur Pascal qu’elle a consacrĂ©e Ă  son frère :

« Ce fut en ce temps-lĂ  qu’il plut Ă  Dieu de guĂ©rir ma fille d’une fistule lacrymale, dont elle Ă©tait affligĂ©e il y avait trois ans et demi. Cette fistule Ă©tait d’une si mauvaise qualitĂ©, que les plus habiles chirurgiens de Paris la jugèrent incurable. Et enfin Dieu s’était rĂ©servĂ© de la guĂ©rir par l’attouchement d’une Sainte Épine qui est Ă  Port-Royal ; et ce miracle fut attestĂ© par plusieurs chirurgiens et mĂ©decins, et autorisĂ© par le jugement solennel de l’Église. Â»

Plus tard, les jansénistes et les catholiques utilisèrent pour leur défense ce miracle bien documenté. En 1728, le pape Benoît XIII s’en servit pour montrer que l’âge des miracles n’était pas terminé.

Pascal mit dans son blason un œil surmonté d’une couronne d’épines, avec l’inscription Scio cui credidi (« Je sais à qui je crois »). Sa foi renouvelée, il se décida à écrire son œuvre testamentaire, inachevée, les Pensées.

[modifier] Pensées

Malheureusement, Pascal ne put achever son travail théologique le plus important avant de mourir. Ce devait être un examen soutenu et logique de la défense de la foi chrétienne, avec pour titre original Apologie de la religion chrétienne.

Après sa mort, de nombreuses feuilles de papier ont Ă©tĂ© trouvĂ©es lors du tri de ses effets personnels, sur lesquelles Ă©taient notĂ©es des pensĂ©es isolĂ©es, feuilles regroupĂ©es en liasses dans un ordre provisoire mais parlant. La première version de ces notes Ă©parses est imprimĂ©e en 1670 sous le titre PensĂ©es de M. Pascal sur la religion et sur quelques autres sujets. Elles sont devenues très vite un classique. Parce que ses amis et les disciples de Port-Royal Ă©taient conscients que ces « pensĂ©es Â» fragmentaires pouvaient mener au scepticisme plutĂ´t qu’à la piĂ©tĂ©, ils ont cachĂ© les pensĂ©es sceptiques et ont modifiĂ© une partie du reste, de peur que le roi ou l’église n’en prenne offense alors que la persĂ©cution de Port-Royal avait cessĂ©, et les rĂ©dacteurs ne souhaitaient pas une reprise de la polĂ©mique. Il a fallu attendre le XIXe siècle pour que les PensĂ©es soient publiĂ©es complètement et avec le texte d’origine.

Les PensĂ©es de Pascal sont largement considĂ©rĂ©es comme une des pièces maĂ®tresses et une Ă©tape de la littĂ©rature française. En prĂ©sentant ses observations sur un chapitre, Sainte-Beuve considĂ©rait ces pages comme les plus fines de la langue française. Will Durant, dans son onzième volume de l’Histoire des civilisations, le juge comme « le livre le plus Ă©loquent en français Â». Dans les PensĂ©es, Pascal prĂ©sente plusieurs paradoxes philosophiques : infini et nĂ©ant, foi et raison, âme et matière, mort et vie, sens et vanitĂ© -- apparemment n’arrivant Ă  aucune conclusion dĂ©finitive sans l’appui de l’humilitĂ© et de la grâce. En les rassemblant, il dĂ©veloppe le pari de Pascal.

[modifier] Postérité

La Pascaline
La Pascaline

En l’honneur de ses contributions scientifiques, le nom de pascal a été donné à l’unité de pression du système international, à un langage de programmation et à la loi de Pascal (un principe important d’hydrostatique) et, comme mentionné ci-dessus, le triangle de Pascal et le pari de Pascal portent toujours son nom.

L’Université Clermont-Ferrand II a été baptisée à son nom.

Au Canada, un concours annuel de mathĂ©matiques est appelĂ© en son honneur « Concours Pascal Â» qui est ouvert Ă  n’importe quel Ă©lève du Canada de moins de 14 ans et en 9e au plus.

Machine arithmétique de Pascal - L’Encyclopédie
Machine arithmétique de Pascal - L’Encyclopédie

Le dĂ©veloppement de la thĂ©orie des probabilitĂ©s est la contribution de Pascal la plus importante en mathĂ©matiques. Ă€ l’origine appliquĂ©e au jeu, elle est aujourd’hui utilisĂ©e dans les sciences Ă©conomiques, particulièrement en science actuarielle. John Ross Ă©crit :

« La thĂ©orie des probabilitĂ©s et les dĂ©couvertes qui la suivent ont changĂ© la manière dont nous considĂ©rons l’incertitude, le risque, la prise de dĂ©cision, et la capacitĂ© d’un individu ou de la sociĂ©tĂ© d’influencer le cours d’évĂ©nements futurs Â».

Cependant, il convient noter que Pascal et Fermat, qui effectuent les premiers travaux importants en théorie des probabilités, n’ont pas développé très loin ce champ d’études. Christiaan Huygens, étudiant la question à partir de la correspondance de Pascal et de Fermat, a écrit le premier livre sur le sujet. Abraham de Moivre et Pierre-Simon Laplace sont parmi les auteurs qui ont prolongé le développement de la théorie.

En littérature, Pascal est considéré comme un des auteurs les plus importants de la période classique française et il est lu aujourd’hui en tant qu’un des plus grands maîtres de la prose française. Son utilisation de la satire et de l’esprit a influencé des polémistes postérieurs. On se souvient bien de la teneur de son travail littéraire à cause de sa forte opposition au rationalisme de René Descartes et de l’affirmation simultanée que l’empirisme philosophique était également insuffisant pour déterminer des vérités majeures.

Barbey d’Aurevilly voit en Pascal un « Hamlet du catholicisme Â». Baudelaire le paraphrase et lui consacre son poème « Le gouffre Â».

Une discussion à propos de Pascal occupe une place importante dans le film Ma nuit chez Maud du réalisateur français Eric Rohmer.

La mĂ©ditation pascalienne sur le divertissement trouve un prolongement dans le roman de Jean Giono, Un roi sans divertissement (1947). Giono emprunte le titre et la dernière phrase du livre Ă  un passage des PensĂ©es (fragment 142 de l’édition Brunschvicg) : « Un roi sans divertissement est un homme plein de misères Â».

SĹ“ur Emmanuelle, dans son livre Vivre, Ă  quoi ça sert ? (Ă©ditions J’ai Lu) s’appuie sur quelques principes de la pensĂ©e pascalienne qui fut un guide pour elle, tout au long de sa vie.

[modifier] Liste des principales œuvres

La chronologie exacte des œuvres de Pascal est difficile à établir car de nombreux textes ne sont pas datés et ont été publiés longtemps après avoir été rédigés. Certains n’ont été connus qu’un siècle ou plus après le décès de Pascal et d’autres ne nous sont parvenus que de manière fragmentaire ou indirecte (notes de Leibniz ou correspondance, par exemple).

[modifier] Références

[modifier] Notes

  1. ↑ «Blaise Pascal Ă  Rouen. Le JansĂ©nisme normand. La maladie et la mort de Pascal : hypothèses nouvelles», in "Bulletin Historique et Scientifique de l'Auvergne", Tome LXXXIX, n°658, juillet 1978, pp.141-158 ; et, "MĂ©decine et Hygiène", n°1717, 30 septembre 1987.
  2. ↑ Julian Lowell Coolidge, The mathematics of great amateurs, Oxford University Press, Oxford, 1949

[modifier] Textes de Pascal

De très nombreuses éditions existent.

[modifier] Sur Pascal

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Travaux de Blaise Pascal

[modifier] Contemporains

[modifier] Références posthumes

Note : Le limaçon de Pascal a Ă©tĂ© nommĂ© ainsi par Roberval en rĂ©fĂ©rence Ă  Étienne Pascal et non Ă  son fils.

[modifier] Liens externes

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