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Blaise Pascal


Blaise Pascal : encyclopédie mathématiques

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Blaise Pascal
Philosophe et Scientifique
Époque Moderne
Blaise Pascal
Blaise Pascal

Naissance 19 juin 1623
Clermont-Ferrand, Royaume de France Royaume de France
DĂ©cès 19 aoĂ»t 1662 (Ă  39 ans)
Paris, Royaume de France Royaume de France
École/tradition jansénisme
Principaux intérêts Philosophie, mathématiques, physique, morale et théologie
Idées remarquables Pari sur l'existence de Dieu, divertissement / misère de la condition humaine, probabilité en mathématiques
Influencé par Augustin d'Hippone, Epictète, Michel de Montaigne, Descartes,
A influencé Arnauld, Duhem
Adjectifs dérivés pascalien, pascalienne

Blaise Pascal, nĂ© le 19 juin 1623 Ă  Clairmont (aujourd'hui Clermont-Ferrand), en Auvergne et mort le 19 aoĂ»t 1662 Ă  Paris, est un mathĂ©maticien, physicien, inventeur, philosophe, moraliste et thĂ©ologien français.

Enfant précoce, il est éduqué par son père. Les tout premiers travaux de Pascal concernent les sciences naturelles et appliquées. Il contribue de manière importante à l’étude des fluides. Il a clarifié les concepts de pression et de vide, en étendant le travail de Torricelli. Pascal a écrit des textes importants sur la méthode scientifique.

À dix-neuf ans[1], en 1642, il invente la machine à calculer[2],[3] et après trois ans de développement et 50 prototypes il la présente à ses contemporains en la dédiant au chancelier Séguier[4]. Dénommée machine d’arithmétique, puis roue pascaline et enfin pascaline, il en construisit une vingtaine d'exemplaires dans la décennie suivante[5].

MathĂ©maticien de premier ordre, il crĂ©e deux nouveaux champs de recherche majeurs : tout d’abord il publie un traitĂ© de gĂ©omĂ©trie projective Ă  seize ans ; ensuite il dĂ©veloppe en 1654 une mĂ©thode de rĂ©solution du « problème des partis Â» qui, donnant naissance au cours du XVIIIe siècle au calcul des probabilitĂ©s, influencera fortement les thĂ©ories Ă©conomiques modernes et les sciences sociales.

Après une expérience mystique qu'il éprouva à la suite d'un accident de carrosse en octobre 1654,[6],[7] il se consacre à la réflexion philosophique et religieuse. Il écrit pendant cette période les Provinciales et les Pensées, ces dernières n’étant publiées qu’après sa mort qui survient deux mois après son 39e anniversaire, alors qu’il a été longtemps malade (sujet à des migraines violentes en particulier).

Sommaire

[modifier] Biographie

[modifier] Jeunesse

Né à Clairmont (aujourd'hui Clermont-Ferrand), en Auvergne, Blaise Pascal perd sa mère, Antoinette Begon, à l’âge de trois ans. Son père, Étienne Pascal (1588-1651) très intéressé par les mathématiques et les sciences, était un juge local et membre de la petite noblesse. Blaise Pascal avait deux sœurs, Jacqueline, née en 1625, et Gilberte (née en 1620, mariée en 1641 à Florin Périer) qui lui survécut.

En 1631, Étienne se rend avec ses enfants Ă  Paris. Il dĂ©cide d’éduquer lui-mĂŞme son fils qui montrait des dispositions mentales et intellectuelles extraordinaires. En effet très tĂ´t, Blaise a une capacitĂ© immĂ©diate pour les mathĂ©matiques et la science, peut-ĂŞtre inspirĂ© par les conversations frĂ©quentes de son père avec les principaux savants de l’époque : Roberval, Mersenne, Desargues, Mydorge, Gassendi et Descartes.

Ă€ onze ans, il compose un court TraitĂ© des sons des corps vibrants et aurait dĂ©montrĂ© la 32e proposition du Ier livre d’Euclide (concernant la somme des angles d'un triangle)[8]. Étienne rĂ©agit en interdisant Ă  son fils toute poursuite de ses Ă©tudes en mathĂ©matiques jusqu’à quinze ans, afin qu’il puisse Ă©tudier le latin et le grec. Sainte-Beuve (dans son Port-Royal, III, p. 484) raconte :

« Je n’ai rien Ă  dire des Ă©lĂ©ments de gĂ©omĂ©trie, si ce n’est que Pascal, qui les avait lus en manuscrit, les jugea si clairs et si bien ordonnĂ©s, qu’il jeta au feu, dit-on, un essai d’élĂ©ments qu’il avait fait lui-mĂŞme d’après Euclide, et qu’Arnauld avait jugĂ© confus ; c’est mĂŞme ce qui avait d’abord donnĂ© Ă  Arnauld l’idĂ©e de composer son essai : en riant, Pascal le dĂ©fia de faire mieux, et le docteur, Ă  son premier loisir, tint et gagna la gageure. Â»

Ă€ douze ans (1635), il commence Ă  travailler seul sur la gĂ©omĂ©trie. Le travail de Desargues l'intĂ©ressa particulièrement et lui inspira, Ă  seize ans, un traitĂ© sur les sections coniques : Essai sur les coniques. La majeure partie en est perdue mais un rĂ©sultat essentiel et original en reste sous le nom de thĂ©orème de Pascal. Le travail de Pascal Ă©tait si prĂ©coce que Descartes, en voyant le manuscrit, crut qu’il Ă©tait de son père[rĂ©f. nĂ©cessaire].

En 1638, Étienne, opposé aux dispositions fiscales du Cardinal de Richelieu, quitte Paris avec sa famille pour échapper à la Bastille. Lorsque Jacqueline, sœur de Blaise, dit un compliment particulièrement bien tourné devant Richelieu, Étienne obtient sa grâce. En 1639, la famille s’installe à Rouen où Étienne devient commissaire délégué par le Roi pour l’impôt et la levée des tailles.

Ă€ dix-neuf ans (1642), Pascal commence le dĂ©veloppement de la Pascaline, machine Ă  calculer capable d’effectuer des additions et des soustractions afin d’aider son père dans son travail. Il en Ă©crit le mode d’emploi : Avis nĂ©cessaire Ă  ceux qui auront la curiositĂ© de voir ladite machine et s’en servir. Plusieurs exemplaires sont conservĂ©s, en France, au MusĂ©e des arts et mĂ©tiers Ă  Paris et au musĂ©e de Clermont-Ferrand. Bien que ce soit le tout dĂ©but du calcul mĂ©canique, ce fut un Ă©chec commercial Ă  cause de son coĂ»t Ă©levĂ© (100 livres). Pascal amĂ©liorera la conception de la machine pendant encore dix annĂ©es et en construira une vingtaine d’exemplaires.

Pascal est également à l’origine de l’invention de la presse hydraulique, basé sur le principe qui porte son nom. On lui doit également l’invention du haquet, véhicule hippomobile conçu pour le transport des marchandises en tonneaux.

[modifier] Derniers travaux et décès

Épitaphe de Pascal dans l'église Saint-Étienne-du-Mont, 5e arrondissement de Paris

Thomas Stearns Eliot dĂ©crit Pascal, Ă  cette pĂ©riode de sa vie, comme « un homme mondain parmi les ascètes et comme un ascète parmi les hommes du monde Â». Le style de vie ascĂ©tique de Pascal venait de sa foi en ce qu'il Ă©tait naturel et normal pour un homme de souffrir. Dans ses dernières annĂ©es troublĂ©es par une mauvaise santĂ©, il rejette les ordonnances de ses mĂ©decins en disant : « La maladie est l'Ă©tat naturel du chrĂ©tien. Â» D'après sa sĹ“ur Gilberte, il aurait Ă©crit alors sa Prière pour demander Ă  Dieu le bon usage des maladies.

En 1659, Pascal tombe sérieusement malade.

Louis XIV a interdit le mouvement janséniste de Port-Royal en 1661. En réponse, Pascal a écrit un de ses derniers travaux, Écrit sur la signature du formulaire, recommandant instamment aux jansénistes de ne pas le signer. Plus tard au cours de cette année, sa sœur Jacqueline est morte, ce qui a convaincu Pascal de cesser sa polémique à propos du jansénisme.

Grâce Ă  ses connaissances en hydrostatique, il participe Ă  l’assèchement des marais poitevins, Ă  la demande du Duc de Roannez. C'est avec ce dernier qu'il inaugurera la dernière de ses rĂ©alisations qui reflète parfaitement le souci d’action concrète qui habite le savant : la première ligne de « transports en commun Â», convoyant les passagers dans Paris avec « des carrosses Ă  cinq sols Â» munis de plusieurs sièges.

En 1662, la maladie de Pascal est devenue plus violente. Conscient du fait qu'il a peu de chances de survivre, il songe Ă  trouver un hĂ´pital pour les maladies incurables, mais ses mĂ©decins le dĂ©clarent intransportable. Ă€ Paris, le 17 aoĂ»t 1662, Pascal a des convulsions et reçoit l’extrĂŞme onction. Il meurt le matin du 19 au n°8 de la rue Neuve-Saint-Étienne-du-Mont (devenue le n°2 de la rue Rollin), ses derniers mots Ă©tant « Puisse Dieu ne jamais m'abandonner Â». Il est enterrĂ© dans l'Ă©glise Saint-Étienne-du-Mont.

L'autopsie pratiquée après sa mort révélera de graves problèmes stomacaux et abdominaux, accompagnés de lésions cérébrales. Malgré cette autopsie, la raison exacte de sa santé chancelante n'est pas connue.

Des spĂ©culations ont eu lieu Ă  propos de tuberculose, d'un cancer de l'estomac ou d'une combinaison des deux. Les maux de tĂŞte qui affectaient Pascal sont attribuĂ©s Ă  la lĂ©sion cĂ©rĂ©brale. (Marguerite PĂ©rier, sa nièce, dit dans sa biographie de Pascal que l'autopsie rĂ©vĂ©la que « le crâne ne comportait aucune trace de suture autre que la lambdoĂŻde… avec une abondance de cervelle, dont la substance Ă©tait si solide et si condensĂ©e… Â»).

Les professeurs M. Dordain et R. Dailly de la FacultĂ© de MĂ©decine de Rouen dĂ©veloppent, dans les annĂ©es 1970, les travaux de MM. Augeix, Chedecal, Crussaire et Nautiacq et Ă©tablissent un « diagnostic d’insuffisance rĂ©nale chronique Â» avec « suspicion d’une maladie polykistique des reins Â» et « prĂ©sence de lĂ©sions vasculaires cĂ©rĂ©brales en voie de complications (thrombose) Â». Pascal aurait donc Ă©tĂ© atteint « d’une maladie gĂ©nĂ©tique… [dont] les expressions cliniques [entrent] dans le cadre des dystrophies angioplasiques congĂ©nitales… objet de travaux (Pr J.-M. Cormier et Dr J.-M. AndrĂ©) ces dernières annĂ©es Â»[9].

[modifier] Miracle

Quand Pascal revient Ă  Paris, juste après avoir surveillĂ© la publication de sa dernière lettre, sa croyance religieuse est renforcĂ©e par sa proximitĂ© avec un miracle apparent qui concerne sa nièce Marguerite PĂ©rier âgĂ©e de dix ans, dans la chapelle du couvent de Port-Royal. Sa mère Gilberte PĂ©rier raconte dans La vie de Monsieur Pascal qu’elle a consacrĂ©e Ă  son frère :

« Ce fut en ce temps-lĂ  qu’il plut Ă  Dieu de guĂ©rir ma fille d’une fistule lacrymale, dont elle Ă©tait affligĂ©e il y avait trois ans et demi. Cette fistule Ă©tait d’une si mauvaise qualitĂ©, que les plus habiles chirurgiens de Paris la jugèrent incurable. Et enfin Dieu s’était rĂ©servĂ© de la guĂ©rir par l’attouchement d’une Sainte-Épine qui est Ă  Port-Royal-des-Champs ; et ce miracle fut attestĂ© par plusieurs chirurgiens et mĂ©decins, et autorisĂ© par le jugement solennel de l’Église. Â»

Plus tard, les jansénistes et les catholiques utilisèrent pour leur défense ce miracle bien documenté. En 1728, le pape Benoît XIII s’en servit pour montrer que l’âge des miracles n’était pas terminé.

Pascal mit dans son blason un Ĺ“il surmontĂ© d’une couronne d’épines, avec l’inscription Scio cui credidi (« Je sais en qui j'ai cru Â»). Sa foi renouvelĂ©e, il se dĂ©cida Ă  Ă©crire son Ĺ“uvre testamentaire, inachevĂ©e, les PensĂ©es.

[modifier] Pensées

Article dĂ©taillĂ© : PensĂ©es.

Pascal ne put achever, avant de mourir, son travail thĂ©ologique le plus important : un examen soutenu et logique de la dĂ©fense de la foi chrĂ©tienne, avec pour titre original Apologie de la religion chrĂ©tienne.

Après sa mort, de nombreuses feuilles de papier ont Ă©tĂ© trouvĂ©es lors du tri de ses effets personnels, sur lesquelles Ă©taient notĂ©es des pensĂ©es isolĂ©es, feuilles regroupĂ©es en liasses dans un ordre provisoire mais parlant. La première version de ces notes Ă©parses est imprimĂ©e en 1669 sous le titre PensĂ©es de M. Pascal sur la religion et sur quelques autres sujets. Elles sont devenues très vite un classique. Parce que ses amis et les disciples de Port-Royal Ă©taient conscients que ces « pensĂ©es Â» fragmentaires pouvaient mener au scepticisme plutĂ´t qu’à la piĂ©tĂ©, ils ont cachĂ© les pensĂ©es sceptiques et ont modifiĂ© une partie du reste, de peur que le roi ou l’église n’en prenne offense alors que la persĂ©cution de Port-Royal avait cessĂ©, et les rĂ©dacteurs ne souhaitaient pas une reprise de la polĂ©mique. Il a fallu attendre le XIXe siècle pour que les PensĂ©es soient publiĂ©es complètement et avec le texte d’origine, tirĂ©es de l'oubli et Ă©ditĂ©es par le philosophe Victor Cousin.

Les PensĂ©es de Pascal sont largement considĂ©rĂ©es comme une des pièces maĂ®tresses et une Ă©tape de la littĂ©rature française. En prĂ©sentant ses observations sur un chapitre, Sainte-Beuve considĂ©rait ces pages comme les plus fines de la langue française. Will Durant, dans son onzième volume de l’Histoire des civilisations, le juge comme « le livre le plus Ă©loquent en français Â». Dans les PensĂ©es, Pascal prĂ©sente plusieurs paradoxes philosophiques : infini et nĂ©ant, foi et raison, âme et matière, mort et vie, sens et vanitĂ© -- apparemment n’arrivant Ă  aucune conclusion dĂ©finitive sans l’appui de l’humilitĂ© et de la grâce. En les rassemblant, il dĂ©veloppe le pari de Pascal.

[modifier] Blaise Pascal et la religion

Jansénius

D’un point de vue biographique, deux influences de base le guident vers sa conversion : le jansĂ©nisme et la maladie.

Les enfants Pascal ont reçu une Ă©ducation chrĂ©tienne de la part de leur père et de leur gouvernante Louise Delfault. On peut s’en rendre compte en lisant les poèmes de Jacqueline. Étienne reçoit les plus grands esprits. Certains se vantent d’être libertins, d’avoir secouĂ© le joug de la religion. Étienne les Ă©coute et les rĂ©fute avec une telle force de conviction que Blaise en est frappĂ© et rĂŞve de devenir un jour non seulement mathĂ©maticien, mais dĂ©fenseur de la religion. De plus Étienne laisse Ă  son fils cette consigne : « tout ce qui est l’objet de la foi ne le saurait ĂŞtre de la raison Â». En 1645, d’après deux textes de Jacqueline et trois de Pascal, Pascal semble avoir eu une dĂ©ception amoureuse qui faillit lui ĂŞtre fatale. Il dĂ©cide de ne pas se marier.

En 1646, le père de Pascal s’est dĂ©mis la cuisse en tombant sur la glace, il est soignĂ© par deux mĂ©decins jansĂ©nistes (La Bouteillerie et Deslandes), disciples de Jean Duvergier de Hauranne (abbĂ© de Saint-Cyran) qui introduisit le jansĂ©nisme en France. Blaise parle frĂ©quemment avec eux durant les trois mois du traitement de son père, il leur emprunte des livres d’auteurs jansĂ©nistes, en particulier enthousiasmĂ© par le Discours de la rĂ©formation de l'homme intĂ©rieur Ă©crit par Cornelius Jansen en 1628, dont il ressort si vivement marquĂ© qu'il communique son admiration Ă  ses proches, certains affirmant donc que ce fut lĂ  la date de sa « première conversion Â». Il est fortement marquĂ© par leur tĂ©moignage. Par eux, Dieu l’appelle. Il rĂ©pond en se donnant Ă  Lui, il communique sa ferveur Ă  ses proches, Jacqueline jusqu’alors Ă©cartelĂ©e entre l’amour de Dieu et le monde oĂą elle brille veut devenir religieuse. Ce n’est pas une conversion ; selon le mot de Jacqueline c’est un Progrès. (Il faut lire le tĂ©moignage de sa sĹ“ur Gilberte sur Pascal. Il n’est question ni de jansĂ©nisme, ni de Port-Royal, ni de conversion). Il dĂ©couvre que marcher sur les traces de Copernic et de GalilĂ©e pour libĂ©rer la physique du poids mort d’Aristote et de la scolastique n’est que la dĂ©marche d’une vaine raison, impliquĂ©e dans la souillure de l’humanitĂ© tout entière, et que tout ce gĂ©nie qui bouillonne en lui ne le conduit qu’à le divertir d’une rĂ©vĂ©lation terrible et rĂ©demptrice. Que signifie un savoir qui ne jette pas l’homme au pied de la Croix ? Dans cette pĂ©riode, Pascal vit une sorte de « première conversion Â» et commence, au cours de cette annĂ©e, d’écrire sur des sujets thĂ©ologiques. Toute sa famille se met Ă  « goĂ»ter Dieu Â» avec lui.

Dès sa dix-huitième annĂ©e, il subit un mal nerveux qui le laisse rarement un jour sans souffrance. En 1647, une attaque de paralysie l’atteint au point qu’il ne peut plus se mouvoir sans bĂ©quilles. Il a mal Ă  la tĂŞte, des maux de ventre, ses jambes et ses pieds sont continuellement froids et demandent des soins pour activer la circulation sanguine ; il porte des bas trempĂ©s dans de l’eau-de-vie pour se rĂ©chauffer les pieds. En partie pour avoir de meilleurs traitements mĂ©dicaux, il se rend Ă  Paris avec sa sĹ“ur Jacqueline. Sa santĂ© s’amĂ©liore mais son système nerveux est perturbĂ© de manière permanente. DorĂ©navant, il est sujet Ă  une profonde hypocondrie, qui a affectĂ© son caractère et sa philosophie. Il est devenu irritable, sujet Ă  des accès de colère fière et impĂ©rieuse, et il sourit rarement.

Pascal s’éloigne de son premier engagement religieux et il vit pendant quelques annĂ©es ce qu’il a appelĂ© « une pĂ©riode mondaine Â» (1648-1654). Ce sont les expĂ©riences sur le vide, Ă  la suite des travaux de Torricelli, qui l'occupent pleinement. De 1646 Ă  1654, il multiplie les expĂ©rimentations avec toutes sortes d’instruments. L’une d’entre elles, en 1648 lui permet de confirmer la rĂ©alitĂ© du vide et de la pression atmosphĂ©rique et d’établir la thĂ©orie gĂ©nĂ©rale de l’équilibre des liquides.

Son père meurt en 1651 et Pascal prend possession de son hĂ©ritage et de celui de sa sĹ“ur Jacqueline. Le 4 janvier 1651, en dĂ©pit de l’opposition de son frère, Jacqueline entre Ă  Port-Royal de Paris. LĂ©galement, elle perd ses droits civiques. Pascal se coupe de Port-Royal pendant deux ans et neuf mois, sauf quelques entrevues orageuses avec sa sĹ“ur. L’entrĂ©e de sa sĹ“ur au couvent dĂ©clenche chez Pascal une dĂ©pression. Les mĂ©decins lui conseillent de se marier, de prendre une charge. Pascal s’y oppose, les mĂ©decins insistent. Finalement Pascal accepte et fait des dĂ©marches dans ce sens. Il aurait pu, mariĂ©, garder sa fidĂ©litĂ© Ă  Dieu comme les deux infirmiers, comme Monsieur de Renty dont il a lu la vie Ă©crite par Saint-Jure un jĂ©suite, mais il comprend vite que ce n’est pas sa voie. En septembre 1652, il part Ă  Clermont-Ferrand oĂą Florin vient d’acheter Bienassis avec son beau château. Il y restera huit mois. Bienassis jouxte le domaine des carmes dĂ©chaussĂ©s oĂą Pascal retrouve Blaise Chardon son cousin et ami d’enfance qui est religieux. Pascal fait une première retraite qu’attestera sa sĹ“ur et lit Jean de la Croix. Il dĂ©couvre la contemplation et devient mystique. Au moment de prononcer ses vĹ“ux en juin 1653, Jacqueline veut faire une dot importante au monastère, ce qui est illĂ©gal. En mai, Pascal est Ă  Clermont. Avec Florin PĂ©rier, Ă©poux de Gilberte, ils refusent en se plaçant sur le plan juridique. Pascal rentre Ă  Paris pour rĂ©gler l’affaire. Entrevue orageuse ! Finalement il sera gĂ©nĂ©reux.


Ainsi, Pascal se trouve Ă  la fois riche et libre. Il prend une maison somptueusement meublĂ©e, avec beaucoup de domestiques et se fait conduire dans Paris avec une voiture tirĂ©e par quatre ou six chevaux. Il passe son temps en compagnie de beaux esprits, de femmes et de joueurs (comme son travail sur les probabilitĂ©s le montre). Il poursuit un temps, en Auvergne, ses travaux et une dame de grande beautĂ©, qu’il appelle la « Sapho de la campagne Â». Ă€ cette Ă©poque, il inspire un Discours sur les passions de l’amour (qui ne semble pas ĂŞtre de sa main), et apparemment il a mĂ©ditĂ© sur le mariage qu’il dĂ©crit plus tard comme « la plus basse des conditions de la vie permises Ă  un chrĂ©tien  Â».

Jacqueline lui reproche sa frivolité et prie pour qu’il change de vie. Durant les visites à sa sœur à Port-Royal en 1654, il montre du mépris pour les affaires du monde mais il n’est pas attiré par Dieu.

Ă€ la fin de 1654, il a un accident sur le pont de Neuilly oĂą les chevaux plongent par-dessus le parapet et la voiture est près de les suivre. Heureusement, l’attelage se rompt et la voiture reste en Ă©quilibre sur le bord du pont. Pascal et ses amis sortent, mais le philosophe hypersensible, terrifiĂ© par la proximitĂ© de la mort, s’évanouit et reste inconscient. Revenant Ă  lui quinze jours plus tard, le 23 novembre 1654, entre dix heures et demi et minuit et demie, Pascal a une intense vision religieuse qu’il Ă©crit immĂ©diatement pour lui-mĂŞme en une note brève, appelĂ© le MĂ©morial en littĂ©rature, commençant par : « Feu. Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, pas des philosophes ni des savants… Â» et qu’il conclut par une citation du Psaume 119,16 : « Je n’oublierai pas ces mots. Amen. Â» Il coud soigneusement ce document dans son manteau et le transfère toujours quand il change de vĂŞtement ; un serviteur le dĂ©couvrira par hasard après sa mort. Pendant sa vie, Pascal a souvent Ă©tĂ© considĂ©rĂ© par erreur comme un libertin et, plus tard, il a Ă©tĂ© tenu Ă  l’écart comme une personne n’ayant eu une conversion que sur son lit de mort. Sa croyance et son engagement religieux rĂ©activĂ©s, Pascal loge dans le plus ancien des deux couvents de Port-Royal pour une retraite de quinze jours en janvier 1655. Pendant les quatre annĂ©es suivantes, il fit rĂ©gulièrement le voyage entre Paris et Port-Royal-des-Champs. Il commence Ă  Ă©crire, immĂ©diatement après sa conversion, son Ĺ“uvre majeure sur la religion, Les Provinciales.

Pascal participa aux travaux de traduction en français de la Bible, en utilisant les principes de la Logique de Port-Royal.


[modifier] Blaise Pascal et la science

[modifier] Contributions aux mathématiques

Le triangle de Pascal

Dès l'âge de seize ans, il commence à travailler sur ce qui deviendra plus tard la géométrie projective. Il utilise et approfondit les travaux du Brouillon-project d'une atteinte aux evenemens des rencontres du cone avec un plan de Girard Desargues ainsi que ceux d'Apollonius. Ainsi, en 1640, il fait imprimer son Essai pour les coniques et achève, en 1648, un traité de la Generatio conisectionum (Génération des sections coniques), dont il ne reste que des extraits pris par Leibniz. La grande innovation est le théorème de Pascal qui dit que l’hexagramme formé par 6 points d’une conique a ses côtés opposés concourants en trois points alignés.

À partir de 1650, Pascal s’intéresse au calcul infinitésimal et, en arithmétique, aux suites de nombres entiers. Les recherches du Traité du triangle arithmétique de 1654 constituent une importante préparation du travail de Leibniz sur le calcul infinitésimal et il y utilise pour la première fois le principe du raisonnement par récurrence. Le formalisme, auquel il recourt assez peu, est plus proche de celui de François Viète[10] et de Francesco Maurolico[11] que de Descartes.

Dans ce TraitĂ© du triangle arithmĂ©tique il donne une prĂ©sentation commode en tableau des coefficients du binĂ´me, le « triangle arithmĂ©tique Â», maintenant connu sous le nom de « triangle de Pascal Â». Yang Hui, mathĂ©maticien chinois sous la dynastie Qin, avait travaillĂ© quatre siècles plus tĂ´t sur un concept semblable ainsi qu'Omar Khayyam au XIe siècle.

Il utilise ce tableau arithmĂ©tique afin de rĂ©soudre le « problème des partis Â»[12], discutĂ© depuis le XIVe siècle. Ce problème, qui lui a Ă©tĂ© soumis par son ami le chevalier de MĂ©rĂ©, concernait le partage Ă©quitable des gains d'un jeu de hasard interrompu: deux joueurs dĂ©cident d’arrĂŞter de jouer avant la fin du jeu et souhaitent partager les gains de manière Ă©quitable en s’appuyant sur les chances que chacun avait de gagner une fois Ă  ce point. Pascal correspond alors avec Fermat[13]'[14], d'abord par l'intermĂ©diaire de Carcavy, et cette confrontation de leurs mĂ©thodes qui aboutissent Ă  un mĂŞme rĂ©sultat le renforce dans l'idĂ©e qu'il a rĂ©ussi Ă  inventer une « gĂ©omĂ©trie du hasard Â».

Le talent de Pascal, nourri de son expĂ©rience de gĂ©omètre et de juriste, a Ă©tĂ© de voir se dessiner la possibilitĂ© d'une mathĂ©matique du hasard, proprement un oxymore Ă  son Ă©poque, et d'avoir approchĂ© ainsi la question des dĂ©cisions Ă©quitables et justes, fondamentalement d'ordre juridique. Mis au courant de ces travaux au cours d'un voyage Ă  Paris en 1655, Christian Huygens rĂ©dige alors le premier traitĂ© sur le calcul des chances, le De ratiociniis in ludo aleae (« Sur le calcul dans les jeux de hasard Â», 1657), ou des probabilitĂ©s, dans lequel il introduit explicitement la notion d'« espĂ©rance Â», plus prĂ©cisĂ©ment de « valeur de l'espĂ©rance Â» d'une situation d'incertitude.

Ce travail mathĂ©matique sera utilisĂ© Ă  des fins thĂ©ologiques, dans ce qu'on appelle le « pari de Pascal Â», Ă©voquĂ© dans Les PensĂ©es. Celui-ci suggère l'avantage de la croyance en Dieu et de la pratique des vertus. Cet argument repose sur une utilisation de son calcul du problème des partis permettant d'Ă©valuer le poids probable (son « espĂ©rance Â» dira Huygens) d'une situation incertaine et ainsi de prendre une dĂ©cision « rationnelle Â». On ne peut dire avec certitude si Pascal a choisi cette approche pour susciter habilement l'intĂ©rĂŞt de nobles sceptiques en religion, mais rompus aux jeux de hasard, ou comme fondement effectif d'une thĂ©orie des comportements.

Après l’expérience mystique de 1654, Pascal abandonne presque complètement tout travail de mathématique. Il envisage un temps de publier un Promotus Apolloniis Gallus sur le mode de ce qu'avait réalisé François Viète[15], mais le manuscrit s'en est égaré[16].

Ses derniers travaux scientifiques concernent les cycloĂŻdes. Cependant, en 1658, il offre anonymement un prix pour la rĂ©solution de la quadrature du cercle et la rectification de la cycloĂŻde et autres problèmes liĂ©s. Des solutions sont proposĂ©es par Wallis, Huygens, Wren et d’autres ; Pascal, sous le pseudonyme de Dettonville, publie alors très vite sa propre solution Histoire de la roulette (en français et en latin) avec une Suite de l’histoire de la roulette Ă  la fin de l’annĂ©e. En 1659, sous le mĂŞme pseudonyme, il envoie Ă  Huygens une Lettre sur la dimension des lignes courbes.

[modifier] Philosophie des mathématiques

[modifier] Axiomatique

La contribution majeure de Pascal à la philosophie des mathématiques est De l’Esprit géométrique, écrit originellement comme une préface d’un manuel Éléments de géométrie pour les célèbres petites-écoles de Port-Royal, à la demande d’Arnauld. Ce travail n’a été publié qu’un siècle après sa mort. Pascal y examine les possibilités de découvrir la vérité, argumentant que l’idéal pour une semblable méthode serait de se fonder sur les propositions dont la vérité est déjà établie. Toutefois, il affirmait que c’était impossible parce que pour établir ces vérités, il faudrait s’appuyer sur d’autres vérités et que les principes premiers ne pourraient être atteints. De ce point de vue, Pascal affirmait que la procédure utilisée en géométrie était aussi parfaite que possible, avec certains principes énoncés mais non démontrés et les autres propositions étant développées à partir d’eux. Néanmoins, il n’existait pas de possibilité de savoir si ces principes étaient vrais.

Dans De l’Esprit géométrique et de l’Art de persuader, Pascal étudie plus encore la méthode axiomatique en géométrie, particulièrement la question de savoir comment le peuple peut être convaincu par les axiomes sur lesquels les conclusions sont fondées ensuite. Pascal est d’accord avec Montaigne qu’obtenir la certitude à propos de ces axiomes et des conclusions grâce aux méthodes humaines était impossible. Il assurait que ces principes ne pouvaient être saisis que par l’intuition et que ce fait soulignait la nécessité de la soumission à Dieu dans la recherche de la vérité.

Dans De l’Esprit gĂ©omĂ©trique et de l’Art de persuader, Pascal fait l’épistĂ©mologie des mathĂ©matiques. Les mathĂ©matiques reposent d’abord sur des principes Ă©vidents connus par intuition (malheureusement, Pascal comme Descartes ignore ce mot et le remplace par : cĹ“ur, sentiment ou instinct). Il serait vain de vouloir dĂ©montrer ces principes Ă©vidents en utilisant des affirmations moins Ă©videntes. Mais les mathĂ©matiques reposent aussi sur des principes conventionnels, non Ă©vidents, non dĂ©montrĂ©s, et qui une fois admis, ont autant de force que les prĂ©cĂ©dents (ce qui ouvrait la porte aux gĂ©omĂ©tries non-euclidiennes

Pascal développe aussi dans De l’Esprit géométrique… une théorie de la définition. Il distingue les définitions qui sont des termes conventionnels définis par l’auteur et les définitions incluses dans le langage et comprises par tous parce qu’elles désignent naturellement leur référent. Les secondes sont caractéristiques de la philosophie de l’essence (essentialisme). Pascal affirme que seules les définitions du premier type sont importantes pour la science et les mathématiques, considérant que ces domaines devraient adopter la philosophie du formalisme, comme Descartes l’a établie.

[modifier] Pédagogie

Pascal montre dans ces ÉlĂ©ments de gĂ©omĂ©trie tout son intĂ©rĂŞt pour l’enseignement et ses rĂ©flexions Ă  propos de la pĂ©dagogie des mathĂ©matiques et aussi dans un autre fragment, connu par l’intermĂ©diaire de Leibniz, sur une mĂ©thode de lecture qu’il a discutĂ© avec sa sĹ“ur Jacqueline, chargĂ©e d’enseigner dans les petites-Ă©coles de Port-Royal. Il a semble-t-il lui-mĂŞme enseignĂ©, chez lui, Ă  plusieurs enfants « en loques Â» (d’après Villandry). Dans cette mĂ©thode de lecture, qu’il prĂ©sente comme Une nouvelle manière pour apprendre Ă  lire facilement en toutes sortes de langues, il recommande :

« Cette mĂ©thode regarde principalement ceux qui ne savent pas encore lire. (...) chaque lettre ayant son nom, on la prononce seule autrement qu’en l’assemblant avec d’autres. (...) Il semble que la voie la plus naturelle (...) est que ceux qui montrent Ă  lire, n’apprissent d’abord aux enfants Ă  connaĂ®tre les lettres, que par le nom de leur prononciation. Â»

Pascal donne des indications sur l’ordre de présentation des lettres et des divers cas avec ou sans diphtongue, etc.

« Et ensuite on leur apprendrait Ă  prononcer Ă  part, et sans Ă©peler, les syllabes ce, ci, ge, gi, tia, tie, tii... Â»

[modifier] Contributions aux sciences physiques

[modifier] Expérience des liqueurs

Statue de Pascal sous la Tour Saint-Jacques à Paris où il aurait répété ses expériences du puy de Dôme sur la pression atmosphérique et la pesanteur de l'air.

Blaise Pascal a Ă©galement rĂ©alisĂ© la fameuse expĂ©rience des liqueurs (qu’on traduirait aujourd’hui par ExpĂ©rience des liquides), qui prouva qu’il existait une « pression atmosphĂ©rique Â». Ă€ l’époque, (oĂą la science Ă©tait encore très liĂ©e Ă  la scolastique et Ă  Église) l’idĂ©e Ă©tait courante selon laquelle « la nature a horreur du vide Â». La plupart des scientifiques supposaient que quelque invisible matière remplissait cet espace, mais que ce n’était pas un espace vide. Des inondations ayant eu lieu en Italie et en Hollande avaient conduit Ă  des pompages d’eau pour vider les carrières de minerai des deux pays. Mais les pompes Ă©normes fabriquĂ©es pour l’occasion laissaient perplexes les hommes de l’Église : la hauteur de l’eau dans les tubes de pompage s’arrĂŞtait Ă  10,33 m. Et cela en des lieux très diffĂ©rents. Ă€ Clermont, Blaise Pascal est en train d’écrire un traitĂ© sur la mĂ©canique des fluides. Il Ă©met donc l’hypothèse qu’une sorte de « pression atmosphĂ©rique Â» empĂŞche l’eau de monter très haut dans les pompes, et que le vide occupe l’espace supĂ©rieur des tubes. Cependant, il se heurte fortement Ă  certains esprits de son temps et particulièrement Ă  l'Église, qui fait refaire l’étanchĂ©itĂ© des pompes afin de vĂ©rifier qu’il ne s’agit pas d’air. Mais leurs travaux leur donnent finalement tort.

Blaise Pascal rĂ©pète, en 1646 avec son père Ă  Rouen, les expĂ©riences de Torricelli sur le vide. Un procès verbal en est envoyĂ© Ă  leur ami Chanut (ambassadeur du Roi en Suède). En 1647, Pascal publie ses ExpĂ©riences nouvelles touchant le vide et une prĂ©face pour un TraitĂ© du Vide (voir aussi vide dans le vide (de)), oĂą il dĂ©taille les règles de base dĂ©crivant Ă  quel degrĂ© les divers liquides pouvaient ĂŞtre maintenus par la pression de l’air. Il fournit aussi les raisons pour lesquelles un vide se trouvait rĂ©ellement au-dessus de la colonne de liquide dans le tube baromĂ©trique.

Il a alors l’idĂ©e d’une expĂ©rience qu’il va rĂ©aliser le 19 septembre 1648 : la pression atmosphĂ©rique devrait ĂŞtre diffĂ©rente en ville (Ă  Clermont) et en haut de la montagne la plus proche, le Puy de DĂ´me, oĂą la pression doit ĂŞtre infĂ©rieure Ă  la pression rĂ©gnant au niveau de la ville. Pascal fait donc transporter par son beau-frère, Florin PĂ©rier, un tube de Torricelli en haut du Puy-de-DĂ´me. Des curĂ©s et des savants suivent l’expĂ©rience. Grâce au tube-tĂ©moin en ville, la prĂ©sence de vide est dĂ©montrĂ©e. Il publie le RĂ©cit de la grande expĂ©rience de l’équilibre des liqueurs.

Ce travail de recherche se termine en 1651 par un Traité du vide (seuls des fragments en sont connus) et sa réduction par Pascal en deux traités de l’Équilibre des liqueurs et de la Pesanteur de l’air. C’est en septembre de cette année que son père Étienne meurt.

Le travail de Pascal dans l’étude des fluides (hydrodynamique et hydrostatique) est centrĂ© sur les principes des fluides hydrauliques. Il invente le principe de la presse hydraulique (dĂ©nommĂ© Ă  l'Ă©poque « principe du vaisseau d'eau Â», utilisant la pression hydraulique pour multiplier la force) et la seringue.

Face aux critiques qui soutenaient que quelque matière invisible existait dans l’espace vide de Pascal, Pascal a rĂ©pondu Ă  Étienne NoĂ«l un des principaux fondateurs de la mĂ©thode scientifique au XVIIe :

« Pour montrer qu’une hypothèse est Ă©vidente, il ne suffit pas que tous les phĂ©nomènes la suivent ; au lieu de cela, si elle conduit Ă  quelque chose de contraire Ă  un seul des phĂ©nomènes, cela suffit pour Ă©tablir sa faussetĂ©. Â»

Son insistance sur l’existence du vide le place, aussi, en conflit avec de nombreux scientifiques éminents, y compris Descartes (peut-être aussi et surtout pour des raisons religieuses).

[modifier] Écrivain, philosophe ou théologien de la maturité

[modifier] Les Provinciales

Article dĂ©taillĂ© : Les Provinciales.
Blaise Pascal, marbre d’Augustin Pajou (1785), musée du Louvre

Antoine Arnauld, chef de file des jansénistes depuis la mort de Jean Duvergier de Hauranne, était en désaccord avec la Sorbonne au sujet d’une bulle d’Innocent X (mai 1653). Cherchant à défendre l’un de ses amis, le marquis de Liancourt, il s’attira les foudres de la Sorbonne. Les jansénistes cherchèrent un défenseur en la personne de Pascal.

Pascal accepta, assurant qu’il savait (selon Sainte-Beuve) « comment on pourrait faire ce factum Â», mais qu’il ne pouvait promettre qu’« une Ă©bauche Â» que d’autres se chargeraient de « polir Â». Pascal commença Ă  publier les lettres Ă  partir du 23 janvier 1656 sous le pseudonyme de Louis de Montalte. Pascal lança une attaque mĂ©morable contre la casuistique, une mĂ©thode morale populaire chez les penseurs catholiques, particulièrement les jĂ©suites. Pascal dĂ©nonça la casuistique comme l’utilisation d’un raisonnement complexe pour justifier une morale laxiste. Sa mĂ©thode pour argumenter fut subtile : les Provinciales prĂ©tendaient ĂŞtre les Lettres Ă©crites par Louis de Montalte Ă  un provincial de ses amis et aux R.R.P.P. (rĂ©vĂ©rends pères) JĂ©suites sur le sujet de la morale et de la politique de ces pères. Il s’adresse Ă  un ami qui vit en province Ă  propos des discussions sur la morale et la thĂ©ologie qui excitaient les cercles intellectuels et religieux de la capitale, particulièrement la Sorbonne. Pascal allia la ferveur d’un nouveau converti et l’esprit brillant d’un homme du monde, avec un style de la prose française inconnu jusque lĂ . Ă€ cĂ´tĂ© de leur influence religieuse, les Provinciales ont Ă©tĂ© une Ĺ“uvre littĂ©raire populaire. Pascal se servit de l’humour, de la moquerie et de la satire mĂ©chante dans ses arguments, pour permettre une utilisation publique des lettres qui influenceront plus tard des Ă©crivains français comme Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, et surtout le Montesquieu des Lettres persanes.

Les premières lettres dĂ©fendent la position des jansĂ©nistes contre leurs adversaires jĂ©suites ou dominicains (Thomistes), sur les questions du pouvoir prochain (Lettre I), de la grâce efficace ou suffisante (Lettre II), de la possibilitĂ© que la grâce puisse manquer Ă  un juste (Lettre III). Ă€ partir de la quatrième lettre, Pascal passe Ă  l'offensive. Ses attaques contre les autoritĂ©s prennent, selon Jean Lacouture, un ton polĂ©mique tel que « Voltaire lui-mĂŞme n’a jamais peut-ĂŞtre atteint Ă  cette fulgurance Â» : il nomma personnellement et par Ă©crit un grand nombre de personnalitĂ©s. Les dernières lettres montrent Pascal davantage sur la dĂ©fensive – les pressions sur les jansĂ©nistes de Port-Royal pour qu’ils renoncent Ă  leur enseignement sont croissantes pendant ce temps – et contiennent l’attaque contre la casuistique. La Lettre XIV prĂ©sente une seule excuse : « Je voudrais avoir Ă©crit une lettre plus courte, mais je n’en ai pas le temps. Â»

La série de dix-huit lettres, publiées entre 1656 et 1657 par Pierre Le Petit, choque Louis XIV, qui a commandé en 1660 que le livre soit déchiqueté et brûlé. En 1661, l’école janséniste de Port-Royal était condamnée à son tour et fermée, ceci aboutissant à la signature d’une bulle papale condamnant l’enseignement des jansénistes comme hérétiques. La dernière lettre défiait le pape lui-même, provoquant Alexandre VII à condamner les lettres le 6 septembre 1657. Mais ceci n’empêcha pas la France cultivée de les lire.

Le pape Alexandre VII, alors qu’il s’opposait publiquement Ă  elles, Ă©tait convaincu par les arguments de Pascal. Il ordonna une rĂ©vision des textes casuistiques juste quelques annĂ©es après, en 1665 et 1666. Le pape Innocent XI condamna le « laxisme Â» dans l’Église en 1679.

Les Provinciales ont été largement diffusées dès leur parution, à plus d’une dizaine de milliers d’exemplaires.

Voltaire les a jugĂ©es « le meilleur livre qui ait jamais paru en France Â», et quand on a demandĂ© Ă  Jacques BĂ©nigne Bossuet quel livre il aurait aimĂ© Ă©crire, il a rĂ©pondu, les Provinciales de Pascal.

Jean Lacouture (Jésuites) cite d’autres appréciations, celles d’Henri Gouhier et de François Mauriac.

Au sujet de l’impact qu’eurent les Provinciales dans leur contexte historique, Jean Lacouture cite l’historien Marc Fumaroli (voir Révolution copernicienne : l’image de l’Église ternie pendant les Lumières).

[modifier] Les Pensées

Dans Les PensĂ©es (1669), Pascal introduit la notion d'ordre comme « un ensemble homogène et autonome, rĂ©gi par des lois, se rangeant Ă  un certain modèle, d'oĂą dĂ©rive son indĂ©pendance par rapport Ă  un ou plusieurs autres ordres Â». Les trois ordres identifiĂ©s par Pascal sont l'ordre du corps, l'ordre de l'esprit ou de la raison, et l'ordre du cĹ“ur ou de la charitĂ©[17]. Cette notion d'ordre a Ă©tĂ© reprise par le philosophe AndrĂ© Comte Sponville[18].

[modifier] Postérité

La Pascaline.

En l’honneur de ses contributions scientifiques, le nom de pascal a été donné à l’unité de pression du système international, à un langage de programmation et à la loi de Pascal (un principe important d’hydrostatique) et, comme mentionné ci-dessus, le triangle de Pascal et le pari de Pascal portent toujours son nom.

Le dĂ©veloppement de la thĂ©orie des probabilitĂ©s est la contribution de Pascal la plus importante en mathĂ©matiques. Ă€ l’origine appliquĂ©e au jeu, elle est aujourd’hui utilisĂ©e dans les sciences Ă©conomiques, particulièrement en science actuarielle. John Ross Ă©crit :

« La thĂ©orie des probabilitĂ©s et les dĂ©couvertes qui la suivent ont changĂ© la manière dont nous considĂ©rons l’incertitude, le risque, la prise de dĂ©cision, et la capacitĂ© d’un individu ou de la sociĂ©tĂ© d’influencer le cours d’évĂ©nements futurs Â».
Machine arithmétique de Pascal - L’Encyclopédie.

Cependant, il convient noter que Pascal et Fermat, qui effectuent les premiers travaux importants en thĂ©orie des probabilitĂ©s, n’ont pas dĂ©veloppĂ© très loin ce champ d’études. Christian Huygens, Ă©tudiant la question en 1655 Ă  partir de ouĂŻ-dire Ă  propos de la correspondance entre Pascal et Fermat, a Ă©crit le premier livre sur le sujet[19]. Jacob Bernoulli, Pierre RĂ©mond de Montmort, Abraham de Moivre, Thomas Bayes, Nicolas de Condorcet et Pierre-Simon Laplace sont, parmi les auteurs qui ont prolongĂ© le dĂ©veloppement de la thĂ©orie, ceux dont la contribution a Ă©tĂ© la plus importante au XVIIIe siècle .

Au Canada, un concours annuel de mathĂ©matiques est appelĂ© en son honneur « Concours Pascal Â» qui est ouvert Ă  n’importe quel Ă©lève du Canada de moins de 14 ans et en 9e au plus.

En informatique, le Pascal est un langage de programmation créé par Niklaus Wirth et nommé en l'honneur de Blaise Pascal.

L’Université Clermont-Ferrand II a été baptisée à son nom ainsi qu'une université de Cordoba en Argentine.

La banque de France a émis un billet de banque, le 500 francs Pascal, sa plus haute coupure de 1969 à 1994, à son effigie.

En littérature, Pascal est considéré comme un des auteurs les plus importants de la période classique française et il est lu aujourd’hui en tant qu’un des plus grands maîtres de la prose française. Son utilisation de la satire et de l’esprit a influencé des polémistes postérieurs. On se souvient bien de la teneur de son travail littéraire à cause de sa forte opposition au rationalisme de René Descartes et de l’affirmation simultanée que l’empirisme philosophique était également insuffisant pour déterminer des vérités majeures.

Chateaubriand a dĂ©crit ses contributions dans une cĂ©lèbre envolĂ©e lyrique[20] se concluant par « (il) fixa la langue que parlèrent Bossuet et Racine, donna le modèle de la plus parfaite plaisanterie, comme du raisonnement le plus fort (...) cet effrayant gĂ©nie se nommait Blaise Pascal Â».

Barbey d’Aurevilly voit en Pascal un « Hamlet du catholicisme Â». Baudelaire le paraphrase et lui consacre son poème « Le gouffre Â».

Une discussion Ă  propos de Pascal et de son « pari Â» occupe une place importante dans le film Ma nuit chez Maud du rĂ©alisateur français Éric Rohmer.

La mĂ©ditation pascalienne sur le divertissement trouve un prolongement dans le roman de Jean Giono, Un roi sans divertissement (1947). Giono emprunte le titre et la dernière phrase du livre Ă  un passage des PensĂ©es (fragment 142 de l’édition Brunschvicg) : « Un roi sans divertissement est un homme plein de misères. Â»

Pour Julien Green, Pascal est « Le plus grand des Français Â» [21].

SĹ“ur Emmanuelle, dans son livre Vivre, Ă  quoi ça sert ? (Ă©ditions J’ai Lu) s’appuie sur quelques principes de la pensĂ©e pascalienne qui fut un guide pour elle, tout au long de sa vie.,

Vers la fin de sa vie le sociologue Pierre Bourdieu a publié un livre de réflexions sur son domaine qui est intitulé Méditations pascaliennes[22].

Pascal a sa statue parmi les Hommes illustres (Louvre).

[modifier] Liste des principales œuvres

La chronologie exacte des œuvres de Pascal est difficile à établir car de nombreux textes ne sont pas datés et ont été publiés longtemps après avoir été rédigés. Certains n’ont été connus qu’un siècle ou plus après le décès de Pascal et d’autres ne nous sont parvenus que de manière fragmentaire ou indirecte (notes de Leibniz ou correspondance, par exemple).

  • Essai pour les coniques (1640)
  • ExpĂ©riences nouvelles touchant le vide (1647)
  • RĂ©cit de la grande expĂ©rience de l’équilibre des liqueurs (1648)
  • TraitĂ© du triangle arithmĂ©tique (1654)
  • Les Provinciales (Correspondances 1656-1657)
  • ÉlĂ©ment de gĂ©omĂ©trie (1657)
  • De l’Esprit gĂ©omĂ©trique et de l’Art de persuader (1657)
  • Histoire de la roulette (1658)
  • L’Art de persuader (1660)
  • PensĂ©es (1669, posthume)

[modifier] Citations

  • « L’Homme est grand car il se sait misĂ©rable.»
  • « Ne pouvant fortifier la justice, on a justifiĂ© la force. Â»
  • « Le moi est haĂŻssable Â»
  • « Je ne peux pas comprendre le tout si je ne connais pas les parties, et je ne peux pas comprendre les parties si je ne connais pas le tout. Â»
  • « Le silence Ă©ternel de ces espaces infinis m'effraie. Â»
  • « Le cĹ“ur a ses raisons que la raison ne connaĂ®t point. Â»
  • « Condition de l'homme. Inconstance, ennui, inquiĂ©tude. Â»
  • « Un roi sans divertissement est un homme plein de misères. Â»
  • « Deux excès : exclure la raison, n'admettre que la raison. Â» PensĂ©es (214-253)
  • « L'homme est un roseau pensant. Â»
  • « Je n'ai pas fait (cette lettre-ci) plus longue que parce que je n'ai pas eu le loisir de la faire plus courte Â» (XVIème provinciale)[23]

[modifier] Références

[modifier] Notes

  1. ↑ Preface aux Pensées, intitulée: Sa vie, par sa sœur, Mme Périer, p.VI (1873)
  2. ↑ Jean Marguin (1994), p. 48
  3. ↑ Maurice d'Ocagne (1893), p. 245 Copie numérique sur le site du CNAM
  4. ↑ La Machine d’arithmétique, Blaise Pascal, Wikisource
  5. ↑ Guy Mourlevat, p. 12 & p. 20 (1988)
  6. ↑ Œuvres de Pascal, Discours sur la vie et les ouvrages de Pascal, tome 1er, p. 43-44, La Haye (1779)
  7. ↑ Preface aux Pensées, intitulée: Sa vie, par sa sœur, Mme Périer, p. XVII (1873)
  8. ↑ Beaucoup d'anecdotes apocryphes courent sur les talents mathĂ©matiques du jeune Pascal. D'après Tallemant des RĂ©aux, il aurait seulement lu « en quelques après-midis Â» les 6 premiers livres d'Euclide, et commencĂ© Ă  rĂ©diger ses propres dĂ©monstrations, ce qui est dĂ©jĂ  assez Ă©tonnant ; voici cette historiette
  9. ↑ « Blaise Pascal Ă  Rouen. Le JansĂ©nisme normand. La maladie et la mort de Pascal : hypothèses nouvelles Â», in Bulletin Historique et Scientifique de l'Auvergne, Tome LXXXIX, n°658, juillet 1978, pp.141-158 ; et MĂ©decine et Hygiène, n°1717, 30 septembre 1987.
  10. ↑ On remarquera notamment l'usage que fait Blaise Pascal des premières lettres de l'alphabet (sous forme de majuscules), l'utilisation de aequatur (c'est-Ă -dire) pour aequabitur en place du symbole "=", et d'accolades en place des parenthèses in :TraitĂ© du triangle arithmĂ©tique ainsi que celui de in pour la multiplication en place de la croix d'Oughtred in Ĺ’uvres de Blaise Pascal, tome III, de numeris multiplicibus, publiĂ© Ă  la suite du TraitĂ© du triangle ArithmĂ©tique, page 336 sur Wikisource.
  11. ↑ Dominique Descotes, Marie F. Viallon : - Google Livres par l'Institut Claude Longeon
  12. ↑ Usage du triangle arithmétique pour déterminer les partis qu'on doit faire entre deux joueurs qui jouent en plusieurs parties.
  13. ↑ Norbert Meusnier, « Fermat et les prĂ©mices d'une mathĂ©matisation du hasard Â» in Annales de la FacultĂ© des Sciences de Toulouse, vol XVII, n° spĂ©cial, 2009, p. 87-118.
  14. ↑ voir Les lettres de Blaise Pascal éditeur G. Crès (Paris) 1922 page 220
  15. ↑ Œuvres de Blaise Pascal, III sur Wikisource.
  16. ↑ A.A. Renouard, Blaise Pascal : PensĂ©es Ă©dition de 1812 page 29
  17. ↑ Blaise Pascal, Ĺ’uvres complètes, Seuil, collection « L'IntĂ©grale Â», 1963, fragment 308-793
  18. ↑ AndrĂ© Comte Sponville, Le capitalisme est-il moral ?, Albin Michel, pp. 47 Ă  70
  19. ↑ voir la note 4
  20. ↑ En voici le texte complet : Il y avait un homme qui, Ă  douze ans, avec des barres et des ronds, avait créé les mathĂ©matiques ; qui, Ă  seize, avait fait le plus savant traitĂ© des coniques qu'on eĂ»t vu depuis l'antiquitĂ© ; qui, Ă  dix-neuf, rĂ©duisit en machine une science qui existe tout entière dans l'entendement ; qui Ă  vingt-trois, dĂ©montra les phĂ©nomènes de la pesanteur de l'air, et dĂ©truisit une des grandes erreurs de l'ancienne physique ; qui, Ă  cet âge oĂą les autres commencent Ă  peine Ă  naĂ®tre, ayant achevĂ© de parcourir le cercle des sciences humaines, s'aperçut de leur nĂ©ant et tourna ses pensĂ©es vers la religion ; qui, depuis ce moment jusqu'Ă  sa mort, arrivĂ© dans sa trente-neuvième annĂ©e, toujours infirme et souffrant, fixa la langue que parlèrent Bossuet et Racine, donna le modèle de la plus parfaite plaisanterie, comme du raisonnement le plus fort ; enfin qui, dans les cours intervalles de ses maux, rĂ©solut, par distraction, un des plus hauts problèmes de la gĂ©omĂ©trie, et jeta sur le papier des pensĂ©es qui tiennent autant du Dieu que de l'homme. Cet effrayant gĂ©nie se nommait Blaise Pascal  Chateaubriand, GĂ©nie du Christianisme, III,2,ch.6
  21. ↑ Album Pascal, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1978
  22. ↑ Bourdieu P., MĂ©ditations pascaliennes, Paris, Seuil, 1997 ; on a pu voir dans ce choix un geste dĂ©monstratif qui prend de contre pied l'approche emblĂ©matisĂ©e par le titre MĂ©ditations cartĂ©siennes, pris naguère par le philosophe Edmund Husserl.
  23. ↑ Blaise Pascal, Les provinciales, XVIème lettre sur Wikisource.

[modifier] Textes de Pascal

De très nombreuses éditions existent.

  • Blaise Pascal, Ĺ’uvres de Blaise Pascal en 5 tomes, La Haye, Chez Detune, Libraire, 1779 
  • Blaise Pascal, PensĂ©es de Pascal, prĂ©cĂ©dĂ©es de Sa vie, par Mme PĂ©rier, sa sĹ“ur, Paris, Librairie de Firmin-Didot frères, fils & Cie, 1873 
  • Jean Mesnard (Paris, DesclĂ©e de Brouwer, 1964-1992), qui contient tous les textes qui intĂ©ressent la vie ou l’œuvre de Pascal (y compris des actes notariĂ©s, etc.). Mais seuls 4 des 7 volumes ont parus Ă  ce jour et ils ne contiennent ni Les provinciales ni les PensĂ©es. On doit donc parfois avoir recours Ă  d’autres Ă©ditions :
  • Pascal, Ĺ’uvres complètes, Louis Lafuma, Seuil, L'IntĂ©gral, 1963
  • Pascal, Ĺ’uvres complètes, Ă©d. Michel Le Guern, coll. Bibliothèque de la PlĂ©iade, Paris, Gallimard, 1998-1999
  • Pascal Blaise, Discours sur la religion et sur quelques autres sujets qui ont Ă©tĂ© trouvĂ©s après sa mort parmi ses papiers, restituĂ©s et publiĂ©s par Emmanuel Martineau, Paris, Fayard-Armand Colin, 1992.


[modifier] Sur Pascal

  • Donald Adamson, Blaise Pascal: Mathematician, Physicist, and Thinker about God, Macmillan: Londres et New York, 1995.
  • (Ouvrage collectif), Blaise Pascal auvergnat : la famille Ă  l’œuvre, catalogue d’exposition (MusĂ©es d’art de Clermont-Ferrand, 6 octobre-8 novembre 1981), Clermont-Ferrand, Association des amis et correspondants du Centre international Blaise Pascal, 1981.
  • Francesco Paolo Adorno, Pascal, Les Belles Lettres, 2000 (ISBN 2-251-76030-X).
  • Vlad Alexandrescu, Le Paradoxe chez Blaise Pascal, Peter Lang, 1997 (ISBN 978-3-906754-72-7).
  • Jacques Attali, Blaise Pascal, ou le gĂ©nie Français, Paris, Fayard, 2000 (ISBN 978-2-213-60620-0).
  • Albert BĂ©guin, Pascal, Paris, Seuil, 1952 ; nouvelle  Ă©d. 1981.
  • AndrĂ© Bord, Pascal et Jean de la Croix, prĂ©face de Philippe Sellier, Paris, Beauchesne, 1987.
  • AndrĂ© Bord, La Vie de Blaise Pascal, Paris, Beauchesne, 2000.
  • AndrĂ© Bord, Pascal vu par sa sĹ“ur Gilberte, Paris, Pierre TĂ©qui, 2005.
  • AndrĂ© Bord, Lumière et TĂ©nèbres chez Pascal, Paris, Pierre TĂ©qui, 2006.
  • LĂ©on Brunschvicg, Blaise Pascal, Paris, J. Vrin, 1953.
  • Serge Chamchinov, GĂ©omĂ©trie de l’esprit, Dives-sur-Mer, Atelier du livre d’artiste, 2008.
  • LĂ©on Chestov : La Nuit de GethsĂ©mani. Essai sur la philosophie de Pascal, Grasset, 1923
  • (en) Francis X. J. Coleman, Neither Angel Nor Beast : The Life and Work of Blaise Pascal, New York, Londres, Routledge and Kegan Paul, 1986.
  • Jacques Darriulat, L’ArithmĂ©tique de la Grâce : Pascal et les carrĂ©s magiques, Paris, les Belles lettres, 1994.
  • Dominique Descotes, Pascal : biographie, Ă©tude de l’œuvre, Paris, Albin Michel, 1994.
  • GĂ©rard Ferreyrolles, Pascal et la raison du politique, PUF, 1984.
  • Jean-Louis Gardies, Pascal entre Eudoxe et Cantor, Paris, J. Vrin, 1984.
  • Henri Gouhier, Blaise Pascal : conversion et apologĂ©tique, Paris, Vrin, 1986.
  • Henri Gouhier, Blaise Pascal, commentaires, Paris, Vrin, 1966.
  • Pierre Guenancia, Du vide Ă  Dieu : essai sur la physique de Pascal, Paris, Maspero, 1976.
  • Thomas More Harrington, Pascal philosophe, Paris, CDU-SEDES, 1982.
  • Pierre Humbert, L’Œuvre scientifique de Blaise Pascal, Paris, Albin Michel, 1947.
  • Pierre Magnard, Nature et histoire dans l’apologĂ©tique de Pascal, Paris, Belles-Lettres, 1975.
  • Pierre Magnard, Pascal - La clĂ© du chiffre, La Table ronde, 2007.
  • Pierre Magnard, Pascal ou l’art de la digression, Ellipses, 1995.
  • Pierre Magnard, Le Vocabulaire de Pascal, Ellipses, 2001.
  • Jean Marguin, Histoire des instruments et machines Ă  calculer, Hermann, 1994 (ISBN 978-2-7056-6166-3) 
  • Jean Mesnard, Pascal et les Roannez, Paris, DesclĂ©e De Brouwer, 1965, vol. 
  • Yves Morvan, Pascal Ă  Mirefleurs ? Les dessins de la maison de Domat, Courrier du Centre International Blaise Pascal, 6, 1984, p. 6-17.
  • Yves Morvan, Pascal d'après nature, Bulletin historique et scientifique de l'Auvergne,Tome XCIII,n°692-693,1987.
  • Yves Morvan, Images anciennes et nouvelles de Blaise Pascal, souvenir de l’exposition, Courrier du Centre International Blaise Pascal, 13, 1991, p. 17-28.
  • Guy Mourlevat, Les machines arithmĂ©tiques de Blaise Pascal, La Française d’Édition et d’Imprimerie, Clermont-Ferrand, 1988 
  • Jacques Moutaux (dir.), Pascal et la gĂ©omĂ©trie, Mont-Saint-Aignan, CRDP de Rouen : IREM de Rouen, 1993.
  • Maurice d’Ocagne, Le Calcul simplifiĂ©, Gauthier-Villars et fils, 1893 
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  • Martine PĂ©charman (dir.), Pascal. Qu’est-ce que la vĂ©ritĂ© ?, PUF, 2000.
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  • Maurice Pontet, Pascal et Teilhard, tĂ©moins de, JĂ©sus-Christ, DesclĂ©e de Brouwer, Paris, coll. « Christus Â» no 27, 1968, 221 p.
  • Jean-FĂ©lix Nourrisson, Pascal, physicien et philosophe, Paris, Librairie acadĂ©mique Didier, 1885.
  • Jonas Geffroy, Blaise Pascal, vie et oeuvre Edition Atlas, 2003.
  • Sainte Beuve, Port-Royal, Hachette, 1860, volume 1, [lire en ligne]; Eugène Renduel, 1842, Volume 2 [lire en ligne], Hachette, 1860 volume 3 [lire en ligne], Eugène Renduel, 1859, volume 4 [lire en ligne]
  • Philippe Sellier, Pascal et saint Augustin, Albin Michel, 1995.
  • Philippe Sellier, Essais sur l’imaginaire classique. Pascal - Racine - PrĂ©cieuses et Moralistes - FĂ©nelon., Éditions HonorĂ© Champion, 2005.
  • Tetsuya Shiokawa, Pascal et les miracles, Paris, Nizet, 1977.
  • Philippe-Joseph Salazar, EfficacitĂ© rhĂ©torique exemplaire. Les PensĂ©es dans les Causeries du lundi de Sainte-Beuve, in R. Behrens, A. Gipper, V. Mellinghoff-Bourgerie (dir.), Croisements d’anthropologies. Pascals PensĂ©es im Geflecht der Anthropologien, Heidelberg, Universitätsverlag Winter, 2005, p. 331-344 (ISBN 978-3-8253-5035-2).
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  • Laurent Thirouin, Le Hasard et les règles : le modèle du jeu dans la pensĂ©e de Pascal. PrĂ©face de Jean Mesnard. Paris : Vrin, 1991 (222 p.). Prix Biguet de l’AcadĂ©mie française. (ISBN 978-2-7116-1054-9).
  • Paul ValĂ©ry, Variation sur une pensĂ©e, 1923.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Travaux de Blaise Pascal

  • Pari de Pascal
  • Triangle de Pascal
  • ThĂ©orème de Pascal
  • Ruban de Pascal
  • Sous le pseudonyme de Dettonville : le TraitĂ© de la roulette sur la mĂ©thode des indivisibles en gĂ©omĂ©trie
  • Pascaline (machine Ă  calculer)

[modifier] Contemporains

  • Étienne Pascal, son père
  • Pierre de Fermat
  • Marin Mersenne
  • Christian Huygens

[modifier] Références posthumes

  • Pascal, unitĂ© de mesure
  • Pascal (langage)
  • UniversitĂ© Blaise Pascal Ă  Clermont-Ferrand
  • Rue Pascal Ă  Paris (XIII°)
  • MathĂ©matiques en Europe au XVIIe siècle

Note : Le limaçon de Pascal a Ă©tĂ© nommĂ© ainsi par Roberval en rĂ©fĂ©rence Ă  Étienne Pascal et non Ă  son fils.

[modifier] Liens externes

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