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Calcul différentiel


Calcul différentiel : encyclopédie mathématiques

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En analyse, le nombre dérivé en un point d'une fonction à variable et valeurs réelles est le coefficient directeur de la tangente au graphe de cette fonction en ce point. C'est le coefficient directeur de l'approximation affine de cette fonction en ce point. (Ce nombre n'est donc défini que si cette tangente — ou cette approximation — existe.) La dérivée en un point d'une fonction à plusieurs variables réelles, ou à valeurs vectorielles, est plus couramment appelée différentielle de la fonction en ce point, et n'est pas traitée ici.

La dérivée d'une fonction f est une fonction qui, à tout nombre pour lequel f admet un nombre dérivé, associe ce nombre dérivé.

La notion de nombre dĂ©rivĂ© a vu le jour au XVIIe siècle dans les Ă©crits de Leibniz et de Newton qui le nomme fluxion et qui le dĂ©finit comme « le quotient ultime de deux accroissements Ă©vanescents Â».

La dérivée de la fonction f\, est notée en mathématiques f'\, ou \frac{{\mathrm d} f}{{\mathrm d} x}. On utilise aussi des notations spécifiques (surtout en physique) pour désigner la dérivée par rapport au temps qui s'écrit avec un point surmontant la lettre (\dot f). La dérivée seconde s'écrivant alors grâce à un tréma surmontant la lettre. Cette notation est appelée "notation de Newton". On utilise dans le même esprit, les notations prime et seconde pour noter la dérivée par rapport à l'espace.

La notion de dérivée est une notion fondamentale en analyse. Elle permet d'étudier les variations d'une fonction, de construire des tangentes à une courbe et de résoudre des problèmes d'optimisation.

En sciences, lorsqu'une grandeur est fonction du temps, la dérivée de cette grandeur donne la vitesse instantanée de variation de cette grandeur, et la dérivée de la dérivée donne l'accélération. Par exemple, la vitesse instantanée d'un mobile est la valeur à cet instant de la dérivée de sa position par rapport au temps, et son accélération est la valeur à cet instant de la dérivée par rapport au temps, de sa vitesse.

On généralise la notion de dérivée en étendant celle-ci au champs complexe et on parle alors de dérivée complexe

Il existe aussi une définition purement algébrique de la dérivée. On en trouve un exemple dans l'article polynôme formel.

Sommaire

[modifier] Approche intuitive

En 0, la courbe est décroissante, donc le coefficient directeur de la tangente à la courbe en ce point est négatif, et donc, le nombre dérivé y est négatif (il vaut -1).

En 1, la courbe est toujours décroissante, mais la pente y est moindre (-0,5).

En 2, la courbe est parfaitement horizontale, donc la dérivée est nulle (0).

En 3, la courbe est croissante, donc le nombre dérivé y est positif (0,5).

Pour approcher cette notion de manière intuitive, commençons par nous donner une courbe reprĂ©sentative d'une fonction continue dans un repère cartĂ©sien, c'est-Ă -dire tracĂ©e d'un seul trait de crayon, et bien « lisse Â»; on dira lĂ  que la fonction associĂ©e est dĂ©rivable.

Quel que soit le point que l'on choisit sur la courbe, on pourra alors tracer ce qu'on appelle une tangente, c'est-Ă -dire une droite qui Ă©pouse localement la direction de cette courbe. Si l'on trace la courbe et sa tangente et que l'on s'approche en zoomant suffisamment, on aura de plus en plus de mal Ă  distinguer la courbe de sa tangente. Si la courbe « monte Â» (c'est-Ă -dire si la fonction associĂ©e est croissante), la tangente sera Ă©galement montante ; inversement, si la fonction est dĂ©croissante, la tangente sera descendante.

Si on se donne une abscisse x0 pour laquelle la fonction f\, est dĂ©rivable, on appelle nombre dĂ©rivĂ© de f\, en x0 le coefficient directeur de la tangente Ă  la courbe au point d'abscisse x0. Ce rĂ©el donne de prĂ©cieuses informations sur le comportement local d'une fonction : c'est la mesure algĂ©brique de la vitesse Ă  laquelle cette fonction change lorsque sa variable change. Pour une fonction Ă  plusieurs variables, on parle de la dĂ©rivĂ©e partielle par rapport Ă  l'une de ses variables.

Ainsi, si le nombre dérivé d'une fonction est positif sur un intervalle, cette fonction sera croissante sur ce même intervalle. Inversement, s'il est négatif, elle sera décroissante. Lorsque le nombre dérivé est nul en un point, la courbe admet une tangente horizontale en ce point.

[modifier] Approche historique

Article dĂ©taillĂ© : Histoire du calcul infinitĂ©simal.
Gottfried Wilhelm von Leibniz

Dès la seconde moitié du XVIIe siècle, le domaine mathématique de l'analyse numérique connut une avancée prodigieuse grâce aux travaux de Newton et de Leibniz en matière de calcul différentiel et intégral, traitant notamment de la notion d'infiniment petit et de son rapport avec les sommes dites intégrales.

C'est cependant Blaise Pascal qui, dans la première moitiĂ© du XVIIe siècle, a le premier menĂ© des Ă©tudes sur la notion de tangente Ă  une courbe - lui-mĂŞme les appelait « touchantes Â». Le marquis de l'Hospital contribuera Ă  diffuser le calcul diffĂ©rentiel de Leibniz Ă  la fin du XVIIe siècle grâce Ă  son livre sur l'analyse des infiniment petits. Wallis, mathĂ©maticien anglais (surtout connu pour la suite d'intĂ©grales qui porte son nom) contribua Ă©galement Ă  l'essor de l'analyse diffĂ©rentielle.

Jean Le Rond d'Alembert.

NĂ©anmoins cette thĂ©orie tout juste Ă©close n'est pas encore, Ă  l'Ă©poque, pourvue de toute la rigueur mathĂ©matique qu'elle aurait exigĂ©e, et notamment la notion d'infiniment petit introduite par Newton, qui tient plus de l'intuitif, et qui pourrait engendrer des erreurs dès lors que l'on ne s'entend pas bien sur ce qui est ou non nĂ©gligeable. C'est au XVIIIe siècle que d'Alembert introduit la dĂ©finition plus rigoureuse du nombre dĂ©rivĂ© en tant que limite du taux d'accroissement - sous une forme semblable Ă  celle qui est utilisĂ©e et enseignĂ©e de nos jours. Cependant, Ă  l'Ă©poque de d'Alembert, c'est la notion de limite qui pose problème : \R n'est pas encore construit formellement (voir Construction des nombres rĂ©els). C'est seulement avec les travaux de Weierstrass au milieu du XIXe siècle que le concept de dĂ©rivĂ©e sera entièrement formalisĂ©.

C'est Ă  Lagrange (fin du XVIIIe siècle) que l'on doit la notation f'(x), aujourd'hui tout Ă  fait usuelle, pour dĂ©signer le nombre dĂ©rivĂ© de f en x. C'est aussi Ă  lui qu'on doit le nom de « dĂ©rivĂ©e Â» pour dĂ©signer ce concept mathĂ©matique.

[modifier] Définition formelle

Soit f\, une fonction réelle à valeurs réelles définie sur une réunion quelconque d'intervalles non triviaux, et x\,_0 appartenant à l'intérieur de l'ensemble de définition \mathcal{D}_f.

Pour tout h\in \R^* tel que [x_0,x_0+h]\sub \mathcal{D}_f, on appelle taux d'accroissement de f\, en x\,_0 et avec un pas de h\, la quantitĂ© :

t_{x_0}(h) = {f(x_0+h)-f(x_0) \over h}


Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec le taux d'Ă©volution d'une grandeur entre deux dates.

Il s'agit du coefficient directeur de la droite reliant les points de coordonnĂ©es (x0,f(x0)) et (x0 + h,f(x0 + h)). Si t_{x_0}(h) admet une limite finie lorsque h\, tend vers 0, on dit que f est dĂ©rivable en x0, auquel cas le nombre dĂ©rivĂ© de f\, en x0 est Ă©gal Ă  la limite de ce taux d'accroissement. On note alors :

f'(x_0) = \lim_{h \to 0\atop h\ne0} t_{x_0}(h) = \lim_{h \to 0\atop h\ne0}{f(x_0+h)-f(x_0) \over h}

Ou, de manière Ă©quivalente :

f'(x_0) = \lim_{x \to x_0\atop x\ne x_0}{f(x)-f(x_0) \over x-x_0}

Une fonction pour laquelle le taux d'accroissement en un point admet une limite finie (qui est le nombre dérivé) est dite dérivable en ce point.

Tangente2.gif

Ce calcul de limite revient graphiquement Ă  rechercher la tangente Ă  la courbe en ce point.

Ainsi, le nombre dérivé d'une fonction en un point, s'il existe, est égal à la pente de la tangente à la courbe représentative de la fonction en ce point.

La dérivation peut aussi être définie pour des fonctions d'une variable réelle à valeurs dans d'autres ensembles que \R.

Par exemple, une fonction f\, d'une variable rĂ©elle, Ă  valeurs dans \R^n, est dĂ©rivable en x\,_0 si et seulement si toutes ses coordonnĂ©es sont dĂ©rivables en x\,_0 ; et sa dĂ©rivĂ©e est la fonction dont les coordonnĂ©es sont les dĂ©rivĂ©es des coordonnĂ©es de f\,. C'est un cas particulier de fonctions de variable vectorielle et Ă  valeur dans un espace vectoriel normĂ© ou mĂ©trique.

[modifier] Lien entre dérivabilité et continuité

Si une fonction est dĂ©rivable en un point alors elle est continue en ce point, mais la rĂ©ciproque est fausse. Par exemple : au point 0, la fonction x\mapsto |x| est continue mais n'est pas dĂ©rivable. Il en est de mĂŞme de la fonction racine cubique.

[modifier] Fonction dérivée

La dĂ©rivabilitĂ© est a priori une notion locale (dĂ©rivabilitĂ© en un point), mais si une fonction est dĂ©rivable en tout point d'un intervalle, on peut dĂ©finir sa fonction dĂ©rivĂ©e sur l'intervalle en question. La fonction dĂ©rivĂ©e de f, souvent notĂ©e f'\, (prononcer « f prime Â») est dĂ©finie sur \mathfrak{D}_f et le domaine de dĂ©rivabilitĂ© de f (ensemble des points de \R en lesquels f est dĂ©rivable) est dĂ©fini par :

f':\,\mathfrak{D}_f\rightarrow\R,\ x\mapsto f'(x)

C'est la fonction qui prend en tout point de \mathfrak{D}_f la valeur du nombre dérivé de f\, en ce point.

Ainsi, lorsque la fonction dérivable f est croissante, la fonction dérivée f'\, est positive. f'\, s'annule aux points où f admet des tangentes horizontales.

Les fonctions dérivées sont utilisées notamment dans l'étude des fonctions réelles et dans les équations différentielles. La seule fonction (à une constante multiplicative près) égale à sa dérivée est la fonction exponentielle de base e (celle-ci est solution de y' = y, cf. article détaillé).

[modifier] Notations

Il existe diffĂ©rentes notations pour exprimer la valeur de la dĂ©rivĂ©e d'une fonction f en un point a. On distingue :

  • la notation de Lagrange[1] : f'\left(a\right) ;
  • la notation de Leibniz : \frac{{\mathrm d} f}{{\mathrm d} x}(a) ou \left.\frac{{\mathrm d} f}{{\mathrm d} x}\right|_{x=a} ou mĂŞme, moins rigoureusement, \frac{{\mathrm d} \left(f(a)\right)}{{\mathrm d} x} ;
  • la notation d'Isaac Newton[2] : \dot{f}(a) qui est plutĂ´t utilisĂ©e en physique pour dĂ©signer une dĂ©rivĂ©e par rapport au temps ;
  • la notation d'Euler : Dxf(a).

[modifier] Dérivées usuelles et règles de dérivation

Articles dĂ©taillĂ©s : DĂ©rivĂ©es usuelles et OpĂ©rations sur les dĂ©rivĂ©es.

f'\, peut souvent se calculer directement Ă  partir d'une expression de f\,, lorsqu'il s'agit d'une fonction « simple Â», en utilisant la table des dĂ©rivĂ©es usuelles. Pour des fonctions qui s'expriment comme combinaison linĂ©aire de fonctions simples, comme produit, quotient ou composĂ©e, on utilise un petit nombre de règles algĂ©briques dĂ©duites de la dĂ©finition donnĂ©e plus haut. Les règles les plus couramment utilisĂ©es sont les suivantes :

Nom Règle Conditions
Linéarité (af)^\prime = af' Quels que soient la fonction dérivable f\, et le réel a.
Linéarité (f+g)^\prime = f' + g' Quelles que soient les fonctions dérivables f\, et g\,.
Produit (fg)^\prime = f'g+fg' Quelles que soient les fonctions dérivables f\, et g\,.
Inverse \left({1\over g}\right)' = {-g'\over g^2} Quelle que soit la fonction dérivable g\, qui ne s'annule pas

(cas particulier f =1 de la ligne suivante)

Quotient \left({f \over g}\right)' = {f'g-fg' \over g^2} Quelles que soient la fonction dérivable f\, et la fonction dérivable g\, qui ne s'annule pas
Composée (g \circ f)' = (g'\circ f) \cdot f' Quelles que soient les fonctions dérivables (et composables) f\, et g\,
Réciproque (f^{-1})' = \frac{1}{f' \circ f^{-1}} Quelle que soit la fonction f\, bijective de réciproque f^{-1}\,, dérivable de dérivée ne s'annulant en aucun point

En particulier, voici les règles courantes se dĂ©duisant de la dĂ©rivĂ©e de composĂ©es :

Nom Règle Conditions
Puissance (f^\alpha)^\prime = \alpha f^{\alpha-1}f' Quel que soit \alpha \in \mathbb Z, et mĂŞme quel que soit \alpha \in \mathbb R si f est positive
Racine \left(\sqrt{\!f}\right)' = {f' \over 2\sqrt{\!f}} Quelle que soit la fonction dérivable f\, strictement positive

(cas particulier α=1/2 de la ligne précédente)

Exponentielle (\mbox{e}^f)^\prime = \mbox{e}^f\cdot f' Quelle que soit f\, dérivable
Logarithme (\log_b f)^\prime = {f' \over f \cdot \ln b} Quelle que soit la fonction dérivable f\, strictement positive
Logarithme (\ln f)^\prime = {f' \over f} Quelle que soit la fonction dérivable f\, strictement positive (cas b=e de la ligne précédente)

[modifier] Dérivation numérique

Principe de la dérivation numérique

Dans le cas d'une courbe expĂ©rimentale, on ne possède pas de fonction analytique pour la dĂ©crire, mais d'une sĂ©rie de valeurs (xi , yi ). On a donc recours Ă  une dĂ©rivation numĂ©rique, qui consiste simplement Ă  approcher la valeur de la dĂ©rivĂ©e en un point i calculer le taux de variation entre les points prĂ©cĂ©dent et suivant :

f'(x_i) \simeq \frac{y_{i+1} - y_{i-1}}{x_{i+1} - x_{i-1}}

Graphiquement, cela revient Ă  remplacer la tangente par la corde. Ceci peut se justifier par le thĂ©orème des accroissements finis : on sait qu'il existe un point de l'intervalle [xi-1 , xi+1] pour lequel la dĂ©rivĂ©e est la pente de la corde, et si l'intervalle est petit, alors ce point est proche du milieu xi . Cette mĂ©thode est automatisable sur les calculatrices programmables et les ordinateurs.

[modifier] Dérivation graphique

DĂ©rivation graphique : on convertit la pente des droites en utilisant un pĂ´le

On peut Ă©galement effectuer une dĂ©rivation graphique, sans utiliser de calcul. On approche les tangentes par les cordes comme pour la mĂ©thode numĂ©rique. Puis, on tire des parallèles Ă  ces droites passant par un point nommĂ© pĂ´le P. On considère l'intersection de ces droites avec la verticale passant par O, le segment [OP] Ă©tant horizontal. La hauteur vi des segments ainsi dĂ©limitĂ©s est proportionnelle Ă  la pente ai :

v_i = \mathrm{OP} \times a_i

on peut donc reporter cette hauteur sur le graphique et obtenir une approximation de la courbe dérivée. L'échelle de l'axe des y est donc de OP:1.

[modifier] Dérivée d'ordre n

Article dĂ©taillĂ© : DĂ©rivation itĂ©rĂ©e.

On dĂ©finit la dĂ©rivĂ©e d'ordre n pour une fonction n fois dĂ©rivable par rĂ©currence :

\frac{{\mathrm d} ^{n+1}f}{{\mathrm d} x^{n+1}}=\frac{{\mathrm d} }{{\mathrm d} x} \frac{{\mathrm d} ^n f}{{\mathrm d} x^n}

\frac{{\mathrm d} ^n f}{{\mathrm d} x^n} est également notée f(n).

[modifier] Formule de Leibniz

Si f et g sont des fonctions n fois dĂ©rivables, alors, par application de la règle du produit :

(fg)^{(n)}=\sum_{k=0}^{n} { n \choose k } f^{(k)}g^{(n-k)}.

En particulier pour n = 2,

(fg)''=f''g+2f'g'+fg''~

On notera l'analogie avec la formule du binĂ´me de Newton.

[modifier] Propriétés des fonctions dérivables

[modifier] Théorème de Rolle

Article dĂ©taillĂ© : ThĂ©orème de Rolle.

Soient a et b deux rĂ©els tels que a < b. Si f est continue sur [a,b], dĂ©rivable sur ]a,b[, et si f(a) = f(b), alors il existe (au moins) un rĂ©el c dans ]a,b[ tel que :

f'(c)=0~ .

[modifier] Théorème des accroissements finis

Article dĂ©taillĂ© : ThĂ©orème des accroissements finis.
Énoncé
Si une fonction f est continue sur [a,b], avec a\ne b, et dérivable sur ]a,b[, alors il existe un point x0 de ]a,b[ tel que le nombre dérivé de f en ce point soit le taux de variation entre a et b
f'(x_0) = \frac{f(b)-f(a)}{b-a}

En particulier, si f(a) = f(b), on retrouve le théorème de Rolle, qui sert aussi à démontrer le résultat plus général (voir l'article détaillé), c'est pourquoi on le rencontre souvent sous le nom de lemme de Rolle. Cette propriété est utilisée en cinématique pour déterminer une approximation du vecteur vitesse à partir d'un relevé de point.

[modifier] Théorème de Darboux

Article dĂ©taillĂ© : ThĂ©orème de Darboux (analyse).

Si f est dĂ©rivable, sa fonction dĂ©rivĂ©e f' n'est pas nĂ©cessairement continue. Cependant f' possède la propriĂ©tĂ© des valeurs intermĂ©diaires. Ceci constitue le thĂ©orème de Darboux, qui peut se formuler de deux façons Ă©quivalentes : si f dĂ©rivable est dĂ©finie sur I intervalle de R, f'(I) est un intervalle, ou : si f'(a)<f'(b), pour tout t de [f'(a),f'(b)], il existe c tel que f'(c)=t.

[modifier] Dérivées des taux de variation liés

Beaucoup de problèmes font intervenir plusieurs variables qui sont liées entre elles et qui varient en fonction du temps. La variation de l'une de ces variables donnera une variation correspondante des autres variables. Le lien entre ces variations dépendra des relations qui existent entre les variables.

Exemple  :

Un homme s'avance Ă  raison de 8 km/h vers une tour de 60 m de hauteur. A quelle vitesse s'approche t-il du sommet de cette tour lorsqu'il est Ă  80 m du pied de la tour? On sait par relation de Pythagore que la distance entre le piĂ©ton et le sommet est de 100 m. y et x, distances du piĂ©ton au sommet de la tour et au pied de celle-ci sont des fonctions du temps. Par relation de Pythagore : y2 = x2 + 602 implique y2(t) = x2(t) + 602 En dĂ©rivant les 2 membres de cette Ă©galitĂ©, nous obtenons :

2y \frac{{\mathrm d} y}{{\mathrm d} t}=2x \frac{{\mathrm d} x}{{\mathrm d} t} implique \frac{{\mathrm d} y}{{\mathrm d} t}=\frac{{x} }{{y} } \frac{{\mathrm d} x}{{\mathrm d} t} :

la vitesse par rapport au sommet de la tour vaut le rapport entre la distance au sol entre le piĂ©ton et le pied de la tour et la distance entre le piĂ©ton et le sommet de la tour multipliĂ© par la vitesse du piĂ©ton. Lorsque le piĂ©ton est Ă  80 m du pied de la tour :

\frac{{\mathrm d} y}{{\mathrm d} t}=\frac{{80} }{{100} } \frac{{\mathrm d} x}{{\mathrm d} t}=\frac{{8} }{{10} } \frac{{\mathrm d} x}{{\mathrm d} t},

ce qui revient Ă  dire que la vitesse par rapport au sommet de la tour vaut \tfrac{{8} }{{10} }\cdot8\; \rm \tfrac{{km} }{{h} }=6,{}4\;  \tfrac{{km} }{{h} }.

[modifier] Analyse d'une fonction dérivée

En trouvant les valeurs de x pour lesquelles la dĂ©rivĂ©e vaut 0 ou n'existe pas, on trouve les nombres critiques de la fonction. Les nombres critiques de f permettent de trouver implicitement ses maximums et ses minimums. En effectuant le test de la dĂ©rivĂ©e première, on construit un tableau de variation ; si le signe de la fonction dĂ©rivĂ©e passe du plus au moins devant un nombre critique, on a un maximum et si le signe de la fonction dĂ©rivĂ©e passe du moins au plus devant le nombre critique, on a un minimum. De plus, lorsque le signe de la dĂ©rivĂ©e première est positif, la fonction est croissante ; s'il est nĂ©gatif, elle est dĂ©croissante. On ne conclut rien, si au point critique la fonction dĂ©rivĂ©e ne change pas de signe. En dĂ©rivant la dĂ©rivĂ©e première, on a la dĂ©rivĂ©e seconde. En effectuant le test de la dĂ©rivĂ©e seconde, on trouve les nombres critiques de la dĂ©rivĂ©e première pour les placer dans le mĂŞme tableau ; lorsqu'on observe un changement de signe de la dĂ©rivĂ©e seconde devant ce ou ces nombres critiques, on dit qu'on a un (ou des) point(s) d'inflexion. Les points d'inflexion marquent un changement de la concavitĂ© de la fonction. Un signe positif de la dĂ©rivĂ©e seconde signifie que la fonction est convexe et un signe nĂ©gatif de la dĂ©rivĂ©e seconde signifie que la fonction est concave. Connaissant les changements de concavitĂ© et les extrema de la fonction, on peut alors tracer une esquisse de sa reprĂ©sentation graphique.

[modifier] Dérivée et optimisation

Méthode pour optimiser un rendement à l'aide du calcul différentiel:

  1. Mathématisation
    • DĂ©finitions et dessin : on dĂ©finit les variables inconnues et on les reprĂ©sente sur un schĂ©ma.
    • Écrire la fonction objectif Ă  deux variables et prĂ©ciser si on recherche un maximum ou un minimum dans la situation donnĂ©e.
    • Trouver la relation entre les deux variables.
    • Écrire la fonction objectif Ă  une variable et prĂ©ciser le domaine de la fonction.
  2. Analyse
    • DĂ©river la fonction pour obtenir la dĂ©rivĂ©e première.
    • Trouver les nombres critiques de la fonction, oĂą la dĂ©rivĂ©e première vaut zĂ©ro ou n'existe pas dans les intervalles du domaine.
    • Effectuer le test de la dĂ©rivĂ©e première ou le test de la dĂ©rivĂ©e seconde pour dĂ©terminer le maximum ou le minimum recherchĂ© de la situation.
  3. On formule la réponse de façon concise par rapport à la question.

[modifier] Dérivée algébrique

Article dĂ©taillĂ© : PolynĂ´me formel.

Les algĂ©bristes donnent un sens un peu diffĂ©rent au terme dĂ©rivĂ©e. Ils l'appliquent Ă  une structure B appelĂ©e A-algèbre associative unitaire et commutative. Une application D, de B dans B est dite dĂ©rivĂ©e si :

  • L'application D est A-application linĂ©aire.
  • La dĂ©rivĂ©e de l'Ă©lĂ©ment 1B neutre de B pour l'addition est nulle.
  • Si b1 et b2 sont deux Ă©lĂ©ments de B, la dĂ©rivĂ©e de b1.b2 est Ă©gale Ă  la somme du produit de la dĂ©rivĂ©e de b1 et de b2 et du produit de b1 avec la dĂ©rivĂ©e de b2.
 D(b_1\cdot b_2) = D (b_1)\cdot b_2 + b_1\cdot D(b_2)\;

Un exemple de dérivée définie de cette manière est donnée dans l'article détaillé.

[modifier] Notes et références

  1. ↑ Florian Cajori, A history of mathématical notations, section 575
  2. ↑ Florian Cajori, A history of mathématical notations, section 567

[modifier] Articles connexes

  • DĂ©rivation itĂ©rĂ©e
  • DĂ©rivĂ©e directionnelle
  • DĂ©rivĂ©e extĂ©rieure
  • DĂ©rivĂ©e fonctionnelle
  • DĂ©rivĂ©e partielle
  • DĂ©rivĂ©e seconde
  • DĂ©rivĂ©es de Dini
  • DĂ©rivĂ©es usuelles
  • Exemples de calcul de dĂ©rivĂ©e
  • Fonction continue Ă  dĂ©rivĂ©e nulle sauf sur un ensemble dĂ©nombrable
  • Fonction lipschitzienne Ă  dĂ©rivĂ©e nulle presque partout
  • Notations delta en sciences
  • Primitive
  • Sous-diffĂ©rentiel d'une fonction convexe
  • ThĂ©orème de Darboux
  • ThĂ©orème des accroissements finis

[modifier] Liens externes

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