Composante connexe : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.En mathématiques, la notion topologique de connexité formalise le concept d' « être d'un seul tenant ».
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Soit un espace topologique . Les trois propositions suivantes sont équivalentes :
Cette dernière caractérisation est souvent celle qui est la plus commode à utiliser pour démontrer un résultat de connexité.
Dans le cas où ces conditions sont remplies on dit que l'espace est connexe.
Une partie d'un espace topologique
est dite connexe si elle est un espace connexe lorsqu'elle est munie de la topologie induite.
Par exemple un singleton est connexe.
On montre d'abord que tout intervalle fermé borné est connexe. Soient en effet deux fermés non vides
et
formant une partition de
. Sur le compact
, la fonction continue
a un minimum strictement positif
, réalisé en
. Alors
. Mais
: sinon la distance de
Ã
serait
. De même,
. On aboutit donc à une contradiction.
Comme , on en déduit que
est connexe, en tant que réunion de parties connexes dont l'intersection n'est pas vide.
Par exemple n'est pas connexe.
Si et
sont deux parties connexes d'un espace topologique
, en général l'union et l'intersection de
et
ne sont pas connexes.
En revanche, l'union des deux parties connexes est connexe si elles ont un point commun. Plus généralement, si est une suite de parties connexes telle que chacune a un point commun avec la suivante :
alors la réunion
est connexe.
Autre généralisation : la réunion d'une famille quelconque de parties connexes de
est connexe, si leur intersection est non vide. Exemple d'application : toute partie connexe par arcs est connexe.
Si est connexe, toute partie
telle que
est connexe (on a désigné par
l'adhérence de
).
Étant donné un point dans un espace topologique
, on peut considérer la plus grande partie connexe contenant
, qui est aussi l'union des parties connexes contenant
. On la note
et on l'appelle composante connexe de
dans
.
Au minimum, on a ; cela signifie que {x} est le seul sous-ensemble connexe de E contenant
mais pas forcément que
est un point isolé (cf. exemples).
Au maximum, on a ; c'est le cas où
est connexe.
On définit une relation d'équivalence sur de la manière suivante : on dit que
et
sont connectés si et seulement si
. Cette relation équivaut Ã
.
Les classes d'équivalence pour cette relation sont appelées composantes connexes de ; ainsi tout espace topologique se décompose en union disjointe de plusieurs parties connexes.
Exemples :
Un espace topologique dont les composantes connexes sont les singletons est dit totalement discontinu.
On sait caractériser les espaces connexes par le fait que toute fonction continue à valeurs dans est constante.
En fait, on peut dire plus généralement que l'image d'un espace connexe par une application continue est toujours connexe. Plus précisément si est un espace connexe,
un espace topologique et
une application continue, alors
est une partie connexe de
.
Dans le cas ou est
on obtient le théorème des valeurs intermédiaires : si
est un espace connexe et si une fonction continue
prend les valeurs
et
alors elle prend toute valeur
comprise entre
et
.
Soit X un espace topologique, et Y un espace séparé (par exemple un espace métrique).
Une application f de X dans Y est dite localement constante sur X si pour tout , il existe un voisinage de x sur lequel f est constante.
Une fonction localement constante sur X n'est pas forcément constante sur X. Intuitivement, c'est le cas si l'ensemble X est « en un seul morceau », ce que montre le théorème suivant
Si X est connexe, toute application localement constante sur X est constante.
Pour montrer qu'une propriété est vraie pour tous les points d'une partie que l'on sait connexe, on montre que l'ensemble des points qui la satisfait est ouvert et fermé. C'est ce qu'on fait pour le théorème d'unicité global des solutions d'une équation différentielle, et pour le principe du prolongement analytique.
La droite et le plan
ne sont pas homéomorphes : si tel était le cas, la droite privée d'un point serait homéomorphe au plan privé d'un point. Mais le second espace est connexe, le premier ne l'est pas.
Le même argument montre que le cercle S1 n'est pas homéomorphe à un intervalle.
Cet argument ne s'étend pas aux dimensions supérieures. Si on veut montrer en utilisant les mêmes idées que et
ne sont pas homéomorphes, il faut faire intervenir la connexité simple (c'est à dire la connexité par arcs de l'espace des chemins fermés).
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