logo

Correspondance et relation


Correspondance et relation : encyclopédie mathématiques

wikipediaCet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.
Vous pouvez consulter l'article ici ainsi que son historique.
Les textes et les images sont disponibles sous les termes de la Licence de documentation libre GNU.
Aller Ă  : Navigation, Rechercher

En algĂšbre gĂ©nĂ©rale (ou abstraite), le concept de correspondance, ou de relation, est une abstraction de notions telles que l’égalitĂ©, l’ordre alphabĂ©tique, ou la comparaison.

De maniĂšre informelle, une relation dans un ensemble ( on dit aussi « sur un ensemble Â» ) est une proposition qui lie un certain nombre d’élĂ©ments. Sur un ensemble constituĂ© de personnes, par exemple, on pourrait dĂ©finir une relation « Alice aime Bernard Â», ou « CĂ©cile connait David Â»... On peut donc voir une relation comme des fils reliant divers Ă©lĂ©ments d’un ensemble.

Ce concept peut ĂȘtre gĂ©nĂ©ralisĂ© en Ă©tablissant des liens entre des Ă©lĂ©ments d’ensembles distincts.

Sommaire

[modifier] Graphe et correspondance

Le lien entre deux Ă©lĂ©ments peut s’exprimer de maniĂšre plus formelle par un « couple Â». Un couple, notĂ© entre parenthĂšses, est constituĂ© de deux Ă©lĂ©ments mis dans un ordre particulier. Les correspondances, ou relations gĂ©nĂ©rales peuvent ainsi ĂȘtre considĂ©rĂ©es en premiĂšre approche comme des ensembles de couples, c’est-Ă -dire des graphes orientĂ©s. Mais cela ne suffit pas toujours :

Les propriétés des correspondances dépendent autant des absences de liens entre éléments que de leur existence.

En d’autres termes, la donnĂ©e du graphe d’une correspondance ne suffit pas Ă  dĂ©finir complĂštement celle-ci ; il faut aussi savoir quels sont les couples d'Ă©lĂ©ments qu'elle ne lie pas. Cela revient Ă  prĂ©ciser dans quel produit cartĂ©sien s’inscrit la correspondance.

NĂ©anmoins, il demeure possible, le plus souvent, de confondre une correspondance avec son graphe, du moment qu’il n’y a pas d’ambiguĂŻtĂ© sur le produit cartĂ©sien dans lequel elle s’inscrit.

Pour illustrer ces idĂ©es, considĂ©rons par exemple l’ensemble P suivant de personnes :

 P = \{ \mathrm{Alice},\ \mathrm{Bernard} \}\,

DĂ©finissons-y naĂŻvement la relation aime par la seule donnĂ©e de son graphe :

 \mathrm{aime} = \{( \mathrm{Alice},\ \mathrm{Bernard} ),\ ( \mathrm{Alice},\ \mathrm{Alice} ),\ ( \mathrm{Bernard},\ \mathrm{Bernard} )\}\,

Pour la relation aime, si « Alice aime Bernard Â», alors le couple ( Alice, Bernard ) fait partie de l’ensemble aime.

L’ensemble aime est un sous-ensemble de P × P. Nous constatons que :

  • la relation aime est une relation binaire dans P ;
  • la relation aime est rĂ©flexive, puisque toutes les personnes considĂ©rĂ©es s’aiment elles-mĂȘmes.

Remarquons au passage que l’ordre dans le couple a de l’importance. Si « Alice aime Bernard Â», la rĂ©ciproque n’est pas forcĂ©ment vraie, et d’ailleurs ici  ( Bernard , Alice ) n’appartient pas Ă  aime.

Ajoutons une personne Ă  P. L’ensemble des personnes devient :

 Q = \{ \mathrm{Alice},\ \mathrm{Bernard},\ \mathrm{Christian} \}

aime est encore un sous-ensemble de Q × Q, mais la relation aime n’est plus rĂ©flexive : la simple prĂ©sence de Christian a modifiĂ© la relation, mĂȘme si aucun lien n’a Ă©tĂ© rajoutĂ©.

En fait, la relation aime dans Q doit ĂȘtre distinguĂ©e de la relation aime dans P, mĂȘme si elles ont toutes deux le mĂȘme graphe. Pour y parvenir, l’idĂ©e la plus simple est de considĂ©rer qu’une relation comporte non seulement un graphe, mais aussi le produit cartĂ©sien dans lequel il s’inscrit : si aime dĂ©signe toujours le graphe, les relations deviennent alors :

 ( P \times P ,\ \mathrm{aime} ) \quad \mathrm{et} \quad ( Q \times Q ,\ \mathrm{aime} ) \,,

ou, ce qui revient en pratique au mĂȘme :

 ( P ,\ P ,\ \mathrm{aime} ) \quad \mathrm{et} \quad ( Q ,\ Q ,\ \mathrm{aime} ) \,.

Cette façon de procĂ©der comporte toutefois encore un dĂ©faut : elle ne permet pas de gĂ©nĂ©raliser les relations aux classes propres, puisque les Ă©lĂ©ments de n-uplets doivent ĂȘtre des ensembles. Cela pose problĂšme avec la relation d’équipotence par exemple, qui est Ă  la base de la dĂ©finition des cardinaux, et qui est censĂ©e ĂȘtre dĂ©finie dans la classe de tous les ensembles.

Une solution (dĂ©jĂ  entrevue dans l’article « Produit cartĂ©sien Â») consiste Ă  remplacer les triplets prĂ©cĂ©dents par des sommes disjointes : les deux relations prĂ©cĂ©dentes seront alors dĂ©finies comme :

 \dot\cup ( P ,\ P ,\ \mathrm{aime} ) \quad \mathrm{et} \quad \dot\cup ( Q ,\ Q ,\ \mathrm{aime} ) \,,

mais encore notĂ©es cependant par abus d’écriture :

 ( P ,\ P ,\ \mathrm{aime} ) \quad \mathrm{et} \quad ( Q ,\ Q ,\ \mathrm{aime} ) \,.
Remarque
Le cheminement ci-dessus est caractĂ©ristique de la dĂ©marche des mathĂ©maticiens lorsqu’ils Ă©laborent une dĂ©finition : ils partent d’une premiĂšre approche simple, qu’ils amĂ©liorent ensuite en la compliquant pour Ă©liminer des contradictions internes ou prendre en compte certains cas particuliers, puis qu’ils gĂ©nĂ©ralisent au maximum.

[modifier] Définition formelle

[modifier] Notes préliminaires

  • Pour allĂ©ger l’écriture, nous noterons Ă  partir d’ici les sommes disjointes comme des n-uplets.
  • Les dĂ©finitions suivantes demeurent ainsi valides si on y remplace les ensembles par des classes mĂȘme propres.

[modifier] Définition

Une correspondance, ou relation générale, est la somme disjointe de trois ensembles dont le dernier est une partie du produit cartésien du premier par le deuxiÚme.

Plus précisément:

si E et F sont deux ensembles, alors
   \mathfrak{C} est une correspondance de E dans F   si et seulement si    \mathfrak{C} est Ă©gale au triplet (gĂ©nĂ©ralisĂ©)  ( E, F, G ), oĂč G est une partie de E×F, produit cartĂ©sien de E par F.

En langage formel:

 \forall\ E\ ,\ \forall\ F\ [\ \mathfrak{C}\ correspondance\ de\ E\ dans\ F\ ]\ \Leftrightarrow\ [\ \exists\ G\ ,\ G \subseteq E \times F\ \wedge\  \mathfrak{C} = ( E, F, G )\ ]\ \,

E est l’ensemble de dĂ©part de la correspondance, F son ensemble d’arrivĂ©e et G son graphe.

Remarque : en pratique, on confondra une correspondance avec son graphe s’il n’y a pas d’ambiguĂŻtĂ© sur les ensembles de dĂ©part et d’arrivĂ©e.

[modifier] ÉgalitĂ© de deux correspondances

D’aprĂšs leur dĂ©finition, deux correspondances sont Ă©gales si et seulement si elles ont mĂȘmes ensembles de dĂ©part et d’arrivĂ©e et mĂȘme graphe.

En d’autres termes, si    \mathfrak{C}_1 = ( E1 , F1 , G1 )   et si    \mathfrak{C}_2 = ( E2 , F2 , G2 ) , alors :

 ( \mathfrak{C}_1 = \mathfrak{C}_2 ) \Leftrightarrow [ ( E_1 = E_2 ) \wedge ( F_1 = F_2 ) \wedge ( G_1 = G_2 ) ] \,.

[modifier] Exemples et cas particuliers importants

  • Etudier quels sont les sports pratiquĂ©s par les Français revient Ă  Ă©tablir une correspondance de l'ensemble des Français dans l'ensemble des sports possibles.
  • Si E = { a, b, c, d } , F = { 1, 2, 3 } et si G = { ( a, 1 ), ( b, 2), ( b, 3), (c, 3) }, alors ( E, F, G ) est une correspondance de E dans F.
  • Une correspondance est vide si et seulement si son graphe est Ă©gal Ă  l'ensemble vide. Elle est donc de la forme ( E, F, Ø ).
  • Une correspondance est pleine si et seulement si son graphe est Ă©gal au produit cartĂ©sien des ensembles de dĂ©part et d'arrivĂ©e tout entier. Elle est donc de la forme ( E, F, E×F ).
  • La relation dans E dont le graphe est la diagonale de E est appelĂ©e identitĂ© de E, et notĂ©e habituellement «  Id_E \, Â». Elle est donc Ă©gale Ă  ( E, E, ΔE ).
  • L'ensemble de dĂ©part d'une correspondance peut ĂȘtre le produit cartĂ©sien de deux ensembles ou plus : ainsi, l'addition des nombres rĂ©els est une correspondance de IR × IR dans IR. Il semble Ă©vident que l'addition comporte deux arguments; mais en fait, le nombre d'arguments d'une correspondance dĂ©pend du point de vue adoptĂ© et n'en est donc pas une propriĂ©tĂ© intrinsĂšque: ainsi, on peut considĂ©rer que l'addition a un seul argument, le couple formĂ© par les deux nombres additionnĂ©s !

[modifier] Représentation des correspondances

Il existe trois types de reprĂ©sentation d’une correspondance :

Exemple de représentation sagittale.
  • sagittale, qui dĂ©rive des diagrammes de Venn pour les ensembles, oĂč les ensembles de dĂ©part et d’arrivĂ©e sont reprĂ©sentĂ©s par deux « patatoĂŻdes Â» cĂŽte Ă  cĂŽte, les Ă©lĂ©ments par des points Ă  l’intĂ©rieur des patatoĂŻdes, et les couples du graphe par des flĂšches reliant les premiĂšres composantes aux secondes ;
  • tabulaire ou matricielle, sous forme d’un tableau Ă  deux entrĂ©es, avec en premiĂšre colonne la liste des Ă©lĂ©ments de l’ensemble de dĂ©part et en premiĂšre ligne celle des Ă©lĂ©ments de l’ensemble d’arrivĂ©e. Les couples sont reprĂ©sentĂ©s par des croix dans les cases Ă  l’intersection de la ligne de la premiĂšre composante et de la colonne de la seconde composante ;
Exemple de représentation matricielle.
. Bernard Antoine Paul Charles
Lucie X X X .
Béatrice . X . .
Delphine . . . .
Alice X . X .
Exemple de représentation graphique.
  • graphique, avec un axe horizontal dont les points reprĂ©sentent les Ă©lĂ©ments de l’ensemble de dĂ©part, et un axe vertical dont les points reprĂ©sentent les Ă©lĂ©ments de l’ensemble d’arrivĂ©e. Les couples sont reprĂ©sentĂ©s par les points Ă  l’intersection de la ligne verticale coupant l’axe horizontal Ă  l’emplacement de la premiĂšre composante, et de la ligne horizontale coupant l’axe vertical Ă  l’emplacement de la seconde composante. Traditionnellement, le nuage des points du graphe se situe au-dessus et Ă  droite des axes.

Les deux derniĂšres reprĂ©sentations obligent par nature Ă  ordonner les Ă©lĂ©ments des ensembles de dĂ©part et d'arrivĂ©e. Si ces ensembles sont dĂ©jĂ  ordonnĂ©s, on respecte leur ordre, sinon n'importe quel ordre peut ĂȘtre choisi, il n'est pas significatif pour la correspondance elle-mĂȘme. Dans tous les cas, la diagonale principale de la reprĂ©sentation dĂ©signe l'ensemble des couples du produit cartĂ©sien de l'ensemble de dĂ©part par l'ensemble d'arrivĂ©e dont les deux composantes ont le mĂȘme numĂ©ro d'ordre. Si les ensembles de dĂ©part et d'arrivĂ©e sont un mĂȘme ensemble E, le mĂȘme ordre est habituellement utilisĂ© pour les Ă©lĂ©ments de dĂ©part et d'arrivĂ©e; la diagonale principale de la reprĂ©sentation se confond alors avec la diagonale de E, c'est-Ă -dire le graphe de l'identitĂ© de E.

[modifier] Relations n-aires

[modifier] Notion d'arité

L'ensemble de dĂ©part d'une correspondance peut ĂȘtre un produit cartĂ©sien. Le graphe d'une telle correspondance n'est plus un ensemble de couples, mais plutĂŽt de n-uplets. La correspondance est alors dite relation d'aritĂ© n ou relation n-aire, c'est-Ă -dire :

  • binaire, si n = 2   (correspondances de A dans B);
  • ternaire, si n = 3   (correspondances de A×B dans C);
  • quaternaire, si n = 4   (correspondances de A×B×C dans D);
  • quinaire, si n = 5   (correspondances de A×B×C×D dans E);
  • ...

Toutefois, ainsi que nous l'avons vu dans l'exemple de l'addition, cette dĂ©finition de l'aritĂ© est ambiguĂ« : le nombre d'arguments de la correspondance peut varier suivant le point de vue que l'on adopte; son aritĂ© aussi, par consĂ©quence. L'aritĂ© dĂ©finie ci-dessus n'est donc pas une propriĂ©tĂ© intrinsĂšque des correspondances, et ne permet pas de les classer. Ainsi, plutĂŽt que d'Ă©crire que telle correspondance est n-aire, ce qui suggĂšre qu'il s'agit lĂ  d'une propriĂ©tĂ© propre Ă  cette correspondance, peut-ĂȘtre vaudrait-il mieux Ă©crire par exemple que la correspondance est vue comme n-aire.

Par ailleurs, dans la plupart des cas, il est possible de dĂ©finir une aritĂ© intrinsĂšque Ă  la correspondance. Pour cela, l'idĂ©e initiale est de remarquer que seul l'ensemble de dĂ©part est susceptible d'ĂȘtre dĂ©composĂ© en produit cartĂ©sien; l'ensemble d'arrivĂ©e, mĂȘme s'il est effectivement un produit cartĂ©sien, est toujours considĂ©rĂ© en bloc, et peut ainsi ĂȘtre pris comme rĂ©fĂ©rence; le nombre de fois oĂč il apparait en facteur cartĂ©sien de l'ensemble de dĂ©part dĂ©termine alors l'aritĂ©. Si nous reprenons l'exemple de l'addition dans IR :

  • l'ensemble d'arrivĂ©e (l'ensemble de rĂ©fĂ©rence) est l'ensemble IR des rĂ©els,
  • l'ensemble de dĂ©part en est le carrĂ© cartĂ©sien, IR × IR;
  • le graphe de l'addition est ainsi constituĂ© de triplets de rĂ©els,
  • et l'addition est donc une relation intrinsĂšquement ternaire (mais il demeure possible de la voir comme binaire...)

[modifier] Relations internes, externes et scalaires

En pratique, la plupart des correspondances intĂ©ressantes peuvent ĂȘtre rangĂ©es dans deux grandes classes:

  • d'une part, celle des correspondances oĂč n'intervient en fait qu'un seul ensemble de base A, qui se confond alors avec l'ensemble d'arrivĂ©e; l'ensemble de dĂ©part est alors une puissance cartĂ©sienne de cet ensemble A. Ces correspondances sont appelĂ©es :
  • « relations n-aires INTERNES Ă  l'ensemble A Â»,
  • ou « relations n-aires dans A Â»,
  • ou encore « relations n-aires sur A Â».
Ce sont en fait les correspondances de An-1 dans A, donc de la forme  ( A×A×...×A,  A,  Î“ ).
  • d'autre part, celle, dĂ©rivĂ©e de la prĂ©cĂ©dente, oĂč, Ă  cĂŽtĂ© de l'ensemble de base A et de ses puissances cartĂ©siennes, intervient un ensemble S de scalaires dits aussi opĂ©rateurs; toutefois, on ne retient en fait dans cette classe que les correspondances conformes aux trois cas de figure suivants :
€ les correspondances appelĂ©es :
  • « relations n-aires EXTERNES A GAUCHE Ă  l'ensemble A depuis un ensemble S Â»,
  • ou « relations n-aires externes Ă  l'ensemble A depuis un ensemble S Ă  gauche Â»,
  • ou encore « relations n-aires dans A Ă  opĂ©rateurs Ă  gauche dans S Â».
  • ou encore « relations n-aires sur A Ă  scalaires Ă  gauche dans S Â».
Ce sont en fait les correspondances de S×An-2 dans A, donc de la forme  ( S×A×A×...×A,  A,  Î“ ).
€ les correspondances appelĂ©es :
  • « relations n-aires EXTERNES A DROITE Ă  l'ensemble A depuis un ensemble S Â»,
  • ou « relations n-aires externes Ă  l'ensemble A depuis un ensemble S Ă  droite Â»,
  • ou encore « relations n-aires dans A Ă  opĂ©rateurs Ă  droite dans S Â».
  • ou encore « relations n-aires sur A Ă  scalaires Ă  droite dans S Â».
Ce sont en fait les correspondances de An-2×S dans A, donc de la forme  ( A×A×...×A×S,  A,  Î“ ).
€ les correspondances appelĂ©es :
  • « relations n-aires SCALAIRES dans A Ă  valeurs dans S Â»,
  • ou « relations n-aires scalaires de A vers S Â».
Ce sont en fait les correspondances de An-1 dans S, donc de la forme  ( A×A×...×A,  S,  Î“ ).

Pour que ces dĂ©finitions soient cohĂ©rentes, S ne doit pas ĂȘtre un produit cartĂ©sien oĂč A figure ( le cas S = A est toutefois tolĂ©rĂ© par abus de langage : une relation interne est alors vue comme une relation externe dans A Ă  opĂ©rateurs dans A lui-mĂȘme ).

Les correspondances de S dans A oĂč S n'est ni A, ni un produit cartĂ©sien comportant A ne relĂšvent pas de ces dĂ©finitions, mais peuvent ĂȘtre vues comme relations externes dans A au cas limite oĂč n = 2. S est alors l'ensemble des opĂ©rateurs ( sans prĂ©ciser Ă  gauche ou Ă  droite, les deux se confondant ).

A part ce cas, s’il n’est pas prĂ©cisĂ© si une relation externe est Ă  gauche ou Ă  droite, et si le contexte ne permet pas de lever l’ambiguĂŻtĂ©, alors elle est Ă  gauche. De mĂȘme, s’il n’est pas prĂ©cisĂ© si une relation est interne, externe ou gĂ©nĂ©rale, et si le contexte ne permet pas de lever l’ambiguĂŻtĂ©, alors elle est interne. Pour parler des relations au sens gĂ©nĂ©ral du terme, il vaudra mieux prĂ©ciser relation gĂ©nĂ©rale, ou employer le terme de correspondance.

[modifier] Classement suivant l'arité intrinsÚque

D'aprĂšs ce qui prĂ©cĂšde, une relation a toujours une aritĂ© intrinsĂšque au moins Ă©gale Ă  2. Nous pouvons ainsi distinguer :

  • une relation binaire interne, est une correspondance dont les ensembles de dĂ©part et d’arrivĂ©e sont les mĂȘmes. En d’autres termes, si E est un ensemble,  \mathfrak{R} est une relation binaire dans E si et seulement si c'est une correspondance de E dans E, c'est-Ă -dire si :
 \exists\ G\ ,\ ( \mathfrak{R} = ( E , E , G \, ) ) \wedge ( G \subseteq E \times E \, ) \,
  • une relation binaire externe, est une correspondance d’un ensemble S dans un ensemble E, oĂč S n’est pas un produit cartĂ©sien dont E soit une composante; en d’autres termes, si E et S sont deux ensembles,  \mathfrak{R} est une relation binaire externe de S dans E si et seulement si :
 \exists\ G\ ,\ ( \mathfrak{R} = ( S , E , G \, ) ) \wedge ( G \subseteq S \times E \, ) \,
  • Les relations ternaires, d'aritĂ© 3 ; en particulier :
  • une relation ternaire interne, est une correspondance dont l’ensemble de dĂ©part est le carrĂ© cartĂ©sien de l’ensemble d’arrivĂ©e; en d’autres termes, si E est un ensemble,  \mathfrak{R} est une relation ternaire interne dans E si et seulement si :
 \exists\ G\ ,\ ( \mathfrak{R} = ( E \times E , E, G \, ) ) \wedge ( G \subseteq E^{\, 3} \, ) \,
  • une relation ternaire externe Ă  gauche (resp. Ă  droite) est une correspondance dont l’ensemble de dĂ©part est le produit cartĂ©sien d’un ensemble S de scalaires par l’ensemble d’arrivĂ©e (resp. de l'ensemble d'arrivĂ©e par un ensemble S de scalaires); en d’autres termes, si E et S sont deux ensembles :,  \mathfrak{R} est une relation ternaire externe dans E Ă  opĂ©rateurs dans S :
- Ă  gauche si et seulement si :    \exists\ G\ ,\ ( \mathfrak{R} = ( S \times E , E , G \, ) ) \wedge ( G \subseteq S \times E^{\, 2 } \, ) \,
- Ă  droite si et seulement si :    \exists\ G\ ,\ ( \mathfrak{R} = ( E \times S , E , G \, ) ) \wedge ( G \subseteq E \times S \times E \, ) \,
  • une relation ternaire scalaire est une correspondance dont l'ensemble de dĂ©part est un carrĂ© cartĂ©sien et l'ensemble d'arrivĂ©e joue le rĂŽle d'un ensemble de scalaires; en d'autres termes, si E et S sont deux ensembles,  \mathfrak{R} est une relation ternaire scalaire dans E Ă  valeurs dans S si et seulement si :
 \exists\ G\ ,\ ( \mathfrak{R} = ( E \times E , S, G \, ) ) \wedge ( G \subseteq E^{\, 2 } \times S \, ) \,
Encore une fois, l’ensemble S ci-dessus ne doit pas ĂȘtre un produit cartĂ©sien dont l’ensemble d’arrivĂ©e E soit une composante.
  • En pratique, on considĂšre rarement des relations d'aritĂ© supĂ©rieure, car elles peuvent toujours se dĂ©composer en relations binaires ou ternaires.

[modifier] Exemples

  • L’égalitĂ© et l’inclusion sont des relations binaires dans la classe des ensembles.
  • La rĂ©union, l’intersection, la diffĂ©rence et la diffĂ©rence symĂ©trique sont des relations ternaires internes dans la classe des ensembles.
  • Si A, B et C sont trois ensembles disjoints deux Ă  deux, et dont aucun n'est un produit cartĂ©sien comportant l'un des deux autres en facteur :
  • toute relation de A dans A est binaire interne ;
  • toute relation de A dans B est binaire externe ;
  • toute relation de A x A dans A est ternaire interne ;
  • toute relation de A x A dans B est ternaire scalaire ;
  • toute relation de A x B dans A est ternaire externe Ă  droite ;
  • toute relation de A x B dans B est ternaire externe Ă  gauche ;
  • et enfin, toute relation de A x B dans C est binaire externe ( pour l'aritĂ© intrinsĂšque, la rĂ©fĂ©rence est l'ensemble d'arrivĂ©e ! ).

[modifier] Fonctions

[modifier] Images et antécédents

Si  \mathfrak{C} est une correspondance, avec  \mathfrak{C} = ( E , F , G ) , alors les affirmations suivantes sont Ă©quivalentes :

- y correspond Ă  x par  \mathfrak{C}  ;
- ( x , y ) appartient Ă  G ;
- y est image de x par  \mathfrak{C}  ;
- x est antécédent de y par  \mathfrak{C} .

Le terme de « prĂ©image Â» est parfois employĂ© Ă  la place de celui d'« antĂ©cĂ©dent Â».

« y correspond Ă  x par  \mathfrak{C}  Â» peut se noter :

  • « ( x , y ) ∈ G(  \mathfrak{C} ) Â»   (notation ensembliste)
  • « ( x , y )  \mathfrak{C}  Â»   (notation relationnelle postfixĂ©e)
  • «  \mathfrak{C} ( x , y ) Â»   (notation relationnelle prĂ©fixĂ©e)
  • « x  \mathfrak{C} y Â»   (notation relationnelle infixĂ©e)

Cette derniÚre notation est, sauf cas particulier, la plus pratique et par conséquent la plus utilisée.

L' ensemble-image d'une correspondance, notĂ© habituellement «  Im\mathfrak{C}  Â», est l'ensemble formĂ© par les images de tous les Ă©lĂ©ments de l’ensemble de dĂ©part de cette correspondance. Un abus de langage courant consiste Ă  qualifier cet ensemble d'« image Â» de la correspondance, mais cela peut entraĂźner une confusion dans le cas oĂč la correspondance est elle-mĂȘme Ă©lĂ©ment d’un autre ensemble, Ă  partir duquel une autre correspondance est bĂątie.

SymĂ©triquement, l’ ensemble-antĂ©cĂ©dent d’une correspondance, notĂ© habituellement «  Ant\mathfrak{C}  Â», est l'ensemble formĂ© par les antĂ©cĂ©dents de tous les Ă©lĂ©ments de l’ensemble d’arrivĂ©e de cette correspondance. L’ensemble-antĂ©cĂ©dent est parfois qualifiĂ© par abus de langage d'« antĂ©cĂ©dent Â» ou de « prĂ©image Â» de la correspondance, mais, comme dans le paragraphe prĂ©cĂ©dent, cela peut entraĂźner des confusions dans certains cas particuliers. L’ensemble-antĂ©cĂ©dent peut aussi ĂȘtre nommĂ© « domaine de dĂ©finition Â» de la correspondance, et il est alors notĂ© «  Dom\mathfrak{C}  Â» ou «  D\mathfrak{C}  Â», mais cette derniĂšre appellation est plutĂŽt rĂ©servĂ©e aux fonctions (voir ci-aprĂšs).

[modifier] Fonctions, applications et bijections

[modifier] Propriétés de base

Une correspondance peut avoir quatre propriĂ©tĂ©s de base indĂ©pendantes les unes des autres. Elle peut ĂȘtre :

  • fonctionnelle : tout Ă©lĂ©ment de l'ensemble de dĂ©part a au plus une image :
 \forall\, ( x , y_1 , y_2 ) \in E \times F^{\, 2} , ( x \,\mathfrak{C}\, y_1 \wedge x \,\mathfrak{C}\, y_2 ) \Rightarrow ( y_1 = y_2 )
  • applicative : tout Ă©lĂ©ment de l'ensemble de dĂ©part a au moins une image :
 \forall\, x \in E , \exists\, y \in F \ / \ x \,\mathfrak{C}\, y \,
  • injective : tout Ă©lĂ©ment de l'ensemble d'arrivĂ©e a au plus un antĂ©cĂ©dent :
 \forall\, ( x_1 , x_2 , y ) \in E^{\, 2} \times F , ( x_1 \,\mathfrak{C}\, y \wedge x_2 \,\mathfrak{C}\, y ) \Rightarrow ( x_1 = x_2 ) \,
  • surjective : tout Ă©lĂ©ment de l'ensemble d'arrivĂ©e a au moins un antĂ©cĂ©dent :
 \forall\, y \in F , \exists\, x \in E \ / \ x \,\mathfrak{C}\, y \, .

Note : sur ces appellations, voir la page de discussion associĂ©e Ă  l'article (onglet « discussion Â» en haut de l'article).

Définitions équivalentes
Une correspondance est applicative si et seulement si son ensemble-antĂ©cĂ©dent se confond avec son ensemble de dĂ©part, c'est-Ă -dire si :  \ Ant\mathfrak{C} = E .
Une correspondance est surjective si et seulement si son ensemble-image se confond avec son ensemble d'arrivĂ©e, c'est-Ă -dire si :  \ Im\mathfrak{C} = F .

[modifier] Propriétés dérivées

En combinant ces quatre propriĂ©tĂ©s de base, nous obtenons a priori 16 sortes de correspondances, mais seules 9 d'entre elles ont un qualificatif. Il est possible de rĂ©sumer ces propriĂ©tĂ©s et leur dĂ©finition dans le tableau suivant :

PropriĂ©tĂ© : au plus ... au moins ... exactement ... ...
Correspondance : fonctionnelle applicative univoque ... une image par Ă©lĂ©ment de l'ensemble de dĂ©part
injective surjective bijective ... un antécédent par élément de l'ensemble d'arrivée
bifonctionnelle biapplicative biunivoque ... une image par élément de départ et un antécédent par élément d'arrivée


Certaines des combinaisons des quatre propriĂ©tĂ©s de base ont reçu un nom, en raison de leur importance pratique :

  • Une fonction est une correspondance fonctionnelle. Chaque Ă©lĂ©ment de dĂ©part a au plus une image. On peut donc parler de son image sans ambiguĂŻtĂ©, et la dĂ©signer par un symbole, d'habitude « R( x ) Â» si la fonction est notĂ©e « R Â». Cela permet de remplacer la notation relationnelle « x R y Â» par la notation fonctionnelle « y = R( x ) Â» plus pratique ;
  • Une application est une fonction applicative. C’est donc aussi une correspondance fonctionnelle et applicative, c’est-Ă -dire une correspondance univoque. Comme elle est applicative, son domaine de dĂ©finition se confond avec son ensemble de dĂ©part ;
  • Une injection est une application injective. C’est donc une correspondance fonctionnelle, applicative et injective, c’est-Ă -dire une correspondance applicative et bifonctionnelle ;
  • Une surjection est une application surjective. C’est donc une correspondance fonctionnelle, applicative et surjective, c’est-Ă -dire une fonction biapplicative. Comme elle est surjective, son image n'est autre que l'ensemble d'arrivĂ©e tout entier ;
  • Une bijection est une application bijective. C’est donc une correspondance fonctionnelle, applicative, injective et surjective, c’est-Ă -dire une correspondance biunivoque.
Attention !
Une correspondance applicative (respectivement injective, surjective, bijective) n’est pas en gĂ©nĂ©ral une application (respectivement une injection, une surjection, une bijection).
De mĂȘme, une fonction injective (respectivement surjective, bijective) n’est pas en gĂ©nĂ©ral une injection (respectivement une surjection, une bijection).

[modifier] Correspondance réciproque

Les notions d’image et d’antĂ©cĂ©dent sont duales. Échanger leur rĂŽle revient Ă  Ă©changer entre elles les composantes de chaque couple du graphe, donc Ă  remplacer chaque couple ( x , y ) par son couple rĂ©ciproque ( y , x ).

Le graphe rĂ©ciproque d’un graphe G, notĂ© « G − 1 Â», est le graphe rĂ©sultant d’un tel Ă©change :

 G^{-1} = \{ ( y, x ) | ( x, y ) \in G \}

La correspondance rĂ©ciproque d’une correspondance est la correspondance obtenue en Ă©changeant les ensembles de dĂ©part et d’arrivĂ©e et en remplaçant le graphe par son graphe rĂ©ciproque.

En d’autres termes, si  \mathfrak{C} = ( E , F , G ) , alors :  \mathfrak{C}^{-1} = \left( F , E , G^{-1} \right)

La rĂ©ciproque de la rĂ©ciproque d’une correspondance n’est autre que cette correspondance :

 \left( \mathfrak{C}^{-1} \right)^{-1} = \mathfrak{C}

Il suffit de lire le tableau des combinaisons des propriĂ©tĂ©s de base des correspondances (voir plus haut), en Ă©changeant le rĂŽle des images et des antĂ©cĂ©dents, pour obtenir les propriĂ©tĂ©s des rĂ©ciproques. Ainsi :

  • La rĂ©ciproque d’une fonction est une correspondance injective. Inversement, pour que la rĂ©ciproque d’une correspondance soit une fonction, il faut et il suffit que cette correspondance soit injective ;
  • La rĂ©ciproque d’une correspondance applicative est surjective, et vice-versa ;
  • La rĂ©ciproque d’une application, c'est-Ă -dire d'une correspondance univoque, est une correspondance bijective. Inversement, pour que la rĂ©ciproque d’une correspondance soit une application, il faut et il suffit que cette correspondance soit bijective ;
  • La rĂ©ciproque d'une correspondance bifonctionnelle, c’est-Ă -dire d’une fonction injective, est une correspondance bifonctionnelle, c’est-Ă -dire une fonction injective ;
  • La rĂ©ciproque d’une correspondance biapplicative est elle-mĂȘme biapplicative ;
  • Enfin, la rĂ©ciproque d’une bijection, c'est-Ă -dire d'une correspondance biunivoque, est une bijection.


La représentation d'une correspondance réciproque se déduit simplement de celle de la correspondance de départ:

  • pour une reprĂ©sentation sagittale, en changeant le sens des flĂšches;
  • pour une reprĂ©sentation matricielle, en Ă©changeant lignes et colonnes et en prenant la matrice symĂ©trique par rapport Ă  la diagonale principale;
  • pour une reprĂ©sentation graphique, en Ă©changeant les axes et en prenant le symĂ©trique du graphique par rapport Ă  la diagonale principale.

[modifier] Classement des correspondances

Tableau récapitulatif des principaux croisements entre relations et fonctions
Correspondances Fonctions Applications Bijections
Relations binaires internes Opérations unaires Transformations Permutations
Relations ternaires internes Opérations binaires internes Lois (binaires) internes (**)
Relations ternaires externes (*) Opérations binaires externes (*) Lois (binaires) externes (*) .
Relations ternaires scalaires Opérations binaires scalaires Lois (binaires) scalaires .


Remarques
(*) Ă  gauche ou Ă  droite.
(**) Les relations ternaires internes ne peuvent ĂȘtre des bijections que si le cardinal de leur ensemble d’arrivĂ©e est infini ou Ă©gal Ă  0 ou Ă  1.

Nous retrouvons dans ce tableau les deux familles de notions dĂ©finies plus haut, relations et fonctions, et leurs combinaisons :

  • Une transformation dans un ensemble est une application de cet ensemble dans lui-mĂȘme, donc une relation binaire dans cet ensemble ; les transformations sont parfois qualifiĂ©es de lois unaires ;
  • Une permutation dans un ensemble est une bijection d’un ensemble dans lui-mĂȘme, donc une relation binaire dans cet ensemble. C’est donc un cas particulier de transformation ;
  • Une opĂ©ration est une correspondance qui est Ă  la fois une relation interne, externe ou scalaire, et une fonction ; l'aritĂ© d'une opĂ©ration est usuellement dĂ©finie comme son nombre d'opĂ©randes, mais d'une part, elle diffĂšre alors d'une unitĂ© de l'aritĂ© des relations (l'une comptabilise l'ensemble d'arrivĂ©e, l'autre pas) et, d'autre part, lĂ  encore, le nombre d'opĂ©randes est une question de point de vue sur l'opĂ©ration, pas quelque chose qui lui est propre ;
  • Une loi de composition (appellation souvent abrĂ©gĂ©e en loi) est une correspondance qui est Ă  la fois une relation interne, externe ou scalaire, et une application. Les lois sont donc des opĂ©rations particuliĂšres.

Ainsi, les quatre opĂ©rations de notre enfance (+, −, ×, Ă·) sont effectivement des opĂ©rations internes dans IN, ensemble des entiers naturels.

Mais seules l’addition et la multiplication y sont des lois de composition.

[modifier] Voir aussi

wikipediaCet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.
Vous pouvez consulter l'article ici ainsi que son historique.
Les textes et les images sont disponibles sous les termes de la Licence de documentation libre GNU.


cours particuliers - cours de maths haut de pagehaut Retrouvez cette page sur ilemaths l'île des mathématiques
© Tom_Pascal & Océane 2008