Correspondance et relation : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.En mathĂ©matiques, une relation binaire entre deux ensembles E et F (ou simplement relation entre E et F) est caractĂ©risĂ©e par un sous-ensemble du produit cartĂ©sien E Ă F, soit une collection de couples dont la premiĂšre composante est dans E et la seconde dans F. Cette collection est dĂ©signĂ©e par le graphe de la relation. Les composantes d'un couple appartenant au graphe d'une relation R sont dits en relation par R. Une telle relation binaire est parfois appelĂ©e correspondance entre les deux ensembles.
Par exemple, en gĂ©omĂ©trie plane, la relation d'incidence entre un point et une droite du plan « le point A est sur la droite d » est une relation binaire entre l'ensemble des points et l'ensemble des droites du plan. Les fonctions ou applications d'un ensemble E dans un ensemble F peuvent ĂȘtre vues comme des cas particuliers de relations binaires entre E et F.
Lorsque F = E, l'ordre des deux composantes d'un couple a son importance. Par exemple, la relation « ⊠est strictement inférieur à ⊠», notée « < », sur l'ensemble N des entiers naturels est une relation sur N ; on note n < p pour indiquer que n et p sont en relation. Le couple (1, 2) est un élément du graphe, contrairement au couple (2, 1).
La notion de relation peut ĂȘtre gĂ©nĂ©ralisĂ©e Ă plus de deux arguments, voir relation (mathĂ©matiques).
De maniĂšre informelle, une relation entre deux ensembles est une proposition qui lie certains Ă©lĂ©ments du premier ensemble avec dâautres Ă©lĂ©ments du second ensemble.
Sur un ensemble F constitué de filles et un ensemble G constitué de garçons, par exemple, on pourrait définir une relation « Alice aime Bernard », ou une autre relation « Béatrice connaßt Paul »⊠On peut donc voir la relation comme étant des fils reliant des éléments de deux ensembles.
Dans le cas dâun ensemble fini, on peut alors tenter de reprĂ©senter la relation par un diagramme. Si F = {Lucie, BĂ©atrice, Delphine, Alice} et si G = {Bernard, Antoine, Paul, Charles}, la relation aime peut ĂȘtre schĂ©matisĂ©e par le diagramme joint (un tel diagramme est dit diagramme sagittal).
On peut Ă©galement reprĂ©senter cette relation, par un tableau Ă deux entrĂ©es, avec en premiĂšre colonne la liste des Ă©lĂ©ments de lâensemble de dĂ©part F, et en premiĂšre ligne celle des Ă©lĂ©ments de lâensemble dâarrivĂ©e G. Les couples sont reprĂ©sentĂ©s par des croix dans les cases Ă lâintersection de la ligne de la premiĂšre composante et de la colonne de la seconde composante.
| . | Bernard | Antoine | Paul | Charles |
|---|---|---|---|---|
| Lucie | X | X | X | . |
| Béatrice | . | X | . | . |
| Delphine | . | . | . | . |
| Alice | X | . | X | . |
On pourra dĂ©plorer le fait que Delphine nâaime personne, que Lucie ait un cĆur gĂ©nĂ©reux et que Charles puisse se sentir seul.
On peut aussi tenter de faire la liste des couples ainsi en relation (pour plus de commodité, on ne conservera que les deux premiÚres lettres du prénom):
En mathĂ©matique, un « couple » est formĂ© de deux Ă©lĂ©ments mis entre parenthĂšses dans un ordre particulier. La relation est dĂ©finie en premiĂšre approche comme un ensemble de couples, câest-Ă -dire que si deux Ă©lĂ©ments sont reliĂ©s entre eux, alors le couple est un Ă©lĂ©ment de lâensemble relation. Si lâon appelle F lâensemble des filles, et G lâensemble des garçons, alors lâensemble de tous les couples possibles est appelĂ© « produit cartĂ©sien de F par G » et est notĂ© FĂG et la relation aime est alors dĂ©finie par lâensemble F, lâensemble G et un sous-ensemble de FĂG.
Une relation binaire R dâun ensemble E vers un ensemble F est dĂ©finie par une partie G de EĂF.
Si (x,y) â G on dit que x est en relation avec y et on note « x R y » (notation infixe), « R(x,y) », « R x y » ... (notations prĂ©fixes).
On remarquera quâil est nĂ©cessaire, pour une relation binaire, de prĂ©ciser lâensemble E (appelĂ© ensemble de dĂ©part), lâensemble F (appelĂ© ensemble dâarrivĂ©e) et la partie G de EĂF appelĂ©e le graphe de la relation.
Si est une relation de E dans F et
de F dans G, on peut définir une relation
de E dans G par :
Plus simplement, on peut dire que est défini par la rÚgle qui dit que
si et seulement s'il existe un élément
tel que
(i.e.
et
).
Notation: si est une relation sur un ensemble E et n un entier naturel, on note
la composition de
avec elle-mĂȘme n fois, avec la convention que
dĂ©note la relation dâĂ©galitĂ© sur E.
Si est une relation de E sur F, on peut définir une relation de F sur E dite relation inverse, ou réciproque, par :
Exemples :
La représentation d'une relation réciproque se déduit simplement de celle de la correspondance de départ :
Lorsque, pour tout Ă©lĂ©ment x de E, x nâest en relation quâavec 0 ou 1 Ă©lĂ©ment y de F, on dit que la relation est fonctionnelle. Câest une façon Ă©lĂ©mentaire de dĂ©finir la notion de fonction. En langage formel, la propriĂ©tĂ© prĂ©cĂ©dente sâĂ©crit :
Exemple important :
Si E = F, on parlera de relation sur (ou dans) E.
La relation sur E est rĂ©flexive si tout Ă©lĂ©ment de E est en relation avec lui-mĂȘme, câest-Ă -dire si :
Une relation est donc rĂ©flexive si et seulement si son graphe contient la diagonale de E, câest-Ă -dire si et seulement si :
En dâautres termes, lâintersection du graphe de la relation avec la diagonale de E est Ă©gale Ă cette diagonale.
Exemples :
La clĂŽture rĂ©flexive, notĂ©e « », dâune relation
sur un ensemble E est la relation sur E dont le graphe est lâunion de celui de
et de la diagonale de E :
La relation sur E est irrĂ©flexive ou antirĂ©flexive si aucun Ă©lĂ©ment de E n'est en relation avec lui-mĂȘme, câest-Ă -dire si :
Une relation est donc irrĂ©flexive ou antirĂ©flexive si et seulement si son graphe est disjoint de la diagonale de E, câest-Ă -dire si :
Lâintersection du graphe de la relation avec la diagonale de E se rĂ©duit donc Ă lâensemble vide.
Exemples :
Une relation sur un ensemble d'au moins deux Ă©lĂ©ments peut bien entendu n'ĂȘtre ni rĂ©flexive, ni irrĂ©flexive, il suffit qu'un Ă©lĂ©ment soit en relation avec lui-mĂȘme et l'autre non.
La relation sur E est symĂ©trique si et seulement si lorsquâun premier Ă©lĂ©ment de E est en relation avec un second Ă©lĂ©ment de E, le second Ă©lĂ©ment est lui aussi en relation avec le premier, câest-Ă -dire si :
Une relation est donc symĂ©trique si et seulement si son graphe se confond avec celui de sa relation inverse, câest-Ă -dire si :
En d'autres termes, une relation symétrique est une relation qui se confond avec sa réciproque :
L'égalité entre graphes ci-dessus peut encore s'écrire :
Exemples :
La clĂŽture symĂ©trique, notĂ©e « », dâune relation
sur un ensemble E est la relation sur E dont le graphe est lâunion de celui de
et de sa réciproque (ou inverse) :
Cette clĂŽture symĂ©trique est dâailleurs universelle parmi les relations symĂ©triques contenant (ce qui ici, sans entrer dans des considĂ©rations catĂ©goriques, signifie que câest la plus petite !).
La relation sur E est antisymĂ©trique ou faiblement antisymĂ©trique si et seulement si lorsque deux Ă©lĂ©ments de E sont en relation mutuelle, ils sont en fait confondus, câest-Ă -dire si :
Une relation est donc faiblement antisymétrique si et seulement si l'intersection de son graphe avec celui de sa réciproque est incluse dans la diagonale de E, c'est-à -dire si :
Exemples :
Quand une relation est Ă la fois antisymĂ©trique et irrĂ©flexive, on dit parfois qu'elle est fortement antisymĂ©trique (on lit asymĂ©trique dans certains ouvrages). On peut alors simplifier la dĂ©finition : la relation sur E est fortement antisymĂ©trique si et seulement si lorsquâun premier Ă©lĂ©ment de E est en relation avec un second Ă©lĂ©ment de E, le second Ă©lĂ©ment nâest pas en relation avec le premier, autrement dit :
Une relation est donc fortement antisymĂ©trique si et seulement si lâintersection de son graphe avec celui de sa rĂ©ciproque est vide, câest-Ă -dire si :
Exemples :
Pour une relation dont on sait par ailleurs qu'elle est irréflexive, l'antisymétrie forte et l'antisymétrie sont équivalentes, et donc la plupart du temps on parle simplement d'antisymétrie.
Les seules relations symétriques et fortement antisymétriques sont les relations vides. Par contre l'égalité sur n'importe quel ensemble est une relation à la fois symétrique et antisymétrique.
Une relation peut n'ĂȘtre ni symĂ©trique ni antisymĂ©trique, comme la relation de divisibilitĂ© sur les entiers relatifs.
La relation sur E est transitive si lorsquâun premier Ă©lĂ©ment de E est en relation avec un deuxiĂšme Ă©lĂ©ment lui-mĂȘme en relation avec un troisiĂšme, le premier Ă©lĂ©ment est aussi en relation avec le troisiĂšme, câest-Ă -dire si :
Une relation est donc transitive si et seulement si son graphe contient celui de sa composĂ©e avec elle-mĂȘme, c'est-Ă -dire si :
Exemple :
On appelle clĂŽture transitive, ou fermeture transitive[1] de la relation
elle est universelle parmi les relations transitives contenant . Elle est notée «
».
La relation sur E est totale si pour toute paire d'éléments de E, elle institue au moins un lien entre les deux éléments considérés, c'est-à -dire si :
La relation est donc totale si et seulement si l'union de son graphe avec celui de sa réciproque est égale au carré cartésien de E, c'est-à -dire si :
Exemple : la relation sur l'ensemble des réels est une relation totale.
Contre-exemple : la relation « divise » sur l'ensemble des entiers naturels n'est pas totale.
Une relation d'équivalence est une relation réflexive, transitive et symétrique. L'exemple le plus simple de relation d'équivalence est l'égalité. En arithmétique la relation de congruence modulo un entier donné est une relation d'équivalence.
Une relation dâordre est une relation rĂ©flexive, transitive et antisymĂ©trique.
Si la relation est totale alors on dit que lâordre est total. Câest le cas de la relation « plus grand que » sur les entiers naturels. Tous les Ă©lĂ©ments ne sont pas forcĂ©ment comparables par une relation dâordre ; par exemple deux entiers naturels ne sont pas forcĂ©ment comparables par divisibilitĂ©. On dit alors que la divisibilitĂ© est un ordre partiel sur N.
ConsidĂ©rons un ensemble E fini de cardinal n et un ensemble F fini de cardinal p. Il y a autant de relations binaires de E sur F que dâapplications de EĂF dans { 0 , 1 } , ce qui donne 2 np relations.
En particulier, si E = F , on trouve relations binaires sur E, dont
Le nombre de relations dâĂ©quivalence est Ă©gal au nombre de partitions dâun ensemble, câest-Ă -dire le nombre de Bell.
Théorie des graphes
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