En algĂšbre gĂ©nĂ©rale (ou abstraite), le concept de correspondance, ou de relation, est une abstraction de notions telles que lâĂ©galitĂ©, lâordre alphabĂ©tique, ou la comparaison.
De maniĂšre informelle, une relation dans un ensemble ( on dit aussi « sur un ensemble » ) est une proposition qui lie un certain nombre dâĂ©lĂ©ments. Sur un ensemble constituĂ© de personnes, par exemple, on pourrait dĂ©finir une relation « Alice aime Bernard », ou « CĂ©cile connait David »... On peut donc voir une relation comme des fils reliant divers Ă©lĂ©ments dâun ensemble.
Ce concept peut ĂȘtre gĂ©nĂ©ralisĂ© en Ă©tablissant des liens entre des Ă©lĂ©ments dâensembles distincts.
[modifier] Graphe et correspondance
Le lien entre deux Ă©lĂ©ments peut sâexprimer de maniĂšre plus formelle par un « couple ». Un couple, notĂ© entre parenthĂšses, est constituĂ© de deux Ă©lĂ©ments mis dans un ordre particulier. Les correspondances, ou relations gĂ©nĂ©rales peuvent ainsi ĂȘtre considĂ©rĂ©es en premiĂšre approche comme des ensembles de couples, câest-Ă -dire des graphes orientĂ©s. Mais cela ne suffit pas toujours :
- Les propriétés des correspondances dépendent autant des absences de liens entre éléments que de leur existence.
En dâautres termes, la donnĂ©e du graphe dâune correspondance ne suffit pas Ă dĂ©finir complĂštement celle-ci ; il faut aussi savoir quels sont les couples d'Ă©lĂ©ments qu'elle ne lie pas. Cela revient Ă prĂ©ciser dans quel produit cartĂ©sien sâinscrit la correspondance.
NĂ©anmoins, il demeure possible, le plus souvent, de confondre une correspondance avec son graphe, du moment quâil nây a pas dâambiguĂŻtĂ© sur le produit cartĂ©sien dans lequel elle sâinscrit.
Pour illustrer ces idĂ©es, considĂ©rons par exemple lâensemble P suivant de personnes :

Définissons-y naïvement la relation aime par la seule donnée de son graphe :
,\ ( \mathrm{Alice},\ \mathrm{Alice} ),\ ( \mathrm{Bernard},\ \mathrm{Bernard} )\}\, )
Pour la relation aime, si « Alice aime Bernard », alors le couple ( Alice, Bernard ) fait partie de lâensemble aime.
Lâensemble aime est un sous-ensemble de P Ă P. Nous constatons que :
- la relation aime est une relation binaire dans P ;
- la relation aime est rĂ©flexive, puisque toutes les personnes considĂ©rĂ©es sâaiment elles-mĂȘmes.
Remarquons au passage que lâordre dans le couple a de lâimportance. Si « Alice aime Bernard », la rĂ©ciproque nâest pas forcĂ©ment vraie, et dâailleurs ici ( Bernard , Alice ) nâappartient pas Ă aime.
Ajoutons une personne Ă P. Lâensemble des personnes devient :

aime est encore un sous-ensemble de Q Ă Q, mais la relation aime nâest plus rĂ©flexive : la simple prĂ©sence de Christian a modifiĂ© la relation, mĂȘme si aucun lien nâa Ă©tĂ© rajoutĂ©.
En fait, la relation aime dans Q doit ĂȘtre distinguĂ©e de la relation aime dans P, mĂȘme si elles ont toutes deux le mĂȘme graphe. Pour y parvenir, lâidĂ©e la plus simple est de considĂ©rer quâune relation comporte non seulement un graphe, mais aussi le produit cartĂ©sien dans lequel il sâinscrit : si aime dĂ©signe toujours le graphe, les relations deviennent alors :
,
ou, ce qui revient en pratique au mĂȘme :
.
Cette façon de procĂ©der comporte toutefois encore un dĂ©faut : elle ne permet pas de gĂ©nĂ©raliser les relations aux classes propres, puisque les Ă©lĂ©ments de n-uplets doivent ĂȘtre des ensembles. Cela pose problĂšme avec la relation dâĂ©quipotence par exemple, qui est Ă la base de la dĂ©finition des cardinaux, et qui est censĂ©e ĂȘtre dĂ©finie dans la classe de tous les ensembles.
Une solution (dĂ©jĂ entrevue dans lâarticle « Produit cartĂ©sien ») consiste Ă remplacer les triplets prĂ©cĂ©dents par des sommes disjointes : les deux relations prĂ©cĂ©dentes seront alors dĂ©finies comme :
,
mais encore notĂ©es cependant par abus dâĂ©criture :
.
- Remarque
- Le cheminement ci-dessus est caractĂ©ristique de la dĂ©marche des mathĂ©maticiens lorsquâils Ă©laborent une dĂ©finition : ils partent dâune premiĂšre approche simple, quâils amĂ©liorent ensuite en la compliquant pour Ă©liminer des contradictions internes ou prendre en compte certains cas particuliers, puis quâils gĂ©nĂ©ralisent au maximum.
[modifier] Définition formelle
[modifier] Notes préliminaires
- Pour allĂ©ger lâĂ©criture, nous noterons Ă partir dâici les sommes disjointes comme des n-uplets.
- Les dĂ©finitions suivantes demeurent ainsi valides si on y remplace les ensembles par des classes mĂȘme propres.
[modifier] Définition
- Une correspondance, ou relation générale, est la somme disjointe de trois ensembles dont le dernier est une partie du produit cartésien du premier par le deuxiÚme.
Plus précisément:
- si E et F sont deux ensembles, alors
-
est une correspondance de E dans F si et seulement si
est Ă©gale au triplet (gĂ©nĂ©ralisĂ©) ( E, F, G ), oĂč G est une partie de EĂF, produit cartĂ©sien de E par F.
En langage formel:
![\forall\ E\ ,\ \forall\ F\ [\ \mathfrak{C}\ correspondance\ de\ E\ dans\ F\ ]\ \Leftrightarrow\ [\ \exists\ G\ ,\ G \subseteq E \times F\ \wedge\ \mathfrak{C} = ( E, F, G )\ ]\ \,](http://latex.ilemaths.net/latex-1.tex? \forall\ E\ ,\ \forall\ F\ [\ \mathfrak{C}\ correspondance\ de\ E\ dans\ F\ ]\ \Leftrightarrow\ [\ \exists\ G\ ,\ G \subseteq E \times F\ \wedge\ \mathfrak{C} = ( E, F, G )\ ]\ \,)
E est lâensemble de dĂ©part de la correspondance, F son ensemble dâarrivĂ©e et G son graphe.
Remarque : en pratique, on confondra une correspondance avec son graphe sâil nây a pas dâambiguĂŻtĂ© sur les ensembles de dĂ©part et dâarrivĂ©e.
[modifier] ĂgalitĂ© de deux correspondances
DâaprĂšs leur dĂ©finition, deux correspondances sont Ă©gales si et seulement si elles ont mĂȘmes ensembles de dĂ©part et dâarrivĂ©e et mĂȘme graphe.
En dâautres termes, si
= ( E1 , F1 , G1 ) et si
= ( E2 , F2 , G2 ) , alors :
.
[modifier] Exemples et cas particuliers importants
- Etudier quels sont les sports pratiqués par les Français revient à établir une correspondance de l'ensemble des Français dans l'ensemble des sports possibles.
- Si E = { a, b, c, d } , F = { 1, 2, 3 } et si G = { ( a, 1 ), ( b, 2), ( b, 3), (c, 3) }, alors ( E, F, G ) est une correspondance de E dans F.
- Une correspondance est vide si et seulement si son graphe est égal à l'ensemble vide. Elle est donc de la forme ( E, F, à ).
- Une correspondance est pleine si et seulement si son graphe est Ă©gal au produit cartĂ©sien des ensembles de dĂ©part et d'arrivĂ©e tout entier. Elle est donc de la forme ( E, F, EĂF ).
- La relation dans E dont le graphe est la diagonale de E est appelée identité de E, et notée habituellement «
». Elle est donc Ă©gale Ă ( E, E, ÎE ).
- L'ensemble de dĂ©part d'une correspondance peut ĂȘtre le produit cartĂ©sien de deux ensembles ou plus : ainsi, l'addition des nombres rĂ©els est une correspondance de IR Ă IR dans IR. Il semble Ă©vident que l'addition comporte deux arguments; mais en fait, le nombre d'arguments d'une correspondance dĂ©pend du point de vue adoptĂ© et n'en est donc pas une propriĂ©tĂ© intrinsĂšque: ainsi, on peut considĂ©rer que l'addition a un seul argument, le couple formĂ© par les deux nombres additionnĂ©s !
[modifier] Représentation des correspondances
Il existe trois types de reprĂ©sentation dâune correspondance :
Exemple de représentation sagittale.
- sagittale, qui dĂ©rive des diagrammes de Venn pour les ensembles, oĂč les ensembles de dĂ©part et dâarrivĂ©e sont reprĂ©sentĂ©s par deux « patatoĂŻdes » cĂŽte Ă cĂŽte, les Ă©lĂ©ments par des points Ă lâintĂ©rieur des patatoĂŻdes, et les couples du graphe par des flĂšches reliant les premiĂšres composantes aux secondes ;
- tabulaire ou matricielle, sous forme dâun tableau Ă deux entrĂ©es, avec en premiĂšre colonne la liste des Ă©lĂ©ments de lâensemble de dĂ©part et en premiĂšre ligne celle des Ă©lĂ©ments de lâensemble dâarrivĂ©e. Les couples sont reprĂ©sentĂ©s par des croix dans les cases Ă lâintersection de la ligne de la premiĂšre composante et de la colonne de la seconde composante ;
Exemple de représentation matricielle.
| . |
Bernard |
Antoine |
Paul |
Charles |
| Lucie |
X |
X |
X |
. |
| Béatrice |
. |
X |
. |
. |
| Delphine |
. |
. |
. |
. |
| Alice |
X |
. |
X |
. |
Exemple de représentation graphique.
- graphique, avec un axe horizontal dont les points reprĂ©sentent les Ă©lĂ©ments de lâensemble de dĂ©part, et un axe vertical dont les points reprĂ©sentent les Ă©lĂ©ments de lâensemble dâarrivĂ©e. Les couples sont reprĂ©sentĂ©s par les points Ă lâintersection de la ligne verticale coupant lâaxe horizontal Ă lâemplacement de la premiĂšre composante, et de la ligne horizontale coupant lâaxe vertical Ă lâemplacement de la seconde composante. Traditionnellement, le nuage des points du graphe se situe au-dessus et Ă droite des axes.
Les deux derniĂšres reprĂ©sentations obligent par nature Ă ordonner les Ă©lĂ©ments des ensembles de dĂ©part et d'arrivĂ©e. Si ces ensembles sont dĂ©jĂ ordonnĂ©s, on respecte leur ordre, sinon n'importe quel ordre peut ĂȘtre choisi, il n'est pas significatif pour la correspondance elle-mĂȘme. Dans tous les cas, la diagonale principale de la reprĂ©sentation dĂ©signe l'ensemble des couples du produit cartĂ©sien de l'ensemble de dĂ©part par l'ensemble d'arrivĂ©e dont les deux composantes ont le mĂȘme numĂ©ro d'ordre. Si les ensembles de dĂ©part et d'arrivĂ©e sont un mĂȘme ensemble E, le mĂȘme ordre est habituellement utilisĂ© pour les Ă©lĂ©ments de dĂ©part et d'arrivĂ©e; la diagonale principale de la reprĂ©sentation se confond alors avec la diagonale de E, c'est-Ă -dire le graphe de l'identitĂ© de E.
[modifier] Relations n-aires
[modifier] Notion d'arité
L'ensemble de dĂ©part d'une correspondance peut ĂȘtre un produit cartĂ©sien. Le graphe d'une telle correspondance n'est plus un ensemble de couples, mais plutĂŽt de n-uplets. La correspondance est alors dite relation d'aritĂ© n ou relation n-aire, c'est-Ă -dire :
- binaire, si n = 2 (correspondances de A dans B);
- ternaire, si n = 3 (correspondances de AĂB dans C);
- quaternaire, si n = 4 (correspondances de AĂBĂC dans D);
- quinaire, si n = 5 (correspondances de AĂBĂCĂD dans E);
- ...
Toutefois, ainsi que nous l'avons vu dans l'exemple de l'addition, cette dĂ©finition de l'aritĂ© est ambiguĂ« : le nombre d'arguments de la correspondance peut varier suivant le point de vue que l'on adopte; son aritĂ© aussi, par consĂ©quence. L'aritĂ© dĂ©finie ci-dessus n'est donc pas une propriĂ©tĂ© intrinsĂšque des correspondances, et ne permet pas de les classer. Ainsi, plutĂŽt que d'Ă©crire que telle correspondance est n-aire, ce qui suggĂšre qu'il s'agit lĂ d'une propriĂ©tĂ© propre Ă cette correspondance, peut-ĂȘtre vaudrait-il mieux Ă©crire par exemple que la correspondance est vue comme n-aire.
Par ailleurs, dans la plupart des cas, il est possible de dĂ©finir une aritĂ© intrinsĂšque Ă la correspondance. Pour cela, l'idĂ©e initiale est de remarquer que seul l'ensemble de dĂ©part est susceptible d'ĂȘtre dĂ©composĂ© en produit cartĂ©sien; l'ensemble d'arrivĂ©e, mĂȘme s'il est effectivement un produit cartĂ©sien, est toujours considĂ©rĂ© en bloc, et peut ainsi ĂȘtre pris comme rĂ©fĂ©rence; le nombre de fois oĂč il apparait en facteur cartĂ©sien de l'ensemble de dĂ©part dĂ©termine alors l'aritĂ©. Si nous reprenons l'exemple de l'addition dans IR :
- l'ensemble d'arrivée (l'ensemble de référence) est l'ensemble IR des réels,
- l'ensemble de départ en est le carré cartésien, IR à IR;
- le graphe de l'addition est ainsi constitué de triplets de réels,
- et l'addition est donc une relation intrinsĂšquement ternaire (mais il demeure possible de la voir comme binaire...)
[modifier] Relations internes, externes et scalaires
En pratique, la plupart des correspondances intĂ©ressantes peuvent ĂȘtre rangĂ©es dans deux grandes classes:
- d'une part, celle des correspondances oĂč n'intervient en fait qu'un seul ensemble de base A, qui se confond alors avec l'ensemble d'arrivĂ©e; l'ensemble de dĂ©part est alors une puissance cartĂ©sienne de cet ensemble A. Ces correspondances sont appelĂ©es :
-
-
- « relations n-aires INTERNES à l'ensemble A »,
- ou « relations n-aires dans A »,
- ou encore « relations n-aires sur A ».
- Ce sont en fait les correspondances de An-1 dans A, donc de la forme ( AĂAĂ...ĂA, A, Î ).
- d'autre part, celle, dĂ©rivĂ©e de la prĂ©cĂ©dente, oĂč, Ă cĂŽtĂ© de l'ensemble de base A et de ses puissances cartĂ©siennes, intervient un ensemble S de scalaires dits aussi opĂ©rateurs; toutefois, on ne retient en fait dans cette classe que les correspondances conformes aux trois cas de figure suivants :
- € les correspondances appelées :
-
- « relations n-aires EXTERNES A GAUCHE à l'ensemble A depuis un ensemble S »,
- ou « relations n-aires externes à l'ensemble A depuis un ensemble S à gauche »,
- ou encore « relations n-aires dans A à opérateurs à gauche dans S ».
- ou encore « relations n-aires sur A à scalaires à gauche dans S ».
- Ce sont en fait les correspondances de SĂAn-2 dans A, donc de la forme ( SĂAĂAĂ...ĂA, A, Î ).
- € les correspondances appelées :
-
- « relations n-aires EXTERNES A DROITE à l'ensemble A depuis un ensemble S »,
- ou « relations n-aires externes à l'ensemble A depuis un ensemble S à droite »,
- ou encore « relations n-aires dans A à opérateurs à droite dans S ».
- ou encore « relations n-aires sur A à scalaires à droite dans S ».
- Ce sont en fait les correspondances de An-2ĂS dans A, donc de la forme ( AĂAĂ...ĂAĂS, A, Î ).
- € les correspondances appelées :
-
- « relations n-aires SCALAIRES dans A à valeurs dans S »,
- ou « relations n-aires scalaires de A vers S ».
- Ce sont en fait les correspondances de An-1 dans S, donc de la forme ( AĂAĂ...ĂA, S, Î ).
Pour que ces dĂ©finitions soient cohĂ©rentes, S ne doit pas ĂȘtre un produit cartĂ©sien oĂč A figure ( le cas S = A est toutefois tolĂ©rĂ© par abus de langage : une relation interne est alors vue comme une relation externe dans A Ă opĂ©rateurs dans A lui-mĂȘme ).
Les correspondances de S dans A oĂč S n'est ni A, ni un produit cartĂ©sien comportant A ne relĂšvent pas de ces dĂ©finitions, mais peuvent ĂȘtre vues comme relations externes dans A au cas limite oĂč n = 2. S est alors l'ensemble des opĂ©rateurs ( sans prĂ©ciser Ă gauche ou Ă droite, les deux se confondant ).
A part ce cas, sâil nâest pas prĂ©cisĂ© si une relation externe est Ă gauche ou Ă droite, et si le contexte ne permet pas de lever lâambiguĂŻtĂ©, alors elle est Ă gauche. De mĂȘme, sâil nâest pas prĂ©cisĂ© si une relation est interne, externe ou gĂ©nĂ©rale, et si le contexte ne permet pas de lever lâambiguĂŻtĂ©, alors elle est interne. Pour parler des relations au sens gĂ©nĂ©ral du terme, il vaudra mieux prĂ©ciser relation gĂ©nĂ©rale, ou employer le terme de correspondance.
[modifier] Classement suivant l'arité intrinsÚque
D'aprÚs ce qui précÚde, une relation a toujours une arité intrinsÚque au moins égale à 2. Nous pouvons ainsi distinguer :
-
- une relation binaire interne, est une correspondance dont les ensembles de dĂ©part et dâarrivĂ©e sont les mĂȘmes. En dâautres termes, si E est un ensemble,
est une relation binaire dans E si et seulement si c'est une correspondance de E dans E, c'est-Ă -dire si :
-
 ) \wedge ( G \subseteq E \times E \, ) \,)
-
- une relation binaire externe, est une correspondance dâun ensemble S dans un ensemble E, oĂč S nâest pas un produit cartĂ©sien dont E soit une composante; en dâautres termes, si E et S sont deux ensembles,
est une relation binaire externe de S dans E si et seulement si :
-
 ) \wedge ( G \subseteq S \times E \, ) \,)
- Les relations ternaires, d'arité 3 ; en particulier :
-
- une relation ternaire interne, est une correspondance dont lâensemble de dĂ©part est le carrĂ© cartĂ©sien de lâensemble dâarrivĂ©e; en dâautres termes, si E est un ensemble,
est une relation ternaire interne dans E si et seulement si :
 ) \wedge ( G \subseteq E^{\, 3} \, ) \,)
-
- une relation ternaire externe Ă gauche (resp. Ă droite) est une correspondance dont lâensemble de dĂ©part est le produit cartĂ©sien dâun ensemble S de scalaires par lâensemble dâarrivĂ©e (resp. de l'ensemble d'arrivĂ©e par un ensemble S de scalaires); en dâautres termes, si E et S sont deux ensembles :,
est une relation ternaire externe dans E à opérateurs dans S :
- - Ă gauche si et seulement si :
 ) \wedge ( G \subseteq S \times E^{\, 2 } \, ) \,)
-
- - Ă droite si et seulement si :
 ) \wedge ( G \subseteq E \times S \times E \, ) \,)
-
- une relation ternaire scalaire est une correspondance dont l'ensemble de départ est un carré cartésien et l'ensemble d'arrivée joue le rÎle d'un ensemble de scalaires; en d'autres termes, si E et S sont deux ensembles,
est une relation ternaire scalaire dans E Ă valeurs dans S si et seulement si :
 ) \wedge ( G \subseteq E^{\, 2 } \times S \, ) \,)
- Encore une fois, lâensemble S ci-dessus ne doit pas ĂȘtre un produit cartĂ©sien dont lâensemble dâarrivĂ©e E soit une composante.
- En pratique, on considÚre rarement des relations d'arité supérieure, car elles peuvent toujours se décomposer en relations binaires ou ternaires.
[modifier] Exemples
- LâĂ©galitĂ© et lâinclusion sont des relations binaires dans la classe des ensembles.
- La rĂ©union, lâintersection, la diffĂ©rence et la diffĂ©rence symĂ©trique sont des relations ternaires internes dans la classe des ensembles.
- Si A, B et C sont trois ensembles disjoints deux à deux, et dont aucun n'est un produit cartésien comportant l'un des deux autres en facteur :
-
- toute relation de A dans A est binaire interne ;
- toute relation de A dans B est binaire externe ;
- toute relation de A x A dans A est ternaire interne ;
- toute relation de A x A dans B est ternaire scalaire ;
- toute relation de A x B dans A est ternaire externe Ă droite ;
- toute relation de A x B dans B est ternaire externe Ă gauche ;
- et enfin, toute relation de A x B dans C est binaire externe ( pour l'arité intrinsÚque, la référence est l'ensemble d'arrivée ! ).
[modifier] Fonctions
[modifier] Images et antécédents
Si
est une correspondance, avec
, alors les affirmations suivantes sont équivalentes :
- - y correspond Ă x par
;
- - ( x , y ) appartient Ă G ;
- - y est image de x par
;
- - x est antécédent de y par
.
Le terme de « préimage » est parfois employé à la place de celui d'« antécédent ».
« y correspond à x par
» peut se noter :
- « ( x , y ) â G(
) » (notation ensembliste)
- « ( x , y )
» (notation relationnelle postfixée)
- «
( x , y ) » (notation relationnelle préfixée)
- « x
y » (notation relationnelle infixée)
Cette derniÚre notation est, sauf cas particulier, la plus pratique et par conséquent la plus utilisée.
L' ensemble-image d'une correspondance, noté habituellement «
», est l'ensemble formĂ© par les images de tous les Ă©lĂ©ments de lâensemble de dĂ©part de cette correspondance. Un abus de langage courant consiste Ă qualifier cet ensemble d'« image » de la correspondance, mais cela peut entraĂźner une confusion dans le cas oĂč la correspondance est elle-mĂȘme Ă©lĂ©ment dâun autre ensemble, Ă partir duquel une autre correspondance est bĂątie.
SymĂ©triquement, lâ ensemble-antĂ©cĂ©dent dâune correspondance, notĂ© habituellement «
», est l'ensemble formĂ© par les antĂ©cĂ©dents de tous les Ă©lĂ©ments de lâensemble dâarrivĂ©e de cette correspondance. Lâensemble-antĂ©cĂ©dent est parfois qualifiĂ© par abus de langage d'« antĂ©cĂ©dent » ou de « prĂ©image » de la correspondance, mais, comme dans le paragraphe prĂ©cĂ©dent, cela peut entraĂźner des confusions dans certains cas particuliers. Lâensemble-antĂ©cĂ©dent peut aussi ĂȘtre nommĂ© « domaine de dĂ©finition » de la correspondance, et il est alors notĂ© «
» ou «
», mais cette derniÚre appellation est plutÎt réservée aux fonctions (voir ci-aprÚs).
[modifier] Fonctions, applications et bijections
[modifier] Propriétés de base
Une correspondance peut avoir quatre propriĂ©tĂ©s de base indĂ©pendantes les unes des autres. Elle peut ĂȘtre :
- fonctionnelle : tout élément de l'ensemble de départ a au plus une image :
-
 \in E \times F^{\, 2} , ( x \,\mathfrak{C}\, y_1 \wedge x \,\mathfrak{C}\, y_2 ) \Rightarrow ( y_1 = y_2 ) )
- applicative : tout élément de l'ensemble de départ a au moins une image :
-

- injective : tout élément de l'ensemble d'arrivée a au plus un antécédent :
-
 \in E^{\, 2} \times F , ( x_1 \,\mathfrak{C}\, y \wedge x_2 \,\mathfrak{C}\, y ) \Rightarrow ( x_1 = x_2 ) \, )
- surjective : tout élément de l'ensemble d'arrivée a au moins un antécédent :
-
.
Note : sur ces appellations, voir la page de discussion associée à l'article (onglet « discussion » en haut de l'article).
- Définitions équivalentes
- Une correspondance est applicative si et seulement si son ensemble-antécédent se confond avec son ensemble de départ, c'est-à -dire si :
.
- Une correspondance est surjective si et seulement si son ensemble-image se confond avec son ensemble d'arrivée, c'est-à -dire si :
.
[modifier] Propriétés dérivées
En combinant ces quatre propriétés de base, nous obtenons a priori 16 sortes de correspondances, mais seules 9 d'entre elles ont un qualificatif. Il est possible de résumer ces propriétés et leur définition dans le tableau suivant :
| Propriété : |
au plus ... |
au moins ... |
exactement ... |
... |
| Correspondance : |
fonctionnelle |
applicative |
univoque |
... une image par élément de l'ensemble de départ |
| injective |
surjective |
bijective |
... un antécédent par élément de l'ensemble d'arrivée |
| bifonctionnelle |
biapplicative |
biunivoque |
... une image par élément de départ et un antécédent par élément d'arrivée |
Certaines des combinaisons des quatre propriétés de base ont reçu un nom, en raison de leur importance pratique :
- Une fonction est une correspondance fonctionnelle. Chaque élément de départ a au plus une image. On peut donc parler de son image sans ambiguïté, et la désigner par un symbole, d'habitude « R( x ) » si la fonction est notée « R ». Cela permet de remplacer la notation relationnelle « x R y » par la notation fonctionnelle « y = R( x ) » plus pratique ;
- Une application est une fonction applicative. Câest donc aussi une correspondance fonctionnelle et applicative, câest-Ă -dire une correspondance univoque. Comme elle est applicative, son domaine de dĂ©finition se confond avec son ensemble de dĂ©part ;
- Une injection est une application injective. Câest donc une correspondance fonctionnelle, applicative et injective, câest-Ă -dire une correspondance applicative et bifonctionnelle ;
- Une surjection est une application surjective. Câest donc une correspondance fonctionnelle, applicative et surjective, câest-Ă -dire une fonction biapplicative. Comme elle est surjective, son image n'est autre que l'ensemble d'arrivĂ©e tout entier ;
- Une bijection est une application bijective. Câest donc une correspondance fonctionnelle, applicative, injective et surjective, câest-Ă -dire une correspondance biunivoque.
- Attention !
- Une correspondance applicative (respectivement injective, surjective, bijective) nâest pas en gĂ©nĂ©ral une application (respectivement une injection, une surjection, une bijection).
- De mĂȘme, une fonction injective (respectivement surjective, bijective) nâest pas en gĂ©nĂ©ral une injection (respectivement une surjection, une bijection).
[modifier] Correspondance réciproque
Les notions dâimage et dâantĂ©cĂ©dent sont duales. Ăchanger leur rĂŽle revient Ă Ă©changer entre elles les composantes de chaque couple du graphe, donc Ă remplacer chaque couple ( x , y ) par son couple rĂ©ciproque ( y , x ).
Le graphe rĂ©ciproque dâun graphe G, notĂ© « G â 1 », est le graphe rĂ©sultant dâun tel Ă©change :
 | ( x, y ) \in G \} )
La correspondance rĂ©ciproque dâune correspondance est la correspondance obtenue en Ă©changeant les ensembles de dĂ©part et dâarrivĂ©e et en remplaçant le graphe par son graphe rĂ©ciproque.
En dâautres termes, si
, alors :  )
La rĂ©ciproque de la rĂ©ciproque dâune correspondance nâest autre que cette correspondance :
^{-1} = \mathfrak{C} )
Il suffit de lire le tableau des combinaisons des propriétés de base des correspondances (voir plus haut), en échangeant le rÎle des images et des antécédents, pour obtenir les propriétés des réciproques. Ainsi :
- La rĂ©ciproque dâune fonction est une correspondance injective. Inversement, pour que la rĂ©ciproque dâune correspondance soit une fonction, il faut et il suffit que cette correspondance soit injective ;
- La rĂ©ciproque dâune correspondance applicative est surjective, et vice-versa ;
- La rĂ©ciproque dâune application, c'est-Ă -dire d'une correspondance univoque, est une correspondance bijective. Inversement, pour que la rĂ©ciproque dâune correspondance soit une application, il faut et il suffit que cette correspondance soit bijective ;
- La rĂ©ciproque d'une correspondance bifonctionnelle, câest-Ă -dire dâune fonction injective, est une correspondance bifonctionnelle, câest-Ă -dire une fonction injective ;
- La rĂ©ciproque dâune correspondance biapplicative est elle-mĂȘme biapplicative ;
- Enfin, la rĂ©ciproque dâune bijection, c'est-Ă -dire d'une correspondance biunivoque, est une bijection.
La représentation d'une correspondance réciproque se déduit simplement de celle de la correspondance de départ:
- pour une représentation sagittale, en changeant le sens des flÚches;
- pour une représentation matricielle, en échangeant lignes et colonnes et en prenant la matrice symétrique par rapport à la diagonale principale;
- pour une représentation graphique, en échangeant les axes et en prenant le symétrique du graphique par rapport à la diagonale principale.
[modifier] Classement des correspondances
Tableau récapitulatif des principaux croisements entre relations et fonctions
| Correspondances |
Fonctions |
Applications |
Bijections |
| Relations binaires internes |
Opérations unaires |
Transformations |
Permutations |
| Relations ternaires internes |
Opérations binaires internes |
Lois (binaires) internes |
(**) |
| Relations ternaires externes (*) |
Opérations binaires externes (*) |
Lois (binaires) externes (*) |
. |
| Relations ternaires scalaires |
Opérations binaires scalaires |
Lois (binaires) scalaires |
. |
- Remarques
- (*) Ă gauche ou Ă droite.
- (**) Les relations ternaires internes ne peuvent ĂȘtre des bijections que si le cardinal de leur ensemble dâarrivĂ©e est infini ou Ă©gal Ă 0 ou Ă 1.
Nous retrouvons dans ce tableau les deux familles de notions définies plus haut, relations et fonctions, et leurs combinaisons :
- Une transformation dans un ensemble est une application de cet ensemble dans lui-mĂȘme, donc une relation binaire dans cet ensemble ; les transformations sont parfois qualifiĂ©es de lois unaires ;
- Une permutation dans un ensemble est une bijection dâun ensemble dans lui-mĂȘme, donc une relation binaire dans cet ensemble. Câest donc un cas particulier de transformation ;
- Une opération est une correspondance qui est à la fois une relation interne, externe ou scalaire, et une fonction ; l'arité d'une opération est usuellement définie comme son nombre d'opérandes, mais d'une part, elle diffÚre alors d'une unité de l'arité des relations (l'une comptabilise l'ensemble d'arrivée, l'autre pas) et, d'autre part, là encore, le nombre d'opérandes est une question de point de vue sur l'opération, pas quelque chose qui lui est propre ;
- Une loi de composition (appellation souvent abrégée en loi) est une correspondance qui est à la fois une relation interne, externe ou scalaire, et une application. Les lois sont donc des opérations particuliÚres.
Ainsi, les quatre opĂ©rations de notre enfance (+, â, Ă, Ă·) sont effectivement des opĂ©rations internes dans IN, ensemble des entiers naturels.
Mais seules lâaddition et la multiplication y sont des lois de composition.
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