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Cryptologie


Cryptologie : encyclopédie mathématiques

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La machine de Lorenz était utilisée pour chiffrer les communications militaires allemandes de haute importance pendant la Seconde Guerre mondiale.

La cryptologie, étymologiquement la science du secret, ne peut être vraiment considérée comme une science que depuis peu de temps. Cette science englobe la cryptographie — l'écriture secrète — et la cryptanalyse — l'analyse de cette dernière.

La cryptologie est un art ancien et une science nouvelle : un art ancien car Jules CĂ©sar l'utilisait dĂ©jĂ  ; une science nouvelle parce que ce n'est un thème de recherche scientifique acadĂ©mique (comprendre universitaire) que depuis les annĂ©es 1970. Cette discipline est liĂ©e Ă  beaucoup d'autres, par exemple l'arithmĂ©tique modulaire, l'algèbre, la complexitĂ©, la thĂ©orie de l'information, ou encore les codes correcteurs d'erreurs.

Sommaire

[modifier] Histoire

Article dĂ©taillĂ© : Histoire de la cryptologie.

[modifier] Cryptographie

Article dĂ©taillĂ© : Cryptographie.

La cryptographie se scinde en deux parties nettement diffĂ©renciĂ©es :

  • d'une part la cryptographie Ă  clef secrète, encore appelĂ©e symĂ©trique ou bien classique ;
  • d'autre part la cryptographie Ă  clef publique, dite Ă©galement asymĂ©trique ou moderne.

La première est la plus ancienne, on peut la faire remonter Ă  l'Égypte de l'an 2000 av. J.-C. en passant par Jules CĂ©sar ; la seconde remonte Ă  l'article de W. Diffie et M. Hellman, New directions in cryptography datĂ© de 1976.

Toutes deux visent Ă  assurer la confidentialitĂ© de l'information, mais la cryptographie Ă  clef secrète nĂ©cessite au prĂ©alable la mise en commun entre les destinataires d'une certaine information : la clef (symĂ©trique), nĂ©cessaire au chiffrement ainsi qu'au dĂ©chiffrement des messages. Dans le cadre de la cryptographie Ă  clef publique, ce n'est plus nĂ©cessaire. En effet, les clefs sont alors diffĂ©rentes, ne peuvent se dĂ©duire l'une de l'autre, et servent Ă  faire des opĂ©rations opposĂ©es, d'oĂą l'asymĂ©trie entre les opĂ©rations de chiffrement et de dĂ©chiffrement.

Bien que beaucoup plus rĂ©cente et malgrĂ© d'Ă©normes avantages — signature numĂ©rique, Ă©change de clefs... — la cryptographie Ă  clef publique ne remplace pas totalement celle Ă  clef secrète, qui pour des raisons de vitesse de chiffrement et parfois de simplicitĂ© reste prĂ©sente. Ă€ ce titre, signalons la date du dernier standard amĂ©ricain en la matière, l'AES : dĂ©cembre 2001, ce qui prouve la vitalitĂ© encore actuelle de la cryptographie symĂ©trique.

Dans le bestiaire des algorithmes de chiffrement, on peut citer :

  • pour les systèmes symĂ©triques, le DES, l'AES, Blowfish, IDEA, etc.
  • pour les systèmes asymĂ©triques, le RSA, DSA-DH, ElGamal, les courbes elliptiques, etc.

[modifier] Cryptanalyse

Article dĂ©taillĂ© : Cryptanalyse.

Le pendant de cette confidentialitĂ© se trouve dans la cryptanalyse. Évidemment, depuis l'existence de ces codes secrets, on a cherchĂ© Ă  les casser, Ă  comprendre les messages chiffrĂ©s bien que l'on n'en soit pas le destinataire lĂ©gitime, autrement dit dĂ©crypter. Si la cryptanalyse du système de CĂ©sar est aisĂ©e (un indice : les propriĂ©tĂ©s statistiques de la langue, en français, le e est la lettre la plus frĂ©quente), des systèmes beaucoup plus rĂ©sistants ont vu le jour. Certains ont rĂ©sistĂ© longtemps, celui de Vigenère (Le traitĂ© des secrètes manières d'Ă©crire 1586) par exemple, n'ayant Ă©tĂ© cassĂ© par Babbage qu'au milieu du XIXe siècle. D'autres, bien que n'ayant pas de faille exploitable, ne sont plus utilisĂ©s car ils sont Ă  la portĂ©e des puissances de calcul modernes. C'est le cas du DES avec sa clef de 56 bits jugĂ©e trop courte car elle peut ĂŞtre trouvĂ©e par recherche exhaustive (force brute).

Dans un bestiaire de la cryptanalyse, il faudrait presque passer chaque système en revue — non seulement chaque système, mais aussi chaque mise en Ĺ“uvre : Ă  quoi sert la meilleure porte blindĂ©e si le mur qui la soutient est en contreplaquĂ© ? Cela dit, si l'on veut vraiment citer quelques techniques, on a :

  • la cryptanalyse diffĂ©rentielle, Biham et Shamir (le S de RSA), 1991, systèmes symĂ©triques ;
  • la cryptanalyse linĂ©aire, Matsui, 1994, systèmes symĂ©triques ;
  • la factorisation, seul vrai moyen de dĂ©chiffrer RSA Ă  l'heure actuelle ;
  • la force brute, c'est-Ă -dire l'essai systĂ©matique de toutes les clefs possibles ;
  • et d'autres encore.

[modifier] Autres facettes de la cryptologie

La confidentialitĂ© n'est que l'une des facettes de la cryptologie. Elle permet Ă©galement :

  • l'authentification ou l'authentification forte d'un message : l'assurance qu'un individu est bien l'auteur du message chiffrĂ© ;
  • l'intĂ©gritĂ© : on peut vĂ©rifier que le message n'a pas Ă©tĂ© manipulĂ© sans autorisation ou par erreur ;
  • la preuve Ă  divulgation nulle de connaissance — par exemple d'identitĂ© —, on peut prouver que l'on connaĂ®t un secret sans le rĂ©vĂ©ler ;
  • et autres, dont l'anonymat et la mise en gage.

Pour l'essentiel, c'est la cryptographie à clef publique qui fournit les bases nécessaires à ces aspects de la cryptologie.

[modifier] Une arme de guerre

Article dĂ©taillĂ© : Histoire de la cryptographie.

La cryptologie a très longtemps Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e comme une arme de guerre. Au IVe siècle av. J.‑C., ÉnĂ©e le Tacticien, un gĂ©nĂ©ral grec, y consacre un chapitre dans Commentaires sur la dĂ©fense des places fortes. On peut citer le siège de la Rochelle, oĂą Antoine Rossignol (1600 - 1682) dĂ©crypte les messages que les Huguenots assiĂ©gĂ©s tentent de faire sortir. Richelieu y apprend ainsi que les Huguenots sont affamĂ©s et attendent la flotte anglaise. Celle-ci trouvera Ă  son arrivĂ©e la flotte française, prĂŞte au combat, ainsi qu'une digue bloquant l'accès au port.

Autre exemple, la Première Guerre mondiale, où le Room 40 — service du chiffre britannique — s'illustre tout particulièrement en décryptant un télégramme envoyé en janvier 1917 de Berlin à l'ambassadeur allemand à Washington, qui devait le retransmettre au Mexique. Ils apprennent ainsi que l'Allemagne va se lancer dans une guerre sous-marine totale et demande une alliance militaire, devant permettre au Mexique de récupérer le Nouveau-Mexique, le Texas et l'Arizona. Les Britanniques pourraient transmettre directement ces renseignements aux États-Unis, mais ils révéleraient ainsi aux Allemands l'interception et la mise à jour de leur code. Ils préfèrent donc envoyer un espion récupérer le message destiné aux Mexicains, faisant ainsi croire à une fuite côté Mexique. Le télégramme en clair se retrouve publié dans les journaux américains le 1er mars 1917. Suite à cela, le président Wilson n'a pas de mal à obtenir l'accord du congrès, les États-Unis entrent en guerre.

Ces exemples illustrent bien pourquoi les gouvernements sont prudents quant à l'utilisation de moyen cryptographique. Philip Zimmermann en a fait l'expérience lorsqu'il a mis à disposition son logiciel de messagerie sécurisée, Pretty Good Privacy (PGP), en 1991. Violant les restrictions à l'exportation pour les produits cryptographiques, PGP a été très mal accueilli par le gouvernement américain qui a ouvert une enquête en 1993 — abandonnée en 1996, peu avant que le gouvernement Clinton ne libéralise grandement, à l'aube de l'ère du commerce électronique, l'usage de la cryptographie.

[modifier] Aspects juridiques

En France, depuis la loi pour la confiance dans l'économie numérique, l'usage de la cryptologie est libre[1]. Néanmoins, l'article 132-79 du code pénal prévoit que lorsqu'un moyen de cryptologie a été utilisé pour préparer ou commettre un crime ou un délit, ou pour en faciliter la préparation ou la commission, le maximum de la peine privative de liberté encourue est relevé.

Les dispositions pénales ne sont toutefois pas applicables à l'auteur ou au complice de l'infraction qui, à la demande des autorités judiciaires ou administratives, leur a remis la version en clair des messages chiffrés ainsi que les conventions secrètes nécessaires au déchiffrement.

Des logiciels de cryptage avec une fonction de déni plausible permettent d'échapper à l'aggravation des peines (ex: FreeOTFE et TrueCrypt).

[modifier] Différents aspects de la cryptologie

  • Histoire de la cryptographie
  • Cryptographie (listant les algorithmes et protocoles principaux)
  • Cryptographie symĂ©trique (ou encore, Ă  clef secrète)
  • Cryptographie asymĂ©trique (ou encore, Ă  clef publique)
  • Cryptographie quantique
  • Langage de la cryptologie

[modifier] Références

  1. ↑ LCEN, article 30

Historiques :

  • Cours de cryptographie, du GĂ©nĂ©ral Givierge, 1925.
  • ÉlĂ©ments de cryptographie, du Capitaine Roger Baudouin, 1939.

(À la différence des spécialistes étrangers, les spécialistes français publient à l'époque leur savoir-faire en matière d'analyse cryptologique. Cette démarche en matière de travaux à potentiel stratégique est assez rare à l'époque pour le signaler).

Contemporaines :

  • Simon Singh (trad. Catherine Coqueret), Histoire des codes secrets [« The Code Book Â»], Librairie GĂ©nĂ©rale Française (LFG), coll. Â« Le Livre de Poche Â», 3 septembre 2001, Poche, 504 p. (ISBN 2-253-15097-5)(ISSN 0248-3653) (OCLC 47927316) .
  • Gilles ZĂ©mor, Cours de cryptographie, Cassini, 15 dĂ©cembre 2000, 227 p. (ISBN 2-84225-020-6) (OCLC 45915497) .
  • L'art du secret, Pour la science, dossier hors-serie, juillet-octobre 2002.
  • La Guerre des codes secrets, de D. Kahn - Inter Ă©ditions, 1980 (trad. de The Codebreakers)
  • (en) Handbook of Applied Cryptography, de A.J. Menezes, P.C. van Oorschot et S.A. Vanstone - CRC Press, 1996. Totalement en ligne !! (http://www.cacr.math.uwaterloo.ca/hac/)
  • Le dĂ©cryptement, de A. Muller - PUF, 1983 (cryptanalyse des systèmes « traditionnels Â»)
  • Les Ă©critures secrètes, de A. Muller - PUF, 1971 (prĂ©sentation des systèmes « traditionnels Â»)
  • Bruce Schneier (trad. Laurent Viennot), Cryptographie appliquĂ©e [« Applied cryptography Â»], Vuibert, coll. Â« Vuibert informatique Â», 15 janvier 2001, BrochĂ©, 846 p. (ISBN 2-7117-8676-5)(ISSN 1632-4676) (OCLC 46592374) .
  • Douglas Stinson (trad. Serge Vaudenay, Gildas Avoine, Pascal Junod), Cryptographie : ThĂ©orie et pratique [« Cryptography : Theory and Practice Â»], Vuibert, coll. Â« Vuibert informatique Â», 28 fĂ©vrier 2003, BrochĂ©, 337 p. (ISBN 2-7117-4800-6)(ISSN 1632-4676) (OCLC 53918605) .
  • Jacques Stern, La science du secret, Odile Jacob, coll. Â« Sciences Â», 5 janvier 1998, 203 p. (ISBN 2-7381-0533-5) (OCLC 38587884) .
  • Cryptologie; une histoire des Ă©critures secrètes des origines Ă  nos jours de Gilbert Karpman, Ă©ditions Charles Lavauzelle 2006
  • Codage, cryptologie et applications de Bruno Martin, Ă©ditions PPUR 2004
  • ThĂ©orie des codes (Compression, cryptage, correction) de J.-G. Dumas, J.-L. Roch, E. Tannier et S. Varrette, Ă©ditions Dunod 2007
  • Pierre BarthĂ©lemy, Robert Rolland, Pascal VĂ©ron (prĂ©f. Jacques Stern), Cryptographie : principes et mises en Ĺ“uvre, Hermes Science Publications : Lavoisier, coll. Â« Collection Informatique Â», 22 juillet 2005, BrochĂ©, 414 p. (ISBN 2-7462-1150-5)(ISSN 1242-7691) (OCLC 85891916) .

[modifier] Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

[modifier] Liens internes

  • StĂ©ganographie
  • Chiffrement du courrier Ă©lectronique
  • Authentification forte

[modifier] Liens externes

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