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David Hilbert


David Hilbert : encyclopédie mathématiques

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David Hilbert
Image illustrative de l'article David Hilbert
David Hilbert en 1912
Naissance 23 janvier 1862
Königsberg (Prusse-Orientale)
DĂ©cès 14 fĂ©vrier 1943 (Ă  81 ans)
Göttingen (Allemagne)
NationalitĂ© Drapeau d'Allemagne Allemagne
Champs Mathématicien
Institutions Université de Königsberg
Université de Göttingen
Diplômé de Université de Königsberg
Renommé pour Théorie des invariants
Axiomes de Hilbert
Espace de Hilbert
Problèmes de Hilbert
Distinctions Prix Poncelet (1903)
Prix Bolyai (1910)

David Hilbert (23 janvier 1862 Ă  Königsberg[1] en Prusse-Orientale – 14 fĂ©vrier 1943 Ă  Göttingen, Allemagne) est un mathĂ©maticien allemand. Il est souvent considĂ©rĂ© comme un des plus grands mathĂ©maticiens du XXe siècle, au mĂŞme titre que Henri PoincarĂ©. Il a créé ou dĂ©veloppĂ© un large Ă©ventail d'idĂ©es fondamentales, que ce soit la thĂ©orie des invariants, l'axiomatisation de la gĂ©omĂ©trie ou les fondements de l'analyse fonctionnelle (avec les espaces de Hilbert).

L'un des exemples les mieux connus de sa position de chef de file est sa prĂ©sentation, en 1900, de ses fameux problèmes qui ont durablement influencĂ© les recherches mathĂ©matiques du XXe siècle. Hilbert et ses Ă©tudiants ont fourni une portion significative de l'infrastructure mathĂ©matique nĂ©cessaire Ă  l'Ă©closion de la mĂ©canique quantique et de la relativitĂ© gĂ©nĂ©rale.

Il a adopté et défendu avec vigueur les idées de Georg Cantor en théorie des ensembles et sur les nombres transfinis. Il est aussi connu comme l'un des fondateurs de la théorie de la démonstration, de la logique mathématique et a clairement distingué les mathématiques des métamathématiques.

Sommaire

[modifier] Biographie

Hilbert naît à Königsberg, en Prusse-Orientale. Diplômé du lycée de cette ville, il complète son doctorat à l'université de Königsberg sous la supervision de Ferdinand von Lindemann. En 1885, il remet sa thèse intitulée Über invariante Eigenschaften specieller binärer Formen, insbesondere der Kugelfunctionen (Sur les propriétés invariantes des formes binaires spéciales, particulièrement les fonctions circulaires). À la même période, Hermann Minkowski étudie à la même université. Les deux deviennent de bons amis et chacun aura une influence marquée à un moment ou un autre sur la carrière scientifique de l'autre.

De 1886 à 1895, Hilbert est professeur à l'université de Königsberg. En 1892, il épouse Käthe Jerosch (1864-1945) et ils auront un fils prénommé Franz Hilbert (1893-1969).

En 1895, sur la recommandation de Felix Klein, il est nommé à la chaire de mathématiques de l'université de Göttingen. À ce moment, Göttingen est considéré comme le meilleur centre de recherches en mathématiques au monde. Hilbert y restera jusqu’à sa retraite en 1930, malgré d'autres offres.

David Hilbert en 1886

Au dĂ©but du XXe siècle, il est mal vu pour une femme d'enseigner au niveau universitaire en Prusse. Vers 1910, Hilbert soutient les efforts d'Emmy Noether, mathĂ©maticienne de premier ordre, qui souhaite enseigner Ă  l'universitĂ© de Göttingen. Pour faire flĂ©chir les opposants, il affirme alors que l'universitĂ© n'est pas un « bain turc Â». Pour dĂ©jouer le système Ă©tabli, Hilbert prĂŞte son nom Ă  Noether qui peut ainsi annoncer l'horaire de ses cours sans entacher la rĂ©putation de l'universitĂ©.

En 1930, l'annĂ©e de sa retraite de Göttingen, Hilbert fait une allocution Ă  la radio, dĂ©nonçant un certain pessimisme dans la pensĂ©e allemande, porteuse de l'ignorabimus de Emil du Bois-Reymond. C'est Ă  cette occasion qu'il prononce « Wir mĂĽssen wissen, wir werden wissen Â» (« Nous devons savoir, nous saurons Â»). Un jour avant qu'il ne prononce cette phrase, Kurt Gödel remet sa thèse qui contient son thĂ©orème de complĂ©tude, thĂ©orème qui concerne la logique du premier ordre. L'entreprise semble donc sur de bons rails. Ironiquement, un an plus tard, ce mĂŞme Gödel dĂ©montrera son fameux thĂ©orème d'incomplĂ©tude, rĂ©sultat qui oblige Ă  relativiser, voire Ă  abandonner le programme de Hilbert.

En 1933, Hilbert voit les nazis limoger plusieurs membres Ă©minents de l'universitĂ© de Göttingen. Parmi ceux-ci, citons Hermann Weyl, qui remplace Hilbert Ă  la chaire de mathĂ©matiques après sa retraite en 1930, Emmy Noether et Edmund Landau. Paul Bernays, collaborateur de Hilbert en logique mathĂ©matique et co-auteur avec lui de Grundlagen der Mathematik (en), un important livre paru en deux volumes en 1934 et en 1939, quitte l'Allemagne suite aux pressions des nazis. Leur ouvrage Ă©tait la suite du livre publiĂ© par Hilbert et Ackermann : GrundzĂĽge der theoretischen Logik (en) (1928).

Environ une annĂ©e plus tard, Hilbert, invitĂ© Ă  un banquet, est assis Ă  cĂ´tĂ© du ministre de l'Éducation Bernhard Rust. Ă€ la question de Rust : « Comment se trouvent les mathĂ©matiques Ă  Göttingen maintenant qu'elle est libre de l'influence juive ? Â», Hilbert a rĂ©pliquĂ© : « Des mathĂ©matiques Ă  Göttingen ? Il n'y en a plus guère. Â»[2]

Tombe de David Hilbert à Göttingen avec l'épitaphe:
Wir mĂĽssen wissen
Wir werden wissen

Lorsque Hilbert meurt en 1943, les nazis ont complètement restructurĂ© l'universitĂ©, tous les Juifs et conjoints de Juifs forcĂ©s de partir, certains ayant rĂ©ussi Ă  fuir l'Allemagne, d'autres dĂ©portĂ©s. Environ une douzaine de personnes assistent Ă  ses funĂ©railles, deux seulement Ă©tant des ex-collègues[3]. Sur sa tombe Ă  Göttingen, on peut lire cet Ă©pitaphe : (de) Wir mĂĽssen wissen, wir werden wissen.

Parmi les étudiants de Hilbert, citons Hermann Weyl, Emanuel Lasker, Ernst Zermelo et Carl Gustav Hempel. John von Neumann était son assistant. À l'université de Göttingen, le cercle d'amis de Hilbert était composé des meilleurs mathématiciens du XXe siècle, tels Emmy Noether et Alonzo Church.

[modifier] Travaux

On retient de lui notamment sa liste de 23 problèmes, dont certains ne sont toujours pas résolus aujourd'hui, qu'il présenta en 1900 au congrès international des mathématiciens à Paris.

Ses contributions aux mathĂ©matiques sont nombreuses :

  • Consolidation de la thĂ©orie des invariants, qui Ă©tait le sujet de sa thèse.
  • L'axiomatisation de la gĂ©omĂ©trie euclidienne, pour la rendre cohĂ©rente, parue dans son (de) Grundlagen der Geometrie (Base de la gĂ©ometrie).
  • Travaux sur la thĂ©orie algĂ©brique des nombres, reprenant et simplifiant, avec l'aide de Minkowski, les travaux de Kummer, Kronecker, Dirichlet et Dedekind, et les publiant dans son (de) Zahlbericht (Rapport sur les nombres).
  • Apport des espaces de Hilbert, lors de ses travaux en analyse sur les Ă©quations intĂ©grales.
  • Apport sur les bases mathĂ©matiques de la relativitĂ© gĂ©nĂ©rale d'Einstein, notamment la dĂ©rivation de son Ă©quation Ă  partir de l'action d'Einstein-Hilbert.

[modifier] Le théorème des bases

Les premiers travaux d'Hilbert sur les fonctions invariantes l'amènent à démontrer en 1888 son théorème des bases. Vingt ans plus tôt, à l'aide d'une méthode de calculs complexe, Paul Gordan démontre le théorème sur la finitude des générateurs des formes binaires. Les tentatives de généraliser sa méthode aux fonctions à plusieurs variables échouent à cause de la complexité des calculs. Hilbert décide d'emprunter une autre voie. Il démontre ainsi le théorème des bases, qui affirme l'existence d'un ensemble fini de générateurs pour les invariants des formes algébriques pour n'importe quel nombre de variables. Il ne construit pas effectivement une telle base ni n'indique de moyen d'en construire. Il prouve l'existence formellement en montrant que rejeter cette existence conduit à une contradiction.

Hilbert envoie ses rĂ©sultats au Mathematische Annalen. Gordan, l'expert maison sur la thĂ©orie des invariants, ne parviendra pas Ă  apprĂ©cier la nature rĂ©volutionnaire des travaux d'Hilbert. Il rejette l'article, affirmant qu'il est incomprĂ©hensible : « C'est de la thĂ©ologie, pas des mathĂ©matiques ! Â»

Felix Klein, de son cĂ´tĂ©, reconnaĂ®t l'importance du travail et garantit qu'il sera publiĂ© sans modification, malgrĂ© son amitiĂ© pour Gordan. StimulĂ© par Klein et les commentaires de Gordan, Hilbert, dans un second article, prolonge ses rĂ©sultats, donnant une estimation sur le degrĂ© maximal de l'ensemble minimal des gĂ©nĂ©rateurs. Après lecture, Klein lui Ă©crit : « Sans aucun doute, il s'agit du plus important travail sur l'algèbre gĂ©nĂ©rale jamais publiĂ© par les Annalen Â».

Plus tard, une fois les mĂ©thodes de Hilbert largement reconnues, Gordan lui-mĂŞme affirme : « Je dois admettre que mĂŞme la thĂ©ologie a des mĂ©rites. Â»

[modifier] Axiomatisation de la géométrie

Article dĂ©taillĂ© : Axiomes de Hilbert.

Hilbert publie Grundlagen der Geometrie[4] (Les fondements de la géométrie[5]) en 1899. Il remplace les cinq axiomes usuels de la géométrie euclidienne par 21 axiomes. Son système élimine les faiblesses de la géométrie d'Euclide, la seule enseignée à ce moment.

Son approche est dĂ©cisive dans l'adoption des mĂ©thodes axiomatiques. Les axiomes ne sont plus immuables. La gĂ©omĂ©trie peut codifier l'intuition que nous avons Ă  propos des « objets Â», mais il n'est pas nĂ©cessaire de tout codifier. Les Ă©lĂ©ments, tels un point, une droite et un plan, peuvent ĂŞtre substituĂ©s par un verre de bière, une chaise et une table, par exemple. Il faut plutĂ´t se concentrer sur leurs relations.

Hilbert axiomatise la gĂ©omĂ©trie plane selon cinq grands groupes :

  1. Axiomes d'appartenance ou d'incidence: huit axiomes expriment le lien entre les notions de point, de droite et de plan.
  2. Axiomes d'ordre : quatre axiomes dĂ©finissent le terme « entre Â» et permettent de dĂ©finir l'ordre des points alignĂ©s, coplanaires ou dans l'espace
  3. Axiomes de congruence : cinq axiomes dĂ©finissent la notion de congruence et de dĂ©placement.
  4. Axiome des parallèles : il s'agit essentiellement du cinquième axiome d'Euclide.
  5. Axiomes de continuitĂ© : il contient l'axiome d'Archimède et celui de l'intĂ©gritĂ© linĂ©aire.

Ces axiomes unifient dans un seul système la géométrie plane et la géométrie dans l'espace, toutes deux euclidiennes.

[modifier] Les 23 problèmes

Article dĂ©taillĂ© : Problèmes de Hilbert.

À l'occasion d'un congrès international de mathématiciens tenu en 1900 à Paris, il propose sa fameuse liste des 23 problèmes. Même au XXIe siècle, elle est considérée comme la compilation ayant eu le plus d'influence en mathématiques, devant les trois grands problèmes de l'Antiquité. Certains estiment qu'il s'agit de la meilleure liste de problèmes ouverts jamais produite par un seul mathématicien.

Après avoir proposĂ© de nouvelles fondations Ă  la gĂ©omĂ©trie classique, Hilbert aurait pu s'attacher Ă  extrapoler pour le reste des mathĂ©matiques. Il dĂ©cide plutĂ´t de dĂ©terminer les problèmes fondamentaux auxquels les mathĂ©maticiens doivent s'attaquer pour rendre les mathĂ©matiques plus cohĂ©rentes. Son approche s'oppose Ă  celles des logicistes Russell et Whitehead, des « encyclopĂ©distes Â» Bourbaki et du mĂ©tamathĂ©maticien Giuseppe Peano. Sa liste met au dĂ©fi la communautĂ© des mathĂ©maticiens au complet, peu importe ses intĂ©rĂŞts.

Lors du congrès, son discours commence ainsi :

« Qui d'entre nous ne serait pas heureux de soulever le voile qui masque le futur, pour jeter un regard sur les progrès imminents de notre science et sur les secrets de son dĂ©veloppement pendant les siècles futurs ! Quelles seront-elles, les fins vers lesquelles tendront les esprits mathĂ©matiques dominants des gĂ©nĂ©rations Ă  venir ? Quelles mĂ©thodes nouvelles, quels faits nouveaux, les prochains siècles rĂ©vèleront-ils - dans le riche et vaste champ de la pensĂ©e mathĂ©matique [trad 1]? Â»

À la suggestion de Minkowski, il présente environ une dizaine de problèmes à la salle. La liste complète sera publiée dans les actes du congrès. Dans une autre publication, il propose une version augmentée, et finale, de sa liste de problèmes.

Quelques problèmes ont été rapidement résolus. D'autres ont été discutés pendant le XXe siècle, certains sont maintenant considérés comme étant trop vagues pour qu'on puisse leur donner une réponse définitive. Même aujourd'hui, il reste quelques problèmes bien définis qui défient les mathématiciens.

[modifier] Formalisme

Les problèmes de Hilbert sont aussi une sorte de manifeste qui permet l'éclosion de l'école formaliste, l'une des trois écoles majeures du XXe siècle en mathématiques. Selon cette école, les mathématiques existent en dehors de toute intention et de toute pensée. Elles sont des symboles qui demandent à être manipulés selon des règles formelles. Cependant, il n'est pas certain qu'Hilbert ait eu une vue aussi simple et mécanique des mathématiques.

[modifier] Le programme de Hilbert

En 1920, il propose explicitement un programme de recherche en mĂ©tamathĂ©matique qui sera connu plus tard sous le nom de programme de Hilbert. Il souhaite que les mathĂ©matiques soient solidement et complètement formulĂ©es en s'appuyant sur la logique. Hilbert croit que c'est possible, car :

  1. Toutes les mathématiques découlent d'un ensemble fini d'axiomes correctement choisis.
  2. Il peut être démontré que cet ensemble est cohérent.

Il semble que Hilbert s'appuie sur des arguments à la fois techniques et philosophique pour proposer un tel programme. Il affirme qu'il déteste l'ignorabimus relativement courant dans la pensée allemande de l'époque (dont l'on peut retracer la formulation à Emil du Bois-Reymond).

Ce programme est maintenant partie du formalisme. Bourbaki a adopté une version élaguée et moins formelle pour ses projets de (a) écrire une fondation encyclopédique et de (b) soutenir la méthode axiomatique en tant qu'outil de recherche. Bien que cette approche ait été féconde en algèbre et en analyse fonctionnelle, elle a connu peu de succès ailleurs.

[modifier] L’impact de Gödel

Hilbert et les autres mathématiciens qui travaillent à l'entreprise veulent réussir. Cependant, leur travail devait se terminer de façon abrupte.

En 1931, Kurt Gödel démontre que tout système formel non-contradictoire et suffisamment complet pour inclure au moins l'arithmétique, ne peut démontrer sa cohérence en s'appuyant sur ses axiomes. Tel que formulé, le grand schème de Hilbert est donc voué à l'échec.

Le théorème d'incomplétude de Gödel ne dit pas qu'il est impossible de réaliser un tel système selon l'esprit du programme de Hilbert. La complétion de la théorie de la démonstration a permis de clarifier la notion de cohérence, qui est centrale dans les mathématiques modernes. Le programme de Hilbert a lancé la logique sur une voie de clarification. Le désir de mieux comprendre le théorème de Gödel a permis le développement de la théorie de la récursion et la clarification de la logique. Cette dernière est devenue une discipline à part entière dans les décennies de 1930 et de 1940. Elle forme le point de départ de ce qui est aujourd'hui appelée l'informatique théorique, développée par Alonzo Church et Alan Turing.

[modifier] Analyse fonctionnelle

Dès 1909, Hilbert étudie de façon méthodique les équations différentielles et intégrales. Ce travail a une incidence marquée sur l'analyse fonctionnelle moderne.

Dans le but de mener à bien sa tâche, il introduit le concept d'espaces euclidiens de dimensions infinies, appelés plus tard les espaces de Hilbert. De façon inattendue, ce travail sera repris en physique théorique pendant les deux décennies subséquentes.

Plus tard, Stefan Banach généralisera le concept pour en faire l'espace de Banach.

[modifier] Physique

Minkowski semble responsable de la plupart des recherches de Hilbert en physique avant 1912, y compris leur séminaire conjoint sur le sujet en 1905. En effet, jusqu'en 1912, Hilbert fait exclusivement des mathématiques pures.

Cette annĂ©e-lĂ , il porte son attention sur la physique. Il a mĂŞme engagĂ© un « tuteur en physique Â»[6]. Il commence par Ă©tudier la thĂ©orie cinĂ©tique des gaz, puis continue avec la thĂ©orie des radiations et complète avec la thĂ©orie molĂ©culaire de la matière. MĂŞme pendant la Première Guerre mondiale, il propose sĂ©minaires et cours oĂą sont prĂ©sentĂ©s les travaux d'Albert Einstein et autres physiciens.

Hilbert invite Einstein à Göttingen pour y prononcer une série de conférences sur la relativité générale en juin et juillet 1915[7],[8]. Les échanges entre les deux savants mènent à la création de l'équation d'Einstein de la relativité générale (c'est-à-dire l'équation du champ d'Einstein et l'action d'Einstein-Hilbert). Même si Hilbert et Einstein ne se sont jamais disputés à propos de la paternité de l'équation, certains ont voulu remettre en cause celle-ci (voir Controverse sur la paternité de la relativité).

De plus, le travail de Hilbert anticipe et appuie les avancées dans la formulation mathématique de la mécanique quantique. Ses espaces de Hilbert sont essentiels aux travaux de Hermann Weyl et John von Neumann sur l'équivalence mathématique entre la mécanique matricielle de Heisenberg et l'équation de Schrödinger, ainsi qu'à la formulation générale de la mécanique quantique.

En 1926, von Neumann démontre que si les états atomiques sont considérés comme des vecteurs dans l'espace de Hilbert, alors ils correspondent à la fonction d'onde de Schrödinger et à la matrice de Heisenberg[note 1].

Dans le cadre de ses travaux en physique, Hilbert s'acharne Ă  rendre plus rigoureuses l'utilisation des mathĂ©matiques. Alors que leurs travaux dĂ©pendent entièrement des mathĂ©matiques supĂ©rieures, les physiciens sont nĂ©gligents lorsqu'ils manipulent les objets mathĂ©matiques. Pour un mathĂ©maticien du calibre de Hilbert, cette situation est difficile Ă  comprendre, allant jusqu’à la qualifier de « laide Â».

Lorsqu'il parvient Ă  se faire un portrait de l'utilisation des mathĂ©matiques en physique, il dĂ©veloppe une thĂ©orie mathĂ©matique cohĂ©rente Ă  l'usage des physiciens, surtout en ce qui concerne les Ă©quations intĂ©grales. Quand Richard Courant publie Methoden der mathematischen Physik (en) en incluant quelques idĂ©es de Hilbert, il ajoute le nom de Hilbert comme auteur, mĂŞme si ce dernier n'a pas participĂ© Ă  sa rĂ©daction. Hilbert a Ă©crit : « La physique est trop difficile pour les physiciens Â», voulant attirer l'attention sur la difficultĂ© inhĂ©rente Ă  l'utilisation de mathĂ©matiques supĂ©rieures. L'ouvrage de Courant et Hilbert tente d'aplanir ces difficultĂ©s.

[modifier] Théorie des nombres

Hilbert unifie la thĂ©orie algĂ©brique des nombres avec son Rapport sur les nombres ((de) Zahlbericht, publiĂ© en 1897). Il rĂ©sout le problème de Waring de façon quasi-complète. Son traitĂ© Ă©puise le sujet, mais l'Ă©mergence de la notion de « forme modulaire de Hilbert Â» signifie que son nom est attachĂ© encore une fois Ă  une partie majeure des mathĂ©matiques.

Il a fait plusieurs conjectures sur la théorie des corps de classes. Les concepts ont une importante remarquable, et ses propres contributions apparaissent dans le corps de classes de Hilbert et le symbole de Hilbert de la théorie du corps de classes local. Les résultats de ces théories sont presque tous prouvés en 1930, après une percée majeure de Teiji Takagi, ce qui l'établit comme le premier mathématicien japonais de calibre international.

Hilbert n'a pas travaillé sur les parties principales de la théorie analytique des nombres, mais son nom reste attaché à la conjecture de Hilbert-Pólya pour des raisons anecdotiques.

[modifier] Notes et références

[modifier] Traductions de

  1. ↑ (de) Wer von uns wĂĽrde nicht gerne den Schleier lĂĽften, unter dem die Zukunft verborgen liegt, um einen Blick zu werfen auf die bevorstehenden Fortschritte unserer Wissenschaft und in die Geheimnisse ihrer Entwicklung während der kĂĽnftigen Jahrhunderte ! Welche besonderen Ziele werden es sein, denen die fĂĽhrenden mathematischen Geister der kommenden Geschlechter nachstreben ? Welche neuen Methoden und neuen Tatsachen werden die neuen Jahrhunderte entdecken - auf dem weiten und reichen Felde mathematischen Denkens ?

[modifier] Notes

  1. ↑ En 1926, un an après la formulation matricielle de la thĂ©orie quantique par Max Born et Werner Heisenberg, John von Neumann devient assistant de David Hilbert Ă  Göttingen. Quand von Neumann le quitte en 1932, il publie son livre sur les fondements mathĂ©matiques de la mĂ©canique quantique, Mathematische Grundlagen der Quantenmechanik, ouvrage qui s'appuie sur les mathĂ©matiques de Hilbert. Voir Norman Macrae, John von Neumann : The Scientific Genius Who Pioneered the Modern Computer, Game Theory, Nuclear Deterrence, and Much More (rĂ©impression par l'American Mathematical Society, 1999) et Reid 1996.

[modifier] Références

  1. ↑ Certains, comme Reid 1996, donnent la petite ville de Wehlau, dans le district de Königsberg, comme lieu de naissance
  2. ↑ Reid 1996, p. 205
  3. ↑ Reid 1996, p. 213
  4. ↑ (en) Foundations of Geometry (traduction de 1902) numérisée sur le Projet Gutenberg
  5. ↑ David Hilbert, Les fondements de la géométrie, Dunod Paris (1971), rééd. Jacques Gabay (1997) ISBN 978-2-87647-127-6
  6. ↑ Reid 1996, p. 129
  7. ↑ (en) Tilman Sauer, The relativity of discovery: Hilbert's first note on the foundations of physics, Arch. Hist. Exact Sci. 53 (1999), 529-75
  8. ↑ (en) Albrecht Fölsing (de), Albert Einstein, Penguin, 1998 (1e Ă©d. (de) Albert Einstein: eine Biographie, Suhrkamp Verlag, 1993)
  • (en) Cet article est partiellement ou en totalitĂ© issu de l’article de WikipĂ©dia en anglais intitulĂ© « David Hilbert Â» (voir la liste des auteurs)

[modifier] Sources

  • (en) Constance Reid, Hilbert, Springer Verlag, 1996 (ISBN 978-0-387-94674-0) .

[modifier] Voir aussi

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[modifier] Bibliographie

  • Pierre Cassou-Noguès, Hilbert, 2001, Les Belles lettres. Coll. Figures du savoir ; 29, 169p. ISBN 2-251-76036-9.

[modifier] Articles connexes

  • Science sous le Troisième Reich
  • Objets mathĂ©matiques nommĂ©s d'après Hilbert :
    • Axiomes de Hilbert
    • Base de Hilbert
    • Conjecture de Hilbert-PĂłlya
    • Corps de classes de Hilbert
    • Courbes de Peano-Hilbert
    • Cube de Hilbert
    • Espace de Hilbert
    • Espace projectif de Hilbert
    • Forme modulaire de Hilbert (en)
    • HĂ´tel de Hilbert
    • InĂ©galitĂ© de Hilbert
    • Matrice de Hilbert
    • Problèmes de Hilbert
    • Système Ă  la Hilbert
    • ThĂ©orème 90 de Hilbert
    • ThĂ©orème de la base de Hilbert
    • ThĂ©orème de Hilbert-Speiser
    • ThĂ©orème des zĂ©ros de Hilbert
    • TransformĂ©e de Hilbert
  • Prix mathĂ©matique nommĂ© d'après Hilbert :
    • David Hilbert International Award

[modifier] Liens externes

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