E (nombre) : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.La constante mathématique e est la base des logarithmes naturels, dont l'expression décimale commence par :
Appellation :
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Le nombre e est probablement la constante réelle la plus importante des mathématiques après π : on la retrouve en effet dans la normalisation des fonctions exponentielles. Il est cependant difficile de dater avec exactitude son apparition dans la littérature. En effet, si Neper introduit les logarithmes comme artifice de calcul pour simplifier les calculs du sinus, du cosinus, du produit et du quotient, il ne précise pas de base particulière pour ces logarithmes et les logarithmes les plus courants à cette époque sont ceux en base 10.
Les logarithmes naturels apparaissent pour la première fois en 1618 en appendice d'un traité de Napier probablement rédigé par William Oughtred.
En 1624, Briggs donne l'approximation du logarithme décimal d'un nombre qu'il n'identifie pas avec précision, mais qui se révèle être e.
En 1647, Grégoire de Saint-Vincent calcule l'aire sous l'hyperbole, mais ne met pas en évidence le nombre e.
En 1661, Huygens est capable de faire le rapprochement entre l'aire sous l'hyperbole et les fonctions logarithmes. Comme e est le réel tel que l'aire sous l'hyperbole entre 1 et e vaille 1, il est probable que ce nombre fut remarqué à cette époque sans toutefois que l'on parle pour lui de la base du logarithme naturel.
La première apparition de e comme nombre remarquable date de 1683, époque à laquelle Bernoulli s'intéresse aux calculs d'intérêt. Ce qui l'amène à étudier la limite de la suite (1 + 1 / n)n. Mais personne à ce moment ne fait le rapprochement entre ce nombre et les logarithmes naturels. Pourtant c'est durant cette période que l'on commence à entrevoir que la fonction logarithme de base a est la réciproque de la fonction exponentielle de base a. La communauté scientifique est alors mûre pour découvrir e. C'est dans une lettre de Leibniz à Huygens que ce nombre est enfin identifié comme la base du logarithme naturel, mais Leibniz lui donne le nom de b.
On doit la notation e pour cette constante à Euler dans une lettre que celui-ci adresse à Goldbach en 1731. Le choix de e a donné lieu a de nombreuses conjectures : e pour Euler ? e pour exponentielle ? ou tout simplement e comme première voyelle disponible dans le travail d'Euler.
C'est aussi Euler qui donne le développement de e en série
et en fraction continue :
Puisque e possède un développement en fraction continue infini, il est irrationnel. Les différents approximants de Padé permettent d'offrir de nombreuses expressions de e sous forme de fractions continues généralisées (cf l'article Approximant de Padé de la fonction exponentielle). Elles permettent à Charles Hermite de démontrer la transcendance de ce nombre en 1873.
Les considérations précédentes montrent que e peut être défini de plusieurs façons différentes
L'équivalence de ces quatre définitions provient des relations qui lient la fonction exponentielle, la fonction logarithme et les limites de suites.
La constante de Néper apparaît largement dans la théorie des nombres. Les mathématiciens se sont très tôt intéressés à la nature du nombre e. L'irrationalité de e fut démontrée par Lambert en 1761 et plus tard par Euler. La démonstration peut se faire grâce à son développement en série (voir Démonstration de l'irrationalité de e) soit par son développement en fraction continue.
La preuve de la transcendance de e fut établie par Hermite en 1873. On en déduit que, pour tout rationnel r (qui inclut les entiers naturels), et er est aussi transcendant, mais on ne sait pas encore (2007) si ee est transcendant ou non.
Les propriétés de ce nombre sont à la base du théorème de Lindemann-Weierstrass.
Il a été conjecturé que e était un nombre normal.
Pour tout réel x, exp(x) = ex où exp est l'unique fonction y vérifiant l'équation différentielle y' = y et y(0) = 1. Cette fonction est appelée fonction exponentielle de base e.
Elle permet de donner toutes les solutions de l'équation différentielle y' = ay qui sont les fonctions définies par f(x) = Ceax.
La recherche de l'unique solution complexe à l'équation différentielle u' = iu et u(0) = 1 conduit à la fonction u(x) = eix = cos(x) + isin(x) et à l'identité d'Euler :
qui selon Richard Feynman est « la formule la plus remarquable du monde » (e représentant l'analyse, i l'algèbre, π la géométrie, 1 l'arithmétique et le nombre 0 les mathématiques). Euler lui-même aurait également été émerveillé de cette relation rassemblant cinq nombres fondamentaux : 0, 1, e, i, π.
Le nombre e est égal à la somme de la série de l'exponentielle de 1 :
Ce développement peut être employé pour montrer qu'il est irrationnel.
Démonstration, par l'absurde. Supposons qu'il existe deux entiers a et b tels que , où a est strictement positif et b strictement supérieur à 1. Considérons le nombre
Nous allons démontrer que x est un nombre entier strictement positif et strictement inférieur à 1, et cette contradiction établira l'irrationalité de e.
Puisqu'il n'existe aucun nombre entier strictement positif et strictement inférieur à 1, nous avons obtenu une contradiction, et ainsi e doit être irrationnel. ∎CQFD
Une autre démonstration consiste à établir le développement en fraction continue du nombre e. Si la preuve est plus complexe, elle est aussi plus riche d'enseignement. Elle permet de montrer que si x est un nombre rationnel, alors ex est irrationnel. Elle permet aussi d'établir que e n'est pas un irrationnel quadratique, c'est à dire n'est solution d'aucune équation du second degré à coefficients rationnels (cf Fraction continue et approximation diophantienne). En revanche, pour aller plus loin, c'est à dire que pour montrer que e n'est solution d'aucune équation du troisième degré à coefficients rationnels, puis qu'il est transcendant, ce qui signifie qu'il n'est solution d'aucune équation polynomiale à coefficients rationnels, de nouvelles idées sont nécessaires.
| Notion de nombre | ||
| Ensembles usuels | Extensions | |
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â„• ensemble des entiers naturels |
℠algèbre des quaternions |
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| Propriétés particulières | ||
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pair ou impair • premier ou composé • carré • parfait |
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| Exemples d'importance historique | ||
| π : √2 : φ : 0 : i : e : ℵ0 : |
constante d'Archimède racine carrée de deux nombre d'or zéro unité imaginaire constante de Neper aleph-zéro |
(≈ 3,141592654…) (≈ 1,414213562…) (≈ 1,618033989…) de carré valant −1 (≈ 2,718281828…) premier cardinal infini |
| autres constantes mathématiques | ||
| Notions connexes | ||
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chiffre • numération • fraction • opération • calcul • algèbre |
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