Géométrie non euclidienne : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.|
|
Cet article est une ébauche concernant la géométrie.
Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.
|
On appelle géométrie non euclidienne une théorie géométrique ayant recours à tous les axiomes et postulats posés par Euclide dans les Éléments, sauf le postulat des parallèles.
Les différentes géométries non euclidiennes sont issues de la volonté de démontrer le cinquième postulat (le postulat d'Euclide) qui semblait peu satisfaisant car trop complexe, et peut-être redondant.
Ce à quoi Saccheri, procédant par l'absurde, avait échoué à la fin du XVIIe siècle.
Dans les Éléments d'Euclide, le postulat ressemble à la conclusion d'un théorème, mais qui ne comporterait pas de démonstration :
et qu'on peut comprendre comme :
Durant plusieurs siècles, la géométrie euclidienne a été utilisée sans que l'on mette en doute sa validité. Elle a même été longtemps considérée comme l'archétype du raisonnement logico-déductif. Elle présentait en effet l'avantage de définir les propriétés intuitives des objets géométriques dans une construction mathématique rigoureuse.
Sommaire |
Les géométries à n dimensions et les géométries non euclidiennes sont deux branches séparées de la géométrie, qui peuvent être combinées, mais pas obligatoirement. Une confusion s'est établie dans la littérature populaire à propos de ces deux géométries. Parce que la géométrie euclidienne était à trois dimensions, on en concluait que les géométries non euclidiennes comportaient nécessairement des dimensions supérieures.
C'est Gauss qui, dès 1813[1], a formulé la possibilité qu'il existe d'autres géométries que celle d'Euclide.
Ce constat fait par Gauss est le terme d'une longue suite de recherches et de tentatives d'éclaircissement du cinquième postulat d'Euclide (le postulat des parallèles). En effet, ce postulat a toujours paru un peu "à part" et non évident aux mathématiciens, notamment car il fait appel au concept d'infini, qui ont cherché soit à le remplacer par un postulat plus simple et plus direct, ou soit de le démontrer à partir des autres postulats d'Euclide. Ainsi, les mathématiciens arabo-musulmans dont notamment Thābit ibn Qurra, Alhazen, et surtout Omar Khayyam ont étudié les liens entre le postulat des parallèles et la somme des angles des quadrilatères et des triangles. Khayyam propose ainsi dès le XIe siècle une alternative au cinquième postulat d'Euclide, et des tentatives de démonstration de ces postulats par l'absurde[1].
Au XVIIe siècle, John Wallis et surtout Giovanni Girolamo Saccheri se sont inspirés des travaux de ces mathématiciens et ont tenté de démontrer le postulat des parallèles. Saccheri consacra sa vie entière à essayer de démontrer le postulat des parallèles par l'absurde, sans y parvenir. Mais, postulant "l'hypothèse de l'angle aigu"[2], non seulement il n'aboutit à aucune contradiction mathématique flagrante, mais de plus il découvre tout un ensemble de nouveaux théorèmes, cohérents et riches. Il est sur le point de découvrir une géométrie non euclidienne (par exemple la géométrie hyperbolique, dans laquelle l'espace peut admettre une infinité de parallèles à une droite donnée et passant par un point hors de cette droite), mais il n'acceptera jamais ces nouveaux théorèmes qu'il considère comme « répugnants »[3].
Reprenant les travaux de Saccheri en 1766, Johann Heinrich Lambert reprend l'hypothèse de l'angle aigu, mais ne conclut pas à une contradiction. Il réalise, au moins dans les toutes dernières années de sa vie, qu'il doit être possible de bâtir des géométries cohérentes, soit à partir de l'hypothèse de l'angle aigu (géométrie hyperbolique), soit celle de l'angle obtus[4] (géométrie elliptique).
Lambert obtient notamment la formule π − (α + β + γ) = CΔ, C étant une constante[5], qui donne l'aire Δ d'un triangle dont les trois angles sont α,β,γ dans une géométrie fondée sur l'angle aigu (nommée de nos jours une géométrie hyperbolique).
On distingue les géométries à courbure négative, comme celle de Lobatchevski (1829) et Bolyai (1832) (somme des angles d'un triangle inférieure à 180°, nombre infini de parallèles possibles à une droite par un point, par exemple la géométrie hyperbolique), des géométries à courbure positive comme celle de Riemann (1867) (somme des angles d'un triangle supérieure à 180°, parallèles se rejoignant aux pôles, par exemple la géométrie elliptique).
La géométrie communément appelée « géométrie de Riemann » est un espace sphérique à trois dimensions, espace fini et cependant sans bornes, à courbure positive régulière, alternative au postulat euclidien des parallèles. Riemann a conçu par ailleurs une théorie étendue des géométries non euclidiennes à n dimensions (conférence de 1854).
L'idée de « géométrie non euclidienne » sous-entend généralement l'idée d'un espace courbe, mais la géométrie d'un espace courbe n'est qu'une représentation de la géométrie non euclidienne, précise Duncan Sommerville (en) dans The Elements of Non-Euclidean Geometry (Londres, 1914). Il existe des espaces non euclidiens à trois dimensions.
Lobatchevski, Klein et Poincaré ont créé des modèles de géométrie dans lesquelles on peut tracer une infinité de parallèles à une droite donnée et passant par un même point.
Il est remarquable que seul le cinquième postulat d'Euclide ait été levé ; les géométries non euclidiennes respectent par ailleurs toutes les autres définitions d'Euclide. En particulier, une droite est toujours définie comme la ligne de plus court chemin joignant deux points sur une surface. Il existe plusieurs modèles de géométrie hyperbolique à deux dimensions : le disque de Poincaré, le demi-plan de Poincaré, …
Riemann a introduit un autre modèle de géométrie non euclidienne, la géométrie sphérique (parfois appelée géométrie elliptique sphérique). Dans ce cas, par un point extérieur à une droite on ne peut mener aucune parallèle (autrement dit, toutes les droites passant par un point extérieur à une droite donnée sont sécantes à cette droite, ou encore toutes les droites de l'espace sont sécantes entre elles). Le modèle est très simple :
Cette géométrie donne une courbure positive de l'espace (la somme des angles d'un triangle est supérieure à deux droits, ou la somme de deux angles successifs d'un quadrilatère est supérieure à deux droits, ou encore il existe un triangle dont tous les angles sont droits).
Jean-Pierre Bourguignon, Espaces courbes [détail des éditions]
Jean-Pierre Petit, Le géométricon, bande dessinée de la collection Les aventures d'Anselme Lanturlu, éd. Belin,
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.