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Henri Cartan


Henri Cartan : encyclopédie mathématiques

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Henri Cartan en 1968.

Henri Cartan, nĂ© le 8 juillet 1904 Ă  Nancy et dĂ©cĂ©dĂ© le 13 aoĂ»t 2008 (Ă  104 ans) Ă  Paris, est un mathĂ©maticien français. Il est le fils du mathĂ©maticien Élie Cartan et de Marie-Louise Bianconi. Il est couramment considĂ©rĂ© comme l'un des mathĂ©maticiens français les plus influents de son Ă©poque. Il est connu pour ses travaux sur les fonctions de plusieurs variables complexes, la topologie (faisceaux, complexes d'Eilenberg-Mac Lane) et l'algèbre homologique. Il a Ă©tĂ© un des membres fondateurs du groupe Bourbaki.

Sommaire

[modifier] Études

Selon ses propres dires[1], Henri Cartan fut intéressé très jeune par les mathématiques, mais sans être pour autant influencé par sa famille. Il déménagea à Paris avec sa famille après la nomination de son père à la Sorbonne en 1909.

Henri Cartan suivit des Ă©tudes secondaires au LycĂ©e Hoche Ă  Versailles. En 1923, il entra Ă  l'École normale supĂ©rieure de la rue d'Ulm (Paris). Il y fit la rencontre d'AndrĂ© Weil, entrĂ© en 1922 Ă  l'âge de 16 ans et obtint son doctorat en 1928 sous la direction de Paul Montel : sa thèse portait sur l'analyse complexe.

[modifier] Carrière

De 1928 à 1929, il enseigna au lycée Malherbe de Caen, puis fut de 1929 à 1931 chargé de cours à la faculté des sciences de l'université de Lille.

En 1931, il fut nommĂ© chargĂ© de cours Ă  la facultĂ© des sciences de l'universitĂ© de Strasbourg puis maĂ®tre de confĂ©rences. Suite Ă  une publication sur les domaines cerclĂ©s, Henri Cartan fut invitĂ© en Allemagne Ă  l'universitĂ© de MĂĽnster en mai 1931. Il rencontra alors Heinrich Behnke ainsi que son assistant Peter Thullen ; ils devinrent amis et publièrent ensemble un papier dans les Mathematische Annalen de 1932 (le thĂ©orème Cartan-Thullen).

La première réunion des futurs membres du groupe Bourbaki eut lieu le 14 janvier 1935. Le premier congrès, à Besse-en-Chandesse en juillet 1935, réunissait Szolem Mandelbrojt, Jean Dieudonné, Claude Chevalley et André Weil. Le but était alors la simple rédaction d'un traité d'analyse, but qui devint de plus en plus ambitieux au fil du temps[2]. Cette même année, il épousa Nicole Weiss, fille du physicien Pierre Weiss, avec qui il aura cinq enfants.

Nommé professeur en 1936, Henri Cartan fut de nouveau invité en Allemagne en 1937. Après l'évacuation de Strasbourg suite à l'invasion allemande, il enseigna un an à Clermont-Ferrand. En 1937, il émit l'idée de filtre en mathématique qu'il présenta au congrès Bourbaki de Chançay de septembre[2]. En novembre 1940, il fut nommé maître de conférences de mathématiques générales à la faculté des sciences de l'Université de Paris et chargé de l'enseignement des mathématiques à l'École normale supérieure.

Son frère, le physicien Louis Cartan, s'engagea dans la Résistance. Arrêté et déporté en février 1943, il fut condamné à mort en août, et exécuté en décembre 1943[3]. Henri apprit sa mort en mai 1945, à la fin de la guerre. Continuant à garder des contacts en Allemagne durant cette période, il facilita à la fin de la guerre le rapprochement entre mathématiciens français et allemands[4], communiquant en particulier avec Heinrich Behnke et Peter Thullen[3]. Chargé des cours de mathématiques de l'École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris en 1945, il fut détaché de 1945 à 1947 à la Faculté des sciences de Strasbourg.

En novembre 1946, Henri Cartan visita l'Institut de Recherche d'Oberwolfach. À l'École normale, il dirigea les célèbres séminaires Cartan entre 1948 et 1964. En janvier 1948, il fut invité à l'université de Chicago par Weil. Il rencontra alors Samuel Eilenberg. Il visita l'université de Harvard de février à mai. En 1949, il fut nommé professeur à la faculté des sciences de l'université de Paris. En 1950, il devint président de la Société mathématique de France. Il rédigea l'ouvrage Homological Algebra en 1956, avec Eilenberg, manuel qui fait encore référence aujourd'hui[3].

En 1965, il quitta ses fonctions à l'école normale supérieure. En 1969, il fut nommé professeur à la faculté des sciences d'Orsay (appelé secondairement université Paris XI).

De 1967 à 1970, il fut le président de l'Union mathématique internationale. Il fut élu membre de l'Académie des sciences le 28 janvier 1974, et depuis fut membre de diverses académies, prenant sa retraite en 1975.

[modifier] Combat politique

En 1974, Cartan s'engagea pour la libĂ©ration du mathĂ©maticien russe Leonid Pliouchtch (en), retenu par les autoritĂ©s soviĂ©tiques dans un hĂ´pital psychiatrique. Il organisa un appel Ă  la signature d'une pĂ©tition Ă  Vancouver, et fonda Ă  l'occasion le ComitĂ© des mathĂ©maticiens, avec Lipman Bers (de) et Laurent Schwartz[3], qui rencontra Ă  plusieurs reprises la Ligue des droits de l'homme de Paris. Leonid Pliouchtch fut libĂ©rĂ© en janvier 1976. Le comitĂ© dĂ©fendit par la suite diffĂ©rents mathĂ©maticiens dans le monde, dont les positions politiques les mettaient en danger (tels Andrei Chikhanovitch et Anatoly Shcharansky, l'Uruguayen JosĂ© Luis Massera (en) ou le Marocain Sion Assidon[3]). Aujourd'hui existe le ComitĂ© de DĂ©fense des Hommes de Science.

Sur le plan politique, Henri Cartan dĂ©fendit l'idĂ©e d'un fĂ©dĂ©ralisme europĂ©en. De 1974 Ă  1985, il a Ă©tĂ© prĂ©sident de l'Union des fĂ©dĂ©ralistes europĂ©ens. En 1984, il se prĂ©senta comme candidat pour le Parlement EuropĂ©en et il conduisit la « Liste pour les États-Unis d'Europe Â» aux Ă©lections europĂ©ennes, recueillant 0,4% des suffrages exprimĂ©s[3].

[modifier] Distinctions

  • MĂ©daille d'or du CNRS en 1976
  • Prix Wolf de mathĂ©matiques en 1980
  • Prix Pagels de l'AcadĂ©mie des sciences de New York pour son engagement politique en faveur de la reconnaissance des droits de l'homme.

[modifier] Sélection de publications

  • Homological Algebra (avec S. Eilenberg), Princeton Univ Press, 1956 (ISBN 0674079779).
  • SĂ©minaires de l'Ecole Normale SupĂ©rieure (dits " SĂ©minaires Cartan") , Secr. Math. IHP, 1948-1964; W.A.Benjamin ed., New York, 1967.
  • ThĂ©orie Ă©lĂ©mentaire des fonctions analytiques, Hermann, Paris, 1961 (traduit en allemand, anglais, espagnol, japonais, russe).
  • Calcul diffĂ©rentiel, Hermann, Paris, 1967 (traduit en anglais, espagnol et russe).
  • Formes diffĂ©rentielles, Hermann, Paris, 1967 (traduit en anglais, espagnol et russe).
  • Ĺ’uvres - Collected Works, 3 vol. Ă©ditĂ©s par Reinhold Remmert (de) et Jean-Pierre Serre, Springer Verlag, Heidelberg, 1967.

[modifier] Notes et références

  1. ↑ Interview d'Henri Cartan
  2. ↑ a et b M. Mashaal, Henri Cartan, de Bourbaki à l'Europe unie, Pour la Science, octobre 2008, p. 100-102
  3. ↑ a, b, c, d, e et f Henri Cartan, mathématicien, Le Monde, 19 août 2008
  4. ↑ Henri Cartan, French Mathematician, Is Dead at 104, The New York Times, 24 août 2008 (en)

[modifier] Voir aussi

[modifier] Documents

  • Michèle Audin, Correspondance entre Henri Cartan et AndrĂ© Weil (1928-1991), Documents MathĂ©matiques 6, SociĂ©tĂ© MathĂ©matique de France, 2011.
  • Isabelle BrouĂ©, Henri Cartan, une vie de mathĂ©maticien, film documentaire, 1995, CNRS Images - 2007 ; production : Les Films du Kiosque [prĂ©sentation en ligne]
  • Henri Cartan, dans Marian Schmidt, Hommes de science – 28 portraits, Paris, Hermann, 1990 (ISBN 978-2-70566124-3) 32-41.
  • (en) Interview with Henri Cartan, par A. Jackson, Notices AMS 46 (1999), 782-788.

[modifier] Liens externes

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