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Image : encyclopédie mathématiques

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L'ombre portĂ©e, une image naturelle, diffĂ©rente de l'original ; dĂ©jĂ  mĂ©taphoriquement utilisĂ©e dans son « mythe de la caverne Â» par Platon

Une image est une reprĂ©sentation visuelle voire mentale de quelque chose (objet, ĂŞtre vivant et/ou concept). Elle peut ĂŞtre naturelle (ombre, reflet) ou artificielle (peinture, photographie), visuelle ou non, tangible ou conceptuelle (mĂ©taphore), elle peut entretenir un rapport de ressemblance directe avec son modèle ou au contraire y ĂŞtre liĂ©e par un rapport plus symbolique. Pour la sĂ©miologie ou sĂ©miotique, qui a dĂ©veloppĂ© tout un secteur de sĂ©miotique visuelle, l'image est conçue comme produite par un langage spĂ©cifique. Une des plus anciennes dĂ©finitions de l'image est celle de Platon : « j'appelle image d'abord les ombres ensuite les reflets qu'on voit dans les eaux, ou Ă  la surface des corps opaques, polis et brillants et toutes les reprĂ©sentations de ce genre Â». Le mot image vient du latin imago, qui dĂ©signait les masques mortuaires.
Selon Olivier Boulnois :

«  Qu'entend-on par image ? Dans le monde romain, l'imago dĂ©signait un portrait de l'ancĂŞtre en cire, placĂ© dans l'atrium et portĂ© aux funĂ©railles. Le droit d'images, rĂ©servĂ© aux personnes nobles, leur permettait d'Ă©tablir et de conserver leur lignage. Étymologiquement, l'image figure donc le portrait d'un mort. (p.13). L'image est le langage commun de l'humanitĂ©. Elle apparaĂ®t sur les voĂ»tes des grottes prĂ©historiques bien avant que l'homme songe Ă  Ă©difier des temples et des tombeaux. Des millĂ©naires la sĂ©parent de l'Ă©criture, projection abstraite de la pensĂ©e. L'image abolit le temps et l'espace. Elle est lecture instantanĂ©e et prĂ©sence immĂ©diate du monde. Ă€ travers elle l'homme se reconnaĂ®t ; pourtant sa richesse est ambiguĂ« et son pouvoir d'aliĂ©nation extrĂŞme. L'image sert de vĂ©ritĂ©. Elle s'offre Ă  tous et se refuse Ă  chacun. La mythologie moderne consacre le règne de l'image. Pour mieux imposer ses fables et ses slogans, elle rĂ©voque l'esprit qui anime la lettre (la publicitĂ©, aujourd'hui, fait de la lettre une image) Â»

Sommaire

[modifier] Qu'est ce qu'une image?

Il convient tout d'abord de distinguer les images mentales des images perceptives.

[modifier] Les images dites «mentales»

Elles correspondent à des représentations de nature consciente ou inconsciente, résultant du phénomène subjectif de perception, selon une dimension individuelle ou collective:

  • L'image naturelle, qui selon Platon Ă©tait la seule Ă  avoir un intĂ©rĂŞt philosophique : ombre, reflet.
  • L'image psychique correspond Ă  une mĂ©taphore, une reprĂ©sentation mentale, un rĂŞve, une imagination, etc.
  • L'image sociale rĂ©sulte d'une impression forgĂ©e par l'opinion d'un groupe restreint ou d'une foule.
  • L'image historique ou liĂ©e Ă  la mĂ©moire est la trace laissĂ©e aux gĂ©nĂ©rations suivantes d'un personnage ou d'un Ă©vènement.

[modifier] Les images dites «artificielles»

L'image artificielle peut ĂŞtre :

-enregistrée à partir du réel: photographie, vidéo, etc.
-fabriquĂ©e Ă  partir d'une construction ou d'une restitution du rĂ©el : dessin, peinture, image de synthèse, etc.

On peut distinguer sept types d'images[1] :

  • la vision naturelle : image unique + vision unique
  • peinture-dessin : image unique (non reproductible) + vision multiple
  • affiche-photographie : reproductibilitĂ© + vision multiple
  • cinĂ©ma-vidĂ©o : reproductibilitĂ© + vision multiple + mouvement
  • tĂ©lĂ©vision : reproductibilitĂ© + vision multiple + mouvement + transmission instantanĂ©e
  • image numĂ©rique internet : reproductibilitĂ© + vision multiple + mouvement + transmission instantanĂ©e + interactivitĂ©

[modifier] Les types de représentation

Certaines images entretiennent un rapport analogique avec ce qu'elles représentent. C'est le cas d'un dessin ou d'une photographie qui ressemble (par exemple visuellement) à leur sujet.
Certaines représentations entretiennent un rapport direct avec leur objet, mais sans ressemblance physique, comme un organigramme d'entreprise ou le schéma d'un montage électronique.
Les images mĂ©taphoriques procèdent par comparaison : lorsque l'on dit « cette femme est une vipère Â» ou « cet homme est un chacal Â», les affirmations ne sont pas entendues de manière littĂ©rale mais impliquent une comparaison entre des personnes et, dans ce cas, des animaux, suivant les qualitĂ©s que l'on prĂŞte de manière conventionnelle Ă  ces animaux.
D'autres images forcent le trait de certaines caractĂ©ristiques : il peut s'agir de caricature, de reprĂ©sentations arrangĂ©es (Imagerie d'Épinal.

En optique géométrique, une image d'un objet est le lieu de convergence des rayons issus d'un même point (image réelle) ou le lieu d'où semblent provenir les rayons après la traversée d'un système optique (image virtuelle). La projection sur un écran est un cas de visualisation d'une image réelle, l'observation d'un texte à travers une loupe est l'exemple de visualisation d'une image virtuelle. La notion d'image optique est liée à la propriété de stigmatisme.

En marketing, l'image de marque est la représentation favorable que se donne, vis-à-vis du public, une firme, une institution, une personnalité.

[modifier] Culture de l'image / Culture de la parole

En raison de l'influence remarquable de l'audio-visuel dans la vie moderne, les sociétés et en particulier les sociétés occidentales ont tendance à accorder une primauté de l'image dans le domaine de la communication.
C'est ce qui a fait dire Ă  RĂ©gis Debray ("Manifestes mĂ©diologiques") qu'Hollywood est nĂ© Ă  Byzance, parce que la civilisation de l'image ainsi instaurĂ©e aboutit Ă  notre « mĂ©diacratie Â» moderne.

  • La locution une image vaut mille mots illustre la dimension positive du phĂ©nomène de l'image. SpontanĂ©ment, l'image vĂ©hicule un caractère d'objectivitĂ© : «On croit davantage Ă  ce que l'on voit».
  • Mais que voit-on ? L'instantanĂ©itĂ© de la perception n'Ă©puise pas la totalitĂ© de ce que l'on peut percevoir du passĂ© et surtout du futur.
    L'image n'est qu'un reflet, qui peut être un reflet construit, un décor de théâtre, une mise en scène.
  • Combien d'images valent un mot ? Dans les sociĂ©tĂ©s plus anciennes, tenir parole est important car la parole relie les ĂŞtre humains entre eux Ă  travers les serments, les principes, les obligations, les contrats et les devoirs conjugaux.

[modifier] Dans l'histoire et en religion

Plusieurs périodes d'iconoclasme religieux ou politique ont marqué l'histoire de l'art et de la pensée. Aujourd'hui l'image en tant qu'œuvre de création est aussi protégée par le droit (via la Convention de Berne pour la protection des œuvres littéraires et artistiques en Europe), à des fins notamment commerciales, y compris post-mortem[2]

[modifier] Les premières images

Partout à travers le monde l'homme a laissé les traces de ses facultés imaginatives sous forme de dessins sur les rochers, qui vont des temps les plus anciens du paléolithique à l'époque moderne. Ces dessins étaient destinés à communiquer des messages. Ces figures, dessinées, peintes, gravées ou taillées représentent les premiers moyens de la communication humaine. On les considèrent comme des images dans la mesure où elles imitent, en les schématisant visuellement, les personnes et les objets du monde réel. On pense que ces premières images pouvaient avoir aussi des relations avec la magie et la religion.

[modifier] Quels sont les liens entre Dieu et l'image ?

L'interdiction faite dans la Bible ou le Coran de fabriquer des images et de se prosterner devant elle (troisième commandement) renvoie l'image au statut de la personne et particulièrement à celui de la Divinité. La querelle des images a secoué l'occident du quatrième au septième siècle de notre ère, en opposant «iconophiles» et «iconoclastes». Elle renvoie au questionnement sur la nature divine ou non de l'image.

-pour les uns, la religion monothéiste doit combattre les images des autres dieux.
-pour les autres, Dieu est celui qui - par excellence- ne se représente pas et ne peut être limité dans le cadre d'une quelconque représentation, même symbolique, car Dieu ne peut être qu'un mystère à contempler et à découvrir sans cesse.
  • Dans la religion chrĂ©tienne, dans ses branches catholiques et orthodoxes, l'image tient une place importante  : en effet, après quelques pĂ©riodes d'iconoclasme virulent, l'image est dĂ©finitivement autorisĂ©e par le concile de NicĂ©e. La raison en est simple : si Dieu s'est incarnĂ©, alors rien ne s'oppose Ă  ce qu'on reprĂ©sente ce qu'il a lui-mĂŞme voulu rendre visible.

 Â« Nous rappelons que dans la religion chrĂ©tienne "Dieu crĂ©a l'homme Ă  son image". Ce terme d'image, fondateur ici, n'Ă©voque plus une reprĂ©sentation visuelle mais une ressemblance. L'homme-image d'une perfection absolue, pour la culture judĂ©o-chrĂ©tienne, rejoint le monde visible de Platon, ombre, « image Â» du monde idĂ©al et intelligible au fondement de la philosophie occidentale. Du mythe de la caverne Ă  la bible, nous avons appris que nous sommes nous mĂŞme des images, des ĂŞtres ressemblant au beau, au bien et au sacrĂ©.  Â»

  • La religion protestante dans sa relation avec la divinitĂ©, prĂ©fère la lecture des textes sacrĂ©s Ă  celle de l'image (Ajouter qu'il y a eu un iconoclasme protestant, spĂ©c. calviniste[3].
  • L'Islam, s'appuie sur l'interdiction de l'idolâtrie par le Coran et promeut un aniconisme plus ou moins sĂ©vère.

[modifier] Les « images et sources anciennes Â»

Parmi les sources indispensables aux restaurateurs, il faut inclure les traités de techniques architecturales des hommes de l’art. Les inventaires technologiques comme ceux de Végèce et Marcus Vitruvius Pollio, connu sous le nom de Vitruve sont certes indispensables. Les recherches architectoniques d’un Villard de Honnecourt au XIIIe siècle nous amènent ailleurs, dans la connaissance spécifique de l’architecture médiévale. La série est longue, depuis l’invention de l’imprimerie au XVe siècle, du fond documentaire disponible. De nombreux ingénieurs se sont illustrés par leur apport technologique, leurs innovations et leur savoir-faire en laissant des ouvrages richement illustrés de leurs expériences et de leurs réflexions. Des publications en fac-similé et des expositions récentes ont mieux fait connaître les travaux des ingénieurs. Ils gagneraient à être mieux diffusés. La bibliographie est immense, disparate, partielle. On ne dispose pas encore d’une vraie synthèse globale et critique.

Quand on pense aux sources graphiques anciennes, on se remĂ©more surtout les grandes sĂ©ries romantiques comme celle de Geoffroy Engelmann (1788-1839). Après avoir appris la lithographie en 1813 chez Senefelder Ă  Munich, il l’introduit en France en 1814. Il lance en 1820 la collection Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France sous la direction du baron Isidore Taylor, puis de Taylor et Charles Nodier (environ 70 volumes) illustrĂ© par J. Vernet et Alexandre-Évariste Fragonard, et d’autres artistes comme Ciceri, Isabey, Horace Vernet... L’élan Ă©tait donnĂ© Ă  de nombreuses autres sĂ©ries comme « Le Moyen-Ă‚ge monumental et ArchĂ©ologique Â» de Hauser, aux Ă©ditions Lemercier Ă  Paris 1841-1847, « Les Sites les plus renommĂ©s de France Â» par Jeannin, en 1840-42 et les nombreux guides itinĂ©raires et gĂ©ographies pittoresques, par exemple ceux d’Eusèbe Girault de Saint-Fargeau (chez Firmin-Didot, 100 livraisons de 1835 Ă  1838), Abel Hugo (« France pittoresque par dĂ©partement Â», 1830-35), Hippolyte-Jules Demolière, sous le pseudonyme "Moleri" (« Guide itinĂ©raire Â» chez Hachette, 1855), Jules Verne (« GĂ©ographie illustrĂ©e Â» chez Hetzel, 1868)… qui ont suivi et qui sont de valeur inĂ©gale.

La revue L’Illustration, (Hebdomadaire illustrĂ© (1843-1944), créé sous la parenthèse « libĂ©rale Â» de la monarchie de juillet, par le saint – simonien Édouard Charton) fournit une Ă©tonnante moisson d’aquarelles et de dessins. Tous ces guides rĂ©cents font suite Ă  des sĂ©ries commencĂ©es dès la fin du XVIe siècle, notamment par Munster et Hogenberg, puis au XVIIe siècle entre autres par Merian et ses fils qui ont largement puisĂ© dans tous les fonds documentaires europĂ©ens de l’époque ; nous y reviendrons plus loin. Il est hors de propos de citer ici tous les inventaires des dessinateurs romantiques. Les inventaires rĂ©gionaux notamment sont innombrables. Une place Ă  part doit ĂŞtre faite cependant Ă  Arcisse de Caumont. Les gravures sur bois et sur mĂ©tal qu’il a rĂ©unies dans ses divers cours d’archĂ©ologie, dans le « Bulletin Monumental Â» de la SociĂ©tĂ© française d'archĂ©ologie et dans les Congrès ArchĂ©ologiques, ne sont pas de simples illustrations (ces collections se perpĂ©tuent avec le mĂŞme sĂ©rieux de nos jours). Elles s’écartent dĂ©libĂ©rĂ©ment de la dĂ©formation romantique et illustrent directement le propos du chercheur et du pĂ©dagogue. C’est le dĂ©but de la modernitĂ© dans l’histoire de l’art architectural.

Lithographes et photographes ne sont pas des pionniers. Des Ă©poques antĂ©rieures, il subsiste autre chose que des archives Ă©parses. Pour les monuments militaires, on connaĂ®t bien sĂ»r les riches fonds des Archives de la guerre et leurs relevĂ©s remontant parfois au XVIe, en tout cas au XVIIe siècle. Pour les monuments religieux, on peut citer des ouvrages comme celui du père bĂ©nĂ©dictin Gabriel Bucelin ; Durant ses voyages, il a rĂ©alisĂ© un journal agrĂ©mentĂ© de dessins d’abbayes[4]. Les nombreuses aquarelles conservĂ©es gĂ©nĂ©ralement dans les musĂ©es nous donnent aussi un prĂ©cieux Ă©tat des lieux. L’imprimerie ne s’est pas contentĂ©e de reproduire les cartes des gĂ©ographes. Elle s’est emparĂ©e tĂ´t de longues sĂ©ries de gravures prĂ©sentant des villes, des monuments, mais aussi des Ă©vĂ©nements, particulièrement les guerres qui agitaient l’Europe, et les ouvrages militaires qui en servaient d’épicentre. Parmi les ouvrages les plus prĂ©coces et les plus remarquables, on peut citer la Cosmographie de SĂ©bastien Munster.

Dès le XVIe siècle, ces ouvrages se multiplient et bĂ©nĂ©ficient parfois du concours d’artistes renommĂ©s. Au XVIIe siècle, des Ă©diteurs comme Merian lancent sur le marchĂ© de vĂ©ritables guides des voyageurs, avec cartes et plans topographiques insistant sur le pittoresque et la beautĂ© des monuments ; les images y prennent une place prĂ©pondĂ©rante et le texte n’est plus que commentaire. Les fortifications et les champs de bataille sont illustrĂ©s de façon prĂ©cise en donnant des renseignements essentiels sur bien des monuments. Les reprĂ©sentations de châteaux princiers se retrouvent dès la fin du Moyen Ă‚ge dans certaines miniatures, comme par exemple dans Les Très Riches Heures du duc de Berry. L’imprimerie trouve un dĂ©bouchĂ© privilĂ©giĂ© par la publication de ces « Très excellentes demeures Â»[5].

Des initiatives sont prises aujourd'hui pour fournir une liste, la plus exhaustive possible, des Imagiers[6]

[modifier] Les « nouvelles images Â»

Les « nouvelles images Â»: c'est ainsi qu'on appelle les images de synthèse, produites sur ordinateur, et qui sont passĂ©es ces dernières annĂ©es, de la reprĂ©sentation en trois dimensions Ă  un standard de cinĂ©ma, le 35 mm, et que l'on peut maintenant voir sur les grands Ă©crans haute dĂ©finition. Des logiciels de plus en plus puissants et sophistiquĂ©s permettent de crĂ©er des univers virtuels et qui peuvent se donner comme tels, mais aussi truquer n'importe quelle image apparemment « rĂ©elle Â». Toute image est dĂ©sormais manipulable et peut perturber la distinction entre « rĂ©el Â» et visuel. Par exemple les jeux vidĂ©o ou les simulateurs de vol.

La recherche porte ainsi sur la production d'images de synthèse restituant des bâtiments aujourd'hui disparus ainsi que les ensembles monumentaux, dans les diffĂ©rentes Ă©tapes de leur construction et restauration. Des images en 3 dimensions, destinĂ©es Ă  ĂŞtre intĂ©grĂ©es sous formes fixe et animĂ©e, dans les sites Internet produits par la Mission de la recherche et de la technologie ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es[7] : Oppidum d'Entremont celto-ligure, sur la commune d'Aix-en-Provence ; il s'agissait de restituer une rue, une salle hypostyle ainsi qu'un bâtiment industriel. Ces documents complĂ©teraient la documentation rĂ©unie pour le site Internet dans la collection « Grands sites archĂ©ologiques Â». CitĂ© de Carcassonne : une visite virtuelle de la citĂ© actuelle, images illustrant la manière dont la restauration s'est faite, ainsi que les diffĂ©rentes Ă©tapes de la restauration conduite par Eugène Viollet-le-Duc et ses successeurs au XIXe siècle. Ce site fera partie du rĂ©seau europĂ©en de sites Internet « Moyen Ă‚ge rĂ©el, Moyen Ă‚ge imaginaire Â» dĂ©veloppĂ©s dans le cadre d'un projet europĂ©en RaphaĂ«l.

Si la grande Ă©glise abbatiale de Cluny existait aujourd’hui dans son intĂ©gritĂ©, les Ă©lèves de l’École nationale supĂ©rieure d’arts et mĂ©tiers n’auraient pu, en 1988, former le projet de sa reconstruction dans cette version informatique qui allait aboutir, un peu plus tard en 1990, Ă  un film d’images de synthèse connu et diffusĂ© sous le titre « Cluny III, images de pierres Â». Plus de neuf cents ans après la pose de la première pierre, nous pouvons la redĂ©couvrir, en mesurer l’ampleur et l’harmonie, permettre aux historiens, aux archĂ©ologues ou aux architectes de conduire et de vĂ©rifier leurs hypothèses et leurs travaux et Ă  un vaste public, Ă©clairĂ© ou initiĂ©, d’en apprĂ©hender le pourquoi et le comment : mouvement perpĂ©tuel et indissociable de l’histoire et de la technique liĂ©es l’une Ă  l’autre, indiffĂ©remment au grĂ© de l’opportunitĂ© et des moyens du moment. Ce type de rĂ©alisation avait dĂ©jĂ  montrĂ© les possibilitĂ©s de la modĂ©lisation avec les temples de Karnak et de Louxor, les ponts de Paris, la Bastille ou la cathĂ©drale de Westminster. Ce procĂ©dĂ© est devenu un formidable vecteur de dĂ©couverte, d’évolution de la connaissance et de communication Â» (Père Christian, « L’abbaye de Cluny Â», Cluny, École nationale supĂ©rieure d’Arts et MĂ©tiers, 1996).

Plus illusoires encore, la mise en place d'images interactives permet d'immerger totalement le spectateur dans un univers virtuel, avec une vision en relief Ă  360 degrĂ©s. La publicitĂ© et les clips ont inaugurĂ© des procĂ©dĂ©s de trucages et d'effets spĂ©ciaux que l'on trouve dĂ©sormais dans les films de fiction. La « trucanumĂ©rique Â» est un ordinateur qui permet des effets spĂ©ciaux repĂ©rables et d'autres imperceptibles.

Certains procĂ©dĂ©s synthĂ©tiques permettent aussi la multiplication des interfaces entre diffĂ©rents types d'images, comme l'introduction d'images de synthèses dans les dĂ©cors « rĂ©els Â» et vice- versa. L'hologramme, cette l'image laser en trois dimensions, fait aussi partie de ces nouvelles images dĂ©concertantes par son aspect rĂ©aliste d'une part mais aussi, en mĂŞme temps, par son aspect fantomatique de double parfait, flottant, comme en suspension. Ces « nouvelles images Â» sont appelĂ©es aussi des images « virtuelles » dans la mesure oĂą elles proposent des mondes simulĂ©s, imaginaires, illusoires. Or cette expression d'image « virtuelle Â» n'est pas neuve et dĂ©signe en optique, une image produite par la prolongation des rayons lumineux : l'image dans la source ou dans le miroir par exemple. Seuls Narcisse, Alice ou OrphĂ©e, jusqu'Ă  prĂ©sent Ă©taient passĂ©s de l'autre cĂ´tĂ© du miroir.

[modifier] Notes et références

  1. ↑ Qu'est-ce qu'une image
  2. ↑ EQM Bidet-Emeriau, [L'exercice post mortem du droit moral] Université de Paris 2, 11 pages
  3. ↑ Voir, par exemple, Une révolution symbolique. L’iconoclasme huguenot et la reconstruction catholique. Olivier Christin, éditions de Minuit, 1991.
  4. ↑ Oeuvres du Père bénédictin Gabriel Bucelin (1599-1681) conservées à la bibliothèque du Land de Bade-Wurtemberg à Stuttgart (mss HB V 15 a). Il fut prieur de Saint-Jean de Feldkirch (province du Vorarlberg, Autriche, qui dépendait de l’abbaye de Weingarten
  5. ↑ RenĂ© Dinkel, L'EncyclopĂ©die du patrimoine (Monuments historiques, Patrimoine bâti et naturel - Protection, restauration, rĂ©glementation. Doctrines - Techniques - Pratiques), Paris, Ă©ditions Les EncyclopĂ©dies du patrimoine, septembre 1997, 1512 p. (ISBN 2-911200-00-4).
    Chapitre V La pĂ©dagogie et la recherche par l’illustration et la documentationt pp. 132158 ; Notices ''Image ancienne, Image de synthèse pp. 827-828
     
  6. ↑ Charles-Laurent Salch, Imagiers des châteaux et remparts d’Alsace, vol. 1, Strasbourg, Châteaux-forts d'Europe-Castrum Europe, 2011, 160 p. (ISSN 1253-6008).
    N°53/54/55 2010. TOME 1 : A - F
     
  7. ↑ Sur le portail du ministère de la culture et de la communication, l’histoire de l’art en 3 millions d’images. Sur un guichet unique, intitulĂ© "collections ", qui donne accès Ă  14 bases documentaires. Grâce Ă  " Collections " et Ă  son moteur de recherche, vous pouvez ainsi consulter un nombre incalculable de donnĂ©es (images parmi lesquelles des photographies, tableaux, mais aussi des visites guidĂ©es, des bibliographies…) qui couvrent tous les domaines artistiques : Architecture, archĂ©ologie, objets mobiliers, peinture, sculpture, gravure, dessin, enluminures, arts du spectacles, ethnologie, plans, cartes, archives, gĂ©nĂ©alogie, photographie, Ă©vĂ©nements …

[modifier] Annexes

[modifier] Bibliographie

  • Alain Besançon, L'Image interdite : une histoire Intellectuelle de L'iconoclasme, Gallimard, 1994
  • RĂ©gis Debray, Vie et mort de l'Image, Gallimard, 1992
  • Dostál, J. Education technology and senses in learning (UÄŤebnĂ­ pomĹŻcky a zásada názornosti). Olomouc, EU: Votobia, 2008. 40 s. (ISBN 978-80-7220-310-9).
  • Groupe µ, TraitĂ© du signe visuel, Paris, Le Seuil, 1992.
  • Massin, La lettre et l'image.
  • Platon, La rĂ©publique
  • I.J. Gelbe, Pour une histoire de l'Ă©criture.
  • Martine Joly, introduction Ă  l'analyse de l'image.
  • J.-J. Wunenburger, Philosophie des images, P.U.F. 1997.
  • Laurent Lavaud, L'image, GF Flammarion Corpus, 1999.
  • J.-P. Sartre, L'imaginaire, Gallimard 1940.
  • Tristan Garcia, L'image, Atlande 2007.
  • Alexandre Schnell (dir.), L'image, Vrin 2007.
  • Emmanuel Alloa (Ă©d.), Penser l'image, Les presses du rĂ©el 2010.
  • Jacques Lafon, EsthĂ©tique de l’image de synthèse, Paris, L’Harmattan, 2000, 230 p. 

[modifier] Articles connexes

  • ReprĂ©sentation
  • Image (optique)
  • Imagerie, Traitement d'images, Image numĂ©rique
  • Imagerie populaire, Imagerie d'Epinal
  • SĂ©miotique, SĂ©miotique visuelle, Analyse d'image,
  • Anthropologie visuelle
  • Signe
  • Symbole

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