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Informatique

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Informatique : encyclopédie mathématique

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L'informatique (information automatique) désigne l'automatisation du traitement de l'information par un système, concret (machine) ou abstrait (on peut parler d'automate). Dans son acception courante, l'informatique désigne l'ensemble des sciences et techniques en rapport avec le traitement de l'information. Dans le parler populaire, l'informatique peut aussi désigner à tort ce qui se rapporte au matériel informatique (l'électronique), et la bureautique.

Ă€ ce sujet on attribue une phrase Ă  Edsger Dijkstra qui rĂ©sume assez bien cela :

« L'informatique n'est pas plus la science des ordinateurs que l'astronomie n'est celle des tĂ©lescopes.
(en anglais : Computer science is no more about computers than astronomy is about telescopes.) Â»

La discipline scientifique dĂ©signĂ©e par le terme informatique fait partie des sciences formelles comme les mathĂ©matiques ou la logique. Aujourd'hui, la distinction entre ces trois disciplines est floue, mais l'on peut identifier l'informatique Ă  travers les principales questions abordĂ©es :

On peut trouver des racines Ă  la science informatique dans de nombreux domaines anciens des mathĂ©matiques (systèmes de numĂ©ration, division euclidienne, construction Ă  la règle et au compas, etc). Cependant, la discipline n'a Ă©mergĂ© qu'Ă  partir des annĂ©es 1930 Ă  travers une sĂ©rie de travaux fondateurs[1][2][3] (Church, Gödel, Herbrand, Kleene,Turing) qui ont aboutit Ă  la première formalisation gĂ©nĂ©rale de ce qu'est le calcul. La force de cette formalisation est de faire converger plusieurs points de vue vers une mĂŞme et unique notion :

Ces trois points de vue donnent un sens très général à la notion de calcul et la thèse aujourd'hui largement acceptée est qu'elle capture tout traitement réalisable mécaniquement.

Le second acte de naissance de l'informatique est bien entendu la réalisation concrète des premiers ordinateurs dans les années 1940, puis le développement de leur fabrication avec l'avènement de l'électronique numérique pour en faire aujourd'hui un domaine technologique à part entière. Il s'agit bien d'un second acte de naissance car, si les capacités intrinsèques des ordinateurs actuels sont les mêmes que celle du modèle théorique des années 30, leur rapidité de traitement, leur coût (financier, mais aussi en termes de place, de ressources nécessaires, etc), leur longévité et leur fiabilité ont été considérablement améliorés, ouvrant un vaste champ de possibilités auparavant impensables.

Des professions aussi diverses que concepteur, analyste, développeur, responsable d'exploitation, ingénieur système, technicien de maintenance matérielle ou logicielle, chercheur en informatique ou directeur d'un centre de calcul, relèvent du domaine de l'informatique. Néanmoins, le terme informaticien désigne le plus souvent ceux qui conçoivent, déploient et mettent en œuvre des solutions.

Sommaire

[modifier] Terminologie

[modifier] Origine

wikt:

Voir « informatique Â» sur le Wiktionnaire.

Le terme allemand Informatik est créé en 1957 par Karl Steinbuch qui a publiĂ© un essai intitulĂ© Informatik: Automatische Informationsverarbeitung (Informatique : traitement automatique de l'information)[4].

Le terme informatique est utilisĂ© pour la première fois en France en mars 1962 par Philippe Dreyfus, ancien directeur du Centre National de Calcul Électronique de Bull dans les annĂ©es 1950, qui, en 1962, a utilisĂ© pour la première fois ce terme dans la dĂ©signation de son entreprise « SociĂ©tĂ© d'Informatique AppliquĂ©e Â» (SIA). Ă  partir des mots « information Â» et « automatique Â»[5].

En France, l'usage officiel du mot a Ă©tĂ© consacrĂ© par Charles de Gaulle qui, en Conseil des ministres, a tranchĂ© entre « informatique Â» et « ordinatique Â», et le mot fut choisi par l'AcadĂ©mie française en 1967 pour dĂ©signer cette nouvelle discipline. En juillet 1968, le ministre fĂ©dĂ©ral de la Recherche scientifique d'Allemagne, Gerhard Stoltenberg, prononça le mot Informatik lors d'un discours officiel au sujet de la nĂ©cessitĂ© d'enseigner cette nouvelle discipline dans les universitĂ©s de son pays, et c'est ce mot qui servit aussitĂ´t Ă  nommer certains cours dans les universitĂ©s allemandes[rĂ©f. nĂ©cessaire]. Le mot informatica fit alors son apparition en Italie et en Espagne, de mĂŞme qu'informatics au Royaume-Uni.

Pendant le mĂŞme mois de mars 1962 Walter F. Bauer inaugura la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine Informatics Inc. qui, elle, dĂ©posa son nom et poursuivit toutes les universitĂ©s qui utilisèrent ce nom pour dĂ©crire la nouvelle discipline, les forçant Ă  se rabattre sur computer science, bien que les diplĂ´mĂ©s qu'elles formaient fussent pour la plupart des praticiens de l'informatique plutĂ´t que des scientifiques au sens propre. L'Association for Computing Machinery, la plus grande association d'informaticiens au monde, approcha mĂŞme Informatics Inc. afin de pouvoir utiliser le mot informatics pour remplacer l'expression computer machinery, mais l'entreprise dĂ©clina l'offre. La sociĂ©tĂ© Informatics Inc. cessa ses activitĂ©s en 1985, achetĂ©e par Sterling Software[rĂ©f. nĂ©cessaire].

[modifier] Évolution récente

L'évolution récente tend à employer plutôt l'expression STIC en français, pour sciences et technologies de l'information et de la communication.

Le mot communication tend à donner une importance excessive aux échanges et aux accès, par rapport aux contenus des bases de données de connaissances, dans une optique de gestion de connaissances (knowledge management).

C'est la raison pour laquelle certains experts, comme Bernard Besson, préfèrent remplacer TIC par l'expression TICC, pour technologies de l'information, de la communication et de la connaissance.

[modifier] Terminologie anglo-saxonne

La traduction anglaise de informatique est computer science, littĂ©ralement « science du calculateur Â». En français, l'expression science du calcul (computing science) fait plutĂ´t penser Ă  informatique scientifique.

En anglais les termes distincts suivants sont utilisĂ©s :

Il existe plusieurs termes anglais pour dĂ©signer le concept d'« informatique Â». Certains comme automatic data processing ou electronic data processing et leur abrĂ©viation reflètent une vision plus ancienne et ne sont plus guère utilisĂ©s. MĂŞme data processing est parfois considĂ©rĂ© par certains informaticiens professionnels comme propre Ă  la langue des administrateurs et des non-informaticiens (dans le jargon du mĂ©tier, costards ou, en anglais, suits). Quant Ă  informatics, il est davantage employĂ© en Europe, selon certaines sources.[6]

On trouve d'autres variantes peu attestées; c'est le cas de computing science, electronical data processing, ordinatique, technologie des ordinateurs ou science de l'informatique.

Il faut dire que les concepts et la terminologie ont suivi l'Ă©volution de la rĂ©alitĂ©. Ainsi, les ordinateurs, qui effectuaient autrefois des opĂ©rations relativement simples de calcul sur des donnĂ©es, traitent de façon de plus en plus complexe, aujourd'hui, de l'information autrement plus significative (connaissances et savoir-faire). De la dĂ©signation informatique, on est passĂ© peu Ă  peu Ă  celle de technologies de l'information. On voit poindre, dans certains milieux, des appellations comme technologies ou nouvelles technologies de l'information et de la communication qui cèderont peut-ĂŞtre leur place Ă  une autre dĂ©nomination qui reflètera le traitement des connaissances, des savoir-faire et mĂŞme de « l'intelligence Â». Progressivement le terme informatique glisse vers un sens plus restreint reliĂ© aux aspects techniques.

[modifier] Histoire

IcĂ´ne de dĂ©tail Article dĂ©taillĂ© : Histoire de l'informatique.

[modifier] Les origines

Depuis des millĂ©naires, l'Homme a créé et utilisĂ© des outils l'aidant Ă  calculer (abaque, boulier, etc.). Parmi les algorithmes les plus anciens, on compte des tables datant de l'Ă©poque d'Hammurabi (env. -1750). Les premières machines mĂ©caniques apparaissent entre le XVIIe et le XVIIIe siècle. La première machine Ă  calculer mĂ©canique rĂ©alisant les quatre opĂ©rations aurait Ă©tĂ© celle de Wilhelm Schickard au XVIe siècle, mise au point notamment pour aider Kepler Ă  Ă©tablir les tables rudolphines d'astronomie.

En 1642, Blaise Pascal réalisa également une machine à calculer mécanique qui fut pour sa part commercialisée et dont neuf exemplaires existent dans des musées comme celui des Arts et métiers et dans des collections privées (IBM).

La découverte tardive de la machine d'Anticythère montre que les Grecs de l'Antiquité eux-mêmes avaient commencé à réaliser des mécanismes de calcul en dépit de leur réputation de mépris général pour la technique (démentie d'ailleurs par les travaux d'Archimède).

Cependant, il faudra attendre la définition du concept de programmation (illustrée en premier par Joseph Marie Jacquard avec ses métiers à tisser à cartes perforées, suivi de Boole et Ada Lovelace pour ce qui est d'une théorie de la programmation des opérations mathématiques) pour disposer d'une base permettant d'enchaîner des opérations élémentaires de manière automatique.

[modifier] La mécanographie

Une autre phase importante fut celle de la mĂ©canographie, avec l'apparition des machines Ă©lectromĂ©caniques alimentĂ©es par cartes perforĂ©es de l'Allemand Hollerith, Ă  la fin du XIXe siècle. Elles furent utilisĂ©es Ă  grande Ă©chelle pour la première fois par les AmĂ©ricains lors du recensement de 1890 aux États-Unis, suite Ă  l'afflux des immigrants dans ce pays lors de la seconde moitiĂ© du XIXe siècle. Les Allemands Ă©taient probablement bien Ă©quipĂ©s en machines mĂ©canographiques avant la Seconde Guerre mondiale. Ces Ă©quipements, installĂ©s par ateliers composĂ©s de trieuses, interclasseuses, perforatrices, tabulatrices et calculatrices connectĂ©es Ă  des perforateurs de cartes ont dĂ» leur apporter une certaine supĂ©rioritĂ© pour la construction des armements. Toutefois, ceci n'a pas Ă©tĂ© examinĂ© en profondeur par les historiens. Leur moindre mĂ©rite n'est pas la rĂ©ussite du programme. On ne pouvait pas encore parler d'informatique, car les traitements Ă©taient exĂ©cutĂ©s Ă  partir de techniques Ă©lectromĂ©caniques et basĂ©s sur l'usage de lampes radio ; anodes, cathodes, triodes etc. La chaleur dĂ©gagĂ©e par ces lampes rendait ces ensembles peu fiables.

[modifier] Science des nombres et Système de numération

Examen de quelques systèmes numériques de jadis à nos jours.

Des tablettes d'argile servaient de document aux scribes, assis sur les quais de débarquements pour les prises en charge des arrivages ou dans les entrepôts lors de la sortie ou de l'entrée des marchandises. Le Romain marquait d'un trait à 10, le Celte à 20 et le juif à 144 arrivé à chaque fin de son système numéral pour enregistrer jusqu'à la dernière pièce les mouvements à enregistrer.

George Boole, mathématicien anglais (1815-1864), fut l’inventeur du système binaire. Sans son système, il n'y aurait pas d'ordinateurs transistorisés qui fonctionnent grâce à des 0 et des 1, qui permettent d'aller en calculs à l'infini.

[modifier] L'informatique moderne

L'ère des ordinateurs modernes commença avec les développements de l'électronique pendant la Seconde Guerre mondiale, ouvrant la porte à la réalisation concrète de machines opérationnelles. Au même moment, le mathématicien Alan Turing théorise le premier ce qu'est un ordinateur, avec son concept de machine universelle de Turing.

L'informatique est donc un domaine fraĂ®chement dĂ©veloppĂ©, mĂŞme s'il trouve ses origines dans l'antiquitĂ© (avec la cryptographie) ou dans la machine Ă  calculer de Blaise Pascal, au XVIIe siècle. Ce n'est qu'Ă  la fin de la Seconde Guerre mondiale qu'elle a Ă©tĂ© reconnue comme une discipline Ă  part entière et a dĂ©veloppĂ© des mĂ©thodes, puis une mĂ©thodologie qui lui Ă©taient propres.

Son image a Ă©tĂ© pendant quelque temps surfaite : parce que les premiers Ă  programmer des ordinateurs avaient Ă©tĂ© des ingĂ©nieurs rompus Ă  la technique des Ă©quations diffĂ©rentielles (les premiers ordinateurs, scientifiques, Ă©taient beaucoup utilisĂ©s Ă  cette fin), des programmeurs sans formation particulière, parfois d'ailleurs issus de la mĂ©canographie, cherchaient volontiers Ă  bĂ©nĂ©ficier eux aussi de ce label de rocket scientist afin de justifier des salaires rendus confortables par :

L'émergence d'un aspect réellement scientifique dans la programmation elle-même (et non dans les seules applications scientifiques que l'on programme) ne se manifeste qu'avec la série The Art of Computer Programming de Donald Knuth, professeur à l'Université de Stanford, à la fin des années 1960, travail monumental encore inachevé en 2004. Les travaux d'Edsger Dijkstra, Niklaus Wirth et Christopher Strachey procèdent d'une approche également très systématique et elle aussi quantifiée.

On demandait Ă  Donald Knuth dans les annĂ©es 1980 s'il valait mieux selon lui rattacher l'informatique (computer science) au gĂ©nie Ă©lectrique — ce qui est souvent le cas dans les universitĂ©s amĂ©ricaines — ou Ă  un dĂ©partement de mathĂ©matiques. Il rĂ©pondit : « Je la classerais volontiers entre la plomberie et le dĂ©pannage automobile Â» pour souligner le cĂ´tĂ© encore artisanal de cette jeune science.

Toutefois, la forte scientificité des trois premiers volumes de son encyclopédie suggère qu'il s'agit là plutôt d'une boutade de sa part. Au demeurant, la maîtrise de langages comme Haskell, Ocaml ou même APL demande un niveau d'abstraction tout de même plus proche de celui des mathématiques que des deux disciplines citées.

La miniaturisation des composants et la réduction des coûts de production, associées à un besoin de plus en plus pressant de traitement des informations de toutes sortes (scientifiques, financières, commerciales, etc.) a entraîné une diffusion de l'informatique dans toutes les couches de l'économie comme de la vie de tous les jours.

En France, l'informatique a commencé à vraiment se développer seulement dans les années 1960, avec le Plan Calcul. Beaucoup de choses ont été dites sur ce plan. Comme souvent en Histoire, il peut y avoir des erreurs d'interprétation.

[modifier] La science informatique

IcĂ´ne de dĂ©tail Article dĂ©taillĂ© : Informatique thĂ©orique.

[modifier] Technologies de l'information et de la communication

[modifier] Domaines d'application de l'informatique

Le traitement de l'information s'appliquant Ă  tous les domaines d'activitĂ©, on pourra les trouver associĂ©s au mot informatique. Ainsi on pourra parler d'informatique mĂ©dicale quand ces outils sont utilisĂ©s par exemple dans l'aide au diagnostic, et ce champ d'activitĂ© se rapportera plutĂ´t Ă  l'informatique scientifique dĂ©crit ci-dessous; ou bien on parlera d'informatique bancaire; il s'agira alors soit des systèmes d'information bancaire qui relèvent plutĂ´t de l'informatique de gestion, de la conception et de l'implantation de produits financiers qui relève plutĂ´t de l'informatique scientifique et des mathĂ©matiques, ou encore de l'automatisation des salles de marchĂ© qui en partie relève de l'informatique temps rĂ©el. On peut schĂ©matiquement distinguer les grands diffĂ©rents types suivants :

Jusqu'en 1965, la mĂ©canographie, et par la suite la simple mĂ©canisation de la mĂ©canographie connue sous le vocable « informatique fiabilisĂ©e par la transistorisation Â», savait faire tous ce qui est Ă©numĂ©rĂ© ci-dessus, sauf de la comptabilitĂ© gĂ©nĂ©rale avec suivi des crĂ©ances innovĂ© par Le lettrage conversationnel 1962 en Grandes entreprises.
Gilbert Bitsch, chef de projets à la SACM de Mulhouse, réalisa le premier positionnement de compte sur une tabulatrice IBM 421, réalisation qui ouvrait la comptabilité à l'informatique. Cette révolution en gestion mit fin à l'ère des ateliers de machines comptable en grandes entreprises.


[modifier] Approche fonctionnelle

Comme Ă©noncĂ© ci-dessus, l'informatique est le traitement automatisĂ© de donnĂ©es par un appareil Ă©lectronique : l'ordinateur ; les germanophones parlent de elektronische Datenverarbeitung / EDV (« traitement Ă©lectronique de donnĂ©es Â»), les anglophones d'information technology / IT (« technologies de l'information Â»), c'est-Ă -dire :

la conversion de ces informations en suite de nombres pose le problème du format des données, du codage et des formats normalisés (par exemple, représentations des nombres entiers ou à virgule flottante, encodage des textes en ASCII, Unicode, format TeX ou RTF et polices PostScript ou TrueType pour les textes, formats bitmap, TIFF, JPEG, PNG, etc. pour les images fixes, formats QuickTime, MPEG pour les vidéos, interface MIDI pour la musique...).

[modifier] Approche organisationnelle

L'informatique pour l'organisation est un Ă©lĂ©ment d'un système de traitement d'information (les entrĂ©es peuvent ĂŞtre des formulaires papier par exemple) et d'automatisation. Depuis Henry Ford, l'automatisation des tâches ayant Ă©tĂ© identifiĂ©e comme un avantage concurrentiel, la question est : que peut-on automatiser ?

Autant il est relativement facile d'automatiser des tâches manuelles, autant il est difficile d'automatiser le travail intellectuel et parfois créatif. L'approche de l'informatique dans une organisation commence donc par l'élucidation des processus, c'est-à-dire la modélisation du métier. Après validation, la MOA (Maîtrise d'Ouvrage) fournit les spécifications fonctionnelles de (l'ouvrage) qui vont servir de référence dans la conception pour la MOE (Maîtrise d'œuvre).

Cette conception sera alors effectuée dans le respect d'un Cycle de développement qui définit les rôles et responsabilités de chaque acteur. Ainsi, les échanges entre MOA et MOE ne se résument pas à la maîtrise des chantiers (tenue des délais et des coûts, et validation des livrables), la MOA et la MOE sont garantes (éventuellement responsables sur un plan juridique) de la cohérence des systèmes d'information, et de l'adéquation des solutions informatiques avec les problèmes utilisateurs finals initialement constatés.

[modifier] Matériel

IcĂ´ne de dĂ©tail Article dĂ©taillĂ© : MatĂ©riel informatique.

On utilise Ă©galement le terme anglais hardware (littĂ©ralement « quincaillerie Â») pour dĂ©signer le matĂ©riel informatique. Il s'agit de tous les composants que l'on peut trouver dans :

1. Les ordinateurs et leurs pĂ©riphĂ©riques : un ordinateur est un ensemble de circuits Ă©lectroniques permettant de manipuler des donnĂ©es sous forme binaire, reprĂ©sentĂ©es par des variations de signal Ă©lectrique. Il existe diffĂ©rents types d'ordinateurs :

Un IBM PC 5150 datant de 1981, Système d'exploitation IBM-DOS 2.0
Un IBM PC 5150 datant de 1981, Système d'exploitation IBM-DOS 2.0

De bureau ou portables. Ils sont composĂ©s d'une unitĂ© centrale : un boĂ®tier contenant la carte mère, l'alimentation, des unitĂ©s de stockage. On y ajoute une console : un Ă©cran et un clavier. Divers pĂ©riphĂ©riques peuvent leur ĂŞtre ajoutĂ©s, une souris, une imprimante, un scanner, etc.

PC Portable
PC Portable

Des micro-ordinateurs particulièrement puissants et chers, utilisĂ©s uniquement pour des besoins professionnels pointus (conception assistĂ©e par ordinateur). Ce terme Ă©tait particulièrement en vogue dans les annĂ©es 1980-1990. Depuis les annĂ©es 2000, il n'est guère possible de concevoir une station de travail plus puissante qu'un micro-ordinateur haut de gamme ;

Une armoire abrite l'unitĂ© centrale et l'alimentation, une ou plusieurs autres les pĂ©riphĂ©riques de stockage (disque dur, sauvegarde) tandis que les moyens de communication et rĂ©seau (routeur, hubs, modem) sont dans la mĂŞme pièce, mais dans des racks sĂ©parĂ©s. Une console d'administration (Ă©cran, clavier, imprimante) est gĂ©nĂ©ralement situĂ©e dans ce mĂŞme local ;

Ce sont des ordinateurs qui proposent souvent Ă  des entreprises un endroit de stockage universel pour les utilisateurs connectĂ©s aux serveurs. Les serveurs peuvent effectuer des tâches telles que : servir de Pare-Feu, hĂ©berger un serveur web (page internet partagĂ©e sur le World Wide Web) ou tout simplement pour partager un nombre important d'imprimantes et de pĂ©riphĂ©riques. Les prix des Serveurs sont Ă©levĂ©s car le Serveur a Ă©tĂ© conçu pour rester allumĂ© en permanence, alors le matĂ©riel est durable et performant. ;

Ce sont des ordinateurs de poche proposant des fonctionnalitĂ©s liĂ©es Ă  l'organisation personnelle (agenda, calendrier, carnet d'adresse, etc.). Ils peuvent ĂŞtre reliĂ©s Ă  Internet par diffĂ©rents moyens (rĂ©seau Wifi, Bluetooth, etc.). ;

Ce sont des ordinateurs qui rĂ©unissent tous les pĂ©riphĂ©riques et le matĂ©riel pour donner la tâche Ă  l'ordinateur de capter la tĂ©lĂ©vision, Ă©couter de la musique et tout ca sur son Ă©cran de tĂ©lĂ©vision, avec gĂ©nĂ©ralement une manette Ă  distance. Ce genre de PC est un divertissement familial et est très accessible, bien que leurs prix ont eu tendance Ă  ĂŞtre hauts ces derniers temps, ce type d'ordinateur devient de plus en plus accessible Ă  tous. ;

Dans le domaine de l'informatique embarquĂ©e : tĂ©lĂ©phone, Ă©lectromĂ©nager, automobile, armements militaires, etc. Les cartes Ă  puces, ou l'informatique industrielle.

[modifier] Logiciel

IcĂ´ne de dĂ©tail Article dĂ©taillĂ© : Logiciel.

Le logiciel dĂ©signe la partie Ă  première vue immatĂ©rielle de l'informatique, l'organisation et le traitement de l'information : les programmes. On s'est en effet vite rendu compte que des machines techniquement très avancĂ©es pour leur Ă©poque, comme la Bull Gamma 60, restaient invendables tant qu'on n'avait pas de programmes Ă  livrer pour les rendre immĂ©diatement opĂ©rationnelles. IBM lança entre 1968 et 1973 une sorte d'ancĂŞtre du logiciel libre avec son ordinateur 1130, politique qui assura Ă  celui-ci par effet boule de neige un succès immĂ©diat et planĂ©taire, mais les conclusions d'un procès antitrust lui interdirent de distribuer bĂ©nĂ©volement du logiciel.

Le monde des mainframes classe les logiciels en catĂ©gories suivantes :

Plus simplement on distingue gĂ©nĂ©ralement trois types de logiciels (par ordre de proximitĂ© du matĂ©riel) :

On classe aussi les logiciels en libre et propriétaire, bien que les deux soient parfois panachés à des degrés divers. Certains ont une fonction bureautique ou multimédia comme par exemple les jeux vidéo. Certains logiciels ont acquis des noms connus de tous.

Le noyau du système d'exploitation crée le lien entre le matériel et le logiciel. Un logiciel, quand il est fourni sous sa forme binaire, serait utilisable uniquement avec un système d'exploitation donné (car il en utilise les services), et ne fonctionnerait que sur un matériel spécifique (car il en utilise le code d'instructions). Une conception plus récente, depuis le milieu de années 1980, consiste à distribuer les logiciels tous binaires confondus, et à les munir d'un système de licences par jetons ou tokens permettant l'usage de N copies simultanées du logiciel sur le réseau, tous matériels confondus. Cette approche est majoritaire dans le monde UNIX.

À l'initiative de Richard Stallman et du GNU, à partir de 1985, une mouvance de programmeurs refuse cette logique propriétaire et ceux-ci se muent en concepteurs inventifs pour se lancer dans le développement d'outils et de bibliothèques système libres et compatibles avec le système UNIX. C'est pourtant le projet indépendant Linux, initié par Linus Torvalds, basé sur les travaux et les outils du GNU, qui aboutira dans la création d'un système d'exploitation complet et libre appelé GNU/Linux.

Une bonne partie des logiciels actuels fonctionnent dans un environnement graphique pour interagir avec l'utilisateur. La diversitĂ© des systèmes informatiques a fait apparaĂ®tre une technique visant Ă  combiner le meilleur de chacun de ces univers : l'Ă©mulateur. Il s'agit d'un logiciel permettant de simuler le comportement d'un autre système dans celui que l'on utilise,

Le terme anglais est software, Ă  l'origine un jeu de mot entre hardware (« quincaillerie Â», pour dĂ©signer le matĂ©riel) et l'opposition soft/hard (mou/dur), opposition entre le matĂ©riel (le dur) et l'immatĂ©riel (le mou). Les traductions françaises matĂ©riel et logiciel rendent parfaitement cette opposition et cette complĂ©mentaritĂ©.

Le logiciel rĂ©alise normalement une fonction attendue de ses utilisateurs. NĂ©anmoins, des effets secondaires (parfois nommĂ©s par contresens de traduction effets de bord) existent. Parfois mĂŞme, certains logiciels sont destinĂ©s Ă  nuire, comme les virus informatiques, nommĂ©s en anglais, par analogie avec software : malware (qu'on pourrait traduire par le nĂ©ologisme nuisiciel, ou logiciel malveillant).

[modifier] La création des logiciels

Un projet informatique s'inscrit dans un cycle de dĂ©veloppement qui dĂ©finit les grandes Ă©tapes de la rĂ©alisation (planification), de la manière dont on passe d'une Ă©tape Ă  l'autre (modèle incrĂ©mental, en V, en spirale, mĂ©thode up, extreme programming, etc.). Pour les petits projets (ou les petites Ă©quipes de dĂ©veloppement), cette rĂ©flexion est souvent nĂ©gligĂ©e (on se rĂ©partit les modules et chacun dĂ©veloppe dans son coin). Ceci est une cause frĂ©quente d'erreurs (bogues) et de non-conformitĂ© (le produit final n'est pas conforme aux attentes de l'utilisateur). Mais mĂŞme les Ă©normes projets, avec beaucoup de moyens, sont victimes de cette nĂ©gligence ; ainsi, l'Ă©chec du premier vol d'Ariane 5 fut dĂ» Ă  un problème de logiciel, etc. Un projet peut alors intĂ©grer une approche de la qualitĂ© et de la sĂ»retĂ© de fonctionnement des systèmes informatiques afin de contrĂ´ler autant que possible le produit final.

Un projet comprend les Ă©tapes suivantes (selon le modèle incrĂ©mental) :

Après chacune de ces phases, on peut avoir une étape de recette, où le client va valider les choix et les propositions du maître d'œuvre.

La phase de programmation consiste Ă  dĂ©crire le comportement du logiciel Ă  l'aide d'un langage de programmation. Un compilateur sert alors Ă  transformer ce code Ă©crit dans un langage informatique comprĂ©hensible par un humain en un code comprĂ©hensible par la machine, le rĂ©sultat est un exĂ©cutable. On peut Ă©galement, pour certains langages de programmation, utiliser un interprĂ©teur qui exĂ©cute un code au fur et Ă  mesure de sa lecture, sans nĂ©cessairement crĂ©er d'exĂ©cutable. Enfin, un intermĂ©diaire consiste Ă  compiler le code Ă©crit vers du bytecode. Il s'agit Ă©galement d'un format binaire, comprĂ©hensible seulement par une machine, mais il est destinĂ© Ă  ĂŞtre exĂ©cutĂ© sur une machine virtuelle, un programme qui Ă©mule les principales composantes d'une machine rĂ©elle. Le principal avantage par rapport au code machine est une portabilitĂ© thĂ©oriquement accrue (il « suffit Â» d'implanter la machine virtuelle pour une architecture donnĂ©e pour que tous les programmes en bytecode puissent y ĂŞtre exĂ©cutĂ©s), portabilitĂ© qui a fait, après sa lenteur, la rĂ©putation de Java. Il convient de noter que ces trois modes d'exĂ©cution ne sont nullement incompatibles. Par exemple, OCaml dispose Ă  la fois d'un interprĂ©teur, d'un compilateur vers du bytecode, et d'un compilateur vers du code natif pour une grande variĂ©tĂ© de processeurs. Une fois Ă©crit (et compilĂ© si nĂ©cessaire), le code devient un logiciel.

Pour des projets de grande amplitude, nécessitant la collaboration de beaucoup de programmeurs, voire de plusieurs équipes, on a souvent recours à une méthodologie commune (par exemple MERISE) pour la conception et à un atelier de génie logiciel (AGL) pour la réalisation.

Au cours de la programmation et avant la livraison du produit final, le programme est testĂ© afin de vĂ©rifier qu'il fonctionne bien (y compris dans des cas d'utilisation en mode dĂ©gradĂ©) et qu'il est conforme aux attentes de l'utilisateur final. Les tests intermĂ©diaires permettent de s'assurer que chaque module de code rĂ©alise correctement une fonction : ce sont les tests unitaires. Les tests finals qui vĂ©rifient le bon enchaĂ®nement des modules et des traitements sont des tests d'intĂ©gration.

Pour certaines applications demandant un haut niveau de sĂ»retĂ© de fonctionnement, les tests sont prĂ©cĂ©dĂ©s d'une Ă©tape de vĂ©rification, oĂą des logiciels spĂ©cialisĂ©s effectuent (gĂ©nĂ©ralement sur le code source, mais parfois aussi sur le code compilĂ©) un certain nombre d'analyses pour vĂ©rifier partiellement le bon fonctionnement du programme. Il n'est toutefois pas possible (et des thĂ©orèmes mathĂ©matiques montrent pourquoi), de garantir la parfaite correction de tout logiciel par ce moyen et la phase de test reste donc nĂ©cessaire. Elle se complète aussi, lorsqu'il s'agit d'une Ă©volution d'une application existante, de nombreux tests automatisĂ©s de non-rĂ©gression. Les tests non plus ne pouvant pas garantir totalement l'absence d'erreurs, il est bon de les complĂ©ter par des phases de vĂ©rification par relecture : des techniques existent pour essayer de rendre cette vĂ©rification exhaustive.

Statistiques : la crĂ©ation d'un logiciel est une tâche ardue ; environ 31% des projets informatiques sont abandonnĂ©s avant d'ĂŞtre terminĂ©s, plus de 50% des projets coĂ»tent le double du coĂ»t initialement estimĂ© et seulement 15% des projets finissent dans les temps et selon le budget dĂ©fini. Les besoins de seule maintenance de l'existant peuvent prendre jusqu'Ă  50% des effectifs d'une Ă©quipe chargĂ©e d'un logiciel (or, c'est lĂ  une fonction pĂ©nible, ingrate, peu valorisante et qui rebute et dĂ©motive souvent les bons programmeurs).

Toutefois avec l'utilisation de méthodes comme la méthode UP ou l'extreme programming, ces statistiques ont tendance à s'améliorer. Notamment, grâce à un développement par itérations successives où les phases d'analyse, de conception, de réalisation et de test se répètent plusieurs fois pendant la durée de vie du projet et produisent à chaque fois un produit exécutable. Le client peut après chacune des itérations "tester" le produit et donner son avis. Ces méthodes permettent ainsi une meilleure gestion des coûts et surtout de la qualité tout en réduisant fortement les risques de non conformité avec les souhaits du client.

[modifier] Traitement de l'information

L'information, pour ĂŞtre traitĂ©e, doit ĂŞtre :

[modifier] Échanges de donnĂ©es : protocoles et normes

Les protocoles définissent une manière de procéder, notamment pour codifier la façon dont deux entités communiquent (modules ou couches logicielles, périphériques, etc.). On parle notamment de protocole de communication lorsqu'on veut définir des mécanismes de contrôle sur la manière dont l'échange d'information est réalisé.

Un protocole peut ainsi dĂ©finir :

Certains protocoles sont dĂ©finis par des normes pour permettre l'interopĂ©rabilitĂ© des matĂ©riels ou de logiciels les mettant en Ĺ“uvre. D'autres normes dĂ©finissent, toujours dans le domaine de l'Ă©changes de donnĂ©es :

[modifier] Stockage des données

En matière de stockage d'information, on distingue le dispositif permettant de l'enregistrer physiquement (périphériques et composants) de la manière dont on structure et représente l'information pour faciliter son traitement.

Mémoire de masse
Mémoire volatile
Organisation des données en vue du stockage

[modifier] La distribution de matériels et logiciels informatique

Historiquement l'informatique a Ă©tĂ© distribuĂ©e (revendue) par les grands constructeurs qui traitaient en direct avec leurs clients ; la plupart de ceux-ci Ă©tant des grands comptes ou des organismes publics. Au fur et Ă  mesure de la baisse des prix des systèmes, le marchĂ© s'est Ă©largi, obligeant les constructeurs Ă  se structurer pour mieux diffuser leur produit et Ă  s'appuyer sur des partenaires. Ces partenaires Ă©taient au dĂ©part mono-marque et travaillaient souvent sous la forme d'agent semi-exclusif puis ils se sont transformĂ©s au fil du temps en revendeurs indĂ©pendants multi-marques.

Aujourd'hui la distribution des produits informatiques est faite sous la forme de multiples canaux de distribution, parmi lesquelles on compte la vente directe, le e-commerce, les chaînes de revendeurs, les groupements de revendeurs, la vente par correspondance.

Les grossistes informatiques ont un rôle clef dans la distribution informatique et sont un point de passage quasi obligé pour les sociétés qui ont choisi la vente indirecte (par un réseau de revendeurs). Les grossistes, qu'ils soient généralistes ou spécialisés, adressent la multitude de petits points de vente ou les sociétés de service pour lesquelles l'activité de négoce représente un volume d'activité faible.

La France compte environ 40 000 sociĂ©tĂ©s informatiques et tĂ©lĂ©coms, dont près de 15 000 ont une activitĂ© de distribution.

Si le nombre de sociétés distribuant des produits informatique ne cessent de s'étendre, c'est beaucoup plus au profit de la distribution structurée visant le grand public que des revendeurs indépendants dont le nombre ne cesse de décroitre et dont l'activité se tourne de plus en plus vers la notion de société de service informatique comme les SSII.

IcĂ´ne de dĂ©tail Article connexe : Terminologie de la distribution informatique.

[modifier] Notes

  1. ↑ A. M. Turing, On computable numbers, with an application to the Entscheidungsproblem (Proceedings of the London Mathematical Society, ser. 2, vol. 42, pp. 230-265, 1936)
  2. ↑ A. Church, A note on the Entscheidungsproblem (The journal of symbolic logic, vol. 1, 1936)
  3. ↑ S. C. Kleene, General recursive functions of natural numbers (Matematische Annalen, vol. 112, pp. 727-742, 1936)
  4. ↑ (en) Karl Steinbuch, Bernard Widroww, Reiner Hartensetein, Robert Hechtnielsen
  5. ↑ Michel Volle - étymologie du mot informatique
  6. ↑ Dictionnaire encyclopédique anglais vers français d'informatique, de Frédéric de SOLLIERS. Lire la définition de "Information technology"

[modifier] Bibliographie

[modifier] Applications

Bio-informatique
Calcul parallèle
Cryptographie
Domotique
ECM (Enterprise Content Management)
Exploration de données (data mining)
Hypermédias
Imagerie Informatique
Informatique décisionnelle
Informatique de gestion
Informatique grand système (mainframe)
Informatique industrielle
Informatique musicale
Interface homme-machine

[modifier] Annexes

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Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Informatique.

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Wikibooks propose un ouvrage abordant ce sujet : l'informatique.

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