Médaille Fields : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.| Médaille Fields | |
| Nom original | Fields Medal |
|---|---|
| Description | Prix récompensant une contribution majeure en mathématiques |
| Organisateur | Union mathématique internationale |
| Date de création | 1936 |
| Dernier récipiendaire | |
| Site officiel | www.mathunion.org |
La médaille Fields est la plus prestigieuse récompense pour la reconnaissance de travaux en mathématiques, souvent comparée au prix Nobel[1].
Elle est attribuée tous les quatre ans au cours du congrès international des mathématiciens à , au plus, quatre mathématiciens devant avoir moins de 40 ans au 1er janvier de l'année en cours. Les lauréats se voient attribuer chacun une médaille et un prix de 15 000 dollars canadiens (soit un peu plus de 10 000 euros)[2].
John Charles Fields (1863-1932) proposa la création de cette médaille en 1923 lors d'une réunion internationale à Toronto. À sa mort, en 1932, il lègue ses biens à la science afin de financer la médaille. À l'origine, seules deux médailles étaient décernées tous les quatre ans. La Seconde Guerre mondiale a interrompu l'attribution de cette distinction jusqu'en 1950. La décision de passer à quatre lauréats au plus date de 1966.
Sommaire |
| Année | Lauréats |
|---|---|
| 1936 | |
| 1950 | |
| 1954 | |
| 1958 | |
| 1962 | |
| 1966 | |
| 1970 | |
| 1974 | |
| 1978 | |
| 1982 | |
| 1986 | |
| 1990 | |
| 1994 | |
| 1998 | |
| 2002 | |
| 2006 | |
| 2010 |
En 1966, Alexandre Grothendieck a boycotté la cérémonie devant lui remettre une médaille Fields, tenue à Moscou, pour protester contre les actions militaires soviétiques mises en place en Europe de l’Est[5].
En 1970, Sergueï Novikov, en raison des restrictions mises en place à son encontre par le gouvernement soviétique, fut incapable de voyager pour se rendre au congrès à Nice pour recevoir sa médaille.
En 1974, l'Union Soviétique, par le biais de Lev Pontriaguine alors vice-président du comité exécutif de l'IMU, s'est opposée à ce que la médaille Fields soit remise à Vladimir Arnold, suspecté de dissidence politique[6].
En 1978, Lev Pontriaguine s'éleva violemment contre la sélection de Gregori Margulis[7]. Les autres membres du comité exécutif de l'IMU lui tinrent tête[7], mais les autorités soviétiques empêchèrent Margulis de se rendre au congrès à Helsinki pour recevoir sa médaille. La récompense fut reçue en son nom par Jacques Tits, qui dit à cette occasion : « Je ne peux pas ne pas exprimer ma profonde déception — sans doute partagée par beaucoup de monde ici — due à l'absence de Margulis à cette cérémonie. En raison du sens symbolique de cette ville d'Helsinki, j'ai vraiment eu l'espoir grandissant que j'aurais au moins la chance de rencontrer un mathématicien que j'ai seulement connu à travers son travail et pour qui j'ai le plus grand respect et la plus grande admiration[8]. »
En 1982, le congrès aurait dû se tenir à Varsovie mais fut reprogrammé l'année suivante, en raison de l'instabilité politique du pays. Les récompenses furent annoncées à la neuvième assemblée générale de l'IMU plus tôt dans l'année et remises lors du congrès de Varsovie en 1983.
En 1998, au CIM, Andrew Wiles fut présenté par le président du comité de la médaille Fields, Yuri Manin, avec la première plaque d'argent de l'IMU en reconnaissance de sa démonstration du dernier théorème de Fermat. Don Zagier fit référence à la plaque comme une « médaille Fields de poids ». Pour expliquer cette récompense, il est fréquemment mis en avant le fait que Wiles avait dépassé l'âge limite de la médaille Fields (40 ans[9]). Pourtant, bien que Wiles ait déjà légèrement dépassé l'âge limite en 1994, il avait alors été pressenti favori pour gagner la médaille ; ce ne fut finalement pas envisageable car un trou dans la démonstration fut trouvé à l'été 1993, qui ne fut comblé par Wiles qu'en 1995[10],[11].
En 2003, un autre équivalent du Prix Nobel pour les mathématiques a été créé en Norvège, le prix Abel. Le premier prix a été attribué au Français Jean-Pierre Serre, déjà plus jeune lauréat de la médaille Fields en 1954.
En 2006, Grigori Perelman, lauréat pour sa démonstration de la conjecture de Poincaré, refusa la médaille Fields[12] et n'assista pas au congrès[13].
Un même problème, savoir si une variété homotopiquement équivalente à une sphère de dimension n est ou non une sphère de dimension n (voir Conjecture de Poincaré), a vu l'attribution de trois médailles Fields, la première en 1966 à Stephen Smale, la deuxième en 1986 à Michael Freedman, la troisième vingt ans plus tard à Grigori Perelman.
| États-Unis | 12 | |
| France | 11 | |
| URSS (3) / Russie (6) | 9 | |
| Royaume-Uni | 5 | |
| Japon | 3 | |
| Belgique | 2 | |
| Afrique du Sud | 1 | |
| Allemagne | 1 | |
| Australie | 1 | |
| Chine | 1 | |
| Finlande | 1 | |
| Israël | 1 | |
| Italie | 1 | |
| Norvège | 1 | |
| Nouvelle-Zélande | 1 | |
| Suède | 1 | |
| Viêt Nam | 1 |
À leur nomination, les médaillés Fields travaillaient dans les institutions suivantes[14] :
| Université de Princeton | 13 | ||
| Université de Paris[15] | 7 | ||
| Institut des hautes études scientifiques | 4 | ||
| Université de Cambridge | 4 | ||
| Université Harvard | 4 | ||
| Université d'Oxford | 3 | ||
| Massachusetts Institute of Technology | 2 | ||
| Université de Californie à Berkeley | 2 | ||
| Université libre de Bruxelles | 2 | ||
| Université de Moscou | 2 | ||
| Université Stanford | 2 | ||
| École normale supérieure de Lyon | 1 | ||
| Université de Californie à Los Angeles | 1 | ||
| Université de Californie à San Diego | 1 | ||
| Université de Genève | 1 | ||
| Université de Jérusalem | 1 | ||
| Université de Kharkov | 1 | ||
| Université de Kyoto | 1 | ||
| Université de Londres | 1 | ||
| Université de Nancy | 1 | ||
| Université de Pise | 1 | ||
| Université Rutgers | 1 | ||
| Université de Stockholm | 1 | ||
| Université de Strasbourg | 1 | ||
| Université du Wisconsin | 1 |
La médaille a été dessinée par le sculpteur canadien R. Tait McKenzie (en)[16].
Sur l'avers, un portrait de profil d'Archimède et une citation en latin du poète Manilius, Astronomica, IV, v. 392 : « Transire suum pectus mundoque potiri » (mot à mot : « traverser ton propre cœur (= franchir tes limites) et te rendre maître de l'univers (par la connaissance »).
Sur le revers, l'inscription latine :
CONGREGATI
EX TOTO ORBE
MATHEMATICI
OB SCRIPTA INSIGNIA
TRIBUERE
Traduction : « Les mathématiciens s'étant rassemblés du monde entier ont remis cette récompense en raison de remarquables écrits. »
Dans l'arrière-plan, une représentation de la tombe d'Archimède, avec la gravure de son théorème « De la sphère et du cylindre » (une sphère et un cylindre circonscrit de mêmes hauteur et diamètre, travail duquel il était le plus fier) derrière un rameau.
La tranche porte le nom du lauréat.
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