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Orthocentre : encyclopédie mathématique
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.En géométrie euclidienne, un triangle est une figure plane, formée par trois points et par les trois segments qui les relient. La dénomination de « triangle » est justifiée par la présence de trois angles dans cette figure, ceux formés par les segments entre eux. Les trois points sont les sommets du triangle, les trois segments ses côtés, et les trois angles ses angles.
Le triangle est une figure géométrique élémentaire, à l'instar du point, de la droite ou du cercle. Il constitue depuis l'Antiquité une réserve inépuisable de propriétés, d'exercices et de théorèmes mathématiques de difficultés variées. La plupart des propriétés et définitions énoncées dans cet article étaient déjà énoncées, environ 300 ans avant Jésus-Christ, dans les Éléments d'Euclide.
Pour l'étude du triangle dans d'autres géométries, voir Triangle (géométries non euclidiennes).
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Les points intéressants d'une figure géométrique, tels les sommets d'un polygone, sont habituellement désignés par des lettres latines majuscules : A, B, C,... Un triangle est alors nommé, comme tout autre polygone, en donnant successivement le nom de ses sommets, par exemple ABC. L'ordre de citation des sommets n'a pas d'importance, car tous les segments dont ces sommets sont les extrémités sont des côtés du triangle.
Les côtés du triangle, justement, sont dénommés, comme tous les segments, par leurs extrémités : AB, BC, et AC dans notre exemple. Pour nommer la longueur d'un côté, on utilise en général le nom du sommet opposé, converti en minuscule latine : a pour BC, b pour AC, c pour AB.
La notation générale pour l'angle entre deux segments OP et OQ partageant l'extrémité O est 
On peut aussi utiliser une lettre minuscule, grecque le plus souvent, surmontée d'un accent circonflexe (en toute rigueur, les grandeurs devraient être désignées par des majuscules et leur mesure par des minuscules, mais on recourt souvent aux mêmes noms pour les deux afin d'alléger les notations). Dans le cas d'un triangle, l'angle entre deux côtés peut encore, par tolérance et en l'absence d'ambiguïté, être désigné par le nom du sommet commun surmonté d'un accent circonflexe. Bref, dans notre exemple, nous pouvons noter les angles :

Si on tolère de confondre un angle et sa mesure dans les énoncés ou les calculs, la notation correcte est par exemple :
°.Nous utiliserons ces notations dans cet article.
Un triangle peut être défini comme un polygone à trois côtés, ou encore comme un polygone à trois sommets.
Après le point et le segment, le triangle est la figure polygonale la plus simple. C'est le seul qui ne possède pas de diagonale. Dans l'espace, trois points définissent un triangle (et un plan). A contrario, si quatre points coplanaires forment un quadrilatère, quatre points non coplanaires ne définissent pas un polygone, mais un tétraèdre :
D'autre part, tout polygone peut être découpé en un nombre fini de triangles qui forment alors une triangulation de ce polygone. Le nombre minimal de triangles nécessaire à ce découpage est n − 2, où n est le nombre de côtés du polygone. L'étude des triangles est fondamentale pour celle des autres polygones, par exemple pour la démonstration du théorème de Pick.
Dans un triangle, la longueur d'un côté est inférieure ou égale à la somme des longueurs des deux autres côtés. Autrement dit, dans un triangle ABC, les trois inégalités suivantes sont vérifiées :

Cette propriété est caractéristique des triangles. Réciproquement, étant donnés trois nombres réels positifs a, b et c, si les trois inégalités :

sont vérifiées, alors il existe un triangle dont les côtés mesurent a, b et c.
Inversement, pour vérifier qu'il existe un triangle dont les longueurs des côtés sont a, b et c, il suffit en pratique de vérifier une seule des trois inégalités, celle où le plus long côté est à gauche de l'inégalité (ainsi, si max(a,b,c) = a , alors la seule inégalité à vérifier est :
).
Le cas d'égalité de l'inégalité triangulaire permet de caractériser les points d'un segment : M est un point du segment [AB] si et seulement si : AM + MB = AB.
Enfin, la somme des longueurs des trois côtés d'un triangle est son périmètre.
La somme des mesures des angles d'un triangle est égale à 180° ou π radians.
Euclide avait démontré ce résultat dans ses Éléments (proposition I-32) de la manière suivante : traçons la parallèle à la droite (AB) passant par C. Étant parallèles, cette droite et la droite (AB) forment avec la droite (AC) des angles égaux, codés en rouge sur la figure ci-contre (angles alternes-internes). De la même façon, les angles codés en bleu sont égaux (angles correspondants). D'autre part, la somme des trois angles de sommet C est l'angle plat. Donc la somme des mesures d'un angle rouge, d'un angle vert et d'un angle bleu est 180° (ou π radians). La somme des mesures des angles du triangle est donc 180°.
Cette propriété est un résultat de géométrie euclidienne. Elle n'est pas vérifiée en général en géométrie non-euclidienne.
Lorsque les trois sommets d'un triangle sont alignés, on parle de triangle aplati. Il est équivalent de dire qu'un angle du triangle est plat (il mesure alors 180°) ou que deux angles du triangle sont nuls (ils mesurent 0°).
Les triangles admettant deux angles droits (de 90°) et un angle nul (de 0°) sont qualifiés de triangles en aiguille (cas particulier de triangle aplati). C'est un cas limite, car les angles droits ne sont pas correctement définis.
Dans tous ces cas, on parle de triangles dégénérés. Dans la suite de cet article, on suppose que les triangles ne sont pas dégénérés. Dans le cas des triangles dégénérés, de nombreuses propriétés usuelles des triangles sont fausses ou triviales.
Comme la somme des angles d'un triangle vaut 180°, un triangle ne peut pas comporter deux angles droits (mesurant 90°) ou obtus (mesurant plus de 90°). Il a donc au moins deux angles aigus. Si le troisième angle est :
Les triangles peuvent se classer suivant plusieurs types de symétries :
En fait, tous ces classements sont équivalents.
Les trois propositions suivantes sont équivalentes :
Dans ce cas le triangle est dit isocèle. (On peut aussi dire isoangle). Isocèle du grec iso = même et scèle = jambe
Lorsqu'un triangle ABC est tel que AC = AB (les deux côtés d'extrémité A sont égaux), alors on dit que le triangle est isocèle de sommet A et que A est le sommet principal du triangle. Le côté [BC], opposé à A, est appelé base du triangle.
Lorsqu'un triangle est isocèle en A, la hauteur issue de A est aussi la médiatrice et la médiane du côté [BC] et la bissectrice de l'angle en A.
Un triangle bisocèle est un triangle isocèle qui, lorsqu'il est « coupé » en deux par la bissectrice d'un de ses angles, forme deux triangles isocèles eux aussi. Il n'y a que deux cas de triangles bisocèles : le triangle d'or et le triangle isocèle rectangle.
Lien externe : démonstration.
Un triangle isocèle peut aussi se trouver dans la figure formée par un parallélogramme et ses diagonales : dans un rectangle, dans un losange ou dans un parallélogramme où la longueur d'un des côtés est la même que celle de la moitié d'une des diagonales.
Les propositions suivantes sont équivalentes :
Dans ce cas le triangle est dit équilatéral, ou équiangle, ou isopleure. Un triangle équilatéral peut-être vu comme un triangle isocèle particulier.
Les trois angles d'un triangle équilatéral mesurent 60°. Par ailleurs, chacune des hauteurs issues d'un sommet est aussi la médiatrice et la médiane du côté opposé et la bissectrice de l'angle.
le rapport entre le côté et la hauteur d'un triangle équilatéral est de 0,85
Un triangle scalène (du grec skalenos : boiteux, inégal, déséquilibré, oblique...) est un triangle :
Les trois définitions ci-dessus sont équivalentes entre elles. Un tel triangle n'est bien sûr ni isocèle, ni équilatéral.
Lorsqu'un triangle présente un angle droit (mesurant 90°) on parle de triangle rectangle.
Parmi les nombreuses propriétés du triangle rectangle, citons le fameux Théorème de Pythagore : « Un triangle admet un angle droit si et seulement si le carré de la longueur d'un de ses côtés est égal à la somme des carrés des longueurs des deux autres côtés. »
Le 'triangle 3-4-5 est un triangle rectangle dont les longueurs des côtés forment une progression
. On peut remarquer que 5² = 3² + 4² (soit 25 = 9 + 16) : comme ce triangle vérifie la relation du théorème de Pythagore on peut en déduire qu'il est rectangle.
Ce cas particulier d'un triangle rectangle est connu depuis l'Antiquité. Il est facile à réaliser à l'aide d'une corde à treize nœuds : on l'utilisait pour tracer un angle droit au sol. Pour cette raison, on l'appelle aussi « triangle des arpenteurs ».
Le triangle 30-60-90 est un triangle rectangle dont les angles mesurent 30°, 60° et 90°, c'est-à -dire forment une progression
. Les longueurs des côtés forment quant à eux une progression
.
Ce triangle est parfois aussi appelé « triangle de l'écolier » : les équerres d'écolier ont parfois cette forme. On parle aussi de « triangle hémi-équilatéral ». Cette dernière appellation se justifie en remarquant qu'un triangle équilatéral peut être coupé suivant un axe reliant l'un de ses sommets au milieu du côté opposé, pour donner deux triangles 30-60-90 égaux.
Un triangle peut être à la fois rectangle et isocèle. Dans ce cas, il l'est au même sommet. Ses deux angles aigus mesurent 45° (ou π/4 rad).
C'est le triangle obtenu en divisant un carré en deux suivant une diagonale, d'où le nom du triangle : « demi-carré ».
Remarque : les noms de hauteurs, médianes, médiatrices ou bissectrices désignent non seulement les droites indiquées ci-dessous, mais aussi les segments de ces droites intérieurs au triangle.
On appelle médiane d'un triangle chacune des trois droites passant par un sommet du triangle et par le milieu du côté opposé à ce sommet.
Chacune des trois médianes divise le triangle en deux triangles d'aires égales.
Les trois médianes d'un triangle sont concourantes. Leur point d'intersection
est nommé centre de gravité du triangle. Si le triangle était une plaque solide homogène, on pourrait le faire tenir en équilibre sur une pointe en le posant exactement sur ce point G.
Le centre de gravité du triangle est aussi l'isobarycentre des points A, B et C, défini par la relation vectorielle :
.Si I désigne le milieu du côté [BC] on a la relation vectorielle :
.En effet, si I est l'isobarycentre de B et de C pondérés de masses 1, alors par associativité G est le barycentre de I pondéré d'une masse 2 et de A pondéré d'une masse 1.
Cette relation s'applique également aux deux autres sommets du triangle vis-à -vis du milieu de leur côté opposé.
Si I, J et K désignent respectivement les milieux des côtés [BC], [AC] et [AB] alors le triangle IJK s'appelle le triangle médian du triangle ABC.
On appelle médiatrice d'un triangle chacune des médiatrices de ses côtés [AB], [AC] et [BC].
Les trois médiatrices d'un triangle sont concourantes en un point Ω équidistant des trois sommets. Le cercle de centre Ω, et de rayon ΩA passe par chacun des trois sommets du triangle : c'est le cercle circonscrit au triangle. Tout triangle est donc un polygone inscriptible.
On peut remarquer que :
Propriété :
Les bissectrices d'un triangle sont les trois bissectrices intérieures de ses angles.
Les trois bissectrices d'un triangle sont concourantes en un point O. Le cercle inscrit au triangle est l'unique cercle tangent aux trois côtés du triangle et tout entier inclus dans le triangle. Il a pour centre le point O qui est donc le centre du cercle inscrit au triangle. ok
On appelle hauteur d'un triangle chacune des trois droites passant par un sommet du triangle et perpendiculaire au côté opposé à ce sommet. L'intersection de la hauteur et du côté opposé s'appelle « pied » de la hauteur. Ces 3 hauteurs se coupent en un point unique appelé orthocentre.
On peut remarquer que :
Les trois points H, G et Ω sont alignés sur une droite appelée droite d'Euler du triangle et ΩH = 3ΩG (relation d'Euler).
Par ailleurs les milieux des trois côtés, les trois pieds des hauteurs et les milieux des segments [AH], [BH] et [CH] sont sur un même cercle dénommé cercle d'Euler ou cercle des neufs points du triangle.
L'aire d'un triangle est l'aire de la portion du plan qu'il enferme. Il existe plusieurs manières de la calculer, selon les informations dont on veut partir.
Si le triangle est rectangle il est immédiat que son aire est
,où a est la longueur d'un côté différent de l'hypoténuse et h la longueur de la hauteur issue de ce côté. Si le triangle n'est pas rectangle, la relation reste vraie, car le triangle se décompose en deux triangles rectangles (comme sur la figure).
Pour une expression de l'aire d'un triangle dont les longueurs des côtés sont a,b et c et p le demi-périmètre [
], on peut utiliser la formule de Héron :
.L'aire du parallélogramme défini par deux vecteurs
,
est la norme de leur produit vectoriel :
.On peut calculer l'aire d'un triangle à partir de cette formule :
.Un repère orthonormé étant donné, l'aire du triangle ABC peut être calculée à partir des coordonnées des sommets.
Dans le plan, si les coordonnées de A, B et C sont données par A(xA,yA), B(xB,yB) et C(xC,yC), alors l'aire S est la moitié de la valeur absolue du déterminant

L'aire du triangle ABC peut aussi se calculer à partir de la formule

Cette méthode se généralise en trois dimensions. L'aire du triangle ABC où A = (xA,yA,zA), B = (xB,yB,zB) et C = (xC,yC,zC) s'exprime comme
Notations :
;
;
(Formule de Héron) ;
(Théorème d'Al-Kashi, ou Théorème de Pythagore généralisé) ;
, les 2 dernières formules sont à la base des méthodes de triangulation en géodésie et astronomie.On dit que deux triangles sont isométriques lorsqu'il existe une isométrie (par exemple une translation, une rotation ou une symétrie) qui transforme l'un en l'autre.
Pour que deux triangles soient isométriques, il suffit qu'une seule des conditions ci-dessous soit vérifiée :
Deux triangles sont qualifiés de semblables lorsque leurs trois angles sont respectivement égaux un à un. Il existe alors une similitude (qui est la composée d'une isométrie et d'une homothétie) qui transforme l'un en l'autre. Dans ce cas les longueurs de leurs côtés sont proportionnelles.
Le triangle est la forme des faces de nombreux polyèdres réguliers : tétraèdre (quatre faces qui sont des triangles équilatéraux, c'est la pyramide à base triangulaire), octaèdre (huit faces, les pyramides égyptiennes sont des demi-octaèdres), icosaèdre (vingt faces)...
| Polygones | |
|---|---|
| Triangle · Quadrilatère · Pentagone · Hexagone · Heptagone · Octogone · Ennéagone · Décagone · Hendécagone · Dodécagone · Tridécagone Tétradécagone Pentadécagone Hexadécagone Heptadécagone Octadécagone Ennéadécagone Icosagone Triacontagone Tétracontagone Pentacontagone Hectogone Chiliagone Myriagone | |
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