Polygone : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.Un polygone (du grec polus, nombreux, et gônia, angle) est une figure géométrique, formée d'une suite de segments, chacun d'entre eux partageant une extrémité avec le précédent et le suivant, délimitant ainsi un contour fermé. Le terme polygone recouvre en particulier les figures fermées délimitées par une ligne brisée (une figure en forme d'étoile par exemple).
Sommaire |
Soient A1, A2, A3, ... An, n points d'un espace géométrique. On dénomme alors polygone la figure notée « A1A2A3...An », et constituée par la suite des n segments : [A1A2], [A2A3], ... [An-1An] et [AnA1].
Les n points précédents sont les sommets du polygone, et les n segments ses côtés. À chaque sommet est associé un angle, c'est l'angle entre les deux côtés qui aboutissent au sommet.
Dans la suite de cet article, nous ne considérerons que des polygones plans en géométrie euclidienne, c'est-à -dire des polygones dont tous les sommets sont dans un même plan euclidien. Toutefois, certaines des définitions qui suivent pourront s'étendre sans difficulté à d'autres géométries.
Le nombre n des côtés d'un polygone est communément appelé ordre de ce polygone. C'est évidemment aussi le nombre de ses sommets ou celui de ses angles. Par exemple, un polygone d'ordre cinq détient cinq sommets, cinq angles et cinq côtés.
Les droites qui portent les côtés d'un polygone sont appelées les côtés prolongés de ce polygone.
Les côtés d'un polygone ne sont pas les seuls segments qui peuvent relier les sommets entre eux. Tout segment reliant deux sommets d'un polygone et autre qu'un côté est appelé diagonale de ce polygone.
Un polygone à n côtés possède ainsi diagonales.
Il existe de nombreuses manières de classer les polygones : en fonction de leur convexité, de leurs symétries, de leurs angles... Mais on les classe d'abord suivant leur nombre de côtés.
Les polygones peuvent être classés entre eux suivant leur nombre de côtés, c'est-à -dire leur ordre.
Le polygone le plus élémentaire est le triangle : un polygone possède au moins trois sommets et trois côtés.
Vient ensuite le quadrilatère, à quatre côtés et quatre sommets.
À partir de l'ordre cinq, chaque nom de polygone est formé d'une racine grecque correspondant à l'ordre du polygone suivie du suffixe -gone.
Pour s'y retrouver dans la dénomination des polygones, il faut retenir que -kai- signifie « plus » en grec, et que -conta- signifie « dizaine ». Par exemple, le mot triacontakaiheptagone signifie trois (tria-) dizaines (-conta-) plus (-kai-) sept (-hepta-) unités, et correspond donc à un polygone de trente-sept côtés.
Au delà de douze côtés, la coutume incite à parler de polygone à n côtés où n est remplacé par le nombre souhaité, ceci afin de simplifier les choses.
Il existe cependant plusieurs dénominations anciennes pour des nombres « ronds » comme pour un polygone à vingt côtés (icosa-), à cent côtés (hecto-) et à dix mille côtés (myria-).
| Nombre de côtés | Nom |
|---|---|
| digone ou angle | un polygone dégénéré à 2 côtés |
| 3 côtés | Triangle ou Trigone |
| 4 côtés | Quadrilatère ou tétragone |
| 5 côtés | pentagone |
| 6 côtés | Hexagone |
| 7 côtés | Heptagone |
| 8 côtés | Octogone |
| 9 côtés | Ennéagone ou nonagone |
| 10 côtés | Décagone |
| 11 côtés | Hendécagone |
| 12 côtés | Dodécagone |
| 13 côtés | triskaidécagone ou tridécagone |
| 14 côtés | tétrakaidécagone ou tétradécagone, quadridécagone |
| 15 côtés | pentakaidécagone ou pentadécagone, quidécagone |
| 16 côtés | hexakaidécagone ou hexadécagone |
| 17 côtés | heptakaidécagone ou heptadécagone |
| 18 côtés | octakaidécagone ou octadécagone |
| 19 côtés | ennéakaidécagone ou ennéadécagone |
| 20 côtés | icosagone |
| 21 côtés | icosikaihenagone ou henicosagone |
| 22 côtés | icosikaidigone ou doicosagone |
| 23 côtés | icosikaitrigone ou triaicosagone |
| 24 côtés | icosikaitétragone ou tétraicosagone |
| 25 côtés | icosikaipentagone ou pentaicosagone |
| 26 côtés | icosikaihexagone ou hexaicosagone |
| 27 côtés | icosikaiheptagone ou heptaicosagone |
| 28 côtés | icosikaioctagone ou octaicosagone |
| 29 côtés | icosikaiennéagone ou ennéaicosagone |
| 30 côtés | triacontagone |
| 31 côtés | triacontakaihenagone ou hentriacontagone |
| 32 côtés | triacontakaidigone ou dotriacontagone |
| 33 côtés | triacontakaitrigone ou tritriacontagone |
| 34 côtés | triacontakaitétragone ou tétratriacontagone |
| 35 côtés | triacontakaipentagone ou pentatriacontagone |
| 36 côtés | triacontakaihexagone ou hexatriacontagone |
| 37 côtés | triacontakaiheptagone ou heptatriacontagone |
| 38 côtés | triacontakaioctogone ou octatriacontagone |
| 39 côtés | triacontakaiennégone ou ennéatriacontagone |
| 40 côtés | tétracontagone |
| 50 côtés | pentacontagone |
| 60 côtés | hexacontagone |
| 70 côtés | heptacontagone |
| 80 côtés | octacontagone |
| 90 côtés | ennéacontagone |
| 100 côtés | hectogone ou hécatontagone |
| 1 000 côtés | Chiliogone ou Chiliagone |
| 10 000 côtés | myriagone |
Les mêmes principes s'appliquent aux polyèdres, où il suffit de remplacer le suffixe -gone par le suffixe -èdre.
On rappelle qu'une diagonale d'un polygone est un segment qui joint deux sommets non consécutifs, c'est-à -dire un segment qui joint deux sommets et qui n'est pas un côté du polygone.
Exemple : les segments [AC], [AD], [BD], [BE], [CE] sont les 5 diagonales du pentagone ABCDE ci-contre.
Un polygone est dit croisé si au moins deux de ses côtés sont sécants, c'est-à -dire si au moins deux de ses côtés se coupent. C'est le cas du pentagone ABCDE ci-contre (à droite).
L' enveloppe d'un polygone est le polygone obtenu en suivant le contour extérieur de celui-ci. Par exemple, l'enveloppe du pentagone précédent est un décagone dont les sommets sont les cinq sommets du pentagone et les cinq intersections de ses côtés.
Un polygone est dit concave s'il n'est pas croisé et si l'une de ses diagonales n'est pas entièrement à l'interieur de la surface délimitée par le polygone.
Par exemple, le pentagone ACDBE ci-contre ( à droite ) est dit concave car les diagonales [BC] et [CE] sont à l'extérieur de la surface délimitée par le polygone.
Un polygone est dit convexe s'il n'est pas croisé et si toutes ses diagonales sont entièrement à l'intérieur de la surface délimitée par le polygone. Ainsi, l'hexagone MNOPQR ci-contre (à droite) est dit convexe.
L' enveloppe convexe d'un polygone est le plus petit polygone convexe le contenant. Attention : l'enveloppe et l'enveloppe convexe d'un polygone ne se confondent que si celui-ci est convexe !
Un polygone est alors dit étoilé si (et seulement si) aucun de ses côtés n'appartient à son enveloppe convexe.
Par exemple, le pentagone croisé précédent et son enveloppe sont étoilés tous les deux.
Un polygone peut présenter des régularités (appelées symétries) qui le rendent globalement invariant par certaines transformations telles que des rotations ou des réflexions. L'élément de symétrie d'une transformation est l'ensemble des points invariants par cette transformation :
On peut remarquer que, dans le plan, la symétrie centrale se confond avec la rotation d'ordre deux.
On dit qu'un polygone (ou plus généralement toute figure de géométrie) présente un élément de symétrie quand il est globalement invariant par la transformation correspondante.
Dans le cas d'un polygone, tous les éléments de symétrie passent par un même point. Ce point, s'il existe, est appelé centre du polygone.
Un polygone est dit régulier s'il est convexe et présente un axe de rotation d'ordre égal à son nombre de côtés.
Cela signifie qu'il se superpose à lui-même quand on le tourne d'un angle de , où n est l'ordre du polygone.
Le polygone présente ainsi la même configuration en chacun de ses sommets qui sont donc disposés régulièrement sur un cercle centré sur l'axe de rotation.
Un polygone régulier est donc un polygone convexe inscrit dans un cercle et dont tous les côtés ont la même longueur (et les angles la même mesure).
Inversement, si un polygone convexe est inscriptible dans un cercle et si ses côtés sont égaux (ou ses angles égaux ), alors il est régulier.
Quelques exemples et contre-exemples :
Un polygone est dit isocèle quand il présente au moins un axe-miroir.
Les axes-miroirs passent nécessairement par des sommets ou des milieux des côtés du polygone.
Plus précisément :
Un polygone isocèle qui présente plusieurs axes-miroir a nécessairement un centre, le point d'intersection des axes-miroir.
Quelques exemples et contre-exemples :
Un polygone est dit centrosymétrique quand il présente un centre de symétrie.
Tout polygone centrosymétrique a nécessairement un nombre pair de sommets, et inversement, seuls les polygones d'ordre pair peuvent être centrosymétriques.
Les côtés opposés d'un polygone centrosymétrique sont parallèles et de même longueur (ordre du polygone pair).
Quelques exemples et contre-exemples :
Un polygone est dit rotosymétrique d'ordre n ou plus brièvement n-rotosymétrique quand il présente un axe de rotation d'ordre n.
Un polygone rotosymétrique d'ordre n a un nombre de côtés multiple de n. Inversement, un polygone ne peut présenter d'axe de rotation que si l'ordre de ce dernier divise son nombre de côtés.
Les polygones réguliers et centrosymétriques sont des cas particuliers de polygones rotosymétriques.
Quelques exemples et contre-exemples :
Un polygone scalène est un polygone qui ne présente aucun élément de symétrie. Un polygone scalène n'a donc pas de centre.
Un polygone convexe ne peut présenter plus de quatre angles droits.
Un polygone est dit rectangle quand il comporte au moins un angle droit.
Quelques exemples et contre-exemples :
Un polygone est dit birectangle quand il comporte au moins deux angles droits, consécutifs ou non.
Quelques exemples et contre-exemples :
Un polygone avec deux angles droits consécutifs présente deux côtés parallèles.
Un polygone est dit trirectangle quand il comporte au moins trois angles droits, consécutifs ou non.
Quelques exemples et contre-exemples :
Un polygone convexe avec trois angles droits consécutifs présente deux fois deux côtés parallèles. Il ressemble en fait à un rectangle avec un coin découpé.
Un polygone est dit équiangle quand tous ses angles sont égaux.
Quelques exemples et contre-exemples :
Un polygone est dit équilatéral quand tous ses côtés ont la même longueur.
Un polygone est dit inscriptible quand tous ses sommets se trouvent sur un même cercle, dit circonscrit au polygone. Ses côtés sont alors des cordes de ce cercle, d'où le nom de polygone de cordes donné par les anglophones aux polygones inscriptibles.
Quelques exemples et contre-exemples :
Un polygone est dit circonscriptible quand tous ses côtés sont tangents à un même cercle, dit inscrit dans le polygone. Les anglophones ont baptisés polygone de tangentes ce type de polygone.
Quelques exemples et contre-exemples :
Ce sont les médiatrices de ses côtés.
Ce sont les bissectrices de ses angles.
Les apothèmes d'un polygone à centre relient les milieux de ses côtés à son centre.
Si le polygone est régulier, ce sont aussi :
Les rayons d'un polygone à centre relient ses sommets à son centre.
Si le polygone est régulier, ce sont aussi :
Soit A1A2A3...An un polygone à n côtés muni d'un centre O.
On appelle angle au centre du polygone l'angle formé par deux rayons consécutifs de ce polygone.
Si le polygone considéré est régulier, les n angles au centre ont tous la même mesure, 2π / n radians, et c'est aussi la mesure de l'angle entre deux apothèmes consécutifs.
La somme des angles d'un polygone ne porte pas de nom particulier, mais vaut (seulement dans le cas d'un polygone convexe ) :
Pour le démontrer, prenez un point à l'intérieur du polygone ; reliez-y tous les sommets, vous obtenez alors un découpage du polygone en n triangles ; sachant que la somme des angles d'un triangle vaut π radians, celle des n triangles vaut donc n·π radians ; en y soustrayant la somme des angles autour du point central commun aux n triangles, qui vaut 2 π radians, la somme des angles vaut donc S = n·π - 2·π. En factorisant par π, on obtient le résultat cité plus haut : S = (n - 2)·π radians.
À noter que lorsque l'ordre d'un polygone augmente d'une unité, la somme de ses angles augmente de 180° ou π radians : c'est le supplément d'angle.
Le périmètre d'un polygone est la somme des longueurs de ses côtés.
Si le polygone est régulier, son périmètre P vaut :
où :
Comme vaut 2π / n radians, et que sin x ≈ x quand x est voisin de 0, le périmètre tend vers 2 π R quand n tend vers l'infini. On retrouve bien le périmètre du cercle.
L'aire d'un polygone non croisé est l'aire de la surface enclose par le polygone.
Si le polygone est régulier, son aire A vaut :
où :
Comme l'angle au centre vaut 2 π / n radians, et que sin x ≈ x et cos x ≈ 1 quand x est voisin de 0, l'aire tend vers π R2 quand n tend vers l'infini. On retrouve bien l'aire du disque.
Il existe une seconde formule possible pour calculer l'aire d'un polygone régulier :
où a est l'apothème du polygone et P son périmètre.
Lorsque le polygone est irrégulier, il est facile de le partitionner en triangles à partir des diagonales. Pour calculer son aire, il suffit alors de faire la somme des aires des triangles obtenus.
| Polygones | |
|---|---|
| Triangle · Quadrilatère · Pentagone · Hexagone · Heptagone · Octogone · Ennéagone · Décagone · Hendécagone · Dodécagone · Tridécagone Tétradécagone Pentadécagone Hexadécagone Heptadécagone Octadécagone Ennéadécagone Icosagone Triacontagone Tétracontagone Pentacontagone Hectogone Chiliagone Myriagone | |
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