Pourcentage : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.Un pourcentage est une façon d'exprimer un nombre comme une fraction de cent, généralement en utilisant le signe %, parfois l'abréviation p.c., ou rarement en écrivant en toutes lettres pour cent : 5 %, 5 p.c., 5 pour cent. On utilise le pourcentage seulement lorsqu'un nombre représente une proportion ou une fraction d'un ensemble.
D'usage très fréquent dans le monde actuel puisqu'on le rencontre en statistique comme en économie, le pourcentage est une notion qui peut induire de nombreuses erreurs de raisonnement.
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La notation des pourcentages semble tirer son origine de l'italien. Dans les textes du Moyen Âge, on peut voir des notations comme « per cento ». ou « per c. » ou « p. cento ». Selon D.E Smith[1], la première trace d'un symbole voisin de celui utilisé actuellement, se trouve dans un manuscrit italien anonyme écrit vers 1425 sous la forme Le p s'est ensuite perdu et la barre est devenue oblique. Les deux « o » ont ensuite été assimilés aux deux zéros de 100 ce qui a conduit à noter ‰ le symbole « pour mille ».
Le signe « % » en typographie française doit être précédé et suivi d'une espace forte[2],[3].
Dans d'autres langues, et notamment en anglais, le signe est collé au chiffre.
On compare une valeur particulière (ou une population partielle, population étant entendu au sens statistique) à une valeur de référence (ou une population totale) et on cherche à déterminer ce que vaudrait cette valeur particulière (ou cette population partielle) si la valeur de référence (ou la population totale) était ramenée à 100, sachant que les proportions sont respectées.
Exemple : 56 personnes parmi 400 (population de référence) ont une particularité P. Donc 14 % ont une particularité P. En effet, pour ramener 400 à 100, il faut diviser 400 par 4, et faire de même avec 56 pour conserver la proportion. Or 56 / 4 = 14.
Le calcul de ce pourcentage revient à trouver le numérateur d'une fraction dont le dénominateur serait 100 et qui serait égale à C'est ainsi que l'on confond souvent la fraction de dénominateur 100 avec le pourcentage et donc le pourcentage avec le nombre décimal 0,14. Cette confusion, très pratique en mathématique, induit parfois des incompréhensions dans le domaine technique puisque l'on rencontre souvent l'indication de calcul suivante : pourcentage de personne ayant la particularité P :
Dans une assemblée de 50 personnes, il y a 31 femmes. Celles-ci représentent 62 % de l'assemblée car :
On peut aussi voir le problème comme la recherche d'une quatrième proportionnelle. Il s'agit de trouver t tel que :
Quand on compare une valeur particulière à une valeur de référence, il est possible d'obtenir des pourcentages dépassant 100 %. Si le coût d'un produit passe de 30 euros à 48 euros et si on considère que le premier prix est une valeur de référence, le second prix représente 160 % du premier prix car :
Cet aspect du pourcentage est particulièrement utilisé en économie dans la notion d'indice.
Appliquer un pourcentage, c'est retrouver la valeur étudiée (ou la population partielle) connaissant le pourcentage et la valeur (ou la population) de référence. Cette valeur étudiée se détermine en multipliant la valeur de référence par le décimal associé au pourcentage.
Si une assemblée de 120 personnes compte 15 % de femme, alors il y a 18 femmes dans cette assemblée car :
On peut aussi voir le problème comme la recherche d'une quatrième proportionnelle : il faut trouver n tel que :
Le prix hors taxes d'un objet est 120 €. Le taux de TVA est de 5 %. Celle-ci s'élève donc à 6 € car :
Cette valeur de référence se trouve en divisant la valeur étudiée ou la population partielle par le décimal associé au pourcentage.
Dans une assemblée il y a 36 femmes, elles représentent 30 % de l'assemblée donc l'assemblée est formée de 120 individus car :
On peut aussi voir le problème comme la recherche d'une quatrième proportionnelle : il faut trouver N tel que :
Le prix TTC d'un objet est de 198 €. Ce prix représente 119,6 % du prix HT. Le prix HT (hors taxe) est donc de 165,55 € car
En économie et dans les taux d'intérêts, l'étude porte sur des variations en pourcentage, des augmentations ou des réductions. On peut tout à fait décomposer le calcul en deux temps : calcul de l'augmentation ou de la réduction, puis calcul de la valeur finale en effectuant une addition ou une soustraction. Mais il est préférable de voir ces augmentations ou ses réductions comme issues de l'application d'un coefficient multiplicateur. Seul cet aspect des choses permet de retrouver efficacement une valeur de référence ou d'appliquer des augmentations successives.
Une augmentation de t % se traduit par une multiplication par et une diminution de t % par une multiplication par
Des variations successives à taux fixe conduisent à des progressions géométriques. Ainsi, augmenter 35 fois de 2 % revient à multiplier par 1,0235, c'est-à -dire 1,99989, soit quasiment par 2. Et diminuer 35 fois de 2 % revient à multiplier par 0,9835, c'est-à -dire à diviser par 2,028, soit un peu plus de 2.
Pour retrouver la valeur de référence, il suffit alors de diviser la valeur finale par le coefficient multiplicateur.
Après une solde de 15 % le prix d'un objet n'est plus que de 34 €, le prix initial de l'objet était donc de 40 € car :
On peut être amené à multiplier entre eux des pourcentages. C'est le cas par exemple des pourcentages de pourcentage. Dans cette assemblée, il y a 36 % de femmes et 25 % de ces femmes sont âgées de plus de 50 ans. Il y a donc 9 % de femmes âgées de plus de 50 ans dans l'assemblée car :
On peut voir le problème en se ramenant à une assemblée de 100 personnes. Parmi celles-ci 36 seraient des femmes et 25 % de ces 36 femmes seraient âgées de plus de 50 ans. Or 25 % de 36 correspond à 9 donc dans une assemblée de 100 personnes, il y aurait 9 femmes de plus de cinquante ans.
| un centième | 1 % | 1/100 | 0,01 |
| un dixième | 10 % | 1/10 | 0,1 |
| un cinquième | 20 % | 1/5 | 0,2 |
| un quart | 25 % | 1/4 | 0,25 |
| un tiers | 33,3… % | 1/3 | 0,33… |
| une moitié | 50 % | 1/2 | 0,5 |
| trois quarts | 75 % | 3/4 | 0,75 |
| neuf dixièmes | 90 % | 9/10 | 0,9 |
| 99 centièmes | 99 % | 99/100 | 0,99 |
| le tout | 100 % | 1/1 | 1 |
| le double | 200 % | 2/1 | 2 |
En statistique, quand on étudie une variable statistique, les effectifs associés aux différentes valeurs du caractère sont parfois difficiles à bien évaluer. Se ramener alors a une population de 100, revient à présenter des répartitions sous formes de pourcentage. On parle alors de fréquence.
On rencontre les pourcentages dans les sondages d'opinion alors que la population interrogée est rarement de 100 personnes. On les rencontre aussi dans les résultats d'élections.
Dans les finances, on rencontre les pourcentages dans les calculs de TVA : une TVA de 19,6 % consiste à ajouter à un prix hors taxes (prix HT) une taxe correspondant à 19,6 % du prix HT. On obtient alors un prix toutes taxes comprises (prix TTC) qui correspond au prix HT multiplié par 1,196.
On les rencontre aussi dans les taux d'intérêts : une somme placée ou empruntée pendant un an à un taux d'intérêt de t % a été multipliée en fin d'année par .
Les taux d'imposition qui représentent une fraction du revenu d'un ménage sont aussi exprimés sous forme de pourcentage.
En économie, un indice est la valeur d'une grandeur économique par rapport à une valeur de référence. Par exemple, si, en 2004, le prix moyen des appartements au mètre carré dans une ville a augmenté de 22 % par rapport à l'année 2000, servant de référence (indice 100), on dira que l'indice du prix moyen des appartements est de 122 en 2004. L'indice est donc une présentation particulière d'un pourcentage.
Les panneaux routiers indiquent les pentes des routes en pourcentage. Une pente de 10 % signifie qu'à un déplacement horizontal de 100 m, correspond un déplacement vertical de 10 m. La pente correspond alors à la tangente de l'angle d'inclinaison de la route.
En métrologie, les mesures ne peuvent pas être connues avec une précision absolue. Les calculs d'erreur ou les calculs d'incertitude sont souvent présentés en pourcentage. Quand on dit que le poids d'une conserve est connu à 5 % près, cela signifie que, si le poids de la conserve est supposé valoir 500 grammes, il peut se glisser une erreur de 25 grammes en excès ou en défaut.
En œnologie, le degré alcoolique d'une boisson alcoolisée est le pourcentage en volume d'alcool pur contenu dans une boisson. Ainsi, si on prend un verre de 100 ml de vin titré à 12 % vol, on absorbe 12 ml d'alcool pur soit environ grammes d'alcool pur.
Le terme de degré pris à la place de pourcentage provient de l'ancienne unité utilisée : le degré Gay-Lussac (GL). Un degré GL correspondant à un pourcentage d'alcool pur de 1 %.
L'importance des pourcentages dans l'analyse des données statistiques, leur présence dans les résultats de sondages et dans les indicateurs économiques leur confèrent un statut officiel de science. Cependant, le pourcentage est une vision réductrice d'une réalité et son usage abusif pour conduire à des erreurs de raisonnement que Sylviane Gasquet souligne dans son livre Plus vite que son nombre.
La représentation du pourcentage sous forme d'une fraction, sa transformation en décimal, lui confère un statut apparent de nombre mais il n'a pas les qualités normalement attribuées à un nombre : il n'est pas possible d'effectuer des sommes de pourcentage dans l'absolu. On ne peut pas faire de sommes de pourcentage et leur donner un sens, sauf si ces pourcentages correspondent à deux populations partielles disjointes associées à la même population de référence. En particulier deux augmentations successives de 10 % ne donnent pas une augmentation de 20 % mais de 21 %. Quant au produit de pourcentage, il obéit à des règles très restrictives. De même, comparer des pourcentages peut se révéler mener à des contresens si la population de référence change dans les deux comparaisons.
Le fait de ramener l'effectif à 100 tend à donner moins d'importance à la population de référence qui parfois même disparaît du discours final. Cela peut induire un certain nombre de contresens.
Deux phénomènes peuvent contribuer à l'augmentation d'un pourcentage : l'augmentation de la population partielle, la diminution de la population totale.
Un mauvais choix de l'univers de référence induit le lecteur à une mauvaise interprétation du pourcentage. Sylviane Gasquet cite l'exemple du redoublement en seconde : dans l'expression, il y a 50 % de redoublement en seconde, l'univers de référence a disparu. Il faudrait dire, dans une classe de seconde, 50 % des élèves sont amenés à redoubler. Comme la moitié de la classe est déjà formée de redoublants qui, on l'espère ne vont pas tripler, c'est que 100 % des non-redoublants sont condamnés à redoubler.
Un taux de TVA s'applique au prix hors taxe et non au prix TTC.
Quand une population partielle est passée de 10 % à 12 %, il est délicat de parler de l'augmentation. Une erreur fréquente est de dire que la population a augmenté de 2 %. En effet, en supposant que la population de référence soit de 100 individus et ne change pas entre la première et la seconde mesure (ce qui est rarement le cas), la population partielle passerait de 10 individus à 12 individus, soit une multiplication par 1,2 c'est-à -dire une augmentation de 20 %. Or pourtant, il est utile de chiffrer cette variation : premier pourcentage 10 %, second 12 %. On parle alors d'une augmentation de 2 points.
Lors de hausses et de baisses successives, la tentation est grande d'ajouter et soustraire les pourcentages d'augmentation.
Il est tentant de penser qu'une augmentation de 10 % suivie d'une baisse de 10 % ramène à la valeur initiale. Mais ces pourcentages ne correspondent pas à la même population de référence. En reprenant la technique du coefficient multiplicatif et l'appliquant à une quantité Q on s'aperçoit que les 10 % d'augmentation reviennent à multiplier la quantité Q par 1,1 et que la réduction, s'appliquant à revient à multiplier cette quantité par 0,9. Or
ce qui correspond à une baisse de 1 %.
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