Problèmes de Hilbert : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.Lors du deuxième congrès international des mathématiciens tenu à Paris en 1900, David Hilbert présenta une liste de problèmes qui tenaient jusqu'alors les mathématiciens en échec. Ces problèmes devaient, selon Hilbert, marquer le cours des mathématiques du XXe siècle, et l'on peut dire aujourd'hui que cela a été grandement le cas. La liste définitive fut publiée après la tenue du congrès et est aujourd'hui familièrement appelée problèmes de Hilbert.
Les sections suivantes présentent brièvement chaque problème.
| Problème | Description | Résolution | Année de résolution |
|---|---|---|---|
| Premier | Tout sous-ensemble infini des réels peut être mis en bijection avec l'ensemble des entiers naturels ou avec l'ensemble des réels lui-même. | Prouvé indécidable (ni sa vérité ni sa fausseté ne peuvent être prouvés) dans la théorie des ensembles de Zermelo-Fraenkel, avec ou sans l'axiome du choix. Il n'y a pas de consensus sur le fait que ce résultat apporte une solution au problème. | 1963 |
| Deuxième | Peut-on prouver la cohérence de l'arithmétique ? En d'autres termes, peut-on démontrer que les axiomes de l'arithmétique ne sont pas contradictoires ? | Il n'existe pas de consensus sur le fait que les résultats de Gödel et Gentzen apportent une solution au problème tel que formulé par Hilbert. Le théorème d'incomplétude de Gödel, prouvé en 1931, montre qu'aucune preuve de la cohérence ne peut être apportée en utilisant les outils de l'arithmétique. Getzen montra en 1936 que la cohérence de l'arithmétique dérive du fait que le nombre transfini ε0 est défini à partir d'une récurrence bien fondée. | 1936? |
| Troisième | Étant donnés deux polyèdres d'égal volume, peut-on découper le premier polyèdre en des polyèdres et les rassembler pour former le second polyèdre ? | Résolu. Résultat : non, prouvé en utilisant les invariants de Dehn. | 1900 |
| Quatrième | Définir toutes les géométries dont la plus courte distance entre deux points est un segment de droite. | Trop vague pour être déterminé résolu ou non.[n 1] | – |
| Cinquième | Démontrer que les groupes de Lie sont nécessairement différentiables. | Résolu par Andrew Gleason, selon une certaine interprétation donnée à la formulation. Si, toutefois, il peut être interprété comme conjecture de Hilbert–Smith, il n'est toujours pas résolu. | 1953? |
| Sixième | Axiomatisation, fondée sur le modèle mathématique, de la physique | Non résolu. | – |
| Septième | Démontrer la transcendance des nombres |
Résolu. Résultat : démontré, par le Théorème de Gelfond-Schneider. | 1935 |
| Huitième | Démontrer l'hypothèse de Riemann. | Non résolu. | – |
| Neuvième | Établir une loi de réciprocité dans les corps de nombres algébriques. | Partiellement résolu. Il est résolu dans le cas abelien, par le développement de la théorie des corps de classes. Si on interprète le problème comme suffisamment vaste pour intégrer les cas non abéliens, alors il reste non résolu. | – |
| Dixième | Trouver un algorithme déterminant si une équation diophantienne a des solutions. | Résolu. Résultat : impossible, le théorème de Matiyasevich implique qu'il n'existe pas de tel algorithme. | 1970 |
| Onzième | Classer les formes quadratiques à coefficients dans les anneaux d'entiers algébriques. | Presque résolu[réf. souhaitée] par le principe local-global de Hasse. | – |
| Douzième | Prolonger le théorème de Kronecker à tous les corps de nombres. | Non résolu. | – |
| Treizième | Montrer l'impossibilité de résoudre les équations du septième degré au moyen de fonctions de seulement deux variables. | Résolu. Démontré par Vladimir Arnold en 1957, d'après les travaux de Andrei Kolmogorov. | 1957 |
| Quatorzième | Prouver le caractère fini de certains systèmes complets des fonctions. | Résolu. Résultat : faux, contre-exemple construit par Masayoshi Nagata. | 1959 |
| Quinzième | Mettre en place les bases du calcul énumératif de Hermann Schubert. | Partiellement résolu.[réf. souhaitée] | – |
| Seizième | Décrire les positions relatives des branches de courbes algébriques réelles et des cycles limites d'un champ de vecteurs à deux dimensions. | Non résolu. | – |
| Dix-septième | Montrer qu'une fonction rationnelle positive peut s'écrire sous la forme de somme de carrés de fonctions rationnelles. | Résolu. Résultat : oui. Résolu par Emil Artin en 1927. Une démonstration par la théorie des modèles a été trouvée par le logicien Abraham Robinson. | 1927 |
| Dix-huitième | (a) Existe-t-il un polyèdre acceptant seulement un pavage non-isoédrique en trois dimensions ? (b) Quel est l'empilement compact de sphères le plus dense ? |
(a) Résolu. Résultat : oui (par Karl Reinhardt). (b) Résolu par assistant de preuve informatique. Résultat : empilement cubique et hexagonal, qui ont une densité d'à peu près 74 %. |
(a) 1928 (b) 1998 |
| Dix-neuvième | Prouver que le calcul des variations est toujours nécessairement analytique. | Résolu. Résultat : oui, prouvé par Ennio de Giorgi et, indépendamment et par d'autres méthodes, par John Forbes Nash[réf. nécessaire]. | 1957 |
| Vingtième | Tous les calculs des variations avec certaines conditions aux limites ont-ils des solutions ? | Résolu. Un sujet important de recherche durant tout le XXe siècle, incluant des solutions pour les cas non linéaires. | – |
| Vingt-et-unième | Prouver que toute représentation complexe de dimension finie peut s'obtenir par action de monodromie sur une équation différentielle de Fuchs. | Résolu. Résultat : oui ou non, selon les formulations plus exactes du problème.[réf. souhaitée]. Résolu par Helmut Rörl en 1957 pour la formulation la plus commune. | 1957 |
| Vingt-deuxième | Uniformiser des courbes analytiques au moyen de fonctions automorphes. | Résolu par Koebe et Henri Poincaré en 1907. | 1907 |
| Vingt-troisième | Développer une méthode générale de résolution dans le calcul des variations. | Non résolu. | – |
Il s'agit de l'hypothèse du continu de Cantor. Ce résultat aurait eu pour conséquence que le cardinal infini qui suit immédiatement le dénombrable, est celui du continu.
Kurt Gödel a montré en 1938 que l'on ne pouvait pas démontrer la négation de l'hypothèse du continu dans la théorie des ensembles ZFC, et Paul Cohen en 1963 que l'on ne pouvait pas non plus la démontrer (dans cette même théorie) : on dit que cette conjecture est indécidable dans la théorie ZFC (ou indépendante de celle-ci).
Comme on considère que la théorie ZFC permet largement de formaliser le développement des mathématiques jusqu'à aujourd'hui, la question peut paraître réglée. Cependant, l'existence d'axiomes supplémentaires « naturels » qui s'ajouteraient à la théorie ZFC et pourraient décider l'hypothèse du continu reste un domaine de recherche.
Gödel montra en 1931, via son théorème d'incomplétude, que cela ne pouvait être démontré sans sortir de l'arithmétique. Gerhard Gentzen, cependant, donna, en 1936, une réponse affirmative au moyen d'une récurrence transfinie.
Max Dehn, élève de Hilbert, montra que non, en 1902, en démontrant qu'il était impossible de diviser un cube et un tétraèdre régulier de même volume en un nombre fini de polyèdres deux à deux identiques. Malgré tout, le paradoxe de Banach-Tarski constitue un résultat positif pour cette question si l'on n'exige pas que les morceaux intermédiaires soient des polyèdres et surtout si l'on suppose l'axiome du choix.
La géométrie différentielle a permis de répondre en partie à ce problème, bien que l'on ne puisse pas à proprement parler de réponse ferme.
Le théorème de Gleason (en)-Montgomery (de)-Zippin (en) en 1953 y répond par l'affirmative.
Du fait de l'apparition de la théorie de la relativité et de la mécanique quantique, le problème fut vite obsolète. Malgré tout, la physique théorique et les mathématiques ne cessent de se rapprocher. En axiomatisant la théorie des probabilités, Kolmogorov a résolu en partie ce problème.
Les travaux de Gelfond et de Schneider (de) ont permis de résoudre ce problème (voir Théorème de Gelfond-Schneider). Ce résultat a été généralisé par Baker (voir Théorème de Baker).
Malgré les progrès faits notamment par Deligne qui démontra les conjectures de Weil, et reçut pour cela la médaille Fields en 1978, on est encore loin d'avoir résolu ce problème, qui s'annonce comme celui du XXIe siècle.
Une réponse à ce problème est apportée par la loi de réciprocité d'Artin, démontrée par celui-ci en 1927.Ce théorème enrichit la connaissance de la théorie des corps de classes, dont le développement fut facilité par l'introduction des idèles par Chevalley en 1936.
Il fallut attendre les travaux de Church et Turing en 1930 pour définir rigoureusement la notion d'algorithme. En 1970, Yuri Matijasevic, établissant une équivalence entre les ensembles récursivement énumérables et les ensembles diophantiens, a établi qu'un tel algorithme ne pouvait pas exister.
Le théorème de Hasse-Minkowski résout le problème sur , et Siegel le résolut sur d'autres anneaux intègres.
Plus généralement, il s'agit d'étudier les fonctions continues (et, en fait, les fonctions continues de trois variables) qui ne peuvent pas s'exprimer par composition à partir de fonctions continues de deux variables. En 1954, Kolmogorov et son élève Vladimir Arnold ont montré que cette classe était vide : il existe fonctions continues universelles
(de
dans
) telles que pour toute fonction continue
, il existe
fonctions continues
telles que
. En revanche, la question de la résolubilité de l'équation du septième degré par des fonctions analytiques de deux variables est encore ouverte.
Le problème est le suivant : on considère un corps et un sous-corps
de
; on pose
; l'anneau
est-il une
-algèbre de type fini ? La réponse est négative, comme l'a montré Zariski (qui donna l'interprétation géométrique suivante : il existe une variété projective
de corps des fonctions
et un diviseur effectif
sur
tel que
soit l'ensemble des fonctions de
n'ayant de pôles que sur
). Cependant, la recherche de conditions suffisantes pour la validité du résultat d'Hilbert a été source d'idées très fécondes en géométrie.
Nagata donna en 1959 un contre-exemple qui montra la fausseté de la conjecture.
Il s'agit là de rendre rigoureux certains calculs sur les objets « en position générale » en théorie de l'intersection, et en particulier le « principe de conservation des nombres ». Ce problème a donné naissance aux théories de la multiplicité de Samuel et Grothendieck.
Résolu par van der Waerden en 1930[réf. souhaitée].
Ce problème comporte deux parties. La première concerne le nombre de branches réelles (ovales) d'une courbe algébrique, et leur disposition ; de nombreux résultats modernes (Petrovskii, Thom, Arnold) apportent des informations à leur sujet.
La seconde partie du problème pose la question du nombre maximal et de la position mutuelle des cycles limites de Poincaré (orbites périodiques isolées) pour une équation différentielle polynomiale plane de degré donné ; cette question est encore ouverte.
Résolu par Emil Artin en 1927. Une démonstration par la théorie des modèles a été trouvée par le logicien Abraham Robinson.
Le problème comporte trois parties :
Résolu par Bernstein et Radó en 1929[réf. nécessaire].
Résolu par Helmut Rörl en 1957.
Résolu par Koebe et Henri Poincaré en 1907.
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.