Processus stochastiques : encyclopédie mathématiques
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Le calcul classique des probabilités concerne des épreuves où chaque résultat possible (ou réalisation) est mesuré par un nombre, ce qui conduit à la notion de variable aléatoire. Un processus stochastique ou processus aléatoire (voir Calcul stochastique) ou fonction aléatoire (voir Probabilité) représente une évolution, discrète ou à temps continu, d'une variable aléatoire.
On désigne par un espace de probabilité,
un ensemble arbitraire et
un espace métrique muni de la Tribu borélienne notée
.
est souvent appelé ensemble des indices (souvent, on aura
).
peut faire référence au temps, à l'espace ou aux deux à la fois.
L'indice désigne alors un instant (
), une date (
), un point, ou encore un point à un certain instant.
est appelé espace d'état (souvent, on aura
un ensemble fini ou dénombrable).
Un processus stochastique (ou aléatoire) est une famille de variables aléatoires (c'est-à -dire, des applications mesurables) définies sur le même espace de probabilité indexé par
et à valeurs dans
. Si
est un sous-ensemble d'une espace multidimensionnel, on préfère utiliser la dénomination de champ stochastique. Un processus stochastique est noté par
. La valeur de la variable aléatoire
en un certain
est désignée par
.
Notons par l'ensemble des applications définies sur
en tout point et à valeur dans
. Fixons
et désignons par
l'application :
. Une telle application est appelée trajectoire (ou réalisation) du processus stochastique
.
Soit un processus stochastique,
la
-algèbre borélienne de
(c'est-Ã -dire, la
-algèbre engendrée par les ouverts de la topologie produit de
) et l'application suivante :
est mesurable. Désignons par
la mesure de probabilité sur
définie pour tout
par
mesure de probabilité sur un espace de fonctions.
La probabilité est appelée induite par le processus stochastique
sur l'espace mesuré
.
Soient deux processus stochastiques et
. On suppose que ces deux processus sont à valeur dans
. Dans cette définition, on ne suppose pas qu'ils sont définis sur le même espace de probabilité. On dit alors que
et
possèdent les mêmes lois finis dimensionnelles si pout tout
et pout tout
, les vecteurs (donc de dimension finie) aléatoires
et
sont de même loi. Pour tout
, on a :
On suppose que le processus est défini sur l'espace de probabilité
et le processus
est défini sur l'espace de probabilité
.
Lorsque deux processus stochastiques et
possèdent les mêmes lois finis dimensionnelles, ils induisent alors la même mesure de probabilité sur
, c'est-Ã -dire :
Soient deux processus stochastiques et
définis sur le même espace de probabilité
. On dit que
est une version (ou modification) du processus stochastique
si
. Il est clair que si
est une version de
, alors ils ont les mêmes lois finis dimensionnelles.
Soient deux processus stochastiques et
définis sur le même espace de probabilité
. On dit que
et
sont deux processus stochastiques indistinguables s'il existe
tel que :
Il en découle plusieurs propriétés :
On dit que processus stochastiques
sont mutuellement indépendants si
et
, les vecteurs aléatoires
sont mutuellement indépendants.
On suppose . On dit qu'un processus stochastique
est mesurable si l'application suivante est mesurable :
Supposons que ou
et que
est un processus à trajectoires continues à droite (resp. continues à gauches), i.e.
est continue à droite (resp. continues à gauches). Alors,
est mesurable.
De nombreux domaines utilisent des observations en fonction du temps (ou, plus exceptionnellement, d'une variable d'espace). Dans les cas les plus simples, ces observations se traduisent par une courbe bien définie. En réalité, des sciences de la Terre aux sciences humaines, les observations se présentent souvent de manière plus ou moins erratique. Il est donc tentant d'introduire des probabilités.
Un processus aléatoire généralise la notion de variable aléatoire utilisée en statistiques élémentaires. On le définit comme une famille de variables aléatoires associées à toutes les valeurs
. L'ensemble des observations disponibles
constitue une réalisation du processus.
Un premier problème concerne le fait que la durée sur laquelle est construit le processus est généralement infinie alors qu'une réalisation porte sur une durée finie. Il est donc impossible de représenter parfaitement la réalité. Il y a une seconde difficulté beaucoup plus sérieuse : à la différence du problème des variables aléatoires, la seule information disponible sur un processus se réduit généralement à une seule réalisation.
On distingue généralement les processus en temps discret et en temps continu, à valeurs discrètes et à valeurs continues.
Si l'ensemble est dénombrable on parle de processus discret ou de série temporelle, si l'ensemble est indénombrable on parle de processus continu. La différence n'a rien de fondamental : en particulier la stationnarité, constance en fonction du temps des propriétés statistiques, se définit de la même façon. Il ne s'agit même pas d'une différence pratique car les calculs sur un processus continu s'effectuent à partir de l'échantillonnage d'une réalisation du processus. La différence porte plutôt sur l'attitude adoptée face à l'utilisation d'une seule réalisation.
Il existe une différence un peu plus nette entre les processus à valeurs continues et les processus de comptage à valeurs discrètes. Les seconds remplacent par des sommes algébriques les intégrales utilisées par les premiers.
En matière de processus à valeurs continues, les processus de Gauss sont particulièrement utilisés pour les mêmes raisons que les variables de Gauss en statistiques élémentaires. Une application intuitive du théorème de la limite centrale conduit à penser que bon nombre de phénomènes, dus à des causes nombreuses, sont approximativement gaussiens. D'autre part, un tel processus présente l'avantage d'être entièrement défini par ses caractéristiques au second ordre, espérance et autocovariance.
La description d'un phénomène par des valeurs discrètes conduit à des processus de comptage dont le plus simple est le processus de Poisson utilisé dans la théorie des files d'attente
La notion de propriété markovienne définit une classe de processus discrets ou continus, à valeurs discrètes ou continues, qui repose sur l'hypothèse selon laquelle l'avenir ne dépend que de l'instant présent.
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