Produit de convolution : encyclopédie mathématiques
Cet article est issu de l'encyclopédie libre Wikipedia.En mathématiques, le produit de convolution de deux fonctions réelles ou complexes f et g se note généralement « » et s'écrit :
ou encore en discret :
On peut considérer cette formule comme une généralisation de l'idée de moyenne mobile.
Pour que cette définition ait un sens, il faut effectuer certaines hypothèses sur f et g, par exemple si ces deux fonctions sont sommables leur produit de convolution est défini pour presque tout x et est lui-même sommable.
Sommaire |
Où T=x-t, soit t=x-T.
où désigne la transformation de Fourier et
la transformation de Fourier inverse. L'intérêt principal du calcul du produit de convolution par transformées de Fourier est que ces opérations sont moins coûteuses en temps pour un ordinateur que le calcul direct de l'intégrale.
La manière la plus simple de se représenter le produit de convolution consiste à considérer la Fonction δ de Dirac δa(x) ; cette fonction vaut 0 si x ≠a et son intégrale vaut 1. Ceci peut sembler à première vue bizarre, on peut l'imaginer comme la limite d'une suite de fonctions, des courbes en cloche ou des rectangles ayant toutes la même surface 1, mais de plus en plus fines (donc de plus en plus hautes) ; lorsque la largeur des courbes tend vers 0, sa hauteur tend vers +∞, mais la surface reste égale à 1. Pour des raisons pratiques, on représente souvent le dirac comme un bâton positionné en a et de hauteur 1.
Du fait de sa forme, on appelle aussi parfois un dirac « fonction impulsion ». Le produit de convolution par un dirac δa correspond à une translation de la fonction initiale d'une valeur de a
On voit que δ0 laisse invariant une fonction, c'est l'élément neutre du produit de convolution
Si l'on considère maintenant le produit de convolution par une somme pondérée de deux diracs (α.δa + β.δb), on obtient la superposition de deux courbes dilatées.

Produit de convolution d'une fonction par une somme pondérée de deux diracs
Considérons maintenant une fonction porte Pa,b ; c'est une fonction qui vaut 1/(b-a) entre a et b, et 0 ailleurs (son intégrale vaut 1). Cette fonction peut être vue comme une succession de diracs. La convolution de f par Pa,b va donc s'obtenir en faisant glisser f sur l'intervalle [a;b]. On obtient un « élargissement » de f.

Produit de convolution d'une fonction par une fonction porte
Si l'on considère maintenant une fonction quelconque g, on peut voir g comme une succession de diracs pondérés par la valeur de g au point considéré. Le produit de convolution de f par g s'obtient donc en faisant glisser la fonction f et en la dilatant selon la valeur de g.

Produit de convolution d'une fonction par une fonction quelconque
Le produit de convolution est lié à la notion de filtrage sous deux conditions, à savoir la linéarité et l'indépendance du filtre vis à vis du temps (système invariant). A partir de ces deux conditions, l'opérateur de convolution peut être construit. La convolution correspond à la réponse du filtre à une entrée donnée (notée e(t)). Le filtre est entièrement caractérisé par sa réponse impulsionnelle h(t). Mise en équation, la réponse du filtre est .
La construction de l'opérateur de convolution s'élabore de la manière suivante. Tout d'abord, on s'intéresse aux deux conditions imposées sur le filtre. On note f(e) le filtrage réalisé par le filtre sur l'entrée e. La linéarité du filtre implique que :
f(λe) = λf(e)
f(e1 + e2) = f(e1) + f(e2)
On peut noter que la réponse du filtre à un signal nul est nulle. L'indépendance du temps se résume par :
f(ed) = (f(e))d
Où ed est le signal e retardé de la quantité d.
A partir de là , on peut construire la réponse du filtre linéaire et indépendant du temps à l'entrée e(t). En effet, comme le filtre est linéaire, on peut décomposer le signal e(t) en parties indépendantes, à l'aide d'un ensemble de signaux ei avec des supports disjoints compactes de telle sorte que e(t) = Σiei(t). On injecte chaque partie du signal dans le filtre puis l'on somme les différentes réponses. Ainsi le filtrage donnera : f(e) = Σif(ei). Cette décomposition temporelle de e(t) peut s'effectuer de manière récursive sur les signaux ei(t). A la fin, on obtient une suite de signaux dont le support se résume à un point. Ces signaux, élémentaires parce que non décomposables temporellement, correspondent chacun d'entre eux à la distribution de dirac δ(t − τ) centrée en τ avec une amplitude e(τ), l'impulsion s'écrit δ(t − τ).e(τ). Il suffit de sommer toutes les impulsions suivant la variable τ pour obtenir le signal e(t) :
On applique l'opération de filtrage sur e(t). Comme le filtre est linéaire et indépendant du temps, nous avons :
La réponse du filtre f à l'impulsion δ(t) est nommée la réponse impulsionnelle du filtre h(t). Finalement on a :
qui n'est qu'autre que le produit de convolution.
En conclusion : si le filtre est linéaire et indépendant du temps, alors il est entièrement caractérisé par sa réponse h(t) et la réponse du filtre à l'entrée e(t) est donnée par l'opérateur de convolution.
Autre conclusion fondamentale des filtres linéaires et indépendants du temps: si l'on entre un signal , le signal de sortie sera :
s(t) sera aussi un signal de la forme au facteur H(f) près. Ce facteur est, ni plus, ni moins, que la transformée de Fourier de h(t).
tome 2, page 463 et suivantes (théorème de convolution)
| Opération binaire | ||||
|---|---|---|---|---|
| numérique | fonctionnelle | en ensemble ordonné | structurelle | |
|
+ addition div quotient euclidien ( ) coefficient binomial |
∘ composition ∗ convolution |
∪ réunion min minimum ∧ borne inférieure |
× produit cartésien ⊕ somme directe ⊗ produit tensoriel |
∨ enracinement # somme connexe ∨ bouquet |
| vectorielle | ||||
| (.) produit scalaire ∧ produit vectoriel |
||||
| algébrique | ||||
| [,] crochet de Lie {,} crochet de Poisson ∧ produit extérieur |
||||
| homologique | ||||
| ∪ cup-produit • produit d'intersection |
séquentielle | |||
| + concaténation | ||||
| logique booléenne | ||||
| ∧ ET (conjonction) | ∨ OU (disjonction) | ⊕ OU exclusif | ⇒ IMP (implication) | ⇔ EQV (coïncidence) |
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