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Quadrature du cercle


Quadrature du cercle : encyclopédie mathématiques

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L'approximation mentionnée dans le papyrus Rhind

La quadrature du cercle est un problème classique de mathématiques apparaissant en géométrie. Il fait partie des trois grands problèmes de l'Antiquité, avec la trisection de l'angle et la duplication du cube.

Le problème consiste à construire un carré de même aire qu'un cercle donné à l'aide d'une règle et d'un compas (voir Nombre constructible).

La quadrature du cercle nĂ©cessite la construction Ă  la règle et au compas de la racine carrĂ©e de \pi\,, ce qui est impossible en raison de la transcendance de \pi\, : sont constructibles seulement certains nombres algĂ©briques[1].

Ce problème impossible a donnĂ© naissance Ă  une expression : « Chercher la quadrature du cercle Â» qui signifie « Tenter de rĂ©soudre un problème insoluble Â».

Sommaire

[modifier] Histoire

Dans le papyrus Rhind (~1650 av. J.-C.), le scribe Ahmès proposait déjà une solution approchée du problème. Le premier scientifique grec à s'intéresser à la question a été Anaxagore de Clazomènes, suivi, entre autres, par Aristote[2].

Le problème remonte Ă  l'invention de la gĂ©omĂ©trie et a occupĂ© de nombreux mathĂ©maticiens au cours des siècles. Au XVIe siècle, Oronce Fine, Scaliger croient avoir dĂ©montrĂ© la quadrature ; Adrien Romain, le chevalier Errard de Bar le duc la leur refusent ; dans cette polĂ©mique, François Viète la dĂ©crète impossible. Au XVIIe siècle, GrĂ©goire de Saint-Vincent Ă©tait passionnĂ© par le problème : estimant — Ă  tort — l'avoir rĂ©solu, il exposa ses solutions dans un ouvrage de 1 000 pages[3]. Le problème dĂ©passe la sphère des mathĂ©matiques et l'on voit surgir des allusions Ă  la quadrature dans des ouvrages Ă©sotĂ©riques[4] .

C'est en 1837 que Pierre-Laurent Wantzel dĂ©montre un thĂ©orème qui permet d'exhiber la forme des Ă©quations dont sont solutions les nombres constructibles Ă  la règle et au compas : les nombres constructibles sont les rationnels et les racines de certains polynĂ´mes de degrĂ© 2n Ă  coefficients entiers (plus prĂ©cisĂ©ment les Ă©lĂ©ments d'une tour d'extension quadratique) ; les nombres constructibles sont des cas particuliers dans l’ensemble des nombres algĂ©briques (qui sont les racines de polynĂ´mes de degrĂ© fini quelconque Ă  coefficients entiers), ce qui n'est pas le cas de \pi\,, un nombre transcendant qui n'est la racine d'aucun polynĂ´me de degrĂ© fini et Ă  coefficients entiers. (Noter que les conditions prĂ©cĂ©dentes portant sur des polynĂ´mes Ă  coefficients entiers sont Ă©quivalentes Ă  celles portant sur des polynĂ´mes Ă  coefficients rationnels).

Puis en 1844, Joseph Liouville met en évidence l'existence des nombres transcendants. Mais il faudra attendre jusqu'en 1882 pour que le mathématicien allemand Ferdinand von Lindemann démontre la transcendance de \pi\, pour appliquer le théorème de Wantzel au problème de la quadrature du cercle et ainsi démontrer qu'elle est impossible à réaliser en un nombre fini de constructions à la règle et au compas (même en effectuant cette construction à l'aide de points intermédiaires dans un sur-espace contenant le plan du cercle).

L'AcadĂ©mie des sciences, qui avait dĂ©jĂ  pressenti ce rĂ©sultat un siècle auparavant, n'acceptait plus de « preuve Â» de cette quadrature depuis 1775[5],[6].

Ce problème reste aujourd'hui encore populaire et de nombreux « quadrateurs Â» amateurs continuent Ă  envoyer leurs « dĂ©monstrations Â» — forcĂ©ment erronĂ©es — aux acadĂ©mies scientifiques.

[modifier] Notes et références

  1. ↑ Théorème de Wantzel
  2. ↑ Aristote, Les premiers Analytiques, II, 25, 69 a 32 ; Les seconds Analytiques, I, 9 76 a ; RĂ©futations sophistiques, 11, 171 b 16 et 172 a.
  3. ↑ Grégoire de Saint-Vincent, Opus geometricum quadraturae circuli et sectionum coni decem libris comprehensum, J. et J. Meursios, Antverpiae, 1647.
  4. ↑ Par exemple chez Michael Maier, Atlanta Fugens, emblème XXI, « Du mâle et de la femelle, fais un cercle, puis, de lĂ , un carrĂ©, et ensuite un triangle ; fais un cercle et tu auras la Pierre des Philosophe (...)comment se fait-il que la quadrature du cercle soit demeurĂ©e inconnue de Platon, au point qu’Aristote, disciple de Platon, ait dĂ©clarĂ© qu’elle Ă©tait connaissable mais non encore connue ? Cependant les Philosophes naturels ne l’ont pas ignorĂ©e, comme le montre leur commandement de convertir le cercle en carrĂ© et le carrĂ© Ă  son tour en cercle par l’intermĂ©diaire du triangle. Par ce cercle ils entendent le corps le plus simple, sans angles, et par le carrĂ© ils dĂ©signent les quatre Ă©lĂ©ments, comme s’ils disaient de prendre une figure corporelle susceptible d’être trouvĂ©e, de la diviser dans les quatre couleurs Ă©lĂ©mentaires pour obtenir un quadrilatère aux quatre cĂ´tĂ©s Ă©gaux. Tout le monde comprend que cette quadrature est physique et convient Ă  la nature. Â» Lire en ligne
  5. ↑ D'après le site de l'académie de St Andrew, Squaring the circle
  6. ↑ « Le fameux problème de la quadrature du cercle a eu comme d'autres Ă©nigmes cĂ©lèbres beaucoup plus de rĂ©putation qu il n'en mĂ©ritait et quoiqu'il ait perdu de son ancienne renommĂ©e il occupe encore quelques cerveaux plus ou moins fĂŞlĂ©s et on voit arriver Ă  l'AcadĂ©mie des Sciences de Paris presque tous les ans et ordinairement pendant la canicule des solutions prĂ©tendues auxquelles on est convenu de ne donner aucune attention... Â» dans Bibliothèque universelle des sciences, belles-lettres et arts, rĂ©digĂ©e Ă  Genève. Sciences et arts, Volume 3. Impr. de la bibliotheque universelle, 1816 (Livre numĂ©rique Google)

[modifier] Bibliographie

  • Th. Heath, A History of Greek Mathematics, t. I, 1921.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

  • GrĂ©goire de Saint-Vincent
  • Underwood Dudley
  • Histoire de la gĂ©omĂ©trie
  • Produit infini

[modifier] Liens externes

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